PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

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PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 2:56 pm

Comme introduction pour ce sujet, je prends ce qu'a écrit Le CatholicaPedia Blog ;
d'où d'ailleurs, bien que les ayant format papier chez-moi,  j'ai tiré ces textes,
sauf un y manquant, intitulé EN CLAIR, et dont je le reproduirai ici manuellement après l'Avant Propos :



Après les fausses mystiques, et le Renouveau charismatiques avatar du Pentecôtisme (protestant) dans l’église Conciliaire, continuons d’explorer ce Pentecôtisme avec un texte du R.P. Philibert de Saint-Didier, O.F.M. Capucin, « Interrogation sur le Pentecôtisme » de 1975.

Confrère du R.P. Eugène de Villeurbanne, et écrivant à la même époque, le Père Philibert partage le même “handicap” que le Père Eugène que nous vous signalions il y a quelques jours, à savoir :

Les Pères Eugène et Philibert écrivent en 1975, dans le tout début de cette église Conciliaire… qui n’est plus (pas) l’Église catholique !

Il est évident que lorsqu’ils parlent de “l’Église catholique”, il ne s’agit plus de la sainte Église catholique de NSJC mais de la secte conciliaire voulue et issue de Vatican d’Eux…

De même, lorsqu’ils font référence à “Vatican II”, ils pensaient sincèrement (on le suppose !) à un concile œcuménique de l’Église qui certes nouveau, n’avait pas encore révélé son “vrai visage” et tous ses vices…

Ceci-ci dit, toute les démonstrations des Pères Eugène et Philibert sur le “Pentecôtisme” ou les « Renouveaux charismatiques » et « Renouveaux spirituels » sont faites en fonction des règles de l’Église Catholique.
* * *

Recueil de textes extraits de “La Pensée catholique”, janvier-juin 1975

Documents sur le Pentecôtisme

http://wordpress.catholicapedia.net/interrogation-sur-le-pentecotisme/


Dernière édition par roger le Jeu 07 Aoû 2014, 7:20 pm, édité 1 fois
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Roger Boivin

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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:02 pm




Avant-Propos

Rédigée pour la « Pensée Catholique », les études reproduites ci-après, ont paru intéressantes à une plus large partie du public. C’est pourquoi on a jugé bon d'en faire des « tirés à part » sous forme de brochures.

La première concernait le livre du Cardinal Suenens : « Une nouvelle Pentecôte ? » Elle provoqua une assez abondante correspondance sollicitant des éclaircissements sur le pentecôtisme en général. Ainsi apparut nécessaire un nouvel article que la « Pensée Catholique » publia dans son numéro de mai-juin 1975. Des deux résultait une présentation plus complète de la question. C'est pourquoi on a cru devoir les réunir en une nouvelle brochure, mais en inversant leur ordre de parution, afin que les aperçus généraux fraient la voie à l'étude particulière. Le but de l'auteur et du publicateur reste le même : secouer, si possible, la confusion des esprits, participer modestement à la défense de l'église aujourd'hui attaquée et dans toute son orthodoxie et dans toutes ses structures, collaborer à la sauvegarde de la Foi et de la sainteté des fidèles pour leur plus grand bien et la plus grande gloire de Dieu.
Fr Philibert de St Didier.

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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:03 pm



EN CLAIR

Qu'est-ce que le Pentecôtisme dit : catholique ?

On nous en rabat les oreilles !

Sa propagande, partie d'Amérique, s'efforce de couvrir nos pays latins.

Elle se fait d'abord par la presse : articles de revues ou journaux, livres à présentation largement publicitaire, du Cardinal Suenens, de l'Abbé Laurentin, du Chanoine Caffarel et les traductions de l'anglais comme celles du livre des Ranaghan, de John Sherril et de bien d'autres.

Elle se complète de démarches à domicile, concurrençant presque les Témoins de Jéhovah, pour inviter à des réunions, des sessions, des expériences...

La partie est incontestablement bien orchestrée et ne laisse pas sentir la pénurie de dollars.

Dans ces conditions, n'avons-nous pas le droit de voir en clair ce qu'on vient nous proposer, de demander qu'on nous le précise et qu'on nous le mette en plein jour ? Alors seulement nous pourrons apprécier si nous avons besoin d'une telle nouveauté et si, par hasard, elle présentait des risques à courir, nous pourrions juger si, oui ou non, il est raisonnable de nous y exposer. Ajoutons, à un point de vue plus profond et plus grave, que nous pourrions nous assurer s'il s'agit bien d'un développement de notre vie catholique ou si, par malheur, il s'agirait d'un égarement.

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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:03 pm



I. - Mais d'abord qu'est-ce que c'est ?

Sa dénomination devrait commencer à nous le dire car, honnêtement, l'étiquette doit annoncer la marchandise.

Malheureusement, le pentecôtisme dit catholique n'arrive pas à se nommer. Il ne cesse de modifier sa carte de visite, on dirait d'un caméléon changeant de couleur de peau avec le milieu.

C'est bien sous cette appellation qu'il a débuté en Amérique. Mais il n'a pas pu la maintenir. Pentecôtisme ?... Personne n'ignorait que ce nom désignait déjà une dissidence protestante quelque peu ancienne. Évoquer dès l'abord une telle marque originelle n'était pas fait pour lui donner un visage rassurant. Les Ranaghan proposèrent alors de parler de « Retour de l'Esprit ». Il s'agissait de l'Esprit-Saint bien sûr ! Et à qui pourrait-on faire meilleur accueil ? Seulement « Retour » suppose une absence préalable. L'Esprit-Saint se serait donc absenté de l'Église ?... Voilà encore qui est grave car cette absence ne peut pas ne pas paraître une infidélité à sa Sainte Épouse. à qui le Seigneur l'a légué pour qu'il soit avec elle tous les jours jusqu'à la consommation des siècles ! Une infidélité de plus de 18 siècles, vous trouverez que ça présente bien ?... Il faut donc trouver encore autre chose !

Pourtant, on ne peut se contenter du mot : « rassemblement » ou « assemblée ». Car des « assemblées », il y en a partout et de toute espèce. Le mot « église » ne veut-il pas dire déjà « assemblée » ? Pour faire du neuf, il faut de l'inédit. Eh bien ! le voilà l'inédit, et qui piquera surement l'attention du public : « les charismes » ! Ce seront les assemblées à charismes, des « assemblées charismatiques » !

