L'INFAILLIBILITÉ

Page 1 sur 5 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Dim 07 Aoû 2016, 2:12 pm

L'INFAILLIBILITÉ

_____________

PAR
L'AUTEUR
DE LA
RESTAURATION
FRANÇAISE


Antoine Blanc de Saint Bonnet


_____________________________________

PARIS  
E. DENTU, LIBRAIRIE-ÉDITEUR
Palais-Royal, galerie d'Orléans, 13.
GAÛME FRÈRES ET J. DUPREY.
Librairie-éditeur, rue Cassette. 1861.
____




LETTRE DU R. P. MODENA, SECRÉTAIRE
LA SACRÉE CONGRÉGATION DE L'INDEX,
TRANSMISE A L'AUTEUR DE CE LIVRE
PAR
Mgr FRANSONI, ARCHEVÊQUE DE TURIN
____


Monsieur et cher ami ,

Je reçois du Révérendissime Père Modena , secrétaire de la Sacrée Congrégation de l'Index, une lettre précieuse où je lis ce qui suit : Je m'empresse et me fais un honneur de répondre de tout mon pouvoir au désir de Votre Excellence Révérendissime, et de favoriser d'un témoignage qui ait autorité M. Blanc de Saint-Bonnet, l'auteur remarquable du livre intitulé : « l'Infaillibilité «. J'en ai confié et chaleureusement recommandé l'examen à un savant Théologien , également versé dans les doctrines de la philosophie ancienne et de la philosophie moderne, possédant en outre une connaissance parfaite de la langue française. Voici en peu de mots son jugement impartial, que j'aime à vous transmettre textuellement :

« Ayant examiné le livre de Infaillibilité avec toute l'attention possible, j'éprouve comme un devoir d'attester que, non-seulement je n'y ai découvert aucune erreur , ni aucun défaut  au sujet de la Foi , mais que, sous ce rapport,  je n'y ai trouvé que matière aux plus hauts  éloges. L'ouvrage, à mon avis, ferait honneur  à quelque théologien que ce fût : et d'autant  plus qu'il est écrit de manière à intéresser et à ce convaincre même les gens du monde.  Arrivant à démontrer l'infaillibilité du Souverain Pontife, l'auteur déploie la Thèse catholique avec tous les arguments intrinsèques et extrinsèques , théologiques et philosophiques  présentés jusqu'à nos jours : mais en y ajoutant souvent de son propre fonds des raisons ce et des réflexions qui dénotent en lui une sagacité rare et une intelligence tout à fait hors  ligne.  Rome , 22 mai 1860. «

J'ai hâte de vous faire part d'un Document qui vous fera autant de plaisir qu'à moi-même; et, vous en félicitant de tout mon cœur, je vous prie, Monsieur, d'agréer l'expression de la considération la plus distinguée de Votre très-dévoué et affectionné serviteur,  Louis, Archevêque de Turin. Le 10 juin 1860.

A suivre...

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Lun 08 Aoû 2016, 8:04 am

AVANT-PROPOS.
______


L'Europe se précipite vers une crise nouvelle, personne ne peut plus le nier. Des principes qu'on se flattait de contenir , inondent maintenant les États, et menacent les Sociétés modernes d'une dissolution. Il est naturel de porter nos regards vers les lois qui les ont fondées, de chercher dans ces lois les chances de salut qu'elles peuvent offrir. Le Christianisme opéra une révolution dans le monde , il substitua l'Église à l'État en ce qui concerne notre âme. Il mit la force morale à la place de la contrainte politique : et c'est ce qu'on nomme la Civilisation moderne. Les hommes veulent à cette heure substituer l'État à l'Église. Ils veulent remplacer l'ordre moral par l'ordre politique : et c'est ce qu'on appelle la Révolution.

Le Christ délivrait l'homme, la conscience recevait le sceptre du monde. Ici , rien ne pénètre dans l'ordre politique, qui ne découle de l'ordre moral , c'est-à-dire de la conscience. Mais dans le fait nouveau , rien ne pénétrera au sein de l'ordre moral, qui ne dérive de l'ordre politique, c'est-à-dire de la contrainte. Les Princes avaient les peuples, ils veulent avoir les âmes : de là on les appelle souverains absolus. Mais Jésus-Christ étant venu racheter l'homme, on ne ravira plus sa liberté, on détruira le monde.

Les hommes ont-ils bien conscience de la révolution qu'ils veulent accomplir ? Laisseront-ils périr le droit d'où la logique et d'où l'histoire ont fait découler tous les droits? Laisseront-ils la force reconquérir la conscience , le droit de l'homme prendre la place du droit de Dieu? Si l'homme est libre , il ne doit obéir qu'à Dieu , de qui toute justice et toute autorité découlent ; si l'homme est libre, il a droit à la vérité...

La question de la vérité est au fond de toutes les autres. La pensée et la loi, le droit, la Société entière ne sont en peine que d'un fait , ne cherchent éternellement qu'une chose , la vérité. Il faut une raison dernière : si elle n'est pas morale, elle sera politique, ainsi que dans l'Antiquité. Ce qui ne se fera plus par la Foi , se fera par la loi. Otez l'Infaillibilité, les tyrans la remplacent. Les libertés, les lois, les dynasties, la Civilisation entière ne peut avoir qu'un point d'appui en dehors de la force , à savoir la force morale , la force de la vérité. La question de nos droits, de notre conscience , la question de la vérité est au fond de tous nos problèmes , et constitue la base de notre inviolabilité... La confusion arrive au comble : il faut qu'une affirmation se pose en face de la Révolution ! Cette affirmation ne peut être donnée que par la vérité , et la vérité elle-même que par l'Infaillibilité.

A suivre...

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Mar 09 Aoû 2016, 9:39 am

AVANT-PROPOS.
______


Dès qu'on ôte à la Société le moyen de reconnaître la justice et la vérité, le Pouvoir, aussi bien que l'esprit de l'homme, n'a plus de règle que sa propre pensée : dès lors , sur la terre , plus de souveraineté de droit ; dès lors, plus d'obligation d'obéir, l'ordre social devient logiquement impossible. L'Infaillibilité est le pivot de toutes les questions chez les hommes : c'est le point d'appui dont parlait Archimède... Il faut qu'on sache où est la vérité , autrement on ignore où est le droit , où est la loi , où sont les mœurs , où est la Société, et les hommes en cherchent les principes à travers des révolutions et des déchirements sans fin. Quatre droits tenaient debout l'Europe : l'Infaillibilité, la royauté, l'hérédité, et la propriété. Quatre erreurs les ont successivement ébranlés : le gallicanisme, le libéralisme, le républicanisme, et le socialisme.

Le gallicanisme, en attribuant les droits du Saint-Père aux membres du Concile et aux rois ; le libéralisme, en attribuant ceux du Roi aux assemblées et à la foule ; le républicanisme, en renversant, au nom de droits prétendus innés, les droits acquis , issus du mérite de l'homme; et le socialisme, en distribuant le capital à ceux qui n'en ont point créé. Car celui-là vint renverser l'hérédité morale dans l'Aristocratie, qui n'est que le développement social de la famille, et celui-ci, convertir en droit public le droit essentiellement personnel de la propriété, qui est la royauté de l'individu. C'est d'en haut qu'est parti le mal. Une fois la cognée dans l'arbre, elle suivra le fil du bois...

Le gallicanisme fut l'erreur des classes les plus élevées, le libéralisme fut celle des classes intermédiaires, et le socialisme, celle des classes inférieures : chacun s'est emparé du droit qui confinait au sien. Frappé à la racine, le tronc s'est incliné , et la foule s'est précipitée sur les branches. Comment rétablir la propriété sans rétablir l'hérédité? l'hérédité, sans rétablir la Royauté? la Royauté, sans rétablir l'Infaillibilité, qui est la royauté de Dieu ? Si le mal est venu d'en haut , c'est d'en haut qu'on doit le bannir ! Les droits se tiennent; le champ du laboureur et le trône du roi , l'épargne du manœuvre et les fonds du banquier, le palais comme la chaumière n'ont que le même fondement : rien ne repose que sur le droit, rien n'est garanti que par Dieu. En défendant le Droit chrétien, c'est l'homme, c'est notre Civilisation que le Pape défend à cette heure. En brisant son pouvoir, l'Europe briserait son droit, elle s'abdiquerait elle-même.

A suivre...

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Mer 10 Aoû 2016, 9:43 am

AVANT-PROPOS.
______


Le gallicanisme fut le protestantisme des trônes, le schisme fut la révolution des Rois. On entama le droit de Dieu, on vit tomber dès lors le droit qui se rapporte à l'homme. Mais le trouble où les événements surprennent la plupart des hommes explique leur imprévoyance. Ils croyaient ne poursuivre qu'un fait; ils s'aperçoivent qu'ils ont poursuivi le Principe , et que la destruction arrive jusqu'à eux. C'est l'Église , c'est le cœur de la Civilisation qui est atteint, c'est l'homme que l'on va renverser... Que les classes qui fondèrent la Société , cet édifice auguste de l'obéissance, songent à la relever aujourd'hui sur sa pierre angulaire, sur la pierre posée par Jésus- Christ !

L'homme n'obéit qu'à deux lois , qui se suppléent toujours, celle de la conscience ou celle de la force : et même avant le Christianisme il ne connut que la seconde, celle dans laquelle il retombe dès que l'autre s'évanouit. Il faudra s'asseoir, en définitive, sur la morale ou sur la force ; mais si l'on choisit la première , il faut bien la prendre à sa Source! La logique ne connaît pas les transactions ; chassée d'un terme, elle va se replacer dans l'autre... Voyez, cherchez, il n'existe que ces deux lois ; et quand il s'agit de fonder un édifice comme celui de notre Civilisation , il faut traverser les terres mouvantes, il faut arriver sur le Roc. Et qu'est-ce, d'ailleurs, que l'Eglise, si non le droit de Dieu introduit chez les hommes? et la Révolution, sinon le droit de l'homme affranchi du contrôle de Dieu? Et qu'est-ce qu'un tel droit, sinon le retour à la barbarie ?

L'obéissance, comme la loi, ne peut descendre que de Dieu : il importe dès lors que le lien , que le droit divin soit visible. Dès que le souverain le brise, il perd autant qu'il est en lui le droit de commander, la conscience le devoir d'obéir; du même coup s'évanouissent aux yeux des hommes le Pouvoir et l'obéissance. Ne sont-ce pas nos lois, et les peuples sont-ils des mystiques parce qu'ils suivent la conscience qu'on leur fait? Le principe a fléchi, et les Empires se sont affaissés : conturbatœ sunt gentes, et inclinata sunt régna... On a coupé l'obéissance à sa racine, et la moindre se cousse a fait tomber les Rois. Quelques hommes, à Naples, ont renversé ces jours derniers une nation de neuf millions d'âmes. Il y a treize ans, des insurgés à peine plus nombreux renversèrent en quelques heures le plus puissant État ; le lendemain trente-six millions de Français se mettaient à leurs pieds. Immédiatement le même fait éclate à Vienne et retentit jusqu'à Berlin... Qu'est-ce que l'Europe? qu'est-ce que cette société faite de main d'hommes , et que l'homme revient démolir?

A suivre...

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Jeu 11 Aoû 2016, 8:39 am

AVANT-PROPOS.
______


L'ordre moral n'est pas seul ébranlé , l'ordre matériel présente des symptômes graves. Les États de l'Europe émettent aujourd'hui des emprunts qui absorbent les ressources recueillies par l'épargne de leurs populations. De semblables ressources suffiront-elles toujours ? Par suite de nos mœurs, l'épargne ira en diminuant, et par l'effet de nos doctrines, les dépenses publiques vont aller en croissant : combien de temps marchera- t-on dans cette voie? D'une part, affaissement de l'ordre moral, sur lequel s'appuyait l'ordre politique ; de l'autre, épuisement des ressources employées à le soutenir, la Société marche donc vers l'époque où elle ne fera plus ses frais... La question qui s'ouvre est bien simple : La Société a- t-elle toujours autant coûté? et lorsqu'elle coûtait moins , quelle force parvenait à la maintenir ? C'est cette force que je veux indiquer.

Après ce prélèvement, ce qui subsiste de l'épargne des classes supérieures se transforme en papier dans leurs mains, pour redescendre en salaire sur la foule. Mais le salaire se dissipant à mesure, si un événement vient détruire le papier, nous aurons donc le sort économique de l'Espagne? Elle mit sa richesse dans l'or, comme nous mettons la nôtre dans l'industrie de luxe et dans l'agiotage ; le jour où l'or fut écoulé , il ne resta à ce pays que ses terres abandonnées; et sa population fut réduite aux limites de ses subsistances. Le luxe et le papier dessèchent en ce moment chez nous les Aristocraties. Les classes qui créent encore du capital, le voient se transformer en capital fictif, et disparaître dans les consommations improductives.

La Civilisation moderne , jusqu'à ce jour, mit au contraire tous ses efforts à retenir ce fluide précieux dans le sol , dans la propriété, dans les antiques réservoirs des Aristocraties. Car la population repose sur la production, la production sur le capital, le capital sur la propriété , la propriété sur la rente, qui en est le mobile , et sur la rente enfin reposent les arts, les sciences, les lois, notre Civilisation entière. C'est par le capital, par la puissance du capital , qu'elle a pu remplacer l'Esclavage. La Civilisation n'existerait pas sans la rente : si on l'abolissait, la Société rentrerait dans la barbarie; mais vouloir affaiblir la rente  , c'est vouloir s'y précipiter. La Société fut-elle toujours réduite à la nécessité de dévorer son capital pour prolonger son existence? Si les classes qui gouvernent avaient toujours été soumises à cette épreuve , seraient-elles arrivées jusqu'à nous? Lorsque les foules n'entraînaient point ces sacrifices, quelle loi les élevait dans la paix ? C'est encore cette loi que je veux indiquer.

A suivre...

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Ven 12 Aoû 2016, 10:09 am

AVANT-PROPOS.
______


L'Europe se retrouve non en présence d'une invasion, mais de la dissolution même ; le Christianisme se retrouve non en présence d'une hérésie, mais de la négation absolue, c'est-à-dire dans un état plus effrayant pour le monde que celui où il l'a trouvé... C'est le droit qui va disparaître, c'est tout ce qu'a si péniblement construit le travail sacré de l'histoire. L'Europe n'est ni luthérienne, ni calviniste, ni musulmane, l'Europe est sans principes. Voilà pourquoi elle ne fait rien pour la vérité ; pourquoi elle se laisse arracher cette pierre sacrée, cette pierre miraculeuse qui soutient tout , les droits, les lois , les mœurs, dans cette voûte immense de l'édifice européen.

On a perdu plus d'un principe pour en arriver là ! C'est pourquoi nous devons remonter vers celui d'où les autres dérivent, et sur lequel doit se fixer notre pensée. Comme si l'époque avait le temps de méditer, j'ai mis le plus grand nombre de ces pages à établir ce point initial. Les conséquences viennent toujours; elles forment ici la dernière partie. A quoi servirait d'exposer de nouveau toutes les conséquences , — qu'on n'a perdues qu'en perdant le Principe, — si l'on ne fixe ce Principe même , d'où elles doivent découler?

Il n'existe au fond qu'un principe, dont tous les autres ne sont que des applications ; mais ces diverses applications ne sauraient jamais être opposées; en les séparant on les brise comme la branche que l'on enlève au tronc. L'unité d'un Principe pour l'homme se lit dans l'unité de sa raison. L'âme n'a qu'une loi : n'en cherchez pas une seconde pour l'asservir. Ne cherchons que l'application de cette noble loi à nos sociétés civiles, et d'abord, pour que cette âme immortelle n'obéisse en définitive qu'à Dieu , et ensuite , pour que le bien opéré dans la vie morale soit autant d'opéré pour la loi, autant d'accompli pour la Politique.

C'est la hauteur des vues qui a manqué aux hommes. Ils n'aperçoivent plus que leurs intérêts mêmes se rattachent à la morale et à la politique, la morale et la politique à la Théologie , que dès lors il nous faut la Foi. Dans nos philosophies étroites , nous avons pris quelques idées pour des doctrines, et nos abstractions pour des lois. Hors de la tradition des hommes , l'intelligence individuelle ne saurait aller loin : c'est notre esprit, non la doctrine, qui a été pulvérisé par l'analyse! Sans cette tradition, qui nous élève et nous complète par le sens commun, il n'y a que les esprits tout à fait supérieurs qui puissent embrasser l'ensemble, surtout le lier au sommet. Il n'y aurait pas d'éducation, et pas de Société, si l'homme pouvait grandir par le moi , et se former à chaque époque par des idées individuelles.

A suivre...

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Sam 13 Aoû 2016, 9:13 am

AVANT-PROPOS.
______


L'Église, avons-nous dit, est attaquée; c'est la notion de l'Église qu'il faut rétablir dans sa force. Ici, la raison donnera la démonstration rationnelle de l'Infaillibilité , l'Infaillibilité celle de la Société moderne... La Foi dans ma raison répand tant de lumières, la raison dans ma foi a mis tant de clarté, que peut-être il en sortira ici une étincelle. Trois parties dans ce livre ; la première me semble s'adresser au rationalisme, la seconde au protestantisme, et la troisième au schisme ; enfin la Conclusion concerne le libéralisme. Ce sont les quatre erreurs qui , lambeau par lambeau nous enlevant le Christianisme , ont fait la place à la Révolution.

La Révolution est la dernière barbarie , celle qui détruit les germes que la première enveloppait. Le signe du retour de la barbarie n'est pas seulement dans l'anarchie, qui pénètre parmi les âmes, mais dans la rareté , mais dans l'impopularité des idées élevées... Il semble que nous avons connu une époque où les idées étaient estimées chez les hommes en raison de leur élévation !

Il est temps ! Que les nations décident si elles veulent revenir vers l'Église, qui les a affranchies, ou marcher vers le despotisme, qui les engloutira. Enivrées par l'orgueil , elles ne voient que rêves de bonheur et d'émancipation, alors qu'on les dépouille et qu'on les conduit à la mort. Cercle fatal! la France périt par l'oubli des principes, et, constamment enchaînée à ce qui se montre à la surface , elle fuit le chemin qui remonte aux principes !

C'est ainsi qu'on devient la proie des événements... Celui-là seul est libre qui vit dans les causes morales, dans la cause des mœurs, dans la cause des lois. Là se tient le secret d'une époque, le nœud de l'avenir. Mais parmi tant d'esprits qui se déclarent indépendants, où est l'homme assez fort pour entendre la vérité? Que dis-je, où est celui qui veut réellement un principe? Dans ces limbes funestes où nous jette la confusion, les âmes fuient comme des ombres que recouvre le manteau du mensonge. Vérité! vérité! qu'as-tu fait pour causer tant d'effroi , pour soulever des haines chez les hommes? Même parmi ceux qui t'appellent, s'il faut te confesser tout entière, le plus intrépide s'arrête , et le plus fier songe à sa popularité...

19 mars 1861.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Dim 14 Aoû 2016, 9:51 am

I.

Au moment où les hommes prétendent décider des droits du Saint-Siège, où ils ébranlent le respect dû au plus ancien et au plus auguste des Trônes, je veux en montrer les bases profondes. Je veux aller à la racine du Pouvoir dans lequel ont été déposés le germe et la raison d'être des Pouvoirs de l'Europe ; je veux découvrir la pierre sur laquelle, en construisant l'Église, Dieu a placé la Société moderne.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Dim 14 Aoû 2016, 9:54 am

II.


Les sociétés modernes reposent sur la liberté des enfants de Dieu. La somme des vérités admises et des vertus pratiquées y forme ce qu'on appelle les mœurs ; et des mœurs naissent les lois et les institutions, qui ramènent à leur niveau ce qui leur serait inférieur. Tout est spirituel dans ce mécanisme admirable ; car si les lois procèdent des mœurs, celles-ci, à leur tour, procèdent des consciences, ou des croyances établies. Au fond, la Société entière est mue par la vérité. Le système de notre civilisation roule sur l'Infaillibilité sans la voir. Les lois, disons-nous, reposent sur les mœurs, les mœurs sur les consciences, les consciences sur les devoirs, et les devoirs sur l'Autorité spirituelle qui les éclaire et les prescrit... Sans l'Infaillibilité, les croyances, les mœurs, les lois et les institutions s'affaisseraient successivement ; la Société moderne disparaîtrait. Comme les hautes vertus, les grandes vérités échappent au regard de la foule, qui en jouit sans le savoir.

Mais à force de s'éloigner de la vérité , les hommes la perdent de vue, et s'enfoncent eux-mêmes dans la nuit. L'orgueil intérieur, continuant d'obscurcir la pensée, leur ôte maintenant le sens de ces idées premières auxquelles tout se rattache pour eux sur la terre. Leur raison s'affaiblit. Ils sortent du néant, ignorent comment ils tiennent au cercle miraculeux de l'existence, et ils oublient que rien ne subsiste en ce monde que par une racine vivante en Dieu! S'ils n'avaient pas tout reçu, on comprendrait que les hommes voulussent tout tirer d'eux-mêmes. Déjà ils croient que c'est sur leurs lumières, sur leur propre industrie, que la Société est assise. Ils marchent à une catastrophe certaine. Les axiomes et les droits s'en vont. Ceux qui font aujourd'hui des lois, qui désirent retrouver des croyances, fonder une autorité positive, et rasseoir les nations dans la paix, devraient pourtant se demander sur quoi cet ensemble repose. Les idées les plus graves manquent à l'époque ; la Révolution , à force de nous préoccuper de ses rêves, nous a fait oublier toutes les grandes choses.

On se préoccupe de la Société ; mais elle existe entre des êtres raisonnables, et l'Église en fait les trois quarts; les gouvernements font le reste. On ne saurait restreindre l'Église sans accroître la force, qui vient la remplacer. On ne veut donc pas se rappeler que l'homme est un être libre, que ses actes résultent de sa volonté, sa volonté de sa conscience, sa conscience de la vérité ? Diminuer les croyances, c'est diminuer l'homme même et le remplacer par la loi. Cette substitution est ce que l'on nomme le despotisme, et c'est ce dont nous menacent les temps où nous voulons entrer.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Lun 15 Aoû 2016, 9:37 am

Ou la Foi ou la loi. Dans un siècle où tout le monde raisonne, il y a nécessité manifeste de fixer la base des raisonnements. La Politique ne peut tout faire , et ce serait remplacer l'homme. Le moyen de la décharger, de rendre aux hommes la source de leurs déterminations, ne peut sortir que de leurs consciences. Jusqu'à ce jour, les institutions et les lois nous sont venues des mœurs, les mœurs de nos croyances, et l'homme restait libre jusqu'au bout de sa voie. Prenez garde qu'on ne renverse aujourd'hui cette marche sacrée ; que, de même que dans l'Antiquité , tout vous arrive de l'État !

L'époque se préoccupe à bon droit de la liberté. Et ce serait en restreindre encore le domaine que de restreindre la Foi. Déjà ce qui ne s'opère plus naturellement, par l'action des croyances , s'exécute à force de lois et d'argent ; le despotisme augmente chez les hommes (1). Ils devraient voir que, par suite d'une erreur redoutable, on s'efforce de substituer l'État à l’Église , c'est-à-dire de renverser par la base leur civilisation.

Il y a longtemps qu'on est dans cette voie. L'homme est rempli , l'homme est la proie de pensées qui l'entraînent à la servitude ; dans l'illusion qui l'opprime , il nomme affranchissement l'abaissement et l'esclavage , et esclavage son affranchissement.... Qu'il échappe aux filets du mensonge, et qu'il apprenne ici son droit ! La liberté est dans le fait qui consiste à n'obéir qu'à Dieu : tout est libre dans l'empire des âmes , et leur soumission est toujours leur amour. L'homme ne grandit que dans la lumière. Il n'y aurait point de liberté ici-bas si Dieu n'y maintenait la vérité. Ce n'est pas l'ordre politique, mais l'ordre moral qu'il faut étendre et accomplir. . .

Les hommes ne se félicitent pas assez d'avoir l'Église sur la terre , c'est-à-dire d'avoir Jésus-Christ parmi eux : parmi eux Celui qui les a retirés de l'esclavage antique et leur a procuré leur civilisation. Du moins, ils n'en paraissent point assez sûrs; ils penseraient bien autrement ! L'idée qu'on se forme vulgairement de l'Église est celle d'une société qui s'ajoute à l'État, et d'un ensemble qui, en définitive, se constituerait moins par sa vie propre que par une prudente séparation de l'erreur. L'Église n'est point une excroissance , elle est une racine ; elle n'est pas non plus une unité collective, mais une unité organique; c'est un arbre réel qui prend sa sève dans le Verbe éternel , dont elle est un prolongement.

L'Église est sur la terre le Corps vivant, organisé de Jésus-Christ, comme on le voit dès qu'on approche le regard. Et S. Paul ne la nomme immédiatement un Corps, le Corps de Jésus-Christ, que pour éloigner de nous, dès le début, l'idée d'une simple agglomération. Enfin l'Église ne représente point Jésus-Christ comme des députés représentent un prince; elle le présente lui-même, dans sa lumière et sa grâce, dans toute son autorité. Jésus-Christ vit en elle, l'Église est sa continuation, sa permanente incarnation chez les hommes. Là est sa sublime réalité.

(1). Depuis le protestantisme en Europe, ce n'est que par le despotisme qu'on est parvenu a gouverner.


Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Mar 16 Aoû 2016, 8:57 am

III.


Aujourd'hui, les hommes rejettent l'étude de l'Église comme un objet trop écarté de la pensée et des centres habituels de l'évidence. Ils pensent que l'Église a des manières de se démontrer qui lui sont particulières et qui échappent à l'évidence naturelle. La certitude qui la concerne est bien effectivement au-dessus de toute certitude, puisqu'au lieu de passer par notre âme, elle sort immédiatement de Dieu. Mais un tel sentiment ne fait que voiler en eux la torpeur de l'esprit ou l'ironie d'un doute amer. Préoccupés de la nature, les hommes laissent s'éteindre en leur âme les plus hautes lumières.

Quoique, prise au point de vue de son existence et de ses miraculeuses lois, la nature soit aussi une merveille assurément toute divine, la simplicité et le bon sens qui en caractérisent les faits sont les seuls points qui les frappent à cette heure. Ils ne veulent plus être dérangés de leurs habitudes scientifiques. Il faut que tout leur paraisse simple, naturel, même la Gloire éternelle que Dieu promet à leur néant ! Puisqu'il est besoin de le dire, sous ce point de vue même, l'Église brille au sein de ce monde comme une merveille de simplicité, et sa doctrine, parmi toutes, comme un chef-d'œuvre de bon sens.

Certes ! il faut se garder d'expliquer rationnellement les miracles ; « la philosophie de l'histoire, comme le dit notre savant dom Guéranger, est impuissante à expliquer le christianisme sur la terre, » dès lors l'établissement et le maintien parmi nous de l'Église. Mais autre chose est l'établissement de cette miraculeuse Église, autre chose est l'exposé de son plan quand elle est établie. Personne n'expliquera comment se fit le monde, et quelques lois naturelles nous montrent comment il est fait. Si l'existence de l'Église échappe évidemment aux lois de la nature, elle offre néanmoins, dans sa constitution, une simplicité qui frappe encore le regard ébloui par ses clartés surnaturelles.

Dieu sait agir par dessus la nature sans en perdre de vue les admirables lois. Bien que dans sa source, bien que dans son but, dans ses pouvoirs et dans la manière dont s'y maintient la Foi, comme dans son établissement en ce monde, l'Église soit toute surnaturelle, elle y est aussi ce qui possède le plus de sens, ce qu'il y a de plus naturel.

Et, quant à ceux qui rejettent tout miracle ici-bas, qu'ils ferment d'abord les yeux à leur propre existence ! D'ailleurs , concevons-nous bien que la vérité , le principe qui vient combattre le cœur même de l'homme, le condamner, extirper ses passions, ait réussi à s'introduire sur la terre ; à y fonder sous nos yeux un règne qui voit tous les autres finir? Quoi ! sans le concours de l'homme, une génération sans fin, une dynastie indestructible ! Les merveilles, de même que les lois, échappent à l'ignorance. Oui, concevez-vous que la vérité unie à l'humilité, à la pénitence, à la chasteté, à la charité, à la vertu divine, en un mot, ait recruté parmi nous une légion immortelle ?

Que cette légion se maintienne toujours nombreuse et sans mélange, toujours sacrée, toujours comblée de respects et de persécutions, toujours réparant ses pertes, comme en ce jour, par des recrues en quelque sorte plus nobles, c'est là une merveille qu'on n'expliquera point en disant que notre humanité est avide de jouissances, de droits de l'homme et de toutes les libertés possibles. Si l'on ne sait ouvrir les yeux au miracle historique de l'établissement de l'Église, il faut bien qu'ils restent ouverts au miracle de sa permanence !

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Mer 17 Aoû 2016, 9:59 am

Mais le fait se passe tout entier sous nos yeux. Il y a un miracle aujourd'hui en France, c'est son Clergé. Au milieu de la décadence des caractères et des mœurs, de l'impatience du joug, de cette folie croissante des opinions, de l'insubordination, de l'anarchie universelles ; par un siècle dans la soif de l'or, dans l'amour effréné des plaisirs, dans la fureur de l'ambition et de toutes les libertés de l'orgueil, il se recrute, tous les jours de plus en plus forte, une semblable masse d'hommes dans la soif de Dieu, l'amour de la pénitence , de l'abnégation , de la pauvreté et de la soumission, doués à la fois de toutes les vertus supérieures que le siècle rejette, hélas! aussi bien par faiblesse que par entêtement !

Sur ce clavier immense, à peine une ou deux notes qui sortent de l'harmonie universelle! Et, quand le passé continue de crouler, quand grossit le courant de la Révolution, quand elle embrase tous les désirs, qu'elle a parlé à tous les esprits, c'est dans un pareil moment que la France reproduit un Clergé comme jamais peut-être elle n'a vu le semblable, sous le rapport de la parfaite conformité à la Foi et de la soumission au Centre !

Je déclare qu'il se fait sous nos yeux un miracle ; la France de 1789, avec ses prêtres admirables qui allaient, d'une part, verser leur sang sur l'échafaud, et de l'autre, sur toute l'Europe, l'exemple de leurs vertus, n'avait pas un Clergé comme celui qu'elle possède en ce jour. Mais ceci se rattache à une autre merveille, à un plan divin dont je ne me permets point de parler. Ma voix ici peut se taire, les temps sans doute sont sur le point de s'accomplir... Je dis seulement que Dieu a préparé entièrement l'avenir. Les hommes sont plus que jamais incapables de l'atteindre; leur propre logique les mènerait à leur ruine.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Jeu 18 Aoû 2016, 9:09 am

IV.

La question de l'Église, ou du bonheur d'avoir la vérité présente sur la terre, se rattache plus étroitement qu'on ne le pense à notre situation. C'est au sein des croyances que l'homme engendre ses pensées et que ses convictions se forment. Il n'est plus possible de guérir politiquement les maux de l'ordre politique ; on épuise le cercle sans en sortir. Tant que les hommes jugeront de même, ils agiront de même inévitablement.

Tant qu'ils se considéreront comme les sources de la vérité, ils se croiront les maîtres absolus de leurs actes. On ne pourra rien sur eux qu'on ne remonte dans les croyances prendre l'erreur à sa racine ; car tout provint d'une seule erreur. Au lieu de partir du fait de la Chute, le dix-huitième siècle a dit : L'homme est né bon, et la société le déprave. L'homme trouva bon, effectivement, le principe qui le relève et rejette ses torts sur autrui... Mais ce fut un renversement absolu de l'ordre théologique et de l'ordre social. Si l'homme est bon, si la Société le déprave, il fallait bien immédiatement détruire cette société, pour voir reparaître l'homme ; refouler l'enseignement de l'Église, pour laisser revenir la vérité ! Les idées fausses sont naturelles à la foule, l'ordre naturel étant insuffisant pour nous expliquer l'homme.

C'est pourquoi l'étude et l'expérience nous montrent la vanité de toutes ces idées politiques, religieuses, économiques, qui, au premier aspect, semblent si évidentes. Cette fausse position où se trouve la pensée est une source perpétuelle d'illusions pour l'ignorance. Il faut se placer au faîte des destinées de l'homme pour le comprendre, pour découvrir jusqu'ici-bas ses conditions d'existence et de développement. Une créature surnaturelle ne peut vivre et s'organiser dans un ordre exclusivement naturel. Les véritables principes ne sont connus que de la Foi.

Il y a des points qu'il faut reconnaître avant tout. Il faut sentir que Dieu conduit les âmes, et à plus forte raison les nations. Nous ne sommes pas des orphelins abandonnés sur la terre. Si Dieu, par une attention admirable, s'y tient caché à nos regards, s'il n'est visible qu'à la Foi, c'est pour fixer dans notre cœur un mérite éternel, et lui ouvrir dans l'Infini une Gloire inappréciable ici-bas. On ne rétablira pas l'autorité dans les États que l'Église et sa doctrine ne soient rétablies dans les âmes.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Ven 19 Aoû 2016, 9:17 am

Il faut ce temps de grande ignorance sur les vérités qu'il importe le plus aux hommes de connaître, pour qu'un laïque puisse les leur rappeler avec sa faible voix l La sincérité de ma pensée sera ma plus grande science. Si j'ai manqué souvent l'occasion de m'instruire , jamais je n'ai perdu celle de réfléchir. Frappé dès ma jeunesse des perplexités de ce siècle, j'ai voulu pénétrer dans les plus hautes thèses , et descendre dans les profondeurs de la métaphysique, ayant à cœur de me rendre moi-même compte de l'homme et de la Création. Et j'avoue que tous les jours je suis plus étonné de voir des hommes de mérite s'attacher aux théories laissées par la Révolution. Ses vues reposent sur une ignorance absolue de la nature humaine.

D'ailleurs , c'est repousser du même coup toute l'histoire que de vouloir constituer les nations en sens inverse des lois qui les ont établies et conservées jusqu'à ce jour. Toutes ces idées philosophiques ne sont pas même des idées philosophiques ; vues pauvres, fragmentaires , humiliantes , intéressées , conséquemment contradictoires... On ne s'inquiète plus de mener la logique à son terme.

Au reste, il n'y a plus d'idées philosophiques dans le monde; elles sont parties avec les idées théologiques dont vivaient autrefois en France les plus nobles esprits. L'esprit humain s'affaisse depuis qu'il n'est plus rattaché aux grandes autorités. Il se traîne dans des théories communes, privées de toute profondeur, de toute possibilité , qui restent l'appât du vulgaire et des pensées appauvries par le départ des croyances. On oublie le tout. On perd complétement de vue la beauté immense du plan divin, l'Infini, ses lois éternelles , les conditions d'un être éclos dans sa bonté lorsque lui seul devait exister, les merveilleuses voies et les vicissitudes d'une pareille créature, l'admirable mission de son Réparateur; quoi! enfin, l'être, la lumière, le mérite dans l'homme, dans ce qui n'était pas, le christianisme lui faisant l'application des lois mêmes de l'Infini , l'Église construisant la sainteté dans notre âme pour la rendre apte à la Félicité. Ailleurs j'essayerai de suivre par la pensée quelques anneaux de cette chaîne étincelante. Aujourd'hui je veux seulement saisir un point, celui qui me semble s'être effacé le premier au sein de nos convictions troublées, l'Infaillibilité donnée par Jésus à l'Église....

Ceci n'est pas un Traité, mais un sentier; je jette une planche au lieu d'un pont, pour ceux qui cherchent à passer sur la rive. Je m'adresse aux hommes de sens que le XVIIIe siècle a empêchés de naître ou de se former au sein de la vérité. Dieu, qui connaît ma faiblesse, ôtera de devant moi ces cœurs ossifiés , devenus semblables à l'oreille pour laquelle il n'y a pas de son. Les apôtres seuls marchent armés de la divine Grâce. Je n'ai pour moi que la logique et la droiture de ma pensée.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Sam 20 Aoû 2016, 9:29 am

L'INFAILLIBILITÉ

______


PREMIÈRE PARTIE.

___________________


CHAPITRE I.



DE L'EXISTENCE.

L'homme est porté à une si grande distance du néant, et son esprit est si éloigné de concevoir l'être , qu'il ne songe ni à l'un ni à l'autre. Il ne réfléchit point au fait inouï qui le met en relation avec l'Infini. Il faudrait concevoir l'être pour concevoir le néant. Le néant est infiniment néant. Il a fallu une puissance infinie, et un désir infini de nous avoir, pour amener l'homme de l'absence éternelle à la réalité de l'existence. S'il y a quelque chose de surprenant pour l'homme , n'est-ce pas d'exister ? Se sentir, lui qui n'était pas !

Car, s'il est un point au-dessus des doutes, c'est qu'il y eut un temps où il n'était pas , c'est qu'il a commencé par un autre que lui, puisqu'il n'était pas. Sa pensée ne peut s'ouvrir sans embrasser en même temps les deux merveilles, lui, et celui par lequel il est. Quoi ! ce qui n'était pas, est ; et ce qui est ainsi, c'est moi ; et je le sais et le sens : c'est sur moi que porte cet acte de l'Infini ! O merveille ! qu'en dehors de l'Infini il y ait quelque chose ! 0 merveille ! que ce soit moi-même qui sois, lorsqu'il a voulu qu'il y ait quelque chose , et que je sente que je suis lorsque je suis l

Cependant, celui qui est de la sorte est si peu à la hauteur de cette existence, qu'à peine il songe au prodige par lequel il l'a. L'inouï, la merveille de l'être en lui ne le frappe point ; sa vie lui semble une chose ordinaire, en quelque sorte naturelle. Il ne réfléchit ni à sa fragilité ni à l'énormité du résultat qui doit suivre. Qu'il y songe ; ce possesseur d'un moment se trouve devant l'Éternité... Homme, c'est l'Infini qui te demande !

Tu as commencé à exister sans le vouloir, tu n'as pu te donner la vie, tu ne la peux conserver une seconde de plus. Voilà le fil qui te suspend sur l'abîme, et par lequel il faut remonter dans la Gloire et la Félicité ineffables... Celui qui danse et rit au bout de ce fil est un fou. Mais, comme il sent parfaitement ce que veut faire un Dieu si bon, c'est un méchant qui fuit la lumière. O vie, ô créature extraordinaire ! tout à coup te vient l'être avec la pensée, et tu ne réfléchis pas que tu es ; tu ne songes point à ce qui va résulter d'un fait aussi prodigieux ! 0 existence, comment ne t'effrayes-tu pas de toi-même !


A suivre...CHAP. II. PORTÉE DE L'EXISTENCE.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Dim 21 Aoû 2016, 9:18 am

CHAP. II.


PORTÉE DE L'EXISTENCE.


Éternité... Néant... l'homme, à qui Dieu vient offrir ses propres destinées éternelles... O merveille de l'existence ! ô responsabilité incommensurable ! Je ne puis me considérer sans être inondé d'effroi et de reconnaissance. Comment voir sans frissonner l'abîme où je me trouve : ce peu de durée de ma vie au milieu de l'éternité qui la précède et qui la suit ? Dans cette immensité des temps, pourquoi aujourd'hui plutôt que demain, plutôt que jamais ? Pourquoi moi plutôt qu'un autre? Pourquoi quelqu'un plutôt que rien, et que ce quelqu'un soit toujours moi?...

Qui l'a voulu, qui m'a destiné ce point dans la durée éternelle? Au milieu de la série incalculable de tous les êtres possibles, quel motif de me préférer? Oui, sans entrer dans une foi sans bornes , comment penser à Celui qui a désiré que ce fût moi, et m'a destiné cette place au sein de l'infinie immensité des choses? Foi qui est toute ma raison, et par laquelle je remonte en droite certitude vers Celui de qui je tiens cet être. Raison qui est toute ma foi, et par laquelle j'atteins les vérités que ma nature m'eût toujours dérobées, si elles ne m'eussent été apportées comme mon existence même. Ma foi ne saurait tarir , elle est égale à la réalité de mon existence; et ma raison ne saurait chanceler, elle est égale à ma foi. Que peuvent-elles me demander, ne suis- je pas démontré ?

Quelle joie ! mon Dieu, que je vous remercie de retrouver tous les jours à mon réveil cette vie que je n'avais ni prévue ni méritée , cette vie qui m'arrive chaque matin comme du Ciel pour susciter ma volonté , tout mon cœur, vers la source des dons ineffables! Pardonnez aux hommes , qui ignorent ce qu'ils font en dissipant le temps ! le temps, ce trésor dont la moindre parcelle peut acheter l'Éternité... cette goutte tombée du Ciel dans le néant, comme la graine qui reproduit un arbre entier... cette fleur que me jette la divine Bonté... ce sentier où Dieu est au bout! Pour cette coupe remplie d'une liberté embrasée par la Grâce, pour cette joie, cette immortalité à moi, ah! pour cette concession inouïe sur l'Éternité, mon Dieu, vous ne me demandez qu'une chose , et c'est mon cœur... A celui qui ravit mon admiration, ne saurais-je donner mon cœur?

Où est le doute? L'Éternité a décrété ma présence, j'appartiens à un plan divin. La merveille de l'existence conclut à une destinée infinie. Plus rien ne m'étonne , ni la vérité qui m'appelle , ni le devoir qui me conduit, ni cette liberté qui me fait à la ressemblance de Dieu, ni cette Grâce qui la lève de l'abîme et la porte vers l'Infini ! Je suis non-seulement appelé à l'être, mais à concourir à la Gloire, à la perfection de mon être, par l'accomplissement de ma Loi.


A suivre...CHAP. III. DE LA LOI, OU DE L'ACTION DE l'INFINI.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Lun 22 Aoû 2016, 9:41 am

CHAP. III.


DE LA LOI, OU DE L'ACTION DE l'INFINI.


Montesquieu commence son grand ouvrage par ces mots : Tous les êtres ont leur loi. Mais il n'en dit point la raison, et il n'explique point ce que sont les lois pour les êtres. Les êtres qui appartiennent à la Création ne sont point nécessaires. Leur existence est subordonnée à l'Être qui, seul, est essentiel et nécessaire. Si, n'étant point nécessaires, ils existent, c'est qu'ils reçoivent leurs conditions d'existence. Si elles leur étaient retirées, ces êtres disparaîtraient. Ces conditions d'existence les maintiennent dans de certaines manières d'être constantes et invariables. S'ils s'en échappaient un instant, ils perdraient instantanément l'être. Cette puissance qui maintient un être dans de certaines manières d'être constantes et invariables, est ce qu'on appelle sa Loi. La Loi d'un être est ce qui renferme ses conditions d'existence. C'est la définition la plus profonde de la Loi, et là se trouve sa raison d'être.

En nous-mêmes, nous ne sommes que du néant; Dieu ne nous conserve l'être qu'en continuant de nous le donner. L'Absolu, seul, vit par lui-même, comme tout vit et subsiste par lui. Et l'homme n'étant point par essence , c'est par la loi que l'Absolu se le rattache. La Loi n'est que la permanente action de l'Infini. De là ses caractères.

Toute loi est donc constante et invariable, puisque si elle manquait un instant au créé, le néant reprendrait son cours. Aussi, la constance d'un fait est-elle le caractère auquel on reconnaît la Loi. La science ne la découvre, au milieu des phénomènes, qu'à ce signe de l'Absolu. Enfin, les lois se lient entre elles, car ce sont les volontés mêmes de Dieu, et leur ensemble est le réseau qui nous retient sur le néant. Quand nous parlons de la Loi, nous parlons d'une chose divine...

Tous les êtres reposent ainsi sur leurs lois. De là cette question : tel être a-t-il une loi, revenant à celle- ci : tel être a-t-il l'existence ? Car, s'il existe, c'est qu'il possède toutes les conditions de son existence ; et, s'il possède ces conditions , c'est qu'une puissance les lui maintient d'une manière constante et invariable, c'est qu'en un mot il a sa Loi. Les lois sont nos sources dans l'être. Demander si l'homme a sa loi, c'est demander s'il existe.

Mais, doué d'un corps et d'une âme, l'homme a deux lois. La loi qui renferme les conditions d'existence de son corps, faisant partie de la nature, marche toute seule avec elle ; la loi qui renferme les conditions d'existence de son âme , s'adressant à l'être libre , ne peut que lui être enseignée. Aussi, de toute nécessité, faut-il qu'elle lui soit enseignée ! De ce que la Loi, dans cet ordre, doit respecter la liberté , il ne s'ensuit pas que la liberté doive rester sans Loi, se séparer de l'existence, se détacher de l'Infini. Aux êtres bruts, la Loi est fatalement imposée ; aux êtres libres, il faut qu'elle soit infailliblement proposée... Dieu impose sa Loi à la nature, et il la propose à l'homme.

Mais il faut qu'il la lui propose de manière que l'homme ne puisse s'y tromper. C'est sur ce point que repose le succès de la Création.


A suivre... CHAP. IV. COMME ÊTRE LIBRE, L'HOMME DOIT CONNAITRE SA LOI.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Mar 23 Aoû 2016, 9:17 am

IV.


COMME ÊTRE LIBRE, L'HOMME DOIT CONNAITRE SA LOI.


La première condition d'un être qui a le pouvoir d'agir de lui-même est la connaissance de la vérité. La liberté suppose aussitôt la lumière. Puissance de réaliser sa loi, la liberté n'est qu'un nom si elle ne possède la certitude de sa loi. Que la vérité s'obscurcisse, et la liberté disparaît. Dieu n'a pas créé la liberté sans en créer la base.

Aussi, dans notre propre sein, à côté de la causalité, plaça-t-il immédiatement la raison. La logique de la création descend ici en droite ligne : déclarer que l'humanité est libre , c'est proclamer qu'elle ne saurait être un instant privée du vrai (1).  Si, par un motif ou par un autre, la liberté vient à ignorer son but, embarrassée de sa puissance, elle devient son propre instrument de mort.

L'homme a droit à la vérité. Appelé à devenir le fruit de ses œuvres, il faut qu'elles lui soient manifestement désignées. La lumière ne peut vaciller sans que la liberté ne chancelle, et que l'homme ne soit ébranlé sur son fondement. La liberté est le moyen entre le fini et l'Absolu ; de là, dans ses nécessités, elle suit une logique absolue. Ce n'est point un demi-jour, une tremblante certitude qu'il faut à un pouvoir déjà lui- même si dangereux. Suspendu sur l'abîme, l'homme n'a que le fil de sa loi pour traverser à l'Infini. La liberté suppose la certitude absolue.

Que l'homme le sache ou qu'il l'oublie, au sein de l'être sa position est inouïe. Jamais pouvoir plus étendu que celui de la liberté, mais aussi, jamais plus terrible. Tous les êtres sont assis dans l'existence sur l'irrésistibilité de leur loi ; aucun d'eux ne la tient dans ses mains. Le néant reste ouvert sous la grandeur de l'homme : avec la liberté, il faut se sauver ou se perdre... pour l'Infini! Sur une telle alternative, l'âme restera-t-elle exposée à errer?

En créant la liberté, Dieu en créa la garantie. A quoi bon ce pouvoir d'accomplir de soi-même sa loi, si on ne lui montre cette loi ? A quoi bon cette loi , si elle ne s'offre à nos yeux avec un caractère certain ? C'est la première des questions , et qui ne saurait être en question sans y remettre l'être moral même. Dieu ne peut, sans contradiction, lui retirer la condition de la loi pour laquelle il le crée. Supposer que l'auteur des êtres n'ait pas célestement garanti le moyen qui les mène au but de leur être, serait abolir la raison. Notre liberté repose sur l'infaillibilité. Sinon la loi et la liberté ne sauraient exister ensemble ; les deux plus grands mots de la terre perdraient leur sens l'un par l'autre, et la Création avec eux. Il y a là quelque grande vérité... Je me sens attiré et suis bien résolu de n'écouter que la logique. J'irai où elle ira! Et que ceux qui s'attendent à la voir se plier aux caprices des hommes ne tournent pas un feuillet de plus. Comme la création , l'homme ne doit obéir qu'à Dieu. Trouvons la souveraineté absolue; il n'y en a pas d'autre.

1. Les théologiens reconnaissent une ignorance invincible ; mais alors, il n'y a pas culpabilité.


A suivre...CHAP. V. PAS DE LOI SANS LÉGITIMITÉ.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Mer 24 Aoû 2016, 9:05 am

V.


PAS DE LOI SANS LÉGITIMITÉ.


L'homme a droit à la certitude absolue (1). Si l'homme était soumis à une loi douteuse, mise en dehors de l'obligation légitime , la liberté serait violée. Notre dignité n'est garantie que par la Légitimité de la loi. Les hommes l'ont toujours compris. Depuis les premiers jours du monde, le genre humain n'a combattu que pour la légitime obéissance.

De nos jours, un historien célèbre a été frappé de ce fait. Il a montré que sous toutes les vicissitudes de la souveraineté, comme sous tous les mouvements de l'histoire, l'homme ne s'est montré en peine que d'une chose : la légitimité de la loi. Ce seul fait dans l'étendue des âges dépose de notre majesté. L'homme, a-t-il dit, a voulu que sur lui régnât un pouvoir qui eût à son obéissance un droit immuable et certain. Il a investi de cette souveraineté tantôt un homme , tantôt plusieurs. En grandissant, il a reconnu la vanité de ses idoles; mais, aussitôt, il a porté son adoration ailleurs. Il voulait une souveraineté constamment et parfaitement légitime. Il n'a pas cessé de la chercher ou de croire qu'enfin il l'avait trouvée : c'est l'histoire des sociétés humaines. Nulle réforme des idées qui n'ait mis en quelque lieu le dépôt de l'infaillibilité. Or, dans ce perpétuel effort vers une souveraineté qui ait tout droit sur l'homme, le genre humain ne poursuit-il qu'une chimère, n'est-il en proie qu'à une vaine idolâtrie? Si Dieu n'existait pas, jamais aucune idole n'eût reçu les adorations des hommes.

Les sociétés humaines, poursuit M. Guizot, ont donc un souverain pleinement légitime. Elles y croient invinciblement, elles aspirent sans cesse vers lui; elles veulent d'une volonté infatigable lui obéir, et n'obéir qu'à lui. Dès qu'une relation se forme entre deux hommes, dès qu'entre eux s'élève une question, cette question a sa véritable solution, cette relation, sa règle légitime. Or, les règles légitimes sont les lois de la souveraineté légitime, et c'est celles-là que poursuivent tous les travaux du genre humain. La certitude qu'il y a une vraie loi, et qu'à elle seule le sceptre légitime appartient , est l'apanage primitif et inaliénable de l'homme. Cette créature si grande se résignerait-elle à penser que cette vraie loi, que ce pouvoir légitime, le seul qui , aux yeux de sa raison , ait sur sa volonté un pouvoir indubitable , ne saurait descendre sur la terre sous quelque forme sensible?

Tel est l'aveu transmis par les faits mêmes de l'histoire. Quoiqu'ils soient dans le temps, notre éternelle loi éclate en eux. Mais, habituée à la vue relative, l'histoire est revenue sur elle-même et, par l'organe de son illustre écrivain, elle a aussitôt ajouté : « En tout, la « pensée de l'homme dépasse de beaucoup ce qu'elle est « capable d'accomplir. Que la connaissance de cette « vraie loi soit difficile, et la chance de l'erreur sur tous « les pas, je suis si loin de le contester que je m'en prévaux maintenant pour nier ici-bas toute souveraineté « légitime. Alors, parmi les nécessités humaines, il en  est une absolue, partout présente, celle d'une souveraineté définitive et de fait, qui prononce en dernier « ressort. Ainsi l'ordonnent la condition de l'homme, la « brièveté de sa vie et l'urgence de ses besoins. Les « faits ont donc démenti ses croyances. Au reste, « l'homme étant de sa nature imparfait et sujet à l'erreur, il ne peut sortir du sein des hommes aucun « pouvoir infaillible et parfait, partant aucun pouvoir « pleinement investi de la souveraineté de droit.  Où a-t-on pris une logique qui vient briser la pensée ?

C'est, effectivement, parce que les hommes sont de leur nature imparfaits et sujets à l'erreur, c'est parce qu'il ne peut sortir de leur sein aucune souveraineté infaillible et parfaite , que Dieu a dû lui-même la fonder et la maintenir. Quoi ! de ce que l'homme ne saurait être sans une chose, cette chose n'existera pas? et les faits démentiront ses croyances ? Mais les faits sont là depuis dix-huit cents ans pour les justifier... Pourquoi les faits, s'ils venaient démentir les croyances, et ruiner les axiomes fixés dans l'âme par sa plus grande faculté? Pourquoi les faits s'ils venaient chasser les principes, auxquels ils doivent se conformer? Dieu marche à un plan sublime, il n'a rien fait de ridicule.

C'est parce que la pensée de l'homme dépasse de beaucoup ce qu'elle est capable d'accomplir que l'homme, précisément, reçoit ce qu'elle ne saurait lui donner. C'est, enfin, parce que la connaissance de cette vraie Loi serait difficile, et la chance de l'erreur sur tous les pas, que Dieu se charge directement de la fournir. Ainsi l'ordonnent la condition de l'homme, la brièveté de sa vie et l'urgence de ses besoins (1). Point de liberté pour l'homme hors de sa Légitime loi. La loi pour l'homme est Légitime quand elle est la loi de son être ; et elle est la loi de son être quand c'est celle qui lui vient de Dieu.


1 . A la certitude absolue, puisque la Foi repose sur Dieu, mais non à Vévidence absolue, puisque l'homme serait privé du mérite. Assez de lumière dans la Foi pour réveiller le goût du bien en notre âme, et assez de mystère pour en justifier le mérite. Non crederem nisi viderem esse credendum, dit saint Augustin. Quant au mot droit, entendons-nous; Dieu nous pouvait borner à l'ordre naturel...
1 . Le point de vue d'où la controverse protestante attaque aujourd'hui l'infaillibilité et la souveraineté , les établit philosophiquement toutes deux !


A suivre...CHAP. VI. PAS DE LÉGITIMITÉ SANS INFAILLIBILITÉ.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Jeu 25 Aoû 2016, 9:50 am

VI.


PAS DE LÉGITIMITÉ SANS INFAILLIBILITÉ.


L'homme ne doit obéir qu'à Dieu. Sans tomber de sa nature, il ne peut remettre sa liberté qu'à la loi de son être. Il n'est pas dans l'univers une existence qui privé de ce droit de la Création?

Et qui pourrait donner à l'homme une autre loi? L'homme, lui-même, ne pourrait se donner sa loi ! La loi d'un être est ce qui renferme ses conditions d'existence. Dire qu'un être se donne sa loi, c'est dire qu'il s'est donné l'être. Il n'est pas plus possible de changer la loi de l'homme que de changer sa nature. Si Dieu ne manifestait sa volonté sur la terre (1) , aucun homme n'aurait le droit de commander à un autre ; bien mieux, aucun homme n'aurait le droit de se commander à lui- même.

Comme tout être, l'homme a droit de n'obéir qu'à sa loi; et, comme être libre, son devoir est de n'obéir qu'à elle , ou à toute loi dont l'accomplissement n'en soit qu'un plus parfait acquiescement. Soumise à une loi qui ne descendrait pas en ligne directe de Dieu, la nature humaine serait violée , poussée hors de son but. L'homme passerait sous une tyrannie immorale et pénible, sans avantage pour lui. Ne sortons pas des voies que Dieu a tracées. L'homme n'acquiert de mérite qu'en raison de son imputabilité , et son imputabilité ne saurait être qu'en raison de sa liberté. De même, il ne s'élève dans la sainteté qu'en proportion de la lumière.  

Notre dignité n'est garantie que par l'Infaillibilité : elle est le droit de l'homme sur la terre. Si Dieu n'en maintient ici-bas l'indispensable prérogative, l'être moral n'existe plus. Point de liberté sans la vraie loi; point de vraie loi sans infaillibilité qui la montre; en fin point d'infaillibilité sans Dieu.

Si Dieu a rendu sa loi indispensable à l'homme , donc il la lui a rendue possible ; si elle ne reste possible que maintenue par un pouvoir légitime, donc il a fondé ce pouvoir ; et s'il ne peut être légitime aux yeux d'une créature intelligente et libre qu'ostensiblement garanti par une Autorité divine , donc Dieu lui confère cette souveraine et parfaite Autorité : sans quoi il n'eût pas créé ce pouvoir, sans quoi il n'eût pas créé cette loi, sans quoi il n'eût pas créé l'homme... Soumis à l'obligation morale, il doit pouvoir compter sur l'Infaillibilité. Elle découle au plus haut degré du principe de l'inviolabilité personnelle, elle en est le couronnement !

La perfection de l'autorité fait la perfection de l'homme. Celui qui prétend se contenter, pour faire le bien, d'un commencement de lumière, d'une très-faible certitude, est grand menteur ou grand sot. Il faut un fond fixe dans l'homme pour asseoir cette ardente volonté et donner l'élan à ses actes. Si le saint semble n'attendre aucune preuve pour son esprit, c'est qu'il les a toutes en son cœur. L'ignorant qui fait le bien, sent par derrière lui le sens commun, puis la morale, puis, au fond de lui-même et de tout, un sentiment qui lui assure que le bien, en définitive, a raison (1). Cette créature, toute humble qu'elle est, est très-noble. Toute la création est dans l'homme ; l'homme, dans la liberté ; la liberté, dans la loi ; la loi, dans l'Infaillibilité. Ne rompez pas la grande chaîne. Peut-il y avoir solution de l'Infini jusqu'à nous?

1. Dieu, il est vrai, pouvait s'en dispenser : car il ne faut pas dire que Dieu n'aurait pu faire autrement! Mais, ici, prenons acte de ce qu'il a fait, entrons dans ses voies éternelles.

1. C'est pourquoi les masses, dont les sentiments sont plus difficilement faussés par les systèmes, s'attachent aux croyances.


A suivre... CHAP. VII. l'infaillibilité n'est que la souveraineté spirituelle.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Ven 26 Aoû 2016, 9:21 am

VII.


L’INFAILLIBILITÉ N'EST QUE LA SOUVERAINETÉ SPIRITUELLE.


Au reste, l'Infaillibilité est à l'ordre spirituel ce que la souveraineté est à l'ordre temporel. Dans deux ordres divers, ces deux mots expriment cette puissance définitive, d'où dérivent toutes les autres puissances ; ce pouvoir qui gouverne et n'est pas gouverné, cette autorité qui juge et n'est point jugée.

Prise au point de vue du temps, l'Infaillibilité de l'Église n'est point, comme on l'a vulgairement cru, une prérogative particulière. Cette Infaillibilité est le droit commun à toutes les sociétés possibles appliqué à la Société spirituelle. Quand on dit que l'Église est infaillible, fait excellemment observer M. le comte de Maistre, on ne demande pour elle aucun privilège particulier. On demande qu'elle jouisse du droit de toutes les souverainetés, qui toutes agissent nécessairement comme infaillibles. Car tout gouvernement au fond est absolu ; du moment où l'on peut lui résister sous prétexte d'erreur ou d'injustice, il n'existe plus.

Comment des hommes préoccupés de politique n'ont- ils point reconnu le fait ? Toute souveraineté agit nécessairement comme infaillible, ou n'est pas. Tout gouvernement, au fond, part de quelque chose d'inébranlable, que ce soit la volonté d'un seul , la constitution historique de la nation , ou les décisions momentanées de la foule. Toute autorité est absolue en soi; c'est-à-dire que tout pouvoir est entier, définitif, autre ment il ne serait point. Il faut qu'il ait un fond pour que tout sursis s'arrête, et que, étant cause, de lui émanent des arrêts. Nécessité inévitable dans le temps comme au delà. Il faut un point Absolu; il faut une cause des causes, elle-même sans cause. Dans toute force, il faut arriver à une puissance qui produise et ne soit point produite; dans toute pensée, à une notion qui explique et ne soit pas expliquée ; dans toute juridiction, à un jugement qui juge en dernier ressort et ne puisse être jugé.

Comme on l'a également remarqué, dans l'ordre judiciaire, qui n'est qu'une pièce du pouvoir, ne voit-on pas qu'il faut en venir à une puissance qui juge et n'est pas jugée, et, précisément, parce qu'elle prononce au nom de la puissance suprême? Qu'on s'y prenne comme on le voudra, toujours il faudra un pouvoir auquel on ne puisse dire : « Vous avez erré. » Qu'on donne à ce pouvoir souverain les noms divers que le temps apporte, qu'on l'admette ou qu'on le nie, qu'on le renverse ou qu'on l'érige, il est irrésistiblement là. Que son autorité vacille, un homme à l'instant se présente, la fixe avec sa volonté, et dépose de nouveau la souveraineté dans une autorité absolue. La Vérité serait-elle privée de la ressource que Dieu assure à la Justice sur la terre? La Vérité, vie de notre âme, souffrirait-elle l'intermittence ?

La permanence seule fonde l'autorité.
Comme société spirituelle , l'Église possède donc sa propre souveraineté; souveraineté que sa Foi a posée dès le principe , sans attendre la preuve que lui apportèrent les faits. Ainsi que toute association , il faut qu'elle ait son unité; ainsi que toute société, qu'elle soit gouvernée ; ainsi que toute souveraineté , qu'elle soit définitive, absolue, autrement elle ne gouvernerait point. Et jusque-là, l'Église ne fait que partager la loi commune à toute société, qui est de posséder la souveraineté qui lui est propre. Enfin, comme elle est une société spirituelle , en elle la Souveraineté est spirituelle. Et cette Souveraineté étant dans l'ordre de la vérité, s'appelle Infaillibilité pour être distinguée des autres suprématies. L'Infaillibilité n'est que la Souveraineté spirituelle.


A suivre... CHAP. VIII. l'infaillibilité au point de vue du temps.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Sam 27 Aoû 2016, 9:04 am

VIII.


L'INFAILLIBILITÉ AU POINT DE VUE DU TEMPS.


Comme la vérité, l'Église est fille du Ciel, et son établissement un fait divin. Déjà, dans la nature, dès qu'on a franchi les faits, on arrive au miracle : au point où finit le créé, où Dieu, où la raison éternelle commence. Et, bien qu'à plus forte raison l'Église soit toute surnaturelle, je ne m'en prévaux point encore. L'ordre supérieur à la nature ne venant point détruire celui de la nature, mais l'accomplir, c'est cet ordre que j'observe et sur lequel je commence à m'établir. L'Infaillibilité, disons-nous, n'est que la Souveraineté spirituelle. Dès lors, quand on ne saurait point qu'une Promesse divine, et toute spéciale, a été faite à l'Eglise, du moment qu'elle existe, elle n'en doit pas moins être considérée comme infaillible en son ordre, c'est-à-dire comme possédant son pouvoir propre.

Quand on ne saurait point que Notre-Seigneur, lui remettant les Clefs de son Royaume, lui a promis d'être avec elle et en elle jusqu'à la fin, elle n'en subsisterait pas moins comme représentant, parmi les hommes, la Souveraineté spirituelle. Oui, quand il ne serait point reconnu que l'Église est fondée en droit divin, elle n'en resterait pas moins relativement infaillible, ou prise pour telle, comme dernier tribunal duquel on puisse appeler. Telle l'Infaillibilité au point de vue du temps. « Où il n'y a « point de loi , s'écrie Bossuet, la raison, qui est la « source des lois, en est une que Dieu impose à tous « les hommes. » L'Église aune raison d'être naturelle.

Je veux seulement rappeler ici que l'Église est de droit naturel, c'est-à-dire de nécessité humaine, avant d'être de Droit divin, c'est-à-dire de telle importance pour l'homme que Dieu ait dû formellement intervenir : de droit naturel, ou du fait de la raison, ne fût-elle pas de Droit divin, ou du fait de la révélation. Au reste, droit naturel et droit divin tirent d'une même source leur auguste autorité. Ils varient par la manière dont ils furent promulgués : l'un, dans la conscience et du fait de la création; l'autre, dans la parole et pour la sanctification. Seulement, le dernier est plus formel, puisqu'il ressort des paroles mêmes de Dieu et qu'il est tout interprété ; plus sacré, puisque Dieu, en y revenant de la sorte, témoigne de son importance ; doublement inviolable, puisqu'il porte les deux suprêmes sanctions. « Le droit naturel, dit S. Thomas, est contenu premièrement dans la Loi éternelle, et secondairement dans la raison humaine; le droit divin, qui est surnaturel et positif, ne détruit pas le droit humain, qui vient de la raison naturelle. «

Mais, prise au point de vue absolu, l'Infaillibilité nous domine de plus haut, et son caractère également redevient absolu. Elle rentre dans toute la force de la notion qui dès l'abord s'est présentée ; elle fait partie de la pensée qui a conçu la Création, dont elle est la garantie et le salut, bien que Dieu ne nous dût rien dans le sublime ordre de choses. Ainsi, l'Église n'est pas infaillible uniquement parce que, au point de vue relatif où nous sommes, c'est son droit propre et sa nécessité. Ce n'est point seulement par une pensée de la plus haute sagesse que l'homme en société doit tenir pour indéfectible l'autorité morale définitive à laquelle il doit obéir. Car si cette autorité n'était pas infaillible en soi, absolument aussi bien que relativement, le fait lui-même disparaîtrait. Non-seulement en ce point l'homme eût montré plus de génie que Dieu ; mais, ce qui en soi n'est pas le vrai, dans la pratique n'est pas le bien.

L'existence d'une Cour suprême au sommet de la juridiction civile nous offrait tout à l'heure une comparaison. Mais, de ce tribunal élevé à celui de l'Église, voyez quelle est la distance! En imposant un jugement, la Cour de cassation met un terme aux poursuites, terme si nécessaire aux parties. Elle leur apporte la paix dans la décision la meilleure que les hommes puissent donner. Les contestations s'éteignent, le bien public est procuré.

L'Église ne peut s'en tenir là. Comme elle prononce en matière de conscience et de Foi, il faut que l'homme emporte la conviction de n'avoir pas été trompé. Faillible, le tribunal de cassation atteint son but; le tribunal de l'Église , qui fixe la croyance , ne saurait atteindre le sien s'il ne possède la certitude pour la porter dans les esprits. Ainsi l'Église, à priori, est infaillible. — Et le bon sens partout avoue qu'on ne saurait attribuer à aucune secte la même autorité qu'à l'Église. II y aura toujours, dit Bossuet, dans l'instruction que l'Église donnera à ses enfants quelque chose que nulle autre secte ne pourra ni n'osera dire.

Retournons donc à la conception pure de l'Infaillibilité, et comme droit de l'homme ici-bas (1), puis qu'elle fait la valeur de sa liberté, et comme couronnement de l'inviolabilité humaine, puisque le salut de l'âme en dépend.

Celui qui tient pour infiniment précieuses et infiniment vénérées la liberté et la dignité de nos âmes, sent que les grandes questions sont là. Elles dominent la politique, elles dominent le droit, j'allais dire la justice, si elles ne témoignaient de toute celle dont Dieu veut bien user à notre égard. Ces nobles questions sont la lumière et la gloire des autres ; elles tiennent les hautes régions, et, comme les croyances, règnent sur nos esprits.


1. Droit et non faculté de l'homme, puisque c'est lui qui en a besoin. Nous ne parlons pas la langue de la Révolution. Enfin même remarque que précédemment : Dieu nous pouvait placer dans l'ordre naturel, où nous n'apportions aucun de ces droits. Mais il ne l'a pas fait...


A suivre... CHAP. IX. l'infaillibilité au point de vue de l’absolu.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Dim 28 Aoû 2016, 9:56 am

IX.


L'INFAILLIBILITÉ AU POINT DE VUE DE L'ABSOLU.


En créant la liberté, Dieu ouvrit sur l'Infini les portes d'une destinée insondable. Un nouvel élément prenait place dans l'être, l'imputabilité ! L'homme vient tenter ici-bas l'épreuve que l'ange a subie dans le Ciel. L'Absolu accomplissait l'existence : un être reçu par le temps va lui-même s'y frayer un chemin...

Don redoutable de l'existence, l'homme t'a-t-il bien accepté ? Exister, ceindre la douleur ou la joie sur l'effrayante alternative d'une félicité ou d'un malheur infini. L'homme! fragilité entre deux gouffres... Qui pourra mesurer cette grandeur et ce péril? Âme libre, qui avait droit de t'accorder l'existence ? Malheureux enfant, qui te tenait sur les fonts de la création, et y a répondu pour toi ? Celui, il le faut bien ! qui est prêt à se donner lui-même pour parer aux chances de l'effrayante liberté.

Exister ! question terrible devant le pauvre cœur de l'homme... D'un côté, ma volonté, comme un enfant, est transportée de sa puissance ; de l'autre, ma pensée frémit de la responsabilité. Si je suis libre, qui m'indiquera mon chemin ? Si je suis libre, qui m'assurera de ma loi? Si je suis libre sur mes voies, qui me dira : La vérité est là! et me répondra de mon être ? S'il faut un miracle perpétuel, je l'attends pour mettre l'homme à l'abri de la témérité des Cieux (1) . Témérité ! Je rends grâce à la mienne de me conduire en un lieu d'où je découvre toute l'horreur de celui qui, reniant la Foi, repoussant la main maternelle de l'Église, fait de Dieu un infanticide, justifie l'ingratitude de l'impie et celle du blasphémateur !

Déjà nous l'avons compris. Si l'homme est libre, il a droit à la vérité. Étrange chose, s'il pouvait dire au Créateur : Tu m'as jeté sur cette terre sans te montrer ! tu m'as prescrit d'aller au bien, sans le placer devant mes yeux ! tu introduis la vérité dans mon esprit pêle-mêle avec mes sens, et sans la faire briller au dehors, afin que je la reconnaisse quand l'ignorance l'a cachée , quand le mensonge l'a niée, quand ma passion l'a renversée... Si Dieu m'appelle, il faut qu'il me dise où il est ! Dieu attend le bien de l'homme, mais l'homme attend de Dieu le vrai.

La liberté, encore une fois, réclame une certitude absolue : de là, chez les hommes, une Institution d'infaillibilité. L'Évangile , au reste , prescrit à tous une foi inébranlable aux vérités qu'il apporte. Peut-il en être autrement? « Vous êtes réconciliés, nous dit S. Paul , pourvu que vous demeuriez fondés et affermis dans la Foi : Si tamen permanetis in Fide fuiulati et stabiles. » Rétablis dans la vérité, comment y demeurerions-nous fondés et affermis , emportés que nous sommes par les incertitudes de notre nature, livrés à notre faible et changeant examen? Ne faut-il pas un témoin infaillible du Texte , un juge infaillible de l'interprétation , et un ministre infaillible de l'application qu'on en fait aux hommes ?

Toutes ces raisons se pressent. C'est le groupe d'axiomes d'où sortent les lois de ce monde. Le salut et la Gloire de l'homme dépendent de la vérité. Dieu fit les hommes libres, il leur a donc offert leur loi; il les fit sujets à errer, il s'est donc engagé à tenir la vérité sous leurs yeux. Et comme leur mérite vient de ce qu'ils sont libres et sujets à errer, il confie à son Église le soin de la leur enseigner : de là en elle l'Infaillibilité... Au jour de la création, l'homme fut mis en état de grâce et de vérité, dans la double vie de l'Infini. La fragilité de ce cœur venu du néant ne sut point porter l'une et l'autre. Il est tombé, il est entré dans l'ordre de sa triste science du bien et du mal, science qui double les alternatives d'une liberté dépouillée de toute avance, de toute provision divine : liberté qui, plus dangereuse et plus chancelante encore, demande que la vérité soit mise hors de ses atteintes, à l'abri de nouvelles vicissitudes. Si Dieu a conservé l'homme, et s'il l'a rétabli, il ne saurait lui refuser la condition de ce qu'il lui a rendu, de ce qu'il a réparé en lui.

Dieu a voulu une création qui fût libre, il en a voulu le moyen. Sans Infaillibilité ici-bas, tout être libre et moral peut méconnaître sa loi et refuser l'obéissance. L'orgueil prend le droit d'arguer contre Dieu. Sans Infaillibilité, aucun pouvoir n'est légitime, aucun devoir n'est sacré , nul ordre moral n'est possible. La liberté, la loi, l'obligation, la vérité, la dignité, tout droit de l'homme, tout, reste en suspens hors d'elle. Elle est la clef de voûte qu'attend le grand édifice, l'anneau par où la Création est suspendue à l'Infini.

1. Si je m'attribue quelque chose, dit S. Paul, je parle comme un « insensé. » Ainsi l'homme, s'il oubliait ici que, par le péché, il a tout perdu, et que, par la grâce, Dieu lui a tout rendu. Mais il vient réclamer au nom de Jésus-Christ ! A qui donc réclamer ? A celui qui donnera tout, puisqu'il a commencé par lui donner son Fils.


A suivre...CHAP. X. l'Église, ou l'Institution de l'Infaillibilité.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Lun 29 Aoû 2016, 9:43 am

X.


L'EGLISE OU L'INSTITUTION DE L'INFAILLIBILITÉ.


Nous résumons. Dieu a créé des êtres libres , il leur a donc remis leur loi ; libres , ils sont sujets à errer , il leur conserve donc la vérité : de là une institution d'infaillibilité pour la leur maintenir. La liberté dépend de la vérité, la vérité de l'infaillibilité, et l'infaillibilité de la présence de Dieu sur la terre. Le plan de la création arrive ici à Jésus-Christ... Sans l'intervention de Dieu, pas d'infaillibilité; sans infaillibilité, pas de vérité certaine; sans vérité certaine, pas de devoir établi, ce qui exclut, chez des êtres logiques, la possibilité du bien. Ainsi a pensé tout un monde. Des philosophes ont cherché d'autres raisons pour appuyer la conscience, l'honneur, l'intérêt bien entendu, le stoïcisme , la philanthropie, etc. Ils préfèrent leurs idées , c'est bien; mais nous préférons le bon sens.

La vérité , la loi , la liberté , la dignité de l'homme, l'ordre moral en entier repose sur ce noble pouvoir. Il n'est pas une âme qui voulût obéir de plein gré si elle devait céder à une loi qui ne fût pas visiblement la sienne. Aussi , l'Infaillibilité doit avoir une voix , sinon chacun lui prêtera la sienne ; elle doit être interprétée, sinon chacun la percevra selon ses vues.

Pour venir jusqu'à l'homme , il ne faut pas que la vérité touche terre un instant. Mieux vaudrait que Dieu le laissât sans lui offrir la vérité, que de lui refuser le sûr moyen de la connaître. Son nom bientôt armerait le bras de l'erreur et masquerait celui du crime. La logique nous presse de toute façon. Il faut une Institution d'infaillibilité sur la terre ; la garantie de l'homme est là.

Si le Verbe était venu parmi les hommes sans revêtir un corps, peut-être, aussi, n'eût-il fondé qu'une Église invisible, comme les esprits. Mais la lumière invisible qu'elle eût transmise, se confondant avec celle de la raison , en eût repris les inconvénients. La nature humaine , fortifiée et éclairée pour un moment , fût retournée à ses écarts, et rien ne l'en eût avertie. Le Verbe, s'étant fait homme, a fondé une Église pour l'homme; visible, douée d'un corps, parlant, agissant comme lui. « Croyons à Jésus-Christ qui est venu dans la chair et s'est fait homme , s'écrie S. Cyrille , pour que nous puissions l'embrasser par la pensée. Comme nous ne pouvions le voir tel qu'il est, ni jouir de lui, il s'est fait ce que nous sommes , afin que nous puissions aussi le posséder (1). »

Une mission comme celle de Jésus-Christ ne pouvait être continuée d'une manière purement spirituelle. Ce que comprennent tous ceux qui connaissent le cœur humain. Il fallait que le Verbe fût autorité pour le temps. Il ne pouvait, en le quittant, le laisser vide de sa présence. Sauver l'homme pour le confier à lui-même, c'eût été l'abandonner. La rédemption rend son esprit à la lumière et sa volonté au bien ; reste à lui communiquer cette lumière et à lui faire pratiquer ce bien. Sur la terre , Jésus-Christ ne fit que fonder son œuvre; elle n'y fut accomplie que vis-à-vis de son Père, dans l'Infini.

De l'Absolu, où éclate son règne en l'éternelle Joie , le Verbe opère dans le monde. Il ne se fait plus homme, mais fait descendre son esprit dans un homme, qui est aussi le fils et l'élu de son Père, le serviteur des serviteurs de Dieu; et il lui donne pour frères et coopérateurs des hommes élus de Dieu comme lui, formant autour de cet axe une Église , avec laquelle Dieu sera jusqu'à la fin.

Cet homme miraculeux le représente sur la terre , mais efficacement, et par une Grâce d'état positive. Il est le Chef , il est la tête de l'Église , la pierre de l'édifice, le pasteur du troupeau, la Foi qui ne faillira point. Sa prérogative est la vérité, son caractère la sainteté, et tous les hommes, parce qu'ils sont des esprits, reconnaissant en lui leur père, l'ont salué du nom auguste de PAPE !

Ici, rien ne vient blesser la raison, qui, impersonnelle dans sa source , mais sujette dans l'individu , remonte à son universalité première, et reçoit un organe digne d'elle pour la sauver des empreintes de la particularité. La Papauté est, en une sorte, le complément du système de la raison sur la terre.

Avec l'Église, la raison recouvre le trône. Pour ainsi dire ensevelie dans le paganisme, ressuscitée dans Jésus-Christ, depuis, toujours assaillie par les sens, tantôt comme raison spéculative , tantôt comme raison pratique, partout livrée à l'ignorance, à la foule, à la science, aux innombrables raisonnements, la raison ressaisit son sceptre et reçoit la couronne dans l'homme qui sourit à la terre entière. Assistée du Saint-Esprit, l'Église découvre dans son propre sein cet homme universel, et le présente à Dieu qui l'ordonne.

L'impersonnalité rationnelle conclut à l'Infaillibilité ; l'individu, à l'universel ; le relatif, à une réalité Absolue. Les innombrables raisons , errant dans l'espace et le temps , dispersées comme autant de pierres d'attente , se retrouvent édifiées au sein de l'éternelle lumière : la raison est accomplie et confiée à Dieu , mais d'une manière qui ne laisse rien à désirer.

Si l'Église est infaillible, ce n'est point par la puissance de la raison de chacun de ses membres, ni par la réunion de leurs raisons; si l'Église est infaillible, ce n'est point parce qu'elle est la raison générale ; mais c'est, conformément à la Promesse, parce que Dieu est avec elle, qu'elle est la raison générale , c'est-à-dire infaillible, non tombée dans l'humanité, la pure procession de la raison éternelle. Aux yeux d'une haute sagesse, le miracle de la persévérance de la Papauté dans le vrai est un fait aussi naturel que celui de l'existence du monde.

Un miracle perpétuel n'est autre chose qu'une loi ; car toute loi n'est qu'un miracle perpétuel. — Le miracle est une intervention momentanée de Dieu, et la loi une intervention permanente... Il y a miracle lorsque Dieu, à la prière de Josué, arrête le soleil, et aussi, lorsqu'à la prière du monde , il fait graviter les soleils. Le miracle et la loi sont de la même main. Seulement, le premier tient à l'ordre surnaturel , et le second à celui de la nature; l'un vient frapper nos sens d'étonnement , l'autre remplir notre âme d'une admiration continuelle. Mais ce miracle, qui paraît une dérogation aux lois de la nature, n'est que l'application d'une loi de la Nature éternelle, d'une volonté de Dieu envers nous, également constante et immuable. Le miracle est une vraie loi, la loi un véritable miracle. Non, les lois ne sont point naturelles , en la façon dont le prend le vulgaire , mais d'incessantes interventions divines. Et en ce sens élevé, que toute loi n'est qu'un miracle en permanence, un miracle en permanence n'est autre chose qu'une loi, loi de nature éternelle : ainsi la persévérance de la Papauté dans le vrai.

Notre nature appelle l'Infaillibilité par ses deux éléments : la liberté , qui , hors d'elle , perdrait toute garantie, et la raison, dont l'impersonnalité resterait sans effets. Au point de vue supérieur où nous sommes , l'impersonnalité de la raison conclut à une unité et à une infaillibilité qui , seules , répondent à l'unité et à l'universalité du vrai , qu'elle possède en puissance , et non en réalité. L'homme cherche sa raison, la raison son impersonnalité, l'impersonnalité sa source divine. L'Église ne pourrait se refuser à l'Infaillibilité sans ôter une loi à la Création.


1. S. Cyrille ajoute: « Dieu s'est montré sur le mont Sinaï et le « peuple n'a pu soutenir son éclat. L'expérience de notre faiblesse « étant faite, Dieu a opéré ce que désirait l'homme : l'homme désirait entendre la Parole de la bouche d'un être fait comme lui. Les « hommes, oubliant Dieu, s'étaient fabriqué des idoles à formes humaines : Dieu s'est fait homme véritablement, afin de détruire ce « mensonge. »


A suivre... CHAP. XI. l'Eglise, conception explicative.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'INFAILLIBILITÉ

Message  Monique le Mar 30 Aoû 2016, 9:39 am

XI.


L'EGLISE, CONCEPTION EXPLICATIVE.


Celui qui fait de la philosophie et celui qui n'en fait pas , celui qui marche dans la science et celui qui ne la connaît pas, se font la même illusion sur la pensée, sur la manière dont elle saisit la vérité. Pour toute la nature, ce que nous appelons loi , n'est que la conception explicative, dans notre esprit, d'une série de phénomènes. On sait tout ce que l'homme peut dire : il y a là une vérité; affinité, végétation, vitalité, etc. Et quant à cette vérité, Dieu seul la voit... Ainsi de tous les grands faits de ce monde. On les conclut, mais ils sont tous au delà de la science. L'illusion est de les croire en dedans. Chaque époque a ses abstractions , qui forment comme une toile sur sa pensée.

La raison est donnée à l'homme pour le conduire à la vérité , et non pour la lui livrer elle-même ; pour le faire aboutir aux conceptions explicatives de l'ordre des choses visibles, et non pour l'introduire au sein de ces conceptions. Ce qui explique le visible est soi-même invisible. La loi , avec laquelle on connaît tout, est elle-même inconnue ; ce avec quoi on comprend , demeure pour nous un mystère.

Jamais on n'a touché de loi ; personne n'a vu l'affinité , ni l'attraction. La raison dit seulement : il faut que là soit une loi , une force constante qui attire les corps en raison de, etc. Et la science se rend; sinon les faits restent inexplicables. La raison nous laisse sur les frontières du mystère ; elle y conduit , mais s'y arrête. Aussi bien que la substance, l'affinité, la vitalité, toutes les forces sont cachées sous leurs phénomènes. L'ordre entier des causes naturelles échappe aussi complétement à la raison qu'aux sens. Toute la fonction de celle-ci consiste à placer un fait invisible au-dessous du fait que l'on voit. Et l'on n'est dans la raison que lors qu'on en suit la portée.

Ce que la raison ne peut faire dans l'ordre naturel , le pourrait- elle accomplir dans l'ordre surnaturel? Franchira-t-elle le seuil , entrera-t-elle dans le mystère ? L'ordre surnaturel une fois révélé par Dieu (l'ordre naturel l'est par les sens), la raison s'aperçoit également qu'il est la conception explicative de l'ordre de choses que nous voyons.

Dans notre question , par exemple , elle déclare que, si l'homme est libre et responsable, il a droit à la vérité , à la certitude infaillible. Elle conduit ainsi à l'Infaillibilité, qu'elle ne saurait connaître, qu'elle ne saurait fournir. Elle ne peut pas plus la posséder qu'elle ne possède l'attraction, qu'elle n'a pu saisir la loi , ou la faire tomber sous nos sens. Et démontrant la nécessité de l'Infaillibilité sur la terre, la raison conduit logiquement à l'ordre invisible d'où cette Infaillibilité relève, mais elle reste sur la frontière. Et la pensée se rend ; car hors de là les grands faits ne s'expliquent plus. Enfin, quand, au lieu de la vérité , elle signale l'erreur dans notre âme et une pente au mal qui l'emporte sur le penchant au bien , la raison conclut , comme conception explicative , à un ordre de choses renfermant une chute et une réparation pour l'homme , à un ensemble de lois rendant compte de faits que ne peut plus expliquer l'ordre de la nature. Et , de même , quand la métaphysique nous ouvre le grand problème , à savoir : qu'il est aussi impossible à une essence créée de s'élever, n'importe de quelle manière, vers l'Infini sans l'Infini lui-même , que de sortir en premier lieu du néant, la raison ne nous fournit point la notion d'un secours surnaturel, la notion de la grâce, mais la conclut en nous comme toute autre loi, par sa nécessité; et, de la sorte, aboutit à la conception explicative du fait le plus important de la Création. On atteint la raison , on s'assied sur ses rives ; mais il faudrait la suivre jusqu'à son Océan... L'ordre surnaturel n'est que l'ordre des conceptions explicatives de l'ordre de la nature. L'Église a sa démonstration rationnelle comme les lois physiques elle-même. La raison n'est qu'une pierre d'attente. Elle demande sa conclusion éternelle. L'homme entier passe dans la transcendance.

Et dire que la raison n'arrive point là, c'est la détruire. Car elle arrive là sous peine d'absurdité , c'est-à-dire sous peine d'observer des faits sans vouloir y assigner de causes. Elle ignore ces causes, d'elle-même ne les sait découvrir ; mais sait que là ce trouvent ces causes, aussitôt qu'elle est prévenue (1). — Mais ce sont des mystères! — Et nos lois! croyons -nous autre chose que des mystères? Ce sont les faits qui restent des mystères aussi longtemps qu'ils ne sont pas expliqués par ces mystères qu'on appelle les lois. — La raison n'arrive pas jusque-là. — Là, effectivement, se trouvent ses limites , et le commencement de la Foi. Les deux faits viennent se joindre et s'expliquer l'un par l'autre. On a parlé de leur accord ; je le crois bien ! ce sont deux ordres qui se suivent pour se compléter et s'accomplir. Après les sens, la raison qui les éclaire; et après la raison, la Foi.

Ne dites plus que la croyance aux mystères suppose une foi aveugle et qu'elle ne s'appuie sur aucun motif raisonnable, puisque d'abord cette croyance repose sur le caractère divin du Révélateur, et qu'enfin ces mystères sont la raison dernière des faits que nous apercevons. Il n'y a rien dans l'homme de plus élevé en raison que la Foi. La Foi achève la traduction du monde. Et quelle difficulté, ici, de voir sur les confins de la raison paraître effectivement l'Église, quand précisément elle existe! quand elle brille par-dessus tous les évènements de ce monde ; quand on la trouve justement en possession de ce que la raison désire, de tout ce qu'elle a demandé ; rétablissant la liberté et la dignité perdues ; replaçant l'homme au sein de la vérité morale, civile, politique et esthétique même, et déclarant qu'elle apporte, dans leur substance, la Vérité et la Vie? — La raison peut-elle voir plus heureusement aboutir sa grande induction ? plus glorieusement combler ses desiderata sublimes? La Foi n'est que le triomphe de la raison, son immortelle concordance. Et si toutes les lois sont invisibles, au moins l'Église se voit !

Assurément, de même qu'elle ne peut nous donner l'attraction ou l'affinité, la raison ne saurait nous fournir l'Église ; mais elle nous dit, comme pour la nature : là doit être une loi, et une loi qui soit une, sainte, universelle comme la vérité, venant de Dieu comme elle. Et là, aussi, l'humanité la reconnaît. C'est ce qui établit la Foi dans le peuple. Il sait que la pensée qui le mène au plus fort du vrai, au plus abondant du bien, est la vraie : in virtute spissiori, spississimo recti !

Ici, j'arrive dans la force de l'induction. Ici, je passe dans la deuxième sphère, et serais en droit de me prévaloir du fait conclu pour déduire l'enchaînement théologique dans toute son étendue, dans toute son autorité. Je pourrais invoquer les prophéties qui annoncent le fait de l'Église, et, sans surprendre la raison, montrer historiquement Celui qui l'institue : surtout quand sa doctrine est un miracle de pensée, sa loi, un miracle de morale, se faisant jour par un miracle dans les cœurs, la charité, par un miracle sur la terre, la sainteté, et, au moment où Rome et les peuples s'en vont, par un miracle dans l'histoire, la Civilisation chrétienne. Enfin, je pourrais déduire et me dispenser de prouver. Mais je désire ne me prévaloir que faiblement des preuves supérieures, et n'entrer dans l'ordre surnaturel qu'à mesure que j'y serai porté par les faits. Je continue de mesurer mon vol à celui de la pensée du jour.


1 . Il faut qu'elle soit prévenue, c'est-à-dire appliquée à ces faits : elle-même, aussi, ne saurait arriver à l'ordre surnaturel sans l'ordre surnaturel lui-même. Il faut qu'elle soit redressée , c'est-à-dire ramenée aux choses éternelles : là, aussi, elle reprend sa marche et conclut. C'est ce qui a constitué la raison des peuples chrétiens. On croit l'Église, on croit par une foi rationnelle, rationabile obsequium ! « Comment la philosophie ne conclut-elle pas, s'écrie Dom Guéranger, que nos dogmes, loin d'être incompatibles avec la raison, l'élèvent à des hauteurs où elle ne monterait jamais sans eux? » (Du Naturalisme.)


A suivre... CHAP. XII. l'Eglise , concordance et complément de la raison.

Monique

Nombre de messages : 6372
Date d'inscription : 26/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 5 1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum