Temps après la Pentecôte

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Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Sam 07 Juin 2014, 8:04 am

Excusez, j'avais devancé le Temps de la Pentecôte.


Dernière édition par gabrielle le Dim 15 Juin 2014, 8:05 am, édité 1 fois
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Sam 07 Juin 2014, 9:40 am

Louis, laissez ce dossier ouvert, il me servira plus tard.

Merci
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 15 Juin 2014, 8:06 am

Fête de la très Sainte Trinité

Du livre de saint Fulgence, Évêque

La foi que les saints Patriarches et les Prophètes ont reçue de Dieu avant l’incarnation de son Fils, la foi que les saints Apôtres ont recueillie de la bouche du Seigneur conversant dans la chair, que le Saint-Esprit leur a enseignée et qu’ils ont non seulement prêchée par la parole, mais consignée dans leurs écrits pour la salutaire instruction de la postérité, cette foi proclame, avec l’unité de Dieu, la Trinité qui est en lui, c’est-à-dire le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Mais il n’y aurait pas une véritable Trinité, si c’était une seule et même personne qui fût appelée Père, Fils et Saint-Esprit.

Si en effet le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient une seule et même personne comme ils sont une seule et même substance, il n’y aurait plus lieu à professer une trinité véritable. Pareillement il y aurait trinité, mais cette trinité ne serait plus un seul Dieu, si le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient séparés entre eux par la diversité de leurs natures, comme ils sont distincts par leurs propriétés personnelles. Mais comme il est véritable que cet unique vrai Dieu par sa nature non seulement est un, mais qu’il est Trinité, ce vrai Dieu est Trinité dans les personnes et un dans l’unité de la nature.

Par cette unité de nature, le Père est tout entier dans le Fils et le Saint-Esprit ; le Fils tout entier dans le Père et le Saint-Esprit ; le Saint-Esprit tout entier dans le Père et dans le Fils. Aucune de ces trois personnes ne subsiste séparée et comme en dehors des deux autres, car il n’en est aucune qui précède les autres en éternité, ou qui les dépasse en grandeur, ou qui les surpasse en puissance. Le Père, en ce qui touche à l’unité de la nature divine, n’est ni plus ancien, ni plus grand que le Fils et que l’Esprit-Saint ; de même, l’éternité et l’immensité du Fils ne peut non plus, par la nécessité de la nature divine, surpasser l’éternité et l’immensité du Saint-Esprit.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Jeu 19 Juin 2014, 9:20 am

Fête Dieu


Sermon de saint Thomas d’Aquin.

Les immenses bienfaits de la divine largesse accordés au peuple chrétien lui confèrent une dignité inestimable. Il n’est point, en effet, et il ne fut jamais de nation si grande, qui eût ses dieux s’approchant d’elle comme notre Dieu est près de nous . Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature, afin que, fait homme, il divinisât les hommes. En outre, tout ce qu’il avait pris de nous, il le livra pour notre salut. Car son sang, il l’a, pour notre réconciliation, offert comme victime à Dieu son Père sur l’autel de la croix ; son sang, il l’a répandu tout à la fois et comme le prix de notre liberté, et comme le bain sacré qui nous lave, afin que nous fussions tout ensemble rachetés d’un misérable esclavage et purifiés de tous nos péchés. Mais, afin que nous gardions à jamais en nous la mémoire d’un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles, sous l’apparence du pain et du vin, son corps pour être notre nourriture et son sang pour être notre breuvage.

O festin précieux et admirable, salutaire et plein de toute suavité ! Que peut-il y avoir en effet de plus précieux que ce festin dans lequel on nous offre à manger, non la chair des veaux et des boucs, comme jadis sous la loi, mais le Christ, vrai Dieu ? Quoi de plus admirable que ce Sacrement ? En lui, en effet, le pain et le vin sont changés substantiellement au corps et au sang du Christ, tellement que le Christ, Dieu et homme parfait, est contenu sous l’apparence d’un peu de pain et d’un peu de vin ! Il est donc mangé par les fidèles sans être aucunement mis en pièces ; bien plus, si l’on divise le Sacrement, il demeure entier sous chacune des parties après la division. Les accidents subsistent dans sans leur sujet ou substance, afin que la foi ait à s’exercer, alors que l’on reçoit invisiblement ce corps, visible en soi, mais caché sous une apparence étrangère ; et afin que les sens soient préservés d’erreur, eux qui jugent d’accidents dont la connaissance leur appartient.

Aucun sacrement n’est plus salutaire que celui-ci ; par lui les péchés sont effacés, les vertus s’accroissent, et l’âme est engraissée de l’abondance de tous les dons spirituels. Il est offert dans l’Église pour les vivants et pour les morts, afin que serve à tous ce qui a été établi pour le salut de tous. Personne enfin ne peut dire la suavité de ce Sacrement, où l’on goûte à sa source la douceur spirituelle, où l’on célèbre la mémoire de cet excès de charité que le Christ a manifesté dans sa passion. Aussi, pour que l’immensité de cette charité s’imprimât plus profondément dans les cœurs des fidèles, ce fut à la dernière cène, lorsqu’ayant célébré la Pâque avec ses disciples, il allait passer de ce monde à son Père, qu’il institua ce Sacrement, comme le mémorial perpétuel de sa passion, l’accomplissement des anciennes figures, le plus merveilleux de ses ouvrages ; et il le laissa aux siens comme une singulière consolation dans les tristesses de son absence.

Note de gabrielle.

Aujourd'hui notre Bon Jésus nous a retiré cette suprême consolation. Mais, Notre-Seigneur aime tant les âmes, qu'Il la remplace par la fidélité dans la Foi catholique et sans compromis doctrinal ou moral.

