L'âme humaine est-elle immortelle ?

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Sam 14 Oct 2017, 6:46 am

ARTICLE 3 . Y a-t-il dans l'homme, outre l'âme intellectuelle, d'autres âmes d'essence différente ?

CONCLUSION (SUITE) : — Mais si nous admettons que l'âme est unie au corps comme une forme, il est absolument impossible qu'il y ait en un même corps plusieurs âmes d'essence différente.

La première raison en est que l'animal ne serait pas parfaitement un, s'il avait plusieurs âmes. Cette parfaite unité procède de la forme qui donne à une réalité son être. C'est le même principe qui donne à une chose l'être et l'unité. Mais ce qui est désigné par plusieurs formes, n'est pas parfaitement un, exemple : un homme blanc. Si donc l'homme était vivant, en raison d'une première forme qui serait l'âme végétative; s'il était un animal, par une seconde forme, l'âme sensitive; et enfin s'il était un homme, par une troisième, l'âme rationnelle, il s'ensuivrait que l'homme ne possède pas une parfaite unité.

Aristote présente une argumentation analogue au 8e livre des Métaphysiques, contre Platon : s'il y avait une idée de l'animal, et une autre idée du bipède, l'on n'aurait pas un animal bipède d'une unité rigoureuse. Pour le même motif, au Ier livre du Traité de l'Ame, s'opposant aux philosophes qui admettent plusieurs âmes pour le corps, il demande quel est le principe qui les enveloppera toutes, c'est-à-dire qui en fera un seul être. L'on ne peut répondre que c'est l'unité du corps : car c'est l'âme qui contient le corps et lui donne son unité, bien plutôt que le contraire.

Une seconde raison qui rend cette position intenable est prise du mode d'attribution. Il peut y avoir une attribution accidentelle entre des prédicats empruntés à diverses formes, pourvu qu'elles ne soient pas ordonnées par essence l'une à l'autre, exemple : le blanc est doux. Mais si elles ont cet ordre entre elles, il y aura attribution nécessaire du second mode, où le sujet entre dans la définition du prédicat. Ainsi l'étendue est antérieure à la couleur : donc, lorsqu'on dira qu'un corps étendu est coloré, ce sera le second mode d'attribution nécessaire. — Supposons que l'on attribue à un être le prédicat « animal » en raison d'une certaine forme, et en raison d'une autre forme, le prédicat « homme » ; l'on trouve l'alternative suivante : ou bien ces deux formes ne sont pas ordonnées l'une à l'autre par essence, et l'on n'a qu'une attribution accidentelle; ou bien l'une des deux âmes est antérieure à l'autre, et l'on a une attribution nécessaire du second mode. Or les deux hypothèses sont évidemment fausses : « animal » est attribué nécessairement à l'homme, et non d'une manière accidentelle; d'autre part « homme » n'entre pas dans la définition de l'animal, mais c'est le contraire qui a lieu. C'est donc par une seule et même forme qu'un être est animal et qu'il est homme. Autrement, l'homme ne posséderait pas vraiment tout ce qui constitue l'animal, — raison pour laquelle il y a attribution nécessaire d'« animal » à « homme. »

Troisième preuve : …

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Dim 15 Oct 2017, 6:51 am

ARTICLE 3 . Y a-t-il dans l'homme, outre l'âme intellectuelle, d'autres âmes d'essence différente ?

CONCLUSION (SUITE) Troisième preuve : lorsqu'une activité de l'âme est très intense, elle empêche les autres de s'exercer. Cela n'arriverait pas, si le principe de ces activités n'était pas essentiellement un.

L'âme, sensitive, intellectuelle et végétative, ne forme donc dans l'homme qu'une seule et même âme. On comprendra aisément comment cela peut se faire, en considérant les différentes espèces ou formes des êtres de la nature. Elles se distinguent les unes des autres par des degrés de perfection croissante : les êtres animés sont plus parfaits que les êtres inanimés, les animaux plus que les plantes, les hommes plus que les animaux. Et il y a encore des degrés à l'intérieur de chacun de ces genres. Voilà pourquoi Aristote, au 8e livre des Métaphysiques, compare les espèces dans les êtres aux nombres, qui changent d'espèce selon qu'on ajoute ou retranche une unité; au 2e livre du Traité de l’Âme, il compare les différentes âmes aux figures géométriques dont l'une contient l'autre : comme le pentagone contient le carré et possède un plus grand nombre de côtés. L'âme intellectuelle contient donc en sa perfection toute la réalité de l'âme sensitive des animaux et de l'âme végétative des plantes. Une surface à cinq côtés n'a pas deux figures, celle d'un pentagone et celle d'un carré; car la figure à quatre côtés serait inutile puisqu'elle est contenue virtuellement dans celle qui en a cinq,  Semblablement, Socrate n'est pas homme par une âme, et animal par une autre, mais par une seule et même âme.
A suivre : Article 4. Y a-t-il dans l'homme une autre forme que l'âme intellectuelle?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Lun 16 Oct 2017, 7:15 am

ARTICLE 4 . Y a-t-il dans l'homme une autre forme que l'âme intellectuelle?

DIFFICULTÉ: 1. Il semble qu'il faille l'accorder. Le Philosophe définit l'âme comme « l'acte d'un corps naturel qui a la vie en puissance. » Il y a donc entre l'âme et le corps le rapport de forme à matière. Mais le corps lui-même possède une forme substantielle qui lui donne d'être un corps. Donc, antérieurement à l'âme, il y a dans le corps une forme substantielle.

SOLUTION : 1. Aristote ne dit pas seulement que l'âme est « l'acte d'un corps », mais « l'acte d'un corps naturel organisé, qui a la vie en puissance », et que cette puissance « ne rejette pas l'âme hors de soi. » D'où, l'âme doit être considérée comme intérieure au sujet dont elle est l'acte : à la manière dont la chaleur est l'acte de l'objet chaud, et la lumière, l'acte du corps lumineux. Ce qui ne veut pas dire que le corps soit lumineux en dehors de la lumière, mais qu'il est lumineux par la lumière. Et si l'on définit l'âme comme ci-dessus, c'est que l'âme donne à la fois d'être un corps, et d'être organisé, et d'avoir la vie en puissance. L'acte premier [qui est l'être] est en puissance par rapport à l'acte second, ou opération. Mais une puissance de ce genre « ne rejette pas », c'est-à-dire n'exclut pas de soi l'acte de l'âme.

DIFFICULTÉ: 2. L'homme, comme tout animal, se meut lui-même. Toute réalité de ce genre se divise en deux éléments, l'un moteur, et l'autre mobile. L'élément moteur dans l'homme, c'est l'âme. Il faut donc que l'autre élément soit de telle nature qu'il puisse être mis en mouvement. Or la matière première ne peut l'être, parce qu'elle est pure puissance. Bien plus, tout ce qui est mis en mouvement est un corps. Il doit donc y avoir dans l'homme et dans tout animal une forme substantielle spéciale qui constitue le corps.

SOLUTION : 2. L'âme ne met pas le corps en mouvement par son être, c'est-à-dire en tant qu'elle lui est unie comme une forme, mais par la faculté motrice dont l'activité implique que le corps est déjà réalisé en acte par l'âme. Ainsi, par cette vertu motrice, l'âme est ce qui donne le mouvement, et le corps animé est le mobile.

DIFFICULTÉ: 3. La hiérarchie des formes s'établit par rapport à la matière première. Un ordre se détermine toujours en fonction d'un certain point de départ. S'il n'y avait pas dans l'homme d'autre forme substantielle que l'âme intellectuelle, mais que celle-ci fût en relation immédiate avec la matière première, elle appartiendrait à la classe des formes les plus imparfaites : car c'est là leur caractéristique.

SOLUTION : 3. L'on peut distinguer, en fonction de la matière, différents degrés de perfection : être, vivre, sentir, comprendre. En cet ordre, la forme supérieure surajoutée est toujours plus parfaite que la précédente. Celle qui donne à la matière le premier degré de perfection est la moins parfaite; celle qui donne à la fois le premier, le second, le troisième et ainsi de suite, est la plus parfaite ; et néanmoins elle s'unit immédiatement à la matière.

DIFFICULTÉ: 4. Le corps humain est une combinaison d'éléments. Cette combinaison ne se réalise pas seulement  selon  la  matière : l'on  n'aurait alors qu'une corruption. Les formes élémentaires doivent donc demeurer dans le corps composé. Mais ce sont des formes substantielles. Il y a donc dans le corps humain d'autres formes en plus de l'âme intellectuelle.

SOLUTION : 4. Pour Avicenne, les formes substantielles des éléments conservent leur intégrité dans le composé : la combinaison des éléments consisterait en un état moyen de leurs qualités contraires. — Mais c'est impossible. Les différentes formes des éléments ne peuvent exister qu'en diverses parties de la matière. Celles-ci impliquent des dimensions quantitatives, sans lesquelles la matière n'est pas divisible. Une telle matière est corporelle. Or plusieurs corps ne peuvent exister en un même lieu. Par suite, les éléments du corps composé sont distincts par leur position dans l'étendue. Nous n'aurons plus alors une véritable combinaison, qui implique une présence de tous les éléments dans toutes les parties, ce sera une combinaison apparente, qui consiste en une juxtaposition de parties très petites.

Pour Averroès, les formes des éléments sont, en raison de leur imperfection, intermédiaires entre les formes accidentelles et les formes substantielles. Elles sont susceptibles d'accroissement et de diminution. C'est pourquoi l'intensité de leurs qualités diminue dans la combinaison ; elles se trouvent réduites à un état moyen et composent ainsi une forme. — Cette solution est encore moins admissible. L'être substantiel de toute réalité consiste en un degré indivisible d'être. Tout ce qu'on y ajoute ou retranche amène un changement d'espèce, comme pour les nombres. Une forme substantielle n'est donc pas susceptible de plus ou de moins. — Il est d'ailleurs tout autant impossible d'admettre une réalité intermédiaire entre la substance et l'accident.

La vraie solution est celle d'Aristote : les formes des éléments demeurent dans le composé, non pas en acte, mais virtuellement. Leurs qualités demeurent, quoique diminuées : c'est en elles que résident les propriétés des éléments. Ce mode de combinaison constitue une exacte disposition à recevoir la forme substantielle du corps composé, soit celle d'une pierre, soit celle d'une âme d'espèce quelconque.

CEPENDANT: Pour chaque réalité, il n'y a qu'un être substantiel. Or c'est la forme substantielle qui donne cet être. Il n'y a donc qu'une forme pour chaque réalité. Dans l'homme, c'est l'âme qui est cette forme. Il ne peut donc y en avoir d'autre en lui que l'âme intellectuelle.

CONCLUSION :…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Mar 17 Oct 2017, 7:29 am

ARTICLE 4 . Y a-t-il dans l'homme une autre forme que l'âme intellectuelle?

SUITE

CONCLUSION : L'on pourrait supposer que l'âme intellectuelle n'est pas unie au corps comme une forme, mais, selon la théorie platonicienne, qu'elle est seulement cause motrice : l'on devrait accorder alors qu'il y a dans l'homme une forme substantielle spéciale qui donnerait son être au corps apte à recevoir de l'âme le mouvement. — Mais si, comme on l'a dit, l'âme intellectuelle est forme du corps, il ne peut y avoir dans l'homme d'autre forme substantielle que cette âme.

Prouvons-le : une forme substantielle se distingue d'une forme accidentelle en ce que cette dernière ne donne pas absolument l'être, mais un certain mode d'être. Ainsi la chaleur ne donne au sujet qu'elle affecte que d'être chaud. Lorsqu'une forme accidentelle est produite, l'on ne dit pas qu'un être est produit absolument, mais que tel être reçoit telle modalité, telle manière d'être. Inversement, lorsque la forme accidentelle disparaît, il n'y a pas destruction absolue de l'être, mais seulement sous un certain rapport : La forme substantielle, elle, donne l'être absolument. En conséquence, sa présence est cause d'une production pure et simple de l'être, et sa disparition est cause d'une destruction absolue.

Ce qui explique l'opinion des anciens « physiciens » : pour eux la matière première était une réalité   en acte, le feu, l'air ou quelque autre élément. Aussi n'admettaient-ils pas qu'il y eût jamais production ou destruction pure et simple, mais que tout devenir était changement qualitatif. — Si donc en plus de l'âme intellectuelle, il préexistait dans la matière une forme substantielle quelconque, qui donnerait au sujet de l'âme d'être en acte, il faudrait conclure : l'âme ne donne pas absolument l'être; elle n'est pas une forme substantielle; il n'y a pas de génération pure et simple, lorsqu'elle arrive à l'être, ni de corruption absolue, lorsqu'elle disparaît, mais seulement sous un certain rapport. Or tout cela est évidemment faux.

Aucune autre forme substantielle dans l'homme que l'âme intellectuelle. Celle-ci contient en sa perfection l'âme sensitive et l'âme végétative, mais, de plus, toutes les formes inférieures; et elle accomplit à elle seule toutes les opérations que les formes moins parfaites accomplissent dans les autres êtres. — Même conclusion pour l'âme sensitive dans les bêtes, et l'âme végétative dans les plantes, et de façon générale pour toutes les formes, par comparaison à leurs inférieures.

A suivre :  Article 5. Convenait-il à l'âme intellectuelle d'être unie à un corps, tel que le corps humain ?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Mer 18 Oct 2017, 6:31 am

ARTICLE 5 . Convenait-il à l'âme intellectuelle d'être unie à un corps, tel que le corps humain ?

DIFFICULTÉ: 1. La matière doit être proportionnée à la forme. Or l'âme intellectuelle est une forme incorruptible. Elle ne doit donc pas être unie à un corps corruptible.

SOLUTION : 1. L'on essaiera peut-être d'éluder cette objection, en disant que le corps humain était incorruptible avant le péché originel. — La réponse paraît insuffisante. Car avant le péché le corps de l'homme fut immortel non par nature, mais par un don de la grâce divine. Dans le cas contraire, il n'aurait pas perdu son immortalité ; pas plus que le démon ne l'a perdue. — La véritable solution est la suivante : La matière présente deux conditions : l'une qui est choisie en vue de la proportionner à la forme, l'autre qui provient nécessairement de sa disposition primitive [antérieurement à son union à la forme]. Par exemple, pour obtenir une forme de scie, l'ouvrier choisit du fer, c'est-à-dire une matière qui puisse couper des corps durs; mais, que les dents de la scie puissent s'émousser et se couvrir de rouille, cela tient aux conditions nécessaires de cette matière. De même, il faut à l'âme intellectuelle un corps qui présente une combinaison moyenne d'éléments, mais ce sont les nécessités de la matière qui le rendent corruptible. — Si l'on voulait prétendre que Dieu aurait pu se dérober à cette nécessité, il faut répondre, avec saint Augustin, que la structure des réalités physiques ne doit pas être appréciée d'après la puissance divine, mais d'après ce que les natures de ces réalités exigent. Toutefois, Dieu a apporté un remède à la mort par un don gratuit.

DIFFICULTÉ: 2.  L'âme intellective est une forme de la plus pure immatérialité. La preuve en est qu'elle possède une opération indépendante de la matière corporelle. Or plus un corps est subtil, moins il a de matière. L'âme devrait donc être unie au corps le plus subtil, au feu, par exemple, et non pas à un corps mixte, où l'élément terrestre domine.

SOLUTION : 2. L'âme intellectuelle n'a pas besoin de corps, si l'on considère seulement son activité rationnelle, mais en raison des facultés sensibles qui demandent des organes où les éléments soient en proportions égales. Il fallait donc que l'âme intellectuelle fût unie à un corps spécial, non pas à un simple élément, ni à un corps composé où il y aurait eu une quantité excessive de feu ; la combinaison ne serait plus bien proportionnée à cause de la trop grande activité du feu. Mais le corps qui possède cette proportion dans les éléments est d'un degré d'être assez élevé, parce qu'il n'est pas composé de contraires, en quoi il a une certaine ressemblance avec les corps célestes.

DIFFICULTÉ: 3. La forme est le principe constitutif de l'espèce. Aussi les espèces différentes ne dérivent-elles pas d'une seule forme. Or l'âme intellectuelle est une forme unique. Elle ne doit pas être unie à un corps composé de parties appartenant à des espèces dissemblables.

