Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

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Message  Louis le Mer 13 Juil 2016, 5:52 am

CHAPITRE XIV.

Comment l'Enfant-Jésus demeura à Jérusalem.

(suite)

Enfin le troisième jour, retournant à Jérusalem, ils le trouvèrent dans le temple assis au milieu des docteurs. En le voyant, Marie fut pénétrée de la joie la plus vive, et, se mettant à genoux, elle rendit grâces à Dieu en versant des larmes de bonheur. Or, l'Enfant-Jésus apercevant sa Mère, vint à elle, et elle le reçut dans ses bras, le pressa contre son cœur, l'embrassa avec ivresse, colla son visage sur le sien, le tint quelques temps contre son sein, et se reposa ainsi en lui; car, dans ce premier moment, la grandeur de sa joie l'empêchait de proférer aucune parole.

Ensuite arrêtant ses regards sur lui, elle lui dit : « Mon Fils, pourquoi avez-vous agi ainsi à notre égard? Votre père et moi nous vous cherchions en pleurant. » — Et pourquoi me cherchiez-vous ? leur répondit-il. Il faut que je m'emploie aux choses qui regardent le service de mon Père ». Mais ils ne comprirent point cette parole. Sa mère lui dit donc : « Mon Fils, nous allons retourner en notre maison, ne voulez-vous point revenir avec nous? — « Je ferai, reprit-il, ce qui vous sera agréable. » Et il revint avec eux à Nazareth.

Vous avez vu l'affliction de Marie en cette circonstance; mais que devint cet Enfant durant ces trois jours. Regardez-le attentivement : comment il se rend vers quelques-uns des lieux où l'on recevait les indigents; comment il demande avec modestie à y être reçu; comment Jésus, pauvre, mange et demeure avec les pauvres. Regardez-le assis au milieu des docteurs, les écoutant avec un visage calme, où reluit la sagesse et le respect. Il les interrogeait comme s'il eût ignoré, mais il le faisait par humilité, et aussi pour qu'ils n'eussent point à rougir, en écoutant ses réponses admirables.

Vous pouvez considérer dans ce qui vient d'être dit, trois choses dignes de remarque.

Premièrement, c'est que celui qui veut s'attacher à Dieu, ne doit point demeurer parmi ses parents, mais s'en éloigner. L'Enfant-Jésus s'est séparé d'une Mère qu'il aimait tendrement, lorsqu'il voulut s'appliquer aux œuvres de son Père. On le chercha ensuite, mais on ne le trouva ni parmi ses parents, ni parmi ses amis.

Secondement, c'est que celui qui veut vivre spirituellement, ne doit point s'étonner s'il sent son âme aride, s'il lui paraît qu'il est abandonné de Dieu, puisqu'il en est arrivé ainsi à la Mère de Dieu elle-même. Qu'il ne se laisse donc point défaillir en son esprit, mais qu'il cherche avec empressement son Seigneur en persévérant en de saintes méditations et dans les bonnes œuvres, et il le retrouvera.

Troisièmement, c'est qu'on ne doit point s'attacher à son propre sentiment ou à sa volonté particulière. Le Seigneur avait dit qu'il fallait qu'il s'occupât aux œuvres de son Père, et il changea de dessein, suivit la volonté de sa Mère, s'en retourna avec elle et saint Joseph, et il leur était soumis, en quoi vous pouvez encore admirer son humilité, dont nous parlerons bientôt plus abondamment.

Le Seigneur Jésus étant donc sorti du temple…

A suivre : CHAPITRE XV. Ce que Jésus fit depuis sa douzième année jusqu'à sa trentième.

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Message  Louis le Jeu 14 Juil 2016, 5:45 am

CHAPITRE XV.

Ce que Jésus fit depuis sa douzième année jusqu'à sa trentième.

Le Seigneur Jésus étant donc sorti du temple, et revenu de Jérusalem avec ses parents en la ville de Nazareth, leur était soumis, et, il demeura avec eux depuis ce moment jusqu'au commencement de sa trentième année. On ne trouve point dans les Ecritures qu'il ait fait quelque chose durant tout ce temps, ce qui semble tout-à-fait étonnant. Que pourrons-nous donc admirer en lui, et quelles œuvres nous figurerons-nous qu'il ait faites? S'est-il tenu oisif durant un si long temps, en sorte qu'il n'y ait en cette partie de sa vie rien qui mérite d'être raconté ou écrit? S'il avait agi, pourquoi n'en serait-il point parlé, comme de ses autres actions? Cela semble donc tout-à-fait extraordinaire.

Mais apportez ici toute votre attention, car vous pourrez voir bien clairement qu'en ne faisant rien il fit des choses admirables. Tout dans sa conduite est plein de mystère. De même qu'il agissait par vertu, de même il se taisait, se reposait, se séparait de tout par vertu.

Ce Maître suprême, devant donc un jour enseigner les vertus et le chemin de la vie, a commencé dès sa jeunesse à accomplir des œuvres de vertu, mais d'une manière admirable, inconnue et inouïe aux temps qui avaient précédé, c'est-à-dire en se montrant aux yeux des hommes, abject, insensé et inutile, ainsi que vous pouvez vous le figurer dévotement et sans aucune témérité. Cependant, dans cette méditation, je ne prétends rien affirmer, et c'est ce que je fais quand je n'ai point pour appui les Ecritures ou les Docteurs : je vous en ai averti dès le commencement.

Jésus se séparait donc de la société et des entretiens des hommes. Il allait à la synagogue, comme nous dirions à l'église; il y restait longtemps en oraison, mais à l'endroit le moins en évidence. Il revenait ensuite à la maison, y demeurait avec sa Mère, et aidait quelquefois son père nourricier dans ses travaux. Il passait, allant et revenant parmi les hommes, comme s'il n'eût vu personne. Tous étaient dans l'étonnement qu'un jeune homme qui promettait autant, ne fît rien qui semblât digne de louange; ils attendaient de lui des choses merveilleuses, et qui décelassent un homme habile. Car, lorsqu'il était enfant il croissait en âge et en sagesse devant Dieu et devant les hommes; mais depuis l'âge de douze ans jusqu'à sa trentième année et au-delà, on ne vit plus dans ses œuvres rien qui annonçât la capacité ni l'aptitude. Aussi, on s'étonnait, on se moquait de lui et l'on disait : « C'est un être inutile et un idiot, c'est un  homme de néant, un sot et un insensé ». Il n'apprit pas même à lire, et c'était un proverbe parmi ses concitoyens : qu'il était grand de taille et faible d'esprit. Cependant, il tenait si fortement à ce genre de vie, il y persévérait avec tant de constance que tous communément le regardaient comme un être vil et abject. C'était bien en effet ce que le prophète avait dit en parlant de lui : « Je suis un ver de terre et non un homme; je suis l'opprobre des  hommes et l'abjection de mon peuple (1).»

Vous voyez donc ce qu'il opérait en ne faisant rien…
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1. Ps. 21.

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Message  Louis le Ven 15 Juil 2016, 5:47 am

CHAPITRE XV.

Ce que Jésus fit depuis sa douzième année jusqu'à sa trentième.

(suite)

Vous voyez donc ce qu'il opérait en ne faisant rien. Il se rendait, comme je l'ai dit, vil et abject aux yeux de tous. Mais cela vous semble-t-il peu de chose? Pour lui, il n'en avait aucun besoin; mais il n'en était pas ainsi de moi. Assurément je n'estime rien de plus grand parmi nos actions, et je ne connais rien de plus difficile. Il me semble être parvenu à un degré très-élevé, celui qui du fond du cœur et sincèrement sait vaincre et dominer de telle sorte son esprit et les prétentions superbes de la chair, qu'il ne veut plus être considéré comme quelque chose, mais se réjouit d'être regardé comme méprisable et digne de dédain ! Il est plus glorieux d'agir ainsi que de s'emparer des villes par son courage, selon ces paroles de Salomon : « L'homme patient l'emporte sur l'homme fort, et celui qui commande à son cœur, sur celui qui sait prendre les villes dans un combat (2) ».

Ne vous imaginez donc pas avoir fait quelque chose, jusqu'à ce que vous soyez parvenus à ce degré. En effet, puisque, selon la parole du Seigneur, nous sommes véritablement des serviteurs inutiles (1), alors que nous avons bien fait toute chose : jusqu'à ce que nous soyons arrivés à ce degré d'abjection, nous ne sommes rien véritablement, mais nous demeurons et nous marchons dans la vanité. C'est ce que l'Apôtre nous montre aussi très-clairement, lorsqu'il nous dit : « Celui qui pense être quelque chose, alors qu'il n'est rien, se trompe lui-même (2) ». Si vous me demandez pourquoi le Seigneur Jésus agissait ainsi, je vous répondrai que ce n'était pas qu'il en eût besoin, mais afin de nous instruire. Aussi serons-nous inexcusables si nous demeurons sans intelligence. C'est vraiment une abomination de voir un vermisseau, destiné à être la pâture des vers, s'enfler d'orgueil, après que le Seigneur de toute majesté s'est humilié jusqu'à l'abjection.

Mais s'il semble absurde à quelqu'un, que Jésus soit demeuré ainsi inutile, et si l’on dit que les Evangélistes ont omis beaucoup de choses, on peut  répondre qu'il n'était pas inutile de donner un exemple d'une vertu si grande; que c'était même d'une utilité considérable; que c'était poser le fondement vrai et inébranlable de toutes les vertus. D'ailleurs lui-même s'exprime en ces termes dans l'évangile de saint Jean :

« Lorsque le Paraclet que je vous enverrai
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2. Prov., 16. — 1. Luc., 17. — 2 Gal., 6.

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Message  Louis le Sam 16 Juil 2016, 7:45 am

CHAPITRE XV.

Ce que Jésus fit depuis sa douzième année jusqu'à sa trentième.

(suite)

« Lorsque le Paraclet que je vous enverrai de la part de mon Père sera venu, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage de moi , et vous en rendrez témoignage aussi, parce que vous êtes avec moi dès le commencement (1) », c'est-à-dire : comme prédicateurs. Et saint Pierre, lors de l'élection de saint Matthias : « Il faut, dit-il, que nous choisissions un de ces hommes qui ont été en tout temps en notre compagnie, depuis le jour où le Seigneur a commencé à converser avec nous jusqu'au jour où il s'en est séparé, en remontant jusqu'au baptême de Jean (2) ».

