Église du Sacré-Cœur d'Audincourt -- L'église d'Assy.

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Église du Sacré-Cœur d'Audincourt -- L'église d'Assy.

Message  Roger Boivin le Mer 22 Oct 2014, 11:05 pm





La paroisse du Sacré-Cœur à Audincourt a été créée en 1946, ..
Le curé de la nouvelle paroisse, l'abbé Louis Prenel a été à l'origine de la construction de la nouvelle église.
Il en demanda les plans à Maurice Novarina, auteur notamment de l'église d'Assy.


http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_du_Sacr%C3%A9-C%C5%93ur_d%27Audincourt

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Re: Église du Sacré-Cœur d'Audincourt -- L'église d'Assy.

Message  Roger Boivin le Mer 22 Oct 2014, 11:18 pm




Notre-Dame-de-Toute-Grâce est une église catholique
construite dans la première moitié du XXe siècle, de 1937 à 1946,
sur le plateau d'Assy, à 1 000 m d'altitude, face à la chaîne du Mont Blanc,
sur le territoire de la commune de Passy (Haute-Savoie),
à l’initiative du chanoine Jean Devémy (1896-1981),
par l’architecte savoyard Maurice Novarina.


http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame-de-Toute-Gr%C3%A2ce_du_plateau_d%27Assy




C’est sur les conseils de son ami dominicain Marie-Alain Couturier, co-directeur de la revue « L’Art sacré », que le chanoine va « parier pour le génie » et inviter, pour illustrer les thèmes bibliques, les plus grands artistes modernes, sans tenir compte, ni de leurs croyances religieuses, ni de leur idéologie politique : Rouault et Bazaine pour les vitraux, Bonnard, Lurçat, Matisse, Braque et Léger pour les décors muraux, Richier, Lipchitz et Signori pour les œuvres sculptées, etc.

http://passy-culture.com/?page_id=245

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Message  Roger Boivin le Mer 22 Oct 2014, 11:25 pm



Marie-Alain Couturier

Ancien élève de Maurice Denis, dont il avait intégré les ateliers d'art sacré, il opposera au vieux maître une nouvelle vision de l'art d'église.

Chargé en 1937, avec le père Pie Raymond Régamey, de la direction de la revue L'Art sacré, il y développe la nécessité de rompre avec l'académisme pour faire appel aux plus célèbres et talentueux des artistes quelles que soient leurs pratiques religieuses :
« La décadence des arts sacrés a aussi des causes spirituelles et sociales. Mais ses causes artistiques se ramènent toutes à l'académisme, directement ou par contre-coup2. »
En 1950, dans un article intitulé « Aux grands hommes les grandes choses », il s'indigne que :
« Cent vingt églises ont pu être bâties autour de Paris sans qu'un seul des grands architectes français, respectés du monde entier, ait été seulement consulté3. » « Il vaut mieux, estime-t-il, s'adresser à des hommes de génie sans la foi qu'à des croyants sans talent4. »
En effet, pour lui, « tout art véritable est sacré. »
C'est donc aux plus grands artistes de son temps que le père Couturier fera appel pour décorer l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy : Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Lurçat, Germaine Richier, Georges Rouault, Jean Bazaine, Henri Matisse, Georges Braque, Jacques Lipchitz et Marc Chagall, entre autres.
L'audace de certaines œuvres et l'indépendance des artistes déclencheront la querelle de l'art sacré.
Il meurt des complications de la myasthénie à l’âge de 57 ans.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Alain_Couturier


« ..plus l'artiste vit la religion, et mieux est-il préparé à parler la langue de l'art, à en entendre les harmonies, à en communiquer les frémissements. » ( S.S. le Pape Pie XII )

http://messe.forumactif.org/t4760-l-art-sacre-ss-le-pape-pie-xii-1956#91013
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Re: Église du Sacré-Cœur d'Audincourt -- L'église d'Assy.

