Saint Dominique de Gusman.

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Re: Saint Dominique de Gusman.

Message  Louis le Sam 06 Oct 2018, 7:34 am

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Le séjour du Serviteur de Dieu à Paris ne fut que d'un mois, et néanmoins il fit de grandes choses pour la propagation de son Ordre, car, de là, il l'étendit non-seulement en plusieurs autres villes du royaume, mais aussi en Ecosse, à l'instance du roi Alexandre, qui, étant venu pour renouveler les anciennes alliances de sa couronne avec celle de France, lui demanda de ses religieux pour l'instruction et la sanctification de ses Sujets.

De Paris, le Saint reprit le chemin d'Italie. Il alla d'abord à Bologne, où il reçut une indicible consolation pour les grands fruits que le bienheureux Réginald y avait faits en huit mois seulement qu'il y avait demeuré. Ensuite il retourna à Rome, où il fut reçu avec un applaudissement universel pour les grands prodiges qu'il y avait faits à son voyage précédent. Néanmoins il n'y demeura que fort peu de temps, car, ayant affermi ses religieux de Sainte-Sabine et ses filles de Saint-Sixte, auxquelles il découvrit diverses embûches qui leur étaient dressées par le démon, il revint au plus tôt à Bologne, où sa présence était nécessaire depuis l'obédience qu'il avait donnée au bienheureux Réginald pour aller à Paris.

Ce fut en cette ville et aux fêtes de la Pentecôte de l'année 1220 qu'il tint son premier chapitre général. Nous laissons aux historiens particuliers de son Ordre de rapporter en détail les ordonnances qu'il y fit faire, si pleines de sagesse et de sainteté que l'on ne peut douter que le Saint-Esprit n'en ait été l'auteur. Nous remarquerons seulement que le glorieux patriarche, voyant les principaux membres de la Congrégation (Avertissement)  assemblée, se jeta humblement à leurs pieds et, protestant qu'il était un religieux relâché et un homme sans ferveur et de mauvais exemple, les pria avec grande instance de le déposer de sa charge ou d'accepter le renoncement et la démission libre et volontaire qu'il en faisait. Cet acte d'humilité ravit toute la compagnie ; mais il n'y eut personne qui voulût écouter une proposition dont toute la Congrégation (Avertissement) ne pouvait que souffrir de très-grands dommages.

N'ayant pu obtenir cette décharge, qu'il regardait comme une faveur signalée, il exhorta ses enfants à continuer de servir Dieu et le prochain dans une sainte ferveur, et insista particulièrement sur l'établissement d'une parfaite pauvreté, sans rentes ni possessions, ni aucuns biens immeubles dans tous leurs monastères. Il leur fit là-dessus un discours très-pathétique et leur montra efficacement qu'il n'y a rien de plus sûr ni de plus avantageux que de s'appuyer entièrement sur le secours de la divine Providence ; tout le chapitre s'unit à sa pensée. Depuis ce temps-là, cette grande pauvreté a été modérée pour de bonnes raisons et par la permission du Saint-Siège.

Mais dans le XVIe siècle, le révérend Père Antoine Lequien du Saint-Sacrement, religieux de cet Ordre, d'une éminente sainteté et qui possédait excellemment le double esprit de son Père saint Dominique, la rétablit dans quelques couvents de Provence.

Saint Dominique, après ce chapitre, établit sa demeure à Bologne et n'en sortit plus que pour quelques voyages de peu de durée. Dans le premier, il fut à Florence, à Sienne, à Viterbe, à Modène, à Milan, à Côme, à Bergame, à Crémone et à Brescia, soit pour y établir de nouveaux couvents, soit pour visiter ceux que ses enfants avaient déjà établis ; et il fit partout des conversions et des miracles qui le faisaient regarder comme un homme tout céleste et comme le grand thaumaturge de son siècle.

A Viterbe, il salua le Pape, qui…

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Message  Louis le Dim 07 Oct 2018, 7:47 am

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A Viterbe, il salua le Pape, qui lui donna de nouveaux témoignages d'affection et de bienveillance pour lui et pour sa famille.

Il vit à Crémone, pour la dernière fois, le séraphique Père saint François, et l'on ne peut croire comment ces deux séraphins de la terre s'embrasèrent mutuellement du feu de l'amour divin et du désir d'aller jouir bientôt du souverain bien.

Dans un second voyage, il parcourut les principales villes qui sont au-delà du Pô et s'arrêta principalement à Parme, à Plaisance, à Reggio et à Faënza, où l'on s'empressait d'établir des couvents de son Ordre.

Dans Sienne, l'évêque voulut absolument qu'il logeât dans son palais ; mais, comme le serviteur de Dieu ne pouvait s'empêcher de garder partout une étroite observance, il ne laissait pas de se lever toutes les nuits avec son compagnon pour aller dans l'église, à Matines ; et Dieu, par un effet de sa providence et de sa bonté, lui envoyait deux Anges qui le conduisaient avec des flambeaux allumés, lui ouvraient les portes de l'évêché, le menaient jusque dans l'église et ensuite le ramenaient à sa chambre de la même manière qu'il en était sorti ; ce qui fut vu premièrement par les domestiques de l'évêque et puis par l'évêque même, qui voulut veiller pour en faire l'expérience.