SOLUTION : 3. Les parties du corps des animaux, telles que l'œil, la main, la chair, les os, etc. n'appartiennent pas à une espèce déterminée; c'est l'animal entier qui est d'une certaine espèce. Aussi ne peut-on dire, à parler rigoureusement, qu'elles sont d'espèces différentes, mais qu'elles ont diverses dispositions. Une telle diversité convient à l'âme intellectuelle : cette âme est en effet une par essence, mais multiple par ses facultés; et ses opérations différentes demandent des dispositions variées dans le corps auquel elle est unie. C'est pourquoi l'on observe une plus grande diversité d'organes dans les animaux parfaits que dans les autres, et dans ceux-ci que dans les plantes.

DIFFICULTÉ: 4. Plus la forme est parfaite, plus son sujet récepteur doit être parfait. Or l'âme intellectuelle est la plus parfaite des âmes. D'autre part les animaux ont le corps pourvu de moyens naturels de protection, par exemple, de poils comme vêtement, de sabots comme chaussure; ils ont aussi des armes naturelles, griffes, défenses, cornes. Il semble donc que l'âme intellectuelle ne dût pas être unie à un corps qui est imparfait puisqu'il est dénué de tels moyens.

SOLUTION : 4. L'âme intellectuelle est en puissance à une infinité d'actes, du fait qu'elle peut saisir les essences universelles. Il n'était donc pas possible de lui fixer des jugements instinctifs d'un certain genre, ou même des moyens spéciaux de défense ou de protection, comme c'est le cas pour les animaux, dont la connaissance et l'activité sont déterminées à certaines fins particulières. Au lieu de tous ces instruments, l'homme possède par nature une raison, et la main, — qui est l'« organe des organes », parce qu'il peut se fabriquer, par son intermédiaire, des outils d'une infinité de modèles et pour une infinité d'usages.

CEPENDANT: Aristote définit l'âme : « L'acte d'un corps physique organisé qui a la vie en puissance. »

CONCLUSION : …

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Jeu 19 Oct 2017, 6:34 am

ARTICLE 5 . Convenait-il à l'âme intellectuelle d'être unie à un corps, tel que le corps humain ?

SUITE

CONCLUSION : Ce n'est pas la forme qui est ordonnée à la matière, mais c'est bien plutôt le contraire : par la nature de la forme, l'on doit déterminer pourquoi la matière est de telle nature, et non inversement. Or l'âme intellectuelle est, comme on l'a dit, au dernier degré des substances spirituelles : car elle n'a pas une connaissance innée de la vérité, comme les anges, mais il faut qu'à l'aide des sens, elle la recueille de la multiplicité des choses. — La nature donne à tout être le nécessaire. Il fallait donc que l'âme intellectuelle possédât non seulement la faculté de comprendre, mais encore celle de sentir; et puisque le sens ne peut fonctionner sans un organe corporel, il était nécessaire que l'âme intellectuelle fût unie à un corps apte à servir d'organe au sens. Or tous les sens dérivent du toucher. L'organe du toucher doit présenter une combinaison moyenne des contraires, tels que le chaud et le froid, l'humide et le sec, etc., que le toucher peut percevoir. C'est la raison pour laquelle ce sens est en puissance aux contraires et peut les connaître. Donc, dans la mesure où l'organe du toucher se rapprochera davantage de cette combinaison moyenne, dans cette mesure même le toucher sera plus fin. Or l'âme intellectuelle possède au plus haut degré de perfection la faculté de sentir : car les qualités de l'être inférieur se trouvent sous un mode plus élevé dans l'être supérieur, — selon la pensée de Denys. Le corps auquel est unie l'âme intellectuelle devait donc être un corps mixte qui parmi tous les autres présenterait, le plus parfaitement possible, cette combinaison moyenne des contraires. — Pour ce motif l'homme est celui de tous les animaux qui a le toucher le plus fin ; et parmi les hommes, ceux qui ont le toucher le plus fin sont d'intelligence plus pénétrante. Aristote en donne cet indice : « Ceux qui ont les chairs tendres ont l'esprit délié ».

A suivre : ARTICLE 6 . L'âme intellectuelle est-elle unie au corps par le moyen de dispositions accidentelles ?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Ven 20 Oct 2017, 6:54 am

ARTICLE 6 . L'âme intellectuelle est-elle unie au corps par le moyen de dispositions accidentelles ?

DIFFICULTÉ: 1. Toute forme est unie à une matière qui lui est propre et possède certaines dispositions. Ces dernières sont des accidents. Il faut donc admettre dans la matière certains accidents, avant qu'elle soit unie à la forme substantielle, et en conséquence avant son union à l'âme.

SOLUTION : 1. La forme la plus parfaite contient virtuellement toutes les perfections des formes inférieures. Une seule et même forme donne donc à la matière les différents degrés de perfection. C'est par la même forme que l'homme est un être en acte, un corps, un vivant, un animal, et un homme. Or à chacun de ces genres correspondent des formes accidentelles qui lui sont propres. Par suite, l'on peut concevoir la matière comme parfaite en son être, avant de la concevoir comme corporelle, et ainsi de suite : de la même manière les accidents propres à un être peuvent être conçus avant la corporéité. C'est ainsi qu'on peut considérer dans la matière des dispositions antérieures à la forme, non pas en tenant compte de l'effet total que la forme produit, mais seulement du degré inférieur de perfection qu'elle apporte.

DIFFICULTÉ: 2.  Pour plusieurs formes appartenant à une même espèce, il faut diverses parties de matière. Cette distinction des parties ne peut être conçue sans des dimensions dans l'étendue. Il y a donc dans la matière des dimensions avant son union aux formes substantielles, lorsqu'il y a plusieurs formes dans une même espèce.

SOLUTION : 2. Les dimensions sont des accidents qui appartiennent à la forme corporelle, forme qui convient à toute la matière. Lorsque la matière sera conçue comme déterminée par la forme corporelle et les dimensions, l'on pourra la concevoir également comme distincte en diverses parties; de la sorte, elle pourra recevoir diverses formes correspondant aux différents degrés de perfection. Quoique ce soit une seule et même forme qui donne à la matière ces différents degrés, l'on peut cependant en distinguer plusieurs par abstraction.

DIFFICULTÉ: 3.  Un être spirituel agit sur un corps par un contact d'ordre dynamique. Dans l'âme, cet effet est produit par sa puissance. Il semble donc que l'âme soit unie au corps par le moyen d'une puissance, c'est-à-dire par un accident.

SOLUTION : 3. Une substance spirituelle qui est unie à un corps seulement comme cause motrice, n'exerce sur lui que l'action d'une puissance. Mais l'âme intellectuelle est unie au corps comme forme, et donc par son être; néanmoins elle le gouverne et le met en mouvement par sa puissance active.

CEPENDANT: L'accident vient après la substance, et dans le temps et par nature. On ne peut donc supposer de forme accidentelle dans la matière, antérieurement à l'âme, qui est forme substantielle.

CONCLUSION :…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Sam 21 Oct 2017, 7:42 am

ARTICLE 6 . L'âme intellectuelle est-elle unie au corps par le moyen de dispositions accidentelles ?

SUITE

CONCLUSION : Si l'âme n'était unie au corps que comme une cause motrice, rien n'empêcherait, — bien mieux, il serait nécessaire — qu'il y eût entre l'âme et le corps des dispositions intermédiaires : une puissance, du côté de l'âme, pour mouvoir le corps, une certaine aptitude, du côté du corps, pour qu'il puisse recevoir son mouvement de l'âme.

Mais si, comme on l'a dit, l'âme intellectuelle est unie au corps comme forme substantielle, c'est là une supposition impossible, non seulement dans le rapport de l'âme et du corps, mais dans le rapport de toute forme substantielle à sa matière. La matière est en effet en puissance à recevoir tous les actes selon une certaine progression : le premier parmi les actes doit donc être trouvé premièrement dans la matière. Ce premier acte, c'est l'être. On ne peut donc concevoir que la matière soit chaude ou quantifiée, avant d'être en acte. Mais l'être en acte lui vient de la forme substantielle, qui donne l'être absolument. Aucune disposition accidentelle ne peut donc préexister dans la matière avant son union avec la forme substantielle, et en conséquence avant son union à l'âme.

ARTICLE 7. L'âme est-elle unie au corps par un corps intermédiaire ?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Dim 22 Oct 2017, 7:00 am

ARTICLE 7. L'âme est-elle unie au corps par un corps intermédiaire ?

DIFFICULTÉ: 1. Cela paraît vrai, d'après saint Augustin : « L'âme gouverne le corps au moyen de la lumière (c'est-à-dire du feu), et de l'air, éléments qui ressemblent le plus à l'esprit. » Mais ces éléments sont des corps. C'est donc par l'intermédiaire de certains corps que l'âme est unie au corps humain.

SOLUTION : 1. Saint Augustin parle de l'âme pour autant qu'elle met le corps en mouvement : c'est pourquoi il emploie le mot « gouvernement. » Il est d'ailleurs vrai qu'elle meut les parties les plus grossières du corps par le moyen des plus subtiles. Le premier instrument de la faculté motrice est l'« esprit vital », selon Aristote, au Traité du Mouvement des Animaux.

DIFFICULTÉ: 2.  Quand l'union de deux réalités est détruite par la suppression d'un certain élément, c'est donc que cet élément leur servait d'intermédiaire. Or, quand l'esprit vital manque, l'âme se sépare du corps. L'esprit vital, qui est un corps subtil, est donc intermédiaire entre le corps et l'âme.

SOLUTION : 2. L' « esprit vital » disparaissant, l'union de l'âme et du corps cesse, mais ce n'est pas parce qu'il joue le rôle d'intermédiaire : c'est parce que la disposition favorable à l'union disparaît avec lui. L'« esprit vital » est néanmoins un intermédiaire du mouvement, comme premier instrument de la faculté motrice.

DIFFICULTÉ: 3.  Des êtres très différents par essence ne peuvent être unis que par un intermédiaire. Or l'âme intellectuelle est très différente du corps, d'une part, parce qu'elle est incorporelle et d'autre part, parce qu'elle est incorruptible. Elle doit donc lui être-unie par un intermédiaire qui soit corporel et incorruptible : ce sera une lumière céleste, capable d'harmoniser les éléments et de les unir en un tout.

SOLUTION : 3. L'âme est en effet très différente du corps, eu égard aux caractéristiques propres à chacun d'eux. Si l'un et l'autre existaient séparément, il faudrait déterminer de nombreux intermédiaires. Mais en tant que forme du corps, l'âme n'a pas un être distinct de l'être du corps : elle lui est unie immédiatement par son être. L'on pourrait dire, de la même manière, que toute forme, considérée comme un acte, est très éloignée de la matière, qui est seulement un être en puissance.

CEPENDANT: Pour Aristote, l'unité de l'âme et du corps n'est pas moins douteuse que celle de la cire et de son empreinte. Or l'empreinte est unie à la cire sans intermédiaire. Il en va donc de même pour l'âme et le corps.

CONCLUSION :…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Lun 23 Oct 2017, 7:38 am

ARTICLE 7. L'âme est-elle unie au corps par un corps intermédiaire ?

SUITE

CONCLUSION : Si, comme le veulent les Platoniciens, l'âme était unie au corps à la manière d'une cause motrice, il faudrait admettre des corps intermédiaires entre l'âme et le corps de l'homme ou de tout animal. Il convient en effet à la cause motrice de mettre en mouvement un être éloigné d'elle par des intermédiaires plus proches.

Mais si l'âme est unie au corps, comme une forme, cette supposition est impossible. La raison en est que l'unité est toujours fonction de l'être. Or la forme donne par elle-même l'être en acte à une réalité, puisqu'elle est par essence un acte; et elle ne donne pas l'être par intermédiaire. D'où  l'unité d'un composé de matière et de forme est causée par la forme elle-même, qui de soi est unie à la matière en qualité d'acte.

Par conséquent, l'opinion de ceux qui admettaient des intermédiaires corporels entre l'âme et le corps de l'homme est évidemment fausse. Parmi eux, les Platoniciens affirmaient que l'âme intellectuelle possède un corps incorruptible, qui lui est naturellement uni, dont elle ne se sépare jamais, et au moyen duquel elle est unie au corps humain corruptible. — Selon d'autres, cette union se fait par un « esprit » matériel. — Selon d'autres encore, l'âme est unie au corps par le moyen de la lumière, qui pour eux est corporelle et de la nature de la « quinte essence » : aussi l'âme végétative est-elle unie au corps par la lumière du ciel des étoiles, l'âme sensitive, par celle du ciel cristallin, et l'âme intellectuelle, par celle du ciel empyrée. Tout cela est imaginaire et ridicule : car la lumière n'est pas un corps; la « quinte essence » ne peut pas entrer en composition dans un corps mixte d'une façon matérielle, parce qu'elle est inaltérable, mais seulement s'y unir par sa puissance active; enfin, l'âme est unie immédiatement au corps comme la forme à la matière.

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Mar 24 Oct 2017, 7:12 am

ARTICLE 8. L'âme est-elle tout entière en chaque partie du corps?

DIFFICULTÉ: 1. Cela ne semble pas admis par Aristote, au Traité du Mouvement des Animaux : « Il n'est pas nécessaire que l'âme soit en toute partie du corps, mais que se trouvant en un certain point initial du corps, elle fasse vivre les autres parties. Car chacune d'elles est capable par nature d'exécuter un mouvement qui lui est propre. »

SOLUTION : 1. Le Philosophe parle en cet endroit de la faculté motrice de l'âme.

DIFFICULTÉ: 2. L'âme est dans le corps dont elle est l'acte. Mais c'est l'acte d'un corps organisé. Elle se trouve donc seulement dans un corps organisé, ce qui n'est pas le cas de toutes les parties du corps humain. L'âme n'est donc pas tout entière en chaque partie du corps.

SOLUTION : 2. L'âme est l'acte d'un corps organisé en tant que le corps est son sujet bien adapté et immédiatement apte à être perfectionné par elle.

DIFFICULTÉ: 3. D'après le Traité de l'Ame, le rapport qui existe entre une partie de l'âme et une partie du corps, par exemple la vue et la pupille de l'œil, se retrouve de même entre l'âme et le corps, pris en leur totalité. Si l'âme tout entière est en chaque partie du corps, il faudra que toute partie du corps soit un animal.

SOLUTION : 3. L'animal est le composé de l'âme et du corps tout entier, qui est son sujet immédiat et bien adapté. Sous ce rapport, l'âme ne se trouve pas en chaque partie. Il n'est donc pas nécessaire que toute partie de l'animal soit un animal.

DIFFICULTÉ: 4. Toutes les facultés de l'âme ont leur principe dans son essence. Si donc l'âme est tout entière en chaque partie du corps, toutes les facultés de l'âme s'y trouveront aussi : par exemple, la vue dans l'oreille, l'ouïe dans l'œil. Ce qui est inadmissible.

SOLUTION : 4. Il y a des puissances que l'âme possède en tant qu'elle dépasse par son excellence la capacité du corps, c'est-à-dire l'intelligence et la volonté. Par suite, ces puissances ne se trouvent en aucune partie du corps. Les autres facultés appartiennent à la fois à l'âme et au corps. Il n'est pas nécessaire alors que chacune d'elles se trouve en chaque partie du corps, mais seulement en celle qui est adaptée à l'activité de cette puissance.

DIFFICULTÉ: 5. Si toute l'âme était en chaque partie du corps, chacune d'elles dépendrait immédiatement de l'âme. En ce cas, il n'y aurait pas de partie dépendante d'une autre, ni de partie plus importante qu'une autre. Ce qui est évidemment faux. L'âme n'est donc pas tout entière en chaque partie du corps.

SOLUTION : 5. L'importance relative de chaque partie du corps se détermine d'après celle des puissances, les parties du corps étant leurs organes. Quand c'est l'organe d'une puissance plus importante, elle est une partie plus importante du corps; c'est encore vrai lorsqu'elle est un organe plus important que les autres pour une même puissance.

CEPENDANT: Selon saint Augustin, « l'âme se trouve tout entière dans la totalité du corps, et tout entière en chaque partie. »

CONCLUSION :…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Mer 25 Oct 2017, 8:04 am

ARTICLE 8. L'âme est-elle tout entière en chaque partie du corps?

