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Temps de l'Avent (2014)

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Message  gabrielle le Dim Nov 30 2014, 07:40

Ier dimanche de l'Avent

Abbé Bourdaloue  T.I, pages 15 à 27  TOURS, CATTIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, RUE DE LA SCELLERIE. LOUIS GUÉRIN, IMPRIMEUR-EDITEUR A BAR-LE-DUC  1864 a écrit:

Signes vénérables, puisque c'est Jésus-Christ même qui nous les  a  marqués comme les présages de son dernier avènement. Signes salutaires, puisqu'il a prétendu par la réveiller notre foi et ranimer notre ferveur. Signes terribles, puisque les hommes en sécheront de peur. Mais ce ne seront, après tout, que les préparatifs d'une action encore infiniment plus à craindre, qui est le jugement  de Dieu

Jugement qui vengera Dieu. Levez-vous, Seigneur, lui disait le Prophète royal, et prenez en main votre cause. Mais souvenez-vous surtout des outrages que vous avez reçus et que vous recevez sans cesse de l'impie. Ainsi Dieu se souviendra,

1° en général des outrages que lui font maintenant les hommes;

2° en particulier de ceux que lui font certains hommes insolents dans leur impiété.

1° Dieu se lèvera pour juger lui-même sa cause. Maintenant il la laisse entre les mains des hommes, et il les charge de défendre ses droits… C'est par la même raison qu'il veut bien nous prendre pour juges entre lui et nous-mêmes : car la pénitence, dit saint Augustin, n'est rien autre chose, de la part du pécheur, qu'une justice qu'il rend à Dieu aux dépens de soi-même. Mais qu'arrive-t-il ? Cette cause de Dieu, mise entre les mains des hommes, est tous les jours abandonnée et lâchement trahie. Combien de crimes, de scandales sont tolérés par la négligence, par la faiblesse, par l'iniquité de ceux qui les devraient punir…

Or c'est en cette vue que David disait à Dieu : Levez-vous, Seigneur, et montrez aux hommes que, malgré vos lenteurs passées, vous savez enfin vous rendre à vous-même une pleine justice. Oui, il le sait, et il le fera dans son dernier jugement. De là vient que ce jour fatal est appelé le jour du Seigneur.

Aussi il n'appartient qu'à Dieu d'être, en dernier ressort et sans appel, juge et partie dans sa propre cause : pourquoi ? parce qu'il n'y a point, répond saint Chrysostome, de juge si éclairé que lui, si intègre que lui, si puissant que lui. Il se vengera, ajoute le même Père, parce qu'il ne convient qu'à lui d'être saint et irrépréhensible dans ses vengeances. Quand l'homme se venge, la passion l'aveugle et l'emporte à des extrémités criminelles. L'ordre veut donc que ce soit par un autre qu'il soit vengé. Mais c'est à Dieu de se venger lui-même, parce qu'il est l'équité et la sainteté même.

2° Quels sont en particulier ces outrages que Dieu aura reçus de l'impie, et dont il viendra se faire justice à lui-même? David les réduit à trois.

1° L'impie a dit dans son cœur : il n'y a point de Dieu; Outrage à la Divinité.

2° S'il y a un Dieu, ou il n'a pas vu, ou il a oublié le mal que j'ai commis : outrage à la Providence.

3 Quand ce Dieu dont on me menace aurait vu mon péché et qu'il s'en souviendrait, il ne me condamnera pas pour si peu de chose : outrage a la justice de Dieu vindicative.

Parce que l'impie aura refusé de reconnaître la Divinité, Dieu se fera voir à lui dans tout l'éclat de sa gloire, et lui dira ce qu'il disait aux Israélites par la bouche de Moïse : Reconnaissez que je suis   Dieu, que je suis votre Dieu, que je suis seul Dieu.

Parce que l'impie aura outragé la Providence, en disant : Ou Dieu n'a pas su, ou il a oublié le mal que j'ai fait ; Dieu, pour lui montrer qu'il a tout su, et qu'il se souvient de tout, révélera devant ses yeux, et aux yeux de l'univers, tout ce qu'il y a eu de plus  honteux et de plus caché dans sa vie.

Parce que l'impie aura dit : Quelque connaissance que Dieu puisse avoir de mes crimes, il ne me punira pas pour si peu de chose; Dieu se fera un devoir particulier de venger sa justice de ce blasphème : comment? en l'exerçant, cette justice redoutable, sur le pécheur, et en le condamnant sans miséricorde.

Jugement qui vengera les élus de Dieu. Ces élus de Dieu, ce sont :

1° les justes;  2° les humbles;  3° les pauvres; 4° les faibles.

S'il n'y avait point d'autre vie, dit saint Chrysostome, et que Dieu ne dût jamais juger le monde, leur condition serait bien à plaindre. Car souvent dans cette vie les Justes sont décriés et confondus avec les hypocrites; les humbles sont méprisés et insultés ; les pauvres sont rebutés, abandonnés ; enfin, les faibles sont accablés et opprimés. Or de là même, conclut saint Chrysostome, suit la nécessité du jugement de Dieu ; et c'est aussi sur ces quatre chefs qu'il viendra en qualité de souverain juge, faire justice à ses élus.
 
1° Il viendra pour venger les Justes, j'entends les vrais Justes, en les séparant des hypocrites. Durant cette vie tout est mêlé et confondu. Combien de scélérats travestis en gens de probité et d'honneur : et combien au contraire de Justes accusés et calomniés ! Or, c'est ce que le jugement de Dieu dévoilera par la manifestation des consciences.

Ainsi, selon l'oracle de Job, la joie de l'hypocrite finira, et son espérance périra. La joie de l'hypocrite était d'imposer, et cependant d'être respecté et honoré : mais au jugement de Dieu, cette joie de l'hypocrite finira, parce que son hypocrisie sera démasquée, et qu'elle deviendra le sujet éternel de sa confusion. L'espérance de l'hypocrite était qu'il ne serait jamais connu à fond, et son désespoir sera de ne pouvoir plus se déguiser. Mais au contraire la gloire des Justes sera de paraître devant toutes les créatures intelligentes, et que l'on discerne enfin la droiture de leurs actions et la pureté de leurs intentions.

2° Il viendra pour venger les humbles en les glorifiant. Leur humilité passait pour petitesse d'esprit et pour bassesse de cœur, mais Dieu la relèvera et la couronnera. C'est alors qu'ils s'élèveront eux-mêmes contre ceux qui les méprisaient, et que s'accomplira cette parole de Jésus-Christ, que quiconque s'abaisse sera exalté. Dans la vie, l'humilité n'est pas toujours glorifiée, souvent même elle est accompagnée jusques au bout de l'humiliation : mais c'est à la fin des siècles qu'elle recevra tout l'honneur qui lui est dû.

3° Il viendra pour venger les pauvres en les béatifiant. Combien de pauvres souffrent sur la terre par la dureté des riches! combien de véritables pauvres sont rebutés, comme s'ils ne l'étaient pas! combien de saints pauvres sont d'autant plus oubliés, qu'ils se plaignent moins, et qu'ils prennent leur pauvreté avec plus de patience ! Or la patience des pauvres, dit le Prophète, ne sera pas toujours sans fruit. Car je sais que le Seigneur jugera le pauvre, et qu'il tirera une vengeance éclatante de ceux qui l'auront oublié. Tandis que les riches, ces riches impitoyables, seront frappés d'un éternel anathème, les pauvres, mis en possession d'une souveraine béatitude, seront bien dédommagés de cette inégalité de condition qui les avait réduits dans le besoin et dans la misère.

4° Il viendra pour venger les faibles. Maintenant ils sont dans l'oppression, et c'est le crédit qui l'emporte, et le plus fort qui a toujours raison. De là tant de persécutions et de vexations : mais la scène changera…. Au lieu que le faible était sous les pieds, il se verra sur la tête de ces grands du monde, qui faisaient, pour l'accabler, un si criminel abus de leur grandeur.

Conclusion. Dieu, dans son jugement, séparera les Justes d'avec les hypocrites et les impies : séparez-vous-en dès à présent par une solide piété. Il glorifiera les humbles : humiliez-vous. Il béatifiera les pauvres : assistez-les. Il relèvera les faibles : protégez-les. Et vous, Justes, humbles, pauvres, faibles, soutenez-vous dans votre justice, dans votre obscurité, dans votre pauvreté, dans votre faiblesse, par l'attente de ce grand jour, qui sera le jour du Seigneur et le vôtre. Craignez le jugement de Dieu ; car il est toujours à craindre : mais en le craignant, désirez-le, espérez-le, aimez-le, puisqu'il vous doit être si favorable. Craignons-le tous, mais d'une crainte efficace qui nous convertisse et qui nous sauve.


C'est par l'accomplissement de cette prédiction du Fils de Dieu que doit commencer l'affreuse catastrophe de l'univers. C'est dans ces phénomènes prodigieux que l'évangile de ce jour nous donne l'idée de la plus étonnante révolution : il y aura des signes, et dans le ciel, et sur la terre. Signes vénérables, puisque c'est Jésus-Christ lui-même qui nous les a marqués comme les présages de son dernier avènement. Signes salutaires, puisqu'il a prétendu par là réveiller notre foi du profond assoupissement où elle est ensevelie. Signes terribles, puisque non-seulement les hommes en sécheront de peur, mais que les vertus mêmes des cieux en seront ébranlées.

Tout cela est vrai, dit saint Jean Chrysostome ; mais après tout, ces signes, quoique vénérables, quoique salutaires, quoique terribles, ne seront néanmoins que les préparatifs d'une action encore infiniment plus digne de nos réflexions, encore infiniment plus essentielle à notre salut, encore infiniment plus redoutable, qui est le jugement de Dieu… Jugement de Dieu, dont la pensée a fait trembler les Saints, et d'où, selon l'expression de l'Apôtre, le Juste même à peine se sauvera. Jugement de Dieu, dont j'entreprends de justifier l'équité et la sainteté, en vous faisant voir sur quoi sera fondée son extrême et inévitable sévérité.

Il est de la foi chrétienne que Dieu, qui est l'Etre absolu et souverain, a fait pour lui-même tout ce qu'il a fait; et la même foi nous enseigne que Dieu, sans déroger en rien à la souveraineté de son être, a fait encore toutes choses pour les prédestinés et les élus … Il s'ensuit donc, conclut saint Chrysostome raisonnant sur ces deux principes, que quand Dieu s'est déterminé à juger le monde en dernier ressort, comme il le jugera à la fin des siècles, il a eu deux vues et deux intentions principales : l’une de se faire justice à lui-même, et l'autre de la faire à ses élus.

Dieu, jaloux de sa gloire, jugera le monde pour se faire justice à lui-même ; et voilà pourquoi Jésus-Christ, qui doit, comme Fils de Dieu, présider à ce jugement, viendra avec toutes les marques de la puissance et de la majesté divine…

Dieu, fidèle à ceux qui le servent, jugera le monde pour faire justice à ses élus ; et de là vient que Jésus-Christ parlait toujours à ses disciples de ce jugement comme d'un point qui devait par avance les consoler, en les assurant que ce serait le jour de leur gloire et de leur salut…
Vérités adorables, et qui comprennent en deux mots ce qu'il y a de plus essentiel dans le jugement de Dieu. Tout le reste n'en est que les préliminaires, dont nous ne laissons pourtant pas, pour peu de religion que nous ayons, d'être effrayés. Mais pourquoi ces préliminaires du jugement universel nous paraissent-ils si terribles, et pourquoi en effet le sont-ils? Je vous en ai dit les deux raisons : parce qu'ils doivent aboutir à un jugement qui sera la dernière justice que Dieu se rendra à lui-même….

Sans cela, ni l'obscurcissement du soleil, ni la chute des étoiles, ni tous les autres signes avant-coureurs du jugement dernier, n'auraient rien pour les pécheurs mêmes de si formidable. Sans cela j'attendrais tranquillement cette révolution générale qui doit précéder la venue du Fils de l'Homme. Mais d'avoir à subir un jugement qui, à la confusion du monde, vengera Dieu et les élus de Dieu, c'est ce qui doit faire le sujet éternel de nos méditations aussi bien que de nos craintes…

Parce que le monde sera parvenu au comble de l'iniquité, le jour de la vengeance arrivera … Et parce que les hommes auront achevé de remplir la mesure de leurs crimes, Dieu, qui jusque-là avait été le Dieu riche en miséricorde, ne pouvant plus souffrir l'affreux désordre où lui paraîtra l'univers, commencera enfin à se faire justice.

Dieu se lèvera pour juger lui-même sa cause ; Dieu se souviendra en général des outrages que lui font maintenant les hommes, mais en particulier de ceux que lui font certains hommes insolents dans leur impiété, certains pécheurs scandaleux dont le caractère est d'insulter à Dieu même avec plus d'orgueil….

En effet, pendant cette vie il en laisse à d'autres le soin. Occupé à répandre ses grâces et à faire luire son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il laisse à ceux qui sont en place, et qui ont en main l'autorité, le soin de maintenir ses droits.

Si son nom est blasphémé, si son culte est profané, il leur en demande justice, et c'est à eux à lui en faire raison….

Cette cause de Dieu, mise entre les mains des hommes, par un effet de leur infidélité, est tous les jours indignement traitée, faiblement soutenue, honteusement abandonnée, lâchement trahie. Je m'explique. Combien de crimes, et même de crimes énormes, tolérés dans le monde par la négligence, par la connivence, par la fausse prudence, par la corruption et la prévarication de ceux qui les devaient punir, et que Dieu avait préposés pour les punir? combien de sacrilèges, combien de scandales, combien de vices abominables, combien de péchés, et de péchés les plus monstrueux et les plus infâmes, dont on ne voit nul châtiment, et dont les auteurs, à la honte de la religion, marchent impunément et tête levée? Combien d'impies, non-seulement épargnés et ménagés, mais respectés et honorés, mais, dans leur impiété même, loués et applaudis, et tout cela au mépris de Dieu? Qu'un grand de la terre soit offensé, tout conspire à le satisfaire : et il n'y a point d'assez prompte justice pour réparer la moindre injure qu'il prétend avoir reçue. Ne s'agit-il que de l'offense de Dieu? en mille conjonctures tout est faible, tout est languissant. Quelque obligation qu'on ait de réprimer le libertinage, quand Dieu s'y trouve seul intéressé, on dissimule, on temporise, on mollit, on a des égards; et par là le libertinage, malgré la sainteté des lois, prend le dessus.

Où est aujourd'hui dans le monde ce zèle de la cause de Dieu, ce zèle dont brûlait David, et dont tout chrétien doit brûler, s'il ne veut se rendre indigne du nom qu'il porte? où est-il, et où l'exerce-t-on ? En combien de rencontres ne cède-t-il pas à la politique mondaine, et n'est-il pas affaibli par le respect humain ?

Mais attendez le triste jour où tous ces jours se doivent terminer : comme vous avez votre temps, Dieu aura le sien ; et le temps de Dieu, c'est celui que Dieu prendra pour vous juger (…)

Lorsque j'aurai pris mon temps, ajoute-t-il, je jugerai non-seulement les injustices que l'on m'aura faites, mais les fausses justices qu'on m'aura rendues; non-seulement les crimes commis contre moi, mais les fausses pénitences dont ils auront été suivis ; non-seulement les péchés, mais les contritions apparentes et inefficaces, mais les confessions nulles et infructueuses, mais les satisfactions imparfaites et insuffisantes. Parce que mon temps sera venu, je jugerai les jugements mêmes, ces jugements faux et erronés que le pécheur aura faits de lui-même, en se flattant, en s'excusant, en se justifiant…

Dieu, dit saint Chrysostome, jugera lui-même sa cause, parce que sa cause ne peut être parfaitement jugée que par lui. Il la jugera, parce qu'il n'y a que lui capable de connaître à fond l'injure qui lui est faite par le péché. Il la jugera, parce qu'il faut être Dieu comme lui pour comprendre jusqu'où va la malice du péché, et quelle en doit être la peine, la dignité infinie de l'être de Dieu étant l'essentielle mesure de l'un et de l'autre. Comme Dieu, il se vengera lui-même, parce qu'il ne peut être pleinement vengé que par lui-même; parce que tout autre que lui-même ne le vengerait qu'à demi ; parce qu'il n'y a point de tribunal au-dessus de lui, point de juge aussi éclairé, aussi intègre que lui, dont il pût attendre cette vengeance complète qui lui est due. Il se vengera, poursuit saint Chrysostome, parce qu'il ne convient qu'à lui d'être saint, d'être louable, d'être irrépréhensible dans ses vengeances.

Voilà, pécheurs, ce qu'il y a pour vous de plus terrible dans le jugement de Dieu : un Dieu offensé qui se satisfera, un Dieu méprisé qui se vengera. Voilà ce qui a saisi d'effroi les plus justes même. Mais du reste, rassurez-vous, et, tout pécheurs que vous êtes, consolez-vous, puisque, dans quelque état que vous soyez, vous avez encore une ressource, et une ressource infaillible, qui est la pénitence. Aimable pénitence, disait saint Bernard, en vertu de laquelle je puis prévenir le jugement de Dieu ! Chrétiens: Heureuse pénitence ! par où je puis venger Dieu, apaiser Dieu , satisfaire à Dieu : en sorte que, quand il viendra pour me juger, il se trouve déjà satisfait et vengé par moi, et qu'il ne soit plus obligé à se venger et à se satisfaire par lui-même.

(…)c'est une vérité incontestable, et qui nous est expressément marquée dans l'Écriture, que Dieu a fait toutes choses pour ses élus, que pour eux il a créé le monde, que pour eux il le conserve, que sans eux il le détruirait, que tous les desseins de sa providence roulent sur eux, et que, dans l'ordre de la nature, de la grâce et de la gloire, tout aboutit et se réduit à eux…

Il faut néanmoins reconnaître que cette parole, si avantageuse aux élus de Dieu, ne doit proprement s'accomplir que dans le jugement dernier. En effet, dit saint Chrysostome, s'il n'y avait point d'autre vie que celle-ci, et si jamais Dieu ne devait juger le monde, il serait difficile de comprendre en quoi ses élus auraient été si favorisés et si privilégiés; et, bien loin de convenir que Dieu eût tout fait pour eux, on aurait souvent lieu de croire que ce serait plutôt pour eux qu'il paraîtrait n'avoir rien fait, ou du moins avoir très-peu fait. Car enfin, pendant cette vie, les élus, quoique élus de Dieu, ne font dans le monde nulle figure qui les distingue, ni qui marque pour leurs personnes ces égards si particuliers de la Providence. Au contraire, par une conduite de Dieu bien surprenante, et que David confesse avoir été pour lui un sujet de tentation et de trouble pendant cette vie, les élus de Dieu, qui sont les Justes, bien loin d'être connus pour tels par la malignité du monde, sont souvent décriés et confondus avec les hypocrites; pendant cette vie, les élus de Dieu, qui sont les humbles, bien loin d'être honorés et respectés, sont souvent méprisés et insultés; pendant cette vie, les élus de Dieu, qui sont les pauvres, bien loin d'être soulagés, sont souvent rebutés et abandonnés; pendant cette vie, les élus de Dieu, qui sont communément les faibles, bien loin d'être protégés, sont souvent accablés et opprimés. Or tout cela est bien éloigné de cette favorable prédilection que Dieu, selon sa promesse, doit avoir pour eux.

Il est vrai, répond saint Chrysostome ; mais c'est justement ce qui prouve la vérité, l'infaillibilité, l'absolue et indispensable nécessité du jugement de Dieu : car, pourquoi le Fils de Dieu, en qualité de souverain Juge, viendra-t-il à la fin des siècles? pour faire justice à ses élus sur ces quatre chefs. Oui, il viendra pour venger les Justes, je dis les vrais Justes, en les séparant des hypocrites, et faisant pour jamais cesser le règne de l'hypocrisie ; il viendra pour venger les humbles, en glorifiant dans leurs personnes l'humilité, et en confondant les superbes qui n'auront eu pour elle que du mépris; il viendra pour venger les pauvres qui, par la dureté des riches, auront langui dans la misère, mais aux gémissements de qui il montrera bien qu'il n'a pas été insensible; il viendra pour venger les faibles de tout ce que l'iniquité, la violence, l'abus de l'autorité, leur aura fait indignement souffrir.

(…) dans la vie il n'est pas toujours vrai, et même il est rarement vrai que celui qui s'abaisse et qui s'humilie soit élevé. On en voit dont l'humilité, quoique véritable et quoique solide, est accompagnée jusqu'au bout de l'humiliation. On en voit qui, pour chercher Dieu, et par un esprit de religion, s'étant ensevelis et comme anéantis devant les hommes, meurent dans leur obscurité et dans leur anéantissement. Combien d'âmes saintes dont la vie est cachée avec Jésus-Christ, et à qui le monde n'a jamais tenu nul compte du courage héroïque qu'ils ont eu de se séparer et de se détacher de lui? Or c'est pour cela, reprend saint Chrysostome, qu'il doit y avoir et qu'il y aura un jugement à la fin des siècles.

Parce qu'il y a des saints sur la terre dont l'humilité, quoique sincère, n'est ni connue du monde, ni honorée au point qu'elle le devrait être si le monde était équitable, Dieu suppléera au défaut du monde, et la relèvera ; mais aux dépens de qui ? toujours aux dépens et à la honte du mondain, dont la fausse gloire, dont la vanité ridicule, dont la présomptueuse ambition, condamnée et réprouvée, rendra hommage à la sainteté des maximes que le sage et humble chrétien aura suivies , puisqu'en même temps que l'humble sera exalté l'orgueilleux sera humilié et couvert d'un éternel opprobre



Note de gabrielle: J'ai pris que des extraits, que je pensais nous être profitable en ce temps de vide de prédication. C'est plus long que d'habitude, mais le sermon au complet fait 30 pages Word...je pense pas que cela va nous tuer de lire un peu plus long et en même temps cela peut servir de réflexion toute la semaine. Saint Temps de l'Avent à tous les catholiques

http://deojuvante.forumactif.org/t1007-les-dimanches-de-l-avent#13449
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Message  ROBERT. le Dim Nov 30 2014, 11:34

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—  Extrait des Saintes Écritures:

Alors les justes s'élèveront avec une grande fermeté contre ceux

qui les ont tourmentés et qui leur ont ravi le fruit de leurs travaux.

Ceux-ci le voyant seront troublés par une crainte horrible,

et ils s'étonneront de ce salut soudain, et le reste
(Sagesse V, 1-2)


— Suivi de la parabole du mauvais riche et de Lazare:

http://messe.forumactif.org/t6127-reglement-des-comptes-de-la-pensee-unique#111979
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Message  gabrielle le Dim Déc 07 2014, 07:47

Deuxième Dimanche de l'Avent

Abbé Bourdaloue, extraits a écrit:Jésus-Christ leur répondit : Allez dire à Jean ce que vous avez vu et entendu. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les morts ressuscitent ; et heureux celui qui ne sera point scandalisé de moi!

Après tant de miracles, n'est-il pas surprenant que Jésus-Christ ait été un sujet de scandale pour le monde ? Ce monde impie s'est scandalisé de sa personne, de sa doctrine, de sa loi, de sa croix, de sa mort. ….Mais si nous ne nous scandalisons plus de Jésus-Christ, nous scandalisons Jésus-Christ en scandalisant nos frères, qui sont ses membres(…)

Jésus-Christ disait : Heureux celui qui ne sera point scandalisé de moi! et par une conséquence tout opposée, nous devons conclure que malheureux est celui qui scandalise Jésus-Christ en scandalisant le prochain. Malheureux celui qui cause le scandale(…) mais doublement malheureux celui qui cause le scandale, quand il est spécialement obligé à donner l'exemple;(…)

Malheureux celui qui cause le scandale : pourquoi?

1° parce qu'il est homicide devant Dieu de toutes les âmes qu'il scandalise;

2° parce qu'il se charge devant Dieu de tous les crimes de ceux qu'il scandalise.

Quiconque est auteur du scandale, selon tous les principes de la religion, est homicide des âmes qu'il scandalise. Péché monstrueux, péché diabolique, péché contre le Saint-Esprit, péché essentiellement opposé à la rédemption de Jésus-Christ, péché dont nous aurons singulièrement à rendre compte à Dieu ; mais surtout péché d'autant plus dangereux que souvent on le commet sans avoir même intention de le commettre, et qu'il est attaché à des choses dont on ne se fait nul scrupule.

Péché monstrueux ; car quelle horreur de causer la mort à une âme !

Fût-ce le dernier des hommes que vous scandalisiez, c'est toujours une âme précieuse à Dieu, et une âme à qui vous ôtez une vie surnaturelle et divine.

Péché diabolique ; car, selon l'Evangile, le caractère particulier du démon est d'avoir été dès le commencement du monde homicide des âmes.

Péché contre le Saint-Esprit, parce qu'il attaque directement la charité, et que le Saint-Esprit est personnellement la charité même. S'il est contre la charité d'enlever à un homme son bien, sa réputation, son crédit, qu'est-ce que de lui faire perdre son salut éternel?
Péché essentiellement opposé à la rédemption de Jésus-Christ, puisqu'il fait périr ce que Jésus-Christ est venu sauver.
Péché dont Dieu nous fera rendre un compte plus rigoureux à son jugement ...

Cet homme, devenu impie et libertin, par le scandale que vous lui avez donné, mourra dans son iniquité, et en sera coupable. Mais vous qui l'aurez perdu, vous serez encore plus coupable devant moi, et vous me répondrez de son âme.

Péché que tous les jours on commet sans avoir même intention de le commettre. Il n'est pas nécessaire, pour me rendre criminel en ce point, que je me propose, d'un dessein formé de scandaliser mon frère ; il suffit que je fasse ce qui le scandalise, et que je m'en aperçoive
C'est de là même que cet homicide des âmes est souvent attaché à des choses en apparence très-légères. Tout cela est innocent, dites-vous; mais appelez-vous innocent ce qui damne le prochain?

Quiconque est auteur du scandale, se charge devant Dieu de tous les crimes de ceux qu'il scandalise. Quel abîme ! De combien de péchés, par exemple, un mauvais conseil n'est-il pas la source ? Or, en le donnant vous devenez responsable de toutes ses suites.

Mais les péchés sont personnels. Cela est vrai des autres péchés, et non du scandale, parce que l'homme scandaleux pèche tout à la fois et pour lui-même et pour autrui. Mais ces péchés ne m'ont pas même été connus. C'est assez que vous en ayez connu le principe, et que vous ayez eu sujet d'en craindre les funestes effets. Et voilà pourquoi David demandait à Dieu qu'il lui fit grâce sur deux sortes de péchés : sur les péchés cachés et sur les péchés d'autrui...

Doublement malheureux celui qui cause le scandale, lorsqu'il est obligé à donner l'exemple, il n'y a point d'homme qui ne doive au prochain le bon exemple ; mais sur cela même il y a encore des engagements et des devoirs particuliers, selon les divers rapports que nous avons les uns avec les autres, dans la société humaine.

Quel est le crime de ces ministres du Seigneur qui profanent les plus saintes fonctions, et font rejaillir le scandale de leur vie jusque sur leur ministère ? C'est ce qui excitait contre eux l'indignation de Dieu : Je vous avais établis pour édifier et pour conduire mon peuple; mais vous vous êtes égarés, et vous en avez égaré plusieurs avec vous. C'est pourquoi, concluait le Dieu d'Israël, je vous ai rendus vils et méprisables. Qu'y a-t-il aussi de plus méprisé qu'un prêtre scandaleux ? (Le scandale de l'hérésie est le plus intolérable que les hommes d'Église pouvaient donner, en se séparant de la Sainte Église, ils ont entrainer derrière eux les catholiques, les plongeant ainsi dans le mal le plus pernicieux. )
Que faut-il dire de ceux que nous appelons les forts dans la foi, parce qu'ils sont nés et qu'ils ont été élevés dans le sein de l'Eglise catholique ? Sont-ils excusables, lorsqu'au lieu de contribuer ou à ramener nos frères égarés, ou à confirmer nos frères réunis, ils ne servent, par leurs exemples, qu'à éloigner les uns davantage, et qu'à replonger les autres dans leur premier aveuglement?

Après des miracles si éclatants, le Sauveur du monde avait droit de se promettre, non-seulement que les hommes ne se scandaliseraient point de son Evangile, mais qu'ils feraient gloire de l'embrasser et de le suivre. Tant de malades guéris, sourds, muets, aveugles, boiteux, des morts ressuscités, mille autres prodiges qui marquaient si visiblement la force et la vertu d'un Dieu, devaient sans doute lui attirer le respect et la vénération, que dis-je? l'adoration même et le culte de toute la terre. Cependant, ô profondeur et abîme des conseils de Dieu ! malgré ces miracles, Jésus-Christ est un sujet de scandale pour le monde, et ce scandale est devenu si général, que lui-même, dans l'Evangile, il déclare bienheureux quiconque saura s'en préserver(…)

Mais à ce scandale dont Jésus-Christ était l'objet, il en a succédé un autre dont nous sommes les auteurs; un autre non moins funeste, et peut-être encore plus criminel. Je m'explique. Jésus-Christ n'est plus pour nous un sujet de scandale, mais nous sommes des sujets de scandale pour Jésus-Christ ; nous ne sommes plus scandalisés de lui, mais nous le scandalisons lui-même dans la personne de nos frères,
(…)vous dressez un piège à votre frère, pour le faire tomber; et, insensible à la douleur que l'Eglise, votre commune mère, ressentirait de sa perte, vous ne craigniez point d'être pour lui une occasion de scandale. Péché, dit Tertullien, qui forme les âmes au crime, comme le bon exemple les forme à la vertu(…)

Savez-vous qu'en les scandalisant, en les perdant par votre exemple, vous détruisez, au moins dans leurs personnes, tout le mérite et tout le fruit de la mort d'un Dieu ? Il faudra donc, poursuivait l'Apôtre, que Jésus-Christ ait souffert inutilement pour eux? Il faudra que votre frère, encore faible, périsse et se damne, parce qu'il ne vous aura pas plu de ménager sa faiblesse, ni d'avoir pour lui les égards que la charité et la prudence chrétienne exigeaient de vous? Il faudra que vous arrachiez, comme par violence, à Jésus-Christ, ce qui lui a coûté tout son sang?(…) Et si ce qu'a dit saint Jean dans sa première Epître canonique est vrai, connue il l'est en effet, qu'il y a déjà dans le monde plusieurs Antechrists (…)pourquoi ? parce que le monde est plein d'indignes chrétiens qui, par leurs scandaleux exemples, ruinent l'ouvrage de Jésus-Christ, et anéantissent le prix de sa rédemption adorable ; à combien de ceux qui m'écoutent cette malédiction , dans le sens même littéral de l'Apôtre, ne peut-elle pas convenir; combien d’Antéchrists au milieu du christianisme, d'autant plus à craindre qu'ils sont moins déclarés et moins connus?

Suis-je chargé du salut d'autrui? en suis-je responsable? Oui, reprend le Seigneur par son prophète, vous m'en répondrez; et quand je viendrai, comme juge souverain, pour rendre à chacun ce qui lui sera dû et pour porter mes derniers arrêts, j'aurai droit selon toutes les lois de l'équité, de me venger sur vous de bien des crimes dont vous aurez été le premier principe (…)

Péché dont souvent on se rend coupable, sans avoir même intention de le commettre.(…)

Ainsi, une femme (ou un homme) remplie des idées du monde, et vide de l'esprit de Dieu, se trouve engagée dans des visites, dans des conversations dangereuses, et qu'elle ne veut pas interrompre, se portant à elle-même témoignage qu'elle ne s'y propose aucune intention criminelle : toutefois elle voit bien que par ce commerce elle entretient la passion d'un homme sensuel, qu'elle excite dans son cœur des désirs déréglés, qu'elle le détourne des voies de son salut(…)elle voit bien qu'en souffrant ses assiduités, sans qu'elle le veuille perdre, elle le perd néanmoins : en est-elle moins homicide de son âme? Non! ...

Mais les péchés, me direz-vous, sont personnels (…)J'en conviens, mais exceptez-en le scandale : pourquoi? Parce que le scandale n'est pas un péché purement personnel, mais comme une espèce de péché originel qui, se communiquant et se répandant, infecte l'âme, non-seulement de son propre venin et de sa propre malice, mais de la malice encore de tous ceux à qui il s'étend et sur qui il se répand

S'ils nous voyaient (ceux qui vivent à l'encontre des lois de Dieu) aussi sincères et aussi fervents catholiques que notre devoir et le nom que nous portons nous oblige à l'être, ils le deviendraient eux-mêmes comme nous. Ce qui les fortifie dans leurs préjugés, c'est la monstrueuse opposition que nous leur donnons lieu d'observer entre nos actions et notre foi. (…)

Montrons-leur, par notre conduite, qu'il y a entre ce que nous croyons et ce que nous pratiquons, une pleine conformité : ils ne nous résisteront pas.

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Message  Arthur le Dim Déc 07 2014, 12:38

"Montrons-leur, par notre conduite, qu'il y a entre ce que nous croyons et ce que nous pratiquons, une pleine conformité : ils ne nous résisteront pas."

Il n'y a pas d'autre différence entre l'Évangile et la vie des Saints, qu'entre une musique notée et une musique chantée. S. François de Sales.

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Message  ROBERT. le Dim Déc 07 2014, 12:47

Arthur a écrit:
Il n'y a pas d'autre différence entre l'Évangile et la vie des Saints, qu'entre une musique notée et une musique chantée. S. François de Sales.
Exact.
ROBERT.
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Message  gabrielle le Dim Déc 14 2014, 07:36

Troisième Dimanche de l'Avent
LA SÉVÉRITÉ ÉVANGÉLIQUE.

Extraits de Bourdaloue a écrit:Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droite la voie du Seigneur.

Cette voie du Seigneur est la voie étroite du salut. Mais combien ignorent cette voie étroite, et ne savent pas en quoi consiste la sévérité évangélique !

Nul homme ne fit profession d'une vie plus austère que Jean-Baptiste ; nul homme ne fut plus sévère dans ses mœurs. Mais dans sa sévérité même, ce fut un homme désintéressé, un homme humble, et un homme charitable.

La vraie sévérité de l'Évangile consiste :

1. dans un désintéressement parfait

2. dans une sincère humilité,

3. dans une charité patiente et compatissante,


C'est par le retranchement de l'intérêt, ou plutôt de la cupidité qui s'attache à la poursuite de l'intérêt, que doit commencer cette circoncision du cœur dont parle si souvent l'Apôtre, et sans laquelle il est impossible d'entrer dans cette voie étroite de l'Evangile (…)

Quiconque ne renonce pas d'esprit et de cœur à tout ce qu'il a, beaucoup plus à tout ce qu'il n'a pas et qu'il ne peut avoir sans injustice ou sans forcer l'ordre de Dieu, est incapable d'être mon disciple. Voilà le premier axiome de la morale de Jésus-Christ, qui, pour n'être que le plus bas degré de la perfection évangélique, ne laisse pas d'abord d'élever l'homme au-dessus de tout ce qui n'est point Dieu, et qui fait déjà réellement et solidement en lui ce que la philosophie païenne n'a jamais pu faire qu'en apparence dans ses plus parfaits et ses plus zélés sectateurs. D'où je conclus qu'un chrétien, quelque idée de sainteté qu'il se propose, n'aura jamais cet esprit de sévérité, propre de la loi de grâce, qu'autant qu'il aura cet esprit de désintéressement par où notre divin Maître a voulu que ses disciples fussent distingués.

Quelle est donc la marque sûre et infaillible de la sévérité que nous professons dans notre religion ? je le répète , un désintéressement général, absolu, sincère : trois qualités aussi rares dans le monde qu'elles sont estimables, et par où nous devons juger si nous sommes en effet devant Dieu ce que peut-être nous nous flattons bien injustement d'être devant les hommes.

Et la preuve en est évidente : parce que, comme raisonne fort bien saint Chrysostome, les choses même les plus fâcheuses, et celles dont la nature a le plus d'horreur, nous deviennent supportables, et même faciles et agréables, dans la vue d'un intérêt humain ; et quand nous agissons par le motif de cet intérêt, bien loin que nous nous fassions violence en nous abstenant, en nous surmontant, en nous captivant, on peut dire, et il est vrai, que nous nous la ferions tout entière en ne nous abstenant pas, en ne nous surmontant pas, et en ne nous captivant pas.

Ce que nous prenons alors sur nous, nous nous l'accordons à nous-mêmes. Nous mortifions une passion, mais c'est pour suivre le mouvement et l'attrait d'une autre. Il nous en coûte, mais d'une manière qui ne choque point notre amour-propre, puisqu'au contraire c'est notre amour-propre qui nous fait porter lui-même la pesanteur du joug, et qui cherche en cela à se satisfaire. Or, ce qui satisfait en nous l'amour-propre ne peut pas être l'objet de la sévérité évangélique.

Réveillons aujourd'hui notre zèle ; prenons des sentiments plus épurés et moins terrestres ; ne débitons point tant de belles maximes, mais venons-en aux effets; commençons par dégager notre cœur, par le détacher : par là nous glorifierons Dieu, nous édifierons l'Eglise, nous fermerons la bouche à ses ennemis ; et j'ose dire même que nous n'y perdrons rien. Car la piété, dit l'Apôtre, est une grande richesse, si nous savons nous en contenter. Dès que nous ne nous en contentons pas ; dès que nous voulons quelque chose au delà, et que, par une espèce de sacrilège, nous mêlons des intérêts profanes et humains avec des intérêts tout spirituels et tout célestes, Dieu réprouve ce mélange, et les hommes le méprisent. N'ayons en vue que Dieu, ne cherchons que Dieu ; Dieu nous suffira.

C'est dans les plus beaux fruits, dit saint Augustin, que les vers se forment, et c'est aux plus excellentes vertus que l'orgueil a coutume de s'attacher. Car ce qu'est au fruit le ver qui le corrompt, l'orgueil l'est aux vertus, et surtout aux vertus chrétiennes, qu'il infecte. Il n'est rien selon Dieu de plus parfait que cette sévérité évangélique dont je vous parle, quand elle est bien prise et saintement pratiquée. On peut dire, et il est vrai, que c'est le fruit le plus exquis et le plus divin que le christianisme ait produit dans le monde : mais aussi faut-il confesser que c'est le plus exposé à cette corruption de l'amour-propre, à cette tentation délicate de la propre estime, qui fait qu'après s'être préservé de tout le reste, on a tant de peine à se préserver de soi-même.

Oui, avouons-le à notre confusion, il est rare, dans le désordre du siècle où nous vivons, de trouver des hommes ennemis du relâchement, et sévères pour eux-mêmes, comme la religion nous oblige à l'être. Mais ce fait doit encore bien plus nous confondre, c'est que peut-être n'est-il pas moins rare dans le siècle où nous sommes, et jusque parmi ceux qui sont les plus sévères pour eux-mêmes, de trouver des hommes à  l'abri de l'orgueil et humbles d'esprit et de cœur.(…) nous connaîtrons que c'est dans la  pratique d'une sincère humilité que consiste la véritable et l'essentielle austérité.  Que serait-ce donc si, par un déplorable aveuglement, nous venions à séparer l'un de l'autre?

(…)ne nous étonnons pas si le Fils de Dieu , n'étant venu au monde que pour être le réformateur du monde, et pour lever (qu'il me soit permis de parler ainsi) l'étendard de la vie austère, il commença d'abord par une guerre ouverte contre ces prétendus dévots les plus sévères, et, dans l'opinion commune, les plus réformés du judaïsme. Pour agir conséquemment à son adorable mission, et conformément à l'Évangile qu'il nous annonçait, il dut les traiter de la sorte. A travers le voile de cette apparente sévérité, il les reconnut pour des esprits superbes, et dès lors il les envisagea comme les usurpateurs de la gloire de son Père. (…)

Mais s'il n'a pu supporter ce faste dans les pharisiens, comment le supportera-t-il dans nous ? c'est la belle réflexion de saint Grégoire, pape. Si le Fils de Dieu a hautement; condamné cette sévérité corrompue et empoisonnée par l'orgueil dans des hommes qui ne lui appartenaient en rien, et qui ne furent jamais élevés dans les principes de sa loi, que lui paraîtra-t-elle dans des chrétiens qui sont, les disciples de son humilité (…)

Car ne nous imaginons pas que cette sévérité d'ostentation, tant de fois censurée par Jésus-Christ, soit un fantôme que la loi de grâce ait entièrement dissipé. Il subsiste encore, et Dieu veuille qu'après avoir été le vice des pharisiens, par une malheureuse succession, il ne soit pas devenu le nôtre ! telle est en effet notre misère. Comme nous ne sommes dans le fond de notre être que vanité et que néant, tout, jusqu'à nos vertus, se ressent de ce néant et tient de cette vanité; et comme l'orgueil, si j'ose le dire, est la partie la plus subtile de l'amour de nous-mêmes, si profondément enraciné dans nos âmes, par une triste fatalité, il s'insinue, non-seulement dans les choses où nous aurions lieu en quoique manière de nous rechercher, mais jusque dans la haine de nous-mêmes, jusque dans le renoncement à nous-mêmes, jusque dans les saintes rigueurs que Dieu nous inspire d'exercer sur nous-mêmes.

A peine nous sommes-nous mis sur un certain pied de vie réformée, que ce démon de l'orgueil commence à nous attaquer. Dès là si nous ne sommes en garde contre nous, nous nous oublions : il semble que nous ne soyons plus de cette basse région du monde, il semble que nous soyons singulièrement les élus de Dieu, toujours contents de nous-mêmes, et toujours prêts à nous exalter, sous prétexte d'exalter Dieu dans nous.

Ce n'est pas qu'en bien des rencontres nous ne fassions les humbles, mais d'une humilité, dit saint Jérôme, qui ne risque rien, d'une humilité qui cherche à être honorée et qui est sûre de l'être, d'une humilité qui sert d'amorce à la louange, et dont l'orgueil même se pare. On se reconnaît, on se confesse pécheurs en général ; mais en particulier, on ne veut jamais convenir qu'on ait manqué. Vous diriez qu'il suffit d'être sévère pour être plein de soi-même, attaché à son sentiment et idolâtre de ses pensées. De là, sans même l'apercevoir, on ne parle plus que de soi; on ne voit plus de bien qu'en soi; on mesure tout par soi : quoique Dieu ait des conduites de grâce toutes différentes, on n'estime plus que la sienne, et, par une petitesse d'esprit présomptueuse, on voudrait tout réduire à la sienne. Et parce qu'on n'y trouve pas tout le monde disposé, on a pitié de tout le monde ; je ne dis pas une pitié charitable et compatissante, mais une pitié dédaigneuse et méprisante. Tout ce qui n'est pas selon notre goût paraît réprouvé.  On croit tous les autres perdus ; à l'exemple de cet homme dont parle saint Bernard, qui par je ne sais quel enchantement avait infatué le monde de ses erreurs, en persuadant aux ignorants et aux simples qu'après même le bienfait de la rédemption il n'y avait presque de salut pour personne, et que toutes les richesses de la miséricorde divine étaient uniquement réservées pour ceux qui croyaient en lui et qui s'attachaient à lui, c'est-à-dire, ajoute saint Bernard , pour ceux qui se laissaient tromper par lui (…)

On veut pratiquer le christianisme dans sa sévérité, mais on en veut avoir l'honneur. On se retire du monde, mais on est bien aise que le monde le sache ; et s'il ne le devait pas savoir, je doute qu'on eût le courage et la force de s'en retirer. On renonce à certains divertissements que la religion condamne, mais on se soutient par la gloire d'y avoir renoncé. On quitte le luxe des habits, mais on a pour soi-même autant ou plus de complaisance que les plus mondains. On ne se soucie plus de sa beauté, mais on est entêté de son esprit et de son propre jugement. On se retranche, on s'abstient, on se mortifie en secret; mais on fait si bien que ce secret cesse bientôt d'être secret, et l'on a cent biais pour le rendre public, en sauvant même les dehors et les apparences de la modestie.

De là vient que, dans toutes ces choses et en mille autres, on aime la singularité : pourquoi? parce que la singularité a cela de propre, qu'elle excite l'admiration, qui est le charme de la vanité. Toute la perfection de l'Evangile, selon les voies simples et communes, n'a rien qui touche. S'il y a quelque chose de nouveau, c'est à quoi l'on donne , et où l'on trouve sa dévotion; et, au lieu que saint Augustin, pensant à se convertir, n'évita rien plus soigneusement que de le faire avec bruit, de peur, disait-il lui-même, qu'il ne semblât avoir voulu paraître grand jusque dans sa pénitence (…)

C'est que la vraie sévérité, la sévérité chrétienne, doit consister à se faire violence, et à contredire la nature et l’amour-propre. Or, tout ce qui flatte notre orgueil flatte la nature; et au lieu de la combattre, on la suit, on la contente, on la repaît de ce qu'elle goûte avec plus de douceur et plus de plaisir. Et en effet, il n'y a point de vie, pour laborieuse et pour gênante qu'elle puisse être, que nous ne trouvions douce naturellement, quand nous savons qu'elle nous distingue dans le monde, qu'elle fait parler de nous dans le monde, qu'elle nous y fait considérer et respecter. Il ne faut plus de grâce pour nous faire agir, la nature seule nous donne des forces.

C'est pour cela, dit saint Chrysostome (et cette pensée m'a toujours paru bien solide et bien judicieuse), c'est pour cela que nous avons beaucoup moins de peine à faire plus que nous ne devons, qu'à faire ce que nous devons ; et qu'une des erreurs les plus communes parmi les personnes mêmes qui cherchent Dieu , est de laisser le précepte et ce qui est d'obligation, pour s'attacher au conseil et à ce qui est de subrogation : pourquoi? parce qu'à faire plus qu'on ne doit, il y a une certaine gloire que l'on ambitionne, et qui rend tout aisé : au lieu qu'à faire ce que l'on doit, il n'y a point d'autre louange à espérer, que celle des serviteurs inutiles (…)

La vraie austérité du christianisme, c'est d'être humble, c'est d'être petit à ses yeux, c'est d'être vide de soi-même; c'est de ne point faire tant de retours sur soi-même; c'est d'être mort, sinon au sentiment, du moins au désir et à la passion de l'honneur; c'est de recevoir de bonne grâce, et quand Dieu le veut, l'humiliation et le mépris. La vraie austérité du christianisme, c'est d'aimer à être abaissé, à vivre dans l'oubli, dans l'obscurité, et de pratiquer solidement et de bonne foi cette courte, mais cette importante leçon de saint Bernard : l'amour inconnu ; car voilà ce qui est insupportable à la nature : On ne pensera plus à moi, on ne parlera plus de moi ; je n'aurai plus que Dieu pour témoin de ma conduite, et les hommes ne sauront plus, ni qui je suis, ni ce que je fais.

A considérer les choses dans l'apparence, il n'est rien de plus opposé, ce semble, que la sévérité chrétienne et la charité. Car la charité, selon saint Paul, est douce, indulgente, condescendante ; elle couvre tout, elle excuse tout, elle supporte tout : et au contraire la sévérité fait profession de n'excuser rien, de ne supporter rien, de n'avoir ni complaisance ni indulgence, d'être inflexible dans ses sentiments, et rigide dans sa conduite : qualités qui se détruisent, à ce qu'il paraît, les unes les autres. Cependant, Chrétiens, le  Fils de Dieu a supposé que l'on pourrait parfaitement les allier ensemble ; et de la manière qu'il a conçu son Évangile, à peine dirait-on pour laquelle de ces deux vertus il a témoigné plus de zèle, ne les ayant jamais séparées, n'ayant point voulu de l'une sans l'autre, mais ayant fait également de l'une et de l'autre le caractère de sa loi.

Comment cela, et quel moyen de les accorder? Rien de plus aisé, (…)distinguons bien les objets ; et par la différence des objets, nous reconnaîtrons que ce qui paraît en ceci contradictoire, est justement ce qui fait toute l'harmonie et toute la perfection de la loi de grâce.

En effet, dit saint Augustin, et voici le dénouement de la question : le Sauveur du monde n'a jamais prétendu, dans l'Évangile, que nous eussions pour les autres de la sévérité, mais seulement pour nous-mêmes; et son intention n'a point été que nous eussions pour nous-mêmes cette charité dont il s'agit, c'est-à-dire cette douceur et cette bénignité, mais seulement pour les autres. Or la charité pour les autres, et la sévérité pour soi-même, ce sont deux devoirs qui se concilient d'eux-mêmes, et qui, bien loin de se combattre, s'entretiennent mutuellement, puisqu'il est certain que la seule obligation d'être charitables envers nos frères nous met dans une absolue nécessité d'être sévères envers nous-mêmes, et que l'expérience nous apprend tous les jours que l'occasion la plus fréquente et le sujet le plus ordinaire que nous ayons d'exercer cette sévérité envers nous-mêmes, est la charité que nous devons au prochain.

(…)que la charité due au prochain est la matière la plus abondante, et en même temps la plus nécessaire, de cette sévérité dont Dieu veut que nous usions envers nous-mêmes : pourquoi? en pouvons-nous douter, après les excellentes idées que saint Paul nous donne de la charité chrétienne, et surtout après tant d'épreuves de ce qu'il nous en coûte presque à chaque moment(…) pour la pratiquer?

Quand ce grand apôtre nous dit que la charité doit supporter les faiblesses et les imperfections du prochain , qu'elle doit obliger et servir le prochain, qu'elle doit soulager les misères du prochain ; quand il ajoute qu'elle ne s'aigrit point, qu'elle ne se pique point, qu'elle ne rend point le mal pour le mal, qu'elle est patiente dans les injures, qu'elle fait du bien à ceux qui l'outragent, qu'il n'y a rien qu'elle ne soit disposée à souffrir; dans cette description si belle et si vive, que nous prêche-t-il, sinon la sévérité envers nous-mêmes?

Sévérité véritable : car, pour accomplir tout cela, que ne faut-il pas prendre sur soi-même? combien de victoires ne faut-il pas remporter sur son naturel, sur son humeur, sur ses passions? entrons dans le détail. Pour avoir cette charité patiente, que ne faut-il pas endurer?  combien de bizarreries et de caprices de la part de ceux avec qui l'on vit, à combien de manières importunes, fâcheuses, choquantes, ne faut-il pas s'accommoder? quelles aversions et quelles antipathies naturelles ne faut-il pas surmonter? Pour avoir cette charité discrète et sage, en combien de choses ne faut-il pas se contraindre?

(…) je ne sais quelle aigreur dans les avis mêmes de charité que nous donnons(…) par-dessus tout, si l'aversion même, et une aversion d'état, si l'aliénation du cœur et un esprit de contradiction est le principe secret qui nous engage à nous déclarer sévères ; car, encore une fois, cela peut arriver; (…) pour corriger les désordres(…) si, dis-je, notre sévérité dégénère dans ces abus, ce n'est plus qu'une sévérité fausse

(…)ne nous arrêtons pas à garder quelques dehors, tandis que l'ennemi s'empare du corps de la place; que notre sévérité soit solide; et elle le sera, si c'est une sévérité désintéressée, si c'est une sévérité humble, si c'est une sévérité charitable : par là nous parviendrons à la perfection de l'Évangile (…)

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Message  ROBERT. le Dim Déc 14 2014, 12:02

gabrielle a écrit:
Troisième Dimanche de l'Avent
LA SÉVÉRITÉ ÉVANGÉLIQUE.

Extraits de Bourdaloue a écrit:  
.
(...) C'est dans les plus beaux fruits, dit saint Augustin, que les vers se forment, et c'est aux plus excellentes vertus que l'orgueil a coutume de s'attacher. Car ce qu'est au fruit le ver qui le corrompt, l'orgueil l'est aux vertus, et surtout aux vertus chrétiennes, qu'il infecte...


(...)Ce n'est pas qu'en bien des rencontres nous ne fassions les humbles, mais d'une humilité, dit saint Jérôme, qui ne risque rien, d'une humilité qui cherche à être honorée et qui est sûre de l'être, d'une humilité qui sert d'amorce à la louange, et dont l'orgueil même se pare.


(...)  à l'exemple de cet homme dont parle saint Bernard, qui par je ne sais quel enchantement avait infatué le monde de ses erreurs, en persuadant aux ignorants et aux simples qu'après même le bienfait de la rédemption il n'y avait presque de salut pour personne, et que toutes les richesses de la miséricorde divine étaient uniquement réservées pour ceux qui croyaient en lui et qui s'attachaient à lui, c'est-à-dire, ajoute saint Bernard , pour ceux qui se laissaient tromper par lui (…)


...saint Augustin, pensant à se convertir, n'évita rien plus soigneusement que de le faire avec bruit, de peur, disait-il lui-même, qu'il ne semblât avoir voulu paraître grand jusque dans sa pénitence (…)


(...) C'est pour cela, dit saint Chrysostome (et cette pensée m'a toujours paru bien solide et bien judicieuse), c'est pour cela que nous avons beaucoup moins de peine à faire plus que nous ne devons, qu'à faire ce que nous devons ; (...) parce qu'à faire plus qu'on ne doit, il y a une certaine gloire que l'on ambitionne, et qui rend tout aisé : au lieu qu'à faire ce que l'on doit, il n'y a point d'autre louange à espérer, que celle des serviteurs inutiles (…)


(...) cette importante leçon de saint Bernard : l'amour inconnu ; car voilà ce qui est insupportable à la nature : On ne pensera plus à moi, on ne parlera plus de moi ; je n'aurai plus que Dieu pour témoin de ma conduite, et les hommes ne sauront plus, ni qui je suis, ni ce que je fais.



(...) En effet, dit saint Augustin, et voici le dénouement de la question : le Sauveur du monde n'a jamais prétendu, dans l'Évangile, que nous eussions pour les autres de la sévérité, mais seulement pour nous-mêmes; et son intention n'a point été que nous eussions pour nous-mêmes cette charité dont il s'agit, c'est-à-dire cette douceur et cette bénignité, mais seulement pour les autres. (...)

gras rajoutés.
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Message  gabrielle le Mer Déc 17 2014, 07:42

Les Quatre-Temps de l'Avent (17 décembre 2014)


Homélie de saint Ambroise, Évêque.

A la vérité, les secrets et les mystères de Dieu sont cachés, et, selon la parole d’un Prophète, il n’est pas facile aux hommes de pénétrer ses desseins ; cependant, par les autres actions et instructions du Sauveur, nous pouvons comprendre que ce n’est pas sans un dessein particulier que celle-là a été choisie pour enfanter le Seigneur, qui était l’épouse d’un homme. Mais, pourquoi n’a-t-elle pas été mère avant d’être épousée ? De crainte, peut-être, qu’on ne l’accusât d’adultère.


Or, l’Ange vint vers elle. Reconnaissez la Vierge à ses actes, reconnaissez la Vierge à sa modestie, apprenez à la connaître par l’oracle qui lui est annoncé par le mystère qui s’opère en elle. C’est le propre des vierges de trembler, de s’effrayer à l’approche d’un homme, et de craindre tous ses discours. Que les femmes apprennent à imiter cet exemple de modestie. Marie vit seule dans le secret de sa demeure, se dérobant aux regards des hommes, un Ange seul trouve accès auprès d’elle. Elle est seule, sans compagnie ; seule, sans témoin, de crainte d’être corrompue par un entretien profane ; et l’Ange la salue.

Ce n’était pas la bouche d’un homme, mais celle d’un Ange, qui devait exposer le mystère d’un tel message. Aujourd’hui, pour la première fois l’on entend : « L’Esprit-Saint surviendra en vous. » On entend et on croit. « Voici, dit Marie, la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. » Voyez son humilité, voyez sa dévotion. Elle se dit la Servante du Seigneur, elle qui est choisie pour sa mère ; et elle ne s’enorgueillit pas de cette promesse inattendue.
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Message  gabrielle le Ven Déc 19 2014, 07:04

Vendredi des Quatre Temps de l'Avent (2014)

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : Marie partit et s’en alla en hâte vers la montagne, en une ville de Juda. Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Ordinairement, qui veut être cru commence par prouver qu’il est digne de foi. Aussi l’Ange, annonçant à Marie le mystère qui va s’accomplir, lui dit, pour la convaincre, qu’une femme stérile et avancée en âge est devenue mère, et il lui fait ainsi comprendre que Dieu peut tout ce qui lui plaît. Dès que Marie eut appris cette nouvelle, elle se dirigea vers les montagnes. Ce n’est pas qu’elle fût incrédule à l’oracle de l’Ange, ou qu’elle doutât de la réalité de la mission du messager qui lui était envoyé, ni même qu’elle hésitât sur l’exemple qui lui avait été donné ; mais Marie était heureuse de voir les désirs de sa cousine réalisés ; elle voulut remplir, en la visitant, un pieux devoir, et partit en toute hâte, car la joie la transportait. Déjà pleine de Dieu, où se dirigerait-elle avec tant d’empressement, sinon vers des régions plus élevées ? La grâce du Saint-Esprit ne connaît pas de lenteur dans les efforts qu’elle inspire.

O saintes femmes, apprenez avec quel empressement vous, devez assister vos parentes lorsqu’elles sont enceintes. Auparavant, Marie vivait seule dans le fond de sa demeure ; maintenant, sa pudeur virginale ne la détourne pas de paraître en public ; l’aspérité des montagnes n’arrête pas les élans de son zèle, la longueur du chemin ne la décourage pas dans son empressement à rendre service. La Vierge quitte sa maison et se dirige en grande hâte vers les montagnes et elle part, préoccupée de son devoir, sans penser aux difficultés, écoutant sa charité plutôt que la faiblesse de son sexe. O Vierges, apprenez à ne pas courir ça et là chez les autres, à ne pas vous arrêter sur les places, à ne prendre part à aucun entretien en public. Marie, lente à sortir de chez elle, pressée quand elle est au milieu du monde, resta trois mois chez sa cousine.


Vous avez appris, ô vierges, la pudeur de Marie ; apprenez son humilité. Une parente vient chez sa parente ; la plus jeune vient voir la plus âgée ; et non seulement elle vient, mais aussi, elle salue la première. Car il convient qu’une vierge soit d’autant plus humble qu’elle est plus chaste. Qu’elle sache user de déférence envers les personnes plus âgées ; que celle qui fait profession de chasteté enseigne l’humilité. C’est à la fois, un effet de sa piété et une règle pour notre instruction. Il faut remarquer avec soin, que c’est ici le supérieur qui vient à l’inférieur, pour que l’inférieur soit secouru : Marie vient à Élisabeth et le Christ à Jean.
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Message  Roger Boivin le Ven Déc 19 2014, 11:13


J'avais déjà lu quelque part que - dans mes mots - la crainte et l'hésitation de Marie, à la visite de l'ange Gabrielle, c'était qu'elle dût discerner si c'était un bon ou mauvais ange, ce qui fut vite fait. Donc à chaque fois que je me place devant ce mystère du Rosaire, je demande entre autre l'esprit de discernement, le don du discernement des esprits.
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Message  gabrielle le Sam Déc 20 2014, 06:57

Samedi des Quatre- Temps de l'Avent (20 décembre 2014 )

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

A quel temps le Précurseur de notre Rédempteur reçut le mandat de prêcher, nous le trouvons indiqué par la double mention que fait l’Évangile, et du chef de l’empire Romain et des rois de la Judée. Il venait annoncer Celui qui allait en racheter quelques-uns d’entre les Juifs et un plus grand nombre d’entre les Gentils : voilà pourquoi on précise l’époque de sa prédication, en citant et un empereur des Gentils et les princes des Juifs. La Gentilité devait être rassemblée, tandis que la nation juive allait être dispersée, en punition de sa perfidie, cela aussi nous est indiqué par la mention faite des chefs du pouvoir civil : un seul, dit l’Évangile, dominait dans la République Romaine, tandis que plusieurs princes commandaient dans la Judée, divisée en quatre parties.

En effet, voici la parole de notre Rédempteur : « Tout royaume divisé contre lui-même sera détruit. » II est donc visible que le royaume de Judée, divisé et soumis à tant de chefs, touchait à son terme. C’est aussi avec raison qu’on ne dit pas seulement sous quels princes, mais encore sous quels prêtres la parole du Seigneur se fit entendre au Fils de Zacharie dans le désert. Comme Celui que Jean-Baptiste annonçait devait être à la fuis Roi et Prêtre, l’Évangéliste saint Luc désigne le temps de sa prédication par la mention et des chefs du gouvernement civil et des autorités sacerdotales.


« Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés. » Il est évident pour tous les lecteurs, que Jean n’a pas seulement prêché le baptême de la pénitence, mais qu’il le donna aussi à plusieurs : cependant il n’a pas pu donner son baptême en rémission des péchés, car la rémission des péchés ne nous est accordée que par le seul baptême du Christ. Aussi, faut-il remarquer qu’il est dit : « prêchant le baptême de la pénitence pour la rémission des péchés » ; car, ne pouvant donner le baptême qui remet les péchés, il le prêchait. De sorte que, comme la parole de sa prédication était l’avant-coureur de la Parole incarnée du Père, de même son baptême, par lequel les péchés ne pouvaient être remis, fut l’avant-coureur du baptême de pénitence qui remet les péchés.
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Message  gabrielle le Dim Déc 21 2014, 06:59

Quatrième dimanche de l'Avent

Jean-Baptiste perfectionnant les peuples par la foi en Jésus-Christ.

SERMON SUR LA FOI.

Bourdaloue a écrit:Celui qui croit au Fils possède la vie éternelle ; mais celui qui refuse de croire au Fils n'aura point la vie, et la colère de Dieu s'appesantira sur lui. (Joan., III, 36.)

Malgré ce magnifique éloge que Jean-Baptiste faisait de la foi en Jésus-Christ, les Juifs l'ont rejetée, cette foi chrétienne; et c'est pour cela même aussi que s'est accomplie dans eux cette terrible menace du divin précurseur : Celui qui ne veut pas croire au Fils n'aura point la vie, mais la colère de Dieu tombera sur lui, et y demeurera. Les nations ont profité du malheur de ce peuple incrédule, et par un transport qui nous a été favorable, la foi que les Juifs n'ont pas voulu recevoir a passé aux Gentils, et s'est perpétuée jusques à nous.

Don de la foi, don précieux, où paraît admirablement, outre la miséricorde du Seigneur, sa sagesse et sa providence; car il nous fallait tout ensemble, et une foi ferme, et une foi méritoire : une foi ferme, et par conséquent assez éclairée pour bannir de nos esprits tout doute raisonnable, et pour les fixer; une foi méritoire, et par conséquent assez obscure pour faire de notre soumission une vertu, et pour l'exercer. Deux excellentes prérogatives de la foi chrétienne.

Nous ne pouvons mieux la comparer qu'à cette colonne qui conduit les Israélites dans le désert, et qui, toute lumineuse d'une part, était de l'autre toute ténébreuse. Foi assez éclairée dans la force des motifs qui nous la rendent croyable, pour former la persuasion la plus solide et la plus ferme : premier point. Foi assez obscure dans le fond de ses vérités, pour éprouver la soumission la plus humble et la plus aveugle : second point. De ce double avantage nous apprendrons quelle estime nous devons faire de notre foi, et nous comprendrons le sens de l'Apôtre, quand il dit que la foi est la conviction des choses que nous ne voyons point.

Premier point. — Foi assez éclairée, dans la force des motifs qui nous la rendent croyable, pour former la persuasion la plus solide et la plus ferme. Car, si nous croyons en Jésus-Christ, et si nous y devons croire, ce n'est point sans preuve. Cet Homme-Dieu s'est montré sur la terre, il s'est dit envoyé de Dieu et Fils de Dieu, il a annoncé aux hommes son Évangile, il leur a prêché une loi nouvelle; mais il n'a point exigé qu'on se soumît à sa doctrine, ni qu'on s'attachât à sa personne, sans produire en sa faveur des témoignages irréprochables et capables de convaincre les esprits. Or, ces témoignages qu'il produisait aux Juifs ont toujours la même force pour nous; et, soutenus encore des autres témoignages que la suite des temps, depuis Jésus-Christ, y a joints, permettent-ils à tout homme doué de raison la moindre incertitude; et peut-on, à moins que de s'aveugler soi-même, ne pas apercevoir la lumière qu'ils répandent sur la foi chrétienne?

Témoignage les plus authentiques et les plus sensibles.

Ce sont : 1° l'accomplissement des plus fameuses prophéties, les unes faites de Jésus-Christ et vérifiées dans sa personne, les autres faites par Jésus-Christ même, et confirmées par les événements les plus incontestables et les plus connus;

2° l'éclat de tant de miracles du premier ordre, opérés par la parole toute-puissante de Jésus-Christ, pour établir l'autorité toute divine de sa mission et la vérité de sa doctrine ;

3° l'excellence de la loi que Jésus-Christ est venu prêcher au monde, la sublimité de ses mystères, la sagesse de ses maximes, la sainteté de sa morale ;

4° le sang d'une multitude innombrable de martyrs, c'est-à-dire de témoins qui, malgré les plus cruels tourments, ont rendu gloire à la loi de Jésus-Christ, et l'ont défendue aux dépens de leur vie ;

5° l'établissement si prompt et si général de la loi de Jésus-Christ dans toutes les parties de la terre, au milieu des obstacles en apparence les plus insurmontables, et avec les moyens les plus faibles en eux-mêmes et les plus impuissants ;

6° le consentement universel, et le concours unanime des plus saints et des plus savants personnages, des docteurs les plus consommés, des plus grands génies, à recevoir la loi de Jésus-Christ, à la publier, à la combler d'éloges, à en faire le sujet de leurs méditations et la règle de toute leur conduite.

De là il est aisé de voir avec quelle témérité et quelle injustice Julien l'Apostat reprochait aux chrétiens que leur foi ne consistait que dans une simple ignorance, et qu'on se contentait de leur dire : Croyez.

On nous le dit en effet, mais en même temps on y ajoute tout ce qui peut déterminer un esprit droit et l'affermir. Il a été de la providence de Dieu d'en user ainsi à notre égard ; et nous ayant donné une raison pour nous diriger dans toutes les autres choses et nous servir de guide, il n'a pas voulu, dans les matières mêmes de la religion, l'exclure absolument et la détruire. Il a prétendu la soumettre, la captiver, l'humilier; mais non pas lui interdire tout exercice et la rejeter. Autrement nous n'aurions, ou qu'une foi chancelante et sans assurance, ou qu'une foi forcée et sans mérite. On dira peut-être que ces motifs, qui nous semblent si forts et si convaincants, ne font pas la même impression sur les libertins, et qu'ils n'en sont point touchés.

Hé ! Comment le seraient-ils ? y pensent-ils assez pour cela ? Se donnent-ils le loisir de les examiner, de les étudier, et s'appliquent-ils à les bien comprendre? Sont-ils d'assez bonne foi et ont-ils le cœur assez libre pour en juger sans prévention, sans passion ? Et est-ce enfin au milieu du péché où ils demeurent plongés, est-ce parmi une troupe d'hommes violant la loi de Dieu comme eux et dans la dissipation du monde, qu'on est en état de s'instruire ? Des yeux couverts d'un voile épais n'aperçoivent point la lumière du soleil, mais elle n'en est pas moins vive. Laissons le libertinage raisonner à son gré, et se perdre dans ses raisonnements : pour nous, raisonnons en chrétiens. Notre raison appuiera notre foi, et nous aidera à dissiper tous les nuages de l'incrédulité.

Second point.  Foi assez obscure dans le fond de ces vérités pour exercer la soumission la plus humble et la plus aveugle. C'est un autre avantage de la foi chrétienne, et c'est proprement ce qui en fait le mérite. Voilà pourquoi le Fils de Dieu disait à saint Thomas: Bienheureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru.

Heureux de croire et de ne pas voir, parce que s'ils voyaient ils ne croiraient plus, puisque croire c'est adhérer à ce qu'on ne voit pas ; heureux de croire et de ne pas voir, parce que s'ils voyaient ils n'auraient plus de foi, puisque leur foi se changerait en évidence, et que l'obscurité est essentielle à la foi. Heureux de croire et de ne pas voir, parce que s'ils voyaient, leur adhésion à ce qu'ils verraient ne serait plus pour eux une vertu ni un sujet de récompense, puisqu'elle ne dépendrait plus de leur volonté et de leur consentement : car l'esprit est-il maître de ne pas acquiescer à ce qu'il voit, et faut-il le moindre effort et le moindre acte de la volonté, pour commander à la raison de le reconnaître et pour l'y obliger ?

C'est donc ici que nous devons admirer l'infinie miséricorde de la suprême sagesse de notre Dieu, lorsqu'il a formé le dessein de nous conduire au salut par la voie de la foi. Il a eu tout à la fois en vue et sa gloire et notre sanctification ; il a, dis-je, voulu que la soumission de notre foi honorât son adorable et souveraine vérité, et que comme nous lui faisons par l'amour le sacrifice de notre cœur, nous lui fissions par la foi le sacrifice de notre esprit. Il ne s'est pas contenté de cela, mais en cela même il a encore eu égard à notre intérêt : il a voulu que la soumission de notre foi, par l'effort qu'elle nous coûterait, et par la victoire qu'elle nous ferait remporter sur nous-mêmes, nous tînt lieu de mérite auprès de lui, et nous devînt profitable pour l'éternité. Or, il est vrai que dans le fond de ses vérités et des mystères qu'elle nous révèle, la foi, par son obscurité, est en effet pour nous la plus grande épreuve, et conséquemment la plus méritoire.

Car quelles vérités nous propose-t-elle à croire, et quels mystères? 1° Des mystères au-dessus de tous les sens, et plusieurs mêmes touts opposés à ce que les sens nous représentent ;

2° des mystères au-dessus de l'intelligence humaine, et où la raison, toute pénétrante qu'elle est, ne peut par elle-même se faire jour, ni suppléer au défaut des sens ;

3° des mystères dont la connaissance s'est perdue dans les plus vastes contrées de la terre, et que des nations entières d'infidèles ignorent, et ne sont nullement en peine de savoir ;

4° des mystères exposés, jusque dans le sein du christianisme, aux mépris et aux contradictions, attaqués par l'impiété, combattus par l'hérésie;

5° et quelle créance néanmoins dois-je donner à ces mystères? une créance si absolue, que pour cela je dois démentir tous mes sens, imposer silence à ma raison, lui faire violence, et la tenir assujettie sous le joug; une créance si pure, si simple, que je ne puis écouter la moindre difficulté, ni former le moindre doute; une créance si pleine et si parfaite, qu'elle doit généralement s'étendre à tous les articles de la foi que je professe : de sorte qu'il ne m'est pas permis d'en retrancher un seul, puisque de pécher dans un seul point, c'est pécher dans tous les autres; une créance si résolue et si constante, que rien ne puisse m'en détacher, ni crainte, ni espérance, ni menaces, ni promesses, ni autorité, ni grandeur, ni persécutions, ni tourments, ni la vie, ni la mort.

Ah ! Seigneur, un tel hommage vous est bien dû, mais il n'appartient qu'à vous et à votre divine parole. Ce n'est point là ce que nous révèle la chair et le sang; mais cette docilité, cette soumission sans réserve ne peut venir que de la grâce de votre Père céleste. Tout l'esprit de l'homme y répugne; son indépendance naturelle, sa curiosité, sa présomption ne peuvent s'accommoder de ce saint esclavage où la foi le réduit ; mais, malgré toutes les révoltes intérieures et toutes les répugnances, je crois, mon Dieu, parce que je veux croire ; et je veux croire, parce que je sais que je dois croire. Vous cependant, Seigneur, augmentez ma foi, animez-la, vivifiez-la, afin que ce ne soit pas une foi stérile, mais agissante, mais féconde en bonnes œuvres, et salutaire.






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Message  ROBERT. le Dim Déc 21 2014, 10:41

BOURDALOUE a écrit:...malgré toutes les révoltes intérieures et toutes les répugnances, je crois, mon Dieu, parce que je veux croire; et je veux croire, parce que je sais que je dois croire.
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Message  gabrielle le Mer Déc 24 2014, 07:59

Le 24 décembre

Vigile de la Nativité du Seigneur

Saint Pierre Damien a écrit:« nous voici arrivés de la haute mer dans le port, de la promesse à la récompense, du désespoir à l’espérance, du travail au repos, de la voie à la patrie. Les courriers de la divine promesse s’étaient succédé ; mais ils n’apportaient rien avec eux, si ce n’est le renouvellement de cette même promesse. C’est pourquoi notre Psalmiste s’était laissé aller au sommeil, et les derniers accents de sa harpe semblaient accuser les retards du Seigneur. Vous nous avez repoussés, disait-il, vous nous avez dédaignés ; et vous avez différé l’arrivée de votre Christ [15]. Puis, passant de la plainte à l’audace, il s’était écrié d’une voix impérative : Manifestez-vous donc, ô vous qui êtes assis sur les Chérubins ! [16] En repos sur le trône de votre puissance, entouré des bataillons volants de vos Anges, ne daignerez-vous pas abaisser vos regards sur les enfants des hommes, victimes d’un péché commis par Adam, il est vrai, mais permis par vous-même ? Souvenez-vous de ce qu’est notre nature ; c’est à votre ressemblance que vous l’avez créée ; et si tout homme vivant est vanité, ce n’est pas du moins en ce qu’il a été fait à votre image. Abaissez donc vos cieux et descendez ; abaissez les cieux de votre miséricorde sur les misérables qui vous supplient, et du moins ne nous oubliez pas éternellement.

« Isaïe à son tour, dans la violence de ses désirs, disait : A cause de Sion, je ne me tairai pas ; à cause de Jérusalem, je ne me reposerai pas, jusqu’à ce que le Juste quelle attend se lève enfin dans son éclat. Forcez donc les deux et descendez ! Enfin, tous les Prophètes, fatigués d’une trop longue attente, n’ont cessé de faire entendre tour à tour les supplications, les plaintes, et souvent même les cris de l’impatience. Quant à nous, nous les avons assez écoutés ; assez longtemps nous avons répété leurs paroles : qu’ils se retirent maintenant ; il n’est plus pour nous de joie, ni de consolation, jusqu’à ce que le Sauveur, nous honorant du baiser de sa bouche, nous dise lui-même : Vous êtes exaucés.

« Mais que venons-nous d’entendre ? Sanctifiez-vous, enfants d’Israël, et soyez prêts : car demain descendra le Seigneur. Le reste de ce jour, et à peine la moitié de la nuit qui va venir nous séparent de cette entrevue glorieuse, nous cachent encore l’Enfant-Dieu et son admirable Naissance. Courez, heures légères ; achevez rapidement votre cours, pour que nous puissions bientôt voir le Fils de Dieu dans son berceau et rendre nos hommages à cette Nativité qui sauve le monde. Je pense, mes Frères, que vous êtes de vrais enfants d’Israël, purifiés de toutes les souillures de la chair et de l’esprit, tout prêts pour les mystères de demain, pleins d’empressement à témoigner de votre dévotion. C’est du moins ce que je puis juger, d’après la manière dont vous avez passé les jours consacrés à attendre l’Avènement du Fils de Dieu. Mais si pourtant quelques gouttes du fleuve de la mortalité avaient touché votre cœur, hâtez-vous aujourd’hui de les essuyer et de les couvrir du blanc linceul de la Confession. Je puis vous le promettre de la miséricorde de l’Enfant qui va naître : celui qui confessera son péché avec repentir, la Lumière du monde naîtra en lui ; les ténèbres trompeuses s’évanouiront, et la splendeur véritable lui sera donnée. Car comment la miséricorde serait-elle refusée aux mal-ci heureux, en cette nuit même où prend naissance le Seigneur miséricordieux ? Chassez donc l’orgueil de vos regards, la témérité de votre langue, la cruauté de vos mains, la volupté de vos reins ; retirez vos pieds du chemin tortueux, et puis venez et jugez le Seigneur, si, cette nuit, il ne force pas les Cieux, s’il ne descend pas jusqu’à vous, s’il ne jette pas au fond de la mer tous vos péchés. »

Dom Guéranger a écrit:O Sauveur des hommes, Emmanuel, Jésus, nous allons nous rendre aussi à l’étable ; nous ne laisserons pas s’accomplir solitaire et délaissée la nouvelle Naissance que vous allez prendre en cette nuit qui s’approche. A cette heure, vous allez frappant aux portes de Bethléhem, sans que les hommes consentent à vous ouvrir ; vous dites aux âmes, par la voix du divin Cantique : « Ouvre-moi, ma sœur, mon amie ! car ma tête est pleine de rosée, et mes cheveux imbibés des gouttes de la nuit. » Nous ne voulons pas que vous franchissiez notre demeure : nous vous supplions d’entrer ; nous nous tenons vigilants à notre porte. « Venez donc, « ô Seigneur Jésus ! venez ! »

FIN DE L’AVENT.

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Message  ROBERT. le Mer Déc 24 2014, 10:25

Saint Pierre Damien a écrit:
..il n’est plus pour nous de joie, ni de consolation, jusqu’à ce que le Sauveur, nous honorant du baiser de sa bouche, nous dise lui-même: Vous êtes exaucés.

(...) Courez, heures légères; achevez rapidement votre cours, pour que nous puissions bientôt voir le Fils de Dieu dans son berceau et rendre nos hommages à cette Nativité qui sauve le monde.

(...) celui qui confessera son péché avec repentir, la Lumière du monde naîtra en lui...


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