En repassant par Florence, il y acheva la conversion d'une insigne pécheresse publique nommée Benoîte, qu'il avait déjà livrée deux fois à la possession corporelle du démon pour lui faire sentir l'état pitoyable de son âme, et, après l'en avoir délivrée, il en fit une si illustre pénitente qu'elle a mérité des visites et des caresses extraordinaires du ciel et la grâce de mourir dans les ardeurs d'un pur amour de Dieu.

A son retour dans Bologne, il tint son second chapitre général, où il divisa tout son Ordre en huit provinces, qui comprenaient déjà cinquante-six couvents, sans compter ceux qui n'étaient que désignés. Il fit aussi élire huit provinciaux pour les gouverner, et envoya de ses enfants en divers cantons du monde, et même dans les pays les plus septentrionaux, comme en Danemark, en Suède, en Norwége et jusque sous le pôle arctique.

La Hongrie, la Grèce, la Palestine et tout l'Orient eurent aussi part à cette grande bénédiction ; de sorte que l'on ne pouvait assez s'étonner comment, en cinq ans seulement, cette vigne mystique s'était si fort étendue qu'elle était capable de couvrir, pour ainsi dire, toute la terre.

Le Saint ne pouvait sans doute envoyer en tous ces lieux des vieillards consommés dans les sciences et dans les pratiques des vertus religieuses, et il était souvent obligé d'y envoyer des profès d'une semaine et même des novices ; ce qui faisait que plusieurs le priaient instamment de considérer leur peu de capacité pour les grandes fonctions de la prédication de l'Evangile et de la propagation de son Ordre, dont il les voulait charger; mais ce qui est tout à fait surprenant, les envoyant, il les rendait capables miraculeusement de ces ministères. « Allez », leur disait-il, « fructifiez de tous côtés, exhortez tout le monde à la pénitence ; reprenez hardiment et charitablement les pécheurs; Dieu bénira votre travail, et rien ne vous manquera ».

Ils allaient donc tête baissée ; et leur obéissance était suivie de tant de bénédictions qu'ils paraissaient tout d'un coup, non-seulement des hommes parfaitement vertueux et des religieux d'une sainteté exemplaire, mais aussi de grands théologiens et des prédicateurs apostoliques ; leur prédication étant accompagnée de miracles, ils faisaient des changements prodigieux dans tous les lieux où ils annonçaient la parole de Dieu, attirant les infidèles à la foi, les pécheurs à la pénitence et les gens de bien aux exercices d'une vie parfaite.

Aussi saint Dominique, qui ne pouvait les accompagner de corps, était partout avec eux en esprit ; il faisait de grandes austérités et des prières continuelles pour leur mériter la grâce de son Ordre et l'assistance de l'Esprit divin.

Enfin, dans un troisième voyage, en l'année 1221, il fonda encore de nouveaux monastères…

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Message  Louis le Lun 08 Oct 2018, 7:22 am

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Enfin, dans un troisième voyage, en l'année 1221, il fonda encore de nouveaux monastères ; et, par la délivrance des possédés, par l'opération des miracles et par la force de ses prédications, il donna un nouvel éclat à la dévotion du Rosaire, qui était le sujet le plus ordinaire de ses discours, comme il était le plus puissant instrument de toutes ses merveilles. Cette course, néanmoins, ne fut pas longue, parce que, intérieurement averti que le temps de sa récompense approchait, il revint promptement à Bologne pour se disposer à la mort, qui devait le mettre dans la possession d'une vie immortelle et d'un bonheur incapable de changement.
Le lecteur a pu remarquer dans cette histoire des actes héroïques de toutes les vertus ; même il n'y a point d'action de notre Saint où il n'en paraisse plusieurs avec beaucoup d'éclat. Il est néanmoins à propos d'y faire un moment de réflexion pour la plus grande édification des fidèles.

Premièrement, que peut-on dire de la foi de cet admirable patriarche qui a combattu toute sa vie pour la défendre, pour la soutenir, pour la planter dans le cœur des hérétiques et pour l'affermir dans le cœur des fidèles ; qui l'a prêchée avec tant de lumière et tant de zèle dans les plus grandes villes de l'Europe ; qui la voulait porter lui-même dans les contrées les plus éloignées et jusqu'aux dernières extrémités de la Scythie et de la Tartarie ; qui a fait par ses enfants ce que Dieu n'a pas permis qu'il exerçât en personne ; et qui, enfin, s'est exposé un million de fois à la mort et aux supplices les plus cruels pour les vérités de notre sainte religion?

Les grands miracles qu'il a faits, soit lorsqu'on l'en a prié, soit lorsque sa charité lui inspirait de secourir les personnes qui étaient dans l'affliction, montrent encore qu'il avait la foi évangélique capable de détacher les montagnes de leur place et de les transporter dans la mer. Jamais il n'hésitait en rien, et il était si persuadé, non-seulement du pouvoir en Dieu, mais aussi de la vérité indubitable des promesses qu'il a faites à ses serviteurs, qu'il eût entrepris les choses les plus difficiles et, pour ainsi dire les plus impossibles, s'il eût jugé qu'elles dussent contribuer à sa gloire.

Sa confiance dans la divine Providence n'était pas moindre que sa foi. Il n'en faut point d'autre preuve que sa constance à faire tous ses voyages sans argent, sans provision et sans aucune ressource apparente du côté des hommes ; que l'obligation imposée à ses enfants de faire de même dans ces grandes missions, où, selon les règles de la prudence humaine, les choses les plus nécessaires à la vie leur devaient manquer, et que la pauvreté qu'il a établie dans tous ses monastères, sans souffrir qu'ils eussent aucune rente ni possession.

Mais ne fallait-il pas qu'il possédât cette vertu dans un degré bien héroïque lorsqu'il faisait mettre ses religieux à table, sans pain, sans vin et sans nul autre aliment, ne doutant point que Dieu ne les pourvût de ce qui leur était nécessaire lorsqu'ils seraient déjà assis, comme en effet cela ne manquait point ?

Son amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ était sans mesure…

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Message  Louis le Mar 09 Oct 2018, 7:19 am

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Son amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ était sans mesure : il l'aimait comme son Maître, il l'aimait comme son Sauveur, il l'aimait comme son Roi, son Souverain, son Tout et son Dieu. Il ne pouvait souffrir de le voir offensé ; il n'épargnait rien pour lui gagner des cœurs et pour lui procurer de la gloire. Toute sa joie était d'être avec lui et de jouir de sa présence et de son entretien.

C'est pour cela qu'étant en chemin il priait ses compagnons d'aller devant et de le laisser seul, afin que rien ne l'empêchât de lui parler cœur à cœur.

C'est pour cela qu'il aimait la solitude et qu'il était presque inséparable de l'oraison, au point même qu'il y passait les nuits entières et que, lorsqu'il revenait de ses voyages, tout las, tout mouillé et quelquefois les pieds tout écorchés, il ne laissait pas d'aller avant toutes choses devant le saint Sacrement, où il demeurait plusieurs heures en prières.

On dit même qu'il n'avait point d'autre chambre que l'église, et que, si la faiblesse du corps l'obligeait de prendre un moment de repos, il le faisait au coin du marche-pied de l'autel, après en avoir demandé permission à Notre-Seigneur. Son adresse pour s'occuper avec lui durant ces nuits précieuses était admirable : tantôt il l'adorait le visage contre terre, tantôt il étendait les mains en forme de croix, quelquefois il les levait au ciel pour en attirer du secours ; d'autres fois il faisait un grand nombre d'inclinations et de génuflexions ; enfin, il pleurait parfois si amèrement et jetait de si hauts cris qu'on l'entendait du dortoir ; ce qui excitait ses frères à prier et à pleurer comme lui. Lorsqu'il disait la messe, les yeux ne lui séchaient jamais, et ordinairement, au Canon ou à l'Oraison dominicale, on voyait son visage tout trempé de larmes. La Passion de ce divin Maître était si profondément imprimée dans ses entrailles qu'il n'en perdait point le souvenir. Il la méditait sans cesse et en tirait à tous moments des motifs de l'aimer de toutes ses forces.

Une sainte pénitente a appris dans une révélation que Notre-Seigneur, en récompense de cette sainte assiduité à contempler ses plaies, lui en imprima les marques sur les pieds, sur les mains et au côté, avec les douleurs de son couronnement d'épines, quoique d'une manière secrète et cachée et sans qu'il en parût rien au dehors. Ce miracle arriva, dit-on, à Ségovie, en Espagne, dans .une grotte voûtée qu'il avait choisie pour lui servir de monastère.

Il ne faudrait rien ajouter à ce que nous avons dit de son respect et de sa tendresse envers la sainte Vierge…

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Message  Louis le Mer 10 Oct 2018, 6:32 am

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Il ne faudrait rien ajouter à ce que nous avons dit de son respect et de sa tendresse envers la sainte Vierge, si cette dévotion n'avait été si merveilleuse que l'on n'en peut dire assez de choses. Il l'avait sucée, pour ainsi dire, avec le lait, l'ayant puisée dans la bonne éducation que sa mère lui avait donnée et dans les saintes instructions qu'il avait reçues de son oncle. Elle crut toujours avec lui et elle l'a toujours accompagné jusqu'à la mort.

Il ne pouvait se rassasier de bénir cette auguste Maîtresse, de réciter des Rosaires en son honneur. Jamais il ne prêchait sans publier ses grandeurs et les effets admirables de sa miséricorde. Sa plus sensible joie eût été de mourir pour sa gloire et ses qualités singulières de Vierge et de Mère de Dieu. Il lui a gagné durant sa vie plus de quatre ou cinq millions de serviteurs, n'ayant pas moins reçu de personnes à la confrérie du Rosaire, où l'on fait profession d'être ses humbles sujets.

On ne peut non plus concevoir les grâces et les faveurs qu'il a reçues de sa bonté.

Combien de fois lui est-elle apparue pour lui donner des témoignages de son amour ?

Combien de fois l'a-t-elle assisté dans des besoins pressants et dans des affaires épineuses dont on n'osait espérer aucun bon succès ?

Combien de fois l'a-t-elle préservé des embûches et des mauvais artifices de ses ennemis ?

Combien de fois l'a-t-elle guéri miraculeusement des plaies qu'on lui avait faites, ou qu'il s'était faites lui-même par la rigueur impitoyable de son austérité ?

Quelles grâces ne lui a-t-elle pas accordées, tant pour lui que pour son Ordre et pour les personnes qu'il lui recommandait ?

Sa privauté et sa bienveillance à son endroit étaient même si grandes, qu'elle n'a point fait difficulté tantôt de le nommer son Epoux, tantôt de lui présenter ses mamelles sacrées pour lui faire sucer le lait du paradis, tantôt de lui permettre d'appuyer sa tête sur son sein, comme le Disciple bien-aimé coucha la sienne  sur la poitrine adorable du Sauveur ; tantôt de le couvrir avec tous ses religieux de son manteau royal, comme un gage assuré de sa protection.

Le zèle du salut des âmes était un feu qui brûlait et consumait continuellement le cœur de Dominique…

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Message  Louis le Jeu 11 Oct 2018, 6:27 am

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Le zèle du salut des âmes était un feu qui brûlait et consumait continuellement le cœur de Dominique.

C'est pour leur conversion qu'il s'est exposé à tant de travaux et de souffrances depuis sa jeunesse jusqu'à la fin de sa vie ; qu'il a versé tant de pleurs et poussé tant de sanglots vers le ciel, et qu'il s'est mis si souvent le corps en sang, afin que, se punissant lui-même pour leurs péchés, il détournât de dessus leurs têtes les effets de l'indignation divine.

C'est pour empêcher leur perte éternelle qu'il s'est offert plusieurs fois pour être vendu aux infidèles et pour demeurer leur esclave, et qu'il désirait être déchiré de fouets, être coupé par morceaux et souffrir toutes sortes d'autres tourments. Il n'approchait point d'une ville ni d'un village sans fondre tout en larmes, regardant dans un esprit de compassion et de douleur les misères et les péchés de ceux qui les habitaient. Totus in lacrymas solvebatur, dit le bienheureux Humbert.

L'Ordre des Frères Prêcheurs qu'il a fondé pour continuer, par toute la terre et jusqu'à la fin des siècles, ce qu'il n'a pu faire par lui-même que dans un petit nombre de lieux et d'années, est encore un puissant témoignage de cette charité non pareille dont il était embrasé. En effet, on ne peut compter les milliers d'infidèles, d'hérétiques et de mauvais catholiques qu'il a convertis par ses enfants, ni la multitude des âmes de toutes les parties du monde qui sont entrées dans le ciel par leur moyen.

Son humilité répondait à la grandeur de sa charité…

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Message  Louis le Ven 12 Oct 2018, 6:34 am

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Son humilité répondait à la grandeur de sa charité : nous en avons déjà donné des preuves, lorsque nous avons marqué avec combien de constance il refusa les évêchés et les autres dignités ecclésiastiques qui lui furent présentées, et avec combien d'instance il demanda d'être déchargé de son office de général, dans un âge où il semblait le pouvoir encore exercer plus de vingt ans ; mais elle paraissait encore avec plus d'éclat par toutes ses manières d'agir et de conférer avec ses frères et avec les séculiers, car il se faisait toujours le plus petit de tous ; il ne faisait point difficulté d'aller lui-même quêter de porte en porte pour la subsistance de ses religieux ; il s'abaissait aux offices les plus bas des monastères, et il évitait l'honneur aveu plus de soin que les ambitieux n'ont d'empressement pour se le procurer.

Non-seulement il s'estimait le plus grand pécheur du monde, mais il avait cette pensée si fortement imprimée dans son âme qu'il appréhendait que sa présence n'attirât la malédiction de Dieu sur les lieux où il entrait.

C'est pourquoi, lorsqu'il en approchait, il se mettait à genoux, et, les larmes aux yeux, il disait : « Je vous prie, Seigneur, et je vous conjure, par votre très-aimable bonté, de n'avoir point ici d'égard à mes péchés et de ne point répandre votre colère sur ce lieu parce que j'y serai entré, et de ne point exterminer ce peuple au milieu duquel je vivrai, pour la grandeur de mes iniquités ».

Il ne parlait pas ainsi par cérémonie, mais par un sentiment réel de son indignité et par un mépris actuel qu'il avait de lui-même ; ce qui est sans doute le plus haut point où se puisse porter l'humilité ; puisque, d'ailleurs, non-seulement il avait toujours conservé la blancheur de la virginité, ce qu'il avoua un moment avant sa mort ; mais aussi il n'avait jamais perdu la grâce de son baptême, et le péché mortel n'était jamais entré dans son âme.

La pénitence et l'austérité étant les fidèles gardiennes de l'humilité et de la pureté…

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Message  Louis le Sam 13 Oct 2018, 7:09 am


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La pénitence et l'austérité étant les fidèles gardiennes de l'humilité et de la pureté, on ne peut dire combien elles étaient chères à notre Saint.

Il a été toute sa vie son propre bourreau ; et quand il eût été entre les mains des Barbares, ils n'eussent pas traité son corps avec tant de rigueur et d'inhumanité qu'il le traitait lui-même. Il commença dès son enfance à jeûner, à veiller, à ne coucher que sur des planches, à se déchirer la peau par de sanglantes flagellations.

Son ordinaire, étant plus âgé, était de jeûner tous les jours, de se contenter souvent de pain et d'eau, de ne dormir presque point, et, lorsque la nécessité l'obligeait de prendre un moment de repos, de le faire sur le premier banc où il se trouvait, sans quitter ses habits ni même se coucher, et de prendre toutes les nuits trois fois la discipline avec une grosse chaîne de fer qui lui faisait à chaque fois de grandes plaies.

Outre cela, il avait toujours sur ses reins une ceinture de fer qui entretenait les plaies qu'il s'était faites, et sur le dos une haire ou un cilice dont les poils, entrant dans ses blessures et se mêlant avec son sang, lui causaient une douleur continuelle. Ce qui est plus surprenant, c'est que ni les fatigues de ses voyages, ni l'exercice de la prédication, qui demande une voix forte, un corps robuste et une parfaite santé, ni l'avancement de l'âge, ne lui firent jamais rien diminuer de cette sévérité impitoyable contre lui-même; malgré les douleurs qu'il sentait à tous moments, et qui eussent porté tout autre aux cris et aux larmes, il était toujours, comme disent ses Actes, Vultu hilari et jucundo, « d'un visage gai, joyeux.et plein d'une aimable sérénité ».

Bien loin de se servir des commodités publiques dans ses voyages, il les faisait nu-pieds, avec cette circonstance, néanmoins, qu'il ne se déchaussait qu'après être sorti des villes, et qu'il se rechaussait avant que d'y entrer pour éviter les louanges des hommes. Cette rigueur était cause qu'il avait souvent les pieds tout en sang, soit pour avoir passé par des ronces et des épines, soit pour avoir marche sur des cailloux pointus ; alors cet homme admirable faisait plus de conversions, et était plus terrible aux démons, aux hérétiques, aux pécheurs et aux ennemis de son Ordre.

Enfin, les historiens conviennent que sa vie était si pénitente que, sans un miracle continuel et une assistance extraordinaire de la sainte Vierge, il n'aurait pu la supporter ; mais cette aimable Mère, qui le regardait comme son Agent, son Apôtre, son Fils et son Epoux, le soutenait dans ses faiblesses, et le guérissait lorsque les plaies qu'il s'était faites pouvaient lui causer quelque maladie dangereuse et mortelle.

Il faudrait encore un nouveau discours pour parler dignement des vertus monastiques de cet homme apostolique…

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Message  Louis le Dim 14 Oct 2018, 7:08 am

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Il faudrait encore un nouveau discours pour parler dignement des vertus monastiques de cet homme apostolique ; nous voulons dire de sa pauvreté, de sa chasteté, de sa déférence et de sa soumission d'esprit pour ses inférieurs même, de l'exactitude de son silence et de son zèle pour l'observance régulière, dont il ne pouvait souffrir qu'on transgressât les moindres articles.

Il faudrait aussi un nouvel éloge pour représenter selon leur mérite toutes les grâces gratuites dont il a été doué, puisqu'il n'y en a pas une seule de toutes celles qui sont marquées par l'apôtre saint Paul qu'il ne possédât à un degré très-éminent. Surtout il avait excellemment l'esprit de prophétie, la grâce des guérisons, celle de faire des prodiges, et le don du discernement des esprits.

Il voyait clairement toutes les entreprises du démon contre ses religieux ; et, un jour, l'ayant forcé de lui déclarer ce qu'il gagnait contre eux au chœur, au dortoir et au réfectoire, il le contraignit en même temps d'avouer qu'il perdait au chapitre tout ce qu'il avait gagné aux autres endroits, parce que c'était un lieu où, par les remontrances de ses supérieurs et par les pénitences reçues avec humilité, toutes les fautes de la journée étaient effacées.

Il le chassait sans difficulté, et comme avec un empire souverain et absolu des corps qu'il possédait ; il le fit sortir honteusement de deux de ses religieux qui avaient été saisis par cet ennemi, l'un pour avoir mangé de la viande contre les constitutions, et l'autre pour avoir bu en ville sans permission et sans faire le signe de la croix sur son verre.

Il était si grand ami de Dieu que…

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Re: Saint Dominique de Gusman.

Message  Louis le Lun 15 Oct 2018, 5:13 am

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Il était si grand ami de Dieu que jamais il ne lui a rien demandé qu'il ne l'ait obtenu. L'ayant un jour déclaré simplement à dom Alacrion, prieur de l'Hôtel-Marie, de l'Ordre de Cîteaux, ce saint religieux, surpris d'une si grande grâce, lui dit :

« Puisque cela est, mon révérend Père, que ne demandez-vous à Dieu la vocation à votre Ordre du docteur Conrad, ce savant professeur de l'Université de Bologne, que vos enfants désirent si passionnément être des vôtres ?»

— « Ce que vous proposez », répondit Dominique, « est bien difficile ; cependant si vous voulez passer cette nuit en prières avec moi, j'espère que nous l'obtiendrons de la bonté du Tout-Puissant ».

— « Je le veux bien », dit Alacrion, quoique mes prières ne soient pas capables d'ajouter aucune force aux vôtres ».

Ils passèrent donc ensemble la nuit en oraison, et dès le lendemain matin, qui était celui de la fête de l'Assomption de Notre-Dame, Conrad, touché d'une grâce subite et d'une vocation à laquelle il ne s'attendait pas, vint se jeter aux pieds de notre Saint pendant qu'on disait à Prime : Jam lucis orto sidere, et lui demanda instamment l'habit de son Institut. Dominique savait déjà qu'il viendrait; il le reçut à bras ouverts comme un présent extraordinaire du ciel, et le revêtit de ses livrées ou plutôt de celle de Notre-Dame. Il lui mérita en même temps l'esprit de sa Congrégation (Avertissement) , de sorte qu'il a excellemment travaillé pour son établissement et a été un excellent missionnaire et prédicateur de l'Evangile.

Au reste, il ne faut pas s'étonner si Dieu ne refusait rien à Dominique, puisque Dominique ne refusait rien à Dieu ; il obéissait non-seulement à tous ses commandements et à ses conseils, mais aussi à toutes ses inspirations ; il veillait continuellement sur lui-même, de peur qu'il ne lui échappât une parole, un regard, un mouvement, un désir et une pensée qui lui déplût ; il se rendait si irréprochable en toutes choses qu'on ne voyait jamais rien en lui qui ne fût parfaitement exemplaire.

Il est temps de venir à la fin de cette sainte vie…

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Il est temps de venir à la fin de cette sainte vie, que nous ne terminerions jamais si nous voulions rapporter tout ce qui peut faire la louange de notre Saint. Un ange fut envoyé du ciel pour lui apprendre que le temps de sa récompense était arrivé. Il reçut cette nouvelle avec une joie et une reconnaissance qui ne se peuvent exprimer, et il se rendit au plus tôt à Bologne, afin de disposer les affaires de son Ordre avant d'en quitter le soin.

Les fatigues du voyage ne l'ayant pas empêché d'assister à Matines, il fut saisi d'un grand mal de tête, d'une fièvre continue et d'un cruel flux de sang, qu'il endura avec une patience invincible et une joie qui remplissait tous ses enfants d'étonnement et de consolation.

Il souffrit d'abord qu'on le mît sur une paillasse pour les contenter ; mais, se trouvant trop mollement, il ne voulut plus d'autre lit que la terre : il n'était pas raisonnable, disait-il, qu'un grand pécheur mourût sur un lit, après que notre Maître et Sauveur est mort sur une croix.

Il fit sa confession générale avec autant de larmes que s'il eût commis tous les péchés du monde ; il reçut les sacrements de l'Eucharistie et de l'Extrême-Onction avec une dévotion et une ferveur incroyables, et, ayant assemblé, premièrement, douze des principaux du monastère, et puis toute la Communauté, il leur fit des exhortations si pleines de force et d'onction, que le Père Ventura, prieur de Bologne, témoigna dans ses dépositions qu'il n'en avait jamais ouï de si touchantes.

Surtout il les exhorta à l'humilité, à la charité entre eux, à la pauvreté volontaire, au zèle du salut des âmes et à la propagation de l'Ordre, afin de pouvoir faire plus de saintes conquêtes dans le monde.

Il leur donna ensuite sa bénédiction, les assurant, pour les consoler, qu'il ne leur serait pas moins utile dans le ciel par ses prières, qu'il ne leur avait été sur la terre par sa conduite et ses instructions.

Mais on dit qu'il fulmina sa malédiction contre ceux qui corrompraient ou altéreraient les constitutions de son Ordre, et qui introduiraient des nouveautés contre la pureté de l'observance.

Après avoir parlé à ses enfants, il se tourna vers Notre-Seigneur et la Sainte Vierge, auxquels il recommanda sa famille, et tous ceux qui, dans la suite des années, embrasseraient son Institut. Il reçut, de leur bonté, une réponse favorable ; et la Sainte Vierge lui promit de mettre les siens sous l'abri de son manteau royal, qui est l'amplitude de sa miséricorde.

Peu de temps après, l'aimable Jésus et son auguste Mère, accompagnés d'une armée d'esprits célestes, le vinrent encore visiter pour recevoir son âme bienheureuse.

Il dit alors aux assistants de commencer l'oraison de l'Eglise. Subvenite sancti Dei, occurrite Angeli Domini, et, au milieu de cette prière, Dominique levant les mains et les yeux vers le ciel, et tout embrasé des flammes d'une ardente charité, rendit son très-pur esprit pour être couronné de la gloire éternelle. Ce fut le vendredi 6 août de l'année 1221, qui était la 50e de son âge.

Il y eut en même temps plusieurs révélations de sa gloire…

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Re: Saint Dominique de Gusman.

Message  Louis le Mer 17 Oct 2018, 6:31 am

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Il y eut en même temps plusieurs révélations de sa gloire. Son corps sacré fut inhumé, comme il l'avait ordonné, dans son église de Bologne. Le cardinal Ugolin, légat du Saint-Siège, qui fut depuis Pape, sous le nom de Grégoire IX, fit les cérémonies de la sépulture, accompagné du patriarche d'Aquilée et de plusieurs autres évêques et prélats, et d'une infinité de laïques de toutes sortes de conditions, qui y accoururent pour honorer le domicile d'une si sainte âme, et les vénérables reliques d'un homme si favorisé du ciel.

On le voit sur ses images assis avec ses religieux à une table dégarnie, et les anges qui viennent le servir. Un jour on vint l'avertir qu'il n'y avait plus rien à manger. Il fit néanmoins sonner la cloche, les religieux se réunirent au réfectoire et, quand ils furent assis devant leurs tables, des anges parurent. Chacun d'eux portait une besace sur l'épaule et de cette besace il tirait un pain qu'il plaçait devant chaque religieux.

Ordinairement on met à la main de saint Dominique un lis et le livre de la Règle ; il porte aussi sur son front une étoile brillante, soit parce que la noble dame, qui le tint au baptême, vit en effet une belle étoile sur son front, soit parce que, au rapport de la sœur Cécile, une lumière resplendissait entre ses sourcils et inspirait aux hommes le respect et l'amour.

La tradition nous dépeint saint Dominique Joyeux et Doux. Il était de taille moyenne, nous dit la sœur Cécile ; son visage était beau et un peu coloré. Il était toujours gai et agréable ; personne ne lui parla sans devenir meilleur. Ses mains étaient longues et belles, sa voix claire, noble et harmonieuse ; il ne fut jamais chauve et il garda toujours sa couronne religieuse tout entière, parsemée de rares cheveux blancs. Il était homme de prière ; c'est là le caractère le plus saillant de sa vie ; il ne voulut jamais ni cellule ni lit ; il dormait sur les marches de l'autel ou sur les dalles. Il assistait à l'office avec ferveur et joie, et il tenait à ce que toutes les cérémonies fussent bien accomplies. Une de ses dévotions favorites était de tenir les yeux fixés sur un crucifix. Jamais il ne parlait en public avant de s'être mis à genoux devant une image de Marie. Il faisait de nombreux miracles, mais son caractère angélique avait peut-être une plus grande puissance que ses miracles. Sainte Catherine de Sienne, dans une de ses visions, aperçut le visage de saint Dominique ressemblant à celui de Jésus-Christ même, image sensible de la transformation intérieure et spirituelle qui s'était opérée dans son âme.

L'Ordre de Saint-Dominique se propagea après, sa mort avec une promptitude extraordinaire, et s'étendît, cette année-là même, jusqu'en Palestine. Le troisième provincial général, le célèbre docteur en droit Raimond de Pennafort organisa définitivement l'Ordre en 1238, et depuis lors les rares modifications qu'on y apporta furent nécessitées par les besoins du temps.

La pauvreté absolue fut, pendant deux siècles, l'invariable principe de l'Ordre. Après le concile de Bâle, le pape Martin V autorisa par une bulle la possession des immeubles.

A l'époque la plus florissante, l'Ordre comptait quarante-cinq provinces…

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Re: Saint Dominique de Gusman.

Message  Louis le Jeu 18 Oct 2018, 6:10 am

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A l'époque la plus florissante, l'Ordre comptait quarante-cinq provinces et douze congrégations (Avertissement)  (fractions particulières de l'Ordre), placées chacune sous un vicaire général. A Naples seul l'Ordre eut, à une époque, dix-huit couvents d'hommes et dix couvents de femmes. C'est en Espagne et dans ses possessions que l'Ordre devint le plus nombreux et le plus influent. Des auteurs espagnols ont parlé d'un couvent d'Ethiopie qui renfermait neuf mille moines et trois mille frères. Les congrégations (Avertissement) étaient des réformes introduites par des supérieurs zélés dans les maisons de leurs provinces.

La première réforme fut introduite en Allemagne par le bienheureux Conrad de Prusse, provincial général, vers 1389, parce que, durant la peste de 1349, la discipline avait singulièrement déchu. Le bienheureux Barthélemy de Saint-Dominique fit de même en Italie. D'autres suivirent cet exemple. Une des principales réformes, fut celle du Saint-Sacrement, établie en France par le Père Antoine Quien, en 1636, à Marseille. On peut considérer comme des affiliations ou dérivations de l'Ordre, moins connues et moins nombreuses, et qui souvent furent de courte durée, les institutions des chevaliers de la Milice du Christ, du Saint-Rosaire, de la Croix du Christ, de Notre-Dame de Victoire.

Les grands privilèges que Grégoire IX avait accordés à l'Ordre, excitèrent de la jalousie et de l'opposition contre lui. Le Pape donna aux Dominicains, ainsi qu'aux Franciscains, par ces privilèges extraordinaires, une autorité et une influence auxquelles le fondateur n'avait pas songé. Ils pouvaient prêcher, confesser où il leur semblait bon, sans être obligés d'en demander l'autorisation aux curés ni aux évêques ; ceux-ci devaient traiter les Dominicains comme des hommes apostoliques. Honorius II créa pour l'Ordre la fonction importante de maître du sacré palais, afin qu'un membre de l'Ordre prêchât les gens de la maison du Pape. Léon X lui confia la censure de tous les livres, de toutes les gravures paraissant à Rome, et le maître du sacré palais a conservé ces fonctions jusqu'à nos jours et continue à être un dominicain.

Une obligation plus grande encore imposée par le Pape aux Dominicains fut de rechercher les erreurs dangereuses, de les mettre au grand jour et de provoquer leur répression. Ce fut Grégoire IX qui chargea le premier de cette difficile poursuite les Dominicains de Toulouse, parce que l'hérésie albigeoise continuait à s'y agiter dans les ténèbres. Le tribunal de l'Inquisition obtint en Espagne une prépondérance immense, et il eut toujours à sa tête un Dominicain.

L'Ordre rendit les plus grands services par le dévouement héroïque de ses membres, qui portèrent l'Evangile dans l'Asie centrale. Une multitude de Dominicains, obéissant aux ordres des Papes, ont été affronter dans ces parages inhospitaliers les privations, le martyre et la mort. Ce furent aussi les Dominicains qui durent gagner à la vérité chrétienne les populations de l'Amérique, lors de sa découverte, et, s'ils ne réussirent pas comme on pouvait l'espérer, ce fut non pas faute de zèle et de prudence de leur part, mais par suite de l'insatiable avarice et de l'effroyable inhumanité des premiers conquérants, auxquels les Dominicains s'opposèrent avec courage, mais sans succès.

Outre le plus profond des penseurs chrétiens, saint Thomas d'Aquin, l'Ordre de Saint-Dominique…

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Re: Saint Dominique de Gusman.

Message  Louis le Ven 19 Oct 2018, 6:54 am

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Outre le plus profond des penseurs chrétiens, saint Thomas d'Aquin, l'Ordre de Saint-Dominique a produit beaucoup de grands hommes, tels que Albert le Grand, auteur plus fécond même que saint Thomas ; Vincent de Beauvais, dont l'érudition universelle étonne les plus savants; saint Antoine, archevêque de Florence ; saint Vincent Ferrier, Noël Alexandre et tant d'autres.

L'Ordre avait donné à l'Eglise, jusqu'au commencement du siècle dernier, quatre Papes, soixante cardinaux, cent cinquante archevêques et plus de huit cents évêques. On y compte un grand nombre de martyrs, quantité de confesseurs canonisés, et béatifiés.

L'Ordre de Saint-Dominique a subi sans doute les effets de la décadence générale des institutions religieuses dans le siècle dernier, mais aujourd'hui nous le voyons reprendre une vie et une vigueur nouvelles. La France a donné son sang le plus généreux à l'Ordre des Frères Prêcheurs. La restauration de cet Ordre dans toute la pureté de sa discipline primitive, marche de pair avec les progrès de l'Eglise catholique.

Le Père Lacordaire a rouvert la France à Saint-Dominique ; « il était important », dit-il, « qu'un peu de ce sang généreux coulât sous le vieil habit de Saint-Dominique ». Depuis lui, les sujets Français abondent dans les maisons religieuses de l'Ordre ; plusieurs d'entre eux jettent en ce moment sur lui un vif éclat, et le travail de sa réforme s'accomplit sous la direction d'un Maître-Général Français. Cinq ans seulement après qu'il eut reparu en France, le Tiers Ordre, rétabli par le révérend Père Lacordaire, comptait déjà deux mille frères, et le nombre s'en est considérablement augmenté.

Mais la France ne reparaît pas seule au banquet du saint Patriarche ; partout se montre le blanc scapulaire de Saint-Dominique : l'Italie, la Belgique, l'Amérique, l'Angleterre regardent avec admiration la nouvelle naissance de cette impérissable famille, qui suit la fortune de l'Eglise, et comme elle, ne meurt jamais.


FIN

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