Que signifient les mots : être de son temps ?

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Que signifient les mots : être de son temps ?

Message  Roger Boivin le Ven 07 Aoû 2015, 9:38 am



Avant de nous engager davantage dans le dédale de l'école déductive, rappelons encore une fois les principes absolus qui dominent cette discussion. Je ne dédaigne pas le confort dans la vie, j'admire profondément toutes les découvertes scientifiques de notre âge, je m'associe de tout cœur et, dans mon humble sphère, je travaille avec opiniâtreté aux progrès de l'instruction publique, je prends part avec ardeur aux luttes civiles du forum, j'apprécie l'importance pratique de l'industrie et du commerce, je ne nie point la logique de la loi économique de l'offre et de la demande, je préfère les voitures de nos chemins de fer aux pataches dans lesquelles je traversais les Ardennes au temps de mon enfance, je place mes armes de chasse perfectionnées bien au-dessus des fusils à silex et à baguettes de mon grand père, en un mot je suis « un homme de mon temps » ; mais j'affirme que M. de Laveleye ne me démontrera pas que M. Tiberghien est un philosophe supérieur à Aristote, que l'élève de celui-ci, Alexandre de Macédoine, a été en politique inférieur à M. de Bismarck, que Démosthène avait moins d'esprit que M. Gladstone, que Papinien comparé à M. Bluntschli était un cuistre et que Af. de Savornin dépasse S. Jérôme de cent coudées. Les sectes protestantes et même l'Église universelle n'ont que des rapports indirects avec toutes les choses très respectables que ces grands noms rappellent. Jésus-Christ a dit : mon royaume n'est pas de ce monde. Son royaume est celui de Dieu. Cherchez ce royaume et sa justice, a ajouté le Sauveur du genre humain, et le reste vous sera donné par surcroit. Et ce reste, les catholiques le possèdent, à divers degrés, au moins aussi bien que les protestants. Dans un siècle où les professeurs d'économie politique se croient volontiers les grands prêtres de l'avenir, parce qu'ils exposent les lois qui règlent la production et la circulation des richesses fugitives et qu'ils étudient les conditions du bien-être matériel, à notre époque surtout, il ne faut pas cesser de répéter et même de crier sur les toits : la fin de l'homme sur cette terre ne consiste pas dans l'exaltation de sa propre puissance. J'ouvre le cathéchisme (1) de mes enfants et j'y lis avec ravissement ces simples réponses, supérieures à toutes les beautés du Timée de Platon et du XIIe livre de la Métaphysique d'Aristote :

Qu'est-ce que l'homme ?
— L'Homme est une créature de Dieu, douée de raison, ayant une âme immortelle et un corps mortel.

Quelle est la partie la plus noble de l'homme ?
— C'est l'âme.

Pour quelle fin l'homme a-t-il été créé de Dieu ?
— L'homme a été créé de Dieu pour le servir en cette vie et pour le posséder éternellement dans l'autre.

Nous ne sommes donc pas créés pour nous divertir en cette vie et pour amasser des richesses ?
— Non, nous sommes créés pour servir Dieu.


Servir Dieu, c'est régner. Servire Deo regnare est. Celui qui sert Dieu règne sur la création, fût-il le plus pauvre et le moins lettré des hommes. La foi chrétienne n'a pas été prêchée et l'Église universelle n'a pas été fondée par de riches capitalistes, des gens de lettres, des publicistes, des professeurs d'économie rurale, des politiques transcendants, des diplomates habiles, de grands hommes de guerre, des avocats diserts ou retors. Jésus-Christ, filius fabri, a vécu comme un ouvrier et il est mort crucifié entre deux malfaiteurs ; les apôtres étaient des hommes simples, des manouvriers, des pêcheurs, comme les pêcheurs de Blankenberghe, et l'œuvre divine du christianisme a été le plus grand scandale auquel aient assisté les « savants », les « riches », les « intelligents » et les « civilisés » des quatre premiers siècles. Il en est encore ainsi aujourd'hui : l'existence, la vigueur, le développement, l'immutabilité de l'Église catholique est un scandale pour M. de Laveleye et pour tous les génies incompris qui partagent ses préjugés surannés et peut-être sa haine récente.

[..]

---

(1).  Catéchisme de Malines, p. 7 et 8.  
( pages 8-9 et 10 en cette version : https://books.google.ca/books?id=nf1bAAAAQAAJ&pg=PA52&hl=fr&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q&f=false )



DE L'AVENIR DES PEUPLES CATHOLIQUES - 1876 - Pages 91-95 :

https://archive.org/stream/delavenirdespeup00haul#page/90/mode/2up


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Roger Boivin

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Re: Que signifient les mots : être de son temps ?

Message  Monique le Ven 16 Oct 2015, 2:29 pm

Nous ne sommes donc pas créés pour nous divertir en cette vie et pour amasser des richesses ?
— Non, nous sommes créés pour servir Dieu.


Très belle citation a méditée en autre....
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Re: Que signifient les mots : être de son temps ?

Message  ROBERT. le Ven 16 Oct 2015, 4:24 pm

Monique a écrit:
Nous ne sommes donc pas créés pour nous divertir en cette vie et pour amasser des richesses ?
— Non, nous sommes créés pour servir Dieu.


Très belle citation a méditée en autre....

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Re: Que signifient les mots : être de son temps ?

Message  ROBERT. le Ven 16 Oct 2015, 4:26 pm

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Comme disait sainte Jeanne d'Arc, si je ne me trompe: Dieu, premier servi.

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