Mais alors Jésus commençait sa trentième année, et Jean n'eût pas été son précurseur si la prédication du Seigneur eût commencé auparavant. D'ailleurs, s'il eût prêché déjà, comment n'eût-il pas été connu de ses voisins durant tant d’années, et cependant ils disaient : « N'est-ce point là le fils du charpentier (3)? » Surtout lorsqu'il ne lui fallut dans la suite que peu de jours pour être appelé fils de David par ceux qui l'accompagnaient. Si donc, il eût commencé plutôt ses prédications, s'il se fût rendu remarquable par quelque action considérable, les Evangélistes nous en auraient rapporté quelque chose, et ils ne se seraient point accordés à garder le silence sur tout ce temps. Au reste, ce que j'avance semble être aussi le sentiment de saint Bernard, ainsi que vous le verrez dans le prochain chapitre, où je cite son autorité après celles que je viens de rapporter. Quoiqu'il en soit d'ailleurs, de la vérité de cette assertion, je pense qu'on en peut tirer un pieux sujet de méditation, comme nous allons le faire.

Le Seigneur Jésus, en agissant ainsi, fabriquait donc le glaive de l'humilité, selon qu'il avait été dit par le Prophète : « Ceignez votre glaive sur votre cuisse, ô vous qui êtes très-puissant (1). » Et nul glaive ne lui convenait mieux pour terrasser son superbe adversaire, que celui de l'humilité. Aussi, nous ne lisons pas qu'il se soit servi de celui de sa grandeur, au temps où il en avait le plus besoin, je veux dire au temps de sa Passion, mais plutôt de celui qui lui était opposé. Le même Prophète, élevant ses plaintes vers Dieu le Père en faveur de son Fils, lui dit : « Vous avez éloigné la force de son glaive, et vous ne l'avez point secouru au jour du combat (2). » Vous voyez donc que le Seigneur a commencé par faire avant que d'enseigner, car il devait dire : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur (3). »

Il a voulu d'abord le mettre en pratique…
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1. Joan., 15. — 2. Act.. 1. — 3. Mat. 13. —1. Ps.44.— 2. Ps.88.— 3. Mat., 11.

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Message  Louis le Dim 17 Juil 2016, 5:47 am

CHAPITRE XV.

Ce que Jésus fit depuis sa douzième année jusqu'à sa trentième.

(suite)

Il a voulu d'abord le mettre en pratique, et ce n'était point une apparence chez lui, mais une réalité ; car il était véritablement doux et humble du fond du cœur. La feinte ne pouvait avoir en lui aucun accès ; mais il s'établit et s'enfonça si profondément en l'humilité, l'abaissement et l'abjection, il s'anéantit si parfaitement, aux yeux de tous les hommes, qu'après qu'il eut commencé à prêcher et à enseigner la doctrine la plus élevée et la plus divine, à opérer des œuvres miraculeuses et pleines d'éclat, on ne faisait aucun cas de lui, mais on le vilipendait, on se moquait de lui en disant : « Qu'est-ce que cet homme ? N'est-ce point là le fils du charpentier (1) ? » Et autres paroles semblables de dérision et de mépris. Et ainsi s'accomplit en ce sens cette parole de l'apôtre : « Il s'est anéanti lui-même, en prenant la forme d'un esclave (2). » Et non-seulement la forme d'un esclave quelconque, mais d'un esclave inutile par sa vie humble et méprisable.

Voulez-vous savoir avec quelle puissance il s'est ceint de ce glaive, considérez chacun de ses actes ; l'humilité y jette toujours un vif éclat. Vous l'avez reconnu dans ce que nous avons dit déjà; rappelez-le en votre mémoire. Nous allons voir fréquemment en ce  qui va suivre, qu'il conserva à cette vertu une fidélité qui va en s'augmentant jusqu'à sa mort, et même après sa mort, même après son Ascension.

En effet, n'est-ce pas à la fin de sa vie qu'il a lavé les pieds à ses disciples ? Ne s'est-il pas humilié au-delà de tout ce qu'on peut imaginer en souffrant le supplice de la croix ? N'est-ce pas après sa Résurrection, alors qu'il était glorifié, qu'il appela ses Apôtres, ses frères? « Allez, dit-il à Madeleine, et dites à mes frères que je monte vers mon Père et vers votre Père (1). »

N'est-ce pas après son Ascension qu'il s'est adressé à saint Paul comme à un égal, et qu'il lui a dit avec humilité : « Saül, Saül, pourquoi me persécutez-vous (2)? » Il ne s'appelle pas du nom de Dieu, et il appelle Saul par son nom.

N'est-ce pas assis sur le trône de sa majesté, qu'il doit s'écrier au jour du jugement : « Toutes les fois que vous l'avez fait à un de mes frères, les plus petits qui sont ici, c'est à moi que vous l'avez fait (3). »

Ce n'est point sans raison que Jésus a aimé autant cette vertu : il savait que, de même que l'orgueil est la source de tout péché, de même l'humilité, est le fondement de tout bien et de tout salut. Sans ce fondement, c'est en vain que l'on construit l'édifice.

Aussi n'ayez aucune confiance…
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1. Mat., 13. — 2. Philip., 2. — 1. Joan., 20. — 2. Act., 9. — 3. Mat., 25.

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Message  Louis le Lun 18 Juil 2016, 6:05 am

CHAPITRE XV.

Ce que Jésus fit depuis sa douzième année jusqu'à sa trentième.

(suite)

Aussi n'ayez aucune confiance en votre virginité, en votre pauvreté, en aucune de vos vertus ou de vos œuvres, si elles ne s'appuient sur l'humilité. C'est ici qu'il l'a mise au jour, c'est-à-dire qu'il a montré comment elle peut s'acquérir, et cela par l'humiliation et l'abjection de lui-même à ses yeux et aux yeux de tous les hommes, par l'exercice continuel d'actions qui respirent l'humilité. Allez donc, et faites de même si vous voulez arriver à cette vertu ; car il faut que l'humiliation précède, c'est-à-dire l'abaissement de soi-même et l'accomplissement assidu d'œuvres humbles et viles. — Voici comme en parle saint Bernard : « L'humilité, à laquelle l'humiliation conduit sûrement, est le fondement de tout l'édifice spirituel. L'humiliation est la voie de l'humilité, comme la patience l'est de la paix, comme la lecture l'est de la science. Si vous désirez l'humilité, ne refusez pas de marcher par la voie de l'humiliation; car si vous ne pouvez être humilié, vous ne pourrez point parvenir jusqu'à l'humilité (1). »

Et ailleurs : « Celui dont les efforts tendent à ce qu'il y a de plus haut, doit avoir d'humbles sentiments de soi-même, de peur qu'en s'élevant au-dessus de soi , il ne tombe au-dessous, s'il n'est point solidement affermi en soi-même par une vraie humilité. Et, comme les grandes choses ne s'obtiennent jamais qu'au prix de cette vertu, voilà pourquoi celui qui doit y arriver, est humilié par les châtiments et mérite ces faveurs par son humilité. Lors donc que vous avez à subir l'humiliation, regardez cela comme un signe heureux. C'est, en effet, la marque de la grâce qui approche ; car, de même qu'avant sa ruine, le cœur s'élève, de même avant d'être élevé, il est humilié. Vous lisez l'un et l'autre dans l'Ecriture, à savoir : « Que Dieu résiste aux superbes, et qu'il donne sa grâce aux humbles (1). »

Et, un peu après, saint Bernard ajoute : « C'est peu, lorsque Dieu nous humilie par lui-même, que nous l'acceptions volontiers, si nous n'agissons de même lorsque Dieu nous humilie par le moyen des autres. C'est pourquoi, considérez un exemple admirable de cette manière d'agir dans le saint roi David : Un jour il fut maudit par un serviteur; mais il fut insensible aux injures dont on l'accablait, car il pressentait la grâce. « Quelle communauté d'intérêts y a-t-il entre vous et moi, enfants de Sarvia (2)? dit-il à ceux qui voulaient punir le coupable. »  O homme vraiment selon le cœur de Dieu, que cet homme qui a jugé qu'il valait mieux se fâcher et se mettre en colère contre ceux qui voulaient le venger que contre celui qui l'outrageait ! » Aussi s'écriait-il avec une conscience assurée (1) : « Si j'ai rendu le mal à ceux qui m'avaient injurié; je consens à succomber sous les efforts de mes ennemis (2). »

Contentons-nous, pour le moment, de ce qui vient d'être dit de l'humilité.

Revenons à considérer les actes et la vie du Seigneur Jésus…
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1. Epist., 87. —  1. Jac . 4. — 2. II, Reg., 16. —1. Ps. 7. — 2. Serm., 24, sup. cant.

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Message  Louis le Mar 19 Juil 2016, 6:00 am

CHAPITRE XV.

Ce que Jésus fit depuis sa douzième année jusqu'à sa trentième.
(suite)

Revenons à considérer les actes et la vie du Seigneur Jésus, notre modèle, comme c'est notre but principal. Tenez-vous donc, comme présente à tout, ainsi que je vous l'ai dit souvent. Voyez cette famille bénie entre toutes, mais observant une pauvreté rigoureuse, et menant une vie tout-à-fait humble. L'heureux vieillard Joseph tirait ce qu'il pouvait de son état de charpentier. Marie trouvait quelques moyens de subsistance, dans son aiguille et son fuseau ; elle s'occupait aussi des autres charges de la maison, lesquelles sont multipliées, comme vous le savez bien ; elle préparait à manger à son époux et à son Fils, et faisait toutes les autres choses nécessaires en un ménage, car elle n'avait personne pour la servir.

Compatissez-lui donc, en la voyant ainsi travailler de ses mains. Compatissez aussi au Seigneur Jésus, qui l'aidait et s'employait avec empressement en tout ce qu'il pouvait faire; car il n'est pas venu pour être servi, mais pour servir (1), ainsi qu'il le dit. Il l'aidait donc à mettre leur petite table, à préparer les lits, et dans les choses les plus communes qu'exige le soin d'une maison. Contemplez-le s'acquittant avec perfection de ces humbles emplois, et tenez en même temps vos regards attachés sur sa Mère.

Considérez aussi comment ces trois saints personnages mangent chaque jour ensemble, à une même table, nullement inquiets d'avoir une nourriture exquise et recherchée, mais contents d'un repas où se montrent la sobriété et la pauvreté. Après le repas, ils se livrent à des entretiens où rien d'inutile et de vain n'apparaît, mais où respirent la sagesse et l'Esprit-Saint; et ainsi l'esprit ne reçoit pas une nourriture moins abondante que le corps. Après s'être de la sorte récréés quelques moments, ils se retirent pour prier dans leurs petites cellules, car leur maison n'était pas grande. Considérez ces chambres ; il y en a une pour chacun. Remarquez le Seigneur Jésus qui, après avoir prié, se couche chaque soir sur la terre nue, aussi humblement, aussi pauvrement, que le dernier d'entre les malheureux, et cela pendant le cours d'un temps si long.