SUITE

CONCLUSION : Si l'âme était unie au corps seulement comme cause motrice, l'on pourrait admettre qu'elle n'est pas en toute partie du corps, mais uniquement en l'une d'elles, ce qui lui permettrait de mouvoir les autres. Mais du fait que l'âme est unie au corps comme forme, elle doit se trouver dans tout le corps et dans chacune de ses parties, car ce n'est pas une forme accidentelle, mais substantielle : celle-ci constitue non seulement la perfection du tout, mais encore de chaque partie. Le tout étant composé de parties, lorsque la forme d'un tout ne donne pas l'être aux diverses parties d'un corps, cette forme constitue un assemblage, un ordre de parties : par exemple, la forme de la maison. Mais cette forme est accidentelle, tandis que l'âme est une forme substantielle : elle doit donc être la forme et l'acte non seulement du tout, mais encore de chacune des parties. En conséquence, lorsque l'âme quitte le corps, l'on ne parle plus d'animal ou d'homme, si ce n'est de la manière équivoque dont on parle d'un animal peint ou sculpté; et il en va de même pour la main et l'œil, la chair et les os. Un indice, c'est que nulle partie du corps n'a d'activité, lorsqu'il n'y a plus d'âme : et cependant tout ce qui possède les caractères d'une espèce, doit garder l'activité propre à cette espèce. — Mais l'acte doit se trouver dans le sujet qu'il met en acte : l'âme doit donc être dans tout le corps, et dans chacune de ses parties.

Et maintenant, qu'elle y soit tout entière, on peut l'établir ainsi : Un tout, c'est ce qui est divisible en parties. Il y aura donc trois modes de totalité, selon les trois modes de division : 1. Un tout peut être divisible en parties quantitatives, le tout d'une ligne, d'un corps ; 2. un tout peut se résoudre en divisions logiques, ou en parties réelles : par exemple, l'objet défini se divise selon les parties de la définition, le composé se divise en matière et en forme ; 3. il y a encore le tout potentiel, dont les divisions se prennent des divers degrés de puissance.

Le premier mode de totalité ne peut convenir aux formes que d'une manière indirecte, et encore aux formes qui peuvent être indifféremment dans un tout quantitatif ou dans ses parties. Ainsi la couleur blanche, de par son essence, peut se trouver tout autant sur la surface totale que sur l'un des segments de cette surface. Elle est alors divisée d'une manière indirecte, lorsque la surface est divisée. Mais une forme qui requiert des parties diversement constituées — telle que l'âme, surtout dans les animaux parfaits, n'est pas dans le même rapport avec le tout et avec les parties. Aussi n'est-elle pas divisible, même indirectement, c'est-à-dire par division quantitative.

Le premier mode de totalité ne peut donc être attribué à l'âme, ni essentiellement ni d'une manière indirecte. Il n'en va pas de même du second mode…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Jeu 26 Oct 2017, 6:43 am

ARTICLE 8. L'âme est-elle tout entière en chaque partie du corps?

CONCLUSION (SUITE) : Le premier mode de totalité ne peut donc être attribué à l'âme, ni essentiellement ni d'une manière indirecte. Il n'en va pas de même du second mode, qui a rapport aux parties de la définition et de l'essence : il convient en propre et essentiellement aux formes. Le tout potentiel également, car la forme est principe des activités.

L'on pourrait se demander si la couleur blanche est tout entière sur la surface totale et sur chacun des segments. Il faudrait alors distinguer plusieurs cas : si l'on parle de la totalité d'étendue que la couleur blanche possède indirectement, elle ne se trouvera pas tout entière en chaque partie de la surface. L'on devrait affirmer la même chose à propos du tout potentiel : la blancheur qui recouvre toute la surface fait une impression plus vive sur la vue que celle qui n'en recouvre qu'un segment. Mais s'il s'agit du tout de l'espèce et de l'essence, la couleur blanche se trouve tout entière en une partie quelconque de la surface.

Or l'âme ne possède, ni par soi ni indirectement, de totalité quantitative. Il suffit donc d'admettre qu'elle est tout entière en une partie quelconque du corps, sous le rapport de la totalité d'essence et de perfection; non pas cependant comme tout potentiel : car elle ne se trouve pas en chaque partie du corps par chacune de ses puissances ; au contraire, la faculté de voir est dans l'œil, celle d'entendre dans l'oreille, etc.

Il faut noter toutefois que l'âme, exigeant des parties différemrnent organisées, n'est pas dans le même rapport au tout et aux parties : elle est en relation avec le tout, premièrement et par soi, comme avec un sujet propre et bien adapté auquel elle donne sa perfection ; elle est en relation avec les parties, secondairement, en tant qu'elles sont ordonnées au tout.

A suivre : Question 77 : LES FACULTÉS DE L'ÂME EN GÉNÉRAL.

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Ven 27 Oct 2017, 6:22 am

Question 77 : LES   FACULTÉS   DE   L'ÂME  EN   GÉNÉRAL.


Il faut maintenant considérer les facultés de l'âme, d'abord de façon générale, puis chacune d'elles en particulier.

Dans la première étude, l'on recherchera : 1. Si l'essence de l'âme est identique à sa puissance.—  2. S'il y a une ou plusieurs facultés de l'âme. —   3. Comment l'on distingue ces facultés. — 4. Leurs rapports mutuels. — 5. Si l'âme est le sujet de toutes les facultés. — 6. Si les facultés émanent de l'essence de l'âme. — 7. Si elles procèdent les unes des autres. — 8. Si toutes demeurent dans l'âme après la mort.

ARTICLE 1.

L'essence de l'âme est-elle identique à sa puissance?

DIFFICULTÉ: 1. On pourrait l'établir d'après saint Augustin : « L'esprit, la connaissance et l'amour, dit-il, sont substantiellement dans l'âme, ou, en d'autres termes, essentiellement. » Ou encore : « La mémoire, l'intelligence et la volonté sont une seule vie, un seul esprit, une seule essence. »

SOLUTION : 1. Saint Augustin parle ici du « mens » en tant qu'il se connaît et s'aime lui-même. De cette façon, la connaissance et l'amour sont substantiellement ou essentiellement dans l'âme pour autant qu'il s'agit de la connaître et de l'aimer elle-même : car la substance, l'essence de l'âme est connue et aimée. — Même interprétation, lorsqu'il parle « d'une seule vie, d'un seul esprit, d'une seule essence. » — Ou encore, selon une autre explication, cette manière de parler est juste si l'on pense à la relation qu'un tout potentiel soutient avec ses parties. Le cas de ce tout est intermédiaire entre celui du tout universel et celui du tout intégral. Le tout universel se trouve en chacune de ses parties avec toute son essence et toute sa puissance : ainsi « animal » par rapport à l'homme et au cheval. L'on peut donc attribuer rigoureusement ce tout à l'une quelconque des parties. Quant au tout intégral, il n'est en aucune manière en entier dans chacune des parties. L'attribution ne peut donc se faire à chacune d'elles, prise individuellement; on peut néanmoins le faire d'une manière impropre, en attribuant ce tout à l'ensemble des parties : l'on dit ainsi que le mur, le toit, les fondations sont la maison. Le tout potentiel est bien en chaque partie avec toute l'essence, mais non pas avec sa puissance entière. L'on pourra donc en faire l'attribution à l'une quelconque des parties, mais non pas aussi rigoureusement que dans le cas du tout universel. Et c'est ainsi que Saint Augustin entend que la mémoire, l'intelligence et la volonté sont l'essence même de l'âme.

DIFFICULTÉ: 2.  L'âme est d'un ordre plus parfait que la matière première. Or la matière première est sa propre puissance. A plus forte raison, l'âme.

SOLUTION : 2. L'acte auquel la matière première est en puissance est la forme substantielle. C'est pourquoi la puissance de la matière n'est pas autre chose que son essence.

DIFFICULTÉ: 3.  La forme substantielle est plus simple que la forme accidentelle. Ce qui le prouve, c'est que la forme substantielle ne peut croître ou décroître, mais possède un être indivisible. Or la forme accidentelle est sa propre capacité. A plus forte raison, cette forme substantielle qui est l'âme.

SOLUTION : 3. L'action, comme l'être, appartient au composé : c'est en effet à l'être existant qu'il appartient d'agir. Or le composé existe substantiellement par la forme substantielle, et il agit par la puissance qui suit à cette forme. En conséquence, la forme accidentelle active est avec la forme substantielle de l'être qui agit (ainsi la chaleur avec le feu) dans le même rapport que la puissance de l'âme avec son essence.

DIFFICULTÉ: 4. La puissance sensible est ce par quoi nous sentons; la puissance intellectuelle, ce par quoi nous comprenons. Or le principe propre de la sensation et de l'intellection, c'est, pour Aristote, l'âme. L'âme est donc identique à ses puissances.

SOLUTION : 4. La forme accidentelle n'est principe de l’action que par la forme substantielle. Celle-ci est donc le premier principe de l'action, mais non le principe prochain. C'est le sens de l'affirmation d'Aristote : « ce par quoi nous comprenons et sentons, c'est l'âme. »

DIFFICULTÉ: 5…


Dernière édition par Louis le Lun 30 Oct 2017, 6:25 am, édité 1 fois

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Sam 28 Oct 2017, 7:03 am

ARTICLE 1.

L'essence de l'âme est-elle identique à sa puissance?

SUITE

DIFFICULTÉ: 5. Tout ce qui n'appartient pas à l'essence d'une réalité est accidentel. Si la puissance de l'âme n'appartient pas à son essence, elle est donc un accident. Or c'est contraire à la pensée de saint Augustin. Pour lui, les capacités notées plus haut « ne sont pas dans l'âme comme en un sujet, à la manière dont la couleur, la configuration, ou tout autre mode de la qualité et de la quantité appartiennent à un corps. Car toute modalité de ce genre est rigoureusement limitée à son sujet, tandis que le « mens » peut encore connaître et aimer les autres réalités ».

SOLUTION : 5. Si l'on entend par « accident » ce qui s'oppose à la substance, il n'y a pas alors de milieu entre substance et accident. Car leur opposition s'obtient par affirmation et négation : être dans un sujet, ne pas être dans un sujet. En ce sens, la puissance de l'âme, du fait qu'elle n'est pas son essence, est un accident, classé dans la seconde espèce de la Qualité. — Mais si l'on entend par « accident » l'un des cinq prédicables, l'on peut trouver un intermédiaire entre l'accident et la substance. En effet : appartient à la substance tout ce qui est essentiel à une réalité. Cependant tout ce qui ne lui est pas essentiel ne peut être appelé accident prédicable, mais cela seul qui n'est pas causé par les principes essentiels de l'espèce. Car le « propre » n'est pas de l'essence de la réalité, mais il est causé par les principes essentiels de l'espèce : il est intermédiaire entre l'essence et l'accident entendu au sens d'accident prédicable. C'est de cette façon qu'on peut considérer les puissances de l'âme comme intermédiaires entre la substance et l'accident, en tant que propriétés naturelles de l'âme. — Quant à l'expression de saint Augustin : « la connaissance et l'amour ne sont pas dans l'âme comme des accidents dans un sujet », il faut la comprendre comme plus haut (sol. I), c'est-à-dire : dans leur rapport à l'âme, non pas en tant qu'elle aime et connaît, mais en tant qu'elle est aimée et connue. Et voici la marche de sa preuve : si l'amour était dans l'âme aimée, comme un accident dans un sujet, il s'ensuivrait que l'accident dépasserait le sujet où il se trouve, puisqu'il est d'autres réalités que l'âme qui sont objets d'amour.

DIFFICULTÉ: 6…


Dernière édition par Louis le Lun 30 Oct 2017, 6:25 am, édité 1 fois (Raison : Orthographe.)

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Dim 29 Oct 2017, 6:07 am

ARTICLE 1.

L'essence de l'âme est-elle identique à sa puissance?

SUITE

DIFFICULTÉ: 6. Une forme simple ne peut jouer le rôle de sujet. Or l'âme est une forme simple, puisqu'elle n'est pas composée de forme et de matière. Les puissances de l'âme ne peuvent donc être en elle comme en un sujet.

SOLUTION : 6. Bien que l'âme ne soit pas composée de matière et de forme, elle est néanmoins en puissance sous un certain rapport : ce qui lui permet d'être sujet pour l'accident. La proposition alléguée s'applique à Dieu qui est Acte pur, et c'est pour lui que Boèce en fait usage.

DIFFICULTÉ: 7. Un accident ne peut causer une différence substantielle. Et cependant « sensible » et « rationnel » sont des différences de cet ordre. Or elles sont fondées sur le sens et sur la raison, qui sont des puissances de l'âme. Les puissances ne sont donc pas des accidents. Et de la sorte, la puissance de l'âme n'est rien autre chose que son essence.

SOLUTION : 7. L'on n'établit pas les différences substantielles « rationnel » et « sensible » à partir des facultés, sens et raison, mais à partir de l'âme sensitive et rationnelle. Toutefois, les formes substantielles, inconnaissables pour nous en elles-mêmes, n'étant connues que par leurs accidents, rien n'empêche de se servir de ces derniers à la place des différences substantielles.

CEPENDANT: « L'on distingue dans les esprits célestes l'essence, la puissance, et l'activité », dit Denys. A plus forte raison, l'essence et l'activité ou puissance sont-elles distinctes dans l'âme.

CONCLUSION :…


Dernière édition par Louis le Lun 30 Oct 2017, 6:24 am, édité 1 fois (Raison : Orthographe.)

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Lun 30 Oct 2017, 6:24 am

ARTICLE 1.

L'essence de l'âme est-elle identique à sa puissance?

SUITE

CONCLUSION : En dépit de l'affirmation de certains, l'on ne peut dire que l'essence de l'âme soit sa puissance. On le démontrera ici de deux manières :

— 1º L'être et n'importe quel genre de l'être se divisent en puissance et en acte. Il faut donc que l'un et l'autre se rapportent au même genre : si l'acte n'appartient pas au genre « substance », la puissance qui lui est corrélative ne peut appartenir à ce genre. Or l'activité de l'âme ne se trouve pas dans le genre substance; en Dieu seul l'activité est sa substance même, en sorte que la puissance divine, principe de son activité, c'est l'essence même de Dieu. Mais cela ne peut être vrai ni de l'âme, ni d'aucune autre créature, comme on l'a dit précédemment de l'ange.

— 2° C'est impossible encore, à considérer seulement l'âme. Sous le rapport de l'essence, l'âme est un acte. Si donc l'essence de l'âme était le principe immédiat de l'activité, l'être qui possède une âme aurait toujours en acte les opérations vitales, de même qu'il est toujours vivant en acte : car l'âme, en tant que forme, n'est pas un acte ordonné à un acte ultérieur, mais elle est le terme dernier de la génération. Si donc elle est encore en puissance à un autre acte, cela ne lui convient pas sous le rapport de l'essence, c'est-à-dire comme forme, mais sous le rapport de la puissance. Aussi l'âme, en tant que sujet de sa puissance d'opération, est-elle un acte premier ordonné à un acte second. — Or l'être qui possède une âme n'est pas toujours en acte des opérations vitales. La définition même de l'âme l'indique : « l'acte d'un corps ayant la vie en puissance », et cependant une telle puissance n'exclut pas l'existence actuelle de l'âme. L'essence de l'âme n'est donc pas sa puissance. Aucun être en effet n'est en puissance sous le rapport de l'acte comme tel.

A suivre : ARTICLE 2. Y a-t-il plusieurs puissances dans l'âme?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Mar 31 Oct 2017, 1:41 pm

ARTICLE 2.

Y a-t-il plusieurs puissances dans l'âme?

DIFFICULTÉ: 1. Il semble qu'il n'y ait qu'une seule puissance dans l'âme.   Car  l'âme intellectuelle possède à un très haut degré la ressemblance divine. Or en Dieu il n'y a qu'une seule et simple puissance. Il en va donc de même dans l'âme intellectuelle.

SOLUTION : 1. Il faut répondre au premier argument, que ce qui fait que l'âme humaine ressemble à Dieu plus que les créatures inférieures, c'est qu'elle peut parvenir à la bonté parfaite bien que ce soit par une foule de puissances diverses ; et c'est sous ce dernier rapport qu'elle est plus imparfaite que les êtres qui sont au-dessus d'elle.

DIFFICULTÉ: 2.  Plus une puissance active est élevée dans l'ordre de l'être, plus profonde est son unité. Mais l'âme intellectuelle surpasse en puissance toutes les autres formes. Il lui convient donc plus qu'à elles toutes de ne posséder qu'une seule puissance.

SOLUTION : 2. Une puissance parfaitement une est supérieure à d'autres, si elle atteint les mêmes résultats que celles-ci. Mais une puissance multiforme sera supérieure à d'autres, si elle a pouvoir sur un plus grand nombre de choses.

DIFFICULTÉ: 3.  L'action appartient à l'être en acte. Or c'est par la même essence que l'homme possède l'être selon divers degrés de perfection : ce sera donc par la même puissance qu'il accomplira les actions qui correspondent à ces différents degrés.

SOLUTION : 3. Pour une même réalité, il n'y a qu'un être substantiel, mais il peut y avoir plusieurs opérations. Il n'y a donc qu'une essence de l'âme, mais plusieurs puissances.

CEPENDANT: Le Philosophe admet qu'il y a plusieurs puissances dans l'âme.

CONCLUSION :…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Mer 01 Nov 2017, 7:50 am

ARTICLE 2.

Y a-t-il plusieurs puissances dans l'âme?

SUITE

CONCLUSION : Il est nécessaire d'admettre une pluralité de puissances. Pour l'établir, reconnaissons, avec Aristote au Traité du Ciel, que les réalités inférieures ne peuvent atteindre à la perfection du bien, mais seulement à un état imparfait au moyen de mouvements peu nombreux ; les réalités immédiatement supérieures arrivent à la perfection par un grand nombre de mouvements ; il en est encore de plus élevées, celles qui y parviennent au moyen d'un petit nombre. Le degré suprême se trouve chez celles qui la possèdent sans aucun mouvement. Exemple : l'homme le moins bien disposé à la santé est celui qui ne peut l'avoir parfaitement, mais qui l'a d'une manière précaire, à l'aide de quelques remèdes; celui-là sera en meilleure disposition qui peut obtenir une parfaite santé, avec de nombreux remèdes; cet autre le sera mieux encore qui n'aura besoin que de peu de remèdes. La disposition excellente sera d'avoir sans aucun remède une parfaite santé.

Concluons donc : les réalités  inférieures à l'homme parviennent à quelques biens particuliers; aussi n'ont-elles d'actions et de puissances que peu nombreuses et strictement déterminées. L'homme peut arriver au bien universel et parfait, car il peut obtenir la béatitude. Il occupe cependant le dernier rang parmi les êtres à qui la béatitude convient naturellement. Aussi l'âme humaine a-t-elle besoin de nombreuses opérations et puissances d'ordre différent. Pour les anges, une aussi grande diversité n'est pas requise. En Dieu, il n'y a ni puissance, ni action distinctes de son essence.

Il est une autre raison pour laquelle l'âme humaine est douée d'un grand nombre de puissances différentes : elle est à la frontière du monde spirituel et du monde corporel ; c'est pourquoi les puissances de l'un et de l'autre s'unissent en elle.

A suivre : ARTICLE 3. Les puissances de l'âme se distinguent-elles par leurs actes et leurs objets?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Jeu 02 Nov 2017, 6:32 am

ARTICLE 3.

Les puissances de l'âme se distinguent-elles par leurs actes et leurs objets?

DIFFICULTÉ: 1. On ne détermine pas l'espèce d'un être par ce qui lui est postérieur ou extrinsèque. Or l'acte est postérieur à la puissance, et l'objet lui est extrinsèque. Ils ne peuvent donc servir à distinguer les espèces de puissance.

SOLUTION : 1. L'acte est sans doute postérieur à la puissance sous le rapport de l'existence, il est cependant antérieur dans l'ordre d'intention et logiquement, à la manière dont la fin est antérieure à la cause efficiente. Quant à l'objet, bien qu'il soit extrinsèque, il est néanmoins le principe ou le terme de l'acte. Or il y a proportion entre le principe et la fin, et les éléments intrinsèques d'une réalité.

DIFFICULTÉ: 2. Les contraires sont des réalités qui diffèrent absolument l'une de l'autre. Si l'on distinguait les puissances d'après leurs objets, il s'ensuivrait qu'il n'y aurait pas une seule et même puissance pour les contraires. Ce qui est évidemment faux dans presque tous les cas : car il y a une même faculté de voir pour le blanc et pour le noir, un même goût pour le doux et pour l'amer.

SOLUTION : 2. Si une puissance quelconque avait un rapport essentiel à l'un des contraires, comme à son objet, il faudrait une autre puissance pour l'autre contraire. Or la puissance psychologique ne se réfère pas essentiellement à l'aspect propre d'un des contraires, mais à l'aspect commun aux deux : par exemple, la faculté de voir ne se rapporte pas directement au blanc, mais à la couleur. La raison en est que l'un des contraires est d'une certaine manière le principe de l'autre, car ils sont entre eux dans la relation du parfait à l'imparfait.

DIFFICULTÉ: 3.  En supprimant la cause, on supprime l'effet. Si la diversité des puissances dépendait de la diversité des objets, le même objet ne pourrait avoir relation à diverses puissances. Or c'est faux : car c'est le même objet que la puissance connaissante connaît et la puissance affective désire.

SOLUTION : 3. Rien n'empêche qu'une réalité reste substantiellement la même et présente une diversité d'aspects. Par là, elle peut avoir rapport à différentes facultés de l'âme.

DIFFICULTÉ: 4. Ce qui cause essentiellement un effet, produit ce même effet dans tous les cas. Or des objets divers qui ont rapport à diverses puissances, ont en même temps rapport à une autre puissance : par exemple, le son et la couleur se réfèrent à la vue et à l'ouïe, comme à des puissances différentes; et cependant ils ont encore rapport à une seule et même puissance, le sens commun. Il n'y a donc pas à distinguer les puissances d'après la différence des objets.

SOLUTION : 4. Une faculté supérieure se réfère par nature à un objet plus universel qu'une faculté inférieure : car plus la puissance est parfaite, plus son objet est étendu. Aussi peut-il se faire que plusieurs réalités puissent être groupées sous un même aspect objectif, auquel se réfère de soi la faculté supérieure, et que cependant elles diffèrent comme objets propres des facultés inférieures. Il peut donc y avoir des objets divers appartenant à des puissances inférieures distinctes, et qui cependant tombent sous l'emprise d'une seule faculté supérieure.

CEPENDANT: Les réalités subordonnées se distinguent d'après celles qui leur sont antérieures. Or, d'après Aristote, « les actes et opérations sont logiquement antérieurs aux facultés, et de plus les opposés, c'est-à-dire les objets, sont antérieurs aux actes ». Les puissances se distinguent donc d'après les actes et les objets.

CONCLUSION :…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Ven 03 Nov 2017, 6:48 am

ARTICLE 3.

Les puissances de l'âme se distinguent-elles par leurs actes et leurs objets?

SUITE

CONCLUSION : La puissance comme telle est ordonnée à l'acte. La nature de la puissance doit donc être déterminée d'après l'acte auquel elle s'ordonne. La diversité de nature dans les puissances sera donc fondée d'après le principe de diversité des actes. Or ce principe, c'est la diversité des objets. Car tout acte se réfère soit à une puissance active soit à une puissance passive. Or l'objet, quand il a rapport à l'acte d'une puissance passive, est cause motrice : la couleur est principe de la vision pour autant qu'elle met en mouvement la faculté de voir. Mais par rapport à l'acte d'une puissance active, l'objet est un terme et une fin. Par exemple, l'objet de la faculté de croître, c'est une quantité parfaite, terme de la croissance. C'est de ces deux principes que l’acte, reçoit son espèce : le principe moteur et la fin, ou terme. L'acte de chauffer diffère de l'acte de refroidir, en tant que le premier procède d'un corps chaud pour produire la chaleur en un autre, et le second d'un corps froid pour produire le froid. La diversité des puissances doit donc s'établir d'après les actes et les objets.

Il faut cependant noter que les modalités accidentelles ne changent pas l'espèce. Il est accidentel à l'animal d'être coloré : aussi le genre animal n'est-il pas divisé en espèces d'après la couleur, mais bien en fonction d'une différence essentielle, à savoir celle qui affecte l'âme sensitive, qui tantôt est unie à la raison et tantôt ne l'est pas. En conséquence, « rationnel » et « irrationnel » sont les différences essentielles du genre animal, et fondent la distinction de ses espèces. — Ce n'est donc pas une différence quelconque dans les objets qui est principe de distinction des puissances de l'âme, mais la différence objective à laquelle se rapporte essentiellement la puissance. Par exemple, le sens se rapporte de soi à la « qualité passible », dont les divisions essentielles sont la couleur, le son, etc. Il y aura donc une puissance sensible pour la couleur, la vue; une pour le son, l'ouïe. Mais s'il arrive qu'une « qualité passible » telle que la couleur se trouve affecter un musicien ou un grammairien, un grand ou un petit corps, un homme ou une pierre, de telles différences n'entraînent pas une distinction des puissances de l'âme.

A suivre : ARTICLE   4. Y a-t-il une hiérarchie dans les facultés de l'âme?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Sam 04 Nov 2017, 6:47 am

ARTICLE 4.

Y a-t-il une hiérarchie dans les facultés de l'âme?

DIFFICULTÉ: 1. Lorsque  des réalités sont classées sous une même division, il n'y a entre elles ni avant ni après, elles sont données simultanément. Or c'est le cas des puissances de l'âme. On ne peut donc déterminer un ordre entre elles.

SOLUTION : 1.  L'on trouve en certains genres des espèces où il y a relation d'avant et d'après : tels les nombres et les figures, quant à leur existence. L'on dit cependant qu'ils sont donnés simultanément, en tant qu'ils sont classés sous un même genre.

DIFFICULTÉ: 2. Les facultés ont rapport aux objets et à l'âme elle-même. Par rapport à l'âme, il n'y a pas d'ordre entre elles, puisque l'âme est une. Même conclusion par rapport aux objets, puisqu'ils sont divers et absolument disparates, par exemple, la couleur et le son.

SOLUTION : 2. L'ordre des puissances de l'âme est déterminé et par rapport à l'âme qui est apte à diverses activités selon un certain ordre, bien qu'elle reste une par essence; et par rapport aux objets, et même par rapport aux actes, comme on l'a dit.

DIFFICULTÉ: 3. Lorsque des puissances sont ordonnées entre elles, l'activité de l'une dépend de l'activité de l'autre. Mais cela n'arrive pas dans les facultés de l'âme : la faculté de voir peut fonctionner sans celle d'entendre, et réciproquement. Il n'y a donc pas d'ordre entre les facultés de l'âme.

SOLUTION : 3. Cette objection n'a de valeur que dans le cas des facultés où l'on n'observe que la troisième espèce d'ordre. Celles où se trouvent les deux autres espèces sont constituées de telle sorte que l'acte de l'une dépend de l'acte de l'autre.

CEPENDANT: Aristote compare les parties ou puissances de l'âme à des figures géométriques. Or il y a des rapports d'ordre entre les figures; et donc aussi entre les facultés de l'âme.

CONCLUSION :…


Dernière édition par Louis le Lun 06 Nov 2017, 6:41 am, édité 2 fois (Raison : Orthographe.)

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Dim 05 Nov 2017, 5:16 am

ARTICLE 4.

Y a-t-il une hiérarchie dans les facultés de l'âme?

SUITE

CONCLUSION : L'âme est une, et ses puissances multiples. Or le multiple sort de l'un selon un certain ordre. Il doit donc y avoir un certain ordre entre les facultés de l'âme.

L'on trouve trois espèces d'ordre entre elles : les deux premières se prennent des relations de dépendance d'une puissance à une autre; la troisième d'après la hiérarchie des objets. Une puissance peut dépendre d'une autre, soit selon l'ordre de nature, en tant que les êtres parfaits passent naturellement avant les êtres imparfaits; soit selon l'ordre de génération et l'ordre temporel, en tant que l'être imparfait évolue vers le parfait.

Selon la première espèce d'ordre, les facultés intellectuelles ont la priorité sur les facultés sensibles; c'est pourquoi elles les gouvernent et leur commandent. De la même manière, les facultés sensibles ont la priorité sur les puissances de l'âme végétative.

— Dans la seconde espèce d'ordre, le rapport est inverse. Car les puissances végétatives sont antérieures, dans l'ordre de génération, aux facultés sensibles; c'est ainsi qu'elles préparent le corps pour que ces dernières puissent agir. Même rapport entre les facultés sensibles et les facultés intellectuelles.

— Selon la troisième espèce d'ordre, certaines   puissances sensibles sont ordonnées entre elles, telles la vue, l'ouïe, l'odorat. Car ce qui est visible prend naturellement rang avant les autres objets sensibles : être visible est commun aux corps célestes et aux corps inférieurs. Ce qui est sonore se produit dans l'air, qui a une priorité de nature sur la combinaison d'éléments qui produit l'odeur.
A suivre : ARTICLE  5. Toutes les facultés sont-elles dans l'âme connue en leur sujet?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Lun 06 Nov 2017, 6:38 am

ARTICLE   5.

Toutes les facultés sont-elles dans l'âme connue en leur sujet?

DIFFICULTÉ: 1. Cela paraît vrai : car il y a même rapport entre l'âme et les puissances qui lui appartiennent qu'entre le corps et les puissances corporelles. Mais le corps est le sujet de ses puissances : il en va donc de même pour l'âme.

SOLUTION : 1. Toutes les puissances appartiennent à l'âme non pas comme à leur sujet, mais comme à leur principe : car c'est de l'âme que le composé humain tient le pouvoir d'accomplir toutes ses opérations.

DIFFICULTÉ: 2. Les opérations des puissances psychiques sont attribuées au corps à cause de l'âme. Pour Aristote en effet l'âme est l'origine première de nos sensations et de nos pensées. Or les principes propres des actes de l'âme sont les facultés. Elles sont donc d'abord dans l'âme.

SOLUTION : 2. Toutes ces puissances sont dans l'âme avant d'être dans le composé humain, toutefois non pas comme en leur sujet, mais comme en leur principe.

DIFFICULTÉ: 3. Selon saint Augustin, il est certains états d'âme, la crainte par exemple, qui ne dépendent pas du corps, bien mieux, sont éprouvés sans le corps; d'autres au contraire en dépendent. Mais si la faculté sensible n'était pas uniquement dans l'âme comme en son sujet, elle ne pourrait rien éprouver sans le corps. L'âme est donc le sujet de la puissance sensible, et pour la même raison, de toutes les autres puissances.

SOLUTION : 3. Pour Platon, sentir est une opération propre à l'âme, tout comme comprendre. En beaucoup de questions philosophiques, lorsque saint Augustin utilise des conceptions platoniciennes, il ne les prend pas à son compte, mais se borne à les citer. — Toutefois, dans le cas présent, lorsqu'il dit que l'âme sent tantôt avec le corps et tantôt sans le corps, cela peut s'interpréter de deux manières :

1. Quand je dis « avec ou sans corps », je veux préciser la nature de l'acte de sentir, en tant qu'il procède de l'être sentant. Il n'y a pas alors état sensible sans le corps; car l'acte de sentir ne procède de l'âme qu'au moyen d'un organe corporel.

2. Je veux préciser la nature de cet acte en fonction de l'objet senti. Alors l'âme sent certains états avec le corps, c'est-à-dire qu'ils se trouvent dans le corps, une blessure par exemple; mais il est d'autres états qu'elle éprouve sans le corps, c'est-à-dire que ces états ne se trouvent pas en lui, mais seulement dans la conscience qu'en prend l'âme : ainsi se sent-elle triste ou joyeuse, à l'annonce de quelque événement.

CEPENDANT:  Aristote écrit au traité du Sommeil et de la Veille : « Sentir n'appartient en propre ni à l'âme ni au corps, mais au composé humain ». La faculté de sentir a donc ce composé pour sujet. L'âme n'est donc pas seule le sujet de toutes ses puissances.

CONCLUSION :…

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'âme humaine est-elle immortelle ?

Message  Louis le Mar 07 Nov 2017, 7:49 am

ARTICLE   5.

Toutes les facultés sont-elles dans l'âme connue en leur sujet?

SUITE

CONCLUSION : Le sujet d'une puissance d'opération, c'est ce qui est capable d'agir : car tout accident exprime la nature de son sujet propre.

Or c'est le même être qui est capable d'agir et qui agit. Le sujet de la puissance est donc l'être qui possède l'opération de cette puissance, — selon Aristote, au commencement du même traité. Or nous savons qu'il y a dans l'âme des opérations qui s'exercent sans organe corporel ; ainsi, comprendre et vouloir. Par conséquent, les puissances principes de ces opérations ont pour sujet l'âme. Mais il est d'autres opérations dans l'âme, et qui s'accomplissent à l'aide d'organes corporels: par exemple, la vision par l'œil, l'audition par l'oreille. Et de même, toutes les autres opérations de la vie végétative ou sensitive. Par conséquent, les puissances principes de ces opérations ont pour sujet le composé humain, et non pas seulement l'âme.
A suivre : ARTICLE 6. Les facultés de l'âme émanent-elles de son essence?

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
avatar
Louis
Admin

Nombre de messages : 11242
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum