Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Page 3 sur 3 Précédent  1, 2, 3

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Mer 03 Mai 2017, 9:12 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL cap. XV a écrit:


CHAPITRE XV. ANIMAUX SORTIS DES EAUX.



50. "Et Dieu les bénit en disant: Croissez, multipliez-vous et remplissez les eaux de la mer; et que les volatiles se multiplient sur la terre." Dieu voulut que sa bénédiction produisit la fécondité, dont l'effet se révèle dans l'existence des descendants; afin qu'en vertu de cette bénédiction, des êtres créés faibles et mortels ne vissent pas périr avec eux leur espèce, mais qu'e!le se conservât par d'autres êtres auxquels ils auraient donné naissance. Néanmoins, puisque les plantes même en naissant, conservent l'espèce et la ressemblance de celles qui meurent, pourquoi Dieu ne les a-t-il pas bénies ? Est-ce parce qu'elles sont dépourvues du sentiment qui approche de la raison et que possèdent les animaux ?



Aussi bien, il est bon de remarquer que Dieu bénissant ce qu'il vient de créer se sert de la seconde personne, et leur adresse en quelque sort  la parole comme s'ils l'écoutaient: "Croissez, multipliez-vous, dit-il, remplissez les eaux de la mer." Cependant il ne garde pas dans son discours la même personne jusqu'à la fin de la bénédiction, puisqu'il dit ensuite, non pas: Multipliez-vous sur la terre: mais  "Que les volatiles se multiplient sur la terre." Que signifie ici la conduite de Dieu, sinon peut-être que le sens de ces animaux approche de la raison et pourtant s'en éloigne assez pour qu'ils soient incapables de saisir parfaitement la parole qu'on leur adresse, comme ceux qui ont l'intelligence et la raison en partage.




italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Jeu 04 Mai 2017, 9:15 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL cap. XV a écrit:


CHAPITRE XV. ANIMAUX SORTIS DES EAUX.



51. " Et la chose fut ainsi." Assurément tout homme qui n'a pas compris jusqu'alors de quel jour il s'agit dans l'énumération de l'écrivain sacré, doit s'éveiller maintenant pour le comprendre. Réglées par Dieu d'une manière fixe, les générations chez ces animaux gardent une constance admirable, et il y a un nombre déterminé de jours assigné à chaque espèce pour porter, mettre bas et couver leurs œufs: la sagesse de Dieu, qui atteint avec force d'une extrémité à l'autre et qui dispose tout avec douceur 1, conserve cet ordre qu'elle a établi. Comment donc en un seul jour les animaux dont il est parlé ici ont-ils pu concevoir, porter, mettre bas, couver leurs œufs, nourrir leur petits, et enfin remplir les eaux de là mer et se multiplier sur la terre ? Car nous lisons les mots : "Il en fut ainsi," avant qu'il soit fait mention de soir. Mais, sans aucun doute, quand il est dit que le soir eut lieu, puis le matin, sous le nom de soir, nous est désignée la matière informe, et, sous le nom de matin, la forme imprimée à la matière par l'opération divine, puisque le matin forme le jour écoulé après cette opération.



Dieu cependant n'a pas dit: Que le soir se fasse, ni: Que le matin soit. Car il ne s'agit que d'un simple rappel des choses qui ont été faites précédemment, le soir et le matin désignant la matière et la forme que l'écrivain sacré a déjà représentées comme l’œuvre de Dieu. Quant aux défauts mêmes des choses, c'est-à-dire ce qui de la forme tend à la matière et au néant, si nous pensons à juste titre qu'ils sont indiqués dans le mot nuit, ce mot n'enseigne pas, il est vrai, que Dieu les ait faits, mais en disant: "Dieu sépara la lumière des ténèbres," l’Écriture nous apprend qu'il en a été l'ordonnateur. Ainsi le mot soir doit désigner la matière informe qui malgré son extraction du néant, ne laisse pas d'exister avec la disposition à prendre une apparence, à revêtir des formes. Ou peut aussi comprendre sous le nom des ténèbres, le néant absolu que Dieu n'a pas fait et d'où il a tiré tout ce qu'il a daigné faire dans sa bonté ineffable, et dans son infinie puissance, laquelle a su opérer de rien tant et de si grandes choses.


-------------------------------------------------------------


1. Sagesse VIII, 1.




italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Ven 05 Mai 2017, 10:28 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL cap. XV a écrit:


CHAPITRE XV. ANIMAUX SORTIS DES EAUX.  



52. "Alors se fit le soir, puis le matin; et il y eut un cinquième jour." Nous voyons qu'après les mots: "Il en fut ainsi," le narrateur n'a point ajouté le récit de l'exécution. L'ayant donné précédemment, il n'avait pas à le reproduire, comme si les choses eussent été faites une seconde fois. Dieu d'ailleurs, en vertu de cette bénédiction qui regarde la fécondité, ne formait pas de nouveaux êtres mais il conservait les espèces de ceux qu'il avait formés, en leur communiquant le pouvoir de donner naissance à d'autres qui leur succéderaient. C'est pourquoi nous ne trouvons pas non plus la conclusion ordinaire: "Et Dieu vit que cela était bon."



Nous l'avons vu plus haut, et il ne s'agissait ici que de la conservation future de l'objet par reproduction. Rien donc, en cet endroit, n'a été répété sinon les mots: "Et il fut fait ainsi," après lesquels sont aussitôt mentionnés le soir et le matin, dont les noms désignent, comme nous l'avons dit, l'achèvement de l'œuvre quant à la matière et quant à la forme que revêt la matière. Voilà notre sentiment que nous sommes prêts toutefois à abandonner, si d'autres dans leurs recherches trouvent quelque close de meilleur et de plus relevé.




italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Sam 06 Mai 2017, 10:45 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL cap. XVI a écrit:


 CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.



53. "Et Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants, chacun selon son espèce, les quadrupèdes, les serpents, les bêtes de la terre selon leur espèce, et le bétail selon son espèce, Et la chose fut, ainsi." Au sujet de l'addition du terme "vivants" à celui d'animaux, comme au sujet des mots: "chacun selon espèce" et de ces autres: "il en fut ainsi," qui reviennent habituellement, il faut se rappeler nos observations précédentes et les appliquer ici. Dans notre langue, il est vrai, le nom de bête désigne en général tout animal privé de raison: cependant l'on doit distinguer ici les différentes espèces et comprendre que les quadrupèdes sont toutes les bêtes de charge, les serpents tous les animaux qui rampent sur la terre, les bêtes de la terre ou bêtes sauvages, tous les quadrupèdes indomptés, enfin sous le nom de bétail il faut voir les quadrupèdes qui ne rendent pas de service par leur travail, mais donnent quelque revenu à ceux qui les nourrissent.




italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Dim 07 Mai 2017, 11:06 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL cap. XVI a écrit:

CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.



54. "Et Dieu fit les bêtes de la terre selon leur espèce, tout bétail selon son espèce, et tous les serpents de la terre selon leur espèce." Cette répétition: "La chose fut ainsi;


— "Dieu fit les bêtes de la terre, etc." doit être entendue suivant la règle que nous avons présentée plus haut. Le mot de bétail comprend ici, je crois, les animaux qui vivent sous le soin et dans la dépendance de l'homme.


"Et Dieu vit que cela était bon." Cette conclusion doit être prise dans le même sens que partout ailleurs.




italiques
ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Lun 08 Mai 2017, 10:45 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, cap. XVI a écrit:


CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.


55. "Et Dieu dit: Faisons l'homme à notre « image et à notre ressemblance." Ici encore nous avons à remarquer un rapprochement et une différence entre les animaux. D'après le texte, l'homme fut créé le même jour que les bêtes. Aussi bien compose-t-il avec elles la masse de tous les animaux terrestres. Mais parce qu'il a en partage le noble privilège de la raison, selon laquelle il est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, on s'occupe de lui séparément, après qu'on a conclu pour les animaux de la terre, dans les termes accoutumés: "Dieu vit que cela était bon."



italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Mar 09 Mai 2017, 10:16 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, cap. XVI a écrit:

CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.


56. Il faut de plus remarquer que pour le reste Dieu ne dit pas:  "Faisons," et qu'en révélant cette circonstance à l'écrivain sacré, l'Esprit-Saint a voulu encore indiquer la supériorité de la nature humaine. Or à qui Dieu a-t-il dit: "Faisons," quand il s'est agi de créer l'homme, sinon au Verbe, à qui, pour le reste, il disait: Fiat: que cela soit ? Car toutes choses ont été faites par lui et rien n'a été fait sans lui 1.  Mais quelle est, à notre avis, la raison de cette différence ? Pourquoi le terme fiat, si ce n'est pour marquer l'opération du Fils exécutant l'ordre du Père ? et pourquoi ensuite faisons, si ce n'est pour marquer l'opération de tous deux ? Ou bien tout ce que fait le Père, le fait-il par le Fils, et quand il est dit, au sujet de l'homme: "Faisons," est-ce en vue d'apprendre à l'homme, pour qui l'Écriture Sainte a été dictée, que ce que fait le Fils en accomplissant la volonté du Père, le Père le fait aussi lui-même ? Et le mot "faisons" doit-il lui montrer ici que partout ailleurs où nous lisons: "Qu'il soit fait; et il fut fait;" le commandement et l'exécution n'on point été séparés, mais ont eu lieu ensemble.


--------------------------------------


1. Jean I, 3.



italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Mer 10 Mai 2017, 9:45 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, cap. XVI a écrit:

CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.



57. "Et Dieu dit: Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance." Toute image est ressemblante à celui dont elle est l'image; et néanmoins tout ce qui ressemble à quelqu'un n'est pas pour cela son image. Par exemple, les figures dans un miroir étant des images sont ressemblantes, de même les portraits dans la peinture. Cependant si de deux objets l'un ne résulte pas de l'autre, aucun d'eux ne peut être dit l'image de l'autre, Car une image véritable, c'est la copie immédiate de celui qu'elle imite. Pourquoi donc, après avoir dit,"à notre image," ajouter encore: "et à notre ressemblance;" comme si une image pouvait ne pas ressembler à l'original ? Il semble qu'il aurait suffi de dire: "à notre image."



Mais le ressemblant diffère-t-il de la ressemblance, comme l'homme chaste diffère de la chasteté, comme l'homme fort diffère de la force même; en sorte que les choses ressemblantes ne le soient qu'en participant à la ressemblance, comme ce qui est fort l'est par la force, comme ce qui est chaste l'est par la chasteté ? Il faut l'avouer, c'est dans un langage peu propre que l'on dit de notre image qu'elle est notre ressemblance, quoique l'on puisse dire en toute vérité qu'elle nous ressemble. Il en est donc de la ressemblance qui se communique comme de la chasteté qui rend chaste tout ce qui l'est. La chasteté pour être chaste n'a besoin de la participation de qui que ce soit; au contraire ce qui est chaste ne l'est que par la participation de la chasteté: et sans aucun doute cette perfection se trouve en Dieu, où se trouve de même cette sagesse que nulle participation ne rend sage, mais qui rend sage tout ce qu'il l'est. C'est donc dans ce sens que la ressemblance de Dieu par laquelle toute choses ont été faites, est proprement appelée ressemblance; elle est ressemblante non en vertu de la participation de quelque ressemblance, mais comme étant elle-même la première ressemblance, dont la participation rend ressemblant tout ce que Dieu a fait par elle.




italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.


Dernière édition par ROBERT. le Jeu 11 Mai 2017, 9:40 am, édité 1 fois
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Jeu 11 Mai 2017, 9:39 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, cap. XVI a écrit:

 CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.



58. Si donc il a été dit, non seulement "à l’image," mais encore "à la ressemblance;"  c'est peut-être pour montrer que cette image n'est pas ressemblante à Dieu comme participant à quelque ressemblance de lui, mais qu'elle est sa ressemblance même et qu'à elle doivent participer toutes les choses dont il est dit qu'elles ressemblent à cet original divin. C'est ainsi qu'il en est de la chasteté dont la participation fait les âmes chastes; de la sagesse qui se communique aux âmes pour les rendre sages; et de la beauté qui rend beau tout ce qui l'est. Si Dieu avait seulement dit: "à notre ressemblance," on ne verrait pas que cette ressemblance est prise sur lui; et s'il avait dit seulement: "à notre image," tout en déclarant que la similitude est prise sur lui, il n'aurait pas marqué que l'image lui ressemble jusqu'à être sa ressemblance même.



Or de même qu'il n'est rien de plus chaste que la chasteté, rien de plus sage que la sagesse, rien de plus beau que la beauté, il n'est rien non plus qui puisse être ni que l'on puisse dire ou imaginer plus ressemblant que la ressemblance. On comprend de là qu'au Père est tellement semblable sa Ressemblance, qu'elle exprime avec une entière perfection toute la plénitude de sa nature.



italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Ven 12 Mai 2017, 9:43 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, cap. XVI a écrit:


CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.



59. Mais combien ne contribue pas à la beauté de chaque être, cette Ressemblance divine par qui toutes choses ont été faites ? Cette étude dépasse de beaucoup les lumières de l'esprit humain; on peut cependant l'aborder de quelque manière, et il suffit d'observer que tout objet qui s'offre soit aux sens soit à la raison, doit à la similitude de ses parties son caractère d'unité. Les âmes raisonnables sont appelées sages grâce à la sagesse divine, et cette sagesse ne s'étend pas plus loin: car nous ne pouvons nommer sages ni les bêtes ni bien moins encore les arbres, ni le feu, l'air, l'eau, la terre, quoique ces choses, en tant qu'elles sont, subsistent par la sagesse de Dieu. Mais nous disons que les pierres se ressemblent, que les animaux se ressemblent; comme nous le disons et des hommes et des anges.



De plus, en considérant chaque créature en particulier, nous disons que la terre est vraiment la terre, parce qu'elle a toutes ses parties semblables entre elles; que toute partie de l'eau est semblable aux autres parties et que sans cela l'eau ne saurait être l'eau; que si une quantité quelconque de l'air ne ressemblait pas au reste, il serait impossible de tout point que ce fût de l'air; et que la moindre étincelle de feu ou le moindre rayon de lumière n'est bien du feu ou de la lumière que par une exacte ressemblance avec toutes les autres étincelles ou tous les autres rayons. Il en est ainsi d'une pierre, d'un arbre, du corps de n'importe quel animal, et on peut penser et affirmer, que si les parties n'en étaient pas semblables entre elles, non seulement ces objets n'auraient pas la nature des êtres de leurs espèces, mais en eux-mêmes et pris à part ils n'en auraient aucune. Nous voyons du reste qu'un corps est d'autant plus beau qu'il se compose de parties plus semblables entre elles. Quant aux âmes, des mœurs semblables les unissent d'amitié les unes aux autres; mais de plus, dans une même âme, des actions et des vertus semblables, sans lesquelles il ne saurait y avoir de constance, sont l'indice de la vie bienheureuse. En tout cela cependant nous voyons des traits que nous pouvons dire semblables, nous ne voyons pas là ressemblance elle-même.



Si donc l'univers est formé d'êtres qui ont entre eux quelque ressemblance, si chacun d'eux en restant ce qu'il est n'en contribue pas moins à former ce grand ensemble que Dieu a créé et qu'il gouverne; il est certain que toutes les créatures ont été faites par la Ressemblance suréminente, immuable et inaltérable de Celui à qui doit l'être tout ce qui existe, et que de là leur vient la beauté qui consiste dans le merveilleux rapport de leurs parties. Toutes cependant n'ont pas été faites à la ressemblance même de Dieu, c'est l'avantage des seules natures raisonnables. Ainsi tout a été fait par elle; mais il n'y a que les êtres spirituels qui aient été créés pour elle.




gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Sam 13 Mai 2017, 8:37 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, cap. XVI a écrit:


CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.



60. La substance raisonnable a donc été faite en même temps par la ressemblance et à la ressemblance de Dieu. Car aucune nature ne s'interpose entre elles. Aussi bien l'esprit de l'homme, mais il ne le voit que dans l'état d'une vie pure et bienheureuse, ne s'attache et ne s'unit réellement qu'à la vérité, appelée la ressemblance, l'image et la sagesse du Père. C'est donc à bon droit qu'on entend de la partie intérieure et principale de l'homme, c'est-à-dire de son esprit, les mots: "Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance." En effet ce qui fait la valeur de l'homme, c'est ce qui tient en lui le premier rang, c'est ce qui le distingue des bêtes. Le reste, quoique beau en son genre, lui est commun avec les autres animaux, et conséquemment n'est pas de grand prix dans l'homme.


A moins cependant que la forme du corps humain dressé pour regarder le ciel ne soit une raison de croire que lui aussi a été fait à la ressemblance de Dieu; parce que comme cette divine ressemblance ne se détourne pas du Père, ainsi le corps de l'homme ne se détourne pas du ciel pour s'incliner vers la terre à la manière des autres animaux. Mais encore la comparaison ne doit pas être admise de tout point. Car notre corps diffère beaucoup du ciel, tandis que dans cette ressemblance, qui est le Fils, il ne peut rien y avoir qui ne ressemble au type divin. Partout ailleurs les semblables diffèrent entre eux de quelque côté; mais la ressemblance elle-même n'a rien qui ne soit ressemblant. Le Père cependant est le Père; le Fils n’est que le Fils. Car, bien qu'on soit obligé de reconnaître qu'il n'y a en lui absolument aucune dissemblance dès qu'il est appelé la ressemblance du Père, on doit reconnaître aussi que le Père n'est pas seul puisqu'il a sa ressemblance 1.




-----------------------------------------------------------------


1. Ce qui suit ne fut ajouté qu'après coup. I Rétractations, ch. 18.





italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Sam 13 Mai 2017, 1:51 pm

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, cap. XVI a écrit:


CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.



61. "Et Dieu dit: Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance." Ce qui précède au sujet de ces divines paroles que nous présente l’Écriture, suffit, il est vrai, pour montrer que la ressemblance de Dieu à laquelle l'homme a été créé, peut être entendue du Verbe même de Dieu, c'est-à-dire de son Fils unique; mais il ne s’ensuit pas que l'homme soit l'image parfaite du Père et sa ressemblance en tout égale à lui. L'homme cependant est aussi l'image de Dieu, comme le déclare ouvertement l'Apôtre en disant: "L'homme ne doit point voiler sa tête, attendu qu'il est l'image et la gloire de Dieu 2." Mais cette image a été faite à l'image de Dieu; elle n'est pas égale et coéternelle à celui dont elle est l'image, et ne le serait pas quand même l'homme n'aurait jamais péché.



Maintenant voici, selon nous, [ce qui sera] à préférer dans ces divines paroles. S'il est dit, non au singulier mais au pluriel: "Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance," c'est que l'homme n'a pas été créé à l'image ou du Père seul, ou du Fils seul, ou du Saint-Esprit seul, mais à l'image de la Trinité même, de cette Trinité qui est Trinité sans laisser d'être un seul Dieu, et un seul Dieu sans laisser d'être Trinité.



Aussi bien nous ne lisons pas que le Père parlant au Fils lui ait dit: Faisons l'homme à votre image ou à mon image; mais nous lisons, au nombre pluriel: "Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance;" et qui oserait exclure le Saint-Esprit de cette pluralité ? Comme les trois personnes ne sont pas plusieurs Dieux mais un seul Dieu, on doit voit que la conclusion présentée ensuite par l'Écriture quand elle dit un nombre singulier. "Et Dieu fit l’homme à son image de Dieu," ne signifie pas que Dieu le Père a créé l'homme à l'image de son Fils : Comment serait vraie l'expression "à notre image," que nous voyons plus haut, si l'homme avait été créé seulement à l'image du Fils ? Mais par cela même que Dieu a dit: "à notre image," et que la parole de Dieu est nécessairement vraie, il faut entendre les mots qui viennent ensuite dans l'Écriture: "Dieu fit l'homme à l'image de Dieu;" comme s'il y avait: La Trinité fit l'homme à son image.


------------------------------------------------------


2. I Corinthiens XI, 7.





italiques et
gras ajoutés.
à suivre…

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Saint Augustin ― COMMENTAIRES DES VINGT-SIX PREMIERS VERSETS DU PREMIER CHAPITRE DE LA GENÈSE. (complet)

Message  ROBERT. le Dim 14 Mai 2017, 10:38 am

Saint Augustin, DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, cap. XVI a écrit:

 CHAPITRE XVI. ANIMAUX TERRESTRES. CRÉATION DE L'HOMME.



62. Quelques-uns pensent que si le mot ressemblance n'est pas répété ici et que si l'Écriture n'a pas dit: Dieu fit l'homme à l'image et à la ressemblance de Dieu; c'est que l'homme fut alors créé seulement à l'image de Dieu: quant à la ressemblance, disent-ils, elle lui était réservée pour plus tard, à la résurrection des morts. Ils supposent qu'il peut y avoir quelque image sans ressemblance. Mais il est hors de doute que ce qui ne ressemble aucunement à quelqu'un, n'en est pas non plus l'image. Cependant pour ne point paraître traiter ceci avec les seules lumières de la raison, nous nous appuierons sur l’autorité de l'Apôtre saint Jacques. Il dit en parlant de la langue: "Par elle nous bénissons Dieu et par elle, en même temps, nous maudissons les hommes qui ont été faits à la ressemblance de Dieu1 ."

-----------------------------------------------------------------------


1. Jacques III, 9.




italiques et
gras ajoutés.

.
COMMENTAIRES SUR L'ANCIEN TESTAMENT
Ouvrages tirés des Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois
en français sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, tome Quatrième p. 124-145.
Traduction de M. l'abbé Tassin.

.


FIN DE LA GENÈSE AU SENS LITTÉRAL, PAR SAINT AUGUSTIN.
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 31872
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Page 3 sur 3 Précédent  1, 2, 3

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum