L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

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L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  Roger Boivin le Dim 18 Mar 2018, 1:13 pm


Richard Martineau se dit athée, mais parfois semble voir si clair, qu'on se demande si ce n'est pas un aveugle volontaire. Voici sa chronique d'aujourd'hui :



Richard Martineau
Dimanche, 18 mars 2018

L’héritage de mai 68

Dans quelques semaines, on célébrera le 50e anniversaire de mai 68.

Et si on analysait les slogans les plus populaires de l’époque, afin de comprendre ce qu’il reste de ce printemps agité ?

Jouir sans entraves

Ces trois mots résument tout. Mai 68 n’était pas un mouvement politique, mais un mouvement ludique.

Sexe, drogues, révolte : l’individu voulait s’éclater sans limites. Cinquante ans plus tard, on ressent encore l’onde de choc de ce big bang.

Après s’être attaqué à la religion, à la morale et au patriarcat, on veut maintenant faire sauter un autre verrou qui empêche l’individu de vivre comme il l’entend : l’identité.

Non seulement ai-je le droit de jouir sans entrave avec qui je veux, mais j’ai le droit de choisir qui je suis !

Genre, nationalité, race : l’identité, cette prison de l’âme, devient de plus en plus floue. Grâce au bistouri, on peut même changer notre âge et se libérer de l’emprise du temps !

Prochaine limite à éradiquer : l’espace, avec l’hyperloop qui nous permettra de faire Montréal-Toronto en 39 minutes.

En attendant le remède contre la dernière entrave de la vie : la mort.

Il est interdit d’interdire

Il y a un demi-siècle naissait l’individu roi. Je, me, moi.

Interdit de m’interdire quoi que ce soit, interdit de m’obliger à faire quoi que ce soit, interdit de me dire Non.

J’ai le droit. TOUS les droits.

Depuis, nos ego ne cessent de gonfler et de prendre de l’expansion. Enfants rois, parents rois, politiciens narcissiques accros aux tweets et aux selfies, adultes égocentriques rivés sur leurs écrans à compter les LIKE en bas de leur statut Facebook...

Tout le monde a des droits, plus personne n’a de devoir et chacun tire la couverture de son bord.

Ne vous demandez plus ce que vous pouvez faire pour votre pays, mais ce que votre pays peut faire pour vous.

Je veux avoir plus de services, mais payer moins d’impôts. Et je veux vivre en toute sécurité sans être surveillé ni faire mon service militaire.

Mai 68 a sonné la fin du contrat social et le début de l’individualisme.

CRS = SS

Les CRS sont les policiers antiémeutes français. À l’époque, les révolutionnaires de salon les comparaient aux nazis – une contorsion intellectuelle d’une bêtise sans nom.

Cinquante ans plus tard, les flics de Paris se font cracher au visage, et les manifestants contre la brutalité policière se comportent comme des brutes tous les 15 mars.

C’est l’un des plus importants héritages de mai 68 : la méfiance envers les figures d’autorité. Politiciens, policiers, prêtres, businessmen, journalistes – on ne croit plus personne et tout le monde en prend pour son rhume.

Pas étonnant que la messe du dimanche soir soit animée par un humoriste : aujourd’hui, on se moque de tout et le sarcasme est notre nouveau missel.

Élections, pièges à cons

À quoi ça sert de voter ? De toute façon, ce sont tous des crosseurs, alors...

Devant ce défilé de « blancs bonnets, bonnets blancs », de plus en plus de citoyens ne se rendent plus aux urnes ou alors votent blanc (c’est-à-dire : annulent).