Message  Roger Boivin le Lun 22 Aoû 2016, 5:03 pm


Voici, à propos d'art sacré, ce que dit le Pape Pie XII dans son Encyclique Mediator Dei et hominum - LA SAINTE LITURGIE Édition de L'ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE 1947 (je place en spoiler ce qui concerne la musique) :


Spoiler:

II. ESPRIT LITURGIQUE ET APOSTOLAT LITURGIQUE

188. Nous vous exhortons, ensuite, instamment, Vénérables Frères, une fois exposées les erreurs et les inexactitudes, en même temps que prohibé tout ce qui est en dehors de la vérité et de l’ordre, à promouvoir les initiatives susceptibles de donner au peuple une plus profonde connaissance de la sainte liturgie, de façon qu’il puisse plus convenablement et plus facilement participer aux rites divins, avec des dispositions vraiment chrétiennes.

Obéissance aux dispositions de l’Église

189. Il est nécessaire avant tout de veiller à ce que tous obéissent, avec le respect et la foi qui leur sont dus, aux décrets publiés par le concile de Trente, les pontifes romains, la Sacrée Congrégation des Rites et à tout ce que les livres liturgiques ont fixé au sujet de l’action extérieure du culte public.

190. Dans tout ce qui regarde la liturgie, il faut que se manifestent le plus possible ces trois caractères, dont parle Notre prédécesseur Pie X : le respect du sacré, qui rejette avec horreur les nouveautés profanes ; la tenue et la correction des œuvres d’art, vraiment dignes de ce nom ; enfin le sens de l’universel qui, tout en tenant compte des traditions et coutumes locales légitimes, affirme l’unité et la catholicité de l’Église 168.

Beauté des édifices sacrés et des sanctuaires

191. Nous désirons et Nous recommandons chaudement, encore une fois, la beauté des édifices sacrés et des sanctuaires. Que chacun fasse sienne cette parole inspirée : « Le zèle de ta maison m’a dévoré » 169 ; et qu’il s’ingénie de son mieux pour qu’aussi bien dans les édifices cultuels que dans les vêtements et ornements liturgiques, sans toutefois faire parade d’un luxe excessif, chaque chose soit adaptée et de bon goût, comme étant consacrée à la Majesté divine. Si, déjà, Nous avons réprouvé, plus haut, la façon d’agir incorrecte de ceux qui, sous prétexte de retour à l’antiquité, veulent expulser des temples les images sacrées, Nous pensons que c’est ici Notre devoir de reprendre la piété mal comprise de ceux qui, dans les églises et même sur les autels, offrent sans juste motif à la vénération des fidèles une multitude d’images et de statues ; de ceux qui exposent des reliques non authentiquées : de ceux enfin qui mettent l’accent sur des pratiques particulières et insignifiantes, au détriment des essentielles, ridiculisant ainsi la religion et diminuant la dignité du culte.

192. Nous vous remettons également en mémoire ce décret « sur les formes nouvelles du culte et de la dévotion qu’on ne doit pas introduire » 170, et  Nous en recommandons la scrupuleuse observation à votre vigilance.

Le chant grégorien

193. Pour ce qui concerne l’art musical, qu’on observe religieusement dans la liturgie les règles précises et bien connues, émanées de ce Siège apostolique. Quant au chant grégorien que l’Église romaine considère comme son bien particulier, héritage d’une antique tradition que sa tutelle vigilante a conservée au cours des siècles, qu’elle propose également aux fidèles comme leur bien propre, et qu’elle prescrit absolument en certaines parties de la liturgies 171, non seulement il ajoute à la beauté et à la solennité des divins mystères, mais il contribue encore au plus haut point à augmenter la foi et la piété des assistants. A ce propos, Nos prédécesseurs d’immortelle mémoire, Pie X et Pie XI, ont décrété - et Nous confirmons volontiers de Notre autorité les dispositions prises par eux -­ que dans les séminaires et dans les Instituts religieux soit cultivé avec soin et diligence le chant grégorien et que, au moins dans les églises plus importantes, soient restaurées les anciennes « écoles de chant » (scholæ cantorum), comme cela s’est déjà fait avec succès en beaucoup d’endroits 172.

Le chant populaire

194. Il importe, en outre, « afin que les fidèles participent plus activement au culte divin, de rendre au peuple l’usage du chant grégorien pour la part qui le concerne. Il est vraiment urgent que les fidèles assistent aux cérémonies sacrées, non comme des spectateurs muets et étrangers, mais qu’ils soient touchés à fond par la beauté de la liturgie..., qu’ils fassent alterner, selon les règles prescrites, leurs voix avec la voix du prêtre et de la « Schola » ; si cela, grâce à Dieu, se réalise, alors il n’arrivera plus que le peuple ne réponde que par un léger et imperceptible murmure aux prières communes dites en latin et en langue vulgaire 173 ». La nombreuse assistance qui prend part au sacrifice de l’autel, où notre Sauveur, en union avec ses fils rachetés de son sang, chante l’épithalame de son immense charité, ne pourra certainement se taire, puisque « chanter est le fait de celui qui aime 174 », et que, comme le disait déjà un vieux proverbe, « celui qui chante bien prie deux fois ». Aussi l’Église militante, c’est-­à-­dire le clergé et les fidèles assemblés, unit-­elle sa voix aux cantiques de l’Église triomphante et aux chœurs angéliques, pour élever à l’unisson un hymne splendide et sans fin en l’honneur de la très sainte Trinité, selon ces mots (de la Préface) : « En compagnie desquels nous te prions de faire admettre nos voix 175 ».

195. On ne saurait, toutefois, exclure totalement du culte catholique la musique et le chant modernes. Bien mieux, pourvu qu’ils n’aient rien de profane ou d’inconvenant étant donné la sainteté du lieu et des offices sacrés, qu’ils ne témoignent pas non plus d’une recherche d’effets bizarres et insolites, il est indispensable de leur permettre alors l’entrée de nos églises, car ils peuvent l’un et l’autre grandement contribuer à la magnificence des cérémonies, aussi bien qu’à l’élévation des âmes et à la vraie dévotion.

196. Nous vous exhortons encore, Vénérables Frères, à prendre soin de promouvoir le chant religieux populaire et sa parfaite exécution, selon la  dignité convenable, car il est apte à stimuler et accroître la foi et la piété de la foule chrétienne. Que montent vers le ciel, unanimes, et puissants comme le bruit des flots de la mer 176,  les accents de notre peuple, expression rythmée et vibrante d’un seul cœur et d’une seule âme 177, ainsi qu’il convient à des frères et aux fils du même Père.

Les autres arts dans le culte liturgique


197. Ce que Nous venons de dire de la musique convient également à plusieurs autres arts, en particulier, à l’architecture, à la sculpture et à la peinture. Les œuvres modernes, les mieux harmonisées avec les matériaux servant aujourd’hui à les composer, ne doivent pas être méprisées et rejetées en bloc, de parti pris ; mais, tout en évitant, avec un sage esprit de mesure, d’une part les excès du « réalisme », et de l’autre ceux du « symbolisme », comme on les appelle, et tout en tenant compte des exigences de la communauté chrétienne plutôt que du jugement et du goût personnel des artistes, il importe extrêmement de laisser le champ libre à l’art de notre temps, qui, soucieux du respect dû aux temples et aux rites sacrés, se met à leur service, de telle sorte que, lui aussi, puisse unir sa voix à l’admirable cantique chanté, dans les siècles passés,  par les  hommes de génie, à la gloire de la foi catholique. Nous ne pouvons,  cependant, Nous empêcher -­ c’est pour Nous un devoir de conscience -­ de déplorer et de réprouver ces images ou ces statues introduites récemment par quelques-­uns, et qui semblent bien être une dépravation et une déformation de  l’art véritable, en ce qu’elles répugnent parfois ouvertement à la beauté, à la réserve et à la piété, par le regrettable mépris qu’elles font de l’instinctif sentiment religieux, il faut absolument bannir ou expulser ces œuvres de nos églises, ainsi qu’« en général tout ce qui n’est pas en conformité avec la sainteté du lieu 178 ».

