Qui est celle-ci ?

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Message  Louis le Dim 23 Juil 2017, 2:22 pm

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Bonjour,

Le texte qui suit est tiré des Petits Bollandistes, d’après le Père Giry, t. 10, 7e Éd., Paris, 1876.

Il se rapporte à la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, que l’Église fête le 8 septembre.  

Dans les Bollandistes, il n’y a pas de sous-titres… alors, je me suis mis à en ébaucher quelques-uns : Puisse Dieu, qui n’a pas besoin de sous-titres, inspirer les gens de lire ce qui peut les aider dans leur vie spirituelle …  

Comme toujours, j’éditerez ce fil pour compléter ce message et y déposer des liens en vue de faciliter la consultation et pour ne pas surcharger le texte.  

Bien à vous.  

Bonne et pieuse lecture à tous.

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1. Sa naissance : Allégresse universelle
2. Célébration de sa naissance : erreur et vanité ?
3. La Bienheureuse Vierge Marie et le Cantique des Cantiques
4. L’amour de Dieu pour elle
5. Pas sujette au châtiment de la justice divine
6. Ses trois plénitudes
7. Son impeccabilité
8. Célébration de cette Fête


Dernière édition par Louis le Dim 30 Juil 2017, 7:31 am, édité 9 fois

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Message  Louis le Dim 23 Juil 2017, 2:41 pm




LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE


A JÉRUSALEM 1, DANS LA MAISON PROBATIQUE.


Quæ  est ista quæ progreditur  
quasi aurora consurgeus ?
Cantiques, VI, 9.

Marie naît pour devenir : 1º l'instrument du salut du monde:
2º la médiatrice des anges et des hommes;
3° la réparatrice de l'univers.


L'abbé Combalot, Conf. sur les grand. de Marie.

C'est avec beaucoup de raison que l'Eglise, adressant aujourd'hui la parole à la glorieuse Vierge, lui dit, dans un tressaillement de joie : « Votre naissance, ô Vierge mère de Dieu, a rempli tout le monde de consolation et d'allégresse, parce que le Soleil de Justice, Jésus-Christ notre Dieu, est né de vous, lui qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés, et nous a comblés de bénédictions, et qui, ayant ruiné l'empire de la mort, nous a fait entrer dans la vie éternelle ».

En effet, qui est-ce qui ne se doit pas réjouir au jour et au moment de la naissance de cette aimable princesse ? Si l'ange Gabriel assura Zacharie que plusieurs se réjouiraient à la naissance de saint Jean-Baptiste, son fils, qui ne devait être que l'ange, le prophète et le précurseur du Messie ; avec combien plus de sujet doit-on tressaillir d'allégresse à celle de Marie, qui doit bientôt en être la mère !

Cette fête n'est pas pour une ville ou pour un peuple seulement : elle est pour tout le monde. Elle est pour les Juifs et pour les Gentils, pour les pécheurs et pour les justes, pour les vivants et pour les morts. Elle est pour les siècles qui ont été et qui seront : elle est pour le temps et pour l'éternité. Enfin, c'est une fête universelle, parce que le bien qu'elle promet et qu'elle annonce n'est pas un bien particulier et limité, mais, un bien qui s'étend à toutes sortes d'âges, de conditions et de personnes.

Le Père éternel y prend part, parce qu'il lui naît une épouse, qui, représentant sa fécondité, donnera une nouvelle nature et une nouvelle naissance à son Fils unique. Le Verbe divin y prend part, parce qu'il lui naît une Mère, qui le revêtira d'un corps mortel pour être le Sauveur et le Rédempteur du monde. Le Saint-Esprit y prend part, parce qu'il lui naît un temple vivant, qui sera le plus digne sujet des influences et des opérations de sa grâce.

Les anges et les hommes y prennent part, parce qu'il leur naît une Dame, une Maîtresse et une Reine, qui contribuera de sa substance et de son sang à leur produire un réparateur.

Les Pères des limbes y prennent part, parce qu'il leur naît une Aurore, qui les assure que le temps de leur délivrance est proche.

Enfin, tous les siècles passés et à venir y prennent part, parce qu'il leur naît une Souveraine qui sera, par son Fils, Homme-Dieu, la source de leur rétablissement et  de leur bonheur.

Les princes et les grands de la terre...

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1  Quatre villes se disputent  l'honneur d'avoir vu la naissance de Marie : Jérusalem, Nazareth, Séphoris et Bethléem. Après avoir examiné attentivement et pesé les témoignages, nous inclinons à croire que la bienheureuse nativité de Marie eut lieu dans la maison probatique de Jérusalem. — L'abbé Bourassé, chanoine de Tours — Voir, pour plus de détails, notre Vie de la sainte Vierge.

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Message  Louis le Lun 24 Juil 2017, 12:24 pm

LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Célébration de sa naissance : erreur et vanité ?

Les princes et les grands de la terre ont toujours célébré avec beaucoup de solennité le jour anniversaire de leur naissance, y faisant de grandes largesses au peuple, et donnant des jeux et des spectacles publics : voilà ce que les saintes lettres nous apprennent de Pharaon, d'Antiochus et d'Hérode ; Macrobe, des anciens Romains ; Hérodote, des rois de Perse, et l'Histoire ecclésiastique, de la plupart des Césars et des Augustes.

Les plus sages ont condamné cette coutume et en ont publié l'erreur et la vanité. Jérémie, bien loin de bénir le jour de sa naissance, ne lui donne que des malédictions ; Job souhaite que celui où il était né soit effacé du nombre des jours, et qu'on ne le compte jamais ; et Salomon préfère celui où nous mourons à celui qui nous a donné la vie ; l'Eglise même, en parlant des Saints, dans son Martyrologe, ôte le nom de naissance au jour qu'ils sont venus au monde pour le donner à celui de leur mort. Mais, si ce pieux sentiment est le plus juste et le plus raisonnable à l'égard de notre aimable Souveraine, la naissance de Marie n'est, ni pour elle ni pour nul autre, un sujet d'affliction et de regret, mais plutôt un sujet de consolation et de joie.

En effet, ce qui portait Job, aussi bien que d'autres Saints, à regretter le jour de sa naissance, c'est qu'ils étaient nés pécheurs et les objets de la haine et de l'indignation de Dieu ; qu'ils étaient nés misérables et sujets aux châtiments rigoureux de la justice divine ; qu'ils étaient nés fragiles et dans une pente et une inclination continuelles au péché.

Or, toutes ces raisons n'ont point lieu dans Marie. Elle n'est point née criminelle et haïe de Dieu, mais toute sainte et chérie de sa divine Majesté. Elle n'est point née misérable et couverte de malédictions, mais parfaitement heureuse et comblée de grâces et de bénédictions. Elle n'est point née fragile, infirme et portée au péché, mais forte, vigoureuse et dans l'incapacité de commettre aucun péché.

Marie n'a jamais contracté le péché originel, et son âme, au moment de son union avec son corps, a été préservée de toute souillure. Il faut inférer de ce principe qu'elle était, dès le temps de sa naissance, l'objet de l'amour et des complaisances de Dieu ; car, comme dans les hommes il n'y a point de milieu entre le péché et la grâce ; aussi, en Dieu, à leur égard, il n'y a point de milieu entre l'amour et la haine. Il aime tous ceux qu'il ne hait pas, et il hait tous ceux qu'il n'aime pas ; puisque, dès lors, Marie n'était point l'objet de la haine et de l'aversion de Dieu, il faut nécessairement dire qu'elle était l'objet de son amour.

Mais c'est peu dire, qu'elle était l'objet de son amour : disons que Dieu, dès ce moment, l'aimait excellemment, l'aimait singulièrement, l'aimait souverainement. L'Epoux, dans le Cantique des cantiques, nous exprime ce mystère par une gradation merveilleuse : il l'appelle son amie et sa bien-aimée : Surge, lui dit-il, amica mea, speciosa mea, et veni, columba mea, in foraminibus petræ, in caverna maceriæ : « Levez-vous, la plus chère, aussi bien que la plus belle de mes amantes ; c'est assez, ma colombe, être renfermée dans les trous de la pierre et dans le caveau de la masure », c'est-à-dire, dans le sein de votre mère, auparavant stérile ; venez, hâtez-vous, et paraissez au jour. Il lui donne le même nom en cent autres endroits du même cantique ; mais il ne se contente pas de l'appeler sa Bien-Aimée, il l'appelle encore absolument la Bien-Aimée.

Il faut remarquer que parmi les noms de Notre-Seigneur, un des plus charmants est celui de…


Dernière édition par Louis le Mar 25 Juil 2017, 6:40 am, édité 1 fois (Raison : Titre.)

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Message  Louis le Mar 25 Juil 2017, 6:37 am

LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Le Cantique des Cantiques

Il faut remarquer que parmi les noms de Notre-Seigneur, un des plus charmants est celui de dilectus, le Bien-Aimé. L'Epouse, dans le cantique, l'appelle souvent son Bien-Aimé.

Le Père éternel, sur le mont Thabor, l'honore aussi du même titre : « C'est là », dit-il, « mon Fils bien-aimé, en qui je prends mes complaisances ».

Mais le Roi-Prophète l'appelle par deux fois absolument le bien-aimé : Rex virtutum dilecti, dilecti : le bien-aimé, selon sa Personne divine, parce que, comme dit saint Paul, il est le Fils de la dilection du Père : Filius dilectionis; le bien-aimé, selon sa nature humaine, parce qu'il est le plus beau et le plus aimable des enfants des hommes ; le bien-aimé à l'égard de Dieu, le bien-aimé à l'égard des créatures capables d'amour : Dilectus, dilectus.

Mais il ne s'approprie pas tellement ce nom, qu'il ne le communique aussi à son épouse : « Je vous conjure », dit-il aux filles de Jérusalem, « de ne point éveiller la bien-aimée qu'elle ne le veuille ». Et remarquez que, selon l'hébreu, il n'y a pas Dilectam, la bien-aimée ; mais Dilectionem, amorem, delicias, la dilection même, l'amour même et les délices mêmes, pour nous faire entendre que Marie a été l'amour et les délices de Dieu, et que, comme il est impossible que l'amour soit sans amour, ainsi il ne s'est pu faire que Marie fût un moment sans être aimée. Enfin, l'Epoux l'appelle Carissimam in deliciis ; c'est-à-dire, celle qu'il aime au-dessus de toutes les autres, et dans laquelle il prend son plus grand plaisir. Les saints Pères en parlent de même.

Saint Bonaventure, dans son livre intitulé : De Speculo, dit excellemment : Quid mirum si præ omnibus diligat quæ omnibus est dilecta ! Quelle merveille que cette admirable Vierge aime Dieu plus que toutes les autres, elle qui a été aimée au-dessus de toutes les autres.

Et saint Anselme appelle l'amour de Dieu pour elle, immense, ineffable, impénétrable.

Mais, pourquoi le Seigneur a-t-il eu tant d'amour pour elle ?...

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Message  Louis le Mer 26 Juil 2017, 6:07 am

LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

L’amour de Dieu pour elle

Mais, pourquoi le Seigneur a-t-il eu tant d'amour pour elle ? Il en rend lui-même la raison au même cantique, par une autre gradation non moins remarquable que la première : « Vous êtes belle », lui dit-il premièrement, « vous êtes agréable, vous êtes charmante » : Pulchra es, speciosa, formosa.

Et ne croyez pas qu'il parle de l'une et de l'autre beauté, de celle du corps et de celle de l'âme. Marie les possédait toutes deux. Elle était belle de la beauté corporelle, quoiqu'elle eût été conçue par la voie d'une génération ordinaire ; le Saint-Esprit, néanmoins, s'était appliqué à lui former un corps parfaitement beau. C'est ce qui fait qu'elle est comparée à ce qu'il y a de plus beau dans le monde corporel : à l'aurore dans sa naissance, à la lune dans son plein, et au soleil dans son midi.

Saint Denis, dans l'une de ses lettres, nous assure qu' « elle était si belle, que, sans la (foi) qui nous apprend qu'il n'y a qu'un seul Dieu, on l'eût prise pour une divinité ».

Et saint Ambroise ajoute que « ses charmes étaient si purs qu'ils inspiraient la chasteté à ceux qui la regardaient ».

Elle était belle de la beauté spirituelle : car la beauté naît de l'ordre et de la variété. Or, dans l'âme de Marie, tout était merveilleusement bien ordonné : l'esprit était soumis à Dieu, le sens était soumis à l'esprit, et la chair obéissait à l'un et à l'autre avec une juste dépendance ; la volonté ne prévenait point le jugement, l'appétit ne prévenait point la raison, et les passions ne s'élevaient qu'autant qu'une sage discrétion leur permettait de paraître. Il s'y trouvait aussi une excellente variété de toutes sortes de vertus. La blancheur d'une pureté plus qu'angélique, le vermeil d'une charité toute brûlante, et les ombres d'une humilité très-profonde.

Mais l'Epoux ne se contente pas de dire qu'elle est belle , il ajoute « qu'elle est toute belle » : Tota pulchra es. Belle dans tous les âges et dans tous les états de sa vie, belle dans toutes les facultés de son corps et de son âme, belle dans toutes ses pensées, ses désirs et ses actions ; belle dans son entendement par les dons de sagesse et de conseil, belle dans sa volonté par son attachement inviolable à Dieu, belle dans son appétit par les vertus de force et de tempérance, belle en tout, et universellement belle.

Enfin, il dit que a sa beauté surpasse toutes les autres beautés, et qu'elle est la plus agréable de toutes les femmes » : Pulcherrima inter mulieres. Ce qu'un savant auteur exprime par ces paroles : Omnium pulchritudinum pulcherrima pulchritudo : « La plus belle et la plus charmante beauté de toutes les beautés ». C'est donc là ce qui la rendait, dès le moment de sa naissance, l'objet de l'amour de Dieu ; et c'est aussi ce qui nous doit obliger à lui rendre en ce moment nos humbles devoirs, et à lui offrir notre cœur et notre amour, afin que l'aimant, nous puissions être aimés d'elle, suivant ce qu'elle dit au chap. VIII des Proverbes : Ego diligentes me diligo : « J'aime ceux qui ont de l'amour pour moi ».

Si la sainte Vierge n'est pas née criminelle et objet de la haine de Dieu…

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Message  Louis le Jeu 27 Juil 2017, 6:21 am

LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Pas sujette au châtiment de la justice divine

Si la sainte Vierge n'est pas née criminelle et objet de la haine de Dieu, elle n'est pas non plus née misérable et sujette au châtiment de la justice. Il est vrai que, selon la parole de son Epoux, « elle a été un lis entre les épines » : c'est-à-dire qu'elle a passé toute sa vie au milieu des épines de toutes sortes de peines et d'afflictions. Mais cela ne fait pas qu'on la puisse appeler « misérable ». Les épines dont elle a été environnée n'étaient pas les effets de la malédiction que Dieu donna à Adam, lorsqu'il lui dit que la terre serait maudite sous son travail, et qu'elle lui produirait des épines et des ronces; c'étaient, au contraire, les effets d'une providence douce et amoureuse, qui voulait que Marie souffrît pour mériter de plus grandes récompenses, pour coopérer plus noblement à notre Rédemption, et pour nous donner de plus beaux exemples de vertus.

Disons plutôt que Marie est née bienheureuse et le vase précieux où la Bonté divine a répandu ses plus grands trésors. En effet, l'amour de Dieu ne peut être stérile, et les théologiens mêmes, considérant sa propriété, disent que, bien que de sa nature il soit effectif, il ne se termine, néanmoins, à la créature que d'une manière efficiente, et en lui faisant du bien; puis donc qu'il est constant que Dieu a eu pour Marie un amour immense au moment de sa naissance, ne doutons point que, dès lors, il ne l'ait comblée d'une infinité de biens.

Je trouve qu'il lui a communiqué trois plénitudes :…

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Message  Louis le Ven 28 Juil 2017, 6:13 am

LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Ses trois plénitudes

Je trouve qu'il lui a communiqué trois plénitudes : une plénitude de grâce et de sainteté dans l'essence de son âme ; une plénitude de lumière et de sagesse dans son entendement; et une plénitude de vertu et de perfection dans sa volonté.

Il lui a communiqué une plénitude de grâce et de sainteté ; l'ange Gabriel lui dit depuis qu'elle était pleine de grâce : Gratia plena ; saint Epiphane, dans un livre qu'il a fait sur ses louanges, et saint Anselme, dans un traité de ses excellences, assurent que sa grâce était immense, ineffable et digne de l'étonnement de tous les siècles : cela ne doit pas être borné au temps de sa mort, de son enfantement et de son annonciation ; mais on le peut et on le doit étendre à tous les moments de sa vie ; car, comme elle était destinée à être la Reine des Saints et la Mère du Saint des Saints, il était nécessaire qu'elle fût préparée de bonne heure par une grâce suréminente à une dignité si élevée. Et c'est encore ce qui fait que les mêmes Pères et plusieurs autres l'appellent une Mer spirituelle, un Abîme et un Océan de grâce, un Trésor de sainteté, et un grand Miracle, et même le plus grand miracle dans l'ordre des créatures qui soit sorti des mains du Tout-Puissant.

Dieu lui a aussi communiqué une plénitude de lumière et de sagesse ; car c'est elle qui dit au livre des Proverbes, VIII, selon l'application que l'Eglise lui en fait dans ses offices: « Je suis la sagesse et le conseil est ma demeure: je me trouve dans les délibérations les plus étudiées, et les avis les plus judicieux viennent de moi ». Aussi, Denis le Chartreux reconnaît en elle une sagesse infuse très-lumineuse et très-abondante, saint Bernardin de Sienne assure que même, dans sa première sanctification, elle a reçu une science si claire et si pénétrante, qu'elle connaissait parfaitement les créatures et le Créateur ; et le même saint Anselme préfère sa lumière sur nos divins mystères à celle de tous les Apôtres, et dit qu'elle la surpasse en mérite et en évidence, sans aucune comparaison.

Enfin, Dieu lui a communiqué une plénitude de vertu; car elle les possédait toutes au moment où elle est venue au monde, et, comme elle avait déjà la lumière de la raison et l'usage de ses facultés intellectuelles, elle en fit les actes les plus éminents et les plus héroïques. Ainsi, elle adora Dieu dans l'unité de son essence et dans la trinité de ses personnes ; elle s'abaissa devant sa majesté jusque dans le centre de son propre néant ; elle se consacra à son service de toute l'étendue de son âme ; elle le remercia de toutes ses forces des grâces qu'elle avait reçues de sa bonté ; elle s'abandonna à sa conduite pour toutes les dispositions de sa providence ; elle s'offrit à toutes sortes de peines et de souffrances pour sa gloire; enfin, elle s'éleva vers lui par les grands efforts de son amour. Ce n'était qu'une enfant d'un jour, d'une heure, d'un moment ; mais, ses actes surnaturels étaient déjà plus saints et plus parfaits que ceux de tous les Chérubins et de tous les Séraphins, et elle avait plus de vertus elle seule que toutes les autres créatures ensemble.

La sainte Vierge n'est pas née fragile et sujette au péché…

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Message  Louis le Sam 29 Juil 2017, 5:53 am

LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Son impeccabilité

La sainte Vierge n'est pas née fragile et sujette au péché, mais dans une heureuse incapacité de le commettre. Ce n'est pas qu'elle fût impeccable par sa nature, comme Jésus-Christ, son Fils unique, qui, étant Dieu, ne pouvait pas pécher; ni qu'elle le fût par la vision glorieuse, qui, au plus, ne lui a été donnée pendant cette vie que pour quelques moments ; mais elle l'était, d'un côté, par la parfaite intégrité de sa nature, qui n'avait rien qui la détournât du bien ni qui l'inclinât au mal ; de l'autre, par la force et l'éminence de sa grâce, qui la remplissait et la possédait tellement, qu'elle n'agissait plus que par ses mouvements; par l'abondance et l'efficacité des secours divins, qui la portaient en toutes choses à ce qu'il y avait de plus parfait ; par une suave conduite de la divine Providence, qui éloignait d'elle tout ce qui était capable de la solliciter au péché. Cette impeccabilité est sans doute beaucoup au-dessous de celle du Fils de Dieu; mais elle suffit pour exclure toutes sortes de péchés et de défauts et de fait, le Concile de Trente, sess. VI, c. II, enseigne que la sainte Vierge n'en a jamais commis, et qu'elle a conservé son innocence sans tache et sans aucun défaut jusqu'à la fin de sa vie.

Ainsi, les raisons que les Saints ont eues de donner des malédictions au jour de leur naissance, ne se trouvent nullement en Marie; au contraire, elle a toutes sortes de sujets, de bénir le moment auquel elle a paru sur la terre. Nous devons aussi, pour le même sujet, en faire une grande fête, et nous réjouir avec elle des grâces dont elle a été comblés en ce moment, d'autant plus qu'elle ne les a pas moins, reçues pour nous que pour elle-même, et que les plus précieux dons qui lui ont été conférés, l'ont été par suite du grand œuvre de notre Rédemption.

Pour plus de détails sur cette illustre nativité de la sainte Vierge, nous renvoyons le lecteur à sa vie, dans le tome XVIe de cet ouvrage, et au discours sur sa Conception. Nous n'en dirons que deux mots.

Ayant été conçue dans le sein de sainte Anne, après une longue stérilité, et ayant demeuré neuf mois dans ses entrailles, selon la coutume des autres enfants, elle naquit le 8 septembre, sur les montagnes de Judée, et dans la maison des bergeries de saint Joachim, son père.

Peu de temps après, on offrit pour elle le sacrifice ordonné, pour effacer le péché originel, bien qu'elle ne l'eût pas contracté, et on lui donna le nom de Marie ; au bout de quatre-vingts jours, sainte Anne, pour obéir à la loi, la porta au temple, afin d'y faire les cérémonies de sa purification ; mais elle ne l'y laissa pas, pour cette fois attendant, pour la dédier aux saints autels, qu'elle fût en état de marcher toute seule. Dieu, de son côté, lui donna un ange gardien, qui, selon Ildefonse et le B. Pierre Damien, fut saint Gabriel ; car, comme dit le premier au sermon de l'Assomption : Tota Virginis causa ei a Domino commissa prædicatur : « Tout ce qui touchait la sainte Vierge fut commis à saint Gabriel par la sage providence de Dieu ».          
         
L'Eglise n'a pas toujours célébré cette fête...

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Message  Louis le Dim 30 Juil 2017, 7:29 am

LA NATIVITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Célébration de cette Fête

L’Eglise n'a pas toujours célébré cette fête.

On n'en trouve aucun vestige dans les auteurs français, avant le B. Fulbert, évêque de Chartres, qui vivait au commencement du XIe siècle ; il n'en est parlé ni dans le Concile de Mayence, célébré l'an 813, ni dans les Capitulaires de Charlemagne et de Louis le Débonnaire, ni dans les livres ecclésiastiques de ce temps-là. Mais le même Fulbert, au premier tome de la Nativité ; saint Bernard, dans son Epître CLXXIVe, et Pierre, abbé de Celles, au sixième livre, Epître XXIIIe, en font mention comme d'une fête célébrée avec beaucoup de solennité.

Pour les autres pays, il n'est pas non plus certain quand elle a commencé à s'y solenniser.

Saint Augustin, aux sermons XXe et XXIe des Saints, fait assez paraître qu'elle lui était inconnue et qu'on ne la célébrait pas encore de son temps dans l'Eglise, puisqu'il dit qu'on ne célébrait aucune autre naissance que celle de Notre-Seigneur et celle de saint Jean-Baptiste ; cela venait de ce que l'Ecriture sainte ne parle que de ces deux, et que les premières fêtes de l'Eglise ont été établies pour honorer les mystères marqués dans les livres du Nouveau Testament. Il est vrai que, dans l'office de ce jour, on lit un sermon du même saint Augustin, qui est le XVIIIe des Saints, avec ces mots : Gaudeat terra nostra tantæ Virginis illustrata natali  : « Que notre terre se réjouisse, étant ennoblie par la naissance d'une telle Vierge ».

Mais il faut remarquer que saint Augustin n'a pas fait ce sermon pour le jour de la Nativité de Notre-Dame, mais pour celui de son Annonciation, et qu'il n'a pas écrit natali, naissance, mais solemni, solennité. De sorte que c'est l'Eglise qui, par un pieux accommodement, a changé le mot solemni en natali.

Quelques auteurs ont écrit qu'il fallait rapporter cet établissement au pape Innocent IV, qui vivait l'an 1250 : il aurait été porté à le faire par un vœu que les cardinaux avaient fait, avant son élection, pour l'heureux succès d'une si grande affaire, lorsque l'Eglise était travaillée, depuis près de deux ans, par un schisme très-dangereux. Mais il n'y a nulle apparence que cette fête, étant déjà si célèbre en France, comme il paraît par ce que nous venons de dire de Fulbert de Chartres, de saint Bernard et de Pierre de Celles, ne fût pas encore reçue et autorisée en Italie. Ce que fit donc Innocent IV, ce fut de lui donner une octave, comme le pape Grégoire XI lui donna depuis une vigile.

L'Ordo romain et le Sacramentaire de saint Grégoire, qu'il faut rapporter aux VIe et VIIe siècles, en font mention ; mais il n'est pas sûr que ce ne soient point des additions que l'on y a faites, dans la suite des temps, comme on en a fait souvent aux rituels et aux livres des divins offices ; nous en avons aussi une mémoire illustre dans le livre de la Virginité de saint Ildefonse, qui vivait en 667. Mais plusieurs croient que ce livre n'est pas de lui; au moins n'est-il pas de ces ouvrages indubitables. Ainsi, nous ne pouvons marquer précisément le temps et le siècle où cette fêle a commencé. Baronius estime que ce fut peu de temps après le Concile d'Ephèse : l'hérésie de Nestorius condamnée, et la glorieuse Vierge authentiquement reconnue et déclarée Mère de Dieu, sa dévotion s'accrut merveilleusement dans le cœur des fidèles ; mais elle ne fut pas d'abord universelle, et il y a de l'apparence qu'ayant été instituée dans quelque église particulière, elle ne se répandît ensuite dans les autres qu'avec succession de temps.

Cependant le P. Thomassin, dans son livre de l'Institution des Fêtes, croit qu'elle a commencé par la France, et que c'est de là qu'elle s'est étendue en Espagne, en Italie et dans les autres nations ; comme il ne lui donne commencement en France qu'un peu avant Fulbert de Chartres, il ne la fait pas plus ancienne dans tous les autres pays de la chrétienté.

Selon Du Saussay, dans son Martyrologe, saint Maurille, évêque d'Angers, qui vivait aux IVe et Ve siècles, en fut l'auteur. Et, de fait, cette fête s'appelait autrefois l'Angevine; mais il faudrait qu'elle eût été longtemps renfermée dans son diocèse, sans être reçue en d'autres lieux, puisque, comme nous l'avons dit, les calendriers des divins offices du IVe siècle n'en font nulle mention.

Quoi qu'il en soit, nous ne doutons point que les fidèles ne se soient toujours réjoui de la naissance de cette divine Aurore, qui n'a paru sur cette terre que pour nous annoncer le lever du Soleil de Justice. Faisons-lui paraître aussi notre amour en prenant part à cette joie ; mais comme elle nous demande plutôt notre sanctification que nos applaudissements, imitons sa diligence à se consacrer au service de son Dieu. Elle n'a pas attendu, pour le faire, qu'elle fût dans un âge avancé, elle l'a fait dès sa naissance, elle l'a fait même dès le moment de sa conception. N'attendons pas non plus, pour le faire, au temps de notre mort ; mais faisons-le dès à présent. Nos jours et nos années ne sont pas trop longs pour rendre à Dieu ce que nous lui devons. Il nous a aimé de toute éternité ; il nous a fait du bien dès le moment de notre formation dans le sein de nos mères, et il ne cesse point de nous en faire : répondons à tant de grâces par un attachement inviolable à son service, et que rien ne soit capable de nous en détourner.

Nous avons conservé, pour cette notice, le récit du Père Giry.
FIN

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Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
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Louis
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