Aussi devriez-vous chaque soir le contempler en cet état sans jamais vous lasser. — O Dieu caché, pourquoi affligiez vous ainsi votre corps innocent? La fatigue d'une seule nuit devait suffire à la rédemption du monde. C'était votre amour immense qui vous portait à agir ainsi; vous étiez consumé d'un zèle dévorant pour la brebis perdue; vous vouliez la rapporter sur vos épaules dans les pâturages célestes. O Roi des rois, Dieu éternel, c'est vous qui subvenez à la misère de tous les hommes ; c'est vous qui leur donnez toutes choses avec abondance, selon que l'exige la condition de chacun ; et vous avez choisi pour vous une si grande pauvreté, un tel abaissement, tant de rigueur dans vos veilles, dans votre sommeil, dans vos repas, dans vos jeûnes, dans tous les autres actes de la vie, et cela pendant un temps si long ! Où sont donc ceux qui cherchent le repos du corps? Ceux qui courent après les vêtements curieux et brillants ? Ce n'est pas ainsi que nous avons été instruits à l'école de notre Maître, nous qui soupirons après ces choses. Sommes-nous plus sages que lui ?

Il nous a enseigné, par ses paroles et par ses exemples, l'humilité, la pauvreté, la mortification du corps et le travail. Suivons donc notre Maître suprême : il ne veut point nous tromper ; il ne saurait se tromper; et ayant, selon la doctrine de l'Apôtre, la nourriture et le vêtement, sachons nous en contenter (1) : c'est assez pour subvenir convenablement à ce qui nous est nécessaire; évitons la surabondance. Appliquons-nous aussi continuellement, sans jamais nous relâcher et avec une vigilance entière, aux exercices des autres vertus et au soin de notre avancement spirituel.
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1. Mat., 20. — 1. Tim. , 6.

A suivre: CHAPITRE XVI. Du baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.

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Message  Louis le Mer 20 Juil 2016, 6:27 am

CHAPITRE XVI.

Du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Jésus était donc parvenu à la fin de sa vingt-neuvième année, ayant vécu aussi péniblement et aussi humblement que nous l'avons raconté; alors il dit à sa Mère : « Il est temps que je m'en aille, et que je glorifie mon Père en le faisant connaître ; il est temps que je me montre, et que j'opère le salut du monde pour lequel mon Père m'a envoyé ici-bas. Demeurez donc forte, ô bonne Mère, car je reviendrai bientôt à vous. » Et le Maître de l'humilité, se mettant à genoux, lui demanda sa bénédiction. Mais, s'agenouillant elle-même, et l'embrassant avec larmes, elle lui dit, pleine de tendresse : « O mon Fils béni! allez avec la bénédiction de votre Père et la mienne ; souvenez-vous de moi, et ayez soin de revenir au plus tôt. » Il lui fit donc respectueusement ses adieux, ainsi qu'à Joseph, son père nourricier, et il se dirigea de Nazareth vers Jérusalem, pour se rendre au Jourdain, où Jean baptisait, en un lieu éloigné de dix-huit milles de cette ville.

Le Maître du monde s'avance seul, car il n'avait pas encore de disciples. Pour Dieu, contemplez-le avec attention; voyez comment il poursuit sa marche sans aucune société, nu pieds, pendant un voyage aussi long, et témoignez-lui une compassion profonde. O Seigneur ! en quel lieu vous rendez-vous? N'êtes-vous pas au-dessus de tous les rois de la terre? O Seigneur ! où sont donc les grands, les généraux, les soldats, les chevaux, les chameaux, les éléphants, les chars, les serviteurs et toute la suite de votre cour?
Où sont ceux qui doivent vous environner et vous défendre contre les abords indiscrets de la foule, comme c'est la coutume des rois et des grands?

Où sont et l'éclat des trompettes, et le retentissement de tous les instruments de musique, et les étendards de votre royauté ?

Où sont les hommes qui vous précèdent, afin de préparer les logements et tout ce qui est nécessaire en pareil cas ?

Où sont les honneurs et les pompes que nous autres vermisseaux avons coutume de déployer en ces circonstances? Seigneur ! les cieux et la terre ne sont-ils pas pleins de votre gloire ?

Comment donc allez-vous ainsi sans nul éclat? N'est-ce point vous qu'un million d'Anges s'empressent de servir dans votre royaume (1)? N'êtes-vous point celui que mille millions d'esprits environnent? Pourquoi donc vous avancez-vous ainsi sans que personne vous accompagne, et foulant la terre de vos pieds nus?

Mais vous n'êtes pas dans votre royaume; c'est là, je crois, la cause d'une telle conduite ; votre royaume n'est pas de ce monde (2). Vous vous êtes anéanti en prenant la forme d'un esclave (3)  et non d'un roi ; vous vous êtes rendu comme un d'entre nous, étranger et voyageur comme tous nos pères; vous vous êtes fait esclave, afin que nous devinssions des rois; car vous êtes venu pour nous conduire à votre royaume; et vous avez placé la voie devant nos yeux, afin que nous puissions y monter. Mais pourquoi négligeons-nous de parcourir cette voie?

Pourquoi ne vous suivons-nous pas? Pourquoi ne nous humilions-nous point nous-mêmes ? Pourquoi recherchons-nous et retenons-nous avec tant d'ardeur les pompes et les honneurs, ce qui est vain et caduc? Sans doute, parce que notre royaume est de ce monde ; parce que nous ne nous considérons pas comme des voyageurs ; et ainsi, nous nous jetons, tête baissée, dans tous ces maux.

O pauvres enfants des hommes ! pourquoi…
__________________________________

1. Dan., 7. — 2. Joan., 18. — 3. Philip., 2.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Jeu 21 Juil 2016, 5:45 am

CHAPITRE XVI.

Du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.

(suite)

O pauvres enfants des hommes ! pourquoi prenons-nous ce qui est vain pour ce qui est véritable, ce qui est débile pour ce qui est inébranlable et assuré, ce qui finit avec le temps pour ce qui est éternel? Pourquoi l'embrassons-nous avec autant d'ardeur? Assurément, ô bon Jésus, si nous considérions bien fermement que nous ne sommes que des voyageurs et des étrangers, nous vous suivrions facilement, et, nous bornant à ne prendre de ces choses visibles que ce qui nous est absolument nécessaire, nous ne mettrions aucun retard à courir après l'odeur de vos parfums ; nous serions alors sans fardeaux ; nous regarderions ces choses passagères comme déjà passées, et nous les mépriserions avec bonheur.

Le Seigneur Jésus s'avance donc humblement en continuant sa marche de chaque jour, jusqu'à ce qu'il atteigne les bords du Jourdain. Y étant enfin arrivé, il trouve Jean qui baptisait des pécheurs, et une foule nombreuse qui était accourue à ses prédications ; car on pensait qu'il était le Christ. Or, le Seigneur Jésus lui dit : « Je vous prie de m'admettre au baptême avec ces hommes. » Mais Jean l'ayant regardé, l'Esprit-Saint le lui fit reconnaître ; et aussitôt, rempli de crainte, il lui dit : « Seigneur, c'est moi qui dois recevoir le baptême de vos mains. » Jésus lui répondit : « Laissez-moi faire pour cette heure; car c'est ainsi qu'il faut que nous accomplissions toute justice.(1) Ne dites rien pour le moment et ne me faites pas reconnaître : mon temps n'est pas encore venu; mais baptisez-moi. C'est maintenant le temps de l'humilité : voilà pourquoi je veux accomplir toute humilité. »

Méditez donc encore ici sur l'humilité ; car c'est le lieu où il nous faut en traiter : vous devez savoir qu'en cet endroit la Glose dit : « L'humilité a trois degrés : le premier, c'est de se soumettre à celui qui est plus élevé, et de ne pas se préférer à son égal; le second, de se soumettre à son égal, et de ne pas se préférer à son inférieur; le troisième, de se soumettre à son inférieur. C'est ce degré que Jésus-Christ nous révèle aujourd'hui en sa personne ; et ainsi il a accompli toute humilité. » Vous voyez combien s'est augmentée cette humilité depuis le dernier chapitre : ici Jésus se soumet à son serviteur, il s'abaisse, tandis qu'il justifie celui-ci, qu'il le glorifie.

Elle s'est accrue encore d'une autre manière : jusqu'à présent, Jésus a vécu sans apparence, comme un homme inutile et abject; mais aujourd'hui, il veut se montrer comme un pécheur, car Jean prêchait la pénitence aux pécheurs ; il les baptisait, et Jésus est parmi eux ; il demande le baptême en leur présence.

Voici ce que dit saint Bernard sur cette circonstance : …
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1. Mat., 3.

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Message  Louis le Ven 22 Juil 2016, 5:55 am

CHAPITRE XVI.

Du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.

(suite)

Voici ce que dit saint Bernard sur cette circonstance : « Il est venu au baptême de Jean parmi la foule du peuple ; il s'est présenté comme s'il eût été un homme ordinaire, lui qui seul était sans péché. Qui le croirait le Fils de Dieu? Qui se douterait qu'il est le Seigneur de toute majesté? O Seigneur ! vous vous humiliez profondément, vous aimez trop à vous cacher; mais vous ne pourrez point tromper les regards de Jean (1).» Ainsi parle saint Bernard.

Il est permis de dire la même chose de la circoncision, parce qu'alors il voulut paraître un pécheur; mais en ce jour il y a plus encore : c'est publiquement qu'il se montre ainsi, en présence de la foule, et non aux yeux de quelques témoins seulement. Au moins, n'y avait-il pas lieu d'appréhender, puisque son intention était de s'appliquer bientôt à la prédication, qu'il ne fût méprisé comme un pécheur? Cette considération n'a pas empêché le Maître de l'humilité de s'humilier le plus profondément possible. Il a donc voulu paraître ce qu'il n'était pas, pour s'abaisser et se rendre méprisable, mais aussi pour nous instruire en même temps ; et nous, au contraire, nous voulons apparaître ce que nous ne sommes pas, afin de nous attirer des louanges et des honneurs. S'il y a en nous quelque semblant de perfection, nous en faisons parade; mais pour les défauts, nous les cachons, alors que nous sommes vraiment pécheurs et méchants. Quelle est donc notre humilité?

Écoutez, non point ma parole, mais celle de saint Bernard sur ce sujet :

«  Il est une humilité que la charité forme et enflamme ; il est une humilité que la vérité produit en nous, et elle n'est point enflammée. Or, celle-ci consiste dans la connaissance ; celle-là dans l'amour. Si vous vous considérez bien vous-même au flambeau de la vérité, si vous vous jugez sans vous flatter, assurément vous vous humilierez, et cette connaissance vraie de vous-même vous rendra plus vil à vos yeux que vous ne l'êtes, bien que peut-être vous ne consentiez pas à le paraître aux yeux des autres. Vous serez donc humble, mais ce ne sera que l'œuvre de la vérité, et l'infusion de la charité ne paraîtra point encore.

« Car, si l'amour agissait sur vous aussi efficacement que la vérité qui, vous illuminant de son éclat, vous a montré si véritablement et si salutairement ce que vous étiez , si , dis-je , l'amour agissait ainsi sur vous, nul doute que vous ne voulussiez, autant qu'il est en vous, que tous pensassent de vous comme la vérité vous a appris à en penser vous-même ; j'ai dit que vous le voudriez autant qu'il est en vous, car, le plus souvent, il ne convient pas que tous connaissent ce que nous savons de nous-mêmes; la charité de la vérité et la vérité de la charité nous empêchent de rendre public ce qui peut être un scandale à qui en serait instruit.

« Mais si c'est par amour-propre que vous retenez au-dedans de vous le jugement de la vérité, qui peut douter que vous n'ayez que peu d'amour pour elle, puisque vous lui préférez votre intérêt particulier ou votre honneur? »

Et plus loin…
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1. Serm., I. in Epist.

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Message  Louis le Sam 23 Juil 2016, 5:42 am

CHAPITRE XVI.

Du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.

(suite)

Et plus loin :

« Si déjà vous êtes bien humilié en vous-même de cette humilité inévitable, que la vérité qui sonde les reins et les cœurs, imprime dans l'âme vigilante, appelez le secours de votre volonté, et de nécessité faites vertu ; car il n'y a aucune vertu sans le consentement de la volonté. C'est ce qui aura lieu si vous ne cherchez pas à paraître au-dehors autrement que vous n'êtes intérieurement. S'il n'en est point ainsi, alors craignez qu'on ne lise pour vous ces paroles : « Il a agi avec tromperie en présence du Seigneur, en sorte que son iniquité l'a rendu l'objet de sa haine (1) ». — « Le double poids, dit l'Ecriture, est une chose abominable aux yeux de Dieu (2) ».

« Quoi donc! dans la balance de la vérité vous vous dépréciez sans rien craindre en secret, et, ensuite, usant au-dehors d'une autre mesure, vous voulez vous vendre à nous à un poids plus considérable que vous n'avez été marqué par la vérité?  

« Craignez Dieu, et gardez-vous de faire une chose si abominable, que de permettre à votre volonté de vous élever alors que la vérité vous humilie : agir ainsi, c'est résister à la vérité, c'est combattre contre Dieu.

« Acquiescez plutôt au Seigneur; que votre volonté soit soumise à la vérité, et non-seulement qu'elle lui soit soumise, mais qu'elle lui soit dévouée. Est-ce que mon âme ne sera pas soumise à Dieu (3), dit, le Prophète? Mais c'est peu d'être soumis à Dieu, si vous ne l'êtes aussi à toute créature sur la terre à cause de Dieu, soit à votre abbé, comme revêtu du commandement, soit aux prieurs comme institués par lui.

« Je dis plus : c'est à vos égaux que vous devez vous soumettre, c'est à vos inférieurs; car il convient, dit le Seigneur, que nous accomplissions toute justice. Prévenez, vous aussi, celui qui est au-dessous de vous, si vous voulez être parfait en justice; témoignez de la déférence pour votre inférieur, inclinez-vous devant celui qui est moindre que vous (1). »

Ainsi parle saint Bernard, et il ajoute ailleurs : « Quel est celui qui est juste, sinon celui qui est humble? Lorsque le Seigneur se mettait dans les mains de Jean-Baptiste, son serviteur, lorsqu'il s'abaissait devant lui, et que celui-ci tremblait devant sa Majesté »; « Laissez, dit-il, car il convient que nous accomplissions toute justice (2), faisant consister la consommation de la parfaite justice dans la perfection de l'humilité. Le juste est donc celui qui est humble (3). »

Or, cette justice apparaît en toute vérité dans l'homme humble, en ce qu'il rend à chacun ce qui lui est dû. Il ne prend rien de ce qui est à autrui; mais il donne à Dieu la gloire, et il retient pour lui l'abaissement. Vous comprendrez encore mieux cela, si vous voulez considérer l'injustice de l'orgueil, qui s'empare pour son compte des biens du Seigneur.

Le même saint Bernard s'exprime ainsi sur ce point…
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1. Ps. 35. — 2. Prov., 20. — 3. Ps. 61. — 1. Serm. 12 sup. cant. — 2. Mat., 3. — 3. Sup. cant., 47.

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Message  Louis le Dim 24 Juil 2016, 5:43 am

CHAPITRE XVI.

Du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.
(suite)

Le même saint Bernard s'exprime ainsi sur ce point : « De même que de grands maux ont coutume de sortir de grands biens, lorsque nous nous servons des dons du Seigneur, sans les considérer comme un présent de sa bonté, et sans lui en renvoyer la gloire, de même ceux qui paraissent les plus grands à cause de la grâce qu'ils ont reçue, sont réputés les plus petits à ses yeux pour ne la lui avoir pas rapportée. Pour moi, je vous épargne. Je me suis servi de paroles trop faibles lorsque j'ai dit : les plus grands, les plus petits ; je n'ai point exprimé toute la vérité. J'ai voilé la disproportion qui existe entre ces sortes de personnes, je la mettrai à nu; j'aurais dû dire : les meilleurs et les pires. Car, véritablement et sans aucun doute, celui-là est d'autant plus mauvais, qu'il est jugé meilleur; ce qui le rend meilleur, il se l'attribue à soi-même. Et je dis que c'est la pire des choses. Si quelqu'un dit (Dieu nous en préserve) : Je reconnais que c'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis (1) ; et qu'aussitôt il mette toute son occupation à courir après la gloire , en raison de la grâce qu'il a reçue, n'est-il pas un voleur et un larron? Qu'il écoute sa sentence, celui qui en est là : « Serviteur méchant, c'est d'après vos paroles que je vous juge (2). »

Qu'y a-t-il de plus méchant, en effet, qu'un serviteur qui usurpe la gloire de son maître (3)? » Telles sont les paroles de saint Bernard.

Vous voyez comment la perfection de la justice consiste dans l'humilité ; que c'est ainsi qu'elle ne ravit point l'honneur qui est dû à Dieu, et qu'elle ne s'attribue point ce qui ne lui appartient pas. Assurément, elle ne blesse pas non plus les droits du prochain. Celui qui est humble ne juge personne, ne se préfère à aucun, se regarde comme le plus petit entre tous, et choisit pour lui la dernière place.

Saint Bernard parle ainsi sur ce sujet : « Que savez-vous, ô hommes, si celui-là seul que vous réputez le plus vil et le plus misérable de tous, celui dont vous avez en horreur la vie criminelle et tout-à-fait abominable, que vous jugez pour cela digne de vos mépris , que vous placez non-seulement au-dessous de vous, qui avez la confiance peut-être de vivre dans la sobriété, la justice et la piété, mais au-dessous de tous les scélérats comme le plus scélérat de tous; que savez-vous, dis-je , si un jour, par un changement de la main du Très-Haut en sa personne , il ne sera pas meilleur que vous et eux? Si déjà il n'est pas ainsi dans la pensée de Dieu, qui est vérité ? Voilà pourquoi le Seigneur n'a pas voulu que nous ne prissions qu'une place peu distinguée, ni même l'avant-dernière, ni que nous  fussions rangés parmi les derniers; mais asseyez-vous, dit-il, à la dernière place (1), en sorte que vous soyez seul le dernier entre tous, et que vous n'ayez pas la présomption, je ne dis pas de vous préférer, mais même de vous comparer à aucun (2). »

Cette vertu d'humilité est encore recommandée en un grand nombre d'endroits par le même saint Bernard ; car c'est ainsi qu'il en parle : « C'est une mère glorieuse et sublime que la vertu d'humilité qui mérite d'apprendre ce qui ne s'enseigne pas; qui est jugée digne d'acquérir ce que la science ne peut donner; digne de concevoir du Verbe et par le Verbe ce qu'elle-même est impuissante à expliquer par ses paroles. Pourquoi cela? Ce n'est point qu'elle l'ait mérité, mais parce qu'il a plu qu'il en fût ainsi au Père de Jésus-Christ, notre Seigneur, le Verbe époux de nos âmes, qui est notre Dieu béni sur toutes choses dans tous les siècles (3) ». — « L'humilité est une vertu par laquelle l'homme…
_________________________________________________

1. I Cor., 16. — 2. Luc., 19. — 3 Sup. cant., 84. — 1. Luc., 14. — 2 Serm. 37 sup. cant. — 3 Serm. 85 sup. cant.

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Message  Louis le Lun 25 Juil 2016, 5:50 am

CHAPITRE XVI.

Du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.

(suite)

— « L'humilité est une vertu par laquelle l’homme, fondé sur une vraie connaissance de soi-même, devient vil à ses propres yeux (1) »

— « La vertu d'humilité seule est la réparation de la charité injuriée (2) ».

— « L'humilité seule n'a point coutume de se glorifier, elle ignore la présomption, et n'est point dans l'usage de disputer. Celui qui est vraiment humble, n'a point la prétention de ne point errer; il ne cherche point à soumettre les autres à son jugement. Or, l'humilité nous réconcilie avec Dieu, qui aime à la voir en nos cœurs (3) ».

— « La vertu d'humilité a toujours coutume d'être l'amie intime de la grâce divine. C'est la charité de Dieu qui, pour conserver en nous l'humilité, fait que, plus on avance dans la vertu , moins on croit avoir fait de progrès; et si quelqu'un arrive jusqu'aux degrés les plus élevés de la vie spirituelle, il lui restera encore quelque chose de l'imperfection du premier degré , en sorte qu'il croira à peine avoir acquis même ce premier degré (4) ».

— C'est une belle union que celle de la virginité et de l'humilité. Elle ne plaît pas médiocrement, cette âme dont l'humilité recommande la virginité, et dont la virginité sert d'ornement à l'humilité. Mais de quelle vénération, croyez-vous que sera digne, celle dont la fécondité exalte l'humilité, et dont l'enfantement consacre la virginité ? Vous avez entendu celle qui est vierge; vous avez entendu celle qui est humble. Si vous ne pouvez imiter la virginité de celle qui est humble, imitez au moins l'humilité de la Vierge. C'est une vertu digne de louanges que la virginité ; mais l'humilité est plus nécessaire. Celle-là est conseillée, celle-ci est ordonnée. Vous êtes invitée à l'une, on vous commande d'avoir l'autre. De l'une l'on vous dit : « Que celui qui peut comprendre, comprenne (1) » ; de l'autre , au contraire : « Quiconque ne deviendra point semblable à ce petit enfant , n'entrera point dans le royaume des cieux (2) ». L'une reçoit donc une récompense, l'autre est exigée. Vous pouvez vous sauver sans la virginité, vous ne le pouvez pas sans l'humilité. L'humilité qui déplore la virginité perdue, peut, dis-je, être agréable. Sans l'humilité, j'ose le dire, la virginité de Marie n'eût pas trouvé grâce. « Sur qui, dit le Seigneur, reposera mon Esprit, sinon sur celui qui est humble et pacifique (3) ? »

« Si donc Marie n'eût pas été humble…
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1. De grad. hum. — 2. In Nat. Dom., 2 . — 3. Epist. , 42 — 4. Serm. 4 sup. missus est.— 1. Mat. 18. — 2. Mat., 18. — 3. Ps., 66.


Dernière édition par Louis le Mar 26 Juil 2016, 6:29 am, édité 1 fois (Raison : Balises.)

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Message  Louis le Mar 26 Juil 2016, 6:11 am

CHAPITRE XVI.

Du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.
(suite)

« Si donc Marie n'eût pas été humble, l'Esprit-Saint ne se fût point reposé sur elle, il ne l'eût point rendue mère; car comment aurait-elle conçu de lui sans lui? Ainsi, il est clair que pour qu'elle ait conçu du Saint-Esprit, il a fallu qu'il regardât l'humilité de sa servante plutôt que sa virginité; ainsi, il est certain encore que si la virginité a été agréable, c'est à l'humilité qu'elle a dû cette faveur.

« Que dites-vous, ô vierge orgueilleuse? Marie oublie sa virginité, elle se glorifie de son humilité; et vous, laissant de côté l’humilité, vous vous complaisez dans votre virginité ! « Il a regardé, dit-elle, la bassesse de sa servante (1) ». Quelle est celle qui tient ce langage? C'est la Vierge vraiment sainte, la Vierge sobre, la Vierge dévouée. Êtes-vous plus qu'elle? Votre dévouement est-il plus grand? Votre pureté est-elle par hasard plus agréable que la pureté de Marie? Sera-t-elle suffisante pour plaire sans l'humilité, quand la sienne ne l'a pu? Enfin, plus vous êtes recommandable par le don singulier de la chasteté, plus vous vous faites injure à vous-même, si vous souillez l'éclat de votre vie par le mélange de l'orgueil (2) ».

— « La charité, la chasteté, l'humilité, n'ont en apparence aucun éclat; cependant elles en ont un réel, non médiocre, qui peut réjouir même les regards de Dieu. Qu'y a-t-il de plus brillant que la chasteté qui a rendu pur celui dont l'origine était impure, qui d'un ennemi a fait un habitant de la maison, un ange de celui qui n'était qu'un homme? L'homme pudique et l'ange diffèrent, il est vrai, entre eux; mais c'est par la félicité, et non par la vertu. Et si la chasteté de l'un est plus heureuse dans son bonheur, celle de l'autre est empreinte d'une force plus grande. La chasteté seule, dans ce lieu et ce temps où nous sommes soumis à la mort, représente d'une certaine manière l'état glorieux de l'immortalité. Seule, elle revendique pour soi, en repoussant les solennités nuptiales, ce qui est en usage dans cette région bienheureuse, où l'on ne se marie pas; et elle nous fait expérimenter en quelque façon cette vie céleste. Cependant ce vase fragile que nous portons, ce vase avec lequel nous courons des dangers fréquents, la chasteté le conserve dans un état de sanctification, comme un parfum odorant conserve les cadavres contre les atteintes de la corruption. Elle contient et enchaîne nos sens et nos membres, de peur qu'ils ne se dissolvent dans le repos, qu'ils ne se corrompent dans leurs désirs et que les voluptés de la chair ne les fassent tomber en putréfaction. Cependant, de quelque éclat que la chasteté semble briller par elle-même, sans la charité elle n'a ni prix ni mérite. Et en cela rien d'étonnant : quel bien, en effet, offre quelque valeur sans la charité ? La foi? Mais non, pas même lorsqu'elle transporte des montagnes. La science? mais non, pas même celle qui parle le langage des Anges. Le martyre? mais non, pas même, dit l'Apôtre, celui qui je livrerai mon corps aux flammes (1). Sans elle aucun bien n'est considéré, mais avec elle le plus léger ne saurait être rejeté.La chasteté sans la charité, c'est une lampe sans huile : ôtez l’huile, la lampe ne jette aucune éclat; enlevez la charité, et la chasteté cesse de plaire.

— « Des trois vertus que nous nous sommes proposé de traiter, il ne reste plus que l'humilité qui est tellement nécessaire aux deux premières, que, sans elle, elles ne semblent point être des vertus. En effet, c'est l'humilité qui nous fait obtenir la chasteté et la charité, et c'est aux humbles que le Seigneur donne sa grâce (1). L'humilité conserve aussi les vertus que nous avons reçues, parce que l'Esprit de Dieu ne se reposera que sur celui qui est pacifique et humble (2). Elle consomme ce qu'elle a conservé, car la vertu devient parfaite dans l’infirmité, c'est-à-dire dans l'humilité. Elle détruit l'orgueil, cet ennemi de toute grâce et le commencement de tout péché, et elle éloigne, tant de soi que des autres vertus, sa tyrannie superbe. Et comme c'est de tous les biens qui lui sont étrangers, quels qu'ils soient, que l'orgueil a coutume surtout d'accroître sa force, l'humilité seule, se plaçant comme un avant fort et un rempart de toutes les vertus, résiste à sa malice et court au-devant de sa présomption (3). »

Vous venez d'entendre du très-véridique et très-humble saint Bernard…
___________________________________________

1. Luc., 1. — 2. Serm. I sup. missus est.— 1. Cor., 13. — 1. Jac., 4, 2. — 2. Ps. 66 — 3. Epist., 72.


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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Mer 27 Juil 2016, 5:52 am

CHAPITRE XVI.

Du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ.

(suite)

Vous venez d'entendre du très-véridique et très-humble saint Bernard, beaucoup de choses magnifiques sur l'humilité. Appliquez-vous aussi à bien comprendre ce qu'il dit, en passant, des autres vertus, et à le mettre en pratique. Mais revenons au baptême du Seigneur. Lorsque Jean eut vu la volonté de Jésus, il se soumit et le baptisa.

Maintenant, considérez attentivement votre Sauveur. Voilà que le Dieu de toute majesté se dépouille comme le dernier des hommes; il est plongé dans les eaux pendant une saison rigoureuse. Poussé par son amour pour nous, il opère notre salut en établissant le sacrement de Baptême et en lavant nos crimes. Il prend donc pour épouse l'Église universelle, et en particulier toutes les âmes fidèles ; car c'est dans la foi du baptême que se forme notre union inséparable avec Jésus-Christ, le Prophète ayant dit en sa personne :
« Vous deviendrez mon épouse par la foi (1).» Voilà pourquoi cette solennité et cette action sont grandes et d'une utilité immense. Et si nous chantons qu'en ce jour l'Eglise s'est unie à son céleste Epoux, c'est qu'en ce jour, il a lavé ses crimes dans le Jourdain.

En cette œuvre excellente, toute la Trinité s'est manifestée d'une manière singulière : l'Esprit-Saint est descendu et s'est reposé sur Jésus-Christ en forme de colombe, et la voix du Père a fait entendre avec éclat ces paroles : « C'est là mon, Fils bien-aimé en qui j'ai mis mes complaisances (2).»  Saint Bernard s'écrie à cet endroit :

« Écoutez-le, nous dit le Père : au moins maintenant, Seigneur Jésus, daignez nous parler; vous en avez reçu le pouvoir de votre Père. Combien de temps, vous qui êtes la vertu et la sagesse de Dieu, vous cacherez-vous parmi le peuple, comme un homme faible et insensé? Combien de temps, ô glorieux Roi, Roi du ciel! souffrirez-vous qu'on vous appelle et qu'on vous croie le fils d'un ouvrier? En effet, saint Luc rend témoignage qu'on le regardait encore comme le fils de Joseph. O humilité de Jésus-Christ! combien tu confonds le superbe de ma vanité ! Je ne sais que peu de chose, et il me semble que je sais beaucoup ; et je ne puis garder le silence.

« Je me laisse aller à mon imprudence et à ma témérité ; je me montre avec orgueil plein d'empressement à parler, prompt à enseigner et lent à écouter. Et Jésus-Christ lorsqu'il gardait un silence si prolongé, lorsqu'il se cachait si soigneusement, craignait-il donc la vaine gloire? Cependant qu'aurait-il pu redouter de ce côté, lui qui est la vraie gloire du Père ? Il craignait néanmoins, mais non pour lui ; il craignait pour nous ce qu'il savait être véritablement à craindre. Il prenait des précautions pour nous, il nous instruisait ; sa bouche gardait, le silence, mais ses œuvres étaient une prédication, et déjà, par son exemple, il criait ce qu'il a enseigné dans la suite  par ses paroles : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur (1). J'ai appris bien peu de choses de l'enfance du Seigneur, et jusqu'à sa trentième année, je ne trouve rien. Mais maintenant il ne peut plus demeurer caché, puisque son Père le fait connaître ouvertement. »

Ainsi parle saint Bernard. C'est là le passage que j'ai indiqué dans le chapitre précédent pour vous montrer comment le Seigneur Jésus garda humblement le silence pour notre instruction.

Vous voyez donc comment sa vie répand un parfum d'humilité. Je vous parle volontiers de cette vertu, parce que c'est une vertu vraiment magnifique et dont nous avons le plus pressant besoin ; une vertu que nous devons chercher avec d'autant plus d'empressement, chérir avec d'autant plus d'affection, que le Seigneur s'est appliqué en toutes ses actions à la pratiquer d'une manière toute singulière.

