Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

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Message  Louis le Mar 31 Jan 2017, 6:41 am

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CHAPITRE XCVII.

De l'Ascension du Seigneur.

(suite)

Vous voyez donc que tous faisaient éclater leur jubilation et chantaient des cantiques d'allégresse ; car selon le Prophète : « Dieu s'est élevé au milieu des jubilations; le Seigneur est monté aux accents de la trompette (1). »

Or, le Seigneur Jésus s'éleva visiblement pour la consolation de sa Mère et de ses Disciples, qui goûtèrent ce bonheur tant qu'ils purent l'apercevoir. Mais aussitôt qu'un nuage l'eut dérobé à leurs yeux, il fut en un instant transporté, avec tous les Anges et les saints Pères, dans la patrie bienheureuse; car c'est ainsi que s'exprime le même Prophète : « Vous assemblez les nuages pour vous élever, et vous marchez sur les ailes des vents (2). » Or, les ailes des vents, ce sont les extrémités des vents, c'est-à-dire ces parties qui s'élancent en avant avec le plus de légèreté. Et le Seigneur s'éleva plus rapidement encore, une fois qu'il eut passé cette nuée.

Pendant ce temps, sa Mère, ses Disciples, Madeleine et les autres demeuraient à genoux, et le contemplaient montant vers les cieux, tant qu'il leur fut donné de l'apercevoir.

Oh ! quel spectacle de voir le Seigneur s'élevant d'une manière si glorieuse ! Quel spectacle surtout pour celui qui aurait pu découvrir ces Esprits bienheureux, ces saintes âmes qui lui faisaient cortège ! Peut-être, dans l'excès de sa joie, son âme eût-elle abandonné son corps, et se fût-elle élevée à la suite de cette assemblée glorieuse. Lors donc qu'ils tenaient ainsi leurs yeux fixés vers le ciel, voilà que deux Anges vêtus de blancs s'approchèrent d'eux et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêter-vous il regarder au ciel? Ce Jésus, qui s'est séparé de vous et est monté dans les cieux, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'y élever. Retournez donc dans la ville et attendez selon qu'il vous l'a dit (1). »

Remarquez ici combien le Seigneur portait de sollicitude aux siens. Car à peine eut-il disparu à leurs yeux qu'il leur envoya ses Anges, de peur qu'en demeurant plus longtemps ils n'éprouvassent une trop grande fatigue, et aussi afin qu'en voyant le témoignage des Anges s'accorder, touchant l'Ascension de leur Seigneur, avec leur propre témoignage, ils fussent fortifiés.

Ayant donc entendu ces paroles, Marie pria humblement les Anges de les recommander tous à son Fils. Et les Anges, s'inclinant jusqu'à terre, reçurent avec joie cette prière. Les Apôtres, Madeleine et tous les autres s'exprimèrent comme Marie. Alors les Anges ayant disparu, ils s'en revinrent tous à la ville et demeurèrent sur la montagne de Sion, attendant, selon le commandement qu'ils en avaient reçu du Seigneur.

Cependant le Seigneur Jésus…
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1. Ps. 46. — 2. Ps. 103. — 1. Act. 1.

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Message  Louis le Mer 01 Fév 2017, 6:01 am

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CHAPITRE XCVII.

De l'Ascension du Seigneur.

(suite)

Cependant le Seigneur Jésus, environné de cette armée glorieuse et pleine de félicité, ouvrit les portes du Paradis, jusqu'alors fermées au genre humain, y fit son entrée triomphale, et, se prosternant avec bonheur devant son Père, il lui dit :

« Je vous rends grâces, mon Père, de ce que vous m'avez donné la victoire sur tous nos adversaires. Voici nos amis qui étaient retenus captifs : je vous les présente. Mais j'ai promis à mes frères, à mes Disciples que j'ai laissés dans le monde, de leur envoyer le Saint-Esprit. Je vous prie, mon Père, de vouloir bien accomplir cette promesse, et je vous les recommande. »

Alors son Père, le relevant, le fit asseoir à sa droite et lui dit : « Mon Fils béni, je vous ai donné toute puissance et tout jugement; disposez tout pour vos Disciples et la mission de l'Esprit-Saint, selon qu'il vous plaira. »

Tous les saints Pères et les Esprits bienheureux qui s'étaient prosternés profondément en présence du Père pour lui offrir leurs adorations, s'étant relevés, recommencèrent leurs cantiques, leurs louanges et leurs jubilations devant Dieu.