198. Dans l’esprit et la  ligne des directives pontificales, ayez grand soin, Vénérables Frères, d’éclairer et de diriger l’inspiration des artistes, auxquels sera confié à présent le soin de restaurer et de reconstruire tant d’églises atteintes ou détruites par les violences de la guerre ; puissent-­ils et veuillent-­ils, s’inspirant de la religion, trouver le style le plus capable de s’adapter aux exigences du culte ; il adviendra de la sorte, fort heureusement, que les arts humains, semblant venir du ciel, resplendiront de lumière sereine et contribueront extrêmement au progrès de l’humaine civilisation, en même temps qu’à l’honneur de Dieu et à la sanctification des âmes. Puisqu’en toute vérité, les beaux‐arts s’harmonisent avec la religion, dès lors qu’ils se comportent « en très nobles serviteurs du culte divin 179 »
----

168.  cf. Litt. Apost. Motu Proprio Tra le sollecitudini, du 22 novembre 1903.
169.  Psalm. 68, 10 ; Ioan. II, 17.
170.  Suprema S. Congr. S. Officii : Decretum d. d. 26 mai 1937.
171.  cf. Pius X, Lettre apost. Motu Proprio Tra le sollecitudini.
172.  cf. Pius X, loc. cit. ; Pie XI, Const. Divini    cultus, II,  V.
173.  Pius XI, Const. Divini cultus, IX.
174.  S. Augustin, Serm. CCCXXXVI, n. 1.
175.  Missale Rom., Praefatio.
176.  cf. S. Ambros., Hexameron, III, 5, 23.
177.  cf. Act. IV, 32.
178.  C.I.C. can. 1178.
179.  Pius XI, Const. Divini cultus.



Ce que j'ai souligné en noir au no 197, sans doute, si je ne me trompe, le Pape Pie XII fait-il justement allusion à cette église d'Assy construite entre 1937 et 1946, juste avant la publication de cette Encyclique du pape Pie XII en 1947.
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Message  Roger Boivin le Lun 22 Aoû 2016, 7:30 pm

Regardons de plus près cette église et ses oeuvres :


On y voit entre autre ce crucifix de Germaine Richier :



Voici les détails de l'histoire de ce crucifix :

Le Christ d'Assy

En 1949, Germaine Richier est contactée pour participer à la décoration d'une nouvelle église construite sur le Plateau d'Assy. Les travaux de cette église conçue par l'architecte Maurice Novarina (1907-2002), commencés en 1937, se sont achevés en 1946.
Le projet est né de la volonté des pères dominicains Marie-Alain Couturier (1897-1954) et Pie-Raymond Régamey (1900-1996) et du chanoine Devémy. Le père Couturier, pour se démarquer du style saint-sulpicien, souhaite faire « appel à la vitalité de l'art profane pour ranimer l'art chrétien. » Ainsi, il sollicite près d'une vingtaine d'artistes contemporains tels que Jean Bazaine, Georges Braque, Marc Chagall, Fernand Léger, Henri Matisse, Georges Rouault…

En visitant l'atelier de Germaine Richier, Couturier et Devémy lui commandent le crucifix qui sera installé derrière le maître-autel. Elle réalise très vite une première esquisse : « […] je veux le résultat d'une conception, d'un savoir, d'une audace, le tout si possible très vivant […] je n'envisage pas une sculpture de plusieurs mois de travail, je veux aller directement si possible. » Le corps légèrement concave est décollé de la poutre verticale, les bras démesurés s'ouvrent sur le monde et sont confondus avec ceux de la croix, le visage est raviné et le corps, à peine déterminé, porte des traces de scarifications. Pour renforcer la pathétique, le bronze sera laissé à l'état naturel, sans patine, accusant les parties creusées et les parties saillantes de la matière qui déchire la forme. Le projet est accepté sans réserve.

L'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce est inaugurée le 4 août 1950 et consacrée par l'évêque d'Annecy. L'impression générale est favorable. Dans une lettre à H. Hubacher d'août 1950, Germaine Richier confie sa satisfaction de l'œuvre réalisée : « […] je crois que ma conversation avec le Christ de terre, de bois et de conviction a donné un assez beau résultat. […] L'activité vaut mieux que la rêverie, personnellement je suis heureuse que les montagnes n'aient pas à me regarder d'un œil inquiet. »

Le 4 janvier 1951, à l'occasion d'une conférence donnée à Angers par Devémy, intitulée Est-ce que l'église d'Assy peut contribuer au renouveau de l'art sacré ?, des intégristes catholiques manifestent. Ils font circuler un tract qui oppose la photographie de l'œuvre de Richier à celle d'un crucifix « saint-sulpicien » et dénonce les « artistes (??) athées qui prétendent renouveler l'art chrétien ». S'appuyant sur les déclarations d'un cardinal du Vatican 36, ce groupe réclame le retrait du crucifix. Le 1er avril 1951, à la demande du même évêque qui avait consacré l'église, la sculpture est retirée et entreposée dans la chapelle des Morts. Bernard Dorival, conservateur du Musée National d'Art Moderne, attaque avec virulence cette décision dans une chronique publiée dans le numéro 42 de la revue de La table Ronde en juin 1951 "épurons nos églises". Dans le numéro suivant, Gabriel Marcel critique Bernard Dorival pour défendre la position de la hiérarchie catholique38. La sculpture est réinstallée à sa place d'origine pour les fêtes de Pâques de 1969.

---

36. Le cardinal Costantini : « Il faut proscrire des églises toutes ces déformations et ces dépravations de la figure humaine que n'arrêtent même pas l'image du Christ, de la Vierge et des saints et qui deviennent par conséquent des blasphèmes », publié dans l'Osservatore romano du 13 février 1949. V. Da Costa, note 282, p. 163.


Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Richier#cite_ref-42


On fait mention de ce Cardinal Costantini dans cet ouvrage : DÉFENSE ET ILLUSTRATION DE L'ART SACRÉ - par Guy-Jean Auvert - 1956 ; ouvrage qu'on retrouve dans google book, mais dont on y a mis que cinq chapitres sur vingt :

http://books.google.ca/books?id=sve5036GIQEC&pg=PP1&lpg=PP1&dq=d%C3%A9fense+et+illustration+de+l%27art+sacr%C3%A9+guy-jean+auvert&source=bl&ots=p4yTsrlNxg&sig=nQZrFECG06HA1KyVkUtHXbem5OA&hl=fr&sa=X&ei=oyazUc3tHJXj4APB4YDgAg&ved=0CDQQ6AEwAg
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Re: Église du Sacré-Cœur d'Audincourt -- L'église d'Assy.

Message  Roger Boivin le Lun 22 Aoû 2016, 8:19 pm

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Re: Église du Sacré-Cœur d'Audincourt -- L'église d'Assy.

Message  Roger Boivin le Lun 14 Nov 2016, 12:23 am


Notices biographiques | C
COUTURIER Marie-Alain

[..]

L’Art sacré, années 1945-1954
Spoiler:

C’est grâce à Pie Régamey que la revue a fonctionné jusqu’en 1948. L’année suivante, L’Art sacré repart avec le n° 1-2 de septembre 1949, et avec lui la codirection d’avant-guerre, qui demande quelques mois de réajustement. Dans les années 1980, sur la base d’une unique lettre de M.-A. Couturier, on a prétendu que chaque directeur travaillait de son côté. Les archives sont là pour montrer qu’il n’en est rien. Chaque fascicule est étudié en son contenu et sa forme par les deux hommes. Ceux que M.-A. Couturier prend en charge, traités comme des œuvres d’art, donnent la priorité aux images, « fût-ce au détriment de l’exposé des idées » (AS, 5-6, janv.-fév. 1950). Thomas Patfoort (Marie-Alain Couturier, un combat pour l’art sacré) souligne à bon droit leur qualité poétique, tandis que Pie Régamey est davantage un conférencier et un pédagogue. Ces fascicules sont peu nombreux ; parmi les plus beaux, on peut citer « Au régime de la pauvreté » (AS, 11-12, sept.-oct. 1950) ; « Vence » (AS, 11-12, juillet-août 1951) ; ou « Tâches modestes I » (AS, 3-4, nov.-déc. 1952). Sous la pression des événements, M.-A. Couturier réalise aussi d’excellents numéros « hybrides » : « Ni snobisme, ni démagogie » (AS, 7-8, juin-juillet 1952) à partir d’un article « vraiment épatant et à la fin, très émouvant » de Pie Régamey qu’il illustre et met en pages ; « Une commission d’art sacré au travail : Besançon » (AS, 11-12, juillet-août 1952), à partir de textes de membres de la CDAS. « L’influence commune du P. Couturier et du P. Régamey a été considérable. Elle préludait dans son domaine à l’esprit du document de Vatican II « L’Église dans le monde d’aujourd’hui », Gaudium et spes » (T. Patfoort, id.).

25S’il n’y a pas de divergences de fond entre les deux directeurs, il y a cependant des débats. M.-A. Couturier évoque en mai 1952 leur « vieille et amicale querelle » : « Pour refaire le goût des gens vous croyez davantage aux idées qu’aux sensations – et moi, je crois que vous vous trompez et qu’il faut souvent renoncer aux idées pour la pureté et l’intensité des sensations ». D’autres discussions portent sur le niveau de qualité à défendre : hanté par le niveau d’excellence qu’il veut donner à L’Art sacré, M.-A. Couturier préfère abandonner un projet même intéressant, s’il n’est pas absolument sûr de sa qualité. Or il jauge assez mal la qualité des œuvres d’artistes moins connus que ceux de l’École de Paris ; il juge les artistes chrétiens pour la plupart « sclérosés, incapables de risquer quoi que ce soit » et considère que ceux qui sont susceptibles de faire « des œuvres modestes, mais vraies et précieuses » sont devenus aussi rares que les très grands. Voici des artistes pour l’Église, fascicule préparé par Pie Régamey en janvier 1952, déclenche une discussion sans fin. M.-A. Couturier écrit en 1953 que les valeurs spirituelles, à l’instar des valeurs artistiques, sont « de second ordre chez les artistes de second ordre ». Chez les artistes de premier ordre, il y a les « suppléances, à tout le moins, la « dignité » substantielle des chefs-d’œuvre – de l’or offert à Dieu et non du plaqué ou un quelconque métal ». Quarante ans plus tard, Pie Régamey le critique sur cet unique point : « Je ne pouvais admettre cette façon de n’admettre que les très grands, alors qu’il ne s’admettait pas lui-même. » Il explique la sévérité de M.-A. Couturier par une rigueur insuffisante, et une insuffisante connaissance de l’histoire de l’art.

26Logiquement, la question des artistes « modestes » rejoint le doute sur la valeur de son œuvre picturale. M.-A. Couturier se veut « Prêcheur par la peinture avant de l’être par la parole » mais l’appartenance de l’artiste à la création picturale est d’un autre ordre que celle du spirituel à la vie religieuse, et il se trouve constamment écartelé entre les deux. De plus, surtout après la guerre, il a le sentiment qu’il n’est pas « moderne ». Le 9 novembre 1951, il écrit à Pie Régamey : « Vous êtes bien heureux de me voir faire des vitraux pour l’Alsace mais moi, je ne fais cela qu’à contrecœur : désormais, tout ce que je pense, tout ce que je dis témoigne contre ce que je fais. Cela me donne mauvaise conscience et coupe tout élan. » Il envisage en 1952 de déclarer publiquement que dorénavant, reconnaissant le peu de valeur de ses travaux, il n’acceptera plus aucune commande pour être plus libre de parler. Ce à quoi Pie Régamey rétorque : « Vos peintures de Namur […] vos vitraux d’Ecole sont des œuvres de classe […] qui maintiennent la tradition qui se perd, qui est représentée actuellement par des œuvres médiocres, souvent agressives – la tradition de l’art figuratif venu du cœur, allant au cœur, large, directement inspiré par les thèmes qu’il traite. Ne vous laissez pas intimider. » Il ne s’arrête de travailler que lorsqu’il en est physiquement incapable.


Querelles

27S’il n’est pas le seul à introduire l’art moderne dans l’Église, M.-A. Couturier est le personnage le plus « public » et c’est sur lui, sur Pie Régamey et sur L’Art sacré que se cristallise la réprobation qui se développe lorsque la presse s’empare des églises d’Assy, de Vence et d’Audincourt. Lorsque l’évêque d’Annecy, sur la pression de Rome, fait enlever du maître-autel d’Assy, au printemps 1951, le crucifix de G. Richier qu’il a béni l’année précédente, la querelle s’amplifie. On reproche à Assy d’être une « église-musée », d’avoir fait appel à des non-chrétiens et des communistes ; l’architecture lumineuse de Vence bat en brèche l’idée convenue de la pénombre nécessaire à une église ; Audincourt, avec son œuvre non-figurative, redouble le débat sur la « convenance » de l’art religieux et les « déformations » du Christ de Germaine Richier (et de Rouault) suscitent le scandale. Les attaques ne viennent pas des vrais destinataires des édifices, qui les adoptent rapidement, mais de divers groupes : chrétiens tenants d’une voie « moyenne » entre l’indéfendable art Saint-Sulpice et l’avant-garde moderne ; gens dénués de pratique religieuse mais dont la symbolique chrétienne constitue une référence culturelle ; intégristes surtout, les plus virulents. Un tract très polémique est distribué en janvier 1951 à Angers, lors d’une conférence de l’abbé Devémy. En avril 1952 Arts publie de venimeux articles de Gino Severini (« L’Église a-t-elle trahi le Christ ? », « Malfaisance de Matisse, Léger et Richier », « Du côté des snobs ! »). À Ronchamp, la campagne de presse est extrêmement hostile à dater de 1952. Deux ans plus tard, c’est un véritable risque que prend l’évêque auxiliaire Georges Béjot (1896-1987), après la mort de Mgr Dubourg en 1954, lorsqu’il bénit la première pierre sans attendre l’arrivée du nouvel archevêque Mgr Dubois. Une masse considérable d’écrits va paraître durant toute la décennie.


28« Je ne veux pas penser aux menaces extérieures : même si cela doit être démoli, il faut encore bâtir quelques églises, dire quelques vérités, élever quelques barricades (spirituelles aussi) », écrit M.-A. Couturier à Louise Gadbois au début de 1951. La querelle apparaît assez peu dans L’Art sacré. Dans le fascicule « Bilan d’une querelle » (AS, 9-10, mai-juin 1952) est détaillée une « Déclaration des évêques de France » qui approuve les thèses principales de la revue. Mais presque au même moment sort à Rome une « Instruction sur l’art sacré », signée des cardinaux Pizzardo et Ottaviani, qui est bien évidemment interprétée comme une condamnation par les adversaires de L’Art sacré, en dépit du fait que ce texte ne ferme pas la porte aux formes nouvelles. Mais ainsi que le note Wladimir d’Ormesson, ambassadeur près le Saint-Siège, l’art religieux est le domaine réservé de Mgr Celso Costantini, « l’un des prélats de la Curie les plus chargés de fonctions et les plus comblés d’honneur, secrétaire très distingué de la Sacrée Congrégation de la Propagande », et ses idées recoupent celles de l’intégriste L’Observateur de Genève de Charles du Mont. Durant l’été qui suit, Mgr Costantini publie dans l’Osservatore romano, une série d’articles accusant les figures du Christ et de la Vierge d’être de « vrais blasphèmes en peinture qu’un Index devrait condamner », ou les crucifix de Rouault d’être « truculents »… Les fonctions que Mgr Costantini occupe dans la hiérarchie, explique W. d’Ormesson, « ne lui ont laissé que peu de loisir pour se familiariser avec les différentes tendances de l’art moderne ».


https://dominicains.revues.org/1867


Lire plutôt, " comme une condamnation par les adversaires de L’Art massacré ", parce qu'on veut nous faire accroire ici que leur faux art sacré était bien de l'art sacré, quand en réalité ce n'était en fait que de l'art massacré.
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