COMMENTAIRES DE SAINT JEAN CHRYSOSTÔME DE L’ÉPÎTRE AUX HÉBREUX.

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Message  ROBERT. le Sam 08 Juil 2017, 10:22 am

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"TOUS CES SAINTS SONT MORTS DANS LA FOI, N'AYANT POINT REÇU

LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




2. Les saints étaient des passants et des étrangers: comment cela ? En quel endroit Abraham fait-il cet aveu? Il a dû le faire, si l'on en juge par sa vie. Mais David l'a exprimé formellement pour lui; écoutez-le: "Je suis un passager et un étranger, comme tous mes pères"(Psaume XXXVIII, 13).   Au reste ces patriarches qui habitaient sous des tentes, qui achetaient jusqu'à leur sépulcre, étaient bien des hôtes et des étrangers, n'ayant pas même un lieu pour ensevelir leur famille.


Mais quoi ! Se disaient-ils étrangers pour la Palestine seulement ? Non, mais aussi pour le monde entier. Et c'était vrai: car ils ne voyaient, sur toute la terre, rien de ce qu'ils désiraient, mais rien que des objets absolument étrangers à leurs yeux. Ils voulaient, eux, pratiquer la vertu; ils ne trouvaient dans ce monde que le vice partout régnant. Tout ici-bas leur paraissait étranger et inconnu. Point d'amis; point d'alliés, à part quelques parents. Comment encore étaient-ils les hôtes…




SAINT JEAN CHRYSOSTÔME, ŒUVRES COMPLÈTES TRADUITES POUR LA PREMIÈRE FOIS
SOUS LA DIRECTION DE M. JEANNIN, licencié ès-lettres professeur de
Rhétorique au collège de l’Immaculée-Conception de Saint-Dizier. Bar-le-Duc. 1865,
Commentaires sur Épître aux Hébreux, Tome XI, pp. 451-599. PUBLIÉS APRÈS SA MORT,
D'APRÈS SES NOTES, PAR CONSTANTIN, PRÊTRE D'ANTIOCHE. Guérin & Cie, éditeurs, 1865

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Message  ROBERT. le Dim 09 Juil 2017, 9:53 am

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"TOUS CES SAINTS SONT MORTS DANS LA FOI, N'AYANT POINT REÇU

LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




2. (suite) Comment encore étaient-ils les hôtes et non les habitants du siècle ? C'est qu'ils n'avaient aucun souci des choses d'ici-bas, et qu'ils montraient par leurs paroles et leurs actions ce détachement parfait. Par exemple, Dieu dit à Abraham: Abandonne cette terre qui semble être ton pays, et viens dans un pays étranger (Genèse XII, 1); et lui, sans donner le baiser d'adieu à ceux de sa famille qu'il laissait, quitte sa patrie comme s'il allait quitter une terre étrangère.


Dieu lui dit: Immole-moi ton fils (Genèse XXII, 2), et il l'offrit comme s'il n'avait pas eu de fils, et il en fit l'oblation, comme si lui-même n'avait pas été revêtu de notre nature. Sa bourse appartenait à ceux qui s'approchaient de lui; la fortune était pour lui comme rien; il cédait aux autres la première place; se jetait lui-même dans les dangers, souffrait des maux infinis. il ne bâtissait pas des maisons splendides, ne cherchait pas les délices, n'avait aucun souci du vêtement ni de toutes les vanités du siècle. Mais il faisait tout pour la cité d'en-haut…




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Commentaires sur Épître aux Hébreux, Tome XI, pp. 451-599. PUBLIÉS APRÈS SA MORT,
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Message  ROBERT. le Dim 09 Juil 2017, 9:55 am

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(Hébreux XI, vv. 13-17)


Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
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3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
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2. (suite) Mais il faisait tout pour la cité d'en-haut.  On le voyait pratiquer l'hospitalité, l'amour de ses frères, l'aumône, la patience, le mépris des richesses, de la gloire et de toutes les choses présentes. Son fils partageait ses vertus: poursuivi, attaqué à main armée, il cédait, il abandonnait la contrée, s'y regardant comme sur la terre d'autrui;  car les étrangers souffrent tout, comme n'étant point du pays. Lui ravissait-on son épouse ?


Il supportait cette injure, comme étranger: encore il réservait son ardeur pour toutes les choses célestes, déployant à chaque heure la modération, le respect de lui-même, la continence. Devenu père, en effet,  il cessa de voir son épouse, qu'il avait choisie, d'ailleurs, lorsqu'il n'avait déjà plus la vigueur de la jeunesse, montrant ainsi qu'en contractant mariage, il avait obéi, non pas à la passion, mais au désir de servir à la promesse de Dieu. Que dirons-nous de Jacob ?...




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Message  ROBERT. le Dim 09 Juil 2017, 9:57 am

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ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



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1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




2. (suite) Que dirons-nous de Jacob ? Ne demandait-il pas uniquement le pain et le vêtement, qui sont bien le nécessaire des passants pauvres, des plus pauvres même parmi eux ? Poursuivi et persécuté, ne cédait-il pas ? Ne fut-il pas nécessaire ? Ne souffrit-il pas à l'infini dans sa pérégrination vagabonde ?  Par cette résignation à souffrir, les patriarches montraient assez qu'ils cherchaient une autre patrie. Mais, ô ciel ! Quel triste contraste !  Ils étaient comme la mère qui enfante dans la douleur, désireux de partir d'ici et de revenir à leur vraie patrie; et nous, au contraire, à la première fièvre, oubliant tout, éplorés commodes petits enfants, nous craignons la mort, et nous méritons vraiment d'être ainsi faibles et lâches.


En effet, bien loin de vivre ici comme les hôtes d'un jour, bien loin de nous hâter comme marchant à la patrie; nous avons l'air d'aller au supplice, nous sommes dans la douleur, parce que nous n'avons pas usé comme il faut des choses de ce monde, parce que nous avons renversé l'ordre. Aussi pleurons-nous, quand il faudrait nous réjoui; aussi tremblons-nous, comme des assassins, comme des chefs de brigands, qui, prêts à paraître en jugement, se rappellent leurs forfaits et qui en partant, craignent et frissonnent d'épouvante. Tels n'étaient pas les saints…




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Message  ROBERT. le Lun 10 Juil 2017, 11:58 am

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LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



Par Saint Jean Chrysostôme.



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1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
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3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




2. (suite) Tels n'étaient pas les saints, mais ils avaient hâte d'arriver à leur fin, mais Paul gémissait de l’attendre. Ecoutez sa parole: "Nous qui sommes dans cette tente du corps, nous gémissons sous son poids" (II Corinthiens V, 4).  Tel était Abraham et ses saints compagnons dans la vie: étrangers, selon l'apôtre, sur toute la terre, "ils cherchaient la patrie". Et quelle patrie ? Celle qu'ils avaient quittée. Non. "Qui les empêchait, en effet, d'y revenir" et d'y garder leur droit de cité ? "Ils cherchaient celle qui est dans les cieux". Ils avaient hâte de sortir d'ici, et ce sentiment les rendait si agréables à Dieu, "qu'il ne rougissait pas de s'appeler leur Dieu". Ciel ! Quelle dignité !...



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Message  ROBERT. le Lun 10 Juil 2017, 12:02 pm

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LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



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1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




2. (suite) Ciel ! Quelle dignité ! "Il lui fut agréable de s'appeler leur Dieu". Grand apôtre, que dites-vous ? Il s'appelle le Dieu du ciel et de la terre, et vous avez montré comme un titre de grandeur pour lui qu'il ne rougit pas de s'appeler leur Dieu ?  Grand honneur, certes, honneur bien grand pour eux, et qui nous prouve leur grande béatitude aussi ! Comment ?  C'est qu'on l'appelle Dieu du ciel et de la terre, comme on le nomme le Dieu des nations, parce qu'il est de toutes choses l'auteur et le créateur; mais ce nom est appliqué aux saints patriarches dans un autre sens:  "Leur" Dieu, il l'est comme on dirait "leur" meilleur ami. Je veux vous rendre cette vérité évidente par un exemple. Voyez ce qui se passe dans les grandes et riches…



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Message  ROBERT. le Lun 10 Juil 2017, 12:03 pm

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Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
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2. (suite) Voyez ce qui se passe dans les grandes et riches maisons. Leur personnel est souvent commandé par quelques serviteurs choisis parmi les autres, qui sont en grande estime, administrent tout à leur gré, jouissent de la pleine confiance de leur maître, et celui-ci emprunte leur nom. Vous en trouverez plusieurs qui acceptant cette dénomination; que dis-je d'ailleurs ? Comme on pouvait désigner le Seigneur non seulement sous le nom de Dieu des nations, mais de Dieu de toute la terre, en ce sens aussi on pouvait l'appeler le Dieu d'Abraham. Mais vous ne savez pas quelle dignité cache un tel nom, parce que, hélas ! Nous ne savons pas acquérir un semblable honneur. De même, en effet…



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Message  ROBERT. le Mar 11 Juil 2017, 10:09 am

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2. (suite) De même, en effet, qu'aujourd'hui le Seigneur est appelé le Dieu de tous les chrétiens, et que ce nom, malgré sa généralité, est bien trop honorable encore pour notre indignité, pensez au moins quelle est la grandeur d'un personnage, quand le Seigneur est appelé son Dieu, le Dieu de lui seul ! Or, le Dieu du monde entier ne rougit pas de s'appeler le Dieu de ces trois patriarches, parce qu'en effet ces trois saints avaient à eux seuls autant de valeur, je ne dis pas que ce monde terrestre seulement, mais qu'une infinité de mondes comme le nôtre! "Car", dit le Sage, "un seul homme qui fait la volonté de Dieu est meilleur que dix mille impies" (Ecclésiastique XVI, 3). Maintenant, qu'ils s'appelassent des passants…



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Message  ROBERT. le Mar 11 Juil 2017, 10:11 am

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2. (suite) Maintenant, qu'ils s'appelassent des passants dans le sens relevé que j'ai dit, la chose est évidente. Au reste, accordons un instant qu'ils se donnaient  ce titre simplement parce qu'ils habitaient un pays étranger. Mais alors répondez à David.  N'était-il pas, celui-ci, roi et Prophète ? Ne vivait-il pas dans sa patrie ?


Pourquoi donc dit-il: "Je ne suis qu'un hôte et un étranger ?" Comment expliquer ces noms ? Et il ajoute: "Comme tous mes pères". Ceux-ci, vous le voyez donc, étaient des étrangers aussi. C'est comme s'il affirmait: Nous avons une patrie, mais ce n'est pas la patrie véritable.


— Où donc êtes-vous un passant ?


— Sur la terre; lui comme eux, eux comme lui.


Soyons donc, nous aussi, comme des passagers en cas…




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1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




3. Soyons donc, nous aussi, comme des passagers en ce monde d'un jour, afin que Dieu ne rougisse pas de s'appeler notre Dieu. Car il a honte d'être appelé le Dieu des méchants; autant il est peiné d'être leur Dieu, autant il se glorifie d'être celui d'enfants honnêtes, bons, vertueux. Ne refusons-nous pas de nous laisser appeler les maîtres de serviteurs méchants ? Oui, nous les désavouons, et si l'on vient nous dire: Tel individu a commis d'innombrables méfaits, ne serait-il pas votre domestique ?


— Un "non" énergique est notre réponse; nous repoussons ce titre comme un outrage, parce qu'entre serviteur et maître, les rapports trop intimes et trop fréquents, font rejaillir sur l'un le déshonneur de l'autre: combien plus notre Dieu devra suivre cette même conduite ! Les saints patriarches avaient une si noble conduite, étaient si confiants en Dieu et si sincères, que le Seigneur, loin de rougir d'emprunter leurs noms, disait pour se désigner lui-même: "Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob" (Exode III, 6).  Ah ! Soyons, nous aussi, mes frères, de ces étrangers dans le monde, de peur que Dieu ne rougisse de nous, oui, qu'il n'en rougisse, hélas ! Jusqu'à nous livrer aux flammes de l'enfer. Ainsi furent indignes de lui ceux qui disaient…




SAINT JEAN CHRYSOSTÔME, ŒUVRES COMPLÈTES TRADUITES POUR LA PREMIÈRE FOIS
SOUS LA DIRECTION DE M. JEANNIN, licencié ès-lettres professeur de
Rhétorique au collège de l’Immaculée-Conception de Saint-Dizier. Bar-le-Duc. 1865,
Commentaires sur Épître aux Hébreux, Tome XI, pp. 451-599. PUBLIÉS APRÈS SA MORT,
D'APRÈS SES NOTES, PAR CONSTANTIN, PRÊTRE D'ANTIOCHE. Guérin & Cie, éditeurs, 1865

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Message  ROBERT. le Mer 12 Juil 2017, 10:23 am

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"TOUS CES SAINTS SONT MORTS DANS LA FOI, N'AYANT POINT REÇU

LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




3. (suite) Ainsi furent indignes de lui ceux qui disaient: "Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en votre nom ? N'avons-nous pas fait en votre nom maints prodiges ?" (Matthieu VII, 22).   Or, écoutez la réponse de Jésus: "Je ne vous connais pas !" C'est, au reste, la réponse que feraient aussi les maîtres ordinaires qui verraient s'approcher d'eux tels ou tels serviteurs méchants; ils les repousseraient comme le déshonneur même.


— Je ne vous connais pas, dira le Seigneur.


— Mais comment punissez-vous ceux que vous ne connaissez pas, ô mon Dieu ?


— Je ne vous connais plus, ai-je dit; en d'autres termes, je vous renie, je vous renvoie !


A Dieu ne plaise que nous entendions jamais cet anathème terrible et mortel ! Si des hommes qui chassaient les démons et avaient le don de prophétie, se virent reniés pour n'avoir pas mis leur conduite en harmonie avec leurs paroles, combien plus Jésus-Christ nous reniera-t-il, nous qui n'avons rien de ces grâces extraordinaires ?  Mais, direz-vous, comment est-il possible d'être ainsi renié après avoir prophétisé, fait des miracles, chassé des démons ?


― C'est que vraisemblablement plus tard ils s'étaient pervertis et dépravés…




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Commentaires sur Épître aux Hébreux, Tome XI, pp. 451-599. PUBLIÉS APRÈS SA MORT,
D'APRÈS SES NOTES, PAR CONSTANTIN, PRÊTRE D'ANTIOCHE. Guérin & Cie, éditeurs, 1865

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Message  ROBERT. le Mer 12 Juil 2017, 10:26 am

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LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)


Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




3. (suite)  — C'est que vraisemblablement plus tard ils s'étaient pervertis et dépravés, de sorte que leurs vertus précédentes leur devinrent inutiles. Car il nous faut avouer non seulement des commencements irréprochables, mais une fin plus sainte et plus belle encore. L'orateur, dites-moi, n'a-t-il pas soin de réserver pour la fin de son discours, les traits les plus brillants, afin de se retirer couvert des applaudissements de l'auditoire ? Le gouverneur d'une ville ne veut-il pas aussi terminer son administration par des faits glorieux ?


Ne faut-il pas que l'athlète se montre de plus en plus grand dans la lutte, et qu'il triomphe jusqu'à la fin, puisque, si, après avoir vaincu tous ses autres adversaires, il l'est enfin lui-même par le dernier, toutes ses victoires deviennent inutiles ? Et quand un pilote a traversé la vaste mer, s'il vient échouer au port, ne perd-il pas tout le fruit de ses peines antérieures ? Un médecin n'a-t-il pas tout perdu, si après avoir sauvé son malade, en lui administrant le dernier médicament, il lui apporte la mort ? Ainsi dans la carrière de la vertu, il faut mettre la fin d'accord avec le commencement, le début avec le terme, ou bien périr absolument, et perdre le prix comme ces écuyers qui , entrés en lice avec gloire, avec élan, avec orgueil, perdent courage en approchant du but. Voilà comme on se prive de la palme, et comme à la fin le roi ne vous connaît pas. Écoutons ceci, nous tous…




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Message  ROBERT. le Mer 12 Juil 2017, 10:29 am

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LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




3. (suite) Écoutons ceci, nous tous qui aimons l'argent, puisque c'est la passion la plus désordonnée, "puisque l'amour des richesses est la source de tous les maux" (I Timothée VI, 10).  Ecoutons donc, nous qui voulons toujours accroître, élargir nos propriétés; entendons ces avis, et brisons avec le désir d'amasser toujours; sous peine d'entendre, comme ces malheureux damnés, l'anathème du désaveu de Dieu. Prenons garde, ouvrons aujourd'hui nos oreilles pour ne pas les ouvrir trop tard alors. Ecoutons avec crainte aujourd'hui, pour ne pas écouter avec le châtiment alors, ce redoutable arrêt:  "Retirez-vous de moi, je ne vous ai jamais connus" (Matthieu VII, 23), lors même que vous faisiez des prophéties et que vous chassiez les démons. L'Ecriture, au reste, nous fait entendre…



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Message  ROBERT. le Jeu 13 Juil 2017, 9:54 am

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LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




3. (suite) L'Ecriture, au reste, nous fait entendre aussi très probablement que certains prédicateurs comme ceux-là, menaient dès le début une vie criminelle; dans les commencements du christianisme, la grâce opérait même par d'indignes ministres. Si elle a opéré en effet par Balaam, combien plutôt, dans l'intérêt de ceux qu'ils devaient gagner, Dieu daigna employer d'indignes instruments. Toutefois, ni les miracles, ni les prodiges ne purent leur éviter le supplice.


Et c'est pourquoi, en vain un mortel aurait été revêtu de la dignité sacerdotale, en vain serait-il parvenu aux plus hauts sommets de la hiérarchie, en vain la divine grâce l'aurait consacré par l'imposition des mains pour répartir toutes les faveurs de Dieu sur ceux qui ont besoin de la défense et de la protection céleste; lui aussi devrait entendre un jour: Je ne t'ai jamais connu, pas même au jour où ma grâce opérait par toi ! Ciel ! Quelle redoutable enquête sur la pureté…




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Message  ROBERT. le Jeu 13 Juil 2017, 9:57 am

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LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




3. (suite) Ciel ! Quelle redoutable enquête sur la pureté de conduite doit se faire dans l'autre vie ! Comme, à elle seule, cette pureté suffirait pour nous ouvrir le royaume des cieux ! Comme au contraire, lorsqu'elle manque, c'est assez pour que nous soyons livrés au supplice, quand bien même nous pourrions montrer par milliers les prodiges et les miracles. Il n'est rien, pour combler de joie le cœur de Dieu, comme une conduite de vie irréprochable.


Il ne dit pas: "Si vous m'aimez", faites des prodiges; mais quoi ! que dit-il ? "Observez mes commandements" (Jean XIV, 15).  Et ailleurs: "Je vous appelle mes amis", non pas quand vous chassez les démons, "mais si vous gardez mes paroles" (Jean XV,10).  Les miracles sont un pur don de Dieu, les vertus sont à la fois dons de Dieu et œuvres de notre bon vouloir et de notre application. Empressons-nous de gagner l'amitié de Dieu…




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Message  ROBERT. le Jeu 13 Juil 2017, 9:59 am

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LES BIENS PROMIS, MAIS LES VOYANT ET COMME LES SALUANT DE LOIN,

ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse


1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
— Détachement et vertus d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, surtout en face de notre lâcheté qui ne sait ni vivre ni mourir.
— En quel sens Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Magnifique développement de ce mot: "leur Dieu".
3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
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3. (suite) Empressons-nous de gagner l'amitié de Dieu, et ne persévérons pas dans son inimitié. Voilà ce que nous ne cessons de vous dire; voilà un avis que nous nous adressons toujours à nous comme à vous-mêmes; mais tous nos efforts sont stériles. Et c'est pourquoi je crains. Volontiers j'aurais gardé le silence, pour ne pas augmenter encore vos dangers. Car toujours entendre et ne jamais pratiquer, c'est irriter Dieu. Mais, si je me tais, je dois redouter un autre danger de mon silence; puisque le ministère de la parole m'a été confié. Que ferons-nous donc pour être sauvés ? Commençons le travail de la vertu, pendant que nous avons le temps.


Divisons ce saint travail des vertus à acquérir, comme le laboureur fait pour les travaux des champs. Attaquons, durant ce mois, l'esprit de médisance et d'outrage ainsi que l'injuste colère; imposons-nous une loi, disons: Aujourd'hui nous ferons chrétiennement telle œuvre. Dans un autre mois, formons-nous à la patience; dans un troisième, pratiquons telle autre vertu, et quand nous l'aurons conquise jusqu'à en posséder l'habitude, abordons une vertu nouvelle; toujours, comme à l'école, conservant l'acquis et gagnant tous les jours. Après cette conquête, abordons celle du mépris…




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Message  ROBERT. le Jeu 13 Juil 2017, 10:01 am

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ET CONFESSANT QU'ILS ÉTAIENT ÉTRANGERS ET VOYAGEURS SUR CETTE TERRE"

(Hébreux XI, vv. 13-17)



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1. et 2. L'orateur, contre son ordinaire, commence par une instruction morale, bien qu'il doive finir encore par une homélie de même espèce.
— Différence entre les saints et nous; notre attachement à la terre; nos vices, condamnés même par nos complices.
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3. La persévérance est nécessaire si nous ne voulons entendre le terrible nescio vos.
— Elle l'est tellement que les prêtres, les évêques même, sans la sainteté personnelle, doivent plus que personne redouter ce terrible arrêt.
— Moyen de persévérance et de conquête pour la vertu. Se proposer d'en gagner une par mois, et aller de l’une à l'autre, pas à pas, avec humilité et courage.




3. (suite) Après cette conquête, abordons celle du mépris de l'argent. Il faudra commencer par désaccoutumer nos mains de l'avarice et de la cupidité, pour les dresser ensuite à faire l'aumône. N'allons pas, en effet, confondre au hasard le vice et la vertu, jusqu'à faire servir les mêmes mains au vol et à la charité. Cette vertu étant gagnée, allons à une autre, et toujours ainsi que l'une nous mène à l'autre. "Que les choses honteuses, les discours ineptes ou boutons ne soient pas même nommés parmi vous" (Éphésiens V, 4).  Ne cessons pas de progresser dans le bien. Il ne faut , pour cela, ni dépense, ni fatigue, ni sueur: il suffit de vouloir, et tout est fait.


Il n'est point nécessaire d'entreprendre un long voyage, ni de traverser une mer immense; il n'est besoin que d'un peu d'application, d'un peu de ferveur. Ainsi l'on impose un frein à sa langue et l'on prévient des paroles maladroites et méchantes; ainsi l'on déracine de son âme, la colère, l'impureté, la prodigalité, la cupidité, les parjures, les serments inutiles et continuels. Si nous cultivons ainsi le champ de notre cœur, arrachant d'abord les épines, et jetant ensuite la semence céleste, nous pourrons conquérir les biens promis. Puissions-nous les gagner tous par la grâce et la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc.


Elle est grande, en effet, la foi d’Abraham…




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Re: COMMENTAIRES DE SAINT JEAN CHRYSOSTÔME DE L’ÉPÎTRE AUX HÉBREUX.

Message  ROBERT. le Ven 14 Juil 2017, 10:29 am

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"C'EST PAR LA FOI QU'ABRAHAM OFFRIT SON FILS ISAAC,

LORSQUE DIEU LE VOULUT TENTER, ET QU'IL LUI OFFRIT SON FILS UNIQUE,

LUI QUI AVAIT REÇU LES PROMESSES DE DIEU".

(Hébreux XI, vv. 17-19)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse.


1. L'orateur, suivant à la lettre trois phrases de saint Paul, fait ressortir avec éclat la foi d'Abraham, foi dans sa vocation, foi dans le sacrifice d'Isaac.
2. Source de tous les biens, la vertu nous met au-dessus de tons les maux: chrétiennement parlant surtout, il vaut mieux souffrir une injustice que de la commettre.
3. La vérité nous enseigne le respect de notre dignité. — C'est s'abaisser que de répondre à une injure.
4. Le respect de notre dignité nous défend de pactiser avec un chrétien criminel; nous ne devons pas même accepter sa table elle est souillée. — Idées neuves et hardies.




1. Elle est grande, en effet, la foi d'Abraham. Jusqu'ici Abel, Enoch, Noé, n'ont eu qu'à combattre leur raison, n'ont dû abaisser et vaincre que le raisonnement humain. Abraham, au contraire, doit non seulement triompher de toutes les raisons que suggère à l'homme son intelligence, mais montrer une foi plus étonnante encore. Pour lui, les promesses de Dieu semblent combattre les ordres de Dieu, la foi est aux prises avec la foi, Dieu avec Dieu. Rappelons-nous un premier exemple. Le Seigneur lui a dit: "Sors de ta patrie et de ta  famille, et je te donnerai cette terre" (Genèse XII, 1); et loin de lui accorder un héritage en ce pays, il ne lui en donna pas même l'espace que mesure le pas d'un homme. Voyez-vous comme l'événement contredit la promesse ?


— Une seconde fois Dieu lui dit: "C'est en Isaac que votre postérité vivra". (Genèse XXI, 12). Abraham le croit, quand tout à coup Dieu donne cet ordre: Sacrifie-moi ce fils, dont la postérité devait remplir le monde entier. Voyez-vous cette contradiction entre l'ordre donné et les promesses ? Oui, Dieu commande tout le contraire de ce qu'il a promis, et cependant ce juste ne sourcille pas, et ne répond pas qu'on l'a donc trompé ! Vous autres chrétiens, vous ne pouvez pas…




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Re: COMMENTAIRES DE SAINT JEAN CHRYSOSTÔME DE L’ÉPÎTRE AUX HÉBREUX.

Message  ROBERT. le Ven 14 Juil 2017, 10:31 am

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"C'EST PAR LA FOI QU'ABRAHAM OFFRIT SON FILS ISAAC,

LORSQUE DIEU LE VOULUT TENTER, ET QU'IL LUI OFFRIT SON FILS UNIQUE,

LUI QUI AVAIT REÇU LES PROMESSES DE DIEU".

(Hébreux XI, vv. 17-19)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse.


1. L'orateur, suivant à la lettre trois phrases de saint Paul, fait ressortir avec éclat la foi d'Abraham, foi dans sa vocation, foi dans le sacrifice d'Isaac.
2. Source de tous les biens, la vertu nous met au-dessus de tons les maux: chrétiennement parlant surtout, il vaut mieux souffrir une injustice que de la commettre.
3. La vérité nous enseigne le respect de notre dignité. — C'est s'abaisser que de répondre à une injure.
4. Le respect de notre dignité nous défend de pactiser avec un chrétien criminel; nous ne devons pas même accepter sa table elle est souillée. — Idées neuves et hardies.




1. (suite) Vous autres chrétiens, vous ne pouvez pas prétendre que Dieu vous ait promis la tranquillité et qu'il vous ait donné l'affliction; Dieu, pour vous, accomplit ce qu'il vous a prédit; et comment ?  Ecoutez-le: "Vous aurez l'affliction dans ce monde. Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n'est point digne de moi. Celui qui ne hait pas sa vie ne la trouvera point; celui qui ne renonce pas à vous ses biens pour me suivre, n'est pas digne de moi. Vous serez conduits à causé de moi devant les rois et les préfets. Les ennemis de l'homme se trouveront surtout dans sa famille" (Jean, XVI, 33; Matthieu X, 38; 18; 36;  Luc XIV, 26; 33).  


Et de fait, ici-bas; tout est affliction; ailleurs, c'est-à-dire dans la vie future, sera la paix et le repos. Abraham, au contraire, reçut l'ordre de faire lui-même tout l'opposé des divines promesses; et dans cette position si étrange, il n'éprouve ni trouble, ni hésitation, ni même la tentation de se croire trompé. En revanche, vous êtes bouleversés, alors que vos épreuves n'ont rien de contraire aux promesses de Dieu. Le patriarche entend un langage qui dément…




SAINT JEAN CHRYSOSTÔME, ŒUVRES COMPLÈTES TRADUITES POUR LA PREMIÈRE FOIS
SOUS LA DIRECTION DE M. JEANNIN, licencié ès-lettres professeur de
Rhétorique au collège de l’Immaculée-Conception de Saint-Dizier. Bar-le-Duc. 1865,
Commentaires sur Épître aux Hébreux, Tome XI, pp. 451-599. PUBLIÉS APRÈS SA MORT,
D'APRÈS SES NOTES, PAR CONSTANTIN, PRÊTRE D'ANTIOCHE. Guérin & Cie, éditeurs, 1865

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Message  ROBERT. le Ven 14 Juil 2017, 10:35 am

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"C'EST PAR LA FOI QU'ABRAHAM OFFRIT SON FILS ISAAC,

LORSQUE DIEU LE VOULUT TENTER, ET QU'IL LUI OFFRIT SON FILS UNIQUE,

LUI QUI AVAIT REÇU LES PROMESSES DE DIEU.

(Hébreux XI, vv. 17-19)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse.


1. L'orateur, suivant à la lettre trois phrases de saint Paul, fait ressortir avec éclat la foi d'Abraham, foi dans sa vocation, foi dans le sacrifice d'Isaac.
2. Source de tous les biens, la vertu nous met au-dessus de tons les maux: chrétiennement parlant surtout, il vaut mieux souffrir une injustice que de la commettre.
3. La vérité nous enseigne le respect de notre dignité. — C'est s'abaisser que de répondre à une injure.
4. Le respect de notre dignité nous défend de pactiser avec un chrétien criminel; nous ne devons pas même accepter sa table elle est souillée. — Idées neuves et hardies.




1. (suite) Le patriarche entend un langage qui dément une prophétie heureuse; et il entend se contredire l'auteur même de la promesse; il ne se trouble pas, il va obéir, comme si tout s'accordait. C'est qu'en effet l'accord existait: les deux paroles divines se combattaient selon l'humaine raison; mais la foi les mettait d'accord. Et comment ?  L'apôtre lui-même nous l'a enseigné, en disant: "Abraham était persuadé que Dieu pouvait le ressusciter d'entre les morts", comme s'il disait: La même foi qui lui fit croire que Dieu lui donnerait son enfant encore dans le néant, lui persuadait que Dieu le ressusciterait d'entre les morts; il était certain que son fils même immolé revivrait.


A n'écouter que la raison humaine, les deux faits étaient, tout simplement, également incroyables: l'un qui lui annonçait qu'un fils naîtrait d'un sein épuisé par la vieillesse, déjà mort, et tout à fait infécond; l'autre qui lui montrait la résurrection possible de sort fils immolé. Or, il crut les deux choses avec une égale fermeté, parce que la foi au premier événement préparait à la croyance au second miracle. Toutefois, remarquez une circonstance…




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Message  ROBERT. le Sam 15 Juil 2017, 10:21 am

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(Hébreux XI, vv. 17-19)



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1. L'orateur, suivant à la lettre trois phrases de saint Paul, fait ressortir avec éclat la foi d'Abraham, foi dans sa vocation, foi dans le sacrifice d'Isaac.
2. Source de tous les biens, la vertu nous met au-dessus de tons les maux: chrétiennement parlant surtout, il vaut mieux souffrir une injustice que de la commettre.
3. La vérité nous enseigne le respect de notre dignité. — C'est s'abaisser que de répondre à une injure.
4. Le respect de notre dignité nous défend de pactiser avec un chrétien criminel; nous ne devons pas même accepter sa table elle est souillée. — Idées neuves et hardies.




1. (suite) Toutefois, remarquez une circonstance: Abraham vit d'abord le fait heureux de cette naissance bénie; l'épreuve et le malheur suivirent et éprouvèrent sa vieillesse. C'est là ce qu'il faut faire observer à ceux qui osent dire: Dieu ne nous a promis le bien qu'après notre mort seulement; peut-être nous a-t-il trompés ! On nous révèle ici que Dieu peut ressusciter même d'entre les morts. Que s'il a cette puissance de rappeler de la mort même, il peut aussi remplir tous ses engagements.


Et si Abraham, il y a tant de siècles, a cru que Dieu possède ce pouvoir de ressusciter d'entre les morts, combien plus devons-nous en être assurés ! Voyez-vous ici la preuve de ce que j'ai avancé déjà, c'est-à-dire, qu'à peine la mort était-elle entrée dans le monde, aussitôt Dieu jeta dans, !e cœur de l'homme l'espérance de la résurrection, et qu'il lui en donna la persuasion certaine, à ce point que recevant l'ordre d'immoler un enfant, dont il croyait que la postérité remplirait le monde, Abraham était prêt à accomplir ce sacrifice ? Une autre leçon nous est donnée par ce texte…




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Message  ROBERT. le Sam 15 Juil 2017, 10:23 am

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(Hébreux XI, vv. 17-19)



Par Saint Jean Chrysostôme.



Analyse.


1. L'orateur, suivant à la lettre trois phrases de saint Paul, fait ressortir avec éclat la foi d'Abraham, foi dans sa vocation, foi dans le sacrifice d'Isaac.
2. Source de tous les biens, la vertu nous met au-dessus de tons les maux: chrétiennement parlant surtout, il vaut mieux souffrir une injustice que de la commettre.
3. La vérité nous enseigne le respect de notre dignité. — C'est s'abaisser que de répondre à une injure.
4. Le respect de notre dignité nous défend de pactiser avec un chrétien criminel; nous ne devons pas même accepter sa table elle est souillée. — Idées neuves et hardies.




 1. (suite)  Une autre leçon nous est donnée par ce texte que rappelle saint Paul: "Dieu tenta la foi d'Abraham". Quoi donc ? Dieu ignorait-il le courage et la droiture de ce grand homme ? Il les connaissait assurément. Dès lors, pourquoi les mettre a l'épreuve ?  Ce n'était pas pour apprendre lui-même la vertu du patriarche, mais pour en révéler au monde l'étonnante grandeur. L'apôtre montre encore aux Hébreux une des causes de nos épreuves, afin qu'ils n'aillent pas regarder la tentation comme une marque d'abandon de Dieu. De nos jours, la tentation ne peut manquer à personne. Un nombre infini de persécuteurs nous tendent des pièges de toutes parts; mais alors ces persécutions n'existaient pas: si donc l'épreuve n'était utile, pourquoi en imaginer une pour ce patriarche ? Car cette tentation d'Abraham lui vint directement par ordre de Dieu.


Jusque-là sa Providence se contentait de les permettre; à cette heure, elle les commandait elle-même. Si donc la tentation est tellement l'école des parfaits, que Dieu, sans autre motif, veut ainsi exercer ses champions favoris, à bien plus forte raison devons-nous maintenant supporter tout avec courage. Saint Paul s'exprime ici avec quelque emphase, lorsqu'il dit que ce fut "par la foi qu'il offrit Isaac, lorsque Dieu voulut le tenter"; il n'avait pas d'autre cause pour se déterminer à un pareil sacrifice. Et poursuivant son idée: on ne pouvait prétendre…




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Message  ROBERT. le Sam 15 Juil 2017, 10:25 am

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(Hébreux XI, vv. 17-19)



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Analyse.


1. L'orateur, suivant à la lettre trois phrases de saint Paul, fait ressortir avec éclat la foi d'Abraham, foi dans sa vocation, foi dans le sacrifice d'Isaac.
2. Source de tous les biens, la vertu nous met au-dessus de tons les maux: chrétiennement parlant surtout, il vaut mieux souffrir une injustice que de la commettre.
3. La vérité nous enseigne le respect de notre dignité. — C'est s'abaisser que de répondre à une injure.
4. Le respect de notre dignité nous défend de pactiser avec un chrétien criminel; nous ne devons pas même accepter sa table elle est souillée. — Idées neuves et hardies.




1. (suite) Et poursuivant son idée: on ne pouvait prétendre, dit-il, que ce patriarche eût un autre fils, dans lequel il attendît l'accomplissement des promesses, et que cette pensée lui donnât plus de confiance à offrir Isaac; "car c'était son fils unique qu'il sacrifiait, c'était celui qui avait obtenu les promesses de Dieu". Comment, son fils unique? Et Ismaël, de qui donc était-il fils ?


— C'était, vous dis-je, son fils unique pour ce qui regardait les promesses. Aussi après avoir rappelé son nom d'Isaac, l'Ecriture ajoute "son unique enfant", montrant que c'était de lui qu'il avait été dit: "La race qui portera votre nom, sera celle qui naîtra d'Isaac".


Voyez-vous combien saint Paul admire la foi du saint patriarche ? Dieu lui a dit, remarque-t-il, qu'Isaac seul continuera sa race; et ce fils, il l'offre en sacrifice. Mais peut-être va-t-on s'écrier qu'il fait là un acte de désespoir, et qu'en exécutant cet ordre, il abjure sa foi ? Non, car l'apôtre nous enseigne que la foi lui inspire ce courage; il nous répète qu'il ne cesse d'avoir foi à cette seconde prophétie de Dieu, bien qu'elle partit contredire une prophétie précédente. Cette contradiction, en effet, n'existait pas. Abraham qui ne mesurait pas la puissance de Dieu sur les raisonnements humains, s'en rapportait en tout à la foi seule. Aussi saint Paul n'a pas craint de dire que le patriarche supposait à Dieu assez de puissance pour ressusciter un mort. "Et ainsi", conclut-il, "Isaac lui fut rendu comme en figure"…




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Message  ROBERT. le Dim 16 Juil 2017, 10:43 am

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1. L'orateur, suivant à la lettre trois phrases de saint Paul, fait ressortir avec éclat la foi d'Abraham, foi dans sa vocation, foi dans le sacrifice d'Isaac.
2. Source de tous les biens, la vertu nous met au-dessus de tons les maux: chrétiennement parlant surtout, il vaut mieux souffrir une injustice que de la commettre.
3. La vérité nous enseigne le respect de notre dignité. — C'est s'abaisser que de répondre à une injure.
4. Le respect de notre dignité nous défend de pactiser avec un chrétien criminel; nous ne devons pas même accepter sa table elle est souillée. — Idées neuves et hardies.




1. (suite) "Et ainsi", conclut-il, "Isaac lui fut rendu comme en figure". Et comment ?  C'est qu'un bélier fut immolé, et Isaac sauvé. Il le retrouva donc, grâce à ce bélier qu'il sacrifia en sa place. Tout cela était une figure prophétique du Fils de Dieu qui a été immolé pour nous.


Or, considérez avec moi la bonté infinie de Dieu. ! S'agissait de donner aux hommes une grâce admirable; Dieu n'en veut pas faire le don à titre gratuit, il préfère paraître acquitter une dette. Il détermine donc l'homme à sacrifier son fils, pour le bon plaisir de Dieu, afin de n'avoir pas l'air, ce grand Dieu, de faire beaucoup, lorsqu'il livrera, lui aussi, son Fils adorable; de sorte que l'homme lui ayant donné l'exemple le premier, Dieu ne semble plus faire une grâce, mais payer une dette.  Ainsi agissons-nous, nous aussi, à l'égard de nos amis:  nous voulons recevoir d'eux n'importe quel présent, pour avoir le droit de leur tout donner; afin d'être ainsi plus fiers d'avoir été obligés, que d'avoir été nous-mêmes généreux; aussi ne disons-nous pas alors: Je lui ai donné ceci mais: J'ai reçu de lui tel présent.


Le patriarche, dit l'apôtre, le reçut donc en figure, le retrouva grâce à une victime représentative, par ce bélier qui était comme la figure d'Isaac; ou bien encore, il le retrouva après une mort figurée et représentée en son fils bien-aimé; car ce père étonnant avait consommé son sacrifice dans sa volonté, et, dans son cœur, avait immolé Isaac, qui lui fut rendu en récompense de ce courage. Voyez-vous démontrée ici la vérité que j'aime…




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Message  ROBERT. le Dim 16 Juil 2017, 10:45 am

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3. La vérité nous enseigne le respect de notre dignité. — C'est s'abaisser que de répondre à une injure.
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2. Voyez-vous démontrée ici la vérité que j'aime à redire toujours ? Oui, quand nous avons fait preuve d'une bonne volonté parfaite, quand nous avons montré le mépris des choses terrestres, alors, et pas auparavant, Dieu nous donne les biens de la terre; il ne veut pas que déjà trop liés à ce bas monde, nous y soyons plus attachés encore en recevant trop vite un tel présent. Brisez vos fers avant tout, semble-t-il dire, et puis vous recevrez, et mon présent ne vous sera pas fait comme à un esclave, mais comme à un homme maître de soi. Méprisez les richesses, et vous serez riche. Méprisez la gloire, et vous serez glorieux. Méprisez le repos et la tranquillité, et l'un et l'autre vous seront donnés; et en les recevant, vous ne les accepterez pas par grâce comme un captif, ou comme un esclave, mais comme un homme libre. Quand un petit enfant désire quelques jouets…



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