Oui, cela doit faire « sensation », car, depuis les temps apostoliques, on ne parlait plus guère, au moins dans le commun des fidèles, des charismes. Les théologiens ne les avaient pas oubliés mais, s'ils en parlaient, c'était à propos des saints, leur insistance étant, d'ordinaire, sur les charismes de sainteté. Le mouvement nouveau n'avait pas une prétention aussi haute, d'autant plus qu'il qu'il n'avait aucun saint de son crû à mettre en vitrine. Non ! il s'agissait maintenant de charisme à la portée de tous, de volontés même médiocrement bonnes, de charismes auxquels même un drogué ou un hippie puisse prétendre. Ainsi, le « parler en langue », John Sherril en a fait le titre même de son livre. Par là, on désigne un phénomène qui consiste à émettre des sons, des articulations verbales, incompréhensibles même à celui qui les profère, mais dont on nous assure que c'est le renouvellement d'un charisme tel qu'il se produisait dans certaines assemblées chrétiennes du premier siècle. Ou bien encore ce sera le charisme de « prophétie », sorte d'invocation, de prière spontanée, originale, peut-être curieuse et dont il nous restera à convenir qu'elle est « inspirée ».

Malheureusement, (il semble que ce soit une guigne), de tels charismes, Saint Paul ne les a pas recommandés, il a même détourné positivement les premiers chrétiens de les désirer et tous les Maîtres de la vie spirituelle, à sa suite, ont été unanimes à qualifier ce désir de catastrophique présomption. Alors quoi ? En clair, pentecôtistes que dites-vous de vous-mêmes ?

J'ai là, sous les yeux, une revue du « Mouvement », qui a cru éluder ces difficultés en s'intitulant « La Chambre haute ». Ce titre, en effet, a l'avantage d'évoquer le Cénacle, donc, indirectement, la Pentecôte, sans pourtant se compromettre à le dire.

Force nous est tout de même de constater que ces gens-là sont bien embarrassés pour dire clairement ce qu'ils sont !...
*
**
Nous avons pâti sur le nom. Que sera-ce sur la chose ?

J'avoue que, sur ce point, mon enquête n'est pas arrivée à être concluante. On m'en a contesté successivement tous les éléments.

S'agit-il de recevoir un nouveau baptême qui serait un « baptême dans l'Esprit », comme le déclarent les Ranaghan et ceux qui les suivent ?

Nullement, répondent d'autres. Vigoureusement même, ils protestent qu'ils ne reconnaissent qu'un seul baptême, celui institué par Jésus, celui qui nous fait chrétiens et dont il ne s'agirait que de faire revivre la vigueur sacramentelle. mais par quel nouveau procédé inédit, resté ignoré au long des siècles ? Par l'imposition des mains, disent les uns ! Pas nécessairement ! répliquent les autres. Qu'on n'y voit surtout pas un nouveau Sacrement ! prévient le Cardinal Suenens. Mais alors, comment l'infusion des charismes serait-elle produite efficacement par un rite sans institution divine ?... Passons !... Tout de même, vous voulez bien parler de quelque chose d'efficace en la matière ? Alors de quoi ? D'une prière originale, spontanée, de libre expression verbale (est-ce qu'on se soucie encore d'imprimatur ?), en communauté, en ambiance (ceci est important !), abandonnée à l'improvisation des formules et des attitudes qu'il ne faudra pas attribuer à la fantaisie mais à une motion de l'Esprit-Saint. Il pourra s'en suivre évidemment la plus grande diversité ! On m'a rapporté qu'en telle de ces réunions à laquelle participaient des religieuses, le moment venu, on se prenait par le petit doigt, on éteignait l'électricité et on allumait une chandelle.

Ma foi, cette chandelle ne suffit pas à me donner la clarté !

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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:04 pm



II. - Pourtant, dans l'Église,
n'éprouve-t-on pas actuellement un besoin ?

J'en conviens. Les fidèles, d'une façon générale, souffrent d'une certaine frustration.

Sans incriminer rien ni personne, il faut reconnaître un regret à peu près général des cérémonies liturgiques de jadis qui satisfaisaient l'homme tout entier, au sensible aussi bien qu'au spirituel, aux besoins du cœur aussi bien qu'à ceux de l'intelligence, qui créaient une ambiance de paroisse en liesse où les sublimes mais aussi austères vérités de la Foi étaient vécues dans une ferveur qui se mariait parfaitement aux chants, aux parfums, à une joie sans détour unanimement partagée.

Pour peu qu,on laisse parler librement le peuple chrétien, « Pourquoi, vous demande-t-il, avoir abandonné là où elles étaient encore possibles, c'est-à-dire dans presque tout le secteur rural, les magnifiques processions de la Fête-Dieu, les maisons pavoisées, les reposoirs, les fleuristes lançant gracieusement en gerbes leurs pétales, les encensoirs saintes, le dais tout en or, porté par les notables, où le célébrant s'abîmait en adoration derrière l'ostensoir, catalysant en quelque sorte la ferveur de la foule ?

Que de regrets encore de ces Grand'Messes où, si la schola se réservait le plus difficile à chanter, tout le peuple criait son Kyrie vers le Seigneur, faisait vibrer sa joie dans le Gloria, affirmait vigoureusement ses certitudes dans le Credo !...

Cette pompe était le luxe de tous mais surtout de ceux qui n'en ont pas d'autre, le luxe des pauvres !

Tout le monde évoque avec mélancolie ces baptêmes majestueux et joyeux à la fois, avec leurs exorcismes, leurs onctions, leurs carillons, les premières communions autant fêtes de famille que fêtes d'Église...

Plus que tout, peut-être, on regrette ces Messes des défunts dont les neumes puissants et attendris emportaient la douleur vers les sommets, bientôt bercée par la complainte sainte du « Dies irae », toutes les supplications de toute la paroisse se rejoignant fraternellement pour la supplication ardente de l'«Absolve».

Oui, de tout cela, les fidèles se sentent privés, douloureusement privés !

C'est un vide à combler mais pas avec n'importe quoi !

Les promoteurs du pentecôtisme se sont donnés pour but, déclarent-ils, de combattre l'excessif intellectualisme religieux. Mais, grand Dieu, où était-il ce fameux intellectualisme dans tout ce que nous venons de rappeler et dans la plupart des pratiques religieuses communes ?

Nous n'oublions pas que, pour nous faire abandonner toute la solennité de nos cérémonies de jadis, on les a accusées de triomphalisme. Or, ce triomphe, il n'y en avait que pour Dieu, auquel les réunions pentecôtistes font jouer un rôle d'une gloire plutôt problématique, tandis qu'à l'homme, peinant sur terre, les belles fêtes d'antan apportaient un réconfort spirituel indispensable, mais tout autant « sûr ». Celui que lui offre le pentecôtisme est-il d'aussi bonne qualité ?

Il serait d’ailleurs curieux de rechercher si ceux qui s'avisent aujourd'hui d'un besoin à satisfaire ne seraient pas les mêmes que ceux qui ont travaillé à le créer ? De toutes manières, nous ne gagnerions pas au change.

C'était, en effet, en toute sécurité, comme en plénitude de réconfort spirituel et sensible que l'on goûtait les cérémonies pieusement élaborées au cours des siècles. La hiérarchie en avait soigneusement et maternellement suivi l'élaboration. Si ferventes fussent-elles, ces cérémonies ne présentaient aucun risque de fractionnement de la famille paroissiale, elles l'affermissaient au contraire dans l'unité.

Tandis que ce qu'on nous présente aujourd'hui ne sort jamais que d'une dissidence protestante, plus connues jusqu'ici par des extravagances que par de la sagesse. On ne peut pas suppléer au travail des siècles ! Les trouvailles impromptues, même si elles viennent d'Amérique, pourraient bien être qu'un gadget ou une sorte de drogue à bon marché ! L'appellation contrôlée par les suprêmes responsables de l'Église manque au pentecôtisme qui, introduit depuis moins de dix ans dans des communautés catholiques, mène une propagande que son ampleur même rend suspect.

Plus grave encore est le fait qu'il ne se reconnaît lié par aucune profession de Foi, aucune loi positive morale, aucune discipline liturgique, qu'il ne tend pas à la fusion toujours plus catholique, donc toujours plus universelle des âmes, mais plutôt à multiplier les petites chapelles, et qu'enfin il ne porte la marque d'aucun saint, comme ce fut le cas de tous les renouveaux spirituels dans l'Église.

Alors, ce serait pour ça qu'on aurait abandonné la coutume ecclésiastique, délaissé les ornements liturgiques, banalisé les églises (on sait jusqu'où et combien en aurait honte de le dire !), désacralisé les autels, vendu les ostensoirs, proscrit le chant grégorien ?

Ce serait pour ça !... pour cette innovation de « Mystère » à l'américaine, pour cette pénombre d'invocation, d'acclamations, d'implorations anarchiques ?... Pour cette Babel des langues ?..

Lamentable troc de dupes... ne le pensez-vous pas ?

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Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:04 pm



III. - Prenons garde aussi aux risques à courir

Car ils existent ! Les propagandistes du pentecôtisme eux-mêmes en conviennent. Mais peut-être est-il nécessaire de leur en faire toucher le caractère de gravité et d'inévitabilité.

Dans une conférence dont le texte a eu les honneurs de la Documentation Catholique, le Chanoine Caffarel reconnaissait que le pentecôtisme peut présenter des risques de subjectivisme, d'«émotionnalisme», de piétisme, voire de troubles neuro-psychiques.

Déjà, ce ne serait pas rien !

Mais, il faut en ajouter. Essayons de nous en tenir, en bref, à l'essentiel.

Exciter chez les gens, en dépit de la recommandation de l'Apôtre et de celle de tous les théologiens mystiques, le désir du merveilleux, n'est-ce pas faire déserter la voie de la prudence chrétienne, déformer le psychisme des chrétien ?

Fixer leur attention sur le « senti », que ce soit individuellement ou en groupe, n'est-ce pas méconnaître que le surnaturel n,est atteint que par la Foi et que la Foi n,est pas dans le sentiment, mais « de non visis » (1) ?

Donner ce « senti » comme preuve d'une action extraordinaire de l'Esprit-Saint, n'est-ce pas faire extravaguer ?

Dans tous les cas, n'est-ce pas indûment et dangereusement substituer le rôle de l'expérience au rôle de la Foi, si fondamental en vie spirituel ?

Laisser croire que, dans la collation de ses faveurs, l'Esprit-Saint est indifférent à la vérité du Credo que l'on professe (2), autant qu'à l'insertion de fait de l'homme dans les structures écclésiales...

Prétendre établir une communion religieuse authentique entre hommes par le seul jeu d'une bienveillance naturelle, indistinctement ouverte à tous, sans précision préalable de limites ni d'objets ; disponibilité affective sans garanties, en quelque sorte les yeux fermés... ;

En arriver à laisser croire aux gens qu'ils nouent avec une personne divine de relation immédiate que seule l'humanité du Christ a avec le Verbe ;

Engendrer ainsi en eux une persuasion qui doit logiquement leur faire considérer comme inutile et outrecuidante tout ingérence d'un Magistère ou autre autorité d'Église ;

Oui, tout cela est extrêmement grave et je n'ai pas la prétention d'avoir dressé un bilan complet.
___

(1) « De ce que l'on ne voit pas ». La vision en question devant s'entendre de toute perception naturelle sensible.

(2) Alors que Jésus ne nous l'a promis que pour nous rappeler tout ce que Lui nous avait enseigné.


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Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:06 pm



IV. - Faudra-t-il autant prendre notre parti
d'un certain formalisme religieux ?

Mais qui l'a jamais approuvé ?

Et supposeriez-vous que la routine dépersonnalisante est inséparable de la fidélité ?

Fidèles on ne peut plus ont été les François d'Assise, les Saint Vincent de Paul, les Dom Bosco, etc... ! Des routiniers ?... Des formalistes ?... De grâce, qu'on nous donne beaucoup d'être aussi simples et aussi transparents !

Mais il y a aussi, direz-vous, les pratiquants sociologiques qui ne s'acquittent de leurs obligations religieuses que « pour faire leur devoir », ce qui réduit leur fidélité à être purement extérieure.

En êtes-vous bien sûr ?

Peut-on retenir fermement comme « devoir » et s'astreindre non moins fermement à accomplir une obligation religieuse sans reconnaître le droit de la volonté de Dieu sur soi et sans vouloir s'y conformer ?

De telles dispositions seraient-elles sans valeur morale déjà appréciable ? Oublieriez-vous la troisième demande du Pater ? Et les actes de Foi, et de droiture de volonté que ce comportement exige ?

Plus de spontanéité, plus de ferveur rayonnante, voire plus de chaleur humaine fraternelle amélioreraient le comportement de ces chrétiens et feraient de l'Église un foyer où tout fidèle se réconforterait. Je crois le désirer autant que quiconque.

Mais faut-il pour cela abandonner les formules précises, même celle dictée par le Christ Jésus, même celles canonisées par les Conciles, même celles rôdées par l'Église, pour adopter l'improvisé, le fantaisiste, voire l'indistinct et l'anarchie verbale, même si on met tout cela sur le dos de l'Esprit-Saint ? Alors, oui, il y a défoulement, mais il peut y avoir en même temps intempérance, extravagance, sans-gêne inconvenant. En tout cas, il est difficile d'y voir un chemin vers la défiance de soi-même, la docilité à l'Église, la générosité qui fait les vies données jusqu'au sacrifice !

Et puis, qu'on y prenne garde, les nouveautés qui piquent l'attention, mais qui ne sont que dans le comportement extérieur, sans viser la conversion intérieure, sont, plus que les pratiques animées par une authentique spiritualité, exposées à tomber, dans le formalisme. L'inépuisable source de rajeunissement de la piété est dans l'intense union intérieure à Dieu, comme l'a si bien écrit Saint Albert le Grand, et non dans une nouvelle invention de condition sociologiques de prières.

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Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:06 pm



V. - Il y a du bon dans le pentecôtisme !

C'est du moins ce que l'on nous affirme pour que nous lui réservions ne serait-ce qu'un certain accueil. Écoutez ! Lisez ! Vous verrez que c'est à cela que se ramène l'argumentation des meilleurs.

Je me permets d'abord de la trouver curieuse.

Que diriez-vous si je vous présentais un plat de champignons en vous disant : « il doit bien y avoir quelques amanites phalloïdes, mais il y a aussi du bon, vous n'allez pas l'écarter ? » C'est pourtant de la sorte que ces Messieurs voudraient nous faire raisonner sur le plan des nourritures spirituelles, qui ne demandent pas moins de précautions que les autres. Or, ce n'était pas pour nous faire jouir d'un simple « superflu » que le Seigneur nous a gratifiés d'une infaillibilité dans l'Église. Il a estimé cette précaution nécessaire.

Et puis, ce « bon » que vous affirmez est-il tellement démontré ? Des incroyants auraient trouvé dans les assemblées charismatiques une Foi rayonnante, des drogués, des hippies y auraient retrouvé un équilibre de vie. Je ne discute pas votre parole, mais quelle preuve avez-vous que cette Foi est la vraie Foi, vertu surnaturelle authentique, adhésion irrévocable au révélé ? Cet « équilibre » s'avère-t-il assis sur un redressement complet et durable de la volonté ? N'en êtes-vous pas réduit à le supposer ? Une vie religieuse ne peut pas s,appuyer sur une aussi fragile base.

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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:07 pm



VI. - Prenons garde de quitter inconsciemment
la véritable Église

On claironne : « Voici enfin un renouveau ! Le mouvement pour le renouveau ! »

Mais nouveauté ne signifie pas nécessairement progrès comme je crois l,avoir démontré, ni même sécurité et c'est sur ce dernier point que je voudrais arrêter cette étude.

On serait bien embarrassé pour trouver dans le Nouveau Testament une invitation à rechercher la ou les nouveautés.

Saint Paul a insisté et très fortement, pour qu'on les évite (1), pour qu'on tienne les traditions, oui, même celles léguées par une maman ou aïeule(2), pour qu'on garde fidèlement « le bon dépôt par l'Esprit-Saint qui nous habite » 3).

Saint Jean n'a pas été moins catégorique dans le « tene quod habes » (4), et la prescription impérative de l'Église : « nil onnovatur nisi id quod traditum est » (5) n'est qu'un écho des Livres sacrés.

L'expérience d'ailleurs lui a enseigné ce qui arrive quand on veut innover, même sous prétexte de ferveur, en pratique publique religieuse. L'histoire des Montanistes, des Spirituels, des visionnaires du Cimetière Saint-Médard, voire du Chapelet du Saint Sacrement, de ces Dames de Port-Royal, pour ne pas parler des autres, est assez convaincante.

Plaidons-nous pour autant l'immobilité et la sclérose ?

Cela ne pourrait être que si notre Tradition était une chose morte, alors qu'elle est une forme de vie dans l'Église et comme toute forme de vie ne cesse de croître et de se développer, mais attention ! « in eodem sensu et in eadem sententia » (6).

Est-ce le cas des prétentions pentecôtistes ?

« L'Esprit est aussi libre et aussi actif aujourd'hui qu'hier », nous réplique-t-on. Quelle lapalissade !... Mais oui, parce que Dieu, il est actif infiniment, inépuisablement, éternellement. S'en suit-il qu'il nous confère ses dons autrement que liés à la grâce sanctifiante chaque fois qu'elle nous est donnée ou qu'elle est augmentée en nous ?  C'est l'économie ordinaire de notre vie surnaturelle telle qu'elle a été voulue par Dieu et réalisée en son Christ. Mais d'abord il ne faudrait pas les confondre avec les charismes qui, eux, ne relèvent d'aucune institution d'Église mais du bon plaisir et de la providence extraordinaire de Dieu. Qu'une institution se présente comme destinée à les conférer ne peut provenir que d'un cerveau délirant et indigent de toute théologie. Le Seigneur n'a institué aucune foire aux charismes ! Et les hommes peuvent-ils prétendre lier, si peu que ce soit, un tel effet à leurs rites ?

Pourquoi Jésus a-t-il promis et envoyé l'Esprit-Saint ? Laissons-nous le donc répondre lui-même. « Le paraclet, l'Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » Joa. XIV. 26. Son rôle sera donc, non pas d'innover, mais de nous faire comprendre toujours plus parfaitement les paroles, les signes et les actes de Jésus.

Comprendre, par conséquent, que Jésus reste notre Chef, nous gouvernant par son »Vicaire et la hiérarchie : « Qui vous écoute m'écoute » ;

Que le sommet de notre Rédemption est le sacrifice qu'il a offert et qu'il renouvelle à la Messe, nous invitant à communier à la Victime toujours disponible qu'il a voulu être pour nous et conférant pour cela aux prêtres le pouvoir de remettre les péchés ;

Comprendre que c'est ainsi que s'édifie son Corps mystique « qui reçoit concorde et cohérence par toutes sortes de jointures de service, se construisant lui-même dans la charité ». IV-16.

En quoi le pentecôtisme répond-il à tout cela ? Comment s'insère-t-il à tout cela ? Quel compte en tient-il ? N'a-t-il pas une tendance à l'abolir par prétérition ?

Encore une fois, je n'incrimine pas les intentions, je m'en tiens aux caractéristiques (pour autant qu'elles se laissent définir) et au dynamisme naturel de la chose. Je n'ai aucune animosité, aucune dureté dans le cœur, mais il n'y a d'authentique bonté que dans la vérité. D'ailleurs, c'est d'amour de charité que nous devons nous aimer entre chrétiens. Or, la Charité est d'ordre surnaturel, une participation à l'amour dont s'aiment, dont se possèdent circuminsessionnellement les Personnes divines elles-mêmes. Il ne peut donc cesser un instant de s'identifier avec la vérité. Je ne crois pas avoir eu d'autre mobile en prenant la plume.
+ P. Philibert de Saint-Didier.
___

(1) II Thess. III. 14 et passim. - I Tim. 20 - II tim. 14.
(2)II Tim. I. 5.
(3) II Tim. I. !4.
(4) « Tiens à ce que tu as » Apo. III. 11.
(5) « Qu'on n'innove rien si ce n'est en conformité avec la Tradition ».
(6) « Toujours dans le même sens et dans la même doctrine » (Conc/Vat. I - Sess. 3. IV Dz 1800).


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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:08 pm



Interrogation sur le Pentecôtisme

Tel se présente le livre du Cardinal Suenens avec un point d’interrogation magistral (1). L’auteur n’est donc point sûr de sa réponse. Après une lecture attentive, nous le sommes encore moins que lui.

I. De quoi exactement a-t-il voulu parler ?

Certes il s’agit des assemblées dites charismatiques des pentecôtistes. Mais comment les conçoit-il ?

Il refuse d’y voir un « baptême dans l’Esprit-Saint » que confèrerait une imposition des mains et dont l’efficacité se manifesterait par des dons extraordinaires comme « le parler en langues ».

Et pourtant il s’est fait lui-même, cardinal, imposer les mains (2), récusant d’ailleurs tout caractère sacramentel (3) à ce geste. Mais celui-ci ne lui en a pas moins fait penser à la recommandation de saint Paul à Timothée (II Tim. I, 67) de ressusciter la grâce qu’il a reçue par imposition des mains de lui-même, Paul. Or il s’agissait certainement, dans ce cas, du Sacrement de l’Ordre.

Sans le dire explicitement notre auteur laisse entendre que le don de parler en langues, le don de guérison, et peut-être d’autres dons extraordinaires, résulteraient de l’imposition des mains pentecôtiste. Ce ne pourrait être qu’en vertu d’une institution divine liant l’Esprit-Saint à un tel rite. Mais comment se ferait-il alors que l’Église, gardienne fidèle de la Foi, nous l’ait laissée ignorer pendant près de vingt siècles ?

On a d’ailleurs l’impression que la position du Cardinal évolue au cours du livre. Au début il ne faut parler que de rencontres fraternelles spontanées, pour invoquer ensemble l’Esprit-Saint. Et puis nous apprendrons qu’un chef, un laïc y préside (4), qu’il y a pouvoir pour clore les discussions, imposer l’imploration, etc. D’où lui vient cette qualification ? Délégation ? Par qui ?… Élection ?… On aimerait aussi être fixés sur « les formes d’expression corporelle » auxquelles on risque d’assister.
___

(1) « Une nouvelle Pentecôte ? » chez Desclée de Brouwer, 272 pages.

(2) p. 260 : « En demandant à un groupe d’amis de prier pour moi, lorsqu’ils m’imposaient les mains pour que je sois de plus en plus fidèle à l’Esprit, il me semblait que j’obéissais à l’invitation de Paul à Timothée : « Je t’invite à raviver le don que Dieu a déposé en toi par l’imposition de mes mains… ».

(3) p. 258 « …en fin de réunion un geste d’imposition des mains sur un membre du groupe qui en exprimait le désir.
Cette occasionnelle imposition des mains ne possède évidemment rien de sacramentel. Telle n’est pas l’intention ».

(4) Ibid. « À plusieurs reprises, pendant quelques minutes, le président – un laïc – nous invitait à interrompre la discussion pour nous recueillir devant le Seigneur et implorer son Esprit sur les décisions à prendre. Cette prière commune murmurée – parfois en langues – nous plongeait dans une atmosphère surnaturelle peu ordinaire ». Mais quelle garantie de « surnaturalité » ?
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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:09 pm



II. Et pourquoi ne pas tout dire des origines du pentecôtisme ?

Il aurait commencé par la rencontre de « quelques jeunes » dont certains auraient lu « La Croix et le Poignard » de David Wilkerson, pour invoquer ensemble l’Esprit-Saint et faire revivre les Charismes de la primitive Église. Ils furent si satisfaits de leur expérience qu’ils la répandirent dans des Campus universitaires et qu’en 1967 un premier congrès national put réunir près de cent adhérents.

Mais la brochure de P. Eugène de Villeurbanne « Illuminisme 67 » (5) nous apprend bien d’autres choses. Le pentecôtisme se manifestait chez les protestants dès 1901. Il était repris en 1914 par deux pasteurs, l’un ancien baptiste, l’autre ancien méthodiste. Il préconisait déjà l’imposition des mains, pour réaliser un baptême dans l’Esprit et faire surgir des charismes. Et c’est à cette dissidence du protestantisme que s’adressèrent les deux professeurs catholiques de Pittsburg dont parle le cardinal, afin de se faire initier. Ils usèrent pour cela de l’intermédiaire du pasteur William Lewis et de la chancellerie épiscopalienne qui les mirent en relation avec Florence Dodge, épiscopalienne qui présidait elle-même une assemblée pentecôtiste où ils allèrent recevoir l’imposition des mains. En dépit du canon 1399 et des recommandations de Vatican II, l’évêque catholique de Pittsburg ne leur donna aucune autorisation, peut-être même n’en fut-il pas averti !…

Et pourtant Jésus nous avait bien dit que celui qui entre dans le bercail par escalade et non par la porte doit être regardé comme un voleur et un larron.
___

(5) « Illuminisme 67 », Brochure qui n’a pu s’offrir le luxe d’un grand éditeur, ce n’est pas tout le monde qui a les ressources d’un Cardinal, mais elle est claire, précise, indiscutable.

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Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:10 pm



III. Sous quel patronage se propage le pentecôtisme ?

Le point d’interrogation nous interdirait d’avancer que c’est sous celui du Cardinal Suenens, bien que le titre « cardinal » fasse à son livre un en-tête impressionnant. Mais on peut encore moins dire que c’est sous celui de la hiérarchie catholique.

Paul VI, il est vrai, est cité. Cependant, qu’on y prenne garde ! En recevant des pentecôtistes, le 9 octobre 1973, il les a invités à la prière personnelle et communautaire, à la disponibilité à l’égard de l’Esprit-Saint, etc…, toutes choses qui sont de la traditionnelle orthodoxie. Quant à ce que leur mouvement comporte de spécifique nouveauté, il leur a déclaré qu’il posait beaucoup de questions (5) et que c’était à chaque évêque de veiller à ce qui se passait dans son diocèse (6) car, a-t-il dit, l’ivraie peut se mêler au bon grain (7).

En des audiences ultérieures il est allé encore plus loin. Le 16 janvier 1974 (9) il dénonçait la prétention de traduire « en expériences sensibles » la vérité religieuse, prétention incontestablement pentecôtiste. Une telle expérience, il la déclarait « de soi impossible » ! Enfin le 12 juin (10) revenant sur le même sujet, il proclamait « la nécessité d’être insérés dans les structures institutionnelles… de l’Église pour bénéficier de l’animation de l’Esprit-Saint ». Or ce n’est pas le cas des assemblées pentecôtistes, qui, généralement, d’ailleurs, sont interconfessionnelles.

Certes ! il y a toujours du neuf dans l’Église, mais il n’est authentique que s’il a ses racines dans la Tradition : « nil innovetur nisi id quod traditurn est » (11). Elle est un patrimoine qui a grossi merveilleusement au cours des siècles et qui est d’une richesse doctrinale inouïe. Qu’on pense à tout ce que représentait l’enseignement du Magistère comprenant d’ailleurs des définitions de Foi ; l’enseignement des Pères de l’Église à partir des Pères apostoliques ; l’enseignement des Théologiens bien avant Vatican II. Or le Cardinal n’invoque jamais cette décisive autorité. Celle qu’il nous présente est presque toujours celle de protestants, de schismatiques, voire même d’athées. Comment y trouver confiance valable pour des catholiques ?
___

(6) p. 113. Le Cardinal rapporte, d’après New Covenant de décembre 1973, que le Saint Père aurait improvisé, le 10 octobre, les paroles suivantes : « Nous sommes très intéressés par ce que vous êtes en train de faire. Nous avons beaucoup entendu parler de ce qui se passe parmi vous et nous nous en réjouissons. Nous aurions beaucoup de questions à vous poser, mais le temps fait défaut ».
L’Osservatore Romano du 11 octobre ne les a pas rapportées. Il avait peut-être de bonnes raisons pour cela. Nous n’avons donc en référence qu’un rapporteur privé sur le crédit duquel on peut s’interroger, surtout s’il s’agit de quelqu’un intéressé à l’affaire. Mais même si nous devions prendre tous ses termes pour argent comptant il nous resterait à nous demander de quoi exactement se réjouit le Pape ? Dans le contexte officiel il ne s’agit guère que d’un renouveau dans la prière.
Par contre la déclaration : « Nous aurions beaucoup de questions à vous poser » dont on convient, reste passablement suggestive. Elle interdit, pour le moins, de trouver dans les paroles pontificales une position arrêtée.

(7) « La vie spirituelle des fidèles relève donc de la responsabilité pastorale active de chaque évêque dans son propre diocèse. Il est particulièrement opportun de le rappeler en présence de ces ferments de renouveau… » Doc. cath. 18 nov. 1973, p. 958, 28 col.

(8 ) « Par ailleurs, même dans les meilleures expériences de renouveau, l’ivraie peut se mêler an bon grain. Aussi une œuvre de discernement est-elle indispensable ; elle revient à ceux qui ont la charge de l’Église ». Ibid.

(9) « Nous voudrions traduire en expérience sensible cette vérité religieuse, cette réalité mystérieuse… Eh bien, cette attitude n’est pas la bonne… L’expérience sensible et directe d’une réalité religieuse est, en effet, de soi impossible… » Doc. cath. 3 février 1974, p. 103, 26 col.

(10) « La Pentecôte… est quelque chose qui demeure, une histoire permanente. L’Église vit toujours en vertu de cette prodigieuse infusion… »
Puis Paul VI cite saint Augustin : « Seule l’Église catholique est le Corps du Christ… En dehors de ce corps l’Esprit-Saint ne vivifie personne… Ils n’ont pas l’Esprit-Saint ceux qui sont en dehors de l’Église… »
Enfin il conclut : « Cela nous conduit à méditer sur la nécessité d’être dûment insérés dans les structures institutionnelles qui donnent à l’Église sa consistance corporelle et qui sont présentées ici comme la condition pour bénéficier de l’animation de l’Esprit-Saint » : Doc. cath. 7 juillet 1974, p. 602, 2° col.

(11) Qu’on n’innove rien si ce n’est en conformité avec la Tradition.

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Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:10 pm



IV. Et il faudrait aussi s’entendre sur les charismes

Dans cet ouvrage, en effet, on en parle beaucoup, ce qui ne signifie pas distinctement ! Bien des sentiments ou mouvements, peut-être surnaturels, s’expliqueraient par le jeu normal des dons du Saint-Esprit dans une âme fervente. Un tel jeu relève de l’économie surnaturelle ordinaire et ses fruits ne peuvent être appelés « Charismes » qu’abusivement. Pour rester dans la clarté, prenons ce terme au sens strict : don gratuit d’ordre surnaturel, conféré plus pour le bien d’autrui que pour celui qui en est gratifié et qui peut revêtir des aspects extraordinaires, voire miraculeux.

C’est bien de cela qu’il s’agit quand le cardinal évoque les charismes de certains saints. Combien n’en a-t-on pas relevé chez le P. Pio ! Mais ici la référence ne vient point en confirmation des phénomènes pentecôtistes : don de parler en langues ou autres, car les saints qui en ont été favorisés ne les ont jamais désirés, la théologie mystique ayant toujours condamné ce désir, tandis qu’on va aux assemblées charismatiques pour les avoir. Leur utilité pour le prochain a toujours été manifeste, parfois même émouvante quand ils procédaient des Saints, alors que leur manifestation en assemblée charismatique est d’une utilité plus que contestable pour la Foi, la morale, l’équilibre mental, l’ascèse, quand elle n’engendra pas très objectivement l’inquiétude. Que de conversions autour du Curé d’Ars, du P. Pio ! etc… Combien à partir du pentecôtisme ?

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Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:11 pm



V. Et sur le rôle de l’Esprit-Saint

À parcourir ce volume de 270 pages on arriverait à penser que le culte de l’Esprit-Saint s’était presque complètement éteint dans l’Église (12). Nous osons dire que nous ne nous en étions point aperçus. Jusqu’à Vatican II partout était en honneur la neuvaine au Saint-Esprit pour préparer la Pentecôte qui était et reste une des plus grandes fêtes de l’année. Celle-ci était suivie d’une octave au cours de laquelle ne cessait de retentir le « Veni Creator ». Quelle réunion de réflexion religieuse, quelle instruction de retraite, et, pour les âmes pieuses, quel travail spirituel ne débutait pas par le « Veni Sancte Spiritus » ? On peut douter qu’un pentecôtiste en fasse davantage.

Au contraire, à la lecture de ce livre, nous trouvons très grave de mettre le culte Marial en concurrence dommageable avec le culte du Saint-Esprit. Celui-là offusquerait (13) celui-ci et Marie éclipserait (p. 232) l’Esprit-Saint ! Nous comprendrions cette mentalité chez un protestant, mais c’est un cardinal qui écrit. Il est vrai qu’à la page 240 la déclaration : « Marie ne fait jamais écran » rétablit la situation. Seulement on peut alors se demander comment y a-t-il éclipse ? car il n’y a pas d’éclipse sans écran.

Mais le plus gros est de déclarer choquantes (p. 231) (14) les expressions : « À Jésus par Marie » ; « Marie forme le Christ en nous ! » ; « Marie est le lien entre le Christ et nous » ; « Marie est corédemptrice ». C’est pourtant de la bonne et exacte doctrine catholique. Jésus nous est venu par Marie et nous ne faisons qu’utiliser cette voie ouverte par Dieu lui-même pour remonter vers Jésus. C’est dans une belle unanimité que les Pères de l’Église disent que Marie est le cou du corps mystique, portant et présentant la tête, Jésus, dont elle transmet les bienfaits surnaturels à tous les membres, tout comme elle lui en présente toutes les requêtes. Si je comprends bien, Son Éminence veut bien d’une médiatrice d’intercession, mais pas d’une médiatrice de distribution (15). Le Seigneur nous aurait fait une mère aux mains vides ! Cela heurte gravement la Foi catholique. S’il y a « choc » il vient de là. Et tout autant de lui contester, toute précaution prise d’ailleurs, son titre de corédemptrice. Quel théologien hésiterait à en convenir avec moi ?

Au fond n’a-t-on pas dans la pensée sinon une erreur du moins une confusion ? Elle se révèle p. 231 dans l’affirmation que c’est l’Esprit-Saint qui doit nous conduire à Jésus ! Mais non ! l’Esprit-Saint ne joue pas les intermédiaires ! Il est principe et fin. En parlant de lui c’est de Dieu, de toute la Sainte Trinité que nous parlons ! de qui procède, comme d’un seul principe, toute action divine « ad extra ». Il y a simplement appropriation à l’Esprit-Saint en vertu d’une haute convenance. Au sens propre c’est l’Humanité Sainte de Jésus qui est notre voie vers Dieu, tandis que Marie est notre voie vers Jésus. La première place revient bien à l’Esprit-Saint car elle revient à Dieu, mais il ne faudrait pas oublier la nature de cette place.

Justement n’y aurait-il pas chez trop de pentecôtistes une erreur grossière, à savoir qu’ils établissent une relation personnelle et exclusive à l’Esprit-Saint ? Seule l’humanité Sainte du Christ a une relation de cette nature avec une Personne divine, la Personne du Verbe en qui elle subsiste, mais les relations de toutes les autres créatures se terminent à Dieu, un et trine.

Et que l’on ne dise pas que c’est là une précision théologique chicanière car si une créature humaine avait une relation personnelle avec la personne de l’Esprit-Saint aurait-elle encore besoin d’un Magistère ? (16) Ne touchons-nous pas ici, le danger de partager trop facilement le langage des protestants ?
___

(12) p. 195 : « En redécouvrant le rôle de l’Esprit-Saint nous serons plus que jamais proches des hommes… »
p. 215 : « Je voudrais mettre en relief, ici, combien la redécouverte en cours de l’actualité vivante de l’Esprit-Saint est un signe de grande espérance. »
p. 223 : « Nous redécouvrons la richesse de ce contact avec Dieu que l’Esprit noue avec celui qui humblement ouvre l’Écriture… », etc. (C’est moi qui souligne).
Comme on le voit, par ces textes et bien d’autres (nous ne pouvons tout citer) il y a vraiment innovation et considérable pour le Cardinal, dans le culte rendu dans l’Église à l’Esprit-Saint.

(13) p. 232 : « En tout cas le reproche de substitution ou d’éclipse de l’Esprit-Saint au profit de Marie ne peut nous laisser indifférents et mérite qu’on s’y arrête…
Historiquement la mariologie a pris un grand développement à une époque car la pneumatologie était plutôt défaillante. Cela n’a pas été sans conséquence pour le bon équilibre d’une doctrine. »
p. 233 : il cite dans un sens approbateur Elie Gibson : « Peut-être le schéma sur l’Église – que le Concile prépare – aidera-t-il à clarifier la relation Esprit-Saint-Marie. Mais, pour le passé, nous avouons que la personne humaine de Marie a éclipsé la personne divine de l’Esprit. »
« Ces lignes, ajoute le Cardinal, peuvent servir d’introduction à un dialogue nouveau. » Il admet donc une telle base !

(14) p. 231 : « On relèvera comme particulièrement choquantes (noter le « particulièrement » !) des expressions telles que :
– À Jésus par Marie ;
– Marie forme le Christ en nous ;
– Marie est le lien entre le Christ et nous ;
– Marie est associée à la Rédemption ! »
À l’encontre de ces formules on objecte que c’est précisément le rôle du Saint-Esprit de nous conduire à Jésus, de former le Christ en nous, de nous relier à Lui, de coopérer à un titre unique à la rédemption. »
Ainsi nous aurions un Esprit-Saint corédempteur (!) qui jouerait les intermédiaires, comme nous l’avons relevé, précisant que c’est l’Humanité Sainte de Jésus qui fait le « pont » avec la divinité. Marie, elle, nous conduit à ce « pont » qui nous fait aboutir à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Dieu qui est la fin de tous et de tout, comme il en est le principe, ne pouvant en aucune manière, jouer comme tel, les intermédiaires.

(15) p. 241 : « Son rôle (de Marie) ne se situe pas dans l’ordre de la communication des grâces ; seul l’Esprit-Saint… Elle n’est pas dans la trajectoire de la médiation ainsi conçue. »
Qu’on y prenne garde : il ne s’agit pas du principe des grâces, mais de la médiation pour leur transmission !

(16) Plus radicalement, aurait-on besoin encore d’une Église

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Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 3:12 pm




VI. - Enfin, dans la situation actuelle de l’Église, d’où nous vient l’Espoir ?

C’est vrai : elle est bien triste la situation actuelle et le Cardinal a le courage de n’en pas dissimuler la gravité (p. 249). Mais nous donner comme motif d’espérance le pentecôtisme serait d’une désolante puérilité. Serait-ce ce que voudraient nous insinuer les pages 252 à 256 qu’on a de la peine à interpréter autrement ? (17)

Et pourtant peut-on attendre que la Foi s’éclaire et s’affermisse dans l’équivoque de réunions interconfessionnelles ouvertes même aux athées ? Peut-on attendre une promotion de la vertu par des pratiques qui n’imposent aucune ascèse et fixent le désir sur le « senti » ? Pense-t-on que l’on pourra de la sorte remplir à nouveau séminaires et noviciats de sujets aptes à faire de bons prêtres, de bons religieux, de bonnes religieuses ? Pense-t-on qu’on restaurera l’austérité et la discipline dans l’Église hors de toute action de la hiérarchie instituée à ces fins par le Christ Jésus ? Aurait-on osé dire cela à saint Pie X, ou à n’importe lequel de ses successeurs, notre Saint Père Paul VI compris ? Aurait-on osé le dire au très simple Curé d’Ars ?

Bien sûr que nous devons être des hommes d’espérance ! L’espérance est une vertu théologale aussi indispensable que la Foi et la Charité ! Mais quel catholique pensera qu’il doive aller la chercher dans une dissidence du protestantisme ? Notre espérance est dans la paternelle, inlassable providence de Dieu pour qui tout est présent et clair, dont la bonté infinie s’exercera d’une façon parfaite aussi bien demain qu’hier. Elle est dans Marie Mère de l’Église. Elle est dans notre prière jamais inefficace. Elle est dans nos souffrances généreusement offertes. Au temps de saint Cyprien on se recommandait des martyrs. Mais ne sont-ils pas, maintenant, des millions, ces martyrs, en Chine, en Russie, dans les pays d’au-delà du rideau de fer ? Et toutes ces souffrances pour le Christ monteraient vers Dieu sans efficacité ? Mais chez nous aussi il y a des martyrs, de bons prêtres, de bons religieux écartés, bâillonnés par le modernisme.

Les persécutés qui souffrent, non pas tant du monde qui, lorsqu’il ne se désintéresse pas d’eux les prendrait plutôt en sympathie, que des clercs influents ou en charge ; oui, il y en a, chez nous aussi, des persécutés dont la vie est une continuelle offrande de sacrifice pour l’Église, voire pour son « personnel » comme dit Maritain, par lequel ils souffrent. Pour s’être appauvrie de motifs humains notre espérance n’a fait qu’épurer sa raison d’être, son motif essentiel qui a été et demeure théologal. Jamais peut-être nous n’avons eu autant de raison de nous fier à l’offrande de nos souffrances et à celle de notre prière. Or le Maître nous a conseillé, pour lui adresser celle-ci, non pas d’aller nous produire en société hétéroclite, mais bien au contraire « Quand tu veux prier entre dans ta chambre et ferme ta porte. Alors ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (18).
Amen !

Père Philibert de Saint-Didier, janvier 1975.
___

(17) p. 251 : « …mon espérance théologale… devient expérimentale. »
(C’est moi qui ai souligné). L’affirmation, en effet, est curieuse. L’objet d’une espérance déclarée « théologale » c’est Dieu faisant promesse. Mais Dieu ne s’expérimente pas ! On le croit ! Quant au motif de cette espérance, toujours en tant que « théologale », c’est uniquement la fidélité essentielle à Dieu qui promet. Elle, non plus, ne s’expérimente pas.
Aussi lorsque le Cardinal invoque une « luminosité » plus « intense », une « chaleur plus tangible », nous goûtons sa poésie, et nous n’aurons pas la mauvaise grâce de mettre en doute les impressions qu’il déclare ressentir, mais il devrait bien convenir que tout cela est de l’humain, non du divin comme il serait requis de ce qui est « théologal ». « Je bornerai, dit-il plus loin, mon témoignage, à la grâce que fut pour moi la découverte du renouveau charismatique à travers divers pays du monde et, sur place, sous mes yeux, et dans mon propre cœur »… « Je crois que je lui dois une sorte de nouvelle jeunesse spirituelle, une espérance plus sentie ». (C’est moi qui souligne). Félicitons-le de cette euphorie spirituelle, mais cela n’enlève pas à celle-ci son caractère subjectif humain.
Or, précisément, là n’est-il pas l’écueil du pentecôtisme, de s’être mis à la recherche du « senti » ? Saint Jean de la Croix lui aurait plutôt conseillé le « nu » ; parfois austère, de la Foi.

(18) Cela ne contredit pas à la promesse de Notre-Seigneur d'être avec ceux qui se réunissent pour prier en son Nom, mais exclut, pour le moindre, les réunions ostentatoires, surtout avec prétention tapageuse d'innover un nouveau dynamisme de prière insoupçonné de tous les saints et de toute l'Église pendant dix-neuf siècles.

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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Jeu 07 Aoû 2014, 7:20 pm

Plaidoyer pour le PENTECÔTISME de l'abbé Laurentin - par le P. Philibert de St-Didier o. f. m. cap. - 1975 :

http://messe.forumactif.org/t5785-plaidoyer-pour-le-pentecotisme-de-l-abbe-laurentin-par-le-p-philibert-de-st-didier-o-f-m-cap-1975#108156
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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Ven 05 Sep 2014, 2:26 pm


Renouveau charismatique (orientation pastorale)
[extrait] :

http://messe.forumactif.org/t3622-rh-notes-de-lecture-sans-pretention-aucune#71867


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Re: PENTECÔTISME - MOUVEMENT CHARISMATIQUE - 1975.

Message  Roger Boivin le Mar 20 Mar 2018, 1:09 pm



Voici à propos de L'origine des Mouvements Charismatiques
http://messe.forumactif.org/t3758-le-rock-n-roll#74302  :


J'ai retrouvé sur internet des textes qui semblent bien être la retranscription des cassettes provenant des conférences que le Père Régimbal, le grand manitou - pour faire une figure de style -  des mouvements charismatique au Québec, donnait début 1970 ; et dont j'avais souvenir entre autres de ce passage intéressant qui révèle l'origine de ces mouvements (ce sont le 11° et 12 ° paragraphes) :

..

EN ARIZONA: Rencontre avec Dismas Clark

En 1969, suite à une recommandation médicale, la communauté des Trinitaires décide d’envoyer Jean-Paul Regimbal à Phoenix en Arizona. Là-bas, l’air plus sec l’aidera à soigner son asthme. En 1980, à l’occasion d’un souper du regroupement ACTE (Association des chrétiens témoins dans leurs entreprises), il comparait son expérience en Arizona avec celle du livre biblique d’Osée : «C’est pourquoi, je vais le séduire, le conduire au désert et parler à son cœur. Je lui rendrai ses vignobles…» «Quand j’ai pris la route de l’Arizona, mon cœur était lourd. Je ne comprenais pas… Je trouvais mes supérieurs bornés…» racontait le fils de Jean de Matha, le sourire aux lèvres. Jean-Paul Regimbal aimait bien «taquiner» ses confrères. Après une quinzaine de jours de repos, il téléphone à l’évêque du lieu pour lui offrir ses services. Le berger diocésain lui propose de remplacer un prêtre malade à la paroisse Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, à Phoenix.


Le 9, du 9e mois, 1969, 9h

«J’ai commencé à travailler à Sainte-Thérése, le 9 septembre 1969. C’est quand même significatif! Le 9 du 9e mois en 1969. Il était 9h et Dieu préparait dans ma vie l’avènement de la 9e heure (rire)», lançait-il à la blague devant les hommes d’affaires du regroupement ACTE. Ce matin-là, Sandy Winter vient le rencontrer au bureau. Cette anglicane désire inscrire ses enfants à l’école catholique et se questionne sur le contenu académique. Après avoir obtenu les réponses espérées, elle lui demande : «Accepteriez-vous d’être mon directeur spirituel?» Il tente de la diriger vers un pasteur de son Église. En vain, elle lui explique : «Je vis des situations étranges, des phénomènes spirituels particuliers et j’ai entendu dire que les Catholiques attachent beaucoup d’importance à cela». Jean-Paul Regimbal finit par accepter de l’écouter. Elle lui raconte qu’elle parle en langues, qu’elle prophétise, qu’elle a reconduit trois prêtres à l’exercice de leur sacerdoce, etc. Croyant à un cas de psychose religieuse, il conclut en lui disant qu’il communiquera avec elle pour lui livrer sa réflexion. Avant de partir, il lui fait citer des passages bibliques où il est question de ces manifestations. Après une réflexion sérieuse et un regard en profondeur sur l’expérience de la Pentecôte des premiers disciples, de la vie des pères de l’Église et de l’enseignement du Concile Vatican II, qui vient de se terminer, il se rend chez elle. Dans sa cuisine, le 11 septembre 1969, où elle s’affaire à préparer le repas, il lui demande de lui «imposer les mains» pour recevoir les mêmes grâces qu’elle. L’expérience transforme sa vie. Puisqu’il n’y a pas de Catholiques vivant ce phénomène à Phoenix, il se joint à un groupe œcuménique charismatique. Rapidement, il devient reconnu et la nouvelle se répand : «un prêtre catholique prophétise et fait des miracles!» Quelques semaines plus tard, il est invité au Groenland pour parler de son expérience spirituelle et de la Parole de Dieu.

..


source : http://www.michel-lafontaine.com/Sentier-P%E8re-Jean-Paul-Regimbald.php
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