Ne cherchons pas les consolations de Dieu mais le Dieu des consolations.

Courbons l'échine sous la main de Dieu qui s'est appesantie sur nous à cause de nos péchés.
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Message  gabrielle le Dim 22 Juin 2014, 8:11 am

2e Dimanche après la Pentecôte

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : Jésus dit cette parabole aux Pharisiens : Un homme fit un grand souper, et invita de nombreux convives.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Voici, très chers frères, en quoi les jouissances du corps et celles de l’âme diffèrent ordinairement ; les jouissances corporelles, avant leur possession, allument en nous un ardent désir ; mais pendant qu’on s’en repaît avidement, elles amènent bientôt au dégoût, par la satiété même, celui qui les savoure. Les jouissances spirituelles, au contraire, provoquent le mépris avant leur possession, mais excitent le désir quand on les possède ; et celui qui les goûte en est d’autant plus affamé qu’il s’en nourrit davantage. Dans celles-là, le désir plaît, mais l’expérience est déplaisir ; celles-ci semblent au contraire de peu de valeur lorsqu’on ne fait encore que les désirer, mais leur usage est ce qui plaît le plus. Dans les premières, l’appétit engendre le rassasiement, et le rassasiement, le dégoût ; dans les secondes, l’appétit fait naître la jouissance, et le rassasiement, l’appétit.

Les délices spirituelles augmentent en effet le désir dans l’âme, à mesure qu’elle s’en rassasie ; plus on goûte leur saveur, mieux on connaît qu’on doit les désirer avec avidité ; c’est ce qui explique pourquoi on ne peut les aimer sans les avoir éprouvées, puisqu’on n’en connaît pas la saveur. Qui peut, en effet, aimer ce qu’il ne connaît pas ? Aussi le Psalmiste nous en avertit en disant : « Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux » . Comme s’il disait formellement : Vous ne connaissez pas sa douceur si vous ne le goûtez point, mais touchez avec le palais de votre cœur, l’aliment de vie, afin que, faisant l’expérience de sa douceur, vous deveniez capables de l’aimer. L’homme a perdu ces délices quand il pécha dans le paradis ; il en sortit lorsqu’il ferma sa bouche à l’aliment d’éternelle douceur.

De là, vient aussi qu’étant nés dans les peines de cet exil, nous en arrivons ici-bas à un tel dégoût, que nous ne savons plus ce que nous devons désirer. Cette maladie de l’ennui s’augmente d’autant plus en nous, que l’âme s’éloigne davantage de cette nourriture pleine de douceur. Elle en arrive à perdre tout appétit pour ces délices intérieures, par cette raison même qu’elle s’en est tenue éloignée et a perdu depuis longtemps l’habitude de les goûter. C’est donc notre dégoût qui nous fait dépérir ; c’est cette funeste inanition prolongée qui nous épuise. Et, parce que nous ne voulons pas goûter au dedans la douceur qui nous est offerte, nous aimons, misérables que nous sommes, la faim qui nous consume au dehors.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Ven 27 Juin 2014, 7:25 am

Fête du Sacré-Cœur

Lecture du saint Évangile selon saint Jean.

En ce temps-là : Ce jour étant celui de la Préparation, afin que les corps ne demeurassent pas en croix durant le Sabbat (car ce Sabbat était un jour très solennel), les Juifs prièrent Pilate qu’on leur rompît les jambes, et qu’on les enlevât. Et le reste.
Homélie de saint Bonaventure, Évêque.

Une disposition de Dieu permit à un des soldats d’ouvrir d’un coup de lance le cœur sacré de Jésus. Ainsi, l’Église serait tirée du côté du Christ endormi sur la croix. En même temps, serait réalisée la parole de l’Écriture : « Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé » . Le sang et l’eau, prix de notre salut, s’écoulèrent de cette blessure du cœur, comme d’une source mystérieuse, pour donner aux sacrements de l’Église la puissance de conférer la vie de la grâce et pour être le breuvage de « cette source d’eau vive jaillissant en vie éternelle »  que goûteraient les âmes qui vivent dans le Christ. Lève-toi donc, ô amie du Christ, ne cesse pas de veiller, applique ici tes lèvres pour « puiser l’eau aux sources du salut »

Ne nous laissons pas facilement entraîner loin du cœur de ce très doux Seigneur, une fois que nous y avons accédé, car il nous est bon d’y demeurer. Ah, qu’il est bon, qu’il est doux d’habiter en ce Cœur ! Votre Cœur, ô bon Jésus, est vraiment le trésor, la perle précieuse que nous avons trouvée dans le champ labouré de votre corps. Qui pourrait rejeter cette perle ? Quant à moi, bien plutôt, je donnerai toutes les perles, j’échangerai toutes mes pensées et mes affections pour l’acquérir, jetant tout mon souci en ce cœur de Jésus qui, dans sa bonté, me nourrira sans risque de déception. Après avoir ainsi trouvé, ô très bon Jésus, ce Cœur qui est le vôtre et qui est à moi aussi, je vous prierai comme mon Dieu : Accueillez mes prières dans le sanctuaire où vous les exaucez. Bien plus, attirez-moi tout entier dans votre Cœur.

Votre cœur a été transpercé pour nous ouvrir un accès. Il a été blessé pour que nous puissions y habiter à l’abri des troubles externes. Mais il le fut aussi pour que cette plaie visible nous révèle la plaie invisible de son amour. Quel meilleur moyen de manifester l’ardeur de votre amour pour nous que de permettre la blessure par la lance, non seulement de votre corps en général, mais de votre cœur spécialement ! La blessure de la chair fait connaître la blessure spirituelle. Qui pourrait ne pas aimer un cœur blessé à ce point ? Qui n’aimerait en retour un cœur si aimant ? Qui ne serrerait sur son propre cœur un cœur si pur ? Nous donc qui demeurons encore dans la chair, payons de retour selon notre pouvoir notre Sauveur tout aimant, étreignons-le tout saignant des plaies dont d’impies laboureurs ont creusé le sillon dans ses mains et ses pieds, son côté et son cœur. Prions enfin pour que Jésus daigne enchaîner par le lien de son amour et blesser de ses traits notre cœur encore obstiné et impénitent.

http://deojuvante.forumactif.org/t271-sacre-coeur-christ-roi
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 29 Juin 2014, 7:38 am

3e Dimanche après la Pentecôte.

Dimanche dans l'Octave du Sacré-Coeur

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : Les publicains et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’écouter. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape.

Vous avez entendu, mes frères, dans la lecture de l’Évangile, que les pécheurs et les publicains s’approchèrent de notre Rédempteur, et qu’ils furent admis non seulement à s’entretenir, mais encore à manger avec lui. Voyant cette condescendance, les Pharisiens en conçurent du dédain pour le Sauveur. Il ressort de ce fait que la vraie justice est compatissante ; la fausse justice, dédaigneuse. Ce n’est pas que les justes ne montrent quelquefois, et avec raison, de l’indignation contre les pécheurs ; mais les actions qu’inspire le zèle de la foi sont bien différentes de celles que provoque l’orgueil.

Les justes ont de l’indignation, mais comme s’ils n’en avaient point ; ils désespèrent des pécheurs, comme n’en désespérant point ; ils les poursuivent, mais c’est en les aimant ; car si le zèle du bien leur met souvent aux lèvres des réprimandes, ils conservent néanmoins au dedans la douceur de la charité. Ils mettent la plupart du temps au-dessus d’eux-mêmes, dans leur estime, ceux qu’ils reprennent, et ils croient meilleurs qu’eux-mêmes ceux dont ils sont établis les juges ; de la sorte, en contenant leurs inférieurs par la discipline, ils se conservent eux-mêmes par l’humilité.

Au contraire, ceux qui s’enorgueillissent d’une fausse justice, méprisent les autres, sans condescendre avec miséricorde à leur faiblesse, et par là même qu’ils ne se croient pas pécheurs, ils deviennent plus coupables. Les Pharisiens étaient assurément de ce nombre, car, en blâmant le Seigneur de ce qu’il accueillait les pécheurs, ils reprenaient avec leur cœur desséché, la source même de la miséricorde. Mais parce qu’ils étaient malades au point d’ignorer leur mal, le céleste médecin les traite par de doux remèdes, leur présente une touchante parabole, et presse dans leur cœur la tumeur qu’ils y portent.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 06 Juil 2014, 7:49 am

4e Dimanche après la Pentecôte

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : Jésus, pressé par la foule qui voulait entendre la parole de Dieu, se tenait sur le bord du lac de Génésareth. Et le reste.
Homélie de saint Ambroise, Évêque.

Du moment que le Seigneur, par des miracles divers, eut rendu la santé à beaucoup de malades, la foule de ceux qui désiraient ardemment des guérisons ne se laissa plus arrêter par les difficultés de temps et de lieux. La soirée s’avançait et ils le suivaient encore ; près du lac, la foule accourt, le presse ; si bien qu’il se voit obligé de monter dans la barque de Pierre. Cette barque, saint Matthieu nous la représente battue des flots, et saint Luc nous la montre remplie de poissons ; ce qui vous dépeint les fluctuations de l’Église à son berceau, et sa prodigieuse fécondité dans la suite. Les poissons figurent ceux qui naviguent sur l’océan de cette vie. Dans le premier cas, le Christ sommeille encore pour ses disciples ; dans le second, il commande en maître : Jésus dort en effet dans les âmes tièdes, et il veille dans les âmes parfaites.

Elle ne court aucun danger, la barque qui porte la sagesse, d’où l’a trahison est absente et qui vogue au souffle de la foi. Et que pourrait-elle craindre, ayant pour pilote celui en qui l’Église est affermie ? Le péril se rencontre où il y a peu de foi : ici, sécurité, car l’amour est parfait. Et pendant que les autres disciples ont ordre de jeter leurs filets, à Pierre seul il est dit : « Avance en pleine mer » ; c’est-à-dire, pénètre au profond de la doctrine. En effet, quoi de plus profond que de découvrir l’abîme des richesses célestes, de connaître le Fils de Dieu et de confesser sa génération divine ? Génération que l’esprit humain ne peut sans doute pleinement comprendre par les investigations de sa raison, mais que la plénitude étreint cependant.

Car bien qu’il ne me soit pas donné de savoir comment il est engendré de Dieu, néanmoins il ne m’est pas permis d’ignorer qu’il est engendré de Dieu. J’ignore le mode de sa génération, mais j’en connais le principe. Nous n’étions pas là, lorsque le Fils de Dieu était engendré du Père ; mais nous étions là, lorsque le Père l’appelait Fils de Dieu. Si nous ne croyons pas même à Dieu, à qui croirons-nous ? Car tout ce que nous croyons, c’est par la vue ou par l’ouïe que nous le croyons. La vue est parfois trompée ; l’ouïe est sûre en matière de foi.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 13 Juil 2014, 7:02 am

5e dimanche après la Pentecôte

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : si votre justice ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

La justice des Pharisiens consistait à ne pas tuer ; la justice de ceux qui doivent entrer dans le royaume des cieux est de ne point se fâcher sans raison. C’est donc peu de chose que de ne pas tuer ; et celui qui aura violé ce commandement sera appelé très petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui l’aura observé, en ne se rendant point coupable d’homicide, ne sera pas pour cela réputé grand devant Dieu et digne du royaume des cieux, quoiqu’il soit déjà monté d’un degré ; il se perfectionnera s’il ne se met pas non plus en colère sans sujet ; et s’il se perfectionne, il sera beaucoup plus éloigné de l’homicide. C’est pourquoi le législateur qui nous défend de nous mettre en colère, ne détruit nullement la loi, nous interdisant de tuer ; mais il la complète plutôt, afin que nous gardions l’innocence, et extérieurement, en ne tuant point, et au fond de notre cœur, en ne nous mettant pas en colère.

Dans ces péchés de colère, il y a aussi des degrés. Au premier, l’on s’irrite, mais en retenant dans son cœur l’émotion conçue. Si le trouble ressenti arrache à celui qui éprouve de l’indignation un jet de voix, ne signifiant rien par lui-même mais attestant cette émotion d’âme, par l’exclamation même qui échappe à l’homme irrité : la faute est plus grande assurément que si la colère naissante était silencieusement comprimée. Fait-on entendre non seulement un cri d’indignation, mais encore une parole, marquant et rendant notoire le blâme que l’on inflige à celui contre lequel s’élève notre colère, qui pourra douter que ce ne soit là un péché plus grave que de manifester par le seul son de sa voix, son mécontentement ?

Remarquez à présent trois degrés aussi dans l’instruction et la solution de la cause : jugement, conseil, géhenne du feu. En la séance de jugement, il y a encore place pour la défense. Le conseil se confond d’ordinaire avec le jugement ; cependant, parce que la distinction même que nous établissons nous oblige à reconnaître ici quelque différence entre ces deux degrés, il nous semble que la promulgation de la sentence appartient au conseil ; car alors, il ne s’agit plus d’examiner si le coupable doit être condamné ; mais les juges délibèrent entre eux sur le supplice à infliger à celui qui mérite certainement la condamnation. Dans la géhenne du feu, il n’y a plus de doute quant à la condamnation, comme dans le jugement, ni d’incertitude quant à la peine du condamné, comme dans le conseil ; car dans le feu de l’enfer, certaine est la condamnation et fixée la peine du coupable.
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Message  gabrielle le Dim 20 Juil 2014, 6:37 am

6e dimanche après la Pentecôte

Lecture du saint Évangile selon saint Marc.

En ce temps-là : Comme il y avait avec Jésus une nombreuse foule qui n’avait pas de quoi manger, il appela ses disciples et leur dit : J’ai compassion de cette foule, car voilà trois jours déjà qu’ils restent près de moi, et ils n’ont rien à manger. Et le reste.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

C’est après que cette femme qui figurait l’Église, eut été guérie d’un flux de sang ; c’est après que les Apôtres eurent été choisis pour prêcher l’Évangile du royaume de Dieu, que Jésus-Christ distribua l’aliment de la grâce céleste. Et remarquez à qui il le dispense : ce n’est point à ceux qui demeurent oisifs, à ceux qui restent dans la ville, c’est-à-dire à ceux qui s’attardent dans la synagogue ou se complaisent dans les honneurs du siècle ; mais c’est à ceux qui, pour chercher le Christ, pénètrent jusqu’au désert. Ceux qui surmontent toute répugnance, ceux-là sont accueillis par le Christ, c’est avec eux que le Verbe de Dieu s’entretient, non des affaires de ce monde, mais du royaume de Dieu. Et si parmi eux il en est qui soient affligés de quelque infirmité corporelle, il leur accorde d’abord le bienfait de la guérison.

Il était naturel qu’il tint en réserve un aliment spirituel, pour faire cesser le jeûne de ceux dont il venait de guérir les blessures. Personne donc ne reçoit la nourriture du Christ, s’il n’a d’abord été guéri, et tous ceux qui sont appelés au banquet, sont auparavant guéris par l’appel divin. Celui qui était boiteux a reçu, pour venir, la faculté de marcher ; celui qui était privé de la vue n’a pu entrer dans la maison du Seigneur, qu’après que la lumière lui a été rendue.

C’est donc un ordre mystérieux toujours observé : d’abord la rémission des péchés guérit les blessures spirituelles, ensuite la céleste nourriture est accordée avec largesse. Et cependant, cette foule n’est pas encore appelée à se nourrir des aliments les plus substantiels : ces cœurs, vides d’une foi solide, ne sont pas restaurés par le corps et le sang du Christ. « Je ne vous ai donné que du lait, dit l’Apôtre, vous ne pouviez encore supporter autre chose, et d’ailleurs vous en êtes encore incapables ». Ici, les cinq pains rappellent le lait : la nourriture plus substantielle, c’est le corps du Christ ; le breuvage plus fortifiant, c’est le sang du Seigneur.

Note de gabrielle: De nos jours, les cœurs remplis d'une foi solide, sont nourris spirituellement du Corps et du Sang de Notre-Seigneur. La confession de la Foi est notre aliment et par la grâce de Dieu, elle nous conduira dans les Demeures Éternelles.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 27 Juil 2014, 6:54 am

7e dimanche après la Pentecôte

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais au dedans sont des loups rapaces. Et le reste.

Homélie de saint Hilaire, évêque.

Le Seigneur nous recommande d’évaluer aux fruits des œuvres les paroles de flatterie et les apparences de douceur et de n’apprécier personne tel qu’il se dépeint en paroles, mais bien tel qu’il se présente par ses actes ; car la rage du loup se couvre chez plus d’un de la peau du mouton. Les épines ne produisent, pas de raisins, ni les chardons des figues, et les arbres mauvais ne donnent pas de bons fruits : le Seigneur nous enseigne par là que la réalité des bonnes œuvres ne consiste pas en de telles apparences, et qu’il faut donc reconnaître chacun à ses fruits. Car ce n’est pas uniquement le zèle en paroles qui obtiendra le Royaume des Cieux et ce n’est pas celui qui dit : « Seigneur, Seigneur » qui en recueillera l’héritage.

Quel mérite y a-t-il en effet à dire « Seigneur, Seigneur » au Seigneur ? Ne serait-il pas Seigneur si nous ne l’appelions ainsi ? Et quelle marque de sainteté y a-t-il à lui donner ce nom ? C’est en obéissant à la volonté de Dieu bien plus qu’en lui décernant un titre qu’on trouvera l’accès au Royaume des Cieux. « Beaucoup me diront en ce jour-là : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ?”« Ici encore, c’est la fourberie des faux prophètes que le Seigneur condamne ainsi que les artifices des hypocrites qui tirent présomptueusement gloire de la vertu de leurs paroles, de la prédication de la doctrine, de la mise en fuite des démons et d’autres prodiges semblables.

Et ils se promettent ainsi le Royaume des Cieux, comme s’ils tenaient d’eux-mêmes ce qu’ils disent et réalisent, et comme si tout bien ne procédait pas de la puissance de Dieu qu’ils ont invoquée : car la science de la doctrine se tire de la lecture et le nom du Christ met en fuite les démons. L’éternité bienheureuse requiert donc notre effort, il nous faut nous dépenser un peu nous-mêmes : nous attacher au bien, éviter tout mal, obéir de tout cœur aux préceptes divins, et en accomplissant semblables devoirs, nous serons connus de Dieu. Faisons ce qu’il veut au lieu de tirer gloire de ce qu’il peut, lui qui rejette et repousse ceux dont les œuvres sont impies : il ne les connaît pas.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 03 Aoû 2014, 7:02 am

8e dimanche après la Pentecôte

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples cette parabole :
Il était un homme riche qui avait un intendant ;
celui-ci lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. Et le reste.


Homélie de saint Jérôme, prêtre
.

L’intendant de richesses malhonnêtes reçoit un éloge de la bouche de son maître pour s’être préparé une sorte de justice avec le fruit même de sa malhonnêteté, et le maître lésé loue la prudence de l’intendant parce qu’en portant préjudice à son maître, il a, dans son intérêt personnel, agi prudemment. Le Christ ne peut subir aucun dommage et toujours incline à la clémence. Combien plus ne louera-t-il pas ses disciples s’ils ont exercé la miséricorde à l’égard de ceux qui croiront en lui ?

Après la parabole, le Seigneur ajoute : « Et moi je vous dis : Faites-vous des amis avec le mammon malhonnête ! » Ce n’est pas l’hébreu, mais le syriaque qui appelle « mammon » malhonnête les richesses parce qu’elles s’amassent par des procédés malhonnêtes. Si donc un bien mal acquis, mais adroitement distribué, peut se changer en justice, la parole divine qui, elle, n’a rien de malhonnête et qui a été confiée aux Apôtres, n’élèvera-t-elle pas jusqu’au ciel ceux qui l’administrent, pourvu que ce soit à bon escient ?

On comprend la suite : Celui qui est fidèle pour très peu de chose, ce qui veut dire pour le plan charnel, sera fidèle aussi pour beaucoup, ce qui veut dire pour le plan spirituel. Mais celui qui est malhonnête pour très peu qui ne met pas au service de ses frères ce que Dieu a créé pour tous, celui-là sera malhonnête aussi dans le partage des richesses spirituelles, car il ne dispensera pas la doctrine selon les besoins, mais selon les personnes. « Or, dit le Seigneur, si vous ne dispensez pas bien les richesses matérielles et caduques, qui donc vous confiera les vraies et éternelles richesses de la doctrine divine ? »
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 10 Aoû 2014, 7:36 am

9ème dimanche après la Pentecôte

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : Comme Jésus arrivait près de Jérusalem, en voyant la ville, il pleura sur elle et il dit : Si tu connaissais, toi aussi, au moins en ce jour qui t’est donné, ce qui te procurerait la paix ! Mais maintenant cela est caché à tes yeux. Et le reste.


Homélie de saint Grégoire, pape.

Quiconque a lu l’histoire de la chute de Jérusalem survenue sous les chefs romains Vespasien et Titus, reconnaît cette ruine que le Seigneur a décrite en pleurant. N’est-ce pas les chefs romains qu’il dénonce quand il dit : « Car des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’entoureront de tranchées » ? Et ces paroles aussi : « Ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre », témoignent du déplacement même de cette ville. Car si maintenant elle a été reconstruite en dehors de la porte, là où le Seigneur fut crucifié, c’est que la Jérusalem antérieure a été renversée de fond en comble, comme il est dit.

On indique pour quelle faute elle a subi la peine de sa ruine : c’est « parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu étais visitée ». Le Créateur de toutes choses avait, en effet, daigné la visiter par le mystère de son Incarnation. Mais elle ne s’est guère souciée ni de sa crainte ni de son amour. La prophétie y fait aussi allusion quand elle interpelle les oiseaux du ciel pour réprimander le cœur humain : « Même la cigogne, dans le ciel, connaît sa saison. La tourterelle, l’hirondelle et la grue observent le temps de leur migration. Et mon peuple ne connaît pas le droit du Seigneur »

Mais oui ! Le Rédempteur pleure la ruine de cette cité infidèle alors que cette cité même ne se doute en rien de ce qui va se passer. C’est bien a elle que le Seigneur dit en pleurant : « Si tu avais pu reconnaître, toi aussi, » – sous-entendu : tu pleurerais –. Mais parce que tu ignores ce qui t’attend tu jouis. Et c’est pourquoi il ajoute : « En ce jour qui était le tien, ce qui t’apportait la paix ». Car en son jour où elle se livrait aux désirs charnels et ne se souciait guère des malheurs à venir, elle avait ce qui pouvait lui apporter la paix.
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Message  gabrielle le Dim 17 Aoû 2014, 6:55 am

10 ème dimanche après la Pentecôte

Sermon de saint Jean Chrysostome.

N’allons pas croire que nous serons excusés parce que d’autres ont péché avec nous. Au contraire, notre châtiment n’en sera que plus grand. Le serpent a été puni plus que la femme et celle-ci plus que l’homme ; la peine imposée à Jézabel fut plus dure que celle d’Achab ; lui, il avait accaparé la vigne, mais elle avait ourdi toute l’affaire et précipité le roi dans sa chute. Toi aussi, dès lors, si tu as mené d’autres hommes à leur perte, tu subiras un sort plus terrible que ceux qui seront tombés par ta faute. Autre chose est, en effet, de pécher soi-même, autre chose – et plus pernicieuse – d’inciter autrui à pécher.

Ainsi donc, si nous voyons d’autres se livrer au péché, loin de les encourager, efforçons-nous de les retirer de l’abîme de leur malice, si nous ne voulons pas payer pour la ruine d’autrui. Souvenons-nous sans cesse du tribunal redoutable, du fleuve de feu, des chaînes infrangibles, des ténèbres épaisses, des grincements de dents, du ver qui empoisonne. « Mais, diras-tu, Dieu aime les hommes. » Alors, tout ceci n’est que verbiage ? Et ce riche qui méprise Lazare, n’est-il point puni ? Et les vierges étourdies, ne sont-elles pas rejetées de la salle des noces ? Et ceux qui n’ont pas voulu soulager la faim du Christ ne vont-ils pas au feu préparé pour le diable ? Celui qui ose se montrer avec des vêtements sordides ne périra-t-il pas, pieds et poings liés ? Et celui qui a exigé le remboursement de ses cent deniers, n’est-il pas livré aux bourreaux ? Et ce qui est dit des adultères : « Leur ver ne mourra pas et leur feu ne s’éteindra jamais », cela ne sera-t-il pas vrai ?

Ces mots n’évoquent-ils que de simples menaces ? « Justement », diras-tu. Mais au nom de quel argument, dis-moi, oses-tu soutenir cela et porter, de ta propre autorité, un tel jugement ? Pour moi, je pourrai te prouver le contraire, à partir des paroles de Dieu et de ses œuvres. Car, si tu refuses de croire à l’annonce des châtiments futurs, crois du moins en voyant ceux qui ont déjà eu lieu. Assurément, ce qui s’est passé, et a pris forme d’évènements concrets, on ne peut l’appeler menaces et verbiage. Qui donc a submergé toute la terre au temps de Noé, déchaîné le terrible déluge et fait périr notre race tout entière ? Ensuite qui a lancé la foudre et les traits de feu sur le pays de Sodome ? Qui a englouti sous les flots toute l’Égypte ? Qui a voué aux flammes la bande d’Abiron ? Qui faucha en un instant septante mille hommes au temps de David ? Qui a infligé tous ces châtiments et d’autres encore, qui donc, sinon Dieu ?
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 24 Aoû 2014, 7:56 am

XIe  dimanche  après la Pentecôte

Lecture du saint Évangile selon saint Marc.

En ce temps-là : Jésus quitta le pays de Tyr et vint, par Sidon, vers la mer de Galilée, en plein pays de la Décapole. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, pape.

Quand Dieu, Créateur de toutes choses, a voulu guérir un sourd-muet, il lui mit les doigts dans les oreilles et il prit de la salive et lui toucha la langue. Pourquoi ? Que signifient les doigts du Rédempteur, sinon les dons du Saint-Esprit ? C’est pour cela que, ailleurs, après avoir chassé un démon, il dit : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » Un autre évangéliste exprime cette même parole ainsi : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » En mettant ces deux textes ensemble, on voit que l’Esprit est appelé doigt de Dieu. Donc, mettre les doigts dans les oreilles, c’est ouvrir à l’obéissance l’esprit du sourd par les dons du Saint-Esprit.

Et que veut dire : « Il prit de la salive et lui toucha la langue » ? Pour nous, la salive de la bouche du Rédempteur c’est la sagesse reçue par le discours divin. En effet, la salive découle de la tête dans la bouche. Ainsi, quand le Rédempteur qui est lui-même la Sagesse, touche notre langue, du coup, il la forme aux paroles de la prédication. « Il leva les yeux vers le ciel, et il gémit. » Non qu’il eût besoin de gémir, lui qui donnait ce qu’il demandait : Mais c’était pour nous apprendre à gémir vers celui qui siège au ciel, car nos oreilles doivent s’ouvrir par les dons du Saint-Esprit ; et la langue doit se délier en vue de la prédication par la salive de la bouche, c’est-à-dire par la science de la divine parole. (*)

« Et au même moment il lui dit : Ephphetha, c’est-à-dire : Ouvre-toi, ses oreilles s’ouvrirent, et du coup fut dénoué le lien de sa langue. » Notons ici que les mots « ouvre-toi » sont en fonction des oreilles bouchées. Mais dès que les oreilles du cœur sont ouvertes à l’obéissance, il s’en suit tout naturellement que le lien de la langue est dénoué pour dire aux autres d’accomplir les bonnes actions qu’on a soi-même accomplies. Alors on ajoute à bon droit : « Il parlait normalement. » Car celui qui pratique d’abord l’obéissance parle ensuite normalement pour exhorter les autres à exécuter ce qu’ils doivent faire.

(*)Note de gabrielle: notre langue aussi doit se délier pour glorifier et louer Dieu, donner la lumière à ceux qui sont dans les ténèbres, reprendre les pécheurs afin qu'ils ne périssent point par notre silence.
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Message  gabrielle le Dim 31 Aoû 2014, 6:52 am

12e Dimanche après la Pentecôte

Lecture du Saint Evangile selon saint Luc.
Luc. 10, 23-37.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez..
Homélie de saint Bède le Vénérable, prêtre.

Heureux les yeux, non des scribes et des pharisiens qui peuvent voir seulement le corps du Seigneur, mais ces yeux-là qui peuvent reconnaître ses mystères dont il est dit : « Et tu les as révélés aux tout petits. » Heureux les yeux des tout petits à qui le Fils daigne se révéler avec son Père. Abraham exulta de voir le jour du Christ. Il l’a vu et s’est réjoui. Isaïe aussi et Michée et bien d’autres prophètes ont vu la gloire du Seigneur et c’est pourquoi on les appelle voyants. Cependant tous ceux-ci, en guettant et saluant de loin, ont vu au moyen d’un miroir, confusément.

Mais les Apôtres qui avaient le Seigneur parmi eux, qui ont pris leur repas avec lui, et qui n’avaient qu’à demander pour apprendre de lui tout ce qu’ils voulaient savoir, n’avaient pas besoin de l’enseignement des anges ou de divers genres de visions. Ceux que Luc désigne lorsqu’il parle de "beaucoup de prophètes et de rois", Matthieu les appelle plus clairement "prophètes et justes". Car, en effet, ils sont de grands rois, eux qui ne consentent pas à succomber aux mouvements de leurs tentations, mais savent royalement les maîtriser.

« Mais voici qu’un docteur de la loi se leva pour le mettre à l’épreuve, en disant : ‘Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ?’ » Il me semble que ce docteur de la loi qui voulait mettre le Seigneur à l’épreuve en le questionnant au sujet de la vie éternelle, a pris occasion pour ce faire des paroles mêmes du Seigneur : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » Mais par sa question même il proclama combien est vraie cette parole du Seigneur louant son Père « d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits. »
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Message  gabrielle le Dim 07 Sep 2014, 8:01 am

13e Dimanche après la Pentecôte

Homélie de saint Augustin, évêque.

Le Seigneur a purifié dix lépreux et leur a dit : "Allez vous montrer aux prêtres." A ce sujet, on peut se demander pourquoi il les envoya aux prêtres, de telle sorte qu’en cours de route, ils soient purifiés. Hormis les lépreux, nul de ceux qu’il a gratifiés de bienfaits corporels ne se trouve jamais envoyé aux prêtres. C’était aussi de la lèpre qu’il avait purifié celui auquel il a dit : "Va, montre-toi aux prêtres et offre pour toi le sacrifice prescrit par Moïse pour leur servir d’attestation." Il faut donc rechercher la signification de cette lèpre. Ceux qui en sont délivrés ne sont pas dits guéris mais purifiés. La lèpre est à proprement parler une corruption de la couleur plutôt que de la santé ou de l’intégrité des sens et des membres.

On peut donc, sans absurdité, penser que les lépreux représentent ceux qui, sans avoir la science de la vraie foi, professent en conséquence les doctrines variées de l’erreur. Loin de cacher leur ignorance, ils la produisent au grand jour comme la science suprême et dans des discours pleins de jactance, ils en font étalage. Or, il n’est si fausse doctrine qui ne soit mêlée de quelque vérité. Dans une seule et même discussion ou récit d’un homme, les vérités s’entremêlent sans ordre aux erreurs comme si elles apparaissaient dans la coloration d’un seul corps. Ainsi en va-t-il de la lèpre, elle altère et flétrit les corps humains, mêlant aux teintes vraies des fausses couleurs.

Que l’Église se garde donc de tels hommes ! Ainsi, s’il se peut, se voyant maintenus à distance ils interpelleront le Christ en une grande clameur, comme ces dix qui s’arrêtèrent à distance puis, élevant la voix, dirent : " Jésus, maître, aie pitié de nous. " Ils l’appellent : " Maître. " Et de ce nom, personne, que je sache, n’a jamais interpellé le Seigneur pour lui demander un remède corporel. C’est assez montrer, je crois, que la fausse doctrine est signifiée par la lèpre dont le bon maître lave la souillure.

Note de gabrielle: la lèpre, dont parle Saint Augustin, est épidémique de nos jours.
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Message  gabrielle le Dim 14 Sep 2014, 7:55 am

14e Dimanche après la Pentecôte
Homélie de saint Augustin, évêque.

« Nul ne peut servir deux maîtres. » A cette même intention, bonne ou mauvaise, se rapporte ce que notre Seigneur expose en conséquence de son assertion : « Ou il haïra l’un et il aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » Il faut examiner attentivement ce passage ; le Seigneur lui-même indique quels sont ces deux maîtres, en ajoutant : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » Les Hébreux donnent, dit-on, aux richesses le nom de Mammona. En langue punique, ce mot a le même sens ; car mammon signifie gain.

Servir Mammon, c’est être l’esclave de celui que sa perversité a préposé aux choses terrestres, et que le Seigneur appelle « prince de ce monde ». Donc : « ou l’homme le haïra et aimera l’autre », c’est-à-dire Dieu ; « ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » En effet, quiconque est esclave des richesses s’attache à un maître dur et à une domination funeste ; enchaîné par sa cupidité, il subit la tyrannie du démon, et certes, il ne l’aime pas ; car qui peut aimer le démon ? Mais cependant il le supporte.

« C’est pourquoi, continue le Sauveur, je vous dis : Ne vous inquiétez point pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous vous vêtirez. » Il ne veut pas que notre cœur se partage à la recherche, non seulement du superflu, mais même du nécessaire, et que, pour nous le procurer, notre intention se détourne de sa véritable fin, dans les actions que nous paraissons faire par un motif de miséricorde. C’est-à-dire qu’il ne veut pas que, tout en paraissant nous dévouer aux intérêts du prochain, nous ayons moins en vue son utilité que notre avantage personnel, et que nous nous regardions comme exempts de fautes, parce que nous ne voulons obtenir que le nécessaire et non le superflu.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  Louis le Dim 14 Sep 2014, 2:23 pm

Dans un vieux Missel de 1951, la phrase, à la suite de ce 2e paragraphe de l'Homélie de Saint Augustin, explique ce que veut dire « méprisera l'autre » :

Servir Mammon, c’est être l’esclave de celui que sa perversité a préposé aux choses terrestres, et que le Seigneur appelle « prince de ce monde ». Donc : « ou l’homme le haïra et aimera l’autre », c’est-à-dire Dieu ; « ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » En effet, quiconque est esclave des richesses s’attache à un maître dur et à une domination funeste ; enchaîné par sa cupidité, il subit la tyrannie du démon, et certes, il ne l’aime pas ; car qui peut aimer le démon ? Mais cependant il le supporte.

vieux Missel a écrit:

...Mais cependant il le supporte. D'autre part il ne hait pas Dieu, car personne, dans le fond de sa conscience, ne peut haïr Dieu, mais il le méprise, c'est-à-dire qu'il ne le craint pas, comme s'il était assuré d'être pardonné. (...)

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  ROBERT. le Dim 14 Sep 2014, 2:53 pm

Louis a écrit:  
vieux Missel a écrit:
...Mais cependant il le supporte. D'autre part il ne hait pas Dieu, car personne, dans le fond de sa conscience, ne peut haïr Dieu, mais il le méprise, c'est-à-dire qu'il ne le craint pas, comme s'il était assuré d'être pardonné. (...)

C’est de la présomption orgueilleuse, portée au paroxysme.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  ROBERT. le Dim 14 Sep 2014, 3:59 pm

.
Explication de Saint Augustin:

Saint Augustin in Job XXXIX, 23 a écrit:
Si les joies de l'espérance ne s'unissaient point en nous aux craintes de la damnation,

elles dégénéreraient bientôt en une coupable sécurité, en une présomption téméraire…


Dernière édition par ROBERT. le Dim 14 Sep 2014, 4:59 pm, édité 1 fois (Raison : Lire Saint Augustin au lieu de Saint Jean Chrysostôme)
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Lun 15 Sep 2014, 8:02 am

Merci Louis et Robert.

Et que personne ne se gêne de venir mettre des compléments, ce dossier appartient à tous.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Dim 21 Sep 2014, 8:07 am

15e Dimanche après la Pentecôte
Homélie de saint Augustin, évêque.

Une mère, veuve, fut dans la joie lors de la résurrection de ce jeune homme. Une mère, l’Église, est dans la joie chaque jour lors de la résurrection spirituelle des hommes. Celui-là était mort dans son corps mais ceux-ci, dans leur âme. La mort visible était pleurée par des larmes visibles. Quant à la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait, Celui-là qui connaissait les morts prit souci d’eux. Celui-là seul connaissait les morts qui pouvait les rendre à la vie. S’il n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d’entre les morts, et sur toi luira le Christ »

Trois morts furent, à notre connaissance, ressuscités visiblement par le Seigneur. Des milliers, invisiblement. Combien de morts a-t-il, en fait, ressuscités visiblement ? Qui le sait ? Tout ce qu’il a fait ne fut pas écrit. Voici ce que dit Jean : « Jésus a accompli encore bien d’autres actions. Si on les relatait, le monde entier ne suffirait pas, je pense, à en contenir les livres » (Jn 21, 25). On peut en conclure que beaucoup d’autres, sans doute, furent ressuscités, mais ce n’est pas en vain qu’il est fait mention de trois. Notre Seigneur Jésus-Christ voulait que ses actions corporelles soient comprises aussi dans un sens spirituel. Il ne faisait pas seulement des miracles pour les miracles, mais afin que ceux qu’ils faisaient soient tout à la fois merveilles pour les regards et vérités pour l’intelligence.

A titre de comparaison : celui qui voit des lettres dans un livre très bien écrit, et qui ne sait point lire, loue la main du copiste, admire la beauté des caractères mais il ne sait ce que veulent dire, ce que signifient ces caractères. Par ses regards, il est louangeur, par son esprit, il n’est pas connaisseur. Un autre, tout au contraire, louera l’écriture et saisira le sens de l’écrit. Tel est celui qui non seulement est capable de voir – cela tous le peuvent – mais aussi de lire – et cela, celui qui ne l’a pas appris, ne le peut. Ainsi ceux qui les ont vu et n’ont pas compris ce que les miracles du Christ leur voulaient dire, et les signes qu’ils faisaient en quelque sorte si on les comprend, ceux-là ont admiré seulement les actions, mais d’autres ont aussi admiré les actions et ils en ont obtenu l’intelligence. Tels devons-nous être à l’école du Christ.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  ROBERT. le Dim 21 Sep 2014, 11:08 am

gabrielle a écrit:
15e Dimanche après la Pentecôte
Homélie de saint Augustin, évêque.

 ..la mort invisible, nul n’en prenait souci, nul ne l’apercevait...

La mort invisible (celle des âmes), bien peu l'aperçoivent aujourd'hui,

en ces temps d'infâme trahison et d'apostasie.
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Re: Temps après la Pentecôte

Message  gabrielle le Lun 22 Sep 2014, 7:06 am

Vous avez bien raison, Robert.

Tout ce qui ne frappe les sens est nié, par contre les gens croient volontiers à des extra-terrestres ou à la réincarnation, ce qui m'amène à penser, que la négation universelle est obligatoirement liée à Notre-Seigneur et son Église.
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