Il y a 50 ans, une épidémie dangereuse commença à déferler sur l’Occident : le cynisme.



http://www.journaldemontreal.com/2018/03/18/lheritage-de-mai-68


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Re: L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  Roger Boivin le Dim 18 Mar 2018, 1:33 pm



LA RÉVOLUTION TRANQUILLE ou, en d'autres mots, L'APOSTASIE DE L'ÉTAT DU QUÉBEC :

http://messe.forumactif.org/t5405-la-revolution-tranquille-ou-en-d-autres-mots-l-apostasie-de-l-etat-du-quebec


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Re: L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  Roger Boivin le Dim 18 Mar 2018, 3:50 pm


Gilles Proulx
Jeudi, 15 mars 2018

« L’histoire sera clémente à mon endroit parce que c’est moi qui l’écrirai », aimait à dire Winston Churchill (avec humour, mais très sérieusement) ; il a tenu parole. « L’histoire me dénigrera parce que je n’enseignerai pas la mienne et que je croirai tout le mal qu’autrui dira de moi », ânonne le p’tit Québec.

Spoiler:

Toujours à la recherche de nouvelles joues à tendre aux gifles de ses détracteurs, le Québec aime recevoir des coups.

Comme en témoignait récemment ma collègue Lise Ravary au sujet d’un panel de la CBC où chacun vomissait notre nation en l’accusant de « racisme » (avec guillemets), une nouvelle tendance se confirme : l’enfermement du tricoté-serré dans la catégorie fourre-tout du méchant Blanc.

Exécration

Quand l’actualité ne rapporte pas les sottises de l’une ou l’autre de nos personnalités, on entend toujours parler d’un colloque/réunion/sommet/rassemblement contre le « racisme » (avec guillemets).

Bien sûr, c’est monsieur et madame Tout-le-Monde, c’est-à-dire vous, qui êtes accusés, et ce sont vos impôts qui paient ces professeurs-militants racistes (sans les guillemets) qui font carrière de nous exécrer.

Greffe de mémoire

Parce que le Québec ne se souvient pas de sa propre histoire (merci au gouvernement Couillard qui a sacré l’histoire aux poubelles par deux fois !), on peut lui greffer celle du voisin. Tout comme la musique américaine s’impose partout à nos oreilles, l’historiographie américaine s’implante dans l’esprit oublieux.

Nous étions les alliés des Amérindiens contre les Anglais (et c’est ainsi que l’on a pu tenir 200 ans), mais on nous accuse de les avoir massacrés ? Pontiac serait surpris de l’apprendre ! Nous n’avons jamais pratiqué l’esclavage industriel et le Ku Klux Klan nous exécrait, mais nous sommes assimilés à des... suprématistes blancs ? En vertu de la couleur de notre peau, on nous attribue les crimes du voisin.
Voilà pourquoi il est dangereux de ne pas écrire sa propre histoire.


http://www.journaldemontreal.com/2018/03/15/le-ptit-quebec-au-banc-des-accuses


Donc voilà l'Histoire de l'Église du Canada écrite par l'Église Catholique elle-même :


HISTOIRE DE L'ÉGLISE DU CANADA - par une religieuse de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal - 1908 :

https://archive.org/stream/histoiredelgli00mont#page/n9/mode/2up


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Roger Boivin

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Re: L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  gabrielle le Mar 20 Mar 2018, 7:29 am

Martineau est le seul dans sa catégorie, il se dénonce lui-même.
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Re: L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  Benjamin le Mar 20 Mar 2018, 10:26 am

Les "chrétiens" aux avant-postes en mai 68

Anne-Bénédicte Hoffner , le 18/03/2018 à 9h27
Mis à jour le 18/03/2018 à 12h36

Pour la première fois, une vaste étude sociologique s’intéresse à la participation massive des "chrétiens", et notamment des "catholiques", à la mobilisation des « années 68 ».

(...)

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Les-chretiens-aux-avantpostes-en-mai-68-2018-03-18-1200921688

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Re: L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  ROBERT. le Mar 20 Mar 2018, 10:33 am

.
Regardez l'image qui vaut 1000, mots dans le "post" précédent:

Les "catholiques" étaient prêts depuis belle lurette à mai '68...
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Re: L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  Roger Boivin le Mar 20 Mar 2018, 12:41 pm

Benjamin a écrit:
Les "chrétiens" aux avant-postes en mai 68

Anne-Bénédicte Hoffner , le 18/03/2018 à 9h27
Mis à jour le 18/03/2018 à 12h36

Pour la première fois, une vaste étude sociologique s’intéresse à la participation massive des "chrétiens", et notamment des "catholiques", à la mobilisation des « années 68 ».

(...)

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Les-chretiens-aux-avantpostes-en-mai-68-2018-03-18-1200921688


Au cas où l'on veuille le texte complet :

Spoiler:


Les chrétiens aux avant-postes en mai 68

Anne-Bénédicte Hoffner , le 18/03/2018 à 9h27
Mis à jour le 18/03/2018 à 12h36


Pour la première fois, une vaste étude sociologique s’intéresse à la participation massive des chrétiens, et notamment des catholiques, à la mobilisation des « années 68 ».


Réunion à  l’Institut catholique de Paris, le 24 mai 1968.

Pour combien de jeunes ou moins jeunes chrétiens, prêtres, religieux ou laïcs, Mai 68 fut synonyme de révélation sur les exigences d’une vie authentiquement évangélique, voire de « Pentecôte » pour des fidèles recevant soudain le souffle de l’Esprit et découvrant la force d’une parole libre ?

Cette année encore – mais peut-être pour la dernière fois –, ceux qui l’ont pleinement vécu raconteront la surprise devant un mouvement à la fois espéré et que l’on « n’a pas vu venir », le ras-le-bol devant les excès d’une société de consommation qui paraissait déjà triomphante et l’envie de bâtir un monde meilleur…
Incroyable liesse

C’est une incroyable liesse et une immense pagaille qui ont saisi les étudiants puis, au-delà d’eux, une partie de la société française pendant ce mois de mai 68, ébranlant durablement l’Église au même titre que toutes les institutions. Comme les autres, les chrétiens s’engagent avec ferveur dans ces discussions à n’en plus finir avec la volonté de se laisser « saisir » par la révolte en cours, de répondre aussi à l’appel, lancé par 14 personnalités catholiques et protestantes (dont Paul Ricœur) le 21 mai dans Témoignage chrétien : « La présence des chrétiens à la révolution suppose et requiert la présence de la révolution à l’Église. » Ou à celui, trois jours plus tard, de « 100 prêtres parisiens » qui encourageaient la contestation du clergé…

Prêtres donnant en chaire des consignes de vote, autels installés au fond de l’église, homélie « dialoguée avec des étudiants ou des ouvriers », intercommunion œcuménique sous forme de verres de vin posés sur une table de salle à manger, ou même actions coup-de-poing menées par le Comité d’action pour la révolution dans l’Église, mais aussi déception devant les pesanteurs de l’institution et, quelques semaines plus tard, incompréhension lors de la publication, fin juillet, de l’encyclique Humanae vitae… Dans l’Église comme ailleurs, rien ne pouvait plus être comme avant.

« Certes, il a pu y avoir des excès, des erreurs, comme dans tout sursaut de vie. Mais les perspectives ouvertes étaient belles », résume le père Gui Lauraire, alors jeune vicaire dans une paroisse de Sète (Hérault), chez qui « l’explosion de Mai 68 » a fait naître « une immense espérance, qui rejoignait celle soulevée par Vatican II » (1). Recueilli parmi d’autres dans un ouvrage à paraître bientôt, son témoignage illustre les espérances suscitées, chez une partie des catholiques, par « les événements ».

40 % sont passés par le scoutisme

Au-delà du récit, ce cinquantième anniversaire pourrait bien être enfin l’occasion d’une approche historique et sociologique renouvelée sur le rôle des chrétiens dans la contestation. En effet, « longtemps mésestimée », selon l’historien Denis Pelletier, en raison du poids de la gauche laïque et du gauchisme sur la mémoire collective, et sans doute aussi du silence d’une partie des institutions ecclésiales, leur participation est mesurable pour la première fois.

À Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes, une trentaine de chercheurs ont interrogé 400 acteurs qu’ils ont répartis en trois groupes : syndicalistes, féministes et gauchistes alternatifs (2). Surprise : parmi ces derniers, « 40 % sont passés par le scoutisme, 43 % par la JEC et 20 % par la JOC », énumère Isabelle Sommier, maître de conférences en science politique à l’université Paris 1 et directrice du Centre de recherches politiques de la Sorbonne. « Un peu plus âgés » que la moyenne, « plus souvent des femmes » et « plus souvent en couple », les manifestants catholiques se disent mus par la quête de « la justice », « la solidarité »plus que par « la colère, qui ressort davantage du discours des plus jeunes », remarque la sociologue.

Ni dedans ni en dehors

« Les chrétiens n’ont donc ni rejoint ni précédé les “enragés” de Nanterre. Ils n’étaient ni en dedans ni en dehors de ce qui se passait. Il y avait une révolution en marche dans l’Église, des chrétiens s’y mobilisaient au nom du Christ et en solidarité avec les peuples du tiers-monde », analysait déjà en 2012 l’historien Yann Raison du Cleuziou (3). Sans doute se trouve là l’autre éclairage utile apporté par les travaux universitaires récents : pour les catholiques opposés à la guerre d’Algérie, partisans des « ouvertures » du concile de Vatican II ou militants de la « nouvelle gauche », et même pour les tenants de l’extrême gauche catholique révolutionnaire, l’aspiration au changement est bien antérieure au « chahut » des étudiants de Nanterre.

D’une certaine manière, et comme vient de le rappeler l’historien Guillaume Cuchet (4), le concile Vatican II manifestait déjà la crise dans laquelle les changements socio-économiques plongeaient l’Église… et que l’encyclique Populorum Progressio tentait de traiter en 1967. Cette crise que l’Église catholique pensait sans doute « régler » grâce au Concile « mais dont elle n’est en réalité toujours pas sortie », remarque Jean-Louis Schlegel.

Un débat qui n’est pas clos

De fait, pour l’Église, la remise en cause est rude : critique virulente de l’institution considérée comme étouffée par sa hiérarchie, éloignée de ses fidèles et figée dans ses traditions ; « libération » de la parole et « avènement du catholique qui dit ”je” » (Jean-Louis Schlegel) ; désir d’une vie communautaire renouant avec les sources évangéliques… Les départs de religieux et de prêtres, qui s’étaient amorcés dans les années précédentes, se transforment « en hémorragie » après 68. Mais même avec ceux qui restent, tout a changé.

Dès le mois de juin, au grand séminaire d’Arras, « il n’était plus question d’interdire de fumer ni d’obliger à prier. Chacun demandait qu’on lui fasse confiance », résume en une formule saisissante Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens qui hésite encore sur le sens de ces événements et l’avenir qu’ils dessinent (1). « Est-il possible que l’oiseau qui se forme dans un œuf puisse naître sans brutalement briser la coquille ? Si cela est vrai, faut-il se réjouir que Mai 68 ait tout cassé pour permettre à l’Église conciliaire de venir au monde ? » Le débat n’est pas près d’être clos.

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Les grandes dates de Mai 68

22 mars. Les premiers incidents annonciateurs de la crise se produisent début 1968 à la faculté de Nanterre, ouverte en 1963 pour décongestionner la Sorbonne de Paris. Naissance du mouvement du 22 mars, autour de Daniel Cohn-Bendit.

2 mai. L’université de Nanterre est fermée.

3 mai. Un meeting se tient dans la cour de la Sorbonne. La police effectue près de six cents interpellations. Premiers gaz lacrymogènes, premiers lancers de pavés et premières barricades dans le Quartier latin.

10 mai. Nuit des barricades. Les étudiants et policiers s’affrontent en de véritables combats de rue, faisant des centaines de blessés. Les syndicats appellent à la grève générale pour le 13 mai.

13 mai. Grève générale dans toute la France. 7 millions de grévistes (2 millions en 1936).

14 mai. Le théâtre de l’Odéon et l’école nationale des beaux-arts de Paris sont occupés.

22 mai. Cohn-Bendit est expulsé de France.

27 mai. Signature des accords de Grenelle : augmentation du SMIG et des bas salaires, réduction progressive de la durée du travail en vue d’aboutir à la semaine de 40 heures, abaissement de l’âge de la retraite, révision des conventions collectives, reconnaissance de la section syndicale d’entreprise et augmentation des droits syndicaux…). Les ouvriers votent la poursuite de la grève.

29 mai. La crise sociale devient politique. De Gaulle part à Baden-Baden sans que personne ne soit au courant.

30 mai. « Je ne me retirerai pas », déclare à la radio le général de Gaulle, qui dissout l’Assemblée nationale. Plusieurs centaines de milliers de personnes défilent sur les Champs-Élysées en soutien à de Gaulle. Les élections des 23 et 30 juin 1968 voient la très large
victoire des gaullistes.

Anne-Bénédicte Hoffner


(1) Mai 68 raconté par des catholiques. Préface de Denis Pelletier, postface de Maurice Bellet. Éd. Le Temps présent (153 p., à paraître le 20 avril, 14 €).

(2) Changer le monde, changer sa vie. Enquête sur les militantes et les militants des années 1968 en France. Actes Sud, 1 118 p., 28 €.

(3) À la gauche du Christ. Les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours. Points Histoire, 711 p., 12,30 €.

(4) Comment notre monde a cessé d’être chrétien, Seuil, 279 p., 21 €.


De même ceci :

Spoiler:

Mai 68-mai 98 : la révolution des familles

LEGRAND Christine , le 29/05/1998 à 0h00



L'euphorie libertaire, qui a entouré les événements de mai, a multiplié les naissances « naturelles », volontaires ou non. « Ces jeunes soixante-huitards devenus parents ont voulu alors révolutionner la fonction parentale », explique l'historienne Yvonne Knibielher. Se libérant sexuellement en même temps que leurs enfants, ils se sont mis à se promener nus devant eux, à prendre leur bain ensemble... Dans la mouvance féministe, certains ont inventé des modes d'éducation préparant l'égalité des sexes : ils habillaient les petits garçons et les petites filles de la même manière, leur distribuaient indifféremment les mêmes jouets, donnant des poupées aux garçons et des camions aux filles. Cette tentative d'assimilation des sexes n'a pas duré longtemps...

En revanche, ce qui a duré, et qu'on leur doit de plus positif, c'est l'humanisation des crèches, de l'accouchement et de l'allaitement, qu'ils ont réclamée à grands cris. Sur les pratiques de puériculture pesait en effet à l'époque la « rigidité pasteurienne ». Rejetant la dictature des microbes, les jeunes mères ont voulu accoucher comme elles l'entendaient, exigeant auprès d'elle la présence du père et celle de leur nouveau-né, qu'elles voulaient nourrir elles-mêmes. Les crèches, réservées aux « prolétaires », étaient aussi interdites aux parents. Pour faire garder leurs bébés suivant leurs principes, ces jeunes parents se sont mis à créer des crèches « sauvages », autogérées, qui sont en réalité les ancêtres des actuelles « crèches parentales »...

C. L.

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Re: L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  Roger Boivin le Mar 20 Mar 2018, 1:38 pm


Citation à partir du texte « Les "chrétiens" aux avant-postes en mai 68 » :

Pour combien de jeunes ou moins jeunes chrétiens, prêtres, religieux ou laïcs, Mai 68 fut synonyme de révélation sur les exigences d’une vie authentiquement évangélique, voire de « Pentecôte » pour des fidèles recevant soudain le souffle de l’Esprit et découvrant la force d’une parole libre ?

A propos du Pentecôtisme :


Mais ça date d'avant 75 :

Voici à propos de L'origine des Mouvements Charismatiques
http://messe.forumactif.org/t3758-le-rock-n-roll#74302 :


J'ai retrouvé sur internet des textes qui semblent bien être la retranscription des cassettes provenant des conférences que le Père Régimbal, le grand manitou - pour faire une figure de style - des mouvements charismatique au Québec, donnait début 1970 ; et dont j'avais souvenir entre autres de ce passage intéressant qui révèle l'origine de ces mouvements (ce sont le 11° et 12 ° paragraphes) :

..

EN ARIZONA: Rencontre avec Dismas Clark

En 1969, suite à une recommandation médicale, la communauté des Trinitaires décide d’envoyer Jean-Paul Regimbal à Phoenix en Arizona. Là-bas, l’air plus sec l’aidera à soigner son asthme. En 1980, à l’occasion d’un souper du regroupement ACTE (Association des chrétiens témoins dans leurs entreprises), il comparait son expérience en Arizona avec celle du livre biblique d’Osée : «C’est pourquoi, je vais le séduire, le conduire au désert et parler à son cœur. Je lui rendrai ses vignobles…» «Quand j’ai pris la route de l’Arizona, mon cœur était lourd. Je ne comprenais pas… Je trouvais mes supérieurs bornés…» racontait le fils de Jean de Matha, le sourire aux lèvres. Jean-Paul Regimbal aimait bien «taquiner» ses confrères. Après une quinzaine de jours de repos, il téléphone à l’évêque du lieu pour lui offrir ses services. Le berger diocésain lui propose de remplacer un prêtre malade à la paroisse Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, à Phoenix.


Le 9, du 9e mois, 1969, 9h

«J’ai commencé à travailler à Sainte-Thérése, le 9 septembre 1969. C’est quand même significatif! Le 9 du 9e mois en 1969. Il était 9h et Dieu préparait dans ma vie l’avènement de la 9e heure (rire)», lançait-il à la blague devant les hommes d’affaires du regroupement ACTE. Ce matin-là, Sandy Winter vient le rencontrer au bureau. Cette anglicane désire inscrire ses enfants à l’école catholique et se questionne sur le contenu académique. Après avoir obtenu les réponses espérées, elle lui demande : «Accepteriez-vous d’être mon directeur spirituel?» Il tente de la diriger vers un pasteur de son Église. En vain, elle lui explique : «Je vis des situations étranges, des phénomènes spirituels particuliers et j’ai entendu dire que les Catholiques attachent beaucoup d’importance à cela». Jean-Paul Regimbal finit par accepter de l’écouter. Elle lui raconte qu’elle parle en langues, qu’elle prophétise, qu’elle a reconduit trois prêtres à l’exercice de leur sacerdoce, etc. Croyant à un cas de psychose religieuse, il conclut en lui disant qu’il communiquera avec elle pour lui livrer sa réflexion. Avant de partir, il lui fait citer des passages bibliques où il est question de ces manifestations. Après une réflexion sérieuse et un regard en profondeur sur l’expérience de la Pentecôte des premiers disciples, de la vie des pères de l’Église et de l’enseignement du Concile Vatican II, qui vient de se terminer, il se rend chez elle. Dans sa cuisine, le 11 septembre 1969, où elle s’affaire à préparer le repas, il lui demande de lui «imposer les mains» pour recevoir les mêmes grâces qu’elle. L’expérience transforme sa vie. Puisqu’il n’y a pas de Catholiques vivant ce phénomène à Phoenix, il se joint à un groupe œcuménique charismatique. Rapidement, il devient reconnu et la nouvelle se répand : «un prêtre catholique prophétise et fait des miracles!» Quelques semaines plus tard, il est invité au Groenland pour parler de son expérience spirituelle et de la Parole de Dieu.

..


source : http://www.michel-lafontaine.com/Sentier-P%E8re-Jean-Paul-Regimbald.php
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Re: L’héritage de mai 68 - par Richard Martineau

Message  Roger Boivin le Mar 20 Mar 2018, 2:06 pm


L' "Esprit-Saint" qui provient des sectes protestantes ne peut être le véritable Esprit-Saint, car comment l'Esprit-Saint pourrait-il enseigner de quoi à une de ces sectes, et le contraire à d'autres !? On voit bien par là que ce ne peut être que l'esprit du mensonge et non de la vérité. Alors ce « soudain souffle de l’Esprit » de mai 68 dont parle le texte cité par Benjamin, c'est le souffle du diable, le singe de Dieu.
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