Litanies de Notre-Dame de Lorette.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Dim 05 Mar 2017, 5:43 am

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REGINA  PROPHETARUM, ORA PRO NOBIS.

(suite)

Les prophètes, animés du feu sacré de l'inspiration, s'étaient élevés à une hauteur de pensées, de ton, qui nous frappe, nous charme, nous ravit dans leurs écrits; et vous, « remplie de l'Esprit saint 7, toute transportée de joie en Dieu notre Sauveur 8, » vous avez chanté, à sa gloire, un hymne de reconnaissance où se déploient une richesse de sentiment, une sublimité d'expression, un enthousiasme divin, que n'égalent pas ces anciens oracles du Très-Haut !

Vous avez prédit, vous, humble et pauvre fille de la tribu de Juda, vous, épouse obscure d'un obscur et pauvre ouvrier de Nazareth, que « toutes les générations vous proclameraient bienheureuse  1 : » prophétie des plus étonnantes, que tous les peuples, tous les âges, ont accomplie constamment depuis dix-huit siècles !

Vous avez prédit aussi les futures destinées de l'Église, du vrai peuple de Dieu, du véritable « Israël, que le Seigneur a pris sous sa protection, se souvenant de sa miséricorde et de sa promesse à Abraham et à sa postérité, qui doit subsister aux siècles des siècles 2 ; » et les combats perpétuels, les perpétuels triomphes de l'Eglise n'ont jamais cessé de mettre en évidence la science divine qui vous les avait fait lire dans l'avenir !

« Que nous sommes heureux, dit ici le grand évêque de Meaux, que Dieu ait daigné s'engager ainsi avec nous par des promesses ! Il pouvait nous donner ce qu'il eût voulu ; mais pourquoi nous le promettre, sinon, comme l'a dit Marie, pour faire passer d'âge en âge sa miséricorde 3, » manifestée si admirablement par l'avènement du Sauveur, qui nous a promis lui-même de conserver son œuvre a jusqu'à la fin des siècles 4. »

Reposons-nous, avec une foi inébranlable, sur sa parole divine: « le ciel et la terre passeront, mais elle ne passera point 5. » Profitons de l'accomplissement si fidèle de la prophétie de Marie et de la promesse de son divin Fils, depuis le berceau du Christianisme jusqu'à nos jours, pour ranimer notre confiance en toutes les autres paroles du saint Évangile ; et livrons-nous, avec un total abandon, aux bienheureuses espérances de la foi, dans lesquelles nous devons « noyer toutes les trompeuses espérances dont le monde nous amuse 1. »

Jadis, ô Marie ! dans l'extase de votre gratitude envers le Seigneur, l'avenir s'est ouvert à vos yeux, et vous avez annoncé le culte pieux et solennel dont vous deviez être l'objet de la part « de toutes les générations 2, » et la perpétuité de l'Église, qui doit vivre, et combattre, et triompher « jusqu'à la fin du monde 3. »

Ah ! c'est avec une douce consolation que nous voyons le merveilleux accomplissement de vos paroles, durant une si longue série de siècles ; c'est avec une vive joie que nous reconnaissons en vous, avec saint Basile, celle qu'Isaïe avait désignée sous le titre de « prophétesse 4? » et à qui « les Voyants d'Israël 5, rendent témoignage 6 » dans leurs prédications touchant le divin Rédempteur.

Daignez, ô vous ! que David appelle « la Reine brillante de l'éclat des ornements les plus variés 7,» daignez nous obtenir de mêler toujours notre faible voix au concert universel qui « vous proclame bienheureuse 8 ; » de nous appuyer toujours sur les oracles infaillibles de l'Évangile; de ne nous laisser jamais ébranler ni par les scandales, ni par les persécutions, mais « de persévérer fidèlement, jusqu'à la fin 9, » dans la foi et dans les œuvres qu'elle seule inspire !



Reine  des  prophètes,  priez  pour nous !
Regina prophetarum, ora pro  nobis  !
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7. Luc, I, 35. — 8. Luc, I, 47. —1. Luc, I, 48. — 2. Ibid.,  54, 55. — 3. Élév. sur les myst., XIVe se¬maine, VIIIe Élévat. — 4. Matth., XXVIII, 20. — 5. Matth., XXIV, 35. — 1. Bossuet, Élévat. sur les myst., ibid. — 2. Luc, I, 48. — 3. Matth., XXVIII, 20. — 4. In Is. proph., c. 8. — 5. Is., xxx, 10. — 6. Act., x, 43. — 7. Ps., XLIV, 10. — 8. Luc, I, 48. — 9. Matth., x, 22.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Lun 06 Mar 2017, 6:02 am

Légende de la gravure.
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REGINA  APOSTOLORUM, ORA PRO NOBIS.

Ce que les philosophes les plus renommés par leur science, ce que les orateurs les plus éloquents, ce que les hommes les plus puissants et les plus habiles n'avaient pas eu même la pensée d'entreprendre ; ce que jamais ils ne fussent venus à bout d'exécuter, s'ils eussent osé mettre la main à l'œuvre, douze pauvres ignorants Galiléens l'ont osé, sans aucune ressource humaine, l'ont réalisé avec un bonheur inconcevable. Les Apôtres se partagent le monde pour le conquérir, pour établir, « dans tout l'univers, un nouveau culte, un nouveau sacrifice, une loi nouvelle ayant pour auteur Jésus crucifié dans Jérusalem. Et, pour se concilier les esprits : Venez, disent-ils, venez servir Jésus; quiconque se donne à lui sera heureux quand il sera mort ; en attendant, il faudra souffrir les dernières extrémités 1

Et, pour prêcher cette doctrine, ils bravent les tourments, la mort même; et ils « attirent tout à eux 1,» et bientôt l'univers païen adore Jésus et pratique l'Évangile.

Zèle divin, dévouement divin, succès divin, sans aucun doute! Mais quelle part Marie a-t-elle donc eue à cette grande œuvre, pour mériter le titre de Reine des Apôtres ! Ah! cette auguste Vierge qui, par la seule prééminence de sa maternité divine, aurait droit à ce titre, a merveilleusement contribué à la formation, à l'accroissement, au soutien de l'Église naissante.

Ne la voyons-nous pas, dès le commencement, pendant cette pieuse retraite par laquelle les Apôtres se disposaient, selon l'avis du Sauveur, « à recevoir d'en haut la vertu de l'Esprit saint 2, » ne la voyons-nous pas « persévérant avec eux dans la prière 3 ? »

« Et qui pourrait penser, dit saint Antonin, qu'elle n'ait reçu avec eux, au jour de la Pentecôte, les dons merveilleux dont ils furent tous enrichis par le Saint-Esprit, afin que rien ne lui manquât de toutes les grâces, de tous les avantages spirituels qu'elle pouvait posséder 4? »

« Oui certes, dit saint Thomas, la bienheureuse Vierge a reçu excellemment le don de sagesse, le don de miracles, et le don de prophétie 5. »

Sans doute elle ne devait pas exercer le ministère des Apôtres…

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1. Bossuet, Panégyr. de saint André. — 1. Jean, XII, 32. — 2. Luc, XXIV, 49; — Act., I, 8. — 3. Act., I, 14.— 4. Part. tit. 15, c. 19.—5.  3 Part. q. 27, art. 5.

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Message  Louis le Mar 07 Mar 2017, 7:03 am

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REGINA  APOSTOLORUM, ORA PRO NOBIS.

(suite)

 Sans doute elle ne devait pas exercer le ministère des Apôtres ; mais toutes ces grâces lui on été accordées comme un ornement dû à la dignité de Mère de Dieu : une telle mère pouvait-elle, dans tout ce qui était compatible avec les convenances de son sexe, rester au-dessous de ceux qui s'appelaient « les serviteurs de Jésus 1, » et dont saint Anselme et saint Bonaventure n'ont pas hésité à dire « qu'ils avaient été les disciples de celle qui l'avait enfanté 2 ? »

Et, en effet, c'est Marie qui a dû révéler aux Apôtres toutes les circonstances des mystères dont ils n'avaient pu être les témoins, et qu'ils devaient à leur tour faire connaître au monde; c'est elle qui a dû leur communiquer, sur la vie cachée de Jésus, les connaissances les plus précieuses et les plus consolantes : car « elle conservait tout dans sa mémoire et dans son cœur, suivant l'expression de l'Évangile 3, dit le vénérable Bède, pour en faire part, quand le temps serait venu, aux Apôtres et aux Évangélistes 4. »

Et comment douter qu'elle ait été pour eux une source de lumière, quand saint Ambroise a dit « qu'auprès d'elle saint Jean, cet aigle sublime, a puisé les hautes et admirables notions qu'il a eues de la divinité du Verbe 5 ? »

Mais elle mérite encore le titre de Reine des Apôtres par son heureuse influence sur les progrès de l'Évangile.

Ses exemples étaient une prédication puissante: n'était-elle pas, en tout, l'image la plus fidèle du divin Jésus, « le miroir le plus éclatant de sa vie, dit saint Laurent Justinien 6 ?»  

Ses entretiens avaient une efficacité merveilleuse : il est écrit que « la bouche parle de l'abondance du cœur 7,» et le cœur de Marie était, dit saint Bernardin, « une fournaise d'amour de Dieu 1. »

Ses prières étaient l'élan, à la fois, le plus pur, le plus humble, le plus ardent; et comment exprimer avec quel zèle, avec quelle ferveur cette divine Mère demandait au Ciel le développement de la grande œuvre de son Fils adorable?

Pour imiter Marie, concourons, selon notre pouvoir, au bien de l'Église et au succès des pieux missionnaires qui sont les continuateurs des premiers Apôtres. Soyons apôtres nous-mêmes par nos exemples, nos discours, notre coopération aux bonnes œuvres, afin que, « par nous, le nom de N.-S. Jésus- Christ soit glorifié  2. »

O  Marie ! que Jésus laissa sur la terre, après son ascension glorieuse, pour y exercer un zèle plus qu’apostolique, « pour y être l'appui et le soutien de son Église 3; » vous qui non-seulement avez participé à tous les dons que les Apôtres reçurent du Ciel, mais qui avez été leur lumière et leur modèle, oh! qu'à bon droit vous êtes nommée la Reine de ces « douze héros, dont les noms sont écrits dans les fondements  de la sainte cité de Dieu 4

Daigne votre cœur, si ardent pour la gloire de Jésus, communiquer au nôtre quelque étincelle de ce feu sacré que les âmes pieuses cherchent à répandre sans cesse autour d'elles! Faites, faites du moins que, « par les œuvres d'une bonne et sainte vie 5, nous soyons comme des flambeaux qui éclairent nos frères, et qui leur fassent glorifier le Père céleste 6 ! »


Reine  des  apôtres,  priez  pour  nous  ! — Regina  apostolorum, ora  pro nobis !

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1. Jac. I, 1; — II Pier, I, 1; — Jud. 1.— 2. S. Anselm., de Concept. Virg., c.27; — S.Bonav., in psalt. min. in Prec. — 3. Luc, II, 19. — 4.  Homél. in Luc, cap. 2. — 5.  Lib. de instit. Virg., c. 7; — Præf. in Joan.— 6. De triumph,  agon.  Christ.   — 7.  Matth. , XII, 34. — 1.Serm. 9, de Visit. — 2. II Thessal., I, 12. — 3. Bossuet, Serm. sur l'Assompt. — 4. Apoc,XXI, 14. — 5. Jac. , III, 13.— 6.  Matth., v, 16.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Mer 08 Mar 2017, 7:16 am


Légende de la gravure.



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REGINA  MARTYRUM, ORA PRO NOBIS.

Qui nous donnera d'égaler ici les lamentations aux douleurs? O Marie! que vous avez bien pu dire aux hommes avec vérité, alors que « votre affliction était profonde comme l'Océan 1 : Regardez donc et voyez s'il fut jamais déchirement de cœur semblable à celui qui fait mon martyre 2 ! »

La vue du sang répandu nous émeut : notre nature ne saurait froidement voir couler par violence celui d'un de nos semblables; elle souffre cruellement si c'est celui d'un ami ; plus encore si c'est celui d'un frère; plus, ah ! bien plus encore, si c'est celui d'un fils, et d'un digne fils, d'un fils tendrement chéri.

Mais si c'est le cœur de la plus tendre des mères qui est condamné à ce triste spectacle, combien l'impression en est plus vive, plus douloureuse! Et si le fils qu'elle voit immoler est un fils unique, doué des qualités les plus rares, ah! nulle parole humaine ne saurait rendre l'extrémité de cette souffrance morale.

Vous fûtes cette mère, ô Marie ! Jésus fut ce fils unique, véritablement incomparable, au supplice duquel vous dûtes assister! O vous que l'Église nomme si bien « la Mère de douleur 1, » dites-nous, (car nous ne pouvons ni le sentir ni l'exprimer nous-mêmes), dites-nous quel « glaive acéré transperça votre cœur 2,» à chacun des coups qui enfonçaient les clous dans les mains et dans les pieds de votre Jésus ; dites-nous quelles furent vos angoisses, quelle affreuse et longue agonie fut la vôtre, quand, durant trois heures, vous eûtes à contempler ce tout aimable Fils suspendu si cruellement à un infâme gibet ;

ou plutôt taisez-vous, ô divine Marie ! gardez, ah ! gardez ce silence si héroïque, si éloquent, si sublime, que votre immense douleur s'imposa sur le Calvaire : ce silence surhumain nous en dit plus, infiniment plus, que tous les cris, tous les gémissements, tous les sanglots d'une mère désolée...

Oh ! que volontiers vous eussiez donné votre vie pour sa vie ! que vous auriez goûté de consolation à mêler du moins votre sang à son sang! Mais non, il fallait que vous fussiez « plus que martyre, selon la pensée de saint Bernard 3 et de saint Bonaventure 4, » en souffrant tout ce qui naturellement devait vous faire mourir, avec la certitude que la mort ne viendrait pas mettre fin à votre inexprimable supplice. C'est ainsi que vous deviez conquérir glorieusement le titre de Reine des Martyrs

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1. Lament. , II, 13. — 2. Ibid., I, 12. — 1. Stabat. — 2. Luc, II, 35. — 3. Serm. 12  de Prœrogativis B. M. V.— 4. In spec. lect. 4.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Jeu 09 Mar 2017, 5:58 am

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REGINA  MARTYRUM, ORA PRO NOBIS.

(suite)

 C'est ainsi que vous deviez conquérir glorieusement le titre de Reine des Martyrs, par l'excès inouï  de vos souffrances, devant lesquelles saint Anselme « estime légères toutes celles des autres héros du Christianisme 1,» qui pourtant « ont en duré les fouets, les chaînes et les prisons, ont été lapidés, ont été sciés, ont été torturés de toute manière, eux dont le monde n'était pas digne 2. »

Mais le Calvaire ne fut pas le seul théâtre du martyre de la très-sainte Vierge. Lorsque le corps sacré du Sauveur eut été détaché de la croix, la tradition nous dit qu'il fut remis entre ses mains, avant d'être déposé dans le sépulcre. Eh ! qui pourrait concevoir ce qui dut se passer dans le cœur d'une telle mère, en ce moment si tristement solennel? Tenir dans ses bras le corps inanimé de son Fils bien-aimé, ce corps meurtri, déchiré si cruellement; contempler, de ses yeux pleins d'amour, les blessures profondes par où son sang précieux, s'écoulant, avait baigné la terre ; se représenter vivement toutes les scènes affreuses de la passion, oh! quel supplice ! Saint Augustin dit que « toutes les douleurs de Jésus avaient été les douleurs de Marie; que la croix et les clous du Fils avaient été la croix et les clous de la Mère 3. »

Alors donc tout ce qu'elle avait ressenti auparavant, tout ce qui avait navré, déchiré son cœur si tendre, se renouvela, mais avec un redoublement d'amertume, de désolation extrême, de souffrance sans égale et sans nom.

Grande leçon pour nous tous, enfants de l'Évangile ! Jésus et Marie sont entrés dans la gloire éternelle à travers les peines et les souffrances : Jésus, la sainteté même! Marie, la plus sainte des créatures!

Et nous, pécheurs par nature, pécheurs de volonté, prétendrions-nous y arriver par une autre voie? La croix, voilà l'héritage que l'Homme-Dieu nous a laissé dans ce monde, et qui doit devenir pour nous comme le gage assuré « de l'héritage immortel, incorruptible 1 » qu'il promet à notre résignation, à notre patience, à notre fidélité dans les épreuves; car il est écrit : « Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons 2. »

O tendre Mère! qui avez enduré, au pied de la croix, des souffrances bien plus cruelles que le martyre du corps ; ô vous dont l'exemple et la prière ont dû si heureusement encourager   « tous ceux  qui ont vaincu par le sang de l'Agneau, qui ont scellé de leur sang le témoignage rendu par eux à la parole divine 3, »  et au nom desquels le glorieux saint Étienne vous offre sa palme et sa couronne, daignez compatir à nos peines et soutenir notre faiblesse.

Détournez de nous le calice, s'il devait devenir trop amer pour notre débile vertu; ou bien, obtenez-nous de dire courageusement à Dieu avec le Sauveur : « Que votre volonté soit faite 4 ! »

Faites-nous bien comprendre cette grande parole du divin Maître, que « quiconque ne porte pas sa croix et ne le suit pas, ne peut pas être son disciple 5 ; » et afin que nous ayons le bonheur « de posséder toujours nos âmes par la patience 6, »



Reine  des  martyrs,  priez  pour  nous  ! — Regina  martyrum, ora pro  nobis  !
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1. De excellent. Virg., c. 5. — 2. Hébr. , XI, 36, 37, 38. — 3.  Serm. de Pass. Dom. —1. I Pier., I, 5. —2. II Tim., II, 12. — 3.  Apoc, XII,11. — 4. Matth., XXVI, 42. —5. Luc, XIV, 27. — 6. Luc, XXI, 19.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Ven 10 Mar 2017, 7:44 am

Légende de la gravure.
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REGINA  CONFESSORUM, ORA PRO NOBIS.

Gloire à vous, nobles confesseurs de la foi, qui avez regardé « comme un gain précieux 1 » de vous avouer hautement disciples de Jésus devant les ennemis de son nom, au péril même de vos jours ! Gloire à vous qui, lorsque la Providence ne vous a pas mis à de telles épreuves, avez toujours fait profession d'appartenir à cet adorable Maître par la pratique de toutes les vertus évangéliques, par l'éminente sainteté de votre vie! Mais plus encore, bien plus qu'à vous, gloire à Marie, votre auguste Reine à tant de titres!

Vous vous êtes, en effet, montrés constamment les serviteurs dévoués du divin Sauveur; mais Marie n'est-elle pas demeurée plus intimement et plus courageusement fidèle à son divin Fils? Votre cœur a été pénétré pour lui d'un amour ardent et généreux ; mais Marie n'a-t-elle pas été embrasée d'un feu divin véritablement incomparable? Vous avez bravé, pour lui, les outrages, les dangers, les traverses de toute espèce; mais Marie n'a-t-elle pas partagé toutes les situations si pénibles de la vie mortelle de son Fils, toutes les persécutions dont il fut l'objet ? Que de fois il fut calomnié, injurié par ses ennemis ! Que de fois les injustices et les insultes prodiguées au Fils durent cruellement rejaillir sur la Mère ! Voyez plutôt avec quel ton moqueur s'exprimaient ceux qui refusaient de croire à Jésus: « N'est-il donc pas le fils de celle qu'on appelle Marie 1 ? » Entendez aussi comme jusque dans l'extrémité de son supplice, les ennemis de l'adorable patient lui jetaient la dérision, le mépris, les bravades les plus audacieuses ; Marie, debout au pied de l'infâme gibet, n'a-t-elle pas dû être confondue par eux avec lui dans les mêmes sentiments de haine el les mêmes outrages ?

Au milieu de toutes les injures, de tous les sarcasmes blasphématoires dont les ennemis de votre divin Fils font retentir les airs, ô Marie! « ô femme par excellence, l'honneur et la gloire de votre sexe, que votre foi est grande 2 ! » que votre amour, que votre dévouement sont admirables !

Tous les apôtres de Jésus, à l'exception de saint Jean, l'ont abandonné ; leur chef, Pierre lui-même, qui avait si hautement protesté qu'il lui serait fidèle jusqu'à la mort, a par trois fois, et avec serment, refusé de le reconnaître ; et vous, en présence de la fureur des Juifs, en présence des bourreaux tout couverts du sang de votre Fils, vous déployez l'héroïsme de votre grande âme, vous entourez leur victime de toute votre adoration, de tout votre amour, de tout votre dévouement, lorsque le ciel même semble l'abandonner ! qui pourra donc vous être comparé, ô Marie! ô vous dont la foi au divin Rédempteur a été si magnanime ?

Et qui, d'ailleurs…

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1. Philipp., I, 21. — 1. Matth., XIII ,55. — 2. Matth., xv, 28.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Sam 11 Mar 2017, 7:20 am

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REGINA  CONFESSORUM, ORA PRO NOBIS.

(suite)

Et qui, d'ailleurs, égala jamais cette divine Vierge dans la pratique sublime de toutes les vertus qui peuvent caractériser une âme sainte, et faire de sa vie comme une prédication éloquente de l'Évangile, ou dans la possession des dons précieux qui assignent un rang éminent dans le ciel?

Pureté, modestie, humilité, douceur, détachement, pauvreté, obéissance, piété, amour ardent de Dieu, charité inépuisable pour le prochain, zèle brûlant pour la gloire du Très-Haut, parfaite soumission à sa volonté adorable, abandon absolu à sa providence, patience à toute épreuve : toutes les vertus, en un mot, et au plus haut degré, ont brillé dans Marie. C'est pourquoi saint Pierre Chrysologue l'appelle « la réunion vivante de tous les trésors de la sainteté 1 ; » saint Jean Damascène, « le sanctuaire de toutes les vertus 2. »

Apprenons de cette Reine admirable de tous les confesseurs à mépriser le respect humain, et à vivre en dignes disciples de Jésus-Christ. Au milieu des sarcasmes du monde, portons haut la tête et le noble signe de la croix dont notre front a été marqué dans le baptême et dans la confirmation ; bravons, avec un saint courage, les dédains et les menaces « des enfants du siècle 3, » nous souvenant de cet oracle infaillible de celui qui les jugera aussi bien que nous-mêmes :

« Quiconque aura confessé mon nom devant les hommes, je le reconnaîtrai devant mon Père qui est dans les cieux; et si quelqu'un rougît de moi, je rougirai aussi de lui devant mon Père 1. » N'oublions pas non plus cette grave recommandation du divin Maître : « Que vos bonnes œuvres soient comme un flambeau qui frappe les yeux des hommes et les force à glorifier votre Père céleste 2 ! »

Auguste Vierge, devant le trône de laquelle les confesseurs de la foi de Jésus se prosternent, en vous faisant hommage, les uns des « couronnes 3 qu'ils ont, sous vos auspices, portées pour sa plus grande gloire, les autres, de la sagesse céleste qui a brillé dans leurs écrits ou dans leurs bonnes œuvres, et qu'ils avaient comme reçue de votre douce protection 4 ; »

ô vous, « qui avez en tout et toujours confessé le nom du Dieu saint 5, » obtenez-nous la grâce « de soutenir avec fermeté les combats de la foi 6, » au milieu du monde impie et corrompu qui nous environne.

Vous qui avez toujours été le modèle créé le plus parfait de toutes les vertus évangéliques, obtenez-nous de rendre notre foi honorable par nos œuvres, « afin que le nom et la doctrine de Dieu ne soient pas exposés par nous à la médisance des hommes 7, » mais qu'au contraire « notre bonne et sainte vie leur ferme la bouche 8, et que nos « exemples les portent à glorifier le Seigneur 9, » auprès duquel nous vous supplions instamment de nous accorder votre bienveillante intercession.



Reine  des  Confesseurs, priez  pour  nous !
Regina Confessorum, ora pro nobis!  
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1. Serm. 146. — 2. Lib, IV,  De fide orthod. — 3. Luc, XVI, 8. — 1. Matth., x, 32, 33. — 2. Matth., v, 16. — 3. Apoc, IV, 10.— 4.Deutéron., XXXIII, 3. — 4. Eccl., XLVII, 9. —6. I Tim., VI, 12. —7. I Tim., VI, 1. — 8. 1 Pier. , II, 15. — 9. Ibid., 12.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Dim 12 Mar 2017, 7:05 am


Légende de la gravure.


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REGINA  VIRGINUM, ORA PRO NOBIS.


Oui, vous êtes la Reine des Vierges, admirable Marie, qui la première parmi toutes les filles d'Ève, et malgré le préjugé contraire de votre nation, « avez fait au Seigneur la promesse solennelle d'une chasteté perpétuelle 1 ! » C'est vous qui, selon les expressions de saint Ambroise, « avez levé l'étendard de la virginité 2 ; » vous qui avez porté la vertu angélique à une telle perfection, que saint Jean Damascène, vous appelle « le trésor de la pureté virginale 3. »

Et certes, il le fallait ainsi dans celle qui était destinée à une grandeur incompréhensible. « La pureté rapproche de Dieu, dit le Saint-Esprit lui-même dans le livre de la Sagesse 4. » Elle a donc dû être assez parfaite dans Marie pour la rendre aussi digne que possible de « l'alliance la plus étroite avec une personne d'une majesté infinie 1 : alliance si admirable, dit Albert le Grand, que Marie n'aurait pu être plus intimement unie à la divinité qu'en s' identifiant avec elle 2 ! »

Mais ce n'est pas seulement sous ce merveilleux rapport que toutes les vierges saluent Marie du nom de Reine dans le ciel. N'a-t-elle pas été pour elles, sur la terre, une sauve-garde aussi bien qu'un encouragement et un modèle? Ah ! elles ont senti le prix de la pureté, en voyant que c'est à une vierge qu'a été réservé le privilège ineffable de la maternité divine ; elles ont compris l'honneur prodigieux que Dieu a fait à leur sexe, en la personne de Marie, et le bienfait immense de réhabilitation qui en a découlé pour la femme chrétienne ; et leur cœur a éprouvé le besoin d'en témoigner au Seigneur sa gratitude, « en se dévouant à lui plaire et à l'aimer sans partage 3 » dans le monde, ou à le contempler et à le louer dans la solitude, ou à le servir en la personne des pauvres et des malheureux.

Et qui pourrait énumérer les milliers de traits admirables de vertu qui ont illustré ces générations incessantes de vierges, depuis le commencement de l'Église ! Que de fois la terre étonnée a vu de jeunes et timides filles de Marie ne reculer, ne pâlir devant aucun danger, devant aucun obstacle, aucun fléau, aucune menace, aucun supplice !...

Tous les jours…

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1. Saint Augustin, serm. 20 de tempore; — Tract. 10  in Joan. ; — Saint Grégoire de Nysse, Orat, de Nativ. Dom.; — le vénér. Bède, in cap. I Luc.; — Saint Anselme,  De excell. Virg., c. 4; — Saint Bernard, serm. 2, super Missus, etc. — 2.  Lib. de inst. Virg. — 3.  Homél. 6, contra Nestor. — 4. Sag., VI, 20. — 1. Saint Thomas, 1 p. q. 25, a. 6. — 2. Sup. Missus est, c. 180. — 3. I Cor., VII, 32.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Lun 13 Mar 2017, 5:59 am

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REGINA  VIRGINUM, ORA PRO NOBIS.

(suite)

  Note de Louis : Ne pas oublier que ce texte a été publié il y a plus de 100 ans.

Tous les jours encore, que de congrégations religieuses viennent dire, souvent même au péril de leur vie, à tous les maux humains : « Soyez mon père et mes frères ; » à toutes les infirmités, à toutes les nécessités de l'esprit et du corps: « Soyez ma mère et mes sœurs! » Noble et sublime postérité spirituelle de la divine Vierge, ah! c'est elle qui vous protège, qui vous soutient comme « de chastes épouses réservées au Christ 1, » et contre la faiblesse de votre sexe, et contre les séductions du monde, et contre les assauts de l'enfer, et, quand il le faut, contre les bourreaux, contre tous les instruments de leur cruauté !

L'Église met dans sa bouche ces paroles de la Sagesse : « Je chéris ceux qui me chérissent 2. » Mais le plus grand témoignage d'amour qui puisse lui être donné, n'est-ce pas l'imitation de la vertu qui a le plus éclaté en elle, et qui, pour notre nature déchue, est la plus difficile? n'est-ce pas votre vœu, semblable au sien, « de vivre, à l'égal des Anges 3, » dans un corps mortel?

C'est dans ce même vœu que l'esprit de dévouement et de sacrifice trouve sa source et sa force ; car, en dégageant le cœur des liens de famille, il lui laisse la liberté de consacrer toute l'activité humaine au service de Dieu et aux bonnes œuvres. Celle qui n'a d'autre époux que Jésus, « s'occupe, dit l'Apôtre saint Paul, du soin des choses du Seigneur, afin d'être sainte de corps et d'âme 4. »

Admirons cet esprit vraiment céleste qui produit, dans la véritable Église, des fruits merveilleux, que lui envient tant de sectes, stériles parce qu'elles se sont séparées d'elle. Demandons au divin Jésus d avoir part, chacun selon notre vocation spéciale, à ce zèle d'immolation volontaire à sa gloire, et de pratiquer aussi, selon notre état, la vertu sublime qui, selon l'expression de saint Ambroise, « fait les héros du martyre, et nous rend les frères des Anges 1  » qui même élève notre mérite au-dessus de celui des esprits célestes : « car, dit saint Jérôme, gagner la gloire angélique dans une chair mortelle, c'est bien plus que de la posséder par nature 2. »

O  divine Reine des Vierges qui viennent, triomphantes, vous faire hommage du lis de leur pureté, de la palme de leur victoire, auguste Mère de cet agneau divin qui est « le chef et le guide de la virginité 3, » qu'avec joie nous vous glorifions de ce que vous avez, par votre exemple et par votre secours, fait naître, fait croître tant de merveilleuses vertus sur la terre !

Ah ! daignez, de plus en plus, augmenter la foule de vos filles chéries, qui ornent l'Église comme des fleurs brillantes et l'embaument d'un parfum dont la suavité n'est pas de ce monde. Daignez nous inspirer respect et amour pour une vertu qui fait tant d'honneur à l'humanité, qui « a pris sa source dans le ciel 4, » où elle jouit, pour récompense, du privilège de former « le cortège inséparable de l'agneau de Dieu 5. »

O vous à la suite de laquelle tant de milliers de vierges ont conquis une gloire et une félicité indicibles, faites « qu'attirés par l'odeur céleste de vos vertus 6 nous allions au Roi des rois, en suivant « la voie si pure que vos pas nous ont tracée 7 ! »


Reine des Vierges, priez pour nous! — Regina Virginum, ora pro nobis!
________________________________________________________________

1. II Cor., XI, 2.— 2. Brév. rom., in festis B. M. V.;— Prov.,VIII, 17. — 3. Marc, XII, 25.;— 4. I Cor., VII, 34. — 1. Lib.  I  de Virg. circa initium. — 2. Serm. de Assumpt. —3. Jérém., III, 4. — 4.  Saint Ambroise, ibid. — 5. Apoc, XIV, 4. — 6.  Cant., I, 3. — 7.  PS. XLIV, 15.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Mar 14 Mar 2017, 6:54 am


Légende de la gravure.
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REGINA  SANCTORUM  OMNIUM, ORA PRO NOBIS.

Les saints ont illustré l'Église par de belles et admirables vertus : ils ont étonné le monde par l'héroïsme de leur zèle, de leur courage, de leur dévouement, par les prodiges de leur humilité, de leur patience, de leur charité ; ils sont entrés « dans la demeure éternelle 1 » avec une abondante moisson de mérites, que le Seigneur « a pesés, jusqu'au moindre, dans la « balance de sa justice 2, et qu'il a dotés d'une récompense inappréciable 3. »

O Marie ! vous êtes leur reine : si les saints ont été, parmi les fidèles, comme autant de magnifiques fleurs qui ornaient le jardin de l'épouse militante de Jésus-Christ, dans ce jardin mystique vous avez brillé comme la Reine des fleurs ; vous avez fait éclater au dehors, par vos incomparables exemples, « cette richesse immense de grâces dont vous aviez été remplie, richesse incompréhensible à tout esprit humain, à tout esprit angélique 4 ! »

Les saints ont pu faire paraître en eux, d'une manière plus ou moins sensible, quelques traits de la vie de leur divin Maître ; en chacun a éclaté quelque vertu particulière, et, « dans la demeure du Père  céleste, où les trônes et les couronnes sont diversifiés 1, » chacun reçoit la part de gloire spéciale qu'il a conquise pendant son temps d'épreuve.

O Marie ! vous êtes leur Reine : ce que chacun a eu de mérite particulier, vous l'avez, vous seule, possédé sans partage ; tous les traits de Jésus, notre adorable modèle, vous les avez retracés en vous aussi fidèlement que le pouvait une créature ; toutes les vertus vous les avez pratiquées, et à un degré si haut, si parfait, que saint Anselme a dit de vous « qu'après la  sainteté du Saint des saints, il n'en est pas, et l'on  ne peut en concevoir de semblable à la vôtre 2 ! »

Et maintenant, dans la patrie céleste, vous êtes revêtue d'une gloire proportionnée à votre mérite sublime ; toute la magnificence des couronnes de tous les saints forme votre couronne ; ce n'est point assez : votre gloire surpasse toute la leur, d'autant plus que toutes leurs vertus sont inférieures aux vôtres, et que c'est par les mérites de celui que vous avez donné au monde, que la grâce de pratiquer ces mêmes vertus leur a été accordée.

Les saints ont auprès de Dieu un merveilleux crédit en notre faveur : « Le Seigneur dit saint Léon, est vraiment admirable en nous les donnant, non-seulement pour modèles, mais aussi pour protecteurs pleins de puissance 3. »

Des milliers de faits…

____________________________________________________________________

1. Ecclés., XII, 5. — 2.  Job, XXXI, 6. — 3. Hébr., x, 35. — 4. Saint Bernardin, Serm. 5, de Nativ. B. V., c. 12. — 1. Jean, XIV, 2. — 2.  De excellent. Virg. — 3. In Natali S. Laurent.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Mer 15 Mar 2017, 7:01 am

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REGINA  SANCTORUM  OMNIUM, ORA PRO NOBIS.

(suite)

 Des milliers de faits éclatants publient, dans l'univers, « qu'ils règnent aux siècles des siècles 1 dans la cité de Dieu 2, » et que, du haut de leurs trônes sublimes, ils règnent aussi sur la terre par une influence mystérieuse.

O Marie ! de tous ces puissants intercesseurs, de tous « ces rois immortels  3 » vous êtes encore la Reine. Vous ne priez pas comme eux, mais « vous commandez en quelque sorte : car serait-il possible, ô bienheureuse Vierge ! que celui qui est né de vous, quoique tout-puissant, résistât au pouvoir de mère qu'il vous a donné sur lui 4 ? »  Oui, « vos demandes sont presque des ordres, dit saint Antonin 5, et ce que vous voulez, dit saint Anselme, infailliblement se réalise 6 ! »

Ah ! puisse un jour cette admirable Vierge, à laquelle tous les Saints font hommage de leurs couronnes,  être aussi notre Reine! Pour cela que faut-il? être saint sur la terre.

Or, être saint c'est vivre de « la vie même de Dieu 7, » selon la magnifique pensée de l'Apôtre des nations; c'est posséder sa grâce, et travailler constamment à la conserver et à l'augmenter en soi; c'est aimer le Créateur sincèrement « de tout son esprit, de tout son cœur, de toutes ses forces 8 » : car celui qui l'aime de la sorte lui est uni d'une manière ineffable; et, « s'il persévère, il sera sauvé 9, » il deviendra éternellement, dans le ciel, « participant de la nature, de la gloire et de la béatitude même de Dieu 10. »

Oh! « élevons, dit saint Augustin, élevons nos espérances et dirigeons tous nos désirs vers cette possession éternelle de Dieu, qui est le souverain bien et la source de tous les vrais biens 1 » Gardons-nous de mériter l'anathème réservé à ceux « qui dédaignent la véritable terre promise, si digne de tous les élans de notre cœur 2 ! »

O Marie ! qui en vous seule avez réuni tous les mérites de tous les saints d'une manière si admirable; ô vous qui les avez tous surpassés, en ce monde, par vos vertus autant que par vos privilèges, et qui, dans le ciel, leur êtes si supérieure par votre gloire et par votre puissance, avec eux, avec tous les heureux habitants de la Jérusalem éternelle, nous nous inclinons devant vous, Mère auguste du Sauveur, qui « siégez à sa droite, revêtue d'or et d'un manteau royal d'une richesse vraiment divine 3 ! » Vous dominez tous les élus, ô « demeure vivante de Dieu 4 ! comme le sommet d'une montagne qui voit toutes les autres au-dessous d'elle 5 ! »

Si nous ne regardions que votre grandeur merveilleuse, nous n'oserions lever les yeux vers vous, céleste Reine ; mais nous savons toute votre charité, toute votre bonté, toute votre miséricorde, et notre confiance en vous est sans mesure : par votre secours nous espérons mener une vie sainte, et gagner une part de ce royaume de Dieu où nous nous réjouirons, à tout jamais, de vous avoir dit ici-bas avec une piété tendre, digne de votre douce majesté :



Reine de tous  les Saints, priez pour nous !
Regina Sanctorum omnium, ora pro nobis!
________________________________________________________________

1. Apoc., XXII, 5. —2. Ibid., III, 12. — 3. Ibid., v, 10. — 4. Saint Pierre Damien, serm. de Nativ. B. V. — 5.  T. 2, in 3 part. lect. 2. — 6. De excell. Virg., c. 42. — 7. Éphés., IV, 18. — 8.  Luc, x,  27.— 9.  Matth., XXIV, 13. —  10.  II Pier. , I, 4. — 1. In Psalm. 102. — 2. Ps. CV, 24. — 3. Ps. XLIV, 10.  — 4. Éphés., II, 22. — 5. Mich., IV, 1.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Jeu 16 Mar 2017, 6:58 am


Légende de la gravure.
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REGINA  SINE LABE CONCEPTA, ORA PRO NOBIS.

(Note de Louis : A noter que ce chapitre a été écrit avant la proclamation du dogme de L'Immaculée Conception le 8 décembre 1854.)

C'est à la haute piété de nos Évêques, qui en ont fait la demande au Saint-Siège dans ces derniers temps, que nous devons la douce consolation de pouvoir saluer Marie comme Reine conçue sans péché. L'Écriture appelle Dieu, d'une manière absolue, « le Roi 1, » pour exprimer l'excellence de sa Majesté suprême ; ne convenait-il pas d'honorer la souveraineté de celle qui « est au-dessus de tout, Dieu excepté 2» , en l'appelant Reine proprement dite ? Et après l'invocation qui l'implore comme Reine de tous les saints, quelle autre pouvait être mieux placée, que celle qui honore à la fois sa royale grandeur et le privilège unique de son exemption du péché d'origine? privilège qui seul la distinguerait de tous les élus, quand même, à tant d'autres égards, elle ne serait pas au-dessus d'eux; privilège que proclama toujours la voix de la tradition de l'Église, écho fidèle des enseignements apostoliques.

Dans son discours au proconsul Égie, saint André lui-même donne à Marie le titre « d'immaculée ; » il la compare « à cette terre dont fut formé le premier homme, laquelle n'avait pas reçu encore la malédiction du Seigneur, suite et châtiment de la faute primitive 1. »

Origène,qui touche d'assez près au siècle des Apôtres, l'appelle «formée dans la grâce,exempte du souffle pestilentiel de Satan 2; »

saint Amphiloque, « sans tache et sans péché 3 ; »

saint Épiphane, « plus belle par sa nature que toute l'armée des Anges, brebis immaculée qui a mis au monde l'agneau divin 4; »

saint Éphrem, « Vierge sans tache, sans souillure, sans corruption, absolument étrangère à tout péché, à tout défaut 5; »

saint Cyrille, « préservée de la tache originelle 6. »

Qu'est-il besoin de citer d'autres organes de la transmission de la croyance primitive à cet égard? Qui ne sait que saint Jérôme 7, saint Augustin 8, saint Fulgence 9, saint Ildefonse 10, saint Jean Damascène 11, saint Pierre Damien 12, saint Anselme 13, saint Bonaventure 14, et même saint Thomas 15, garantissent également sur ce point la tradition non interrompue de l'Église;

qu'aux témoignages des saints docteurs s'unissent les monuments des églises d'Orient et ceux des églises latines, les paroles de la liturgie sacrée, les usages des diocèses, les coutumes des ordres religieux; enfin…

_________________________________________________________

1. Ps. XLIV; CXLIV. — 2. Saint Bernard, serm. 6, c. 6. — 1. Actes du martyre de saint André ( Dissertation polémique sur l'Immac. Concept., par le cardinal Lambruschini). — 2. Homél. VI in Luc. — 3.  IV Disc, in S. Deip. — 4. De laudib. Virg. — 5.  Orat. in S. Dei Gen. — 6.  In Evang. Joan. I,  VI, c. 15. — 7. In ps. 77.—  8. De nature et gratia, c. 36. — 9. Serm. de laudib. M. — 10. Disput. de V.M.— 11. Orat. de Nat. B. V. M. — 12.  Or. 12 de Nat. M. — 13. De concept. V., c. 18. — 14.  Serm. 11 de B.V. — 15. In lib. 1 Sent. disc. 44,  q. 1, art. 3.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Ven 17 Mar 2017, 6:55 am

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REGINA  SINE LABE CONCEPTA, ORA PRO NOBIS.

(suite)

…enfin, que, sur l'invitation de l'illustre Pie IX 1, les divers Évêques de la catholicité lui ont attesté naguère, d'une manière authentique, l'attachement des fidèles à cette croyance, en sorte que cette Vérité a pour elle l'antiquité, l'universalité, la perpétuité, qui sont la base principale des dogmes du christianisme ?

Qui ne comprend, d'ailleurs, que, si l'union personnelle de la nature humaine avec la nature divine en Jésus-Christ a rendu absolument nécessaire la conception de l'Homme-Dieu dans l'état de grâce, la maternité divine, « qui approche de cette union le plus possible 2, » n'aurait pu se concilier avec la conception de Marie en état de péché?... Quoi! celle que Dieu avait annoncée, dès l'origine du monde, comme devant être menacée en vain de la morsure du serpent infernal, comme destinée même « à lui écraser la tête 3, » aurait commencé par être blessée de son dard, par être « sous sa puissance 4 ? »

Celle qui devait être comme la réparatrice de la chute d'Ève, et la véritable « mère des vivants 5, » aurait été inférieure à Ève, créée en état de grâce?

Celle enfin qui devait vivre, pendant neuf mois, d'une même vie corporelle avec le Verbe incarné, aurait été, dès le premier instant de son existence, frappée de la disgrâce divine, odieuse au Seigneur, « enfant de colère 6 ? »

Oh! non, mille fois non, il n'a pu en être ainsi, Vierge si tendrement chérie de Dieu et des hommes ! Ah! celui-là le comprend et le sent bien, qui a du péché, de la grâce, et de la sainteté infinie de Dieu, l'idée que nous en donne le Christianisme : celui-là aime à proclamer, à la face du ciel et de la terre, qu'il n'est pas vrai, qu'il n'est pas possible qu'un seul moment le Fils de Dieu ait eu à détourner ses regards de celle qui devait être sa mère, comme d'un objet insupportable à ses yeux. Mais celui-là aussi attache à la fuite de tout péché une importance sans égale; celui-là estime, comme Marie, au-dessus de tout, le bonheur d'être en grâce avec Dieu; celui-là « veille et prie 1 » assidûment pour conserver le trésor de l'amitié divine ; celui-là s'efforce, par ses bonnes œuvres, d'en resserrer chaque jour les liens sacrés, d'en augmenter chaque jour les fruits inestimables.

O Marie ! ô bienheureuse Reine! ô Reine par excellence ! ô Reine, conçue sans péché! voilà le dernier élan de notre cœur vers vous ; voilà le dernier rayon de gloire que, sur la terre, nous ajoutons à votre couronne ! Quel bonheur pour nous de pouvoir vous dire « que le Seigneur vous a possédée, par sa grâce, dès le commencement 2 ; » que vous êtes immaculée, « toute belle, et sans tache aucune 3 ! »

Ah ! soyez, soyez toujours la Reine de nos cœurs, ô vous qui avez eu « l'honneur insigne d'être exemptée de l'anathème originel qui frappe tous les hommes 4; » et afin que l'empire vous en soit agréable, faites qu'ils s'attachent, de plus en plus, à servir Dieu avec pureté, avec ferveur. C'est pour obtenir cette grâce que nous vous disons, avec le plus d'humilité, le plus de confiance et d'amour qu'il nous est possible :



Reine conçue sans péché, priez pour nous!
Regina sine labe concepta, ora pro nobis!
_________________________________________________________________

1. Encyclique du 2 février 1849. — 2. Dionys. Carth. l, 2 de laud. V. — 3. Gen., III, 15. — 4. Ibid. — 5. Colos., I, 13. — 6. Éphés., II, 3. — 1. Marc, XIII, 33 — 2. Prov.,VIII, 22. —3. Cant., V,2; IV,7.— 4. Esth., XV,13.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Sam 18 Mar 2017, 7:25 am

Légende de la gravure.
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AGNUS DEI,  QUI TOLLIS PECCATA MUNDI,  PARCE NOBIS, DOMINE.

L'Église termine toutes les invocations en l'honneur de la très-sainte Vierge par des accents pleins d'émotion, adressés à son honorable Fils, sous le touchant emblème « de l'Agneau qui efface les péchés « du monde 1. » Et d'abord, elle nous fait envisager en lui le juge dont nous devons implorer la clémence ; « l'Agneau qui est debout au milieu d'un trône éclatant 2 ; » celui qui doit nous juger par sa croix , étendard du Fils de l'homme 3 , » signe « de mort ou de vie  4 » pour nous tous, selon que nos œuvres auront été contraires ou conformes aux saintes maximes qui en découlent.

Hélas! cette qualité de juge, nous ne l'envisageons pas avec assez de foi dans la personne adorable de notre divin Jésus. Nous aimons à le considérer sous l'image d'un bon Pasteur 5 , sous l'image d'un bon Père 6, sous l'image d'une Mère pleine de tendresse 7 ; et sans aucun doute nous le devons, puisqu'il semble se plaire à nous peindre lui-même sous ces traits, dans le saint Évangile, les richesses ineffables de sa bonté, de son amour pour nous.

Mais nous oublions que si nous ne répondons pas dignement à tant de bonté, à tant d'amour, nous n'en serons que plus coupables « d'avoir connu la vérité, et de l'avoir comme étouffée dans notre cœur 1  ; » nous oublions que plus cette bonté est grande, plus cet amour est ardent, généreux, prodigieux dans ses effets, plus nous sommes obligés d'y être sensibles ; nous oublions enfin que, si nous poussons l'ingratitude envers cet « Agneau de Dieu 2, » si doux, si aimable, si tendre envers nous, jusqu'à violer les droits absolus qu'il a sur notre volonté , sur nos affections, sur l'usage de toutes nos facultés, nous nous exposons à ne trouver en lui, dans l'autre monde, que « le lion terrible de la tribu de Juda 3, » devant lequel les réprouvés s'écrieront un jour : « Montagnes et rochers , tombez sur nous, et dérobez-nous à la vue de celui qui est assis sur le trône, et à la colère de l'Agneau 4. »

Mais quoi ! cet Agneau n'est-il pas la bonté même, la douceur même, « l'amour même 5 ?» Oh! oui, Jésus nous l'a bien prouvé ; il a fait pour nous de ces choses que les hommes ne font pas, lors même qu'ils aiment bien cordialement. Mais autant il est bon, autant il est juste, toutes ses perfections étant également infinies; et si nous rejetons le doux règne de son amour incomparable, ne faut-il pas que le règne de sa justice ait son tour, après la vie qui nous est donnée pour choisir l'un ou l'autre?

Or, « jugeons-nous…

______________________________________________________________

1. Jean, I, 29. — 2. Apoc., IV. 5; V, 6. — 3. Matth., XXIV, 30. — 4. Luc, II, 34. — 5. Luc, xv. — 6. Ibid. — 7. Matth., XXIII, 37. — 1. Rom., I, 18, 21. — 2. Jean, I, 29. — 3. Apoc., v, 5, —-4. Apoc, VI, 16. — 5. I Jean, IV, 8.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Dim 19 Mar 2017, 6:38 am

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AGNUS DEI,  QUI TOLLIS PECCATA MUNDI,  PARCE NOBIS, DOMINE.

(suite)

Or, « jugeons-nous sincèrement nous-mêmes 1 : » n'est-il pas vrai que nous sommes peu reconnaissants ? que dis-je ? n'est-il pas vrai que nous sommes ingrats, que nous traitons Jésus comme si nous ne lui devions rien, et parfois presque comme si nous avions quelque intérêt à irriter sa justice contre nous? N'est-il pas vrai que celui qu'elle frappe n'a que trop mérité son éternel malheur?...

Oui, si au sujet du mystère ineffable de l'Eucharistie l'on peut dire avec vérité, en considérant le mystère de la croix : L'amour explique l'amour ! de même en voyant d'une part les prodiges de la bonté, de la tendresse de Jésus pour les hommes, de l'autre l'indifférence, l'ingratitude abominable, obstinée, de tant de pécheurs, on peut bien s'écrier : L'Incarnation, la Rédemption, l'Eucharistie, le Ciel, expliquent assez l'enfer!...

Eh ! l'enfer lui-même, dans les vues adorables de la Providence, n'est-il pas comme un dernier moyen de forcer en quelque sorte à faire son salut celui que de plus nobles motifs laisseraient insensible?...

Mais nous qui peut-être l'avons bien des fois mérité, cet enfer, nous qui peut-être avons trop longtemps méconnu les droits de l'Agneau de Dieu sur nous, qui avons abusé de ses bienfaits, outragé son amour, ah! demandons-lui pardon de notre indigne conduite; entrons dans des sentiments profonds de douleur, à la pensée des torts si graves que nous avons à nous reprocher envers lui ; prosternons-nous à ses pieds avec « un cœur vraiment contrit, vraiment humilié 1, » en lui disant plus encore par le sentiment que par la parole:

« Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde 2, » pardonnez-nous, Seigneur ! Pardonnez-nous, ô Souverain Maître de toutes choses, ô Souverain « Juge des vivants et des morts 3, » pardonnez-nous ! Il est vrai, nous ne sommes devant vous que des ingrats , qui avons méconnu votre ineffable amour, qui avons follement dédaigné vos récompenses, comme si le ciel ne valait pas la peine de quelques efforts, et qui avons bravé votre justice, comme si la menace de ses châtiments n'était pas sérieuse. Oh! que nous sommes coupables!.....

Mais ne nous traitez pas selon notre mérite, traitez-nous selon votre clémence infinie, que nous implorons tous en nous frappant la poitrine comme le publicain pénitent 4 , et en vous disant, du fond du cœur : « Pardonnez, pardonnez à votre peuple 5; » que, par l'intercession de votre divine Mère , « votre clémence soit glorifiée en nous 6 ; » qu'en nous se vérifie cette parole du prophète Joël : « Le Seigneur a fait grâce à son peuple 7. »



Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur!
Agnus Dei qui tollis peccata mundi, parce nobis Domine!
____________________________________________________________________

1. I Cor., XI, 31. — 1. Ps, L, 9. — 2. Jean, I, 29. — 3. Actes des Ap., x, 42. — 4. Luc, XVIII, 13. — 5. Joël, II, 17. — 6. Is., xxx, 18. — 7. Joël, II, 18.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Lun 20 Mar 2017, 6:52 am

Légende de la gravure.
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AGNUS DEI, QUI TOLLIS PECCATA MUNDI, EXAUDI NOS, DOMINE.

Après avoir demandé à l'Agneau divin de nous pardonner, nous insistons et le supplions de daigner exaucer les gémissements que nous venons de pousser vers le trône de sa clémence. Le premier cri de notre cœur a été un accent de vif repentir, un accent de profonde et amère douleur. Le second est un accent d'humble prière, qui implore la bonté infinie pour obtenir une grande et très-grande faveur, de laquelle dépend notre sort éternel : Exaucez-nous, Seigneur!

L'Église ici nous fait redire Seigneur « à l'Agneau qui efface les péchés du monde 1, » pour nous pénétrer de plus en plus de la grandeur, de la majesté infinie de ce bienfaiteur incomparable que nous avons eu le malheur d'outrager, et pour nous rendre de plus en plus contrits de nos offenses. Mais c'est aussi pour nous rappeler que celui à qui s'adresse notre voix suppliante, est le maître absolu de toutes choses; « qu'il a les clefs de la mort de l'enfer 2; » et que par conséquent notre prière ne saurait être trop humble, trop fervente! Ah! que ce soit donc du fond de nos entrailles que partent ces paroles : Exaucez-nous, Seigneur! Car nous savons trop bien, hélas! que nous nous sommes rendus coupables, mais nous ne savons pas et nous ne saurons jamais avec certitude si Dieu nous a pardonné.

C'est pour cela que nous devons pleurer tous les jours nos péchés, nous efforcer tous les jours de les réparer devant le Seigneur, et tous les jours, avec une ardeur nouvelle, supplier ce Dieu tout bon de vouloir bien « oublier nos iniquités 1. » David, tout assuré qu'il était de son pardon par ces paroles du prophète Nathan : « Le Seigneur vous a remis votre péché 2, avait néanmoins son crime sang cesse devant les yeux 3; » il conjurait le Très-Haut, « de l'en purifier de plus en plus 4; la nuit même il baignait sa couche de ses larmes 5. »

Ah! que devons-nous faire, nous qui « avons commis l'iniquité 6 trop souvent hélas! et qui n'avons pas reçu de la bouche infaillible d'un prophète l'assurance de notre réconciliation avec Dieu!... Saint Paul, ce grand Apôtre qui mérita d'être ravi au troisième ciel, n'a-t-il pas dit aussi « La conscience ne me reproche rien, mais pour cela je n'ose me croire juste 7 ? » Quoi donc! cet admirable serviteur et ministre de Dieu, qui avait reçu tant de marques de sa bienveillance et de son amour, cet illustre Saint qui avait accompli des travaux sans nombre pour la gloire de son adorable Maître 8, l'incomparable saint Paul, en un mot, n'ose pas se croire juste!

Et nous, dont la vie a été si loin de ressembler à la sienne…

______________________________________________________________________

1. Jean, I, 29. — 2. Apoc., I, 18. — 1. Ps. LXXVIII, 8. — 2.  II Rois, XII, 13. — 3. Ps. L, 5. — 4. Ibid., 4. — 5. Ps. VI, 7. — 6. Ps. cv, 6. —7. I Cor., IV, 4. — 8. II Cor, XI.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Mar 21 Mar 2017, 7:03 am

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AGNUS DEI, QUI TOLLIS PECCATA MUNDI, EXAUDI NOS, DOMINE.

(suite)

Et nous, dont la vie a été si loin de ressembler à la sienne, nous qui après des péchés fort graves et fort multipliés peut-être n'avons presque rien fait pour les expier, nous vivrions comme assurés d'aller droit au ciel!... Ah! plutôt, dans quels sentiments continuels d'humilité profonde et de vive contrition ne devons-nous pas nous maintenir!

« Le sacrifice, dit Bossuet, est d'autant plus agréable que la victime est  plus noble : il ne faut donc pas douter que ce ne soit une action sans comparaison plus excellente d'humilier son esprit devant Dieu, que de mortifier son  corps pour l'amour de lui 1. » Mais à l'abaissement de notre esprit devant le Seigneur joignons la douleur sans cesse renouvelée d'avoir pu violer le saint baptême, et « fouler aux pieds en  quelque sorte le  sang 2 » adorable de cet Agneau divin qui s'est fait notre victime. « Plus nous déplorerons la misère où nous sommes tombés, plus nous nous rapprocherons du bien que nous avons perdu. Ne cessons donc jamais de répandre des larmes si fructueuses; que notre douleur, subrogée en la place d'un tourment d'une éternelle durée, imite en quelque manière sa perpétuité intolérable, en s'étendant du moins jusqu'à notre dernière agonie 3. »

O Agneau de Dieu, victime adorable, immolée en figure dès l'origine du monde 4, » dans tous ceux qui étaient offerts sous la loi mosaïque; immolée en réalité sanglante sur le Calvaire, à l'endroit même où jadis avait été enseveli Adam 1, « afin que, comme tous meurent en Adam, tous en vous reçoivent la vie 2; » ( Note de Louis : Ne pas oublier que le texte qui suit  a été publié il y a plus de 100 ans. ) immolée, depuis et sans cesse, d'une manière mystique, mais non moins réelle, sur nos autels,  où vous êtes toujours « vivant sous une apparence de mort 3, » vous prier, vous supplier de nous être propice , n'est-ce pas répondre au désir de votre cœur qui a poussé le dévouement pour nous « jusqu'à l'excès 4 ? »

Non, non, il n'est point entré dans les desseins de votre justice de nous traiter sans miséricorde, puisque c'est vous qui nous accordez la grâce de nous repentir, de vous implorer de tout notre cœur, et le désir de travailler sans relâche à expier le passé par la pénitence.

( Note de Louis : Ne pas oublier que le texte qui suit  a été publié il y a plus de 100 ans. ) Oh! vous voulez donc bien qu'en nous unissant aux augustes Pontifes et aux autres ministres de l'Église qui ne cessent de prier pour tous ses membres, à la très-sainte Vierge qui ne cesse d'intercéder elle-même pour nous tous, nous vous disions avec un sentiment d'humiliation et de douleur profondes , mais aussi avec la pleine confiance « qu'en vous priant de la sorte nous serons exaucés 5 : Dieu, « notre Sauveur, écoutez favorablement notre demande 6 : »



Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur !
Agnus Dei qui tollis peccata mundi, exaudi nos, Domine !
___________________________________________________________________

1. IIe Panégyr. de saint François de Paule, p. 203. — 2. Hébr., X, 29. — 3. Bossuet, supra, p. 196. — 4. Apoc., XIII, 8. — 1. Saint Ambroise, Origène, Tertullien, saint Athanase, saint Épiphane, saint Cyrille de Jésus. : voir Bibliothèque choisie des Pères, par Guillon, t. IX, p. 147. — 2. Origène, in Matth. — 3. Apoc, v, 6. — 4. Ephés., II, 4. — 5. Eccli., XXXIII, 4 — 6. Ps., LXIV, 6.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Mer 22 Mar 2017, 6:53 am

Légende de la gravure.
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AGNUS DEI, QUI TOLLIS PECCATA MUNDI, MISERERE NOBIS, DOMINE.

 Ici nous insistons encore pour obtenir le pardon de nos péchés, et nous conjurons l'Agneau divin d'avoir pitié de nous. Cette fois nous n'ajoutons pas le titre de Seigneur : nous voulons, pour ainsi dire, que le divin Jésus oublie sa grandeur et sa majesté, tant offensées par nous, pour ne se souvenir que de son infinie miséricorde, de cette adorable compatissance qu'il s'est donnée si vive et si tendre, en daignant « passer par toutes sortes d'épreuves 1. » Ainsi, nous faisons auprès du cœur adorable de notre divin Sauveur un dernier effort qui ne saurait rester inefficace.

N'est-ce pas, en effet, comme si nous lui disions : O vous « qui vous êtes livré à la mort pour nous 2, qui vous êtes chargé des péchés de tous les hommes 3, » ah! sans doute, nous ne méritons nullement d'être exaucés quand nous vous demandons pardon de ceux que nous avons eu le malheur de commettre; mais nous en appelons à cette pitié ineffable que vous ressentez pour nous ; sauvez-nous, sauvez-nous, Agneau divin ; sauvez-nous du moins par pure compassion, par pure miséricorde !...

Si David disait autrefois à Dieu, avec une sublime confiance basée sur un sentiment sublime de la miséricorde infinie : « Vous serez propice à mon péché, car il est bien grand 1 ; » si avant l'Incarnation et la Rédemption (mystères où a tant éclaté cette même miséricorde), il avait une idée si haute, si large, de cet abîme de bonté qui aime à se répandre sur le pécheur pénitent en rosée de grâce et de pardon, quelle idée, quels sentiments devons-nous donc avoir nous-mêmes, quand nous nous adressons à cette bonté infinie manifestée à nous dans la nature humaine d'un Dieu devenu notre victime !...

Ah ! voulons-nous comprendre quelle puissance a sur le cœur si tendre et si dévoué de cet Agneau divin tout appel à son adorable compassion ? ouvrons l'Évangile. Quel est celui, pendant sa vie mortelle, quel est celui qui lui ait dit jamais : Ayez pitié de moi! sans obtenir le succès de sa demande?

Deux pauvres aveugles le suivait en criant : « Fils de David, ayez pitié de nous! 2  » Il touche leurs yeux, et leurs yeux s'ouvrent à la lumière.

Une femme Chananéenne, dont la fille est misérablement tourmentée par le démon, crie à son tour : « Fils de David, ayez pitié de moi !  » « Qu'il vous soit fait selon votre désir, lui répond Jésus 3; » et sa fille est guérie à l'heure même.

«Ayez pitié de mon fils, lui dit un père affligé : …
_____________________________________________________________

1. Hébr., IV, 15. — 2. Éphés., v, 2. — 3.  I Jean, II, 2. —1. Ps. XXIV, 11. — 2. Matth., IX, 27. — 3. Matth., xv, 22, 28.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Louis le Jeu 23 Mar 2017, 6:39 am

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AGNUS DEI, QUI TOLLIS PECCATA MUNDI, MISERERE NOBIS, DOMINE.

(suite)

« Ayez pitié de mon fils, lui dit un père affligé : il souffre beaucoup 1. » Jésus le délivre au même instant.

Près de Jéricho, un aveugle nommé Bartimé implore aussi sa compassion : « Fils de David, ayez pitié de moi 2 ! » Jésus commande, et l'aveugle recouvre la vue.

Dix lépreux, de loin, élèvent la voix : « Jésus, notre Maître, ayez pitié de nous 3 ! »  et ils obtiennent leur guérison.

Cette sympathie admirable pour toutes les misères humaines, cette tendre compassion qui a fait dire de lui par saint Pierre « qu'il n'a semé que des bienfaits sur son passage 4, » se pourrait-il que, glorifié, Jésus eût cessé de la ressentir?


Note de Louis : A noter que les deux paragraphes suivants ont été publiés il y a plus de 160 ans :

Ah! voyez plutôt comme il se plaît à nous la témoigner de plus en plus, par le prodige continuel de l'adorable eucharistie ! Dans ce mystère ne met-il pas son sang et tous ses mérites à notre disposition? Ne s'offre-t-il pas tous les jours, et à toute heure, comme victime de propitiation pour nos péchés, et d'impétration pour toutes les grâces dont nous pouvons avoir besoin? N'y fait-il pas sans cesse pour nous le sacrifice de sa gloire, qui est comme anéantie sous d'humbles espèces; le sacrifice de sa liberté, liée en quelque sorte à la volonté de ses ministres; le sacrifice de l'action de sa justice, si souvent provoquée par les attentats des pécheurs, et suspendue par la longanimité merveilleuse de sa miséricorde ?

Voilà près de deux mille ans que cet Agneau de Dieu prolonge ainsi, sans intervalle, en ajoutant sans cesse miracle à miracle, son incomparable dévouement à notre salut ; et nous pourrions douter de la vivacité, de la tendresse, de la générosité de sa compassion pour des cœurs touchés de repentir et désireux de son amour ?... Disons-lui donc en nous abandonnant à la plus douce confiance :


« Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde 1, » ayez pitié de nous , qui sommes tant à plaindre et si indignes des regards de votre bonté. Ah ! si vous ne considériez que votre justice infinie, vous devriez frapper les ingrats qui vous ont rendu le mal pour le bien, la froideur, l'outrage pour l'amour. Mais nous implorons cette pitié, cette inépuisable miséricorde dont votre cœur surabonde envers les pécheurs pénitents ; nous implorons ce sang adorable dans lequel s'éteignent tous les « feux de la colère divine 2, » et par lequel s'opère « la rémission des péchés 3; » et pour que notre voix trouve encore plus sûrement accès auprès de vous, nous l'unissons à celle de la très-sainte Vierge, notre si bonne et si douce Mère, et par ses lèvres sacrées nous vous offrons ce pieux gémissement que l'Église place sur celles de ses enfants, à quelque condition qu'ils appartiennent :



Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous!
Agnus Dei qui tollis peccata mundi, miserere nobis !
________________________________________________________________

1. Matth., XVII, 14. — 2. Marc, x, 47. — 3. Luc, XVII, 13. — 4. Act., x. 38. — 1. Jean, I, 29.— 2. Apoc, xv, 7. — 3. Col., I, 14.

FIN.

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Re: Litanies de Notre-Dame de Lorette.

Message  Roger Boivin le Lun 19 Fév 2018, 2:28 pm


Voici ce livre :


MONUMENT À LA GLOIRE DE MARIE : LITANIES DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE ILLUSTRÉE ACCOMPAGNÉES DE MÉDITATTIONS - Par l'abbé Edouard Barthe,  Chanoine honoraire de Rodez - 1851 :

https://archive.org/stream/monumentlagloi00bart?ref=ol#page/n5/mode/2up



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