L’art chrétien et les Catacombes.

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Mer 08 Avr 2015, 1:18 pm

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LIVRE  IV

L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  I.

Antiquité et types principaux de l’art chrétien.

(SUITE)

Nous ne pousserons pas plus loin ces remarques, sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir. Il serait facile de réfuter ainsi par des raisons simples et décisives tous les arguments de détail dont M. Raoul-Rochette appuie sa théorie. Les peintres chrétiens ont, à l'origine surtout, suivi avec une heureuse fidélité les traditions d'exécution et de style qu'ils avaient puisées dans l'école gréco-romaine : ils se sont montrés longtemps les dignes disciples de cet art classique dans lequel l'humanité ira toujours chercher les immuables formes du beau ; mais ils n'ont imité qu'avec discernement, éliminant de leurs compositions tout ce que n'aurait pas avoué la foi chrétienne, tout ce qui n'aurait pas été d'accord avec ses doctrines ou sa morale. Aucune figure d'une signification vraiment païenne n'eut entrée dans l'art chrétien pendant les trois premiers siècles.

Les peintures chrétiennes de cette période ont été divisées en six classes, et bien que ces classes aient une étendue et une importance inégales, bien qu'il soit difficile de les étudier séparément, cependant cette division mérite d'être conservée, comme un fil conducteur dans les innombrables détails d'un sujet forcément confus. Certaines peintures chrétiennes peuvent être appelées symboliques, c'est-à-dire exprimant des idées au moyen de signes artistiques. D'autres sont plutôt allégoriques, ce sont celles qui représentent plus ou moins exactement les paraboles de l'Évangile. La troisième classe est relative aux faits historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament. La quatrième se compose des images de Notre-Seigneur, de sa sainte mère et des saints. Viennent ensuite les scènes tirées des vies des saints et de l'histoire de l'Église, et enfin les peintures représentant des emblèmes et des faits relatifs à la liturgie chrétienne.

Telle est la division adoptée par M. de Rossi. Le but de son ouvrage étant de décrire les monuments des catacombes et d'indiquer leurs rapports avec l'histoire générale, il ne touche qu'incidemment et accessoirement les questions d'art. Mais il le fait avec une telle supériorité, une telle abondance de documents et de preuves, et, ajoutons-le, un sens artistique si délicat et si élevé, que son livre, sans être un traité d’épigraphie, d'histoire de l'art ou d'interprétation symbolique, renferme sur tous ces sujets, et sur les lumières que leur apporte l'étude de Rome souterraine, les renseignements les plus complets et les plus neufs.

Rome Souterraine, p. 290-1.

A suivre : Chapitre II. Sujets symboliques.

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Message  Louis le Jeu 09 Avr 2015, 12:00 pm

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LIVRE  IV


L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

SOMMAIRE. — Interprétation des sujets symboliques. — Règles d'interprétation. — L'ancre, symbole de l'espérance. — La brebis et la colombe, symboles de l'âme chrétienne. — La colombe unie à d'autres symboles. — Persistance de ce symbole. — Le phénix. — Le poisson : à quelle époque fut-il employé symboliquement? — Symbole du Christ et du chrétien. — Origine du symbolisme du poisson. — Exemples tirés des Pères de l'Eglise — et des monuments de l'art. — Le poisson rarement représente seul, — souvent avec le vaisseau, la colombe, l'ancre. — Le poisson et le pain. — Un exemple de leur réunion (Jean, XXI, I-13). — Application de ce récit évangélique à l'Eucharistie, — par saint Augustin et tous les Pères. — Cette interprétation confirmée par l'épitaphe d'Abercius et par une autre inscription trouvée à Autun. — Peinture représentant le miracle de la multiplication des pains et des poissons. — Peintures semblables dans une catacombe d'Alexandrie. — Poissons tenant un pain dans leur bouche. — Poisson portant sur son dos une corbeille de pain et de vin. — Le cheval et le pain eucharistique. — Agneau portant un vase de lait. — Interprétation de cette peinture d'après les actes de sainte Perpétue — et un sermon de saint Augustin. — Le vase, symbole du chrétien. — Le navire.— Rareté des représentations de la croix dans les monuments primitifs. — Manières détournées de la représenter. — Causes de la réserve des chrétiens à cet égard. — Le tau. — Le monogramme du Christ. — La croix gammée : réponse à une théorie de M. Emile Burnouf.
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Nous appelons peinture symbolique toute peinture ayant pour but non pas seulement de représenter un sujet, mais de faire de ce sujet la traduction, l'image, le véhicule d'une idée plus haute, qu'il est chargé, pour ainsi dire, d'amener à l'esprit du spectateur. Interpréter de telles peintures est un travail délicat, exigeant science, prudence et probité. On a tant de fois abusé de l'explication symbolique des œuvres d'art que beaucoup de personnes se défient de toute tentatives de ce genre, et n'y voient qu'un jeu d'esprit, un procédé à l'aide duquel de quelque chose ou même de rien, avec un peu d'imagination, il est facile de tirer tout.

Le symbolisme a toujours tenu cependant une grande place dans l'histoire des arts. Dans la période qui nous occupe, il a joué particulièrement un rôle important. Kügler , parlant de l'art romain sous l'Empire, y reconnaît une tendance marquée au symbolisme. A cette époque, dit-il, « au lieu de chercher simplement à rendre sensible l'objet représenté, la forme artistique était devenue un moyen d'exprimer des idées abstraites; au lieu d'agir sur le sentiment, elle s'adressait à la pensée. »

Né au moment où cette tendance se faisait jour, l'art chrétien suivit naturellement la même pente.

« Ce fut, dit encore Kugler, la crainte de l'idolâtrie qui introduisit dans la peinture chrétienne un système de représentations purement composé de types et de symboles. » Sans nous porter garant de la raison donnée par le critique allemand, nous sommes d'accord avec lui sur le fait : le symbolisme est le trait qui domine dans les plus anciennes productions de l'art chrétien. Ceci admis, une question se pose aussitôt : quelles règles doit-on suivre dans l'interprétation des antiques symboles chrétiens ?

La meilleure clef du sens caché d'une œuvre d'art est tout ce qui fait connaître les pensées habituelles de l'artiste qui l'a créée, les sentiments et les idées de la société dans laquelle il a vécu, pour laquelle il a travaillé. Un seul texte d'un Père de l'Église, écrit à la date même d'une vieille peinture chrétienne, ou peu de temps après, est un guide infiniment plus digne de foi que tout un volume d'hypothèses ingénieuses et de savants commentaires.

Plus, autour d'une image symbolique, on peut grouper de textes clairs et précis…

Rome Souterraine, p. 292-3.

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Message  Louis le Ven 10 Avr 2015, 12:46 pm

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L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Plus, autour d'une image symbolique, on peut grouper de textes clairs et précis, émanés d'écrivains ayant eu de leur temps et conservé devant la postérité une autorité réelle, plus l'interprétation qu'on en donnera approchera de la certitude et commandera l'adhésion de l'esprit. Que tel symbole peint sur une muraille chrétienne du IIe ou IIIe siècle se trouve interprété dans quelque passage d'un obscur écrivain ecclésiastique du IXe, il n'y a là peut-être qu'une coïncidence fortuite, une identité de sens plus apparente que réelle; mais si l'on peut citer comme témoins, comme commentateurs un ou plusieurs écrivains contemporains de l'œuvre qu'il s'agit d'expliquer, ou même l'ayant précédée, ayant aidé à former l'école, l'atmosphère intellectuelle dans laquelle son auteur a vécu, si l'on peut prouver qu'à telle époque certaines idées, certains modes symboliques d'expression étaient en usage dans la société chrétienne, constituaient le fonds commun dans lequel chacun puisait, il est permis de suivre avec sécurité de pareils guides, d'aussi clairs indices, et de leur demander l'interprétation d'un symbole qui n'est plus isolé, mais replacé par une sage critique dans le milieu même qui favorisa son éclosion.

Un controversiste anglican, parlant des images des catacombes qui représentent une ou deux colombes buvant dans un vase, y voyait récemment un témoignage antique contre la discipline qui, dans l'administration de l'eucharistie, « refuse aux laïques l'usage du calice : » voilà un exemple d'interprétation arbitraire, fondée sur un anachronisme : au lieu de replacer l'antique symbole dans le milieu qui le vit éclore, le critique dont nous parlons l'en tire brusquement pour le transporter au milieu de controverses nées bien des siècles plus tard, et dont n'avait pas la moindre idée l'artiste qui dessina des colombes sur les murailles ou les marbres des catacombes chrétiennes.

Au contraire, si un écrivain, commentant les nombreuses images du Bon Pasteur, insiste sur certains détails d'exécution, fait remarquer, par exemple, qu'auprès du pasteur ou sur ses épaules le vieux peintre a souvent placé un bouc au lieu d'une brebis, et voit dans cette infidélité significative au texte de la parabole un moyen d'exprimer l'immense bonté du Christ admettant à la pénitence même les pécheurs déjà tombés, cette interprétation reçoit une grande force du langage bien connu de Tertullien, des paroles de plusieurs Pères de l'Église, et du souvenir des controverses qui agitèrent l'Église chrétienne pendant une partie du IIIe siècle.

La signification des images symboliques tracées...

Rome Souterraine, p. 293-4

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Message  Louis le Sam 11 Avr 2015, 11:44 am

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L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

La signification des images symboliques tracées sur les tombes, les voûtes et les murailles des catacombes chrétiennes ne doit donc être cherchée ni en de subtiles conjectures ni dans l'argumentation passionnée ou intéressée des controversistes : on ne peut la découvrir qu'en rapprochant les uns des autres les divers symboles, en les comparant avec les inscriptions contemporaines, avec les textes de l'Écriture sainte, avec les témoignages des Pères. Là où ces autorités font défaut ou ne concordent pas, la prudence ordonne de ne pas conclure, et d'attendre que la découverte d'autres monuments vienne jeter une lumière nouvelle sur les points encore mal éclaircis.

Parmi les figures symboliques des catacombes, il en est plusieurs dont l'interprétation n'est pas douteuse.

Une des plus anciennes et des plus célèbres est l'ancre. Sa signification est claire, « Nous nous réfugions, dit saint Paul, vers l'espérance qui nous est offerte, et qui est pour notre âme comme une ancre sûre et ferme (1). » L'ancre devint, pour les premiers chrétiens, le symbole de l'Espérance : on la trouve souvent gravée sur les tombes de personnes portant ce nom, dans sa forme grecque ou latine, Spes,  Elpis, Elpidis, Elpisusa. Clément d'Alexandrie conseillait aux chrétiens du IIe siècle de faire dessiner ce symbole sur leurs anneaux (2). Les fossores des catacombes semblent s'être approprié ce conseil.

Après le symbole de la colombe, celui de l'ancre est le plus fréquemment gravé sur les pierres tombales des premiers chrétiens: quelquefois, comme dans la figure 14 (voir ci-dessous), la branche de l'ancre est traversée d'une barre, et forme ainsi une secrète image de la croix, fondement de l'espérance chrétienne. Cette figure représente une pierre tombale certainement antérieure à la fin du IIIe siècle.

L'ancre, en effet, devient très-rare après cette époque. Les épitaphes du cimetière de Calliste (non compris la crypte de Lucine) en fournissent, à elles seules, trente-cinq exemples. Et plus ces épitaphes sont anciennes, plus fréquemment ce symbole y apparaît. Dans les galeries primitives de la première area du cimetière de Calliste, qui appartient à la dernière moitié du IIe siècle ou à la première du IIIe sur cent cinquante inscriptions on en trouve vingt offrant l'image de l'ancre ; dans des galeries voisines de cette area, et appartenant à la même époque, cinq sur cinquante inscriptions; deux sur vingt, dans une galerie un peu postérieure, qui relie la première et la deuxième area; dans celle-ci, pas d'exemples certains; dans la troisième, qui remonte à la dernière moitié du IIIe siècle, deux sur quarante inscriptions.




De même, dans la crypte de Lucine, l'ancre apparaît dans quelques épitaphes du IIe siècle et de la première moitié du IIIe, et on n'en voit plus ensuite aucun exemple. La série des inscriptions chrétiennes à date certaine concorde avec ces observations. Dans le très-petit nombre d'inscriptions datées antérieures à Constantin, l'ancre apparaît une fois, en 234, pas une seule fois dans les quatorze cents postérieures à ce prince (1).

Sur les pierres les plus anciennes…

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(1).  Ad Hebr. , VI, 18,  19. — (2).  « Faisons graver sur nos anneaux la colombe, ou le poisson, ou le navire poussé par un vent rapide, ou la lyre comme Polycrate, ou l'ancre comme Séleucus. » — Pœdag.,  III, 2. — (1). Roma sotterranea,  t, II, p. 315. — Cf. Bullett. di arch. crist., 1863, p. 82; 1865, p. 40; 1868, p. 94; 1869, p. 16, 81.
Rome Souterraine, p. 295-6.

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Message  Louis le Dim 12 Avr 2015, 1:24 pm

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(SUITE)




Sur les pierres les plus anciennes, l'ancre est souvent représentée seule : sur celle reproduite figure 14, qui révèle un symbolisme plus avancé, l'ancre cruciforme est accompagnée d'une colombe et d'un agneau ou d'une brebis. Nous n'avons pas besoin d'un autre témoignage que les paroles mêmes du Christ (1) pour affirmer que l'agneau ou la brebis, dans l'antique symbolisme chrétien, représente les membres du troupeau dont Jésus est le pasteur. La colombe est également prise pour symbole de l'âme chrétienne ; mais elle semble désigner l'âme sortie de son tabernacle de chair et entrée dans le repos céleste, tandis que la brebis est l'âme qui va



encore broutant et cherchant sa pâture sur cette terre. La colombe fut considérée de tout temps comme la personnification de l'Esprit-Saint (2); elle est peinte en cette qualité dans une fresque de la crypte de Lucine, représentant le baptême de Notre-Seigneur (fig. 15). Mais ce premier sens n'empêche pas qu'elle soit prise aussi comme le symbole de…

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(1). Joann., X, 1, 29. — Cf. le Pasce agnos meos, pasce oves meas, dans Joann., XXI, 15, 16, 17. — (2). Matth., III, 16; Marc, 1, 10; Luc, III, 22 ; Joann., I, 32, 33. — Dans l'inscription de Césarée, (voir page 79), la colombe est gravée après les mots : EVELPIVS VOS  SATOS SANCTO SPIRITV.
Rome Souterraine, p. 297

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Message  Louis le Jeu 16 Avr 2015, 2:50 pm

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Mais ce premier sens n'empêche pas qu'elle soit prise aussi comme le symbole de l’âme chrétienne. On trouve souvent, dans les monuments et les textes primitifs, non-seulement la même image, mais les mêmes mots désignant soit l'Esprit-Saint, soit l'âme baptisée. Sur les pierres tombales le mot Spiritus sanctus est souvent appliqué à l'âme du juste (1) ; au pluriel il sert quelquefois à désigner les bienheureux : Marcianum Successum Severum spirita sancta in mente havete (2).  Le Saint-Esprit est appelé par les Pères (3) « une colombe sans fiel, » columba sine felle.

On trouve plusieurs fois, dans les inscriptions funéraires, cette gracieuse appellation appliquée à l'âme des défunts.

Une noble dame enterrée dans le cimetière de Calliste, Dasumia Ciriaca, est appelée, dans son épitaphe, PALVMBA SENE FEL (4).

On lit, sur une inscription funéraire trouvée en 1864 dans le cimetière de Priscille : PALVMBVS  SINE FEL (5).

Parfois, près de la colombe, est gravée cette parole ou quelque autre analogue : SPIRITVS  SANCTVS,  ANIMA  INNOCENS  ,   ANIMA  INNOCENTISSIMA,   ANIMA  SIMPLEX (6).  

Dans une épitaphe appartenant à un locus bisomus, les noms des deux mortes sont inscrits sur la tète de deux colombes, BENERIA, SABBATIA (7). La colombe est quelquefois figurée buvant dans un vase, ou becquetant des grappes de raisin (fig. 16), sans doute pour marquer la joie de l'âme qui goûte le fruit de vie et se désaltère aux sources de l'éternel bonheur ( 8 ). Souvent elle porte dans son bec un rameau d'olivier : elle est…

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Voir page 196.

Rome Souterraine, p. 298.

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Message  Louis le Ven 17 Avr 2015, 12:29 pm

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Souvent elle porte dans son bec un rameau d'olivier : elle est alors, comme dit Tertullien, un symbole de paix plus ancien que le christianisme lui-même, « le héraut de la paix de Dieu dès le commencement (1). »   Les mots PAX, IN PACE, sont quelquefois gravés près d'elle dans les suscriptions funéraires,  témoignage de paix donné par les vivants aux



morts, signe manifeste que l'âme de celui qui gît sous cette pierre est sortie de ce monde en paix avec l'Église, avec Dieu et avec les hommes.

Quelquefois on trouve plusieurs symboles unis sur le même monument, comme dans la figure14, page 296 , où la réunion de l'ancre  cruciforme, de la  brebis et de la colombe sur la pierre tombale de Faustinianus semble proclamer un chrétien racheté par la croix du Sauveur, ayant mis en elle toute son espérance, et, délié enfin des chaînes mortelles, venant de s'envoler vers les rivages désirés de la paix.
La réunion de plusieurs symboles n'est nulle part plus remarquable que sur une cornaline gravée  du IIe siècle,  que nous publions plus loin (fig. 29)  , d'après le Dictionnaire des antiquités chrétiennes de M. l'abbé Martigny.  

Nous  empruntons au même ouvrage un petit sceau chrétien (2)



dans lequel l'appel de l'âme par l'Époux divin est à peu près formulé comme au Cantique des cantiques: Surge, columba mea, et veni : on y lit, à l'entour d'une colombe, cette touchante légende : Veni si amas.

Le symbole était quelquefois gravé après que la pierre tombale avait été fixée dans l'ouverture du loculus, témoin à peu près formulé comme au Cantique des cantiques: Surge, columba mea, et veni : on y lit, à l'entour d'une colombe, cette touchante légende : Veni si amas.

Le symbole était quelquefois gravé après que la pierre tombale avait été fixée dans l'ouverture du loculus, témoin




la figure ci-jointe, où la colombe fut peut-être ajoutée pour corriger la maladresse du fossor, qui avait posé le marbre la tête en bas.

Le symbole de la colombe, qui se rencontre dans les plus




anciennes parties des catacombes, — témoin la fresque ci-jointe (fig. 19), peinte à la droite de la porte dans un cubiculum de la crypte de Lucine, construit et décoré au commencement du IIe siècle ou peut-être à la fin du IIIe— demeura longtemps en usage avec ses diverses significations.

Au IVe, au Ve, au VIe siècle, la colombe est…






(1). Sur cette pierre et sur celle publiée fig. 20, voir Bullettino di arch. crist., 1864, p. 9 et sq.

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Message  Louis le Sam 18 Avr 2015, 10:17 am

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(SUITE)

Au IVe, au Ve, au VIe siècle, la colombe est un des symboles le plus fréquemment représentés sur les marbres romains et dans les mosaïques des églises italiennes : dans la basilique élevée en l'honneur de saint Félix par saint Paulin de Noies (1), les douze apôtres étaient figurés par douze colombes rangées en couronne autour de la croix. Sur les marbres funéraires de la Gaule, la colombe se voit gravée jusqu'au VII e siècle (2).

La colombe, tenant dans son bec un rameau d'olivier, est ciselée sur des reliquaires du XI e siècle (3). Les enluminures d'un manuscrit espagnol du XII e siècle, conservé au British Museum, nous montrent des oiseaux fuyant à tire-d'aile à travers l'azur céleste, et près d'eux est écrite cette légende, empruntée à l'Apocalypse (4) : animas interfectorum « les âmes de ceux qui périrent de mort violente. » La mosaïque de l'abside de la basilique supérieure de Saint-Clément, qui est du XIII e siècle, représente des colombes posées sur les bras de la croix. De tous les caractères composant l'alphabet symbolique du premier art chrétien, l'emblème de la colombe est un de ceux que le peuple sut lire le plus longtemps : il ne disparut jamais entièrement, et se retrouve à toutes les époques, avec sa douce, simple et gracieuse signification.

Il ne faut pas croire, du reste, que tous les oiseaux que l'on voit représentés dans les peintures et les inscriptions des catacombes soient des colombes et aient un sens symbolique. Quelques-uns semblent n'avoir été placés là qu'à titre d'ornement, par exemple ces légers oiseaux qui se balancent dans les feuillages et les festons des voûtes, et que l'on rencontre indifféremment dans les chapelles des catacombes et dans les décorations des tombeaux et des colombaires païens. D'autres représentent peut-être le phénix. Les actes de sainte Cécile racontent qu'elle fit sculpter un phénix, comme symbole de la résurrection, sur le sarcophage du martyr Maximus. Les écrivains païens et chrétiens sont unanimes sur le sens symbolique de cet oiseau, considéré comme emblème de l'âme renaissant plus jeune et plus belle des cendres du corps.

Pas plus que Pline et Tacite, les premiers chrétiens ne rejetaient les fables que les naturalistes antiques racontent sur cet oiseau merveilleux (1). On le  sculptait sur les  tombeaux  païens :

ET TAMEN AD MANES FOENIX ME SERBAT IN ARA  QVI  MECVM  PROPERAT SE REPARARE SIBI,

dit une inscription d'Ostie (2). Il était ordinairement représenté la tête ceinte d'un nimbe de feu, igneus or a cingit onos (3).



dans les premières basiliques chrétiennes. Mais on le trouve très-rarement sur le marbre…

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(1). S. Paulin, Ep. XII, ad Severum. — (2). Edm. Le Blant, Inscr. chrét. de la Gaule, préface, p. xiv. — Sur une table d'autel trouvée à Marseille, on voit le monogramme accosté de douze colombes, qui figurent évidemment les douze apôtres entourant le Christ. Ibid., p. 304. — (3). Académie des inscriptions et belles-lettres, séance du 7 juin 1872. — (4).  Apoc.,  vi, 9. — Saint Grégoire de Tours rapporte qu'une volée de colombes suivit les funérailles d'une sainte fille nommée Georgia (dont la tombe se voyait encore à Clermont au siècle dernier). De glor. confess., 34. — Après le martyre de saint Bénigne, « les chrétiens virent s'envoler de la prison à travers les airs une colombe plus blanche que la neige, qui indiquait par son vol que la sainte âme du martyr montait au ciel. Cette colombe laissa une odeur si suave, que tous se figuraient jouir des délices du paradis. » Acta S. Benigni, ap. Surium. — De même Prudence, décrivant le martyre de sainte Eulalie, fait monter son âme vers le ciel en forme de candida columba. Peristeph., III, 161-164.


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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Dim 19 Avr 2015, 3:25 pm

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Mais on le trouve très-rarement sur le marbre des tombeaux des catacombes. M. de Rossi n'en peut citer que deux exemples certains : sur une épitaphe datée de 385, trouvée dans Vagro Verano, est gravée l'image du phénix, la tète entourée du nimbe simple (1) : dans un fragment d'un autre marbre funéraire, trouvé dans le cimetière de Calliste et aujourd'hui perdu, le phénix était représenté portant le nimbe radié, Vigneus onos. Le nimbe, du reste, n'était pas l'appendice nécessaire du phénix : sur des tombes païennes il est quelquefois représenté sans cet ornement. Peut-être faut-il voir une image du phénix dans ceux des oiseaux des catacombes qui portent dans leur bec non une branche d'olivier, mais une branche de palmier : il était représenté ainsi, sans nimbe, mais désigné par le mot FENIX, sur l'architrave de la porte de l'ancienne basilique de Saint-Paul.

Si la colombe, grâce au sens clair et simple qu'elle offrait, a conservé pendant de longs siècles sa place dans la symbolique chrétienne, il en est autrement du poisson , le plus important, mais à première vue le plus étrange des symboles représentés dans les catacombes. En usage dès les premiers temps du christianisme, il commença à tomber en désuétude dès la première moitié du IIIe siècle, et disparut presque entièrement quand prirent fin les persécutions et avec elles la disciplina arcani. On ne connaît pas d'exemple du poisson employé avec une intention théologique dans un monument chrétien postérieur au Ve siècle.

A Ravenne des poissons se voient sculptés au fond d'une cuve baptismale et sur des ambones du VIe siècle ; le pavage en mosaïque du baptistère de Pesaro, datant de Justinien, représente également des poissons. Mais dans ces exemples, et dans plusieurs autres que nous pourrions citer, l'image du poisson est mêlée à divers emblèmes chrétiens, elle fait, pour ainsi dire, sa partie dans un ensemble, et ne paraît pas avoir par elle-même et par elle seule un sens symbolique clairement déterminé. Au contraire, dans les épitaphes et les peintures primitives, le poisson, même réuni à d'autres symboles, prend une signification personnelle, et non purement décorative : il devient un signe formel de christianisme.

On le trouve employé dans ce sens beaucoup plus fréquemment aux IIe et IIIe siècles qu'aux IVe et Ve. Sur toutes les épitaphes datées des catacombes, il ne se voit qu'une seule fois avant Constantin, et une fois après (1) ; mais il faut se souvenir qu'on possède en tout trente inscriptions datées antérieures à Constantin, et que l'on en connaît jusqu'à treize cents postérieures à lui. Il se retrouve sur plus de cent inscriptions funéraires sans dates que des indices certains permettent d'attribuer aux trois premiers siècles. M. de Rossi considère comme démontrée la disparition totale de ce symbole au commencement du Ve siècle.

A la fin du IVe il était déjà très-rare. Sur environ deux mille inscriptions chrétiennes de Rome, datées ou non datées, postérieures à Constantin, on trouve souvent la palme, la colombe, l'agneau, le monogramme, la croix, une seule fois le poisson. Dans la Gaule chrétienne, dont l'épigraphie, pour l'adoption comme pour l'abandon des formules et des symboles, retarde presque constamment d'un siècle sur Rome, et dont les inscriptions, sauf un très-petit nombre, sont postérieures au commencement du IVe siècle, le mot




IX0TC ou la figure du poisson se trouvent très-rarement, sept fois sur les sept cent huit inscriptions recueillies par M. Le Blant (2).

Quel était le sens de cet antique symbole?...

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(1). Inscr. christ.,  I, p. 155, n° 354. — (1). En 234 et en 400. Dans l'inscription de 234, l'ancre et le poisson sont gravés ensemble. Inscr. christ., I, pp. 10, n° 6, 210, n° 489. — (2).  Inscript, chrét. de la Gaule, t. I, p. 370.
Rome Souterraine, p. 303-304.

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Lun 20 Avr 2015, 12:07 pm

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L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

 Quel était le sens de cet antique symbole? A cette question la pensée se reporte vers la parabole évangélique dans laquelle Jésus compare le royaume des cieux à un filet jeté dans la mer et retiré plein de poissons; on se souvient de la parole adressée à Simon et à André : « Venez, je vous ferai pécheurs d'hommes (3). » Ce souvenir des allusions évangéliques occupe en effet une assez grande place dans l'art et la liturgie des premiers siècles (1), et nous le retrouverons plus loin ; mais telle n'est pas l'idée principale attachée par les peintres et les graveurs des catacombes au symbole du poisson. A l'origine le poisson fut adopté par l'art symbolique pour deux raisons différentes : d'abord parce que les fidèles doivent leur régénération spirituelle à l'élément de l'eau, et ensuite parce que de bonne heure la langue chrétienne désigna le Christ par le signe du poisson.

On ne sait au juste ni à partir de quel moment ni pour quelle raison le poisson devint le symbole du Christ. Mais la signification mystique de ce symbole n'est pas douteuse. Elle est démontrée par une longue chaîne de témoignages patristiques commençant à Clément d'Alexandrie, Origène et Tertullien, au n' siècle, pour finir à saint Pierre Damien, au XIe. Le symbole du poisson était peut-être en usage dès les temps apostoliques (2). Si cela est vrai, il fut probablement l'origine du célèbre acrostiche cité par Eusèbe (3) et saint Augustin (4) : prenant l'une après l'autre les lettres initiales de vingt-sept vers prétendus sibyllins, on trouve, en les rapprochant, les cinq mots grecs…

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(3). Matth. , IV, 19; Marc, I, 17; Luc, V, 10.


Rome Souterraine, p. 304-5

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Message  Louis le Mar 21 Avr 2015, 11:05 am

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LIVRE  IV


L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.
(SUITE)

… prenant l'une après l'autre les lettres initiales de vingt-sept vers prétendus sibyllins, on trouve, en les rapprochant, les cinq mots grecs



Rome Souterraine, p. 305-6

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Message  Louis le Mer 22 Avr 2015, 10:25 am

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LIVRE  IV


L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Il devint un signe de reconnaissance, une tessera sacrée renfermant sous une forme  claire et concise tout l'abrégé des croyances chrétiennes, une profession de foi à la double nature, à l'unité personnelle, à la mission rédemptrice du fils de Dieu. « On trouve en ce seul mot, dit Optat, dans le petit nombre de lettres qui le compose, toute une multitude (turbam) de noms sacrés (1). « Clément le recommande aux chrétiens de son temps comme un des emblèmes les plus propres à être gravés sur un cachet (2). Origène parle simplement, sans commentaire (tout commentaire étant inutile pour un symbole aussi connu), de Notre-Seigneur « figurativement appelé le Poisson (3) »

Toutes les fois qu'un poisson joue un rôle quelconque dans un récit de l'Ancien ou du Nouveau Testament, l'Église primitive y voit une allusion à la personne du Christ, une ligure ou une prophétie du Dieu fait homme. « Nous sommes de petits poissons (pisciculi), dit Tertullien, nés de l'eau à l'exemple de Jésus-Christ notre Poisson (1). »

« Répondant à nos prières, dit Optat (2), il descend dans les fonts du baptême, et ce qui auparavant était de l'eau est maintenant appelé piscina, à cause du poisson (a pisce) qui s'y est rendu présent. »

« Le poisson qui fut pris le premier, et dans la bouche duquel, dit saint Jérôme, était la pièce de monnaie qui fut donnée en tribut, représente le Christ, le second Adam, qui, au prix de son sang, a sauvé le premier Adam et Pierre, et avec eux tous les pécheurs... Nous reconnaissons le Christ dans le poisson qui fut pris dans le Tigre, dont le foie et les entrailles délivrèrent Sarah et rendirent la vue au vieux Tobie. »

« Par les remèdes intérieurs de ce poisson, dit saint Prosper d'Aquitaine (3), nous sommes tous les jours éclairés et nourris, » allusion manifeste aux sacrements de Baptême et d'Eucharistie.

Il serait aisé de multiplier sur ce sujet les citations des Pères, et de montrer l'identification du Christ avec le poisson symbolique passée chez eux en habitude de langage. Un tel luxe de preuves est inutile ici. Le point qui mérite d'être noté, on l'a aperçu déjà : le sens mystique et caché découvert par les anciens auteurs dans un grand nombre de passages de l'Écriture sainte découle de ce simple fait, dont l'origine est demeurée obscure, le poisson accepté comme le signe conventionnel du Christ par toute l'antiquité chrétienne. Ce point bien compris nous donne la signification de ces petits poissons d'ivoire, de cristal, de nacre de perles, d'émail, de pierres précieuses, que l'on a trouvés en grand nombre dans les tombeaux des catacombes (4). Quelques-uns ont la tête percée d'un trou afin de pouvoir être suspendus


____________________________________________________________

(1) De schism. Donat., III, 2. — (2).  On connaît un grand nombre d'anneaux dont la pierre porte gravée l'image d'un poisson. Elle se voit sur deux anneaux d'or trouvés à Herculanum, et sur un anneau d'or découvert à Pompéi. Ces anneaux étaient-ils chrétiens ? on ne peut l'affirmer avec certitude. Un anneau trouvé en 1851 près de Montpellier, et représentant un poisson, a paru chrétien à M. Edm. Le Blant (Inscript, chrét. de la Gaule, t. II,p. 427). M. de Rossi a publié, et jugé également chrétien, un onyx, enchâssé dans un anneau d'or, représentant un poisson autour duquel est écrite l'acclamation : VIVAS  NOCTOHAMVS. On a découvert, il y a quelques années, dans la tombe d'un évêque d'Angoulême, mort en 1101, un anneau appartenant au IIe ou IIIe siècle, dont l'onyx représente un dauphin enroulé autour d'un trident, près duquel nage un petit poisson. (Bullettino di arch. crist., 1870, p. 50-72.) — M. de Rossi a publié, dans le Bullettino de 1873, p. 77, et tav. IV, V, n° 6, un autre anneau d'or, qu'il croit du IIIe ou du IVesiècle, dans lequel est incrusté un petit poisson en émail blanc. D'un côté de ce poisson sont écrites

(3).  In Matth., Homil. XIII, 10. — (1). De baptismo, I. — (2). De schism. Donat., III, 2. — (3).  Ou l'auteur anonyme du De promiss, et prædic., Dei,  II, 39, publié dans ses œuvres. — (4).  Bullettino di arch. crist.,  1863, p. 38. —  (1). Roma soterranea, t. II, p. 333.

Rome Souterraine, p. 307-9.

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Message  Louis le Jeu 23 Avr 2015, 1:10 pm

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L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Sur une autre pierre enlevée à un sépulcre païen et employée à clore un loculus, on ne jugea pas nécessaire d'effacer la première épitaphe, on se contenta de graver grossièrement l'image d'un poisson, signe suffisamment clair de la foi du chrétien dont elle devait fermer désormais le tombeau.

Le poisson n'est pas toujours représenté seul. Il entre souvent dans une combinaison de plusieurs symboles chrétiens, jouant chacun le rôle d'un mot dans une phrase. Le sens que la raison est conduite à donner dans ce cas aux divers symboles ainsi réunis est toujours en un rapport exact avec celui que les textes et les monuments attribuent à chacun de ces symboles isolés. Le rapprochement, en laissant à chacun d'eux sa signification propre, les éclaire, les complète, les féconde l'un par l'autre, et leur permet d'exprimer plusieurs idées liées ensemble : nous avons déjà vu dans l'épitaphe de Faustinianus (fig. 14, p. 296 ) un intéressant exemple de ces combinaisons symboliques. De tous les signes d'idées employés dans le langage primitif de l'art chrétien, le poisson est celui qui se trouve le plus rarement seul.

Plus des deux tiers des monuments qui le représentent le montrent uni avec d'autres symboles. Quelquefois il nage à côté d'un navire. Trois ou quatre fois on le voit portant un navire sur son dos, et cette combinaison suggère naturellement l'idée du Christ soutenant son Église. Beaucoup plus souvent — sur plus de vingt épitaphes, sans parler des gemmes, sur lesquelles les deux symboles sont presque inséparables — le poisson est dessiné à côté de l'ancre : il semble qu'on lise alors, aussi clairement que s'ils étaient écrits au-dessous (ce qui a lieu quelquefois), les mots SPES IN CHRISTO, SPES IN DEO, SPES IN DEO CHRISTO.  Souvent aussi le poisson est figuré près de la colombe.

On le trouve ainsi plus de vingt fois…

Rome Souterraine, p. 309.

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Message  Louis le Ven 24 Avr 2015, 12:26 pm

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CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

On le trouve ainsi plus de vingt fois : nous avons déjà vu que cet oiseau portant dans son bec une branche d'olivier est une traduction de la plus fréquente des anciennes épitaphes :

SPIRITVS (TVVS) IN PACE : si l'on y ajoute le poisson, il semble qu'on lise un mot de plus dans la phrase :




IN PACE ET IN CHRISTO. Sur quelques anneaux ou cachets on voit gravé le poisson portant sur son dos un agneau ou une colombe, emblème de l'âme chrétienne portée par




le Christ à travers les flots et les tempêtes de ce monde. A côté du poisson on trouve quelquefois le nom de Jésus, le monogramme, ou la figure du Bon Pasteur (1) (fig. 21); ces rapprochements parlent d'eux-mêmes, et n'ont pas besoin de commentaires (1).

Une autre combinaison du symbole du poisson joue un rôle considérable dans l'histoire du symbolisme chrétien : c'est celle qui présente réunis le poisson et le pain. Le lecteur sera probablement tenté de rapprocher du miracle de la multiplication des pains et des poissons les représentations de cette espèce, et dans plusieurs d'entre elles certains traits de ce prodige sont en effet reconnaissables. Mais alors même que l'allusion n'est pas douteuse, l'artiste s'écarte toujours en quelque point de la vérité littérale du récit évangélique, comme s'il voulait manifester l'intention de ne pas s'arrêter à la lettre, de pénétrer jusqu'au sens caché, jusqu'à l'esprit du texte, d'idéaliser le fait historique et de l'élever à la hauteur d'un symbole. S'il en était autrement, nous ne parlerions pas encore de ces peintures, et nous les renverrions au chapitre qui traite des sujets empruntés à l'Écriture sainte. Mais quelle histoire biblique peut expliquer des peintures comme celles-ci : un poisson nageant et portant sur son dos une corbeille pleine de pains; une table en forme de trépied sur laquelle sont posés plusieurs pains et un grand poisson ; une table semblable portant également un pain et un poisson, au-dessus desquels un homme étend la main comme pour bénir, tandis qu'une femme se tient debout dans l'attitude de la prière (2) ?

Si de telles représentations ne sont…

___________________________________________________

(1). Sur le très-ancien sarcophage de Livia Primitiva, trouvé près du tombeau de saint Pierre, et transporté à Paris après l'acquisition par le gouvernement français de la collection Campana, le Bon Pasteur est représenté entre deux brebis ; un poisson est placé auprès de l'une, et une ancre à côté de l'autre. — Bullettino di arch. crist., 1870, tav. v.

(2). Voir planche VIII, 1, 2, 3.
Planche VIII, 1,2 et 3.
Rome Souterraine, p. 309-11

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Message  Louis le Sam 25 Avr 2015, 11:43 am

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CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Si de telles représentations ne sont pas de purs caprices de l'artiste, elles ont évidemment pour but de rendre sensible une doctrine, et non de représenter un fait, elles sont des signes d'idées, non des allusions à un événement déterminé, en un mot ce sont des peintures symboliques, des peintures idéographiques, selon l'expression de Raoul-Rochette, et à ce titre elles viennent à leur place ici. Pour en bien pénétrer le sens, il est nécessaire d'avoir étudié d'abord une autre peinture semi-historique, semi-symbolique, assez souvent reproduite dans les catacombes, et dont les Pères donnent eux-mêmes l'interprétation.

Sur les murailles de plusieurs chambres souterraines on voit représentés sept hommes assis ou couchés autour d'une table (1) : c'est la reproduction littérale d'un passage du dernier chapitre de l'Évangile selon saint Jean, racontant la troisième apparition de Jésus ressuscité à ses disciples. Les anciens peintres chrétiens paraissent avoir eu pour cet épisode une prédilection toute particulière, car, de tous les sujets de même nature que leur offre le récit évangélique, ils ont choisi celui-ci à la presque complète exclusion des autres. Sept des disciples, raconte l'évangéliste, avaient passé la nuit à pêcher dans le lac de Tibériade, et n'avaient pu rien prendre. Le matin venu, Jésus parut sur le rivage, et leur ordonna de jeter leurs filets à la droite de la barque. Ils obéirent et firent une pêche miraculeuse. Lorsqu'ils descendirent de leur barque sur le rivage, ils y virent préparé un feu de charbons, au-dessus duquel cuisait un poisson ; à côté était posé un pain. Jésus leur dit d'apporter aussi quelques-uns des poissons qu'ils avaient pris. Quand ils l'eurent fait, il les invita à se mettre à table, et, prenant le pain, il le distribua entre eux : il leur distribua ensuite le poisson (2).

Tout le monde reconnaîtra dans cette pêche miraculeuse…

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(1).
Planche VII.
(2).  Joann., XXI, 1-13.
Rome Souterraine, p. 311-12.

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Message  Louis le Dim 26 Avr 2015, 2:19 pm

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CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Tout le monde reconnaîtra dans cette pêche miraculeuse une image prophétique du succès qui devait accompagner les travaux des apôtres, quand ils seraient devenus pêcheurs d'hommes.  Il est difficile de  ne pas soupçonner quelque ressemblance entre le pain distribué par le Christ à ses disciples, non-seulement dans cette circonstance, mais dans plusieurs autres des apparitions qui suivirent sa résurrection, avec le pain solennellement donné aux apôtres dans la dernière cène : d'autant plus que, racontant une de ces apparitions, celle aux pèlerins d'Emmaüs, l'Évangile dit expressément « qu'ils le reconnurent à la fraction du pain (1). »

Les termes dans lesquels saint Augustin commente le dernier chapitre de saint Jean ne sembleront étranges à aucun de nos lecteurs, quoique plusieurs des pensées exprimées par le grand docteur d'Occident aient chance de leur paraître nouvelles. « Dans le repas, dit-il, que le Seigneur prépara lui-même pour les sept disciples, avec le poisson qu'ils avaient vu cuire sur les charbons, auquel il ajouta ceux qu'ils avaient péchés, et le pain, le poisson grillé n'était autre que le Christ qui souffrit les douleurs de la passion (piscis assus, Christus passus) : il est aussi le pain, ce pain descendu du ciel ; et quant aux poissons pêchés par les apôtres, ils sont l'Église, qui doit être incorporée au Christ par la possession de l'éternel bonheur ; nous, et tous les vrais croyants jusqu'à la fin du monde, nous sommes représentés par les sept disciples (le nombre sept est souvent employé dans l'Écriture pour désigner un ensemble, une universalité), afin que nous puissions comprendre que nous devons partager le même sacrement et être associés à la même béatitude. » « Tel est, conclut saint Augustin, le dîner de Notre-Seigneur avec ses disciples, par lequel saint Jean clôt son Évangile, quoiqu'il ait encore beaucoup d'autres choses à dire du Christ, magna ut existimo et rerum magnarum contemplatione (2). »

Cette histoire forme en effet la vraie conclusion, l'épilogue significatif de toute l'histoire évangélique; elle fait saisir, en quelque sorte, la transition entre la vie mortelle du Christ et son royaume éternel, et le montre, avant de quitter la terre, unissant les âmes chrétiennes entre elles et avec lui-même par le moyen de la nourriture eucharistique, gage et avant-goût de la vie future.

Tel est le commentaire de saint Augustin sur le dernier chapitre de l'Évangile selon saint Jean. Tous les Pères de l'Église primitive en donnent la même interprétation. Ils y voient une représentation mystique du sacrement de l'Eucharistie. Le cardinal Pitra n'a pu découvrir qu'un seul écrivain de l'antiquité, le Pseudo-Athanase, qui explique autrement ce passage. Nous ne pouvons évoquer tous ces témoignages patristiques ; citons seulement un mot de l'anonyme africain, parlant de Notre-Seigneur comme « du grand poisson qui rassasie de sa chair (ex se ipso) ses disciples sur le rivage, et s'offre lui-même comme Poisson au monde entier (1). »

Ce chapitre de l'Évangile de saint Jean n'est pas…

____________________________________

(1). Luc, XXIV, 35. — (2). In Joann. Ev. tract. 123, sect. 2,  tome III, p. 2460, éd. Gaume. — (1). De promiss., II, 39.

Rome Souterraine, p. 312-14.

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Message  Louis le Lun 27 Avr 2015, 4:20 pm

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CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Ce chapitre de l'Évangile de saint Jean n'est pas le seul passage de l'Écriture dans lequel les Pères aient reconnu le saint sacrement de l'autel représenté sous l'emblème du poisson. Nous avons déjà cité saint Prosper désignant le Christ comme le poisson « dont les remèdes intérieurs nous éclairent et nous nourrissent, » allusion à l'histoire de Tobie d'une part, aux sacrements de Baptême et d'Eucharistie de l'autre. Saint Augustin, expliquant l'autorité donnée à l'homme par le Créateur sur les poissons de la mer, pense de suite à ces deux sacrements, et parle « de la solennité de ces sacrements par lesquels ceux que la miséricorde de Dieu cherche au milieu des eaux immenses sont premièrement initiés, et cette autre solennité par laquelle est manifesté le poisson qui, tiré des profondeurs de la mer, devient la nourriture des pieux mortels (2). » Ces mots seraient tout à fait inintelligibles si l'on n'admettait qu'à l'écrivain et à ses lecteurs l'idée du poisson comme symbole de l'Eucharistie était familière, faisait partie de leurs habitudes quotidiennes de pensée et de langage.

La popularité de ce symbole est attestée d'une manière très-remarquable par deux anciennes épitaphes, celle de saint Abercius, évêque d'Hiérapolis en Phrygie vers la fin du IIesiècle, et celle d'un certain Pectorius qui fut enterré dans le cimetière de Saint-Pierre d'Estrier, près d'Autun, probablement pendant le cours du IIIesiècle. La première est connue depuis longtemps, mais elle avait été mal ou incomplètement comprise avant que les progrès de l'archéologie chrétienne aient jeté une lumière nouvelle sur le sens de son langage symbolique. La seule portion qui intéresse notre sujet est comprise dans quelques vers de la fin. Abercius vient de raconter ses nombreux et lointains voyages en Syrie et à Rome ; il continue ainsi : —



« La Foi (1) me conduisit, et mit devant moi pour nourriture le Poisson sorti d'une fontaine, très-grand, très-pur, que tint dans ses bras la vierge chaste : elle le donna à ses amis à manger en tout lieu, leur donnant encore un excellent vin mélangé d'eau, et du pain... Que ceux qui comprennent ces choses veuillent bien prier pour moi. »

L'allusion à la « fontaine » sera expliquée plus loin…

______________________________________________________

(2). Confess., XIII, 23. —  (1).  Les premiers chrétiens aimaient à personnifier la foi : « Où sont tes parents? » dit le préfet Rusticus à Hiérax, compagnon de martyre de saint Justin : — « Mon vrai père est le Christ; ma vraie mère est la Foi au Christ. »

Rome Souterraine, p. 314-15.

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Mar 28 Avr 2015, 11:40 am

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CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

L'allusion à la « fontaine » sera expliquée plus loin, quand nous commenterons les fresques représentant Moïse frappant le rocher, et l'eau jaillissant sous sa baguette; mais tout le reste se comprend si l'on admet que le poisson était à la fois e symbole du Christ et de l'Eucharistie : le pain, le vin et le poisson viennent naturellement ensemble, comme les parties visibles et la partie invisible du même mystère.

La seconde épitaphe, celle d'Autun, n'est connue que depuis 1839 : sa date a été et est encore vivement discutée. Certains critiques la font remonter au IIe siècle, à l'époque des Antonins, d'autres la font descendre jusqu'au milieu du IVe . Les représentants d'une opinion intermédiaire, le cardinal Pitra, le P. Secchi, le P. Garrucci, la placent avec plus de probabilité dans la première moitié du IIIe  siècle. Tout le monde admet, du reste, que l'inscription d'Autun peut se diviser en deux parties : l'une, composée de six vers, dont cinq forment l'acrostiche du mot


contemporaine, quant à sa composition, de saint Irénée ou de ses premiers disciples, dont elle reflète les idées et le style; l'autre, constituant proprement l'épitaphe de Pectorius, beaucoup plus irrégulière au point de vue de la langue, et pouvant appartenir à une époque plus basse. La première partie, la seule qui intéresse notre sujet, est ainsi conçue (1) :



Personne ne peut hésiter sur le sens de ce petit poème…

_____________________________________________________________

(1). Nous suivons presque entièrement la restitution proposée par M. Fr. Lenormant, Mélanges d'Archéologie, t. IV, p. 118, et adoptée par M. Edm. Le Blant, Inscript, chrét. de la  Gaule, t. I, n° 4. — M. de Rossi résume ainsi les discussions auxquelles l'inscription d'Autun a donné lieu :  « La plupart des savants l'ont attribuée au IIe ou au IIIe siècle, à cause du langage secret qui était propre à cette époque : d'autres la jugent du IVe ou même du Ve ou VIe, à cause de sa mauvaise orthographe et de ses fautes de prosodie et de grammaire. A mon avis, l'opinion de ces derniers est fausse, et je trouve exagéré leur jugement sur l'orthographe de l'inscription, qui, selon eux, ne pourrait convenir aux trois premiers siècles. Mais, si l'on admet qu'à l'archaïsme des pensées ne correspond pas un archaïsme égal de l'écriture, je répondrai que le nœud de la difficulté peut être facilement tranché, car le fameux cimetière d'Autun, dont parle Grégoire de Tours, n'était pas souterrain, et l'inscription a été vraisemblablement restituée. » Roma sotterranea, t. 1, p. 97, 98. Cf. Garrucci, Mélanges d'épigraphie, p. 54.
Rome Souterraine, p. 315-16.

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Mer 29 Avr 2015, 10:45 am

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CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Personne ne peut hésiter sur le sens de ce petit poème, où les chrétiens sont appelés la race divine du Poisson céleste, et où ils sont invités à manger et à boire, tenant le poisson dans leurs mains (on sait que dans l'antiquité le pain eucharistique était déposé sur les deux mains du fidèle (1). Les peintres usèrent évidemment, pour exprimer le même sujet, de symboles analogues à ceux employés par les écrivains et les poètes.

Pour achever de satisfaire sur ce point les lecteurs les plus difficiles, nous ajouterons quelques détails empruntés aux monuments de l'art chrétien; même seuls, sans l'appui des inscriptions et des textes, ils suffiraient à justifier le sens que nous donnons à l'antique et populaire symbole du poisson et du pain. Ainsi, dans presque toutes les représentations du repas où Jésus offre à sept de ses disciples un pain et des poissons, quelques traits choisis à dessein rappellent soit les miracles des pains et des poissons multipliés, soit le changement de l'eau en vin aux noces de Cana, événements qui n'ont aucune liaison historique avec le fait raconté au xxie chapitre de saint Jean, et ne peuvent en être rapprochés que dans une intention et à un point de vue symboliques. Il n'est pas nécessaire de citer longuement les Pères de l'Église pour montrer qu'ils virent dans ces deux derniers miracles les ombres et les figures du mystère eucharistique. Rapprochés l'un de l'autre dans une même peinture, ils contiennent une allusion transparente aux deux espèces qui se trouvent dans le sacrement du corps et du sang de Jésus.

« Si Notre-Seigneur, dit saint Cyrille d'Alexandrie, a pu changer l'eau en vin, qui est une sorte de sang, il n'est pas incroyable qu'il ait changé le vin en son sang dans la dernière cène. »  Saint Ambroise, commentant le miracle de la multiplication des pains, dit expressément : « Le rôle que jouèrent les apôtres en cette occasion est une image et une prophétie de la future distribution du corps et du sang de Notre-Seigneur (1). » Ailleurs, citant une homélie du pape Libère, il rapproche les deux miracles, et donne de l'un et de l'autre une interprétation commune (2) . Saint Ephrem, dans une de ses hymnes nouvellement découvertes, rapproche le miracle de la multiplication des pains du miracle invisible de la dernière cène : « Jésus en ce jour, dit-il, prit un autre pain et le rompit, un pain unique cette fois, sacrement de son corps unique né de Marie (3). »

Les artistes chrétiens ne peuvent avoir ignoré cette mystique interprétation des miracles de l'Évangile ; à l'exemple des docteurs, ils unirent dans une même scène des événements qui, en réalité, ne se passèrent ni en un même lieu ni en un même temps. Plusieurs corbeilles de pain, souvenir des sept et douze cophinœ qui furent recueillies après les deux distributions des pains multipliés, sont toujours représentées au premier plan dans les peintures du repas offert par Notre-Seigneur aux sept disciples. Et pour montrer que dans sa pensée ces représentations ont une portée symbolique, un sens caché, quelque chose qui dépasse la lettre, le peintre a toujours soin, comme nous l'avons déjà dit, de s'écarter plus ou moins de l'observation littérale du texte, dessinant, par exemple, huit corbeilles au lieu de sept ou de douze, sept urnes remplies de vin au lieu des lapideæ hydriæ sex de l'évangile des noces de Cana. Il semble, par cette négligence volontaire, dire clairement qu'il veut exprimer une idée, non représenter un fait.

Le rapprochement symbolique des deux miracles…

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(1). Tertullien, ad Uxor., II, 5 ; de Idol.,7; Euseb. , Hist. Eccl. VI,, 43. Voir un article du Dr Northcote, extrait du Month, janvier et février 1871 : Mass as said in the Catacombs, pp. 19, 20, 21. — (1). Comment, in S. Luc. , VI, 9. — (2).  De virginibus , III, 1. — (3). Le Hir, Études bibliques, t. II, p. 409.
Rome Souterraine, p. 317-19

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Jeu 30 Avr 2015, 1:11 pm

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LIVRE  IV

L’ART CHRÉTIEN.

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)


Le rapprochement symbolique des deux miracles, et le sens de ce rapprochement, sont clairement indiqués dans un autre monument artistique très-important et très-curieux. Une petite catacombe chrétienne a été découverte en Egypte, près d'Alexandrie, en 1864, par un savant français, M. C. Wescher (1). Dans une chapelle de cette catacombe, au-dessus de l'autel où les saints mystères étaient célébrés, on distingue encore les restes d'une peinture que M. de Rossi attribue à la première moitié du IVe siècle, peut-être même au  IIIe (2). Trois…


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(1).  Rapport sur les inscriptions grecques de l'Égypte, Moniteur, 17 juillet 1864. — Bullettino di arch. crist., 1864, p. 88; 1865, p. 57-64, 73-77.




Rome Souterraine, p. 319.

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Ven 01 Mai 2015, 1:09 pm

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LIVRE  IV

L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.
(SUITE)

Trois


Dans la fresque de la catacombe alexandrine, nous avons en quelque sorte le témoignage de l'art chrétien, donnant lui-même l'interprétation du symbolisme si souvent reproduit par lui, et plaçant sur la même page, dans la même peinture, la représentation des deux miracles à côté de celle de la communion, le sacrement figuré à côté du sacrement actuellement reçu. L'artiste semble avoir voulu commenter une parole de saint Maxime de Turin, désignant le miracle de la multiplication des pains et des poissons et celui de Cana comme « une sorte d'anticipation sacramentelle du calice du Nouveau Testament. »

Avant les récentes découvertes…

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(1). I Cor., Xy 16. — (2). Matth., XIV, 19; XV, 36; XXVI, 26, 27. Marc, VI, 41; XV, 22. Luc, IX, 16; XXII, 19. Joann., VI, 11.
Rome Souterraine, p. 320-21.

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Sam 02 Mai 2015, 12:16 pm

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LIVRE  IV


L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.
(SUITE)

 Avant les récentes découvertes, le sens symbolique du pain et du poisson, représentant l'un les espèces eucharistiques, l'autre la divine réalité de l'Eucharistie, avait été deviné et proposé, comme une conjecture probable, par de savants et sagaces archéologues. Aujourd'hui la conjecture est devenue certitude. Les fresques du cimetière de Calliste, celle de la catacombe d'Alexandrie, la célèbre épitaphe d'Autun, où l'hiéroglyphe du poisson est ouvertement appliqué au pain sacramentel, ne permettent plus de douter du sens véritable des antiques symboles que nous voyons réunis ou isolés sur les monuments. Quand l'inscription d'Autun fut découverte, le cardinal Pitra, alors professeur au petit séminaire de cette ville, appela l'attention du monde savant sur les renseignements inappréciables, les clartés décisives qu'en recevait l'histoire du symbolisme chrétien.

Il est aujourd'hui démontré qu'aucune des mystérieuses représentations que nous avons signalées ne fut l'œuvre du caprice ou de la seule imagination, qu'une inspiration commune les reliait entre elles, et les rattachait à une pensée dominante, à une idée mère, le mystère de l'Eucharistie. Absolument inintelligibles aux personnes qui n'étaient pas initiées, elles avaient pour les chrétiens un sens clair et défini, ils les lisaient comme les anciens Égyptiens lisaient leurs caractères hiéroglyphiques, comme nous lisons les lettres de notre alphabet.

Le poisson figurait le Christ, le Christ eucharistique, et, dans certains cas, par une extension naturelle, le chrétien nourri de l'Eucharistie, de même que la colombe figure tantôt l'Esprit-Saint, tantôt l'âme fidèle. Rien n'est plus clair que ce symbolisme. Quand donc nous voyons représentés sur une pierre tombale découverte en 1862 aux environs de Modène deux poissons (pisciculi) tenant chacun dans sa bouche un pain, et entre eux cinq autres pains, nous reconnaissons de suite que les survivants de Suntrophion


(c'est le nom gravé sur la pierre) ont voulu figurer sur la tombe de leur ami l'image symbolique de l'Eucharistie, sa force pendant la vie, gage pour lui après la mort de la résurrection bienheureuse (1) . Nous interprétons avec la même facilité une fresque assez singulière que l'on trouve deux fois peinte dans un des plus anciens cubicula de la crypte de Lucine (Ier ou IIe siècle). Le lecteur en peut voir une reproduction très-exacte à la planche VIII, n° 1. Ici il ne s'agit plus du pisciculus, mais du divin

Sur la muraille qui fait face à la porte….

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(1). Joan.,VI, 55.
Planche VIII, nº 1.
Rome Souterraine, p. 321-22.

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Dim 03 Mai 2015, 12:09 pm

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LIVRE  IV

L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Sur la muraille qui fait face à la porte, sur le stuc blanc bordé de larges bandes rouges qui couvre l'espace intermédiaire entre le loculus supérieur et le loculus inférieur, est peint, à droite et à gauche, tourné vers un sujet central aujourd'hui disparu, un poisson vivant qui fend l'eau et porte sur son dos un panier rempli de pains (panis verus et aquæ vivæ piscis (2). Ces pains sont gris, couleur de cendre, et ont la forme des offrandes que les Orientaux, et spécialement les Juifs, présentaient aux prêtres en certaines saisons de l'année : les Romains désignaient les pains de cette forme par le nom barbare de mamphula. Les pains occupent le dessus du panier; au milieu, une ouverture laisse voir quelque chose de rouge, qui semble un baril de verre contenant du vin.

A la vue de cette image, M. de Rossi s'est souvenu d'un texte de saint Jérôme, qui en semble l'explication naturelle. Parlant d'Exupère, évêque de Toulouse, qui dépensa tous ses biens pour secourir les pauvres : « Personne n'est si riche, dit le saint docteur, que celui qui porte le corps du Christ dans une corbeille d'osier, et son sang dans un vase de verre (1). » Le panier que nous avons sous les yeux est précisément d'osier. Les Juifs et les païens se servaient de semblables corbeilles dans les sacrifices, et les premiers chrétiens y déposaient le pain consacré quand ils n'avaient pour le recevoir ni or ni argent. Le sens de la fresque, au premier abord un peu étrange, s'explique ainsi de lui-même : c'est le plus simple et le plus ancien monument sur lequel se voient unis le poisson et le pain, et probablement une des plus anciennes images de l'Eucharistie.

Nous ne pouvons passer sous silence un très-curieux monument funéraire…

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(2). S. Paul. Nol., Ep. XIII. — Un des plus curieux exemples de la réunion de ces deux symboles, le poisson et le pain, est donné par une lampe de bronze du IVe siècle, trouvée en 1869 dans les fouilles de Porto. Ce gracieux ustensile représente le vaisseau de l'Église : la poupe est formée par la tète du serpent tentateur, tenant entre ses dents la pomme, cause de la chute originelle. Sur cette tête est plan-tée, en signe de victoire, la croix, au-dessus de laquelle se tient la colombe, image de l'Esprit-Saint qui guide le vaisseau de l'Eglise. Enfin, vers la proue, est un dauphin, image, comme le poisson, de l' céleste (on le trouve avec cette signification dans un grand nombre de monuments chrétiens). Ce dauphin tient dans sa bouche un pain, sans doute le pain eucharistique; antithèse sublime : d'un côté le serpent, avec le fruit tentateur, de l'autre le poisson, avec la nourriture réparatrice. — Bullettino di arch. crist., 1868, pp. 77-79, et tav., n° 1; 1869, p. 16; 1870, p. 172 et seq., lettre de Mgr Baillès, ancien évêque de Luçon. —  (1). Ep. 125, ad Rusticum.

Rome Souterraine, p. 322-23.

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Lun 04 Mai 2015, 1:07 pm

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L’ART CHRÉTIEN.  

CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.

(SUITE)

Nous ne pouvons passer sous silence un très-curieux monument funéraire, encore imparfaitement expliqué, sur lequel le pain eucharistique est mis dans la bouche d'un animal figurant le chrétien, absolument comme sur l'épitaphe de SYNTROPHION.

M. de Rossi a vu, en 1873, dans l'arénaire qui s'étend entre les cimetières des Jordani et de Thrason, une inscription qu'il attribue à la deuxième moitié du IIIesiècle; sur la pierre sont gravées, d'un côté, une vigne, de l'autre une colombe, au-dessous de laquelle se tient un quadrupède dont le dessin, fort incorrect, semble représenter un cheval. Il tient entre ses deux pattes de devant et porte à sa bouche un pain rond marqué d'une croix équilatérale très-nettement dessinée :  il est impossible de n'y pas reconnaître le pain eucharistique, tel qu'il paraît dans la bouche des deux pisciculi, sur le marbre de Modène. Le nom du défunt est AGATOPVS

bon pied) ,et peut-être l'étymologie de ce mot a-t-elle, par un jeu d'esprit qu'aimaient les anciens, et dont les catacombes offrent plus d'un exemple, poussé (1) à lui donner pour image un cheval.  Le cheval  est quelquefois représenté sur les marbres chrétiens (2), sans doute en souvenir des paroles de saint Paul dépeignant la vie comme une course, un stade, et la récompense comme la couronne donnée à celui qui a vaincu (3). Un petit nombre d'épitaphes précisent le sens, en montrant (le cheval courant vers une palme ou une meta dessinée devant lui. L'ensemble de la composition grossièrement dessinée sur la pierre tombale de l'arénaire semble représenter l'homme qui, pendant sa course, s'est nourri du pain eucharistique, et dont, quand sa course est achevée, l'âme, symbolisée par la colombe, s'envole vers le ciel (4), peut-être figuré par la vigne (5).

Le pain, soit porté par , soit mangé par le chrétien, n'est pas le seul symbole de l'Eucharistie : on peut reconnaître ce sacrement dans un autre symbole peint à gauche de la porte, dans le cubiculum de la crypte de Lucine où est la fresque du poisson portant la corbeille. Un vase…

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(1). Voir Martigny, Dict. des ant. chrét. ,, vº Noms. — M. de Rossi publie l'épitaphe, trouvée dans le cimetière de Calliste, d'un nommé LEO, dont la pierre sépulcrale porte gravé un lion. Roma sotterranea, t. II, tav. XLV, 73. — (2).  Bullett. di arch. crist. 1867, p. 83. — On a récemment découvert en Sardaigne une curieuse inscription, sous laquelle est dessiné un cheval courant vers le monogramme , comme pour indiquer que le Christ est le but de la course du chrétien, et sa récompense quand elle est terminée. — (3).  I Cor., ix, 24; II Tim., iv, 7. — (4). Bullett, di arch. crist. ,  1873, p. 65-70, et tav. VI, 2. — (5). Voir p. 346.

Rome Souterraine, p. 324-25.


Dernière édition par Louis le Mar 19 Mai 2015, 11:54 am, édité 1 fois (Raison : Mettre le lien de la page 346.)

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Re: L’art chrétien et les Catacombes.

Message  Louis le Mar 05 Mai 2015, 12:33 pm

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CHAPITRE  II.

Sujets symboliques.
(SUITE)

 Le pain, soit porté par , soit mangé par le chrétien, n'est pas le seul symbole de l'Eucharistie : on peut reconnaître ce sacrement dans un autre symbole peint à gauche de la porte, dans le cubiculum de la crypte de Lucine où est la fresque du poisson portant la corbeille. Un vase


contenant du lait est posé sur une sorte d'autel rustique, entre deux brebis (1). Le même vase…

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(1). Pour se rendre compte, d'après le plan, de la situation de ces peintures, descendre par l'escalier D g I, suivre la galerie teintée en rose (2e étage), et s'arrêter devant la double chambre qui se présente la première à gauche. Le premier des deux cubicula contient quelques peintures en partie ruinées : deux seulement sont encore reconnaissables, le baptême de Notre-Seigneur, fig. 15, p. 297, et les deux colombes dans un jardin, fig. 19, p. 300, Dans le cubiculum où l'on pénètre par celui-ci, se voient, vis-à-vis de la porte, le poisson portant la corbeille de pain et de vin, planche VIII; à gauche de la porte, en entrant, le vase de lait, fig. 24 (ci-haut), et, à droite, des colombes, semblables à celles du cubiculum précédent. Le plafond est celui représenté planche II. Ce cubiculum duplex, et l'escalier D g I qui y conduit, sont la partie la plus ancienne, le noyau de la crypte de Lucine, attribués par M. de Rossi au Ier ou au IIe siècle.

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Planche VIII

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Planche II

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Rome Souterraine, p. 325.

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