Aussitôt que le Seigneur Jésus eut été baptisé, il s'en alla…
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1. Os., 2. — 2. Mar., 1 — 1. Mat., 11.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Jeu 28 Juil 2016, 6:20 am

.
CHAPITRE XVII.

Du jeûne et des tentations de Jésus-Christ. — De son retour vers sa Mère. — De quatre moyens pour arriver ai la pureté du cœur.  — Plusieurs excellentes choses touchant l'oraison. — De la résistance a la gourmandise. — Pourquoi et en faveur de qui le Seigneur fait des miracles.


Aussitôt que le Seigneur Jésus eut été baptisé, il s'en alla dans le désert sur une montagne (1) qui est à quatre milles environ de là, et qui est appelée la montagne de la Quarantaine. Là, il jeûna durant quarante jours et quarante nuits, et, selon saint Marc (1), il demeurait au milieu des bêtes sauvages.

Considérez donc et regardez attentivement le Seigneur ; car il vous donne ici des exemples de plusieurs vertus. Il s'en va dans la solitude, il jeûne, il prie, il veille, il couche et dort sur la terre nue, et il demeure humblement au milieu de vils animaux.

Compatissez-lui donc, car toujours et partout, mais ici surtout, sa vie est remplie de peines et afflictive pour son corps.

Apprenez, à son école à vous exercer aux choses que vous admirez en lui. Il y en a quatre d'indiquées en cet endroit; elles ont rapport à la vie spirituelle, et s'entr'aident admirablement les unes les autres ; ce sont : la solitude, le jeûne, la prière et la mortification du corps.

C'est par ces choses surtout que nous pouvons arriver à la pureté du cœur, pureté extrêmement désirable, puisqu'elle renferme en quelque sorte en elle toutes les vertus. Elle comprend la charité, l'humilité, la patience et les autres vertus, ainsi que l'éloignement de tous les vices; car la pureté du cœur ne saurait subsister avec le vice ou avec le défaut de vertu. Voilà pourquoi, dans les conférences des saints Pères (2), il est enseigné que tous les efforts d'un moine doivent être d'arriver à la pureté du cœur, car c'est par elle que l'homme mérite de voir Dieu, le Seigneur ayant dit lui-même dans l'Evangile : « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu (1). » Et selon saint Bernard : Celui qui est plus pur approche davantage de Dieu; mais celui dont la pureté est parfaite est déjà arrivé jusqu'à lui. »

Pour obtenir la possession de cette pureté…
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1. Mat., 4. — 1. Mar., 1. — 2. Cass. Collat., 1. — 1. Mat., 5.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Ven 29 Juil 2016, 5:49 am

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CHAPITRE XVII.

Du jeûne et des tentations de Jésus-Christ. — De son retour vers sa Mère. — De quatre moyens pour arriver ai la pureté du cœur. — Plusieurs excellentes choses touchant l'oraison. — De la résistance a la gourmandise. — Pourquoi et en faveur de qui le Seigneur fait des miracles.

(suite)

Pour obtenir la possession de cette pureté, une oraison assidue et fervente peut beaucoup; et l'on vous en instruira plus amplement dans la suite; mais l'oraison qui se fait lorsque le corps est chargé de boisson et de viandes, lorsqu'il se traîne dans la mollesse et l'oisiveté, une telle oraison est de peu de valeur. C'est pour cela qu'on demande le jeûne et la mortification du corps, avec discrétion pourtant, car l'indiscrétion est un obstacle à tout bien. En outre, la solitude semble être la consommation de tout ce que nous venons de dire ; car l'oraison ne peut se faire convenablement au milieu du tumulte et du bruit, et il est presque impossible de voir et d'entendre beaucoup de choses sans contracter quelque souillure, sans commettre quelque offense : la mort entre dans l'âme par les fenêtres (2).

A l'exemple du Seigneur, allez donc dans la solitude; c'est-à-dire, séparez-vous de la société des autres autant que vous le pourrez, et devenez solitaire si vous voulez vous unir à lui, et le contempler par la pureté de votre cœur. Fuyez encore les longs entretiens, surtout avec les personnes du siècle. Ne cherchez point de nouvelles dévotions, ni de nouvelles amitiés; ne remplissez point vos yeux ni vos oreilles de vains fantômes. Tout ce qui peut troubler le repos de votre cœur et la tranquillité de votre esprit, évitez-le comme un poison qui donnerait la mort à votre âme. Ce n'était pas sans raison que les saints solitaires se retiraient dans les déserts et dans les lieux les plus éloignés de la visite des hommes ; ce n'était pas sans raison qu'ils recommandaient à ceux qui vivaient dans les monastères, d'être aveugles, sourds et muets.

Pour mieux comprendre tout cela, écoutez ce qu'en dit saint Bernard :

« Si vous êtes sensible aux mouvements de l'Esprit-Saint, si vous brûlez de donner tous vos soins à rendre votre âme l'épouse de Dieu, asseyez-vous dans la solitude (1), selon la parole du prophète; car vous vous êtes élevé au-dessus de vous-même en voulant vous unir si intimement au Seigneur des Anges. N'est-ce pas en effet quelque chose au-dessus de vous, que de vous attacher à Dieu et d'être un même esprit avec lui? Demeurez donc solitaire comme la tourterelle; que rien n'arrive jusqu'à vous de la foule ; qu'il n'y ait rien entre vous et la multitude ; oubliez même votre peuple et la maison de votre père (2) ; et le roi s'éprendra d'amour pour votre beauté. O sainte âme ! soyez seule afin de vous conserver à celui à qui seule vous appartenez, à celui que vous avez choisi entre tous pour votre partage. Fuyez le public; fuyez les gens de votre maison ; séparez-vous de vos amis, de vos intimes, de celui-là même qui vous sert. Ne savez-vous pas que votre époux est un époux d'une modestie extraordinaire, et qu'il ne veut point demeurer avec vous en présence des autres?

« Séparez-vous donc, non de corps, mais d'âme, mais d’intention, mais d'affection, mais d'esprit; car devant vous le Seigneur Jésus est esprit, et l'esprit n'a pas besoin de la solitude du corps, quoique cependant il ne vous soit pas inutile de vous séparer parfois du monde, même de corps, lorsque vous le pouvez  convenablement, surtout au temps de l'oraison. »

« Vous êtes seul si vous n'occupez pas votre pensée des affaires de la vie, si vous ne vous inquiétez pas des choses présentes, si vous  méprisez ce que beaucoup estiment, si vous avez du dégoût pour ce que beaucoup désirent, si vous évitez les disputes, si vous êtes insensible aux torts qui vous sont faits, si vous oubliez les injures. Autrement, ce n'est point parce que vous serez seul de corps que vous serez dans la solitude. Voyez-vous que vous pouvez être seul au milieu de la foule, et qu'étant seul vous pouvez être au milieu d'un grand nombre ? Vous êtes seul, quelle que soit la multitude au milieu de laquelle vous viviez; prenez garde seulement de n'être pas un explorateur curieux ou un juge téméraire de la conduite des autres (1). »

Telles sont les paroles de saint Bernard.

Vous voyez comment la solitude est nécessaire…

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2. Jer., 9. — 1. Thren., 3. — 2. Ps. 44. — 1. Serm., 40 sup., cant.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Sam 30 Juil 2016, 6:00 am

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CHAPITRE XVII.

Du jeûne et des tentations de Jésus-Christ. — De son retour vers sa Mère. — De quatre moyens pour arriver ai la pureté du cœur. — Plusieurs excellentes choses touchant l'oraison. — De la résistance a la gourmandise. — Pourquoi et en faveur de qui le Seigneur fait des miracles.

(suite)

Vous voyez comment la solitude est nécessaire et comment aussi la solitude du corps est insuffisante si elle n'est accompagnée de celle de l'esprit. Mais, pour posséder la solitude de l'esprit, il faut que la solitude corporelle soit très-profonde, de peur que l'esprit ne s'échappe au moyen de ce qui est extérieur, et qu'il ne puisse se recueillir avec son Époux. Efforcez-vous donc, autant que vous le pourrez, et de toute l'ardeur de votre âme, d'imiter le Seigneur Jésus, votre Époux, par la solitude, la prière, le jeûne et la discrète mortification du corps.

En le voyant demeurer au milieu des animaux, apprenez encore à vivre humblement au milieu des autres, et à les supporter avec patience, même ceux qui vous paraissent quelquefois agir d'une manière irraisonnable. Visitez souvent le Seigneur en cette solitude. Vous remarquerez comment il y fait son séjour, et surtout comment, durant la nuit, la terre lui sert de couche. Toute âme fidèle devrait l'y visiter au moins une fois le jour, surtout depuis l'Épiphanie jusqu'à la fin du temps qu'il y a passé.

Les quarante jours étant accomplis, le Seigneur eut faim. Alors le tentateur s'approcha de lui, voulant sonder si véritablement il était le Fils de Dieu, et il le tenta par la gourmandise en lui disant : « Si vous êtes le Fils de Dieu , dites que ces pierres se changent en pain (1) ». Mais il fut impuissant à tromper le Maître souverain qui lui répondit et se conduisit de telle façon qu'il ne succomba point à la tentation de gourmandise, et que son adversaire ne put savoir ce qu'il désirait, car il ne nia ni n'affirma qu'il fût le Fils de Dieu; mais il déjoua son ennemi par l'autorité de la sainte Écriture.

Remarquez bien ici qu'à l'exemple du Seigneur, il faut résister à la gourmandise; et c'est par là qu'il faut commencer, si nous voulons surmonter nos vices. Il semble en effet que celui qui succombe à la gourmandise, se rend impuissant à vaincre les autres vices. Car c'est ainsi que s'exprime la glose sur cet endroit de saint Mathieu : « Si l'on ne commence par mettre un frein à la gourmandise, c'est en vain que l'on travaille à dominer les autres vices ».

Ensuite le tentateur prit Jésus et le transporta à Jérusalem, qui est à environ dix-huit milles de cet endroit. — Ces distances de lieux que je mentionne de temps à autre dans cet ouvrage, je les ai apprises de ceux qui ont voyagé en ces contrées. — Considérez ici la bonté et la patience du Seigneur : il a bien voulu se laisser porter et toucher par cette bête féroce, qui avait soif de son sang et de celui de tous ses serviteurs fidèles. Le plaçant donc sur le haut du temple, il le tenta de vaine gloire, toujours avec l'intention de découvrir s'il était le Fils de Dieu. Mais ici encore, il est vaincu par l'autorité de la sainte Écriture, et frustré dans ses espérances. Dès ce moment, selon saint Bernard (1), comme le Seigneur ne montrait rien de sa divinité, l'ennemi commun fut persuadé qu'il n'était qu'un homme, et il l'attaqua en troisième lieu comme un homme. Le prenant donc de nouveau, il le reporta sur une montagne élevée, à environ deux milles seulement de la montagne de la Quarantaine, et alors il le tenta d'avarice; mais encore ici cet esprit homicide succomba.

Vous avez vu comment le Seigneur Jésus fut touché et tenté par le démon…
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1. Mat., 4. — 1. Serm. I, in die S. Pasch.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Dim 31 Juil 2016, 5:32 am

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CHAPITRE XVII.

Du jeûne et des tentations de Jésus-Christ. — De son retour vers sa Mère. — De quatre moyens pour arriver ai la pureté du cœur. — Plusieurs excellentes choses touchant l'oraison. — De la résistance a la gourmandise. — Pourquoi et en faveur de qui le Seigneur fait des miracles.

(suite)
 
Vous avez vu comment le Seigneur Jésus fut touché et tenté par le démon. Vous étonnerez-vous maintenant si nous sommes tentés nous-mêmes? Mais ce ne fut point là la fin de ses tentations. C'est pourquoi saint Bernard dit : « Celui qui ne connaît point d'autre tentation du Seigneur, ignore l'Écriture qui dit (1) : « que la tentation est la vie de l'homme sur la terre (2). » L'apôtre saint Paul dit aussi que Jésus a éprouvé comme nous toutes sortes de tentations, sans cependant que le péché eût accès en lui (3).  Ayant donc remporté la victoire, les Anges vinrent et le servirent.

Apportez-ici toute votre attention et regardez le Seigneur qui mange entouré seulement des Anges, et considérez bien toutes les choses qui vont suivre, car elles sont belles et pleines de dévotion. Je vous demande ce que les Anges lui servirent à manger, après un jeûne si long? L'Ecriture n'en parle pas; c'est pourquoi nous pouvons nous figurer ce repas qui suit la victoire, selon notre volonté. Et même si nous considérons sa puissance, c'est une chose facile à imaginer; car il pouvait créer ce qu'il voulait, ou se le procurer de suite parmi les choses créées, selon son désir. Mais nous ne trouvons pas qu'il ait fait usage de sa puissance ni pour soi ni pour ses disciples : il ne s'en est servi que pour la foule qu'il a nourrie deux fois malgré son grand nombre avec quelques pains (1).

Quant à ses disciples, nous lisons que, lui présent, la faim les forçait à broyer des épis et à s'en nourrir. Et lorsque, fatigué d'une longue course, il était assis au bord du puits, s'entretenant avec la Samaritaine (2), il n'est point dit qu'il ait créé de quoi manger, mais qu'il envoya ses disciples à la ville pour en rapporter de la nourriture. Il n'est donc pas vraisemblable qu'il ait fait un miracle en cette circonstance qui nous occupe : c'était pour l'édification des autres et en présence de plusieurs qu'il les faisait; mais dans le désert il n'y avait que des Anges. Que pourrons-nous donc nous figurer sur ce sujet? On ne trouvait en ce lieu aucune habitation humaine, et par là même aucun aliment qu'on pût lui offrir; mais les Anges lui en apportèrent de préparé ailleurs, comme il arriva pour Daniel (3).

Car vous savez que le prophète Habacuc ayant apprêté à dîner pour ses moissonneurs, l'ange du Seigneur le transporta de Judée à Babylone auprès de Daniel, afin de sustenter celui-ci au moyen de ce repas, et qu'ensuite il le reporta en un moment dans son pays. Arrêtons-nous donc ici, et choisissons ce moyen; réjouissons-nous avec le Seigneur dans ce festin, et que sa très-sainte Mère prenne part aussi à notre joie et à sa victoire.

Méditons pieusement et dévotement de la façon suivante…
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1. Job., 7. — 2. Serm. XIV in post qui habitat. — 3. Hebr., 4. — 1. Mat., 14 et 15. — 2. Joan., 4. — 3. Dan., 14.

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Message  Louis le Lun 01 Aoû 2016, 5:54 am

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CHAPITRE XVII.

Du jeûne et des tentations de Jésus-Christ. — De son retour vers sa Mère. — De quatre moyens pour arriver ai la pureté du cœur. — Plusieurs excellentes choses touchant l'oraison. — De la résistance a la gourmandise. — Pourquoi et en faveur de qui le Seigneur fait des miracles.

(suite)
 
Méditons pieusement et dévotement de la façon suivante: les Anges viennent en nombre considérable, aussitôt que Satan est repoussé, vers le Seigneur Jésus, et se prosternant contre terre, ils l'adorent en lui disant : « Salut, ô Jésus, notre Dieu et notre Seigneur ! » Et le Seigneur les reçoit avec humilité et bénignité, inclinant la tête et se rappelant qu'en se faisant homme, il s'est abaissé un peu au-dessous des Anges (1). Ils lui disent : « Seigneur, vous avez jeûné longtemps, que voulez-vous que nous vous préparions? » Et il leur répond : « Allez trouver ma Mère bien-aimée, et si elle a quelque chose de prêt, apportez-le moi ; car je n'aime rien tant que ce qui est préparé de ses mains ».

Alors, deux d'entre eux partent et sont en un instant chez Marie ; ils la saluent respectueusement et lui font part du sujet de leur ambassade. Ils emportent alors un petit ragoût qu'elle avait préparé pour elle et pour Joseph, du pain, une nappe et ce qui était nécessaire; peut-être même Marie leur procura-t-elle quelques petits poissons, si elle le put.

Etant donc de retour, ils mettent le tout à même la terre, et bénissent solennellement la table. Considérez bien notre Seigneur dans chacune de ses actions : il s'asseoit sur la terre avec modestie et dignité, et il mange sobrement. Les Anges entourent leur Seigneur et le servent : l'un lui offre du pain, l'autre du vin, un autre prépare les petits poissons, d'autres chantent les cantiques de Sion, se livrent à la joie et célèbrent un jour de fête en sa présence. S'il est permis de le dire, à cette fête se mêle une compassion bien grande, et qui devrait nous faire verser des larmes. Les Anges arrêtent respectueusement leurs regards sur Jésus; ils voient leur Dieu et leur Maître, le Créateur de l’univers, celui qui donne la nourriture à tout ce qui a vie; ils le voient, dis-je, dans une telle humiliation, ayant besoin, lui, d'être sustenté par un aliment matériel, mangeant comme le reste des hommes; et cette vue les remplit d'une compassion profonde.

Pour vous, vous devriez vous écrier et lui dire : « O Seigneur, quelles grandes choses vous avez faites ! Vraiment toutes vos œuvres me remplissent d'étonnement; venez à mon secours, afin que je souffre un peu pour vous, qui avez enduré pour moi des peines si nombreuses et si considérables ». Assurément ce devrait être assez de ce que vous voyez, pour vous embraser ardemment de son amour.

Enfin ayant pris son repas, il dit aux Anges de reporter les objets dont il s'est servi, et d'annoncer à sa Mère qu'il reviendra bientôt vers elle. Lors donc qu'ils furent de retour, il leur dit à tous : « Retournez-vous-en à mon Père et à vos félicités véritables; pour moi, il faut que je demeure encore; seulement, je vous prie de me recommander à mon Père et à toute la Cour céleste ». Alors les Anges se prosternant contre terre, lui demandèrent qu'il les bénît, remontèrent vers la patrie où ils accomplirent ses volontés, et racontèrent à toute la céleste Assemblée sa victoire et les merveilles dont ils avaient été témoins.

Pour le Seigneur, voulant revenir vers sa Mère…
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1. Ps. 8.

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Message  Louis le Mar 02 Aoû 2016, 6:00 am

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CHAPITRE XVII.

Du jeûne et des tentations de Jésus-Christ. — De son retour vers sa Mère. — De quatre moyens pour arriver ai la pureté du cœur. — Plusieurs excellentes choses touchant l'oraison. — De la résistance a la gourmandise. — Pourquoi et en faveur de qui le Seigneur fait des miracles.

(suite)
 
Pour le Seigneur, voulant revenir vers sa Mère, il partit aussitôt et descendit de la montagne. Considérez-le bien encore en ce voyage; voyez comment le Maître de toutes choses s'avance seul et nu-pieds, et témoignez-lui votre compassion profonde. Il vient au Jourdain, et Jean le voyant s'avancer, le montre du doigt en disant : « Voici l'agneau de Dieu, celui qui porte les péchés du monde. C'est sur lui que j'ai vu l'Esprit-Saint descendre lorsque je le baptisai (1). » Le jour suivant, voyant Jésus qui se promenait sur les bords du Jourdain, il dit encore : « Voici l'Agneau de Dieu

Alors André et un autre des disciples de Jean suivirent Jésus. Le Seigneur qui avait soif de leur salut, leur dit : Que cherchez-vous? Ils lui répondirent : Maître, où demeurez-vous ? Et il les conduisit à la maison où il se retirait en cet endroit, et ils demeurèrent tout un jour avec lui. Ensuite André amena Pierre, son frère, à Jésus qui le reçut avec joie, car il savait ce qu'il devait faire de lui. Il lui dit : Vous vous appellerez Céphas ; et c'est ainsi qu'il commença à lier connaissance et amitié avec eux. — Le Seigneur voulant ensuite retourner en Galilée vers sa Mère, quitta ces lieux et se mit en route.

Contemplez-le encore maintenant avec compassion, et tenez-lui toujours compagnie; car il est seul, selon sa coutume, et il marche nu-pieds pendant une course de quatorze milles. Lorsqu'il fut arrivé à la maison, sa Mère, en le voyant, se leva remplie d'une joie qui ne peut s'exprimer, courut à sa rencontre et le reçut dans ses bras avec amour. Pour lui, il s'inclina respectueusement devant elle et devant Joseph, son père nourricier, et il demeura avec eux comme auparavant.

Jusqu'ici nous avons, par la grâce de Dieu…
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1. Joan, 1.

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Message  Louis le Mer 03 Aoû 2016, 6:00 am

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CHAPITRE XVIII.

De l'ouverture du livre dans la Synagogue.
 
Jusqu'ici nous avons, par la grâce de Dieu, raconté la vie du Seigneur Jésus, sans presque rien omettre de ce qui lui est arrivé ou de ce qu'il a fait; mais il n'en sera pas de même dans la suite. Il serait trop long de réduire en méditations tout ce qu'il a dit ou accompli. D'ailleurs, notre but doit être, surtout à l'exemple de la bienheureuse Cécile, de porter continuellement dans le secret de nos cœurs les actions de Jésus-Christ.

Choisissons donc quelques-unes de ces actions, que nous méditerons assidûment, et cela jusqu'à sa Passion; car arrivés là, il ne faudra plus rien omettre. Nous ne devons pas cependant laisser entièrement de côté les autres circonstances de sa vie sans les méditer selon le temps et le lieu où nous pouvons nous en occuper. Je n'ai pas non plus l'intention de m'étendre bien longuement, si ce n'est en de rares occasions, dans les méditations qui vont suivre.

Il suffit maintenant que vous placiez devant les yeux de votre esprit ce que Jésus a fait ou dit, que vous vous en entreteniez avec lui et que vous entriez dans son intimité. Au reste, je crois que l'on trouve en cela une douceur plus grande, une dévotion plus efficace, et que presque tout le fruit de ces méditations consiste à contempler pieusement le Sauveur en tout temps et en tout lieu dans chacun de ses actes, soit qu'il demeure avec ses disciples, soit qu'il réside au milieu des pécheurs et s'entretienne avec eux, soit qu'il prêche à la foule, soit qu'il soit en marche ou assis, soit qu'il dorme ou qu'il veille, soit qu'il mange ou qu'il serve les autres, soit qu'il guérisse les malades ou qu'il fasse d'autres miracles.

Dans toutes ces choses et autres semblables, considérez chacun de ses mouvements, surtout contemplez son visage si vous pouvez vous le représenter, ce qui me semble plus difficile que tout ce que je vous ai dit. Observez aussi avec attention s'il daigne abaisser sur vous un regard de bonté. Que cela vous serve de recours et d'enseignement pour tout ce qui va suivre et tout ce que je raconterai. Si je n'exprime aucune réflexion particulière, ou si j'omets les détails, suivez cette méthode, et ce vous sera suffisant. Maintenant commençons notre récit.

Après son retour du lieu où il avait reçu le Baptême…

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Message  Louis le Jeu 04 Aoû 2016, 6:17 am

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CHAPITRE XVIII.

De l'ouverture du livre dans la Synagogue.

(suite)
 
Après son retour du lieu où il avait reçu le Baptême, Jésus, le maître de l'humilité, continua à vivre humblement comme par le passé. Il commença pourtant à se manifester peu à peu à quelques personnes, les enseignant et les instruisant en secret; car on ne dit pas que, pendant toute l'année qui suivit, il ait exercé publiquement l'office de la prédication , c'est-à-dire jusqu'au miracle des noces qui eut lieu le même jour qu'il fut baptisé, un an plus tard. Si quelquefois il prêchait, et si ses disciples baptisaient, ce n'était pourtant pas, soit qu'il le fît par lui-même ou par les siens, aussi fréquemment qu'après l'emprisonnement de Jean-Baptiste. Il nous donnait un exemple d'humilité étonnante en marquant ainsi, comme on peut le conclure pieusement de ce qui a été dit plus haut, une déférence si profonde pour Jean, qui lui était si inférieur dans ce ministère de la prédication. Ce ne fut donc pas avec éclat et avec pompe qu'il commença, mais humblement et peu à peu.

Or, un jour de sabbat, étant avec les autres dans la synagogue, il se leva pour lire dans le livre des prophéties d'Isaïe (1) et il lut l'endroit où il est dit: « L'Esprit du Seigneur s'est reposé sur moi ; c'est pourquoi il m'a rempli de son onction, et il m'a envoyé pour prêcher l'Évangile aux pauvres (2). » Alors ayant fermé le livre, il dit : « Cette prophétie que vous venez d'entendre, reçoit aujourd'hui son accomplissement. »

Voyez donc comme il remplit avec humilité l'office de lecteur, comme il lit dans l'assemblée et expose le sens de l'Écriture avec un visage plein de calme et de bénignité ; voyez comment il commence humblement à se manifester lorsqu'il dit : Cette prophétie a reçu aujourd'hui son accomplissement , c'est-à-dire : Je suis celui dont il est parlé en cet endroit.

Tous les regards étaient fixés sur lui à cause de l'efficacité de ses paroles et de son aspect plein d'humilité et de beauté; car il fut le plus beau des hommes, en même temps qu'il en fut le plus éloquent; et c'est de ces deux choses que veut parler le prophète quand il dit : « Vous surpassez en beauté les enfants des hommes, et la grâce est répandue avec abondance sur vos lèvres (1). »

Alors le Seigneur Jésus commença à appeler des disciples à sa suite…
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1. Luc., 4. — 2. Is. 61. — 1. Ps. 44.

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Message  Louis le Ven 05 Aoû 2016, 6:25 am

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CHAPITRE XIX.

De la vocation des Disciples.

Alors le Seigneur Jésus commença à appeler des disciples à sa suite, et à se montrer plein de sollicitude pour notre salut, mais toujours en observant les règles de l'humilité. Il appela Pierre et André par trois fois différentes : la première, dont il a été parlé plus haut, quand il était sur les bords du Jourdain (1), et alors ils commencèrent à lier un peu connaissance avec lui; la seconde, dans le bateau de Pierre, à l'occasion de la pêche miraculeuse, selon que le raconte saint Luc (2); ils le suivirent alors avec l'intention de revenir à leurs filets, mais ils commencèrent pourtant à apprendre sa doctrine ; la troisième , lorsqu'étant dans leur barque, il leur dit, comme le rapporte saint Matthieu : « Suivez-moi, je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes (3). » Alors ayant quitté leurs filets, ils le suivirent. Il appela aussi Jacques et Jean en ces deux dernières fois, et il en est fait mention à l'endroit même où il est parlé de Pierre et d'André. Il appela encore Jean le jour des noces de Cana, selon saint Jérôme (4); mais l'Évangile n'en dit rien. Il appela Philippe en lui disant : Suivez-moi (5). Il en fut de même pour Matthieu, le publicain (6). L'Écriture ne dit rien de la manière dont il s'attacha les autres.

Considérez le Seigneur dans ces divers appels et dans sa façon de vivre avec ses disciples, et voyez avec quelle affection il leur parle, comme il se montre affable envers eux, comme il leur témoigne de l'amitié et des égards, les attirant à la fois intérieurement et extérieurement, comme il les conduit ensuite à la maison de sa Mère, et comme il va avec simplicité dans leurs demeures. Il les enseignait, les instruisait, et avait d'eux un soin aussi tendre qu'une mère pour son fils unique. On dit que saint Pierre racontait que, lorsqu'il dormait en quelque lieu avec eux, il se levait pendant la nuit, et que s'il trouvait que quelqu'un d'eux fût découvert, il le recouvrait avec soin, car il les aimait avec une tendresse incroyable. Il savait, en effet, à quoi il les destinait, et, quoiqu'ils fussent des hommes d'une condition basse et qu'ils appartinssent à une nation alors sans éclat, il devait pourtant les établir princes du monde entier et chefs de tous les fidèles dans la guerre spirituelle qu'il allait entreprendre. Considérez, je vous prie, par quels hommes l'Église a commencé. Le Seigneur n'a pas voulu choisir les sages et les puissants du siècle, de peur qu'on n'attribuât à leurs talents le succès de leurs entreprises ; mais il s'en est réservé la gloire, et c'est à sa bonté, à sa puissance et à sa sagesse que nous devons notre rédemption.

On doute, il est vrai, de qui étaient les noces qui eurent lieu à Cana…
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1 Joan., 1. — 2 Luc., 5. — 3. Mat., 4. — 4. Proet. in Jean. — 5. Joan., 1. — 6. Mat., 9.

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Message  Louis le Sam 06 Aoû 2016, 5:48 am

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CHAPITRE XX.

Du changement de l'eau en vin aux noces de Cana (1).

On doute, il est vrai, de qui étaient les noces qui eurent lieu à Cana, en Galilée, comme le dit Le Maître dans son Histoire scolastique. Figurons-nous cependant que c'étaient celles de Jean l'évangéliste, comme nous le lisons dans le prologue de saint Jérôme sur cet écrivain sacré, et où il semble le donner comme certain. Marie y assista; mais elle n'y fut pas invitée comme une étrangère; elle s'y trouva comme la première, la plus digne et l'aînée d'entre ses sœurs. Elle fut dans la maison de sa sœur comme dans sa propre maison; elle y fut comme la directrice et l'ordonnatrice de toute la noce; ce qu'on peut conclure de trois circonstances : premièrement, de ce qu'il est dit que la Mère de Jésus était là, tandis que pour Jésus et ses disciples ainsi que les autres qui y assistèrent, on raconte qu'ils y furent invités. Sa sœur, Marie Salomé, l'épouse de Zébédée, étant allé la trouver à Nazareth, lui n'est éloigné que de quatre milles de Cana, et, lui ayant dit qu'elle voulait faire les noces de Jean, son fils, Marie s'en retourna avec elle quelques jours avant la fête, afin de tout préparer, de sorte qu'elle était déjà en la maison lorsque les autres furent invités.

Nous pouvons le conclure, en second lieu, de ce qu'elle fut la première à s'apercevoir que le vin manquait; ce qui nous montre qu'elle n'était point là comme les autres convives, mais comme la personne par les mains de qui tout passait : voilà pourquoi elle sut que le vin allait manquer. En effet, si elle eût été à table, se serait-elle placée, cette mère si modeste, parmi les hommes, auprès de son Fils? Si elle eût été ailleurs, parmi les femmes, aurait-elle connu plutôt qu'un autre qu'il n'y avait plus de vin? Si elle l'eût connu, se serait-elle levée de table pour aller trouver son Fils? Tout cela paraît peu convenable; aussi est-il vraisemblable qu'alors elle n'était point à table; car on dit qu'elle aimait beaucoup à servir.

On le conclut, en troisième lieu, de ce que ce fut elle-même qui commanda aux gens qui servaient d'aller trouver son Fils et de faire ce qu'il leur ordonnerait. Ainsi, il paraît qu'elle avait en main le commandement et que tout marchait d'après sa direction; et c'est pourquoi elle se montra empressée à ce que rien ne fit défaut.

Considérez donc le Seigneur Jésus mangeant parmi les autres…
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1. Joan., 2.

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Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.

Louis
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