Introduction au Nouveau Testament

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Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Lun 21 Aoû 2017, 6:57 am

Bonjour,

Ce qui suit est tiré du livre suivant :




Comme toujours, j’éditerai ce fil pour compléter ce message et y déposer des liens en vue de faciliter la consultation et pour ne pas surcharger le texte.  

A noter, qu’à partir des Épîtres, les titres-questions sont empruntés au Manuel Biblique , de MM. Bacuez et Vigouroux.  Éditeurs :  A. Roger et  F. Chernoviz, , Paris, 1889; ouvrage d’ailleurs que je recommande à ceux qui veulent avoir plus d’information au sujet de l’Écriture Sainte en général.  

Bien à vous.  

Bonne et pieuse lecture à tous.
* Préface

* Évangiles

S. Matthieu

* Introduction.
*L'auteur était juif de naissance.
*Il a été témoin des faits qu'il rapporte.
*Il écrivait pour ses compatriotes.
*Il a composé son livre de bonne heure.
*Les dispositions qu'il manifeste conviennent parfaitement à S. Matthieu.

S. Marc

* Introduction.
*L'auteur était Juif d'origine et contemporain des Apôtres.
* II était particulièrement attaché à S. Pierre.
*Il écrivait pour tous les Gentils, quoique spécialement pour les Romains.
*Son écrit est rédigé comme un simple mémorial.
* Pour le style.

S. Luc

* Introduction.
*On reconnaît la profession de l'auteur à la manière.
*On reconnaît un disciple de S. Paul.
*L'ouvrage n'est pas fait pour les Juifs.
*Il est destiné aux Gentils.
*Quant au style.

S. Jean

* Introduction.
*Cet évangile a été composé après les trois synoptiques.
*Il a écrit vers la fin du premier siècle.
*L'auteur vivait parmi les Gentils et il écrivait pour eux.
*Il était Hébreu d'origine.
*Il avait habité la Palestine.
*Il faisait, partie du collège apostolique.
*Enfin, il ne peut être que l'auteur de l'Apocalypse et de l'Epître catholique...

Actes des Apôtres

* Introduction.
*C’est l'œuvre d'un seul auteur.
*L'auteur était des temps apostoliques.
*Il a été disciple et compagnon de S. Paul.
*II est l'auteur du troisième Évangile.
* 5° Enfin, c'est S. Luc lui-même.

Épîtres de S. Paul

Aux Romains

* Introduction.
* Comment l’Eglise de Rome s’était-elle formée ?
* Qu’est-ce qui portait S. Paul à envoyer des instructions à cette église qu’il n’avait pas fondée ?
* Cette Épître ne suppose-t-elle pas qu'il y avait à Rome, entre les convertis du Judaïsme et ceux de la Gentilité, une contestation sur leur mérite relatif?
* Cette Épître n’offre-t-elle pas des difficultés spéciales, et ne paraît-elle pas être le fruit de l’étude et du travail ?
* Comment se divise l’Epître aux Romains ?

Ière aux Corinthiens

* Introduction
* Est-il certain que ces Épîtres sont de S. Paul ?
* En quel lieu, en quel temps, à quelle occasion cette Épître fut-elle écrite ?
* Comment cette Épître se divise-t-elle ?


IIème aux Corinthiens


* A quelle date, de quel lieu, dans quel dessein cette Épître a-t-elle été écrite ?


Aux Galates


* Qu’étaient-ce que les Galates, comment S. Paul fut-il amené à leur écrire, et quel est l’objet de son Épître ?


Aux Éphésiens


* Qu’est-ce qui donne lieu à S. Paul d’écrire cette Épître aux Éphésiens ?
* Trouve-t-on dans cette Épître les même idées, le même style, les mêmes signes d’authenticité que dans les Épîtres précédentes ?


Aux Philippiens


* Qu’est-ce qui a donné lieu à S. Paul d’écrire cette Épître ?


Aux Colossiens


* Qu’est-ce qui a donné lieu à cet Épître ? Quel es est l’objet, le but et la valeur ?


Épîtres aux Thessaloniciens


* Qu’est-ce qui a donné lieu à S. Paul d’écrire aux Thessaloniciens ?


Épîtres Pastorales


* Qu’entend-t-on par Épîtres pastorales ?
* Quelle est la date de ces Épîtres ?


a) Ière Épître à Timothée


* Que se propose l’Apôtre dans cette Épître ?


b) IIème Épître à Timothée


* Quel est le caractère de cette Épître ?


c)  A Tite


* Quelles sont les observations que suggère cette Épître ?


A Philémon


* Quel est l’objet de cette Épître ; sa date ; son caractère ?


Aux Hébreux


Est-il de foi que l’Epître aux Hébreux est inspirée et qu’elle a S. Paul pour auteur comme les précédentes ?
A qui l’Epître aux Hébreux s’adresse-t-elle précisément ?
Qu’est ce qui a porté l’Apôtre à s’adresser aux chrétiens de Judée et à leur écrire cette Epître ?


Épîtres catholiques


Qu’est-ce que ces Épîtres ont de commun ?
Qu’entend-on par Épîtres catholiques ?


Épître de Saint Jacques


Quel est l’auteur de cette première Épître catholique ?
Quelle a été l’occasion de cette Épître et quel est l’objet ?
Quels sont les caractères de cette Épître ?
A date et de quel lieu cette Épître a-t-elle été écrite ?


Ière Épître de Saint Pierre


Cette Épître est-elle authentique ?
En quel lieu, en quel temps et pour qui cette Lettre a-t-elle été écrite ?
Quel est le but de cette lettre ?
Quels sont les caractères de cette Epître ?


IIème Épître de Saint Pierre


Quelle a été l’occasions et le but de cette seconde Lettre ?
Cette Épître est-elle vraiment de S. Pierre, comme la première ?


Ière Épître de Saint Jean


Quelle a été l’occasion de cette Épître et à qui était-elle destinée ?
L’authenticité de cette Épître est-elle bien certaine ?


IIème et IIIème Épître de saint Jean


Ces deux Épîtres sont-elles authentiques ?
Quel est l’objet de ces Épîtres ?


Épître de Saint Jude


Quel est l’auteur de cette dernière Épître ?
Comment s’explique la ressemblance de l’Épître de S. Jude avec la seconde de S. Pierre ?


Apocalypse


Est-il bien certain que l’auteur de ce livre est l’Apôtre S. Jean ?
A quelle époque de sa vie S. Jean a-t-il écrit l’Apocalypse ?
N’est-ce pas une témérité de chercher à entendre un livre sur lequel on est si peu d’Accord et que plusieurs regardent comme inintelligible ?
D’où vient qu’on a cru voir dans l’Apocalypse des choses si bizarres et si diverses ?
Les nombres ronds peuvent-ils avoir dans l’Apocalypse une signification différente de celle qu’ils ont dans les autres livres ?
Comment ce livre se divise-t-il ?


Dernière édition par Louis le Dim 22 Oct 2017, 6:58 am, édité 64 fois

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Message  Louis le Lun 21 Aoû 2017, 7:02 am

.
PRÉFACE (1)

Le Nouveau Testament signifie proprement la nouvelle alliance que Dieu a faite avec les hommes par la médiation de Jésus-Christ mort sur la croix, mais ici il se prend pour les monuments ou les livres sacrés, qui nous font connaître, sous ses divers rapports, cette divine alliance ; c'est-à-dire les Évangiles, les Actes des Apôtres, les Épîtres de saint Paul, de saint Jacques, de saint Pierre, de saint Jean, de saint Jude, et l'Apocalypse.

Le nom d'Évangile, qui est grec, et qui veut dire bonne, heureuse nouvelle, a été donné à l'histoire de l'avènement, de la doctrine, des actions, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, le Messie promis de Dieu, et annoncé par les prophètes. Les seuls Évangiles que l'Église chrétienne ait reconnus comme authentiques sont ceux qui ont été composés par saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean.

Or, en écrivant son Évangile, saint Matthieu a eu principalement en vue de prouver aux Juifs que Jésus-Christ était le vrai Messie, fils de David, né d'une vierge, annoncé par les prophètes ; aussi a-t-il cité plus de passages de l'Ancien Testament que les autres évangélistes.

Saint Marc, en s’attachant, dans presque tous les chapitres de son livre, à faire ressortir la puissance divine de Jésus de Nazareth, indique suffisamment que dans la composition de son Évangile, son but a été de prouver que ce même Jésus était le maître souverain de toutes choses.

Quant à saint Luc, il résulte bien de la lecture de son prologue, qu'il a voulu opposer à des histoires sans autorité ou peu exactes, son Évangile qu'il tenait de saint Paul et des apôtres, témoins fidèles et sûrs des faits qu'il raconte; mais si on examine son livre sous un point de vue général, on aperçoit que son dessein est de montrer, par l'ensemble des faits et toutes les circonstances de la vie de Jésus de Nazareth, que ce même Jésus est le véritable Sauveur de tous les hommes.

Enfin saint Jean a eu plusieurs motifs d'écrire son Évangile. D'abord il ne pouvait résister au désir ardent des fidèles d'Asie, qui voulaient avoir par écrit ce qu'il leur avait dit de vive voix. En second lieu, il était tout naturel qu'il cherchât à réfuter les erreurs de Cérinthe et d'Ebion, qui niaient la divinité du Verbe. Troisièmement, il voulait laisser à l'Église un corps plus complet de l'histoire et de la doctrine du Sauveur, et qui fût le supplément des autres Évangiles.

Le livre des Actes des Apôtres, écrit par saint Luc, est ainsi nommé, parce qu'il contient le récit de ce que firent les apôtres à Jérusalem, dans la Judée et dans les autres parties de l'univers, après l'ascension de Jésus-Christ. Ainsi il forme comme le complément des Évangiles, qui contiennent en effet des promesses et des prédictions, dont il présente lui-même l'accomplissement et la réalisation. Ajoutons qu'il est très utile pour faire comprendre les Épîtres des apôtres et surtout celles de saint Paul, lesquelles, sans les lumières qu'il nous fournit, resteraient dans bien des passages entièrement inintelligibles.

Les Épîtres de saint Paul sont au nombre de quatorze, savoir: une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Éphésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon et une aux Hébreux. Dans notre Abrégé d'introduction, etc., nous avons signalé les principales sources des difficultés particulières à ces Epîtres, en indiquant les moyens de les faire disparaître, au moins en partie.

Les autres Épîtres sont au nombre de sept, savoir : une de saint Jacques, deux de saint Pierre, trois de saint Jean et une de saint Jude. On les appelle catholiques, ou universelles, parce qu'elles contiennent des choses communes à toutes les Églises. On les nomme aussi canoniques, parce qu'elles renferment des règles ou canons importants pour les mœurs et les instructions sur les matières de la foi, ou plutôt parce qu'elles font partie du canon ou catalogue des livres sacrés. Le but général des Épîtres catholiques est, selon saint Augustin (De fide et operib., c. XIV), de réfuter les hérésies naissantes de Simon le Magicien, celles des Nicolaïtes, des Ébionites et autres hérétiques qui, abusant de la liberté évangélique, et prenant à contre-sens les paroles de saint Paul, enseignaient que la foi sans les œuvres suffisait pour le salut, et introduisaient ainsi une morale très corrompue.

Le mot grec Apocalypse, qui signifie révélation en général, désigne ici la révélation particulière qu'eut saint Jean l'Évangéliste dans l'île de Patmos, et qu'il a décrite lui-même dans un livre qui, pour ce motif, a été aussi nommé Apocalypse. Mais comme ce livre, qui est en grande partie prophétique, contient un grand nombre de passages difficiles à comprendre, nous avons cru en faciliter l'intelligence, en établissant dans notre Abrégé d'introduction, etc., p. 503 et suiv., quelques principes à suivre, et quelques règles à observer dans son explication.

Nous rappellerons ici que l'Écriture sainte est la parole même de Dieu, son divin Testament, le dépôt de ses secrets et de ses divines volontés, et qu'elle ne saurait être profitable, qu'autant qu'on la lira avec une foi vive, une humilité profonde, une soumission parfaite et une entière pureté d'intention.

J.-B. GLAIRE.
______________________________________________________________

(1) Ce qui fait l'objet de cette Préface ne peut être indiqué ici que fort sommairement, on le trouvera plus développé dans notre Abrégé d'introduction aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, p. 379 et suiv.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Mar 22 Aoû 2017, 7:14 am

LES ÉVANGILES

De tous les livres de l'Ecriture, l'Evangile est le plus divin. « La sagesse éternelle, qui est engendrée dans le sein du Père..., se rend [particulièrement] sensible par la parole de l'Evangile... C'est là, en effet, que nous la voyons, dit Bossuet. Ce Jésus qui a conversé avec les Apôtres, vit encore pour nous dans son Evangile, et il y répand encore, pour notre salut, la parole de vie éternelle. Comme il était le Sauveur de tous, il devait se montrer à tous. Par conséquent il ne suffisait pas qu'il parût en un coin du monde, il fallait qu'il se montrât par tous les endroits où la volonté de son Père lui avait préparé des fidèles. Il a paru dans la Judée par la vérité de sa chair, il est porté par toute la terre par la vérité de sa parole. »

« Jésus-Christ, maître de sa doctrine, la distribue tranquillement, remarque Fénelon; il dit ce qu'il lui plaît, et il le dit sans aucun effort; il parle du royaume et de la gloire céleste comme de la maison de son Père. Toutes ces grandeurs qui nous étonnent lui sont naturelles; il y est né, et il ne dit que ce qu'il voit, comme il nous l'assure lui-même. »

« Une parole de l'Evangile, dit encore Fénelon, est plus précieuse que tous les autres livres du monde ensemble ; c'est la source de toute vérité. »

A suivre: Évangile de Jésus-Christ selon S. Matthieu.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Mer 23 Aoû 2017, 7:46 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MATTHIEU

INTRODUCTION

L'auteur du premier évangile est l'apôtre S. Matthieu. Il n'y a qu'une voix à cet égard dans la tradition. Les Pères s'accordent également à dire que cet évangile a paru avant tous les autres, que S. Matthieu l'a écrit en hébreu pour l'usage des chrétiens de Judée, avant de quitter ce pays pour aller prêcher la foi parmi les Gentils, entre l'an 45 et l'an 48, un peu avant que S. Paul écrivît ses premières Epîtres. Quant à la version grecque du texte hébreu de S. Matthieu, il est certain que, si l'auteur ne l'a pas faite lui-même, comme Josèphe a fait la traduction de sa Guerre des Juifs, elle date du moins du temps des apôtres et a dû être approuvée par eux; car dès le premier siècle, et avant la mort de S. Jean, elle était citée et reçue par toute l'Eglise avec l'autorité des textes inspirés; et s'il en avait été autrement, on aurait peine à s'expliquer la disparition du texte hébreu.

L'évangile de S. Matthieu n'est pas proprement une histoire, une biographie. On y trouve bien une esquisse de la vie du Sauveur et un sommaire de sa prédication. Mais les faits n'y tiennent pas une grande place ; ils sont peu circonstanciés et souvent groupés, comme les discours, suivant leurs analogies. L'ordre chronologique fait défaut, aussi bien que les dates. Le dessein de l'auteur est donc, avant tout, dogmatique et moral. Ce qu'il se propose, c'est de montrer à ses lecteurs, ce qu'il a prêché jusque-là de vive voix, que Jésus est le Messie promis au peuple Juif, qu'il faut croire à sa parole, accepter ses maximes, entrer dans son Eglise, et se conformer à ses lois. Aussi s'attache-t-il à signaler dans sa personne toutes les prérogatives que les prophètes ont attribuées au Messie, celles de roi, de législateur, de thaumaturge, de prophète, de souverain prêtre. A tous ces points de vue, il a soin de faire remarquer l'accord des prophéties avec les faits qu'il décrit.                                                            

Cet évangile a été appelé quelquefois l'évangile du royaume des cieux, parce qu'on y voit annoncée et souvent désignée sous ce nom l'œuvre que le Fils de Dieu venait accomplir en ce monde; mais l'auteur a soin de faire sentir que sa royauté est spirituelle, qu'elle a pour fin le salut des âmes.

Ses vingt-huit chapitres se divisent en trois parties : les premières années du Sauveur, sa prédication, ses derniers jours. Les premières années du Sauveur remplissent trois chapitres, dans lesquels il est surtout représenté comme roi, I-III. Ses derniers jours, depuis le commencement de sa Passion jusqu'à son retour au ciel, en occupent trois également, XXVI-XXVIII: Notre Seigneur y paraît comme prêtre et victime. La partie intermédiaire, la seconde, est de beaucoup plus considérable, IV-XXV. Si l'on en fait deux sections, on aura d'abord sa prédication dans la Galilée, IV-XVIII, puis son ministère, si laborieux et si combattu, dans la Judée, XIX-XXV. La première fait voir en lui le législateur, IV-VII, et le thaumaturge, VIII-XVIII. Dans la seconde, XIX-XXV, il agit en prophète : il enseigne, il reprend, il prédit. Mais ces points de vue s'entremêlent, et il paraît plusieurs fois sous le même aspect.

Les caractères de cet évangile s'accordent sur tous les points avec le témoignage de la tradition.

On ne peut s'empêcher de reconnaître, en le lisant, que l'auteur était juif, qu'il avait été témoin des faits, qu'il écrivait pour les Juifs de Palestine, à une époque peu éloignée de la mort du Sauveur, enfin qu'il avait bien le caractère et les dispositions que devait avoir S. Matthieu.
___________________________________________________

L'auteur était juif de naissance

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Jeu 24 Aoû 2017, 7:00 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MATTHIEU

(suite)

L'auteur était juif de naissance. — Ses citations indiquent un homme versé dans l'étude de l'Ancien Testament et dans la méditation des prophètes. Son langage dénote un habitant de la Palestine qui a reçu une éducation juive et qui est habitué à parler l'idiome de son pays. À ses yeux, la maison d'Israël est toujours la maison de Dieu ; tous ceux qui en font partie ont le Seigneur pour père. Jérusalem est encore la cité sainte, malgré son déicide; le temple est encore le lieu saint. Les hébraïsmes et les répétitions ou oppositions paralléliques surabondent dans son style. Enfin l'aspect de la Galilée, son ciel, ses campagnes, son sol, ses troupeaux, ses figuiers, ses montagnes, ses torrents, son lac, s'y reflètent comme ils durent se refléter dans les discours de notre Sauveur, dans ses paraboles, ses comparaisons et ses images.

Il a été témoin des faits qu'il rapporte....

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Ven 25 Aoû 2017, 7:09 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MATTHIEU

(suite)

Il a été témoin des faits qu'il rapporte. — C'est ce qu'il suppose évidemment, en retraçant en détail les actions du divin Maître, et surtout en reproduisant ses discours avec tant d'étendue, sans jamais indiquer aucune source, ni donner d'autre garantie que son témoignage.

A la vérité, ses récits sont moins circonstanciés que ceux de S. Marc, et il ne suit pas l'ordre des temps aussi fidèlement que S. Luc; mais cette particularité s'explique par le but spécialement dogmatique de sa composition.

Quant aux discours, qui tiennent la plus grande partie de son ouvrage, si l'auteur ne les avait pas recueillis de la bouche du Sauveur, il faudrait dire qu'il les a inventés ou qu'il les a rédigés d'après la tradition ; mais, dans ce cas, ces discours conviendraient-ils si bien au caractère du Fils de Dieu, à sa dignité, à ses lumières, à sa sainteté? Y trouverait-on ce naturel, cette élévation, cette placidité, ce charme? Il nous semble voir trop d'unité dans le fond et dans la forme, trop de pureté dans la doctrine, trop de noblesse et de simplicité dans le langage, pour n'y pas reconnaître une reproduction directe de l'enseignement du divin Maître. C'est un assez grand honneur pour l'évangéliste d'avoir reproduit sans altération cette morale et ce style.

Il écrivait pour ses compatriotes...

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Sam 26 Aoû 2017, 8:07 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MATTHIEU

(suite)

3° Il écrivait pour ses compatriotes, c'est-à-dire pour les Juifs de Palestine convertis au christianisme. — S'il avait destiné son évangile aux Gentils, il se proposerait un autre but, il suivrait une autre marche; il insisterait sur d'autres points; il ferait moins d'emprunts à l'Ancien Testament; il parlerait un autre langage.