Si Moïse et les enfants d'Israël, après le passage de la mer Rouge, chantaient un cantique au Seigneur, en disant (1) : « Chantons un cantique au Seigneur, parce qu'il a fait éclater sa grandeur et sa gloire; »

si Marie, la prophétesse, sa sœur et les autres femmes qui venaient à sa suite, firent entendre aussi leurs hymnes en chœur et au son du tambour, combien plus justement peuvent le faire ceux qui ont surmonté tous leurs ennemis ?

Si, lorsque David conduisait l'arche du Seigneur à Jérusalem, tout le peuple chantait les cantiques de la loi ;

si David lui-même touchait de la harpe au milieu des chantres (2); si tous faisaient entendre leurs louanges en présence du Seigneur aux accords de leurs lyres et au son de leurs tambours;

si le roi dansait de toutes ses forces devant le Seigneur, combien plus doivent agir ainsi ceux qui sont vraiment établis en possession du bonheur de Dieu même?

Si Jean, ainsi qu'il le rapporte dans l'Apocalypse (1), a entendu dans les Cieux la voix de cent quarante mille personnes jouant de la harpe, et chantant sur leurs instruments comme un cantique nouveau devant le siège de Dieu et de l'Agneau, je puis, quelle que soit la joie exprimée par l'Apôtre, je puis me représenter celle de ce jour comme beaucoup plus éclatante.

Tous ceux qui sont là font retentir le Ciel de leurs accords, tous tressaillent d'allégresse, tous se livrent à la joie, tous chantent de saints cantiques, tous sont enivrés de bonheur, tous éclatent en jubilations, tous redoublent d'applaudissements, tous se forment en chœur, tous s'abandonnent aux impressions de leur félicité, tous se laissent aller aux transports de leur béatitude. Oui, c'est vraiment en ce jour que se fait entendre dans la céleste Jérusalem le cantique de la joie, et que dans toute son étendue ses habitants redisent : Alleluia !

Jamais, depuis l'origine du monde…
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1. Exod., 15. — 2. II Reg., 6. — 1. Apoc., 14.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Jeu 02 Fév 2017, 6:40 am

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CHAPITRE XCVII.

De l'Ascension du Seigneur.

(suite)

Jamais, depuis l'origine du monde, ne fut célébrée de fête semblable, de Pâque si solennelle, et jamais il n'y en aura, si ce n'est au jour du jugement, alors que tous les élus y apparaîtront avec leurs corps glorieux. C'est pour cela que je vous disais au commencement que cette solennité, tout bien considéré, l'emporte sur toutes les autres. Parcourez-les toutes eu détail et vous comprendrez la vérité de mes paroles.

C'est une grande fête que celle de l'Incarnation du Seigneur ; c'est même le commencement de tout notre bien. Mais en cette fête, tout est pour nous, et non pour le Seigneur, car c'est alors qu'il s'est enfermé dans le sein de la Vierge. C'est une grande Pâque que la fête de sa naissance, mais c'est pour nous et non pour lui, car en ce jour il attire notre compassion en naissant dans une si grande pauvreté, une si profonde humiliation, et une si extrême détresse. Sa Passion est encore pour nous une grande fête, puisque c'est en ce jour que nos iniquités ont été abolies.

« En effet, comme dit saint Grégoire, il ne nous eût servi de rien qu'il fût né, s'il n'eût été jusqu'à nous racheter. » Mais à cause des tourments si cruels et de la mort si honteuse qu'il endura, ce jour ne fut point pour lui et ne doit point être pour nous un jour de joie et d'allégresse.

C'est de même une fête vraiment solennelle et une Pâque véritable que la Résurrection du Seigneur Jésus, tant pour lui que pour nous, car il apparaît comme un triomphateur glorieux, et ce fut alors qu'eut lieu notre justification. Aussi ce jour est-il vénérable entre tous, et l'Église, selon saint Augustin (1), chante-t-elle spécialement ces paroles du Prophète: « Voici le jour que le Seigneur a fait : tressaillons d'allégresse et livrons-nous à la joie en ce jour (2).»

Cependant la fête que nous célébrons aujourd'hui est plus sainte que toutes les autres, ainsi qu'on peut le conclure de ce qui a été dit. Ce jour de l'Ascension semble plus grand et plus auguste, car bien que le Seigneur soit ressuscité, il est encore voyageur sur cette terre, la porte du Ciel est encore fermée, les saints Pères ne sont pas encore admis en la présence du Père céleste; et c'est dans l'Ascension que tout cela s'accomplit.

Si vous considérez bien tout ce que le Seigneur a fait jusqu'à ce moment, vous verrez que c'est la fin qu'il s'est proposée, et que sans elle ses œuvres demeuraient imparfaites. En effet, le Ciel, la terre, et tout ce qu'ils contiennent, ont été créés à cause de l'homme, et l'homme a reçu la vie pour être possesseur de la gloire. Or, jusqu'à ce jour, aucun, quelle que fût sa sainteté, n'a pu atteindre à la gloire, à cause du péché. Vous voyez donc combien grand et admirable est ce jour.

C'est également une Pâque tout-à-fait grande que la Pentecôte; l'Église la célèbre…
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1. Serm. 12 de temp. — 2. Ps. 117.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Ven 03 Fév 2017, 6:37 am

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CHAPITRE XCVII.

De l'Ascension du Seigneur.

(suite)

C'est également une Pâque tout-à-fait grande que la Pentecôte; l'Église la célèbre avec solennité, et c'est avec justice, car c'est en ce jour qu'elle a reçu le don suprême, c'est-à-dire, l'Esprit-Saint. Mais c'est encore à nous et non au Sauveur que revient l'avantage de cette fête. Au contraire, ce jour de l'Ascension est proprement la fête très-solennelle du Seigneur Jésus, car c'est aujourd'hui qu'il commence à s'asseoir à la droite de son Père et à se reposer de son pèlerinage. C'est aussi d'une manière spéciale la fête de tous les Esprits bienheureux, car ils reçoivent une joie nouvelle de leur Seigneur qu'ils n'avaient point contemplé dans la gloire en la forme de son humanité, et puis c'est en ce jour que, pour la première fois, leurs ruines commencent à être restaurées par cette multitude de bienheureux qui accompagnent le Sauveur.

C'est encore proprement la fête de ces Patriarches vénérables, des Prophètes et des saintes âmes à qui il est donné, pour la première fois en ce jour, d'entrer en la patrie céleste. Si donc c'est pour nous un jour de fête, lorsque quelque saint quitte cette terre pour monter dans les Cieux, combien plus devons-nous célébrer cette fête de tant de milliers de saints, cette fête du Saint des saints lui-même?

C'est également la fête de Marie, qui voit son Fils, orné du diadème royal, s'avancer glorieux et se placer comme vrai Seigneur au-dessus de tout ce qui est élevé dans la patrie. Et néanmoins cette fête est proprement notre fête, car c'est aujourd'hui que la nature humaine a été exaltée au-dessus des Cieux; et si Jésus-Christ n'y fût monté, ce don même de l'Esprit-Saint, qui fait si justement l'objet d'une de nos solennités, nous ne pouvions le recevoir. Aussi le Seigneur disait-il à ses Apôtres : « Il vous est avantageux que je m'en aille; car si je ne m'en vais point, le Consolateur ne viendra point à vous (1).»

Enfin, pour donner plus de poids de mes paroles, j'apporte l'autorité de saint Bernard, qui s'exprime ainsi dans son discours sur l'Ascension du Seigneur :

«  (2) Cette solennité, mes frères bien-aimés, est vraiment glorieuse; car elle est la consommation et le complément des autres solennités ; elle est le terme heureux du voyage de Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant. Oui ! c'est réellement un jour de fête et de joie que ce jour de l'Ascension où le Soleil de justice, le Soleil qui illumine les Cieux, s'est offert à nos regards. C'est vraiment un jour de félicité et de tressaillement de bonheur que ce jour où, déchirant le sac de son humiliation, il s'est environné d'allégresse et a consacré les prémices de notre résurrection. Cependant, quel avantage pour moi dans ces solennités, si ma vie demeure encore enchaînée à la terre? Je le dis donc : le séjour de cet exil ne me semble pas beaucoup plus tolérable que l'enfer même.

« Enfin le Seigneur nous dit : « Si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra point à vous. » Voyez-vous comment la fête que nous célébrons en ce jour est la consommation des autres solennités; comment elle en montre le fruit et en augmente la grâce? En effet, de même que Celui qui est né pour nous a fait pour nous tout le reste, ainsi a-t-il fait et fait-il encore son Ascension pour nous. » Ainsi parle saint Bernard.

Vous voyez donc clairement que ce jour est plus solennel que tous les autres, et que l'âme qui aimerait bien le Seigneur Jésus devrait plus se réjouir en ce jour qu'en aucun autre de l'année. Voilà pourquoi il disait à ses Disciples : « (1) Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez sans doute, parce que je m'en vais à mon Père. »

C'est pour cela que je crois m'être exprimé exactement quand j'ai dit, que jamais jour dans le ciel n'avait été célébré avec autant de solennité que celui-ci. Or, la joie et l'allégresse d'une fête si grande durèrent jusqu'au jour de la Pentecôte ; et l'on peut en faire l'objet de ses méditations de cette façon : l'Ascension du Seigneur eut lieu à la sixième heure, car c'était à la troisième qu'il avait mangé pour la dernière fois avec ses Disciples.

Et, bien que tous les habitants de la patrie céleste fussent dans une joie que je ne saurais décrire, cependant, en ce premier jour, jusqu'à la sixième heure du jour suivant, les Anges firent une fête spéciale, et le Seigneur Jésus leur montra ou leur fit sentir un amour particulier ou quelque consolation extraordinaire. Le second jour, les Archanges firent de même; le troisième, les Principautés; le quatrième, les Puissances; le cinquième, les Vertus ; le sixième, les Dominations; le septième, les Trônes; le huitième, les Chérubins; et le neuvième, les Séraphins; et ce sont les neuf chœurs des Anges.

Ainsi cette fête dura jusqu'à la sixième heure de la veille de la Pentecôte, et ensuite les saints Pères firent la fête à leur tour jusqu'à la troisième heure du dimanche.

Ces fêtes étant terminées, le Seigneur Jésus…
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1. Joan., 16. — 2. Serm., 2, de Ascens. — Serm. 4 id. — 1. Joan., 14.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Sam 04 Fév 2017, 6:18 am

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CHAPITRE XCVIII.

De l'envoi du Saint-Esprit.

Ces fêtes étant terminées, le Seigneur Jésus dit à son Père : « Mon Père, souvenez-vous de la promesse que j'ai faite à mes frères touchant l'Esprit-Saint. »

Et le Père lui répondit : « Mon Fils, je tiens pour agréable ce que vous avez promis. C'est maintenant le temps de l'accomplir. Dites donc à l'Esprit-Saint : Nous vous prions de descendre vers nos Disciples, de les remplir, de les consoler, de les fortifier, de les instruire et de leur conférer le comble des joies et des vertus. »

(1) L'Esprit-Saint vint, aussitôt et descendit en langues de feu sur cent vingt Disciples réunis en un même lieu. Il les remplit d'une félicité ineffable ; et eux, affermis, instruits, embrasés et illuminés par sa vertu, se mirent à parcourir le monde entier et se l'assujettirent en grande partie.

Néanmoins, les habitants de la cour céleste louèrent encore le Seigneur après l'accomplissement de ces merveilles, et le louent sans interruption. Ils ont encore des jours d'allégresse, des solennités perpétuelles, des actions de grâces et des cantiques de louanges. En effet, il est écrit : « Bienheureux ceux qui habitent en votre maison, Seigneur, ils vous loueront dans tous les siècles des siècles (2). »

Hâtons-nous donc aussi, nous autres, d'entrer dans ce repos où une joie indéfectible surabonde d'une manière aussi admirable, et soupirons de toutes nos forces après notre patrie. Ayons de la haine pour l'assemblage de ce corps misérable et corruptible, et gardons-nous de faire le moindre cas de ses désirs, car c'est lui qui nous tient enchaînés, lui qui nous force à voyager loin d'un bonheur si inaltérable. Écrions-nous donc avec l’Apôtre : « Homme infortuné ! qui me délivrera de ce corps de mort ? » Et encore : « Tant que nous habitons en ce corps, nous sommes éloignés du Seigneur et hors de notre patrie.Je désire d'être dégagé des liens de ce corps et d'être avec Jésus-Christ (1). »

Désirons sa dissolution et demandons-la sans cesse à Dieu, car par nous-mêmes nous ne pouvons l'accomplir avec profit pour notre salut.

Au moins mourons au monde, à ses pompes, à ses concupiscences.

Séparons-nous avec un cœur courageux et persévérant de toutes ces choses caduques, de ces consolations passagères et misérables des objets sensibles qui souillent et blessent nos âmes.

Montons en esprit avec le Seigneur ou plutôt vers le Seigneur, et établissons notre demeure avec lui dans les cieux.

En agissant ainsi, nous ne serons pas entièrement comme des voyageurs et des étrangers, et, au temps de sa visite, il daignera nous admettre en sa société, Celui dont nous nous entretenons, Jésus-Christ notre Seigneur, qui est sur toutes choses un Dieu béni et digne de louanges dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Vous avez maintenant, ma fille bien-aimée…
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1. Act. 1. — 2. Ps. 83. — 1. Rom , 7. — I Cor., 5. — Philip., 1.

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Message  Louis le Dim 05 Fév 2017, 6:10 am

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CHAPITRE XCXIX.

Que la vie de Jésus-Christ peut être méditée
selon la chair et selon l'esprit (2).

Vous avez maintenant, ma fille bien-aimée, dans tout ce qui précède, la plus grande partie de la vie du Seigneur Jésus réduite en méditations. Recevez avec respect, empressement et bonheur tout ce que je vous en ai dit, et ne craignez pas de vous en occuper sans cesse avec dévotion, allégresse et sollicitude; car c'est là la voie où vous devez marcher, c'est là votre vie, c'est-à-dire le fondement sur lequel vous pourrez bâtir un grand édifice. C'est par là que vous devez commencer, si vous voulez atteindre à ce qu'il y a de plus élevé, comme je vous l'ai dit plus haut en plusieurs endroits.

Cette méditation de la vie de Jésus-Christ, non-seulement vous sera une délicieuse nourriture par elle-même, mais elle vous conduira à des mets plus exquis encore. Vous y trouverez les actions que le Seigneur a faites en sa chair; mais c'est une chose bien plus admirable de le contempler en esprit, et c'est par cette échelle que vous pourrez y parvenir. Mais c'est ici qu'en attendant il faut fixer votre demeure. Écoutez ce qu'en dit saint Bernard :    
 
«  (1) Pour moi, je pense que la raison principale qui a porté le Dieu invisible à se manifester dans la chair et à converser avec les hommes, a été d'attirer d'abord à l'amour de sa chair toutes les affections de ceux qui étaient charnels, afin de les conduire ensuite peu à peu à l'amour des choses spirituelles. Il montrait à ses Disciples le degré d'un amour plus élevé quand il leur disait : « C'est l'esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien (1).»

« Qu'il se console donc dans la dévotion envers la chair du Sauveur, celui qui n'a point encore reçu l'esprit qui vivifie, du moins en la manière dont le possèdent ceux qui disent : « Le Seigneur Jésus est un esprit devant notre face, et si nous avons connu Jésus-Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus (2). »

« En effet, on ne saurait nullement aimer Jésus-Christ, même dans sa chair, sans l'Esprit-Saint, bien qu'alors il ne se communique pas dans sa plénitude. Cependant la mesure de cette dévotion est telle que la suavité qui en découle remplit tout notre cœur et l'éloigne entièrement de l'amour de toute chair et de tout plaisir de la chair. C'est là ce qu'on appelle aimer de tout son cœur. S'il en est autrement, s'il m'arrive de préférer à la chair de mon Sauveur une parenté quelconque ou un plaisir de ma chair, et qu'ainsi je sois moins fidèle aux enseignements qu'il m'a donnés en demeurant dans la chair, par ses paroles et par ses exemples, n'est-il pas clair que je ne l'aime point de tout mon cœur, puisque ce cœur est divisé, que j'en donne une partie à sa chair, et que j'en consacre une autre à la mienne propre?

« Enfin il a dit lui-même : Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi (3). » Ainsi, pour tout dire en deux mots : aimer Jésus de tout notre cœur, c'est rejeter loin de nous, par amour pour sa chair vénérable, tout ce qui peut être agréable en notre propre chair ou en celle des autres. Et en cela je comprends également la gloire du monde, car la gloire de ce monde est la gloire de la chair, et il n'est point douteux que ceux qui y trouvent leurs délices ne soient des hommes charnels. »

Vous voyez donc quelle est cette méditation, comment elle est encore charnelle, comparée à celle qui est purement spirituelle. Cependant ne prenez point de là sujet de diminuer votre dévotion; que votre ferveur, au contraire, se porte à des choses plus élevées. Mais sachez bien que pour y arriver il faut passer par là; il faut que votre amour s'enflamme en la méditation présente, afin que vous puissiez ensuite vous plonger sans réserve en l'autre.

Elle est bonne assurément, cette méditation charnelle qui détruit la vie de la chair et par laquelle on arrive à mépriser et à vaincre le monde. C'est en vous y livrant que vous affermirez votre esprit, que vous vous instruirez dans la vertu et que vous puiserez la force du cœur, ainsi que je vous l'ai dit dans le prologue.

Que toute votre application, votre repos, votre nourriture, votre étude soit donc de méditer cette vie du Seigneur. Non-seulement vous obtiendrez par elle tous les biens dont je viens de vous parler; non-seulement vous y trouverez les degrés qui vous élèveront à la patrie céleste, mais cette méditation sera pour vous une consolation perpétuelle et non interrompue.

Ceux qui montent à une contemplation plus élevée ne doivent point pour cela l'abandonner en aucun temps, ni en aucun lieu ; autrement ils montreraient qu'ils la méprisent comme une chose vile, ce qui serait un signe de grand orgueil.

Au reste, rappelez-vous ce que je vous ai dit plus haut en traitant de la contemplation de l'humanité de Jésus-Christ, contemplation que saint Bernard n'abandonna jamais, quoiqu'il fût un contemplatif très-élevé. Bien plus, comme nous le voyons en ses discours, il l'embrassa et l'exalta toujours outre mesure.

Je veux maintenant vous tracer la marche que vous devez suivre en ces méditations…
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2.  Le titre de ce chapitre est intitulé dans l'exemplaire que nous avons sous les yeux : Exhortation à soupirer après la patrie par le désir de la mort. Mais ce titre convient au chapitre précédent et non à celui-ci, ainsi qu’on le voit en les lisant. — 1. Sem. 20 sup., cant. — 1. Joan., 6. — 2. II Cor., 5. — 3. Mat., 10.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Lun 06 Fév 2017, 6:32 am

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CHAPITRE C.

De la manière de méditer la vie de
Jésus-Christ, et conclusion de l'ouvrage.

Je veux maintenant vous tracer la marche que vous devez suivre en ces méditations, de peur que, si vous veniez à croire qu'il vous faut pénétrer et embrasser tout ce que je vous ai tracé, vous ne tombiez dans le dégoût, à cause de la difficulté d'une pareille entreprise, d'autant plus que l'espace d'une semaine entière me semble nécessaire pour ces méditations.

Vous devez donc savoir qu'il vous suffit de méditer une seule action du Seigneur, ou une chose qui lui est arrivée, ou les paroles qu'il a prononcées, selon qu'il est rapporté dans l'Évangile, en vous rendant présente aux lieux où les choses se passent , comme si vous y étiez de corps, et en les repassant tout simplement selon que le récit qui vous en a été fait les rappellera à votre esprit.

Quant aux moralités et aux passages que j'ai cités pour votre instruction en cet ouvrage, il n'est point utile d'en faire l'objet de vos méditations, à moins qu'ils n'offrent de prime abord à votre pensée une vertu à acquérir ou un vice à détester.

Vous choisirez donc, pour ces exercices, quelque heure paisible; ensuite, durant le jour, vous pourrez étudier la moralité, ainsi que les autorités alléguées, et les confier soigneusement à votre mémoire. Il vous est tout-à-fait important d'agir de la sorte, car ces choses sont votre vie, et elles peuvent servir à vous conduire d'une manière parfaite dans toutes les voies spirituelles.

Vous diviserez donc ainsi ces méditations : en commençant, le lundi, vous parcourrez jusqu'à la fuite du Seigneur en Égypte. L'ayant laissé en ce lieu, vous y reviendrez le mardi, et vous méditerez jusqu'à l'ouverture du livre, dans la synagogue ; le mercredi, jusqu'au ministère de Marie et de Marthe; le jeudi, jusqu'à la Passion ; le vendredi et le samedi, jusqu' à la résurrection; le dimanche, la résurrection elle-même et jusqu'à la fin de ce livre. Ainsi ferez-vous chaque semaine, afin de vous rendre ces méditations familières, bien assurée que plus vous vous y exercerez, plus elles vous deviendront faciles et agréables.

Aimez à converser avec le Seigneur Jésus, et, à l'imitation de la bienheureuse Cécile, appliquez-vous à fixer inséparablement, comme un autre Évangile, sa vie en votre cœur.

Au reste, il est temps de mettre fin à ce livre. Mais ce sera en empruntant encore une fois aux discours si abondants de notre bienheureux père saint Bernard, discours où j'ai cueilli, pour votre utilité, tant de fleurs magnifiques, et non par mes propres paroles.

Que la conclusion se fasse donc au nom de celui qui est le Livre scellé, Jésus-Christ, notre Seigneur, à la louange duquel cet ouvrage est consacré.

Voici, quant à ce qui regarde le présent sujet, comment s'exprime notre saint sur ces paroles : …

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Mar 07 Fév 2017, 7:07 am

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CHAPITRE C.

De la manière de méditer
la vie de Jésus-Christ,
et conclusion de l'ouvrage.

(suite)

Voici, quant à ce qui regarde le présent sujet, comment s'exprime notre saint sur ces paroles : Votre nom est une huile répandue :

« (1) Sans doute il y a ressemblance entre l'huile et le nom de l'Époux, et l'Esprit-Saint ne les a pas inutilement rapprochés l'un de l'autre. Pour moi, je dis que le rapport est dans cette triple qualité de l'huile : elle éclaire, elle nourrit et elle oint; à moins que vous n'ayez quelque explication meilleure à nous donner. Elle entretient le feu, elle nourrit la chair, elle calme la douleur. Elle est une lumière, une nourriture, un remède. — Voyez maintenant pour le nom de l'Époux : il éclaire quand on l'annonce, il nourrit quand on le médite, il est un adoucissement et une onction quand on l'invoque. Parcourons chaque chose plus en détail.

« Comment croyez-vous que la lumière de la foi se soit répandue avec tant d'éclat et de rapidité dans tout l'univers, si ce n'est par la prédication du nom de Jésus? N'est-ce point par la lumière de ce nom que Dieu nous a appelés à son admirable clarté? N'est-ce point à ceux qui sont éclairés de ce flambeau, à ceux qui voient la lumière à cette splendeur, que l'Apôtre dit avec tant de vérité : « Autrefois vous n'étiez que ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur (1).

« Le nom de Jésus n'est pas seulement une lumière, il est une nourriture. Ne vous sentez-vous pas fortifiés toutes les fois que vous vous le rappelez? Quel nom autant que lui engraisse l'esprit qui le médite? Quel nom repose comme lui les sens fatigués, fortifie les vertus, ranime les mœurs bonnes et honnêtes, entretient les chastes affections? Toute nourriture est sans vertu pour l'âme, si elle n'est empreinte de cette huile ; tout aliment est insipide, s'il n'est relevé par ce sel. Si vous écrivez, je n'y trouve nulle saveur si je n'y lis le nom de Jésus. Si vous discourez ou si vous conférez, vos discours sont pour moi sans délices, si je n'y entends résonner le nom de Jésus Christ ! c'est un miel à ma bouche, une mélodie à mes oreilles, une jubilation à mon cœur.

« Mais c'est de plus un remède. Quelqu'un d'entre vous est-il en proie à la tristesse? Qu'il vienne au cœur de Jésus, et que de là il s'approche de sa bouche. Aussitôt que ce nom, qui est la lumière, s'est fait entendre, toute obscurité se dissipe et la sérénité renaît. Quelqu'un est-il tombé dans le crime, dans le désespoir, va-t-il se précipiter sous les coups de la mort ? Qu'il invoque le nom de Jésus, et aussitôt il reviendra à la vie. Qui donc, se tenant en présence de ce nom salutaire, a éprouvé encore la dureté du cœur, dont tant d'autres gémissent, l'engourdissement de la paresse, le désir de la vengeance et la langueur de l'ennui? Quel est celui qui, ayant vu la source de ses larmes se tarir, ne les a pas senties couler plus suaves, après l'avoir invoqué? Quel est celui qui, tremblant et glacé d'effroi au milieu des dangers, n'a point, après avoir appelé en aide ce nom puissant, recouvré aussitôt la confiance et banni toute crainte ? Quel est, je vous le demande, celui qui, agité par le doute et flottant à ses hasards, n'a point vu tout-à-coup la certitude renaître à l'invocation de ce nom lumineux? Quel est l'homme plein de défiance, et déjà prêt à s'affaisser au milieu des difficultés, à qui la force ait manqué aussitôt que ce nom secourable s'est fait entendre à ses oreilles ? Et cependant telles sont les maladies et les langueurs de l'âme. Il en est donc le remède.

« Enfin, nous sommes à même de prouver ce que nous avançons. « Invoquez-moi, nous dit-il, au jour de la tribulation : je vous en arracherai, et vous me rendrez vos hommages (1). » Non, rien n'est aussi puissant à comprimer l'élan de la colère, à arrêter l’enflure de l'orgueil, à guérir les plaies de l'envie, à s'opposer au torrent de la luxure, à étouffer les flammes de la volupté, à calmer la soif des richesses et à détruire la rouille de tout ce qui dépare l'âme.

« En effet, lorsque je nomme Jésus, je me représente un homme doux et humble, un homme au cœur plein de charité, sobre, chaste, miséricordieux, et enfin brillant de toute pureté et de toute sainteté ; je me représente en même temps le Dieu tout-puissant qui me guérit par son exemple et m'affermit par son secours. Lorsque j'entends le nom de Jésus, tout cela retentit à mon oreille. J'emprunte les exemples à l'humanité, le secours à la toute-puissance. Je me sers des uns, comme de plantes odoriférantes, de l'autre comme d'un instrument pour en tirer parti, et j'en forme un mélange tel que l'art ne saurait jamais offrir rien de comparable. »

« Voilà, ô mon âme, le remède caché sous l'enveloppe de ce nom de Jésus…
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1. Serm. 15, sup. cant. — 1. Eph. 5. — 1. Ps. 94.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Louis le Mer 08 Fév 2017, 6:42 am

.
CHAPITRE C.

De la manière de méditer
la vie de Jésus-Christ,
et conclusion de l'ouvrage.

(suite)

« Voilà, ô mon âme, le remède caché sous l'enveloppe de ce nom de Jésus. Oui, le nom de Jésus est un nom salutaire, et qui jamais ne fera défaut à aucune de tes infirmités. Qu'il soit donc toujours en ton cœur, qu'il soit toujours dans tes mains, afin qu'en Jésus tes sens et tes actes trouvent une direction assurée. C'est lui qui te fait cette invitation : « Place-moi, te dit-il, comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras (1). » Mais l'explication de cet endroit viendra plus tard. Tu as, dis je, dans le nom de Jésus, un remède pour corriger ce qu'il y a de mauvais dans tes actes, pour compléter ce qu'ils renferment d'imparfait. Tu as un secours pour préserver tes sens de peur qu'ils ne se corrompent, et pour les guérir s'ils sont corrompus. »

« (2) Que vous êtes beau à vos Anges, ô Seigneur Jésus, lorsqu'ils vous contemplent en la forme de votre divinité, au jour de votre éternité, dans les splendeurs des saints ; lorsqu'ils vous voient engendré avant l'étoile du matin, vous la splendeur et la figure parfaite de la substance de votre Père, la lumière de la vie éternelle, lumière qui dure durant les siècles des siècles et ne s'affaiblit jamais!

« Que vous êtes beau à mes yeux, ô mon Seigneur, dans le dépouillement de votre gloire! Lorsque vous vous êtes anéanti, lorsque vous avez voilé les rayons naturels de cette lumière sans affaiblissement, votre tendresse a jeté un éclat plus radieux, votre charité a paru brillante de plus de clarté, et votre grâce a répandu plus au loin sa lumière.

« Que vous êtes resplendissante à mes yeux, ô étoile sortie de Jacob !

« Que vous êtes éclatante, ô fleur épanouie de la tige de Jessé ! O lumière qui vous êtes levée des hauteurs célestes et m'avez visité dans mes ténèbres, que vous êtes délicieuse à mon cœur !

« Que vous êtes admirable et étonnant, même pour les Vertus d'en haut, dans votre conception de l'Esprit-Saint, dans votre naissance de la Vierge, dans l'innocence de votre vie, dans l'abondance de votre doctrine, dans l'éclat de vos miracles, dans la manifestation de vos mystères !

« Combien enfin vous êtes lumineux, même après votre coucher, ô Soleil de justice, lorsque vous ressuscitez des entrailles de la terre !

« Combien vous êtes ravissant de beauté, lorsque, ô Roi de gloire, vous montez, revêtu d'un vêtement éclatant, dans les hauteurs des Cieux !

« Comment donc, en présence de ces merveilles, tous mes ossements ne s'écrieront-ils pas : « Seigneur, qui est semblable à vous? »

« Je m'imagine que l’Épouse avait contemplé quelqu'une de ces choses admirables de son Bien-aimé, lorsqu'elle disait : « Que vous êtes beau, mon Bien-aimé, que vous êtes ravissant ! » Et non-seulement elle avait vu ces choses, mais, sans aucun doute, elle avait joui de la beauté d'une nature plus élevée, que la faiblesse de nos regards ne saurait considérer, que notre cœur ne saurait goûter. Cette répétition qui exprime son amour, nous désigne donc la beauté de l'une et l'autre substance. »

Ainsi parle saint Bernard.

Actions de grâces soient rendues au Dieu qui vit dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

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1. Cant. 8. — 2. Serm 45, sup. cant.

FIN.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Arthur le Mer 08 Fév 2017, 8:31 am

Merci Louis.

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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  ROBERT. le Mer 08 Fév 2017, 9:23 am

.
Merci bien, Louis.
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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Monique le Ven 17 Fév 2017, 10:49 am

Merci Louis, ces méditations ont enrichie mon cœur.
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Re: Méditations sur la Vie de Jésus-Christ, par S. Bonaventure.

Message  Javier le Ven 24 Fév 2017, 7:25 am

Gracias de corazón, mi querido hermano Louis. Estas meditaciones me están ayudando mucho a alimentar mi espíritu y pedirle a Dios la verdadera humildad.
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