A qui peut-il s'adresser, sinon à des Juifs,
quand il annonce la venue du royaume de Dieu,
quand il établit l'autorité du Sauveur sur sa qualité dé Messie,
quand il lui applique les prédictions des prophètes,
quand il commencé par décrire sa généalogie, quand il l'appelle le fils de David, quand il parle du lieu saint et de la sainte cité,
quand il mentionne sans nulle explication les localités, les lois et les usages du pays, quand il met les Gentils sur la même ligne que les publicains,
quand il rapporte avec tant de détails les invectives du Sauveur contre les Pharisiens, quand il fait entendre que le règne de la Synagogue est fini et qu'une autre Eglise, une Eglise universelle, va s'élever sur ses ruines, etc.?

Mais si c'est à des Juifs convertis qu'il destine son évangile, ce ne peut être qu'à ceux de la Palestine, car ils ne formaient une église particulière qu'en Judée, et partout ailleurs ils étaient mêlés avec les Gentils.

Il a composé son livre de bonne heure

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Dim 27 Aoû 2017, 6:07 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MATTHIEU

(suite)

Il a composé son livre de bonne heure, assez peu de temps après l'Ascension du Sauveur.— Puisque l'auteur est un apôtre, et qu'il destine son livre aux Juifs de la Palestine, il a dû l'écrire lorsqu'il était au milieu d'eux, avant la dispersion du collège apostolique, de l'an 45 à l'an 48 au plus tard. Si l'on compare cet évangile avec les deux autres synoptiques, on est conduit à la même conclusion, car il est visiblement le plus ancien.

On conçoit S. Marc, disciple de S. Pierre, abrégeant S. Matthieu et retranchant de l'évangile hébreu ce qui était sans intérêt pour les Romains.

On conçoit S. Luc, disciple de S. Paul, complétant les Mémoires des premiers évangélistes, et s'efforçant de mettre dans leurs récits l'ordre et la correction qui y manquent.

Mais on ne concevrait pas S Matthieu, un témoin oculaire, un apôtre, prenant pour guide dans beaucoup d'endroits un simple disciple, paraphrasant S. Marc, traduisant S. Luc dans un langage moins correct et s'écartant à dessein de l'ordre chronologique.

Matthieu le publicain a donc été le premier à écrire l'Evangile, comme Madeleine la pécheresse a été la première a annoncer la Résurrection.

5° Les dispositions qu'il manifeste conviennent parfaitement à S. Matthieu…

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Lun 28 Aoû 2017, 6:28 am


LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MATTHIEU

(suite)

5° Les dispositions qu'il manifeste conviennent parfaitement à S. Matthieu. — Le style de cet écrit est simple, uniforme et peu soigné. C'est partout la même manière de passer des faits aux discours et des discours aux faits. Le mot « alors » se trouve répété près de cent fois. Néanmoins cette rédaction, et surtout les citations de l'Ancien Testament dont elle est semée, supposent une culture d'esprit que la plupart des apôtres n'avaient pas. Or, l'emploi que S. Matthieu remplissait, avant son apostolat, demandait précisément un degré particulier d'instruction. Rien d'étonnant qu'il soit le premier à qui on ait demandé et qui ait entrepris de tracer une esquisse de la prédication du Sauveur. De plus, on fait observer que l'auteur du premier évangile s'exprime avec une précision remarquable, lorsqu'il s'agit de cens et d'impôt.

—  Sa modestie n'est pas moins remarquable. S. Matthieu trouvait, comme S. Paul, un sujet de confusion dans la première partie de sa vie, et il est à croire que lui seul, entre les disciples du Sauveur, pouvait se plaire à rappeler son ancienne profession de publicain. Or c'est précisément ce qui a lieu. Comme il avait changé son nom de Lévi en celui de Matthieu, don de Dieu, au moment où il s'attachait à Notre Seigneur, lorsque S. Marc et S. Luc rapportent le fait de sa vocation et qu'ils font connaître son premier emploi, ils ont soin de ne le désigner que par son ancien nom, afin de ne pas associer dans l'esprit des fidèles l'idée d'un apôtre avec le souvenir d'une profession odieuse.

Mais le premier évangéliste ne songe pas à rien dissimuler : il dit simplement Matthieu, ou le publicain; et il indique le bureau qu'il occupait à Capharnaüm. Cette observation a été faite de bonne heure : nous la trouvons dans Eusèbe, S. Jérôme et S. Chrysostôme. On peut y joindre une autre remarque du même genre. On sait que le Sauveur envoya ses Apôtres prêcher l’Évangile deux à deux.

Les trois synoptiques qui rapportent ce fait mettent, comme compagnons d'apostolat, au quatrième rang, S. Matthieu et S. Thomas, mais avec cette différence que le premier évangéliste donne la première place à S. Thomas et que les deux derniers la donnent à S. Matthieu. Quiconque tiendra compte des leçons données par le Sauveur à ses Apôtres et du sentiment qu'on a toujours eu de leur vertu, croira volontiers que c'est S. Matthieu lui-même qui s'est mis ici au second rang, tandis que ses collègues le plaçaient au premier. (M. BACUEZ.) (1).
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(1) Toutes les citations de M. Bacuez faites dans ce volume sont tirées du Manuel biblique.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Mar 29 Aoû 2017, 6:23 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MARC

INTRODUCTION

Bien des savants distinguent S. Marc, l'évangéliste, de Jean Marc, parent de Barnabé. Le Bréviaire romain ne tranche pas la question ; mais communément on admet l'identité. D'après les Actes, Jean ou Jean Marc était lié avec S. Pierre avant de se lier avec S. Paul. C'est chez la mère de ce disciple que le prince des Apôtres, au sortir de la prison d'Hérode, trouve les chrétiens réunis. Cette circonstance fait supposer que Jean Marc n'était pas sans fortune, ni probablement sans instruction.

Il est vraisemblable que S. Pierre l'aura pris pour son interprète, selon le mot du prêtre Jean dans Papias, ou plutôt pour son secrétaire, comme le dit S. Jérôme, après que ce jeune disciple se fut séparé de S. Paul. De là le nom d'Évangile de Pierre, donné par Tertullien à sa composition.

S'il n'est pas nommé Jean, mais simplement Marc, comme évangéliste et compagnon de S. Pierre, c'est sans doute qu'il avait pris ce nom latin en entrant dans l'empire, et qu'il n'était pas connu autrement à Rome et parmi les Gentils. S. Luc nous avertit que c'est un surnom.

II a pu aller en Egypte quelques années après la venue de S. Pierre à Rome, y fonder l'Eglise d'Alexandrie, puis se retrouver à Rome pendant la première captivité de S. Paul et à Éphèse pendant la seconde. S. Pierre l'appelle son fils. Son Évangile, composé peu de temps après celui de S. Matthieu, dut être présenté à l'Eglise par le prince des Apôtres, comme objet de foi et livre inspiré.

Si l'on s'en rapporte aux caractères de sa composition, l'auteur du second évangile était originaire de Judée, contemporain des Apôtres, et disciple de S. Pierre; il a écrit pour les Gentils, spécialement pour les Romains, sans autre souci que d'unir l'exactitude et la précision à la brièveté et à la simplicité.

L'auteur était Juif d'origine et contemporain des Apôtres.

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Message  Louis le Mer 30 Aoû 2017, 6:34 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MARC

(suite)

L'auteur était Juif d'origine et contemporain des Apôtres. — On distingue sa nationalité, à ses nombreux hébraïsmes, à ses citations syrochaldéennes et à la connaissance qu'il montre des usages de la Judée. On reconnaît un contemporain des Apôtres aux particularités de ses récits. Ils sont vifs, précis, circonstanciés, comme devaient l'être ceux des premiers témoins de la vie du Sauveur.

Il ne néglige aucun détail. Il indique nettement les moindres particularités de temps, de lieux, de nombre, de personnes, d'attitude, de disposition. Par exemple, il remarque que Jaïre était chef de synagogue, que la femme du pays de Chanaan était une grecque syrophénicienne, que l'aveugle de Jéricho s'appelait Bartimée, fils de Timée, que le crime de Barabbas était le meurtre, que Joseph d'Arimathie était membre du sanhédrin, et Simon de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus.

Il rapporte même en langue syrochaldéennes certaines paroles de Notre Seigneur.

Plusieurs pensent qu'il parle de lui-même dans le récit de la Passion, sans se nommer, comme fait aussi S. Jean et peut-être S. Luc.

II était particulièrement attaché à S. Pierre...

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Jeu 31 Aoû 2017, 6:23 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MARC

(suite)

II était particulièrement attaché à S. Pierre —  Il expose avec la plus grande précision les faits qui concernent cet Apôtre, ceux dont il a été l'auteur ou le témoin. Là où les autres évangélistes nomment les apôtres en général,  S. Marc désigne S. Pierre séparément et tout d'abord, par exemple dans la guérison de sa belle-mère, dont il indique le jour, dans la résurrection de la fille de Jaïre, dans la prédiction de la ruine de Jérusalem, dans les recommandations du Sauveur ressuscité.

Une autre remarque, faite par S. Chrysostome, c'est qu'il nomme S. Pierre dans les circonstances les plus propres à l'humilier, quand Notre Seigneur lui dit : « Retire-toi de moi, Satan », quand il s'endort au Jardin des Olives, quand il renie son Maître, tandis qu'il ne dit rien de sa marche sur les eaux prés de Tibériade, ni des prérogatives que Notre Seigneur lui accorde en récompense de sa foi et de son amour.

Du reste, S. Marc rapporte les actions de Notre Seigneur avec plus de soin que ses discours; il semble surtout frappé des prodiges qu'il opérait et de l'empire qu'il exerçait sur les possédés. Cette particularité, en le distinguant de S. Matthieu, lui donne un rapport de plus avec le prince des Apôtres, qui se montre toujours préoccupé de la pratique.

C'est ce qui a fait dire que cet Evangile n'était que la réalisation du programme tracé par S. Pierre au Cénacle et le développement des paroles dans lesquelles le même Apôtre a résumé la vie de l'Homme-Dieu : « Il a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux que le démon tourmentait. »

Il écrivait pour tous les Gentils, quoique spécialement pour les Romains....

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Ven 01 Sep 2017, 6:44 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MARC

(suite)

Il écrivait pour tous les Gentils, quoique spécialement pour les Romains. — C'est la principale raison pour laquelle il s'appuie rarement sur l'Ancien Testament et ne le cite presque pas.

Il ne présente pas le Sauveur comme Messie, mais comme souverain du monde : il ne l'appelle pas Fils de David, mais Fils de l'homme ou Fils de Dieu, comme S. Jean qui destinait aussi son écrit aux Gentils.

Il omet, comme lui, les généalogies et l'adoration des Mages, qui intéressaient spécialement les Juifs et commence son récit par la prédication de l’Évangile.

Il ne nomme pas une seule fois la Loi; il ne dit pas l'abomination « dans le sanctuaire, » mais « où elle ne doit pas être ».

Dans le récit de la Passion, il passe sous silence le voile du temple déchiré, le tremblement de terre et le brisement de la pierre, qui ne se pouvaient constater qu'à Jérusalem.

Il explique les usages juifs, dont il fait mention, il évalue les pièces grecques en monnaies latines, et traduit les termes araméens qu'il insère dans son récit, tandis qu'il n'explique aucune des expressions latines qu'il fait entrer dans ses phrases grecques, etc.

Il prend soin de dire que le Jourdain est un fleuve, et que le mont des Oliviers est en face du temple.

Il avertit que les Sadducéens ne croient pas à la résurrection, que les Pharisiens jeûnent fréquemment, que les Juifs immolent l'Agneau pascal le premier jour des Azymes, qu'ils sont en possession de remettre en liberté un prisonnier à Pâques.

Les quatre paraboles qu'il reproduit ont rapport à la prédication de l’Évangile, à l'établissement de l'Eglise et à la vocation des Gentils.

Enfin il désigne Alexandre et Rufus comme fils de Simon de Cyrène, et l'on sait par S. Paul qu'ils étaient venus s'établir à Rome.

Son écrit est rédigé comme un simple mémorial....

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Sam 02 Sep 2017, 7:15 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MARC

(suite)

Son écrit est rédigé comme un simple mémorial. — On n'y remarque aucune tendance spéciale, soit apologétique, soit polémique. S. Jérôme dit que S. Marc n'a fait qu'un abrégé de l’Évangile, Papias qu'il s'est borné à mettre par écrit les prédications de S. Pierre. S. Augustin l'appelle pedissequus Matthæi « le suivant de S. Matthieu, » et Bossuet le plus divin des abréviateurs.

Cependant S. Marc ne se borne pas à résumer, ou bien ce qu'il résume est plutôt l'histoire du Sauveur que le livre de S. Matthieu. En certains endroits, il change l'ordre suivi par son devancier; en d'autres, il rafraîchit ses tableaux en les complétant par de nouveaux traits ; par exemple, dans la guérison de l'hémorrhoïsse, dans la délivrance des possédés Géraséniens, dans le récit de la mort de S. Jean-Baptiste. Encore qu'il n'ait pas plus de vingt-sept versets dont on ne trouve pas l'équivalent dans S. Matthieu ou dans S. Luc, on lui doit cependant une parabole, deux guérisons miraculeuses, celles du sourd-muet de la Décapole et de l'aveugle de Bethsaïde, et un des incidents de l'arrestation du Sauveur, auquel l'évangéliste semble ne pas être étranger.

Pour le style...

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Dim 03 Sep 2017, 7:01 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT MARC

(suite)

Pour le style. S. Marc est net, précis, serré, mais sec et négligé. Il aime à employer dans ses récits le langage direct, et à remplacer le passé par le présent. Il affectionne les diminutifs. Il répète souvent les mêmes idées et les mêmes termes, soit à dessein pour en renforcer le sens, soit par négligence, comme et, qui reparaît à tout moment, de nouveau, et aussitôt, qu'on trouve neuf fois dans le premier chapitre.

Ainsi les caractères intrinsèques du second évangile justifient pleinement la croyance de l'Eglise sur l'origine et sur l'auteur de ce livre. (L. BACUEZ.)
A suivre : Saint Luc.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Lun 04 Sep 2017, 6:56 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT LUC

INTRODUCTION

Tous les auteurs ecclésiastiques, sauf Clément d'Alexandrie, attestent que cet évangile a paru après celui de S. Marc, et qu'il vient en troisième lieu. L'auteur dit lui-même qu'il n'est pas le premier qui ait essayé d'écrire la Vie du Sauveur. Ailleurs il nous apprend qu'il a publié son évangile avant d'écrire les Actes des Apôtres. Or, le livre des Actes a été terminé, suivant toutes les apparences, en l'an 62 ou 63, époque à laquelle son récit s'arrête brusquement. Il est donc probable que le troisième évangile a été écrit entre l'an 55 et l'an 60, une huitaine d'années après celui de S. Marc, une quinzaine après celui de S. Matthieu. A cette date, le christianisme était déjà établi dans beaucoup de contrées de l'empire; mais la plupart des Apôtres étaient encore en vie.

On peut distinguer dans l’Évangile de S. Luc quatre parties : — 1° Enfance et jeunesse de Notre Seigneur, I, 5-IV, 13. — 2° Prédication dans la Galilée, IV, 14-IX, 50. — 3° Voyage de Galilée à Jérusalem, IX, 51-XVIII, 30. — 4° Derniers mystères, XVIII 31-XXIV.

S. Luc n'avait pas connu Notre Seigneur, ni observé par lui-même les faits évangéliques ; mais il avait à sa disposition les écrits de S. Matthieu et de S. Marc, qui pouvaient le guider dans la plupart de ses récits. Quant aux faits qu'il rapporte seul, et aux circonstances qu'il ajoute aux récits de ses devanciers, il a eu pour s'en assurer diverses autorités :

1º S. Paul, si bien instruit de tout ce qui concernait le Sauveur, soit par ses révélations, soit par les rapports des premiers disciples. On sait que S. Luc a longtemps vécu avec l'Apôtre, qu'il l'a suivi dans la plus grande partie de ses missions. Les premiers chrétiens étaient si persuadés de la part que S. Paul avait prise à la composition du troisième évangile, qu'ils lui en faisaient honneur et que Tertullien l'appelle illuminator Lucæ.

2° Plusieurs personnages apostoliques : S. Barnabé, l'un des premiers lévites convertis qui devint fondateur de l'Eglise d'Antioche où S. Luc apprit les éléments de la doctrine chrétienne; S. Philippe, diacre de Césarée, chez lequel S. Luc logea avec S. Paul en se rendant à Jérusalem, et auprès de qui il demeura les deux premières années de la captivité de l'Apôtre; S. Jacques le Mineur, évêque de Jérusalem ; S. Pierre et les autres Apôtres, avec lesquels S. Luc fut en rapport.

3° La sainte Vierge et les parents de S. Jean-Baptiste. C'est à cette dernière source qu'a dû être puisé en particulier le récit des faits qui ont précédé la naissance du Sauveur; récit dont la couleur toute hébraïque contraste avec le prologue de l’Évangile. Aussi S. Luc atteste-t-il qu'il a remonté jusqu'aux origines, et fait-il remarquer à deux reprises que la mère de Dieu conservait dans son cœur le souvenir de tout ce qu'elle voyait et entendait.

Le troisième évangile offre des marques très nombreuses d'authenticité. On sait que S. Luc était médecin, et qu'il avait fait par conséquent quelques études, qu'il était Gentil d'origine, qu'il fut disciple de S. Paul, qu'il se consacra comme son maître à la conversion des Gentils, enfin qu'après avoir écrit son évangile, il a composé les Actes des Apôtres. Or, ces qualités, ces habitudes d'esprit, ces dispositions, ces particularités, se reflètent d'une manière visible dans le troisième évangile.

On reconnaît la profession de l'auteur à la manière dont il parle des maladies et de leur guérison; et il est facile de

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Mar 05 Sep 2017, 7:24 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT LUC

(suite)

On reconnaît la profession de l'auteur à la manière dont il parle des maladies et de leur guérison; et il est facile de constater la culture de son esprit aux qualités de sa composition.

— Cet évangile décrit les maladies guéries par le Sauveur avec bien plus de précision que les autres, en des termes qui lui sont propres et qui appartiennent au langage médical de l'époque. En outre, il a plus qu'aucun autre la forme de l'histoire.

— Il commence, comme Josèphe, par un prologue, suivant l'usage des Grecs, et par une dédicace à un Théophile qu'il nomme Excellence, ou excellent. Ce Théophile pourrait être un chrétien de Rome ou d'Achaïe, honoré d'un emploi civil. Ce pourrait bien être aussi, comme le pense Origène et comme on en trouve des exemples vers cette époque, un personnage fictif, représentant tous les fidèles, désireux de servir et d'aimer Dieu, « Si tu aimes Dieu, c'est à toi qu'il est écrit, » dit S. Ambroise, qui suivait ce sentiment.

— L'auteur remonte au commencement des faits évangéliques, et il conduit son récit jusqu'à la fin,  en le rattachant aux événements contemporains, et en suivant autant qu'il peut la chronologie. C'est un soin que S. Matthieu avait négligé et dont l'importance commençait à se faire sentir. Déjà S. Marc avait essayé de rétablir cet ordre. S. Luc profite de son travail et cherche à le compléter. Il distribue tout autrement les faits rapportés par S. Matthieu du chapitre VIII au chapitre XI.

— Il s'efforce aussi de combler les lacunes de ses devanciers. Un tiers de ses récits, cinq miracles et douze paraboles lui appartiennent en propre. Il est le seul qui parle des soixante-douze disciples et de leur mission. C'est peut-être ce qui a fait dire à plusieurs auteurs, à S. Epiphane en particulier, qu'il en faisait partie, bien que S. Luc lui-même semble affirmer le contraire, suivant S. Grégoire le Grand.

— Pour le style, quoique son grec ait encore bien des hébraïsmes, surtout au commencement, dans les cantiques en particulier, il est notablement plus pur que celui des écrivains du Nouveau Testament. Il ne les reproduit presque jamais sans leur donner plus de correction et d'élégance.

On reconnaît un disciple de S. Paul….

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Mer 06 Sep 2017, 7:16 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT LUC

(suite)

On reconnaît un disciple de S. Paul.

— Comme le Docteur des Gentils, il appelle le Sauveur Dominus, « le Seigneur, » titre qui suppose l'habitude de le considérer au ciel, dans sa gloire, plutôt que le souvenir de sa vie sur la terre.

— Il insiste sur la nécessité et l'efficacité de la foi, sur l'universalité de la rédemption, sur le mérite de l'aumône et de la pauvreté évangélique, sur la générosité nécessaire aux Apôtres.

— Le récit qu'il fait de l'institution de l'Eucharistie diffère de ceux de S. Matthieu et de S. Marc; mais il est presque identique avec celui que S. Paul fit vers la même époque aux Corinthiens; les paroles sacramentelles sont suivies, dans l'un comme dans l'autre, de la même recommandation : « Faites cela, etc. » II est aussi, avec l'Apôtre, le seul qui mentionne l'apparition de Notre Seigneur à S. Pierre après la Résurrection.

— Enfin, on a remarqué que son élocution a quelque chose de l'abondance et de la facilité de S. Paul, de même que celle de S. Marc tient de la concision et de la fermeté de S. Pierre, et l'on a relevé de nombreuses coïncidences de pensée et d'expression avec les épîtres de l'Apôtre.

L'ouvrage n'est pas fait pour les Juifs.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Jeu 07 Sep 2017, 7:09 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT LUC

(suite)

L'ouvrage n'est pas fait pour les Juifs. — L'auteur ne suppose pas à ses lecteurs une grande connaissance de la langue, des mœurs, de la géographie de la Palestine.

Il ne cite aucune parole du Sauveur en hébreu.

Il nomme toutes les localités par leur nom grec. Il dit : le mont appelé des Oliviers, la bourgade qu'on nomme Bethléem, la fête des azymes, connue sous le nom de Pâques. Il fait connaître la distance d'Emmaüs. Il avertit qu'Arimathie est en Judée, que Capharnaüm est en Galilée, aussi bien que Nazareth, mais non Gadare.

Il évite de dire comme S. Matthieu : la cité sainte, les anciens. Il remplace Rabbi par Maître, Hosanna par une périphrase.

Il présente Jésus-Christ comme le Sauveur du genre humain plutôt que comme le Messie de la nation juive.

Sa généalogie ne s'arrête pas à Abraham; elle remonte jusqu'à Adam, et montre que tous les hommes sont de la famille du Sauveur. Ce n'est pas par les rois de Juda, mais par une ligne collatérale qu'elle le rattache à David.  Zacharie, à la naissance de son précurseur, comme Siméon dans le récit de sa Présentation, annonce l'aurore du salut au genre humain tout entier.

Enfin les faits qui n'ont qu'un intérêt temporaire et local, comme les longues disputes des Pharisiens avec le Sauveur, sont constamment écartés.

Il est destiné aux Gentils.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Ven 08 Sep 2017, 7:22 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT LUC

(suite)

Il est destiné aux Gentils. — Tout ce qui eût pu les choquer ou donner lieu aux Juifs de se mettre au-dessus d'eux est passé sous silence. Au lieu d'opposer aux enfants de Dieu les nations ou les Gentils, comme S. Matthieu, il leur oppose les pécheurs, terme qui peut s'appliquer aux Juifs comme au reste des hommes.

Dans plusieurs endroits, il fait mention de l'empire, de ses magistrats, de ses officiers, et toujours avec une considération bien marquée. Il évite de leur attribuer le supplice du Sauveur.

Quand il est question du royaume de Dieu, il fait remarquer qu'il est spirituel.

Il recueille avec soin un grand nombre de traits négligés par S. Matthieu, qui étaient de nature, soit à humilier les Juifs, soit à toucher les païens et à leur donner confiance : le salut promis à Zachée et au bon larron; le pardon accordé au prodigue et à la pécheresse; la préférence donnée au publicain sur le pharisien et au Samaritain sur le prêtre et le lévite; les paraboles de la brebis égarée, de la drachme perdue, du figuier tardif; l'éloge fait par le Sauveur de plusieurs Gentils; sa prière pour ses bourreaux; la conversion d'un larron sur la croix, et celle du centenier à la mort du Fils de Dieu.

Aussi a-t-on dit de cet évangile en particulier qu'il est l'évangile de la miséricorde et que les paroles d'Isaïe, lues par le divin Maître dans la synagogue de Nazareth, pourraient lui servir d'épigraphe.

L'Homme-Dieu y parait comme le divin médecin. S. Matthieu l'avait présenté aux Hébreux comme Messie, et S. Marc aux Romains comme Fils de Dieu : S. Luc le présente aux Grecs, c'est-à-dire à tous les peuples civilisés, comme Sauveur du genre humain tout entier.

5° Quant au style…

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Sam 09 Sep 2017, 6:58 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT LUC

(suite)

5° Quant au style, cet évangile, plus correct, plus soigné que le reste du nouveau Testament, a une grande analogie avec le livre des Actes.

On remarque des deux côtés des passages empruntés à des pièces officielles ou à des écrits plus anciens, des paroles touchantes, affectueuses, pleines de délicatesse, des tableaux admirables de naturel, de simplicité et de grâce, qui font penser au talent de peintre attribué à l'auteur par la tradition.

Des deux côtés, l'Ancien Testament est cité d'après les Septante ; Jésus-Christ est appelé le Seigneur, et la foi en sa médiation est préconisée comme la condition et le moyen du salut.

On trouve même dans les deux livres des membres de phrases identiques, et des périphrases communes, « le Saint de Dieu, les discours du prophète, le livre des psaumes, etc. »

Ce sont aussi les mêmes mots favoris, « grâce, multitude, salut, cœur, évangéliser, etc. » 69 verbes sont répétés 254 fois dans le troisième évangile et 427 fois dans les Actes, tandis que dans tout le reste du Nouveau Testament, ils ne le sont que 271 fois; 33 mots se trouvent dans l'un et l'autre de ces livres, sans qu'on les rencontre en aucun autre. (L. BACUEZ)

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Dim 10 Sep 2017, 6:41 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT JEAN

INTRODUCTION

La tradition est unanime à attribuer le quatrième Évangile à l'apôtre S. Jean. Tous les Pères qui parlent de l'auteur de cet évangile désignent S. Jean. Il en est de même des manuscrits et des canons, à commencer par celui de Muratori. S. Théophile, septième évêque d'Antioche († 180), S. Irénée († 202), Clément d'Alexandrie († 217), Tertullien (190) nomment sans hésitation l'Apôtre bien-aimé. S. Irénée nous apprend qu'il composa ce livre à Éphèse, où il vécut jusqu'au règne de Trajan (98-117). Suivant S. Jérôme, il fut le dernier des écrivains sacrés, et il se mit à l'œuvre au retour de Patmos, à la prière des pasteurs et des fidèles de l'Asie-Mineure. Il avait 90 ans suivant S. Épiphane, et probablement davantage.

Dès le milieu du second siècle, cinquante ans après sa publication, le quatrième évangile était partout connu comme l'œuvre de S. Jean.

Le témoignage de la tradition se trouve confirmé de tout point par les caractères de l'ouvrage. Il suffit de l'étudier avec attention pour se convaincre qu'il a paru après les trois autres, sur la fin du premier siècle, que celui qui l'a écrit, bien qu'il vécût parmi les Gentils, était né en Judée, qu'il avait été témoin des faits qu'il rapporte, et qu'il faisait partie du collège apostolique, enfin qu'il ne saurait être que S. Jean.

Cet évangile a été composé après les trois synoptiques.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Lun 11 Sep 2017, 7:35 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT JEAN

(suite)

Cet évangile a été composé après les trois synoptiques. — Il en révèle l'existence de deux manières : par son silence sur certains points et ses allusions sur d'autres.

— 1° D'abord son silence le suppose. Quoiqu'il sache très bien la durée de la prédication du Sauveur et qu'il en distingue les années par l'indication des solennités pascales, les faits qu'il rapporte ne remplissent qu'une petite partie de ce temps. On voit qu'il se tient dispensé de tout dire ou plutôt qu'il ne cherche qu'à suppléer aux omissions des synoptiques relativement au but qu'il se propose. Aussi est-il très bref sur le ministère du Sauveur en Galilée, et passe-t-il sous silence des périodes entières de son ministère, tandis qu'il rapporte longuement ses voyages à Jérusalem à l'époque des principales fêtes.

Aussi, quoiqu'il ait en vue d'établir la divinité de Jésus-Christ, quoiqu'il en donne pour preuve ses miracles et qu'il les suppose très nombreux, il se borne à en décrire un petit nombre, sept seulement, la plupart passés sous silence par ses devanciers. Il omet la délivrance des possédés, la déclaration du Père éternel au Jourdain et au Thabor, l'adjuration du grand-prêtre, la prophétie sur Jérusalem, etc.

— 2° Il fait plusieurs fois allusion aux autres évangélistes. Par exemple, au chapitre I, il met sur les lèvres de Jean-Baptiste ces paroles : « J'ai vu l'Esprit-Saint descendre sur la tête du Sauveur. » Or, ce fait n'est connu que par S. Matthieu et S. Luc.

Au chapitre III, après avoir dit que Jean-Baptiste et Notre Seigneur baptisaient en même temps, il fait observer que le Précurseur n'était pas encore incarcéré : or l'emprisonnement de Jean-Baptiste n'est rapporté que par les synoptiques, et l'observation faite en cet endroit ne parait avoir d'autre fin que d'écarter l'idée, qui pourrait venir en les lisant, que le ministère de S. Jean a fini aussitôt qu'a commencé celui du Sauveur.

Au chapitre XI, il dit que Lazare était de Béthanie, bourg de Marie et de Marthe. Or, il n'a pas encore parlé de ces deux sœurs, et elles ne peuvent être connues du lecteur que par d'autres récits.

Au chapitre XVIII, les premiers versets semblent renvoyer aux synoptiques pour la scène de l'agonie, et le trente-deuxième rappelle expressément une prédiction qui n'est rapportée que par eux. Il parle des douze, en divers endroits, comme d'une société bien connue, sans en mentionner l'origine nulle part; seulement, on voit qu'il entend par là ceux que les synoptiques placent dans le canon des Apôtres.

Enfin on peut remarquer que dans tout son récit, il est attentif à deux choses : à ne pas redire ce que les autres ont dit, ou bien à les confirmer et à les compléter par de nouveaux détails. Ainsi il ne répétera pas le récit de l'institution de l'Eucharistie; mais il rapportera la promesse que Notre Seigneur en avait faite, après la multiplication des pains. Il passera sous silence la naissance du Sauveur à Bethléem, la confession de S. Pierre à Césarée, les paroles du Père éternel au Jourdain et au Thabor, la résurrection de la fille de Jaïre et du fils de la veuve de Naïm, l'entrée triomphante du Sauveur à Jérusalem et l'application qu'il se fait de la figure de Jonas; mais il mentionnera la croyance où l'on était sur le lieu où le Messie devait naître, le nom de Céphas imposé à S. Pierre, la mission que son Maître lui donne de paître les agneaux et les brebis, la promesse qu'il fait de relever en trois jours le temple de son corps, la résurrection de Lazare qui donne lieu au triomphe du Fils de Dieu, la voix du Père éternel s'engageant à le glorifier.

C'est ainsi que nos évangiles, loin de se combattre, s'expliquent et se soutiennent les uns les autres.

Il a écrit vers la fin du premier siècle.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Mar 12 Sep 2017, 7:39 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT JEAN

(suite)

Il a écrit vers la fin du premier siècle.

— 1° En effet, il suppose que tout est changé à Jérusalem et dans la Judée. Quand il parle des ennemis du Sauveur, il ne dit pas le peuple ou la foule, mais les Juifs, comme pour rappeler un peuple qui a perdu sa nationalité et auquel il a cessé d'appartenir. Il dit la Pâque des Juifs, comme s'il en connaissait déjà une autre, et il nomme les chrétiens, les frères, sans crainte d'équivoque.

— 2° Il rappelle les principales prophéties dont on vit l'accomplissement dans la dernière partie du premier siècle : le martyre de S. Pierre; la réprobation des Juifs; la vocation des Gentils; l'universalité du christianisme. Sur tous ces points il est plus exprès que S. Paul lui-même, et nul n'est plus attentif à montrer comment les Juifs ont mérité leur malheureux sort.

— 3° Le style de cet évangile et ses analogies avec celui des trois épitres qui portent le nom de S. Jean donnent lieu de penser qu'il est de la même époque, ou que S. Jean l'a écrit lorsqu'il était déjà d'un âge fort avancé. Déjà le bruit courait qu'il ne mourrait pas. Déjà l'on voyait s'accomplir les prédictions de S. Paul à Milet : on commençait à parler d'Antéchrist, les mots Verbe, vie, lumières, ténèbres, devenaient familiers aux Gnostiques, et l'on voyait se propager les erreurs que l'évangile réfute.

L'auteur vivait parmi les Gentils et il écrivait pour eux.

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Re: Introduction au Nouveau Testament

Message  Louis le Mer 13 Sep 2017, 6:22 am

LE
SAINT ÉVANGILE DE  JÉSUS-CHRIST
SELON SAINT JEAN

(suite)

L'auteur vivait parmi les Gentils et il écrivait pour eux. — De là plusieurs particularités, qu'on chercherait en vain dans le premier évangile.

Ainsi il a soin de traduire en grec tous les noms hébreux qu'il emploie.

Il dit la mer de Galilée, la même que celle de Tibériade.

Il donne un grand nombre de détails géographiques qui eussent été superflus, s'il s'était adressé à des habitants de la Judée.

Quand il parle des Juifs, il entend, non les vrais Israélites, ni même simplement les habitants de la Palestine, mais les ennemis du Sauveur, les aveugles volontaires qui ont refusé de le reconnaître pour le Messie et qui l'ont fait attacher à la croix.

Enfin il a soin de relever, dans les discours ou dans la vie de Notre Seigneur, tout ce qui a trait aux Gentils et qui est de nature à leur donner confiance.

Il était Hébreu d'origine.

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