Sanctoral

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Message  gabrielle le Dim 08 Mar 2015, 7:32 am

Le 8 mars

Saint Jean de Dieu, confesseur

Jean de Dieu naquit de parents catholiques et pieux, dans la ville de Monte-Mayor, au royaume de Portugal. Au moment de sa naissance une clarté extraordinaire parut sur sa maison, et une cloche sonna d’elle-même ; ces prodiges firent clairement présager que le Seigneur avait choisi cet enfant pour de glorieuses destinées. Dans sa jeunesse il fut retiré, par la puissance de la grâce divine, d’une vie trop relâchée et il commença à donner l’exemple d’une grande sainteté. Un jour, entendant la parole de Dieu, il se sentit tellement excité au bien, que dès lors il sembla avoir atteint une perfection consommée, quoiqu’il ne fût encore qu’au début d’une vie très sainte. Après avoir donné tout ce qu’il avait aux pauvres prisonniers, il devint pour tout le peuple un spectacle de pénitence, et de mépris de soi-même, ce qui lui attira les plus mauvais traitements de la part de beaucoup de personnes qui le regardaient comme un fou, et on alla jusqu’à l’enfermer dans une maison de santé. Mais Jean, enflammé de plus en plus d’une charité céleste, parvint à faire construire dans la ville de Grenade, avec les aumônes des personnes pieuses, deux vastes hôpitaux, et jeta les fondements d’un nouvel Ordre, donnant à l’Église l’institut des Frères hospitaliers, qui servent les malades au grand profit des âmes et des corps, et qui se sont répandus dans le monde entier.

Il ne négligeait rien pour procurer le salut de l’âme et du corps aux pauvres malades, que souvent il portait chez lui sur ses épaules. Sa chanté ne se renfermait pas dans les limites d’un hôpital : il procurait secrètement des aliments à de pauvres veuves, à des jeunes filles dont la vertu était en danger, et mettait un soin infatigable à délivrer du vice ceux qui en étaient souillés. Un grand incendie s’étant déclaré dans l’hôpital de Grenade, Jean se jeta intrépidement au milieu du feu, courant ça et là dans l’enceinte embrasée jusqu’à ce qu’il eût transporté sur ses épaules tous les malades, et jeté les lits par les fenêtres pour les préserver du feu. Il resta ainsi pendant une demi-heure au milieu des flammes qui s’étendaient avec une rapidité extraordinaire ; il en sortit sain et sauf par le secours divin, à l’admiration de tous les habitants de Grenade ; montrant par cet exemple de charité que le feu qui le brûlait au dehors était moins ardent que celui qui l’embrasait intérieurement.

Jean de Dieu pratiqua, dans un degré éminent de perfection, des mortifications de tous genres, la plus humble obéissance, une extrême pauvreté, le zèle de la prière, la contemplation des choses divines ainsi que la dévotion à la sainte Vierge ; il fut aussi favorisé du don des larmes. Enfin, atteint d’une grave maladie, il reçut, selon l’usage, tous les sacrements de l’Église dans les plus saintes dispositions, puis, malgré sa faiblesse, il se leva de son lit, couvert de ses vêtements, se jeta à genoux, et, pressant sur son cœur l’image de Jésus-Christ crucifié, il mourut ainsi dans le baiser du Seigneur, le huit des ides de mars, l’an mil cinq cent cinquante. Même après son dernier soupir, ses mains retinrent encore le crucifix, et son corps resta dans la même position pendant environ six heures, répandant une odeur merveilleusement suave jusqu’à ce qu’on l’eût enlevé de ce lieu. La ville entière fut témoin de ces prodiges. Illustre par de nombreux miracles, pendant sa vie et après sa mort, Jean de Dieu a été mis au nombre des Saints par le souverain Pontife Alexandre VIII. Léon XIII, agissant selon le désir des saints Évêques de l’Univers catholique et après avoir consulté la Congrégation des Rites, l’a déclaré le céleste Patron de tous les hospitaliers et des malades du monde entier, et il a ordonné qu’on invoquât son nom dans les Litanies des agonisants.
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Message  gabrielle le Lun 09 Mar 2015, 8:07 am

Le 9 mars

Sainte Françoise Romaine, veuve

Françoise, noble dame romaine, donna dès l’enfance de remarquables exemples de vertus : méprisant les jeux puérils et les attraits du monde, elle trouvait ses délices dans la solitude et l’oraison. A l’âge de onze ans, elle forma le dessein de consacrer à Dieu sa virginité et d’entrer dans un monastère. Néanmoins, par une humble soumission à la volonté de ses parents, elle épousa Laurent de Ponziani, jeune homme dont la fortune égalait la noblesse. Dans l’état du mariage, elle conserva toujours, autant qu’elle le put, le genre de vie austère qu’elle s’était proposé, ayant en horreur les spectacles, les festins et autres divertissements semblables, portant des vêtements de laine et d’une grande simplicité, donnant à l’oraison ou au service du prochain ce qui lui restait de temps après l’accomplissement de ses devoirs domestiques. Elle s’appliquait avec le plus grand soin à retirer les dames romaines des pompes du siècle et à les détourner de la vanité des parures. C’est pour ces motifs qu’elle fonda à Rome, du vivant de son mari, la maison des Oblates de la Congrégation du Mont-Olivet sous la règle de saint Benoît. Elle supporta avec la plus courageuse constance l’exil de son mari, la perte de ses biens, les malheurs de sa maison, et, rendant grâces avec le bienheureux Job, elle lui empruntait fréquemment ces paroles : « Le Seigneur me l’a donné, le Seigneur me l’a ôté, que le nom du Seigneur soit béni ».

Son mari étant mort, elle accourut à la maison des Oblates dont il a été parlé plus haut, et implora avec beaucoup de larmes, les pieds nus, la corde au cou, et prosternée contre terre, la grâce d’être reçue parmi elles. Ayant obtenu la réalisation de ses désirs, elle se glorifiait, bien qu’elle fût la mère de toutes, de ne porter d’autre titre que celui de servante, de femme très vile, et de vase impur. Ses paroles et ses actions manifestaient le mépris qu’elle faisait d’elle-même ; souvent on la vit revenir d’une vigne située dans le voisinage de la ville, et traverser Rome, portant sur la tête un faisceau de sarments, ou conduisant un âne chargé de bois. Elle secourait les pauvres et leur faisait d’abondantes aumônes, visitait les malades dans les hôpitaux, et les fortifiait en leur donnant, avec la nourriture du corps, de salutaires avis. Elle s’efforçait constamment de réduire son corps en servitude par des veilles, des jeûnes, le cilice, la ceinture de fer, et de fréquentes disciplines. Elle ne faisait qu’un repas par jour, et il se composait d’herbes et de légumes ; sa boisson était de l’eau. Quelquefois cependant, elle modéra un peu ses austérités corporelles sur l’ordre de son confesseur, à l’égard duquel sa dépendance était extrême.

Elle contemplait avec une si grande ferveur d’esprit et une telle abondance de larmes les divins mystères et surtout la passion du Seigneur Jésus, qu’elle semblait prête à expirer par la violence de la douleur. Souvent aussi, lorsqu’elle priait, principalement après avoir reçu le très saint sacrement de l’Eucharistie, elle demeurait immobile, l’esprit élevé en Dieu, et ravie par la contemplation des choses célestes. Aussi l’ennemi du genre humain employa-t-il tous ses efforts pour la détourner de son genre de vie par divers outrages et par des coups ; mais elle ne le craignait pas et déjoua toujours ses artifices. Elle remporta sur lui un glorieux triomphe, grâce au secours de son Ange gardien avec lequel elle conversait familièrement. Elle brilla par le don de guérir les malades, et par celui de prophétie qui lui faisait annoncer les événements futurs et pénétrer les secrets des cœurs. Plus d’une fois, pendant qu’elle marchait toute occupée de Dieu, l’eau qui ruisselait, ou la pluie qui tombait, ne la mouillèrent point. Le Seigneur multiplia à sa prière quelques petits morceaux de pain, suffisant à peine pour nourrir trois sœurs, de telle sorte que non seulement quinze en furent rassasiées, mais qu’il en resta encore de quoi remplir une corbeille. Un jour, elle apaisa d’une façon complète la soif de ces mêmes sœurs qui, au mois de janvier, arrangeaient du bois hors de Rome, ayant obtenu de Dieu, par un miracle, que des grappes de raisin toutes fraîches parussent sur une vigne suspendue à un arbre. Enfin, éclatante de vertus et célèbre par ses miracles, elle s’en alla au Seigneur dans la cinquante-sixième armée de son âge : le souverain Pontife Paul V l’a mise au nombre des Saintes.
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Message  Louis le Lun 09 Mar 2015, 8:17 am

Pour des info additionnelles sur la vie de Sainte Françoise Romaine, voir à partir du lien suivant :

http://messe.forumactif.org/t6241p30-reunon-des-chretiens-d-orient-avec-l-eglise-romaine-sous-le-pape-eugene-iv#114567

_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
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Message  gabrielle le Mar 10 Mar 2015, 6:44 am

Le 10 mars

Les saints Quarante Martyrs

Sous l’empereur Licinius et le gouverneur Agricola, à Sébaste en Arménie, quarante soldats firent briller d’un vif éclat leur foi en Jésus-Christ et leur courage à souffrir les tourments. Après qu’on les eut jetés à diverses reprises dans une affreuse prison, chargés de chaînes, et qu’on leur eut brisé les mâchoires à coups de pierres, on leur fit passer la nuit sur un étang glacé, nus, exposés à la rigueur de l’air dans le temps le plus rigoureux de l’hiver afin qu’ils mourussent de froid. Or, une même prière était celle de tous : « Seigneur, disaient-ils, nous sommes entrés quarante dans la lice ; accordez-nous d’être aussi quarante à recevoir la couronne, et qu’il n’en manque pas un à ce nombre. Il est en honneur, ce nombre que vous avez consacré par un jeûne de quarante jours, ce nombre par le moyen duquel la loi divine fut donnée au monde ; et c’est aussi en cherchant Dieu par un jeûne de quarante jours qu’Élie a obtenu de le voir. » Telle était leur prière.

Un des gardiens veillait, alors que les autres s’étaient abandonnés au sommeil ; pendant que les Martyrs priaient, il aperçut une lumière qui les environnait et des Anges qui descendaient du ciel pour donner des couronnes à trente-neuf soldats, comme de la part de leur roi. A cette vue, il se dit en lui-même : Ils sont quarante, où donc est la couronne du quarantième ? Tandis qu’il avait cette pensée, un d’entre eux manquant de courage pour supporter le froid, se jeta dans un bain d’eau tiède qui était proche, et affligea profondément les saints par sa désertion. Mais Dieu ne permit pas que leurs prières demeurassent sans effet, car le gardien émerveillé de ce qu’il venait de voir, réveilla aussitôt ses compagnons, puis, ayant ôté ses vêtements et publié à haute voix qu’il était chrétien, il alla se joindre aux Martyrs. Quand les satellites du gouverneur eurent appris que ce gardien était chrétien, ils leur brisèrent à tous les jambes à coups de bâtons.

Tous moururent dans ce supplice, excepté le plus jeune, nommé Mélithon. Sa mère qui était présente, le voyant encore en vie, bien qu’il eût les jambes rompues, l’exhorta en ces termes : « Mon fils, souffre encore un peu, voici que le Christ se tient à la porte, t’aidant de son secours ». Lorsqu’elle vit qu’on chargeait sur des chariots les corps des autres Martyrs pour les jeter dans un bûcher et qu’on laissait le corps de son fils, parce que cette troupe impie espérait amener l’adolescent au culte des idoles, s’il survivait, cette sainte mère, l’ayant pris sur ses épaules, suivit les chariots qui portaient les corps des Martyrs. Mélithon rendit son âme à Dieu dans les embrassements de sa pieuse mère, et elle plaça son corps sur le même bûcher qui devait consumer les restes des autres Martyrs : en sorte que ceux qui avaient été si étroitement unis par la foi et le courage le furent encore après la mort dans les mêmes funérailles, et parvinrent au ciel tous ensemble. Leurs corps étant brûlés, on jeta leurs ossements dans une rivière, mais on retrouva ces reliques conservées et entières, dans un même lieu où elles s’étaient miraculeusement réunies, et on les ensevelit avec honneur.

http://deojuvante.forumactif.org/t1048-les-saints-quarante-martyrs#13606
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Message  gabrielle le Jeu 12 Mar 2015, 6:41 am

Le 12 mars

Saint Grégoire le Grand, pape, confesseur et docteur

Grégoire le Grand était romain et fils du sénateur Gordien. Il étudia la philosophie dans sa jeunesse, et exerça la charge de préteur. Après la mort de son père, il fonda six monastères en Sicile ; il en établit un septième à Rome sous le nom de Saint-André, dans sa propre maison, près de la Basilique des Saints-Jean-et-Paul, sur la pente dite de Scaurus. Là, sous la conduite d’Hilarion et de Maximien, il fit profession de la vie monastique, et devint ensuite Abbé. Créé Cardinal-Diacre, il fut envoyé par le pape Pelage à Constantinople, en qualité de légat auprès de l’empereur Tibère-Constantin. Pendant qu’il se trouvait à la cour de ce prince, son zèle eut un résultat mémorable : il convainquit si évidemment d’erreur le Patriarche Eutychius, qui avait écrit contre la vraie et tangible résurrection des corps, que l’empereur jeta son livre au feu. Aussi, Eutychius lui-même étant peu après tombé malade, et sur le point de mourir, touchant la peau de sa main, disait en présence de nombreux témoins : « Je confesse que nous ressusciterons tous dans cette chair ».

De retour à Rome, Grégoire fut élu Pontife avec l’accord le plus unanime, pour succéder à Pelage que la peste avait enlevé. Il ne voulut pas accepter cet honneur, et le refusa aussi longtemps qu’il put. Sous un habit étranger il alla se cacher dans une caverne, mais une colonne de feu indiquant sa retraite l’y fit découvrir ; on le consacra à Saint-Pierre. Pendant son pontificat, ce Pape a laissé à ses successeurs de nombreux exemples de doctrine et de sainteté. Il admettait tous les jours des étrangers à sa table, et parmi eux, il lui arriva de recevoir un Ange, et même le Seigneur des Anges, sous la figure d’un pèlerin. Il nourrissait libéralement les pauvres de Rome et de l’étranger, et avait une liste des nécessiteux. Il rétablit la foi catholique en beaucoup d’endroits où elle était chancelante ; car il réprima les Donatistes en Afrique, les Ariens en Espagne, et expulsa les Agnoïtes d’Alexandrie. Il ne voulut pas donner le pallium à Syagrius, Évêque d’Autun, si celui-ci ne bannissait de la Gaule les hérétiques néophytes. Il obligea les Goths à abandonner l’hérésie arienne. Ayant envoyé dans la Grande-Bretagne, Augustin et d’autres moines doctes et saints, il convertit cette île à la foi de Jésus-Christ, ce qui l’a fait appeler avec raison l’Apôtre de l’Angleterre, par le vénérable Prêtre Béde. Il réprima l’audace de Jean, Patriarche de Constantinople, qui s’arrogeait le nom d’Évêque de l’Église universelle. L’empereur Maurice ayant défendu aux soldats de se faire moines, Grégoire l’amena à révoquer cet édit.

Cet illustre Pontife orna l’Église de plusieurs institutions et lois très saintes. Dans un concile rassemblé à Saint-Pierre, il fit plusieurs ordonnances ; il établit entre autres choses qu’à la Messe on répéterait neuf fois Kyrie eleison, que l’Alléluia se dirait toute l’année, hors le temps compris entre la Septuagésime et Pâques, qu’on ajouterait au Canon ces mots : Établissez nos jours dans votre paix, etc. Il augmenta les Litanies, le nombre des Stations, et l’Office ecclésiastique. Il voulait qu’on eût la même estime pour les quatre conciles de Nicée, de Constantinople, d’Éphèse et de Chalcédoine, que pour les quatre Évangiles. Il accorda aux Évêques de Sicile, qui, selon l’ancienne coutume de leurs Églises, se rendaient à Rome tous les trois ans, la liberté de n’y venir que tous les cinq ans. Le diacre Pierre atteste avoir vu souvent le Saint-Esprit, en forme de colombe, au-dessus de la tête du pieux Pontife, pendant qu’il dictait les nombreux ouvrages qu’il a composés. Ses paroles, ses actions, ses écrits, ses décrets, sont dignes d’admiration, surtout si l’on considère qu’il était toujours faible et souffrant. Enfin, ayant fait aussi beaucoup de miracles, il fut appelé au bonheur céleste, après treize ans, six mois et dix jours de pontificat, le quatre des ides de mars, jour où les Grecs eux-mêmes célèbrent sa Fête avec des honneurs particuliers, à cause de l’insigne sagesse et de la grande sainteté de ce Pontife. Son corps a été enseveli dans la basilique de Saint Pierre, près de la sacristie.

http://deojuvante.forumactif.org/t845-saint-gregoire-le-grand#12072
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Message  gabrielle le Mar 17 Mar 2015, 10:33 am

Le 17 mars

St Patrice (Patrick), évêque et confesseur

Patrice, appelé l’Apôtre de l’Irlande, naquit dans la Grande-Bretagne ; il était fils de Calphurnius et de Conchessa, que l’on dit avoir été parente de saint Martin, Évêque de Tours. Dans sa jeunesse, il fut à plusieurs reprises emmené en captivité par les barbares, qui l’employèrent à garder les troupeaux, et dès lors il donna des indices de sa sainteté future. En effet, l’âme remplie de foi, de crainte de Dieu et d’amour, il se levait diligemment avant l’aube, pour aller, malgré la neige, la gelée et les pluies, offrir à Dieu ses prières : il avait coutume de le prier cent fois durant le jour et cent fois la nuit. Délivré de sa troisième servitude, il embrassa la cléricature, et s’appliqua longtemps à l’étude de l’Écriture sainte. Après avoir parcouru, non sans beaucoup de fatigues, les Gaules, l’Italie et les îles de la mer Tyrrhénienne, il fut divinement inspiré d’aller travailler au salut des Irlandais ; ayant reçu du Pape saint Célestin le pouvoir d’annoncer l’Évangile, il fut sacré évêque, et se rendit en Hibernie.

Il est admirable de voir combien cet homme apostolique souffrit de tribulations dans l’accomplissement de sa mission, que de fatigues et de peines il supporta, que d’obstacles il eut à surmonter. Mais par le secours de la divine bonté, cette terre, qui auparavant adorait les idoles, porta bientôt de si heureux fruits à la prédication de Patrice, qu’elle fut dans la suite appelée l’île des Saints. Il régénéra des peuples nombreux dans les eaux saintes du baptême ; il ordonna des Évêques et un grand nombre de clercs ; il donna des règles aux vierges et aux veuves qui voulaient vivre dans la continence. Par l’autorité du Pontife romain, il établit l’Église d’Armach métropolitaine de toute l’île, et l’enrichit de saintes reliques apportées de Rome. Les visions d’en haut, le don de prophétie, de grands miracles et des prodiges dont Dieu le favorisa, jetèrent un tel éclat, que la renommée de Patrice se répandit au loin.

Malgré la sollicitude quotidienne que demandaient ses Églises, Patrice persévérait, avec une ferveur infatigable, dans une oraison continuelle. On rapporte qu’il avait coutume de réciter chaque jour tout le Psautier, avec les Cantiques et les Hymnes, et deux cents oraisons ; en outre, il adorait Dieu trois cents fois, les genoux en terre, et à chaque Heure canoniale, il se munissait cent fois du signe de la croix. Partageant la nuit en trois parties, il employait la première à réciter cent Psaumes et à faire deux cents génuflexions ; il passait la deuxième à réciter les cinquante autres Psaumes, plongé dans l’eau froide, et le cœur, les yeux, les mains élevées vers le ciel ; il consacrait la troisième à un léger repos, étendu sur la pierre nue. Plein de zèle pour la pratique de l’humilité, il travaillait de ses mains, comme avait fait l’Apôtre. Enfin, épuisé par des fatigues continuelles endurées pour l’Église, illustre par ses paroles et par ses œuvres, parvenu à une extrême vieillesse, et fortifié par les divins mystères, il s’endormit dans le Seigneur ; il fut enseveli à Down, dans l’Ultonie, au Ve siècle de l’ère chrétienne.

http://deojuvante.forumactif.org/t224-saint-patrick#2419
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Message  gabrielle le Mer 18 Mar 2015, 7:51 am

Le 18 mars

Saint Cyrille de Jérusalem, évêque, confesseur et docteur

Cyrille de Jérusalem s’adonna dès ses plus tendres années, avec un très grand soin, à l’étude des divines Écritures, et fit de tels progrès dans cette science qu’il devint un vaillant défenseur de la foi orthodoxe. Plein d’amour pour les institutions monastiques, il se voua à une perpétuelle continence, et voulut embrasser le genre de vie le plus austère. Après avoir été ordonné prêtre par saint Maxime, Évêque de Jérusalem, il s’acquitta avec le plus grand mérite de la charge de prêcher aux fidèles la parole divine et d’instruire les catéchumènes, et composa ces catéchèses vraiment admirables, dans lesquelles, embrassant avec autant de clarté que d’éloquence toute la doctrine de l’Église,-il établit solidement et défendit contre les ennemis de la foi chacun des dogmes de la religion. Il y disserta d’une manière si nette et si distincte qu’il réfuta non seulement les hérésies qui avaient déjà paru, mais encore celles qui s’élevèrent dans la suite, comme s’il les avait prévues : par exemple, en prouvant la présence réelle du corps et du sang du Christ dans l’admirable sacrement de l’Eucharistie. Après la mort de saint Maxime, il fut désigné pour lui succéder par les Évêques de la province.

Comme le bienheureux Athanase, dont il était le contemporain, il eut à souffrir durant son épiscopat beaucoup d’injustices et de revers pour la cause de la foi, de la part des factions ariennes ; ces factions, supportant difficilement la véhémence avec laquelle Cyrille s’opposait aux hérésies, l’attaquèrent par des calomnies, et après l’avoir déposé dans un conciliabule, elles le chassèrent de son siège. Pour se soustraire à leur fureur, Cyrille se réfugia à Tarse en Cilicie, et il soutint les rigueurs de l’exil tant que vécut Constance. Ce prince étant mort, et Julien l’Apostat ayant été élevé à l’empire, Cyrille put revenir à Jérusalem où il travailla avec un zèle ardent à détourner son peuple des erreurs et des vices. Mais il fut de nouveau forcé de s’exiler sous l’empereur Valens, jusqu’au jour où furent réprimées la cruauté et l’audace des Ariens, la paix ayant été rendue à-l’Église par Théodose le Grand. Cet empereur reçut Cyrille avec honneur comme un très courageux athlète du Christ et le rétablit sur son siège. On voit la preuve de la diligence et de la sainteté avec lesquelles le Pontife remplit les devoirs de son sublime ministère, dans l’état florissant de l’Église de Jérusalem à cette époque, état que saint Basile a décrit, après être allé vénérer les lieux saints et y être resté quelque temps.

La tradition nous apprend que Dieu illustra par de célestes prodiges la sainteté de ce vénérable évêque. Parmi ces faits, on cite la célèbre apparition d’une croix plus brillante que les rayons du soleil, événement qui signala le début de son épiscopat. Païens et Chrétiens furent témoins oculaires de ce miracle, ainsi que Cyrille lui-même, qui, après en avoir rendu grâces à Dieu dans l’église, raconta le fait dans une lettre à l’empereur Constance. Un prodige non moins digne d’admiration est ce qui arriva aux Juifs, lorsque, sur l’ordre de l’empereur Julien, ils s’efforçaient de rebâtir le temple renversé par l’empereur Titus : un violent tremblement de terre se produisît, d’énormes tourbillons de flammes sortirent du sol, et le feu consuma tous les travaux, de sorte que les Juifs et Julien, changeant d’avis, abandonnèrent leur entreprise, comme Cyrille l’avait prédit avec assurance. Peu de temps avant sa mort, ce Saint prit part au second concile de Constantinople, dans lequel on condamna l’hérésie des Macédoniens et de nouveau celle des Ariens. De retour à Jérusalem il y fit une sainte mort, étant presque septuagénaire et dans la trente-cinquième année de son épiscopat. Le souverain Pontife Léon XIII a ordonné que son Office et sa Messe fussent célébrés par l’Église universelle.

http://deojuvante.forumactif.org/t846-saint-cyrille-de-jerusalem
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Message  gabrielle le Jeu 19 Mar 2015, 7:25 am

Le 19 mars

Saint Joseph, époux de la bienheureuse Vierge Marie.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Une nouvelle joie nous arrive, au sein des tristesses du Carême. Hier, c’était le radieux Archange qui déployait devant nous ses ailes [1] ; aujourd’hui, c’est Joseph, l’Époux de Marie, le Père nourricier du Fils de Dieu, qui vient nous consoler par sa chère présence. Dans peu de jours, l’auguste mystère de l’Incarnation va s’offrir à nos adorations : qui pouvait mieux nous initier à ses splendeurs, après l’Ange de l’Annonciation, que l’homme qui fut à la fois le confident et le gardien fidèle du plus sublime de tous les secrets ?

Le Fils de Dieu descendant sur la terre pour revêtir l’humanité, il lui fallait une Mère ; cette Mère ne pouvait être que la plus pure des Vierges, et la maternité divine ne devait altérer en rien son incomparable virginité. Jusqu’à ce que le Fils de Marie fût reconnu pour le Fils de Dieu, l’honneur de sa Mère demandait un protecteur : un homme devait donc être appelé à l’ineffable gloire d’être l’Époux de Marie. Cet heureux mortel, le plus chaste des hommes, fut Joseph.

Le ciel le désigna comme seul digne d’un tel trésor, lorsque la verge qu’il tenait dans le temple poussa tout à coup une fleur, comme pour donner un accomplissement sensible à l’oracle prophétique d’Isaïe : « Une branche sortira de la tige de Jessé, et une fleur s’élèvera de cette branche [2] ». Les riches prétendants à la main de Marie furent écartés ; et Joseph scella avec la fille de David une alliance qui dépassait en amour et en pureté tout ce que les Anges ont jamais connu dans le ciel.

Ce ne fut pas la seule gloire de Joseph, d’avoir été choisi pour protéger la Mère du Verbe incarné ; il fut aussi appelé à exercer une paternité adoptive sur le Fils de Dieu lui-même. Pendant que le nuage mystérieux couvrait encore le Saint des saints, les hommes appelaient Jésus, fils de Joseph, fils du charpentier ; Marie, dans le temple, en présence des docteurs de la loi, que le divin Enfant venait de surprendre par la sagesse de ses réponses et de ses questions, Marie adressait ainsi la parole à son fils : « Votre père et moi nous vous cherchions, remplis d’inquiétude [3] » ; et le saint Évangile ajoute que Jésus leur était soumis, qu’il était soumis à Joseph, comme il l’était à Marie.

Qui pourrait concevoir et raconter dignement les sentiments qui remplirent le cœur de cet homme que l’Évangile nous dépeint d’un seul mot, en l’appelant homme juste [4] ? Une affection conjugale qui avait pour objet la plus sainte et la plus parfaite des créatures de Dieu ; l’avertissement céleste donné par l’Ange qui révéla à cet heureux mortel que son épouse portait en elle le fruit du salut, et qui l’associa comme témoin unique sur la terre à l’œuvre divine de l’Incarnation ; les joies de Bethléhem lorsqu’il assista à la naissance de l’Enfant, honora la Vierge-Mère, et entendit les concerts angéliques ; lorsqu’il vit arriver près du nouveau-né d’humbles et simples bergers, suivis bientôt des Mages opulents de l’Orient ; les alarmes qui vinrent si promptement interrompre tant de bonheur, quand, au milieu de la nuit, il lui fallut fuir en Égypte avec l’Enfant et la Mère ; les rigueurs de cet exil, la pauvreté, le dénuement auxquels furent en proie le Dieu caché dont il était le nourricier, et l’épouse virginale dont il comprenait de plus en plus la dignité" sublime ; le retour à Nazareth, la vie humble et laborieuse qu’il mena dans cette ville, où tant de fois ses yeux attendris contemplèrent le Créateur du monde partageant avec lui un travail grossier ; enfin, les délices de cette existence sans égale, au sein de la pauvre maison qu’embellissait la présence de la Reine des Anges, que sanctifiait la majesté du Fils éternel de Dieu ; tous deux déférant à Joseph l’honneur de chef de cette famille qui réunissait autour de lui par les liens les plus chers le Verbe incréé, Sagesse du Père, et la Vierge, chef-d’œuvre incomparable de la puissance et de la sainteté de Dieu ?

Non, jamais aucun homme, en ce monde, ne pourra pénétrer toutes les grandeurs de Joseph. Pour les comprendre, il faudrait embrasser toute retendue du mystère avec lequel sa mission ici-bas le mit en rapport, comme un nécessaire instrument. Ne nous étonnons donc pas que ce Père nourricier du Fils de Dieu ait été figuré dans l’Ancienne Alliance, et sous les traits d’un des plus augustes Patriarches du peuple choisi. Saint Bernard a rendu admirablement ce rapport merveilleux : « Le premier Joseph, dit-il, vendu par ses frères, et en cela figure du Christ, fut conduit en Égypte ; le second, fuyant la jalousie d’Hérode, porta le Christ en Égypte. Le premier Joseph, gardant la foi à son maître, respecta l’épouse de celui-ci ; le second, non moins chaste, fut le gardien de sa Souveraine, de la Mère de son Seigneur, et le témoin de sa virginité. Au premier fut donnée l’intelligence des secrets révélés par les songes ; le second reçut la confidence des mystères du ciel même. « Le premier conserva les récoltes du froment, non pour lui-même, mais pour tout le peuple ; le second reçut en sa garde le Pain vivant descendu du ciel, pour lui-même et pour le monde entier [5]. »

Une vie si pleine de merveilles ne pouvait se terminer que par une mort digne d’elle. Le moment arrivait où Jésus devait sortir de l’obscurité de Nazareth et se manifester au monde. Désormais ses œuvres allaient rendre témoignage de sa céleste origine : le ministère de Joseph était donc accompli. Il était temps qu’il sortît de ce monde, pour aller attendre, dans le repos du sein d’Abraham, le jour où la porte des cieux serait ouverte aux justes. Près de son lit de mort veillait celui qui est le maître de la vie, et qui souvent avait appelé cet humble mortel du nom de Père ; son dernier soupir fut reçu par la plus pure des vierges, qu’il avait eu le droit de nommer son Épouse. Ce fut au milieu de leurs soins et de leurs caresses que Joseph s’endormit d’un sommeil de paix. Maintenant, l’Époux de Marie, le Père nourricier de Jésus, règne au ciel avec une gloire inférieure sans doute à celle de Marie, mais décoré de prérogatives auxquelles n’est admis aucun des habitants de ce séjour de bonheur.

C’est de là qu’il répand sur ceux qui l’invoquent une protection puissante. Dans quelques semaines, la sainte Église nous révélera toute l’étendue de cette protection ; une fête spéciale sera consacrée à honorer le Patronage de Joseph ; mais désormais la sainte Église veut que la fête présente, élevée à l’honneur des premières solennités, devienne le monument principal de la confiance qu’elle éprouve et qu’elle veut nous inspirer envers le haut pouvoir de l’époux de Marie. Le huit décembre 1870, Pie IX, au milieu de la tempête qui jusqu’à cette heure mugit encore, s’est levé sur la nacelle apostolique, et a proclamé, à la face de la Ville et du monde, le sublime Patriarche Joseph comme devant être honoré du titre auguste de Patron de l’Église universelle. Bonis soient l’année et le jour d’un tel décret, qui apparait comme un arc-en-ciel sur les sombres nuages de l’heure présente ! Grâces soient rendues au Pontife qui a voulu que le 19 mars comptât à l’avenir entre les jours les plus solennels du Cycle, et que la sainte Église, plus en butte que jamais à la rage de ses ennemis, reçût le droit de s’appuyer sur le bras de cet homme merveilleux à qui Dieu, au temps des mystères évangéliques, confia la glorieuse mission de sauver de la tyrannie d’Hérode, et la Vierge-mère et le Dieu-homme à peine déclaré à la terre !

[1] La fête de St Gabriel était fêtée en de nombreux endroits le 18 mars avant que Benoît XV ne fixe sa date au 24 mars

[2] Isai. XI, 1.

[3] Luc. XI, 48.

[4] Matth. 1, 10.

[5] Homil. II super Missus est.


http://deojuvante.forumactif.org/t197-saint-joseph#2056
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Message  gabrielle le Sam 21 Mar 2015, 10:34 am

Le 21 mars

Saint Benoit, Abbé

Benoît né à Nursie, de famille noble, commença ses études à Rome, puis, afin de se donner tout entier à Jésus-Christ se retira dans une profonde caverne en un lieu appelé Subiaco. Il y demeura caché pendant trois ans, sans que personne d’autre le sût qu’un moine nommé Romain, qui lui fournissait les choses nécessaires à la vie. Le diable ayant un jour excité en lui une violente tentation d’impureté, il se roula sur des épines, jusqu’à ce que, son corps étant tout déchiré, le sentiment de la volupté fût étouffé par la douleur. Déjà la renommée de sa sainteté se répandant hors de sa retraite, quelques moines se mirent sous sa conduite ; mais parce qu’ils ne pouvaient supporter des réprimandes méritées par leur vie licencieuse, ils résolurent de lui donner du poison dans un breuvage. Quand ils le lui présentèrent, le Saint brisa le vase d’un signe de croix, puis, quittant le monastère, il retourna dans la solitude.

Mais comme de nouveaux disciples venaient chaque jour en grand nombre trouver Benoît, il édifia douze monastères et les munit de lois très saintes. Il se rendit ensuite au mont Cassin, où, trouvant une idole d’Apollon qu’on y honorait encore, il la brisa, renversa son autel, mit le feu au bois sacré, et construisit en ce lieu un petit sanctuaire à saint Martin et une chapelle à saint Jean ; il enseigna aussi aux habitants de cette contrée les préceptes de la religion chrétienne. Benoît croissait de jour en jour dans la grâce de Dieu ; il annonçait l’avenir par un esprit prophétique. Totila, roi des Goths, l’ayant appris, voulut éprouver s’il en était ainsi. Il alla le trouver en se faisant précéder de son écuyer à qui il avait donné une suite et des ornements royaux, et qui feignait d’être le roi. Dès que Benoît l’eut aperçu, il lui dit : « Dépose, mon fils, dépose ce que tu portes, car cela n’est pas à toi ». Le Saint prédit à Totila lui-même qu’il entrerait dans Rome, qu’il passerait la mer, et qu’il mourrait au bout de neuf ans.

Quelques mois avant de sortir de cette vie, Benoît annonça à ses disciples le jour de sa mort. Il commanda d’ouvrir le tombeau dans lequel il voulait être inhumé ; c’était six jours avant que l’on y déposât son corps. Le sixième jour, il voulut être porté à l’église, et c’est là, qu’après avoir reçu l’Eucharistie, et priant, les yeux au ciel, il rendit l’âme, entre les mains de ses disciples. Deux moines le virent monter au ciel paré d’un manteau très précieux, et environné de flambeaux resplendissants ; et ils entendirent un homme à l’aspect vénérable et tout éclatant qui se tenait un peu plus haut que la tête du Saint, et qui disait : Ceci est le chemin par lequel Benoît, le bien-aimé du Seigneur, est monté au ciel.

http://deojuvante.forumactif.org/t227-saint-benoit#2427
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Message  gabrielle le Mar 24 Mar 2015, 8:57 am

Le 24 mars

Saint Gabriel, archange

Homélie de saint Bernard, Abbé.

Je ne pense pas qu’il soit ici question d’un de ces Anges de moindre dignité, qui viennent souvent sur la terre y remplir une mission pour un motif quelconque. Le contraire est donné clairement à entendre par son nom que l’on dit signifier Force de Dieu, et se conclut aussi de cette particularité rapportée qu’il est envoyé, non par quelque autre esprit, probablement supérieur, comme cela a lieu d’ordinaire, mais par Dieu même. C’est donc sans doute pour attirer notre attention sur la dignité de l’envoyé céleste qu’ont été mis ces mots : De Dieu. Ou bien il a été dit, de Dieu, pour qu’il ne nous semble pas que Dieu, avant de révéler son dessein à la Vierge, en ait fait part à un des esprits bienheureux qu’à l’Archange Gabriel qui seul entre ses compagnons de gloire fut jugé digne de porter un tel nom et un tel message.

Le nom s’harmonise bien avec le message. Par qui convenait-il mieux que fut annoncé le Christ, vertu de Dieu, que par cet ange qui a l’honneur d’avoir avec lui une similitude de nom ? Et la force, qu’est-elle sinon la vertu ? N’allez pas croire qu’il n’était, ni digne ni convenable que le Maître et l’envoyé portassent un nom analogue, car si tous deux s’appellent de même, cette appellation "semblable n’a cependant pas une raison d’être commune de part et d’autre. En effet c’est sous des rapports différents que le Christ et l’Ange sont nommés force ou vertu .de Dieu : l’Ange ne l’est que nominalement, mais le Christ l’est substantiellement.

Le Christ est appelé et est en effet la vertu de Dieu ; il est ce plus fort qui survient et, de son bras puissant, terrasse le fort armé qui jusque-là avait gardé sa maison en paix, et lui enlève ainsi les dépouilles de la captivité. Quant à l’Ange, s’il est appelé la force de Dieu, c’est, ou parce qu’il a pour office d’annoncer la venue de cette force elle-même, ou bien parce qu’il devait rassurer une vierge naturellement timide, simple et pudique, que la nouvelle du miracle qui devait s’accomplir en elle allait troubler. « Ne craignez pas, Marie, lui dit-il, vous avez trouvé grâce devant Dieu ». Ce n’est donc pas sans motif que Gabriel est choisi pour ce message, ou plutôt parce qu’il a reçu cette mission, il est désigné à bon droit sous un tel nom.

http://deojuvante.forumactif.org/t250-saint-gabriel-archange#2588
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Message  gabrielle le Mer 25 Mar 2015, 7:23 am

Le 25 mars

Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

A la vérité, les secrets et les mystères de Dieu sont cachés, et, selon la parole d’un Prophète, il n’est pas facile aux hommes de pénétrer ses desseins ; cependant, par les autres actions et instructions du Sauveur, nous pouvons comprendre que ce n’est pas sans un dessein particulier que celle-là a été choisie pour enfanter le Seigneur, qui était l’épouse d’un homme. Mais pourquoi n’a-t-elle pas été mère avant d’être épousée ? De crainte, peut-être, qu’on ne l’accusât d’adultère.


Or l’Ange vint vers elle. Reconnaissez la Vierge à ses actes, reconnaissez la Vierge à sa modestie ; apprenez à la connaître par l’oracle qui lui est annoncé, par le mystère qui s’opère en elle. C’est le propre des vierges de trembler, de s’effrayer à l’approche d’un homme, et de craindre tous ses discours. Que les femmes apprennent à imiter cet exemple de modestie. Marie vit seule dans sa maison, se dérobant aux regards des hommes ; un Ange seul trouve accès auprès d’elle. Elle est seule, sans compagnie ; seule, sans témoin, de crainte d’être corrompue par un entretien profane, et l’Ange la salue.


Ce n’était pas la bouche d’un homme, mais celle d’un Ange, qui devait exposer le mystère d’un tel message. Aujourd’hui pour la première fois l’on entend : « L’Esprit Saint surviendra en vous ». On entend et on croit. « Voici, dit Marie, la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole ». Voyez son humilité, voyez son dévouement. Elle se dit la servante du Seigneur, elle qui est choisie pour sa mère ; et elle ne s’enorgueillit pas de cette promesse inattendue.

http://deojuvante.forumactif.org/t251-l-annonciation-25-mars#2599
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Message  gabrielle le Ven 27 Mar 2015, 6:52 am

Le 27 mars

Saint Jean Damascène, confesseur et docteur

Jean, surnommé Damascène du nom de sa patrie, était de naissance illustre, et fut instruit dans les lettres divines et humaines par te moine Cosme de Constantinople. Comme en ce temps, l’empereur Léon l’Isaurien avait déclaré une guerre impie au culte des saintes images, Jean, sur l’invitation du Pontife romain Grégoire III, défendit avec ardeur par sa parole et ses écrits la sainteté de ce culte. Ce zèle suscita contre lui les haines de l’empereur à ce point que celui-ci, par l’artifice de fausses lettres, le fit accuser de trahison auprès du calife de Damas dont Jean était le conseiller et le ministre. Le prince, trompé par cette fourberie, ordonna de couper la main droite de Jean, qui protestait avec serment contre cette infâme calomnie. Mais la Vierge bénie vint au secours de son fidèle serviteur, qui lui avait adressé de ferventes prières, et vengea son innocence. Par un insigne bienfait de sa part, la main qui avait été coupée lui fut rendue et si bien unie au bras qu’il ne restait aucune trace de la séparation. Profondément touché de ce miracle, Jean résolut d’accomplir le dessein qu’il avait conçu depuis longtemps. Ayant obtenu, quoiqu’avec peine, son congé du calife, il distribua tous ses biens aux pauvres et donna la liberté à ses esclaves. Il parcourut en pèlerin les lieux saints de la Palestine et se retira enfin avec Cosme, son ancien maître, près de Jérusalem, dans la laure de saint Sabbas, où il fut ordonné Prêtre.

Dans la carrière de la vie religieuse, il donna aux autres moines d’illustres exemples de toutes les vertus, particulièrement de l’humilité et de l’obéissance. Il revendiquait comme son droit les emplois les plus vils du monastère, et s’y appliquait avec ardeur. Ayant eu l’ordre d’aller vendre de petites corbeilles à Damas, la ville où naguère il avait reçu les plus grands honneurs, il y recueillait avec une- sainte avidité les dérisions et les moqueries de la multitude. Il pratiquait si bien l’obéissance que, non seulement il se rendait au moindre signe des supérieurs mais encore qu’il ne se crut jamais permis de rechercher les motifs des ordres qu’il recevait, quelque difficiles et insolites qu’ils parussent être. Au milieu des exercices de ces vertus, il ne cessa jamais de défendre avec zèle le dogme catholique du culte des saintes images. Aussi fut-il en butte à la haine et aux vexations de Constantin Copronyme, comme il l’avait été auparavant à celles de l’empereur Léon ; d’autant plus qu’il reprenait avec liberté l’arrogance de ces empereurs, assez hardis pour traiter des choses de la foi et prononcer à leur gré sur ces matières.

On ne peut voir sans étonnement le grand nombre des écrits en prose et en vers que Jean Damascène a composés pour la défense de la foi et l’augmentation de la piété, digne assurément des éloges que le deuxième concile de Nicée lui a décernés et du surnom de Chrysorrhoas, c’est-à-dire de fleuve d’or, qui lui fut donné à cause de son éloquence. Non seulement il défendit la foi orthodoxe contre les Iconoclastes, mais il combattit avec zèle presque tous les hérétiques, principalement les Acéphales, les Monothélites, les Patripassiens. Il revendiqua les droits et la puissance de l’Église ; il affirma hautement la primauté du prince des Apôtres ; il le nomma le soutien des Églises, la pierre qui ne peut être brisée, le docteur et l’arbitre de l’univers. Tous ses écrits se distinguent non seulement par la science et la doctrine, mais encore respirent un profond sentiment de piété, surtout lorsqu’il adresse ses louanges à la Mère de Dieu, à laquelle il rendait un culte et un amour singuliers. Mais ce qui fait son plus grand mérite, c’est qu’il fut le premier à embrasser dans un ordre suivi toute la théologie, et qu’il ouvrit la voie à saint Thomas pour exposer ainsi méthodiquement la doctrine sacrée. Enfin cet homme très saint, rempli de mérites, et dans un âge avancé, s’endormit dans la paix du Christ vers l’an sept cent cinquante-quatre. Le souverain Pontife Léon XIII a concédé à l’Église universelle l’Office et la Messe de saint Jean Damascène avec l’addition du titre de Docteur.

http://deojuvante.forumactif.org/t1052-saint-jean-damascene-confesseur-et-docteur#13628
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Message  Roger Boivin le Ven 27 Mar 2015, 12:19 pm


« Mais ce qui fait son plus grand mérite [à saint Jean Damascène], c’est qu’il fut le premier à embrasser dans un ordre suivi toute la théologie, et qu’il ouvrit la voie à saint Thomas pour exposer ainsi méthodiquement la doctrine sacrée. »
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Message  gabrielle le Sam 28 Mar 2015, 7:48 am

Le 28 mars

Saint Jean de Capistran, confesseur

Texte et images, sur Deo Juvante.


http://deojuvante.forumactif.org/t308-saint-jean-de-capistran#3251
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Message  gabrielle le Jeu 02 Avr 2015, 7:40 am

Le 2 avril

Saint François de Paule, confesseur


François naquit dans une humble condition à Paule, ville de Calabre. Ses parents, longtemps privés d’enfants, ayant fait un vœu, l’obtinrent du ciel par l’intercession du bienheureux François (d’Assise). Dès son adolescence, enflammé d’une divine ardeur, il se retira dans un lieu désert et il y mena pendant six ans un genre de vie très rude, mais que la méditation des choses célestes remplissait de douceur. Comme la renommée de ses vertus se répandait au loin, et qu’un grand nombre de personnes accouraient vers lui dans le but de servir Dieu, la charité fraternelle le décida à sortir de sa solitude ; il bâtit une église près de Paule, et c’est là qu’il jeta les fondements de son Ordre.

François avait le don de la parole à un degré merveilleux ; il garda une perpétuelle virginité ; il pratiqua l’humilité au point de se dire le moindre de tous, et voulut que ses disciples portassent le nom de Minimes. Son vêtement était grossier, il marchait nu-pieds, et couchait sur la dure. Son abstinence fut admirable : il ne mangeait qu’une fois par jour, après le coucher du soleil, et sa nourriture n’était que du pain et de l’eau, auxquels il ajoutait à peine l’assaisonnement qui est permis en Carême ; il obligea ses frères à promettre, par un quatrième vœu, d’observer cette dernière pratique pendant toute l’année.

Dieu voulut attester la sainteté de son serviteur par de nombreux miracles, entre lesquels un des plus célèbres eut lieu lorsque François, repoussé par des matelots, étendit son manteau sur les flots et passa ainsi le détroit de Sicile avec son compagnon. Ayant reçu le don de prophétie, il annonça beaucoup d’événements futurs. Louis XI, roi de France, souhaita de le voir et lui donna de grandes marques d’estime. Enfin, âgé de quatre-vingt-onze ans, se trouvant à Tours, il s’en alla vers le Seigneur, l’an du salut mil cinq cent sept. Pendant les onze jours qu’on garda son corps sans l’ensevelir, il resta sans corruption, exhalant même une odeur suave. Le Pape Léon X a mis François de Paule au nombre des Saints.

http://deojuvante.forumactif.org/t913-saint-francois-de-paule#13209
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Message  gabrielle le Sam 04 Avr 2015, 8:06 am

Le 4 avril

Saint Isidore de Séville, évêque, confesseur et docteur

Isidore, Docteur illustre, était Espagnol de nation ; il naquit à Carthagène ; son père, Sévérien, était gouverneur de la province. Les saints Évêques, Léandre de Séville, et Fulgence de Carthagène, ses frères, prirent soin de lui enseigner la piété et les lettres. Formé aux littératures latine, grecque et hébraïque, et instruit dans les lois divines et humaines, il acquit à un degré éminent toutes les sciences et toutes les vertus chrétiennes. Dès sa jeunesse, il combattit avec tant de courage l’hérésie aérienne, depuis longtemps déjà répandue chez les Goths alors maîtres de l’Espagne, que peu s’en fallut qu’il ne fût mis à mort par les hérétiques. Léandre ayant quitté cette vie, Isidore fut élevé, malgré lui, au siège épiscopal de Séville, sur les instances du roi Récarède, avec l’assentiment unanime du clergé et du peuple. On rapporte que saint Grégoire le Grand ne se contenta pas de confirmer cette élection par l’autorité apostolique, mais qu’il envoya, selon l’usage, le pallium au nouvel élu, et l’établit son vicaire ainsi que celui du Siège apostolique dans toute l’Espagne.

On ne peut dire combien Isidore fut, durant son épiscopat, constant, humble, patient, miséricordieux, zélé pour !a restauration des mœurs chrétiennes et de la discipline ecclésiastique, infatigable à les soutenir par ses paroles et ses écrits, remarquable enfin par l’éclat de toutes les vertus. Ardent promoteur et propagateur des institutions monastiques en Espagne, il construisit plusieurs monastères et édifia également des collèges, où, se livrant à la science sacrée et à l’enseignement, il instruisit un grand nombre de disciples qui affluaient vers lui, et parmi lesquels brillèrent saint Ildephonse, Évêque de Tolède, et saint Braulion, Évêque de Saragosse. Dans un concile rassemblé à Séville, il réprima et écrasa par une discussion vive et éloquente l’hérésie des Acéphales déjà menaçante. Isidore acquit auprès de tous une telle renommée de sainteté et de science, que seize ans à peine après sa mort, au milieu des applaudissements de tout un synode réuni à Tolède et composé de cinquante-deux Évêques, et avec le suffrage de saint Ildephonse, il mérita d’être appelé un Docteur excellent, la gloire la plus récente de l’Église catholique, l’homme le plus docte de la-fin des temps ; et les Prélats déclarèrent que son nom ne devait être prononcé qu’avec respect. Saint Braulion ne se contente pas de le comparer à saint Grégoire, mais il estime que le ciel l’avait donné à l’Espagne pour l’instruire, et tenir la place de l’Apôtre saint Jacques.

Isidore composa des livres sur les Étymologies, sur les Offices ecclésiastiques, et beaucoup d’autres ouvrages si utiles pour la discipline chrétienne et ecclésiastique, que le Pape Léon IV n’a pas hésité à écrire aux Évêques de Bretagne, que l’on doit faire le même cas des paroles d’Isidore que de celles de Jérôme et d’Augustin, lorsqu’il se présente une difficulté nouvelle qui ne peut être résolue par les Canons. On voit plusieurs sentences tirées de ses écrits placées parmi les lois canoniques de l’Église. Le saint Évêque de Séville présida le quatrième concile de Tolède, le plus célèbre de tous ceux d’Espagne. Enfin, après avoir banni de l’Espagne l’hérésie arienne, prédit publiquement sa mort et la dévastation du royaume par les armées des Sarrazins, et gouverné son Église environ quarante ans, il mourut à Séville l’an six cent trente-six. Son corps fut d’abord inhumé, comme lui-même l’avait demandé, entre son frère Léandre et sa sœur Florentine. Ferdinand Ier, roi de Castille et de Léon, l’ayant racheté à grand’peine d’Enète prince sarrazin alors maître de Séville, le transporta à Léon, et l’on a élevé en son honneur une église où ses miracles l’ont rendu célèbre, et où le peuple l’honore avec une grande dévotion.

http://deojuvante.forumactif.org/t1053-saint-isidore-de-seville-eveque-confesseur-et-docteur#13634
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Message  gabrielle le Dim 05 Avr 2015, 7:41 am

Le 5 avril

Saint Vincent Ferrier, confesseur

Vincent, né à Valence en Espagne, de parents honnêtes, montra dès sa jeunesse la maturité d’un vieillard. Ayant considéré avec l’étendue de son génie la fragilité de ce monde rempli de ténèbres, il reçut à l’âge de dix-huit ans l’habit religieux dans l’Ordre des Frères Prêcheurs. Après avoir émis solennellement ses vœux, il s’appliqua assidûment à l’étude des saintes lettres, et obtint avec la plus grande distinction le grade de docteur en théologie. Ses supérieurs lui ayant bientôt permis de prêcher la parole de Dieu, il commença à confondre la perfidie des Juifs et à réfuter les erreurs des Sarrasins avec tant de force et de succès, qu’il amena à la foi du Christ une grande multitude de ces infidèles, et pour plusieurs milliers de Chrétiens à renoncer au péché pour faire pénitence, et aux vices pour embrasser la vertu. Vincent avait été choisi de Dieu pour répandre les enseignements du salut chez toutes les nations, quelles que fussent leur race et leur langue ; et, en annonçant l’approche du dernier et redoutable jugement, il frappait de terreur les âmes de tous ses auditeurs, les arrachait aux passions terrestres, et les excitait à l’amour de Dieu.

Dans l’exercice de ce ministère apostolique, voici quel fut constamment son genre de vie : chaque jour, de grand matin, il célébrait une Messe chantée ; chaque jour aussi, il adressait un sermon au peuple ; il observait toujours un jeûne inviolable, à moins d’une urgente nécessité ; il ne refusait jamais à personne ses saints et équitables conseils ; jamais il ne mangea de viande ni ne porta de linge ; il apaisa les dissensions des peuples et rétablit la paix entre des royaumes divisés ; enfin, lorsque la tunique sans couture de l’Église fut déchirée par un schisme douloureux, Vincent travailla beaucoup à ramener et à maintenir l’union. Toutes les vertus brillèrent en lui ; marchant dans la simplicité et l’humilité, il reçut avec bonté et il embrassa ses détracteurs et ses persécuteurs.

La puissance divine opéra par lui beaucoup de prodiges et de miracles en confirmation de sa vie et de sa prédication. Très souvent, en effet, par l’imposition de ses mains, les malades recouvrèrent la santé ; il chassa des esprits immondes du corps des possédés, rendit l’ouïe aux sourds, la parole aux muets, la vue aux aveugles ; il guérit des lépreux et ressuscita des morts. Enfin, accablé par la vieillesse, et la maladie, cet infatigable héraut de l’Évangile, qui avait parcouru plusieurs pays de l’Europe au grand profit des âmes, acheva le cours de ses prédications et de sa vie à Vannes en Bretagne, l’an du salut mil quatre cent dix-neuf. Calixte III, a inscrit Vincent au nombre des Saints.

http://deojuvante.forumactif.org/t847-saint-vincent-ferrier#12140
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Message  gabrielle le Sam 11 Avr 2015, 8:07 am

Le 11 avril

Saint Léon Ier le Grand, pape, confesseur et docteur

Léon naquit en Toscane. Il gouverna l’Église au temps où Attila, roi des Huns, surnommé le fléau de Dieu, envahissant l’Italie, prit la ville d’Aquilée après un siège de trois jours, la pilla et l’incendia. Entraîné de là vers Rome par une ardente fureur, le prince barbare se préparait déjà à faire traverser le Mincio à ses troupes, près de l’endroit où il se jette dans le Pô, lorsque Léon, ému de compassion en voyant les maux qui menaçaient l’Italie, vint à sa rencontre, et par une éloquence divine sut persuader Attila de revenir sur ses pas. Les barbares demandèrent à leur chef pourquoi, contre sa coutume, il avait montré tant de respect à ce Pontife romain, au point de faire tout ce qu’il lui avait commandé. Il répondit qu’il avait agi par crainte d’un autre personnage, revêtu d’habits sacerdotaux, qui se tenait debout près du Pape pendant qu’il lui parlait et qui, l’épée nue, menaçait de lui donner la mort s’il n’obéissait à Léon. C’est pourquoi Attila retourna en Pannonie.

Léon fut reçu à Rome avec une joie singulière par toute la population. Peu après, Genséric ayant envahi la Ville, il lui persuada avec la même force d’éloquence, et grâce à l’estime qu’inspirait sa sainteté, d’empêcher l’incendie, les ignominies et les meurtres. Le saint Pape, voyant l’Église attaquée par beaucoup d’hérésies et troublée surtout par les Nestoriens et les Eutychiens, convoqua un concile à Chalcédoine. Six cent trente Évêques s’y trouvèrent réunis, on y condamna Eutychès, Dioscore, et, pour la seconde fois, Nestorius ; puis Léon confirma par son autorité les décrets de ce concile.

Le saint Pontife s’occupa ensuite de faire réparer et construire des églises ; ce fut par son conseil qu’une pieuse femme, nommée Démétria, bâtit dans sa propriété l’église de Saint-Etienne sur la voie Latine, à trois milles de Rome ; lui-même en éleva une sur la voie Appienne sous le nom de saint Corneille ; de plus il répara beaucoup d’autres édifices religieux et les pourvut de nouveau de vases sacrés. Il fit construire des voûtes dans les trois basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul et Constantinienne ; il édifia un monastère près de la basilique de Saint-Pierre, et il établit au tombeau des Apôtres des gardiens qu’il appela Cubiculaires. Il statua qu’au Canon de la Messe, on ajouterait ces mots : Sanctum sacrificium, immaculatum hostiam : sacrifice saint, hostie immaculée. Il ordonna que les religieuses ne recevraient le voile bénit qu’après avoir fait preuve jusqu’à quarante ans de virginité. Illustre par ces actions et par d’autres encore, auteur de beaucoup d’écrits pleins de sainteté et d’éloquence, Léon s’endormit dans le Seigneur, le trois des ides d’avril. Il tint le siège pontifical vingt ans, dix mois et vingt-huit jours.

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Message  gabrielle le Mar 14 Avr 2015, 8:20 am

Le 13 avril

Saint Herménégilde, martyr

Du Livre des Dialogues de saint Grégoire.

Fils de Léovigilde, roi des Visigoths, le roi Herménégilde, fut converti de l’hérésie arienne à la foi catholique par les prédications du vénérable Léandre, Évêque de Séville, avec lequel je suis lié depuis longtemps d’une étroite amitié. Son père, demeuré arien, s’efforça, et de le gagner par des promesses, et de l’effrayer par des menaces, pour le ramener à l’hérésie. Comme Herménégilde répondait avec une constance inébranlable qu’il ne pourrait jamais quitter la vraie foi après l’avoir connue, son père irrité le priva de ses droits au trône et le dépouilla de tous ses biens. Un traitement si dur n’ayant pu abattre son courage,- Léovigilde le fit jeter dans une étroite prison et charger de fers au cou et aux mains. Le jeune roi commença alors à mépriser les royaumes de la terre, et à rechercher par les plus ardents désirs le royaume du ciel. Couvert d’un ciliée, et gisant à terre accablé par ses liens, il adressait des prières au Dieu tout-puissant, pour qu’il le fortifiât ; et plus il reconnaissait par sa captivité même le néant des biens qui avaient pu lui être ravis, plus il regardait avec dédain la gloire de ce monde qui passe.

La fête de Pâques étant survenue, son perfide père lui envoya durant le silence d’une nuit profonde un Évêque arien, afin qu’il reçût la communion eucharistique de cette main sacrilège, et qu’il rentrât par ce moyen en grâce auprès de son père. Mais Herménégilde, tout dévoué à Dieu, adressa à l’Évêque arien, quand il l’aborda, les reproches qu’il était de son devoir de lui faire, et repoussa avec une juste indignation ses propositions insidieuses ; car, s’il gisait corporellement sous le poids de ses chaînes, intérieurement il se tenait dans une sécurité profonde et conservait toute l’élévation de son âme. Mais quand l’Évêque revint auprès de Léovigilde, ce prince arien frémit de rage et envoya aussitôt ses appariteurs pour tuer dans sa prison le très courageux confesseur de la foi ; ces ordres s’exécutèrent. Dès que les satellites furent entrés, ils lui fendirent la tête d’un coup de hache, mais en lui ôtant ainsi la vie du corps, ils ne purent lui enlever que ce que l’héroïque victime avait constamment méprisé en sa personne. Les miracles ne manquèrent pas pour manifester la véritable gloire dont il jouissait ; dans le silence de la nuit on entendit tout à coup le chant des Psaumes qui retentissait près du corps de ce roi martyr, d’autant plus véritablement roi qu’il avait obtenu la couronne du martyre.

Quelques-uns rapportent aussi que des flambeaux allumés parurent la nuit autour de son corps, ce qui porta tous les fidèles à le révérer comme celui d’un Martyr, ainsi qu’ils le devaient. Le père, plein de perfidie et souillé du sang de son fils, se sentit enfin touché de repentir ; il déplora ce qu’il avait fait, mais ce regret n’alla pas jusqu’à lui obtenir le salut. Tout en reconnaissant la vérité de la foi catholique, il fut retenu par la crainte que lui inspirait son peuple, et n’eut pas le courage de se convertir. Une maladie l’ayant réduit à l’extrémité, il recommanda à l’Évêque Léandre, qu’il avait auparavant persécuté avec tant de rigueur, le roi Récarède. son fils, qu’il laissait plongé dans l’hérésie, afin que les exhortations du saint Prélat opérassent en lui l’heureux changement qu’elles avaient produit en son frère. Après avoir fait cette recommandation, Léovigilde mourut. Le roi Récarède, suivant alors, non les traces de son coupable père, mais l’exemple de son frère le Martyr, renonça aux erreurs de l’hérésie arienne, amena à la vraie foi toute la nation des Visigoths, et refusa de recevoir sous ses étendards, dans tout son royaume, ceux qui ne craindraient pas de se constituer les ennemis de Dieu en restant infectés d’hérésie. Il ne faut pas s’étonner que le frère d’un Martyr soit devenu le prédicateur de la vraie foi : les mérites du second aident le premier à ramener un grand nombre d’âmes au sein [de l’Église] du Dieu tout-puissant.

Le 14 avril

Saint Justin, martyr

Justin, fils de Priscus, grec de nation, né à Flavia Néapolis, dans la Syrie Palestine, passa son adolescence dans l’étude assidue des belles-lettres. Arrivé à l’âge d’homme, il fut pris d’un tel amour pour la philosophie qu’il voulut, pour parvenir à la vérité, s’attacher à toutes les sectes de philosophes qu’il pût connaître et approfondir leur enseignement. Ne trouvant en toutes ces sectes qu’erreur et fausse sagesse, il fut éclairé d’en haut à la parole d’un vieillard inconnu et d’aspect vénérable, et embrassa la philosophie véritable de la foi chrétienne. Dès lors, il eut jour et nuit dans les mains les livres de la sainte Écriture, et son âme, à la méditation des paroles sacrées, devint si brûlante du feu divin, qu’appliquant fa force de son génie à acquérir la science éminente de Jésus-Christ, il composa plusieurs livres pour exposer et propager la foi chrétienne.

Parmi les écrits les plus célèbres de saint Justin se distinguent les deux Apologies que, devant le sénat, il présenta aux empereurs Antonin le Pieux et ses fils, ainsi qu’à Marc-Antonin Vérus et Lucius Aurélius Commode, qui persécutaient cruellement les chrétiens et dont il obtint, après avoir éloquemment défendu cette même foi devant eux, un édit qui apaisa la persécution. Toutefois Justin ne fut point épargné ; accusé frauduleusement par le philosophe cynique Crescent, qu’il avait repris au sujet de sa vie et de ses mauvaises mœurs, il fut arrêté par des satellites. Amené au préfet de Rome, Rusticus, comme celui-ci lui demandait quelle était la loi chrétienne, il fit en présence d’un grand nombre de témoins cette belle confession de foi : « La doctrine véritable que nous, Chrétiens, nous gardons pieusement, est celle-ci : Nous croyons à un seul Dieu, qui a fait et créé tout ce qui se voit et tout ce que les yeux corporels ne peuvent apercevoir, et nous confessons le Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, annoncé autrefois par les Prophètes, et qui doit venir juger le genre humain ».

Comme Justin dans sa première Apologie, afin de repousser les calomnies des Païens, avait exposé comment les Chrétiens s’assemblaient religieusement, et quels étaient les mystères de ces saintes assemblées, le président lui demanda quel était le lieu où lui-même et les Chrétiens de la ville se réunissaient. Justin ne voulut point découvrir les lieux des assemblées, pour ne point livrer aux chiens les saints mystères, ni trahir ses frères. Il se contenta d’indiquer sa propre demeure où il avait coutume d’instruire ses disciples, auprès du Titre célèbre du Pasteur, dans le palais de Pudens. A la fin, le préfet lui donna le choix de sacrifier aux dieux ou d’être flagellé par tout le corps. L’invincible défenseur de la foi déclara qu’il avait toujours désiré souffrir des tourments pour le Seigneur Jésus-Christ, dont il attendait au ciel une grande récompense, et le préfet prononça contre lui la sentence capitale. Ainsi, cet admirable philosophe, ne cessant de louer Dieu, après avoir été battu de verges, répandit son sang pour le Christ, et fut couronné par un glorieux martyre. Les fidèles enlevèrent secrètement son corps et l’ensevelirent dans un lieu convenable. Le souverain Pontife Léon XIII a ordonné de célébrer dans l’Église universelle l’Office et la Messe de sa Fête.

Le même jour

Saints Tiburce, Valérien et Maxime, martyrs

Valérien était romain et de noble naissance. Sous l’empire d’Alexandre Sévère, cédant aux exhortations de la bienheureuse vierge Cécile, qu’il avait épousée et qui était d’une noblesse égale à la sienne, il fut baptisé ainsi que son frère Tiburce, par le Pape saint Urbain. Almachus, préfet de Rome, apprenant que les deux frères étaient chrétiens, et qu’après avoir distribué leur patrimoine aux pauvres, ils s’occupaient à ensevelir les corps des fidèles, les fit comparaître devant lui, tes reprit sévèrement, et voyant qu’avec une constance invincible ils confessaient la divinité du Christ et affirmaient hautement que les dieux n’étaient que de vains simulacres des démons, il ordonna de les battre de verges. Mais comme on ne parvenait pas à les contraindre par les coups à révérer la statue de Jupiter, et qu’au contraire ils persévéraient avec courage dans là vraie foi, ils eurent la tête tranchée à quatre milles de Rome. Maxime, officier domestique du préfet, qui les avait conduits au supplice, saisi d’admiration pour leur vertu, se déclara chrétien avec plusieurs autres serviteurs d’Almachus. Peu après, ils furent tous battus à coups de fouets garnis de plomb, et de serviteurs du diable qu’ils étaient, ils devinrent les Martyrs du Christ notre Seigneur.
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Message  Louis le Jeu 16 Avr 2015, 3:19 pm


_________________
Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
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Message  gabrielle le Ven 17 Avr 2015, 7:34 am

Le 17 avril

Saint Anicet, pape et martyr

Anicet natif de Syrie, gouverna l’Église sous l’empire de Marc-Aurèle-Antonin. Il décréta que les clercs ne laisseraient pas croître leur chevelure. En cinq ordinations faites au mois de décembre, il promut dix-sept Prêtres, quatre Diacres et sacra neuf Évêques pour divers lieux. Il vécut dans le pontificat huit ans, huit mois et vingt-quatre jours. Ayant reçu la couronne du martyre pour la foi du Christ, il fut inhumé le quinze des calendes de mai, sur la voie Appienne, dans le cimetière que plus tard on appela cimetière de Calixte
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Message  Roger Boivin le Dim 19 Avr 2015, 8:09 am

Le 18 avril

PROPRE POUR LA FRANCE ET LE CANADA

BIENHEUREUSE MARIE DE L'INCARNATION, Veuve.



Bienheureuse Marie de l'Incarnation naquit à Paris en 1565. A la mort de son époux, elle entra en qualité de soeur converse chez les Carmélites réformées d'Amiens. Elle mourut en 1618.

MESSE : Cognovi... d'une veuve, excepté :
Collecte .

O Dieu, qui avez doué d'un zèle ardent pour votre gloire et d'une force prodigieuse dans les adversités la bienheureuse Marie, accordez-nous par son intercession, de pouvoir suppoeter courageusement toute les adversités  et persévérer dans l'amour de votre sainte religion. Par Notre Seigneur Jésus-Christ ...

Secrète et Postcommunion du 26 janvier, remplaçant le nom de Bathildae par Mariæ.

GRAN MISSEL-RITUEL ET VESPÉRAL
MISSEL QUOTIDIEN
Par l'abbé a. Guihaim et H. Sutyn - 1957

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Message  gabrielle le Mar 21 Avr 2015, 7:31 am

Le 21 avril

Saint Anselme, évêque, confesseur et docteur

Anselme naquit dans la ville d’Aoste, aux confins de l’Italie, de parents nobles et catholiques : son père s’appelait Gondulphe et sa mère Ermemberge. Dès ses tendres années, son application assidue à l’étude et son désir d’une vie plus parfaite firent clairement pressentir qu’il brillerait dans la suite par sa sainteté et sa science. S’il se laissa entraîner pendant quelque temps par la fougue de la jeunesse vers les séductions du monde, bientôt cependant, rappelé dans la bonne voie, il abandonna sa patrie et tous ses biens, et se rendit au monastère du Bec, de l’Ordre de saint Benoît. C’est là, qu’ayant fait sa profession religieuse sous Herluin, Abbé très zélé pour l’observance, et Lanfranc, maître très docte, il fit de tels progrès par la ferveur de son âme et par son ardeur constante pour l’étude et l’acquisition des vertus, que tous le regardèrent comme un modèle admirable de sainteté et de doctrine.

Son abstinence et sa sobriété étaient si grandes que l’assiduité au jeûne semblait avoir détruit en lui presque tout sentiment du besoin de nourriture. Après avoir employé le jour aux exercices monastiques, à l’enseignement, et à répondre aux diverses questions qu’on lui adressait sur la religion, il dérobait la plus grande partie de la nuit au sommeil, pour donner une nouvelle vigueur à son âme par les méditations divines, auxquelles il ne se livrait jamais sans une grande abondance de larmes. Élu prieur du monastère, il sut si bien se concilier par sa charité, son humilité et sa prudence, les frères qui lui étaient contraires, que de ces hommes, d’abord envieux, il fit ses amis et les amis de Dieu, au grand avantage de l’observance régulière. A la mort de l’Abbé, Anselme fut établi malgré lui à sa place. La réputation de sa science et de sa sainteté devint si éclatante en tous lieux, que non seulement il reçut des témoignages de vénération de la part des rois et des Évêques, mais qu’il fut honoré de l’amitié de saint Grégoire VII. Ce Pontife, éprouvé alors par de grandes persécutions, lui adressa des lettres pleines d’affection, dans lesquelles il recommandait à ses prières, et sa personne, et l’Église catholique.

Anselme, après la mort de Lanfranc, Archevêque de Cantorbéry, son ancien maître, se vit contraint par les pressantes sollicitations de Guillaume, roi d’Angleterre, et sur les instances du clergé et du peuple, à prendre en main le gouvernement de cette Église. Il s’appliqua aussitôt à réformer les mœurs relâchées de son peuple, employant d’abord à cet effet ses discours et ses exemples, et ensuite ses écrits ; il fit encore célébrer plusieurs conciles, et rétablit dans son diocèse la piété et la discipline ecclésiastique. Mais bientôt le même roi Guillaume, ayant tenté par la violence et les menaces d’usurper les droits de l’Église, Anselme lui résista avec une constance vraiment sacerdotale, et eut à souffrir la perte de ses biens et même l’exil, et se rendit à Rome auprès d’Urbain II. Ce Pape le reçut avec honneur, et le combla de louanges lorsque, au concile de Bari, Anselme soutint contre l’erreur des Grecs, par d’innombrables témoignages des Écritures et des saints Pères, que le Saint-Esprit procède aussi du Fils. Le roi Guillaume ayant quitté cette vie, le roi Henri, son frère, rappela Anselme en Angleterre, où le Saint s’endormit dans le Seigneur. Célèbre par ses miracles et sa sainteté, (dont le trait distinctif était une insigne dévotion pour la passion de notre Seigneur et envers la bienheureuse Vierge, sa Mère), célèbre aussi par sa doctrine très utile à la défense de la religion chrétienne, à l'avancement des âmes et à tous les théologiens qui ont traité de la science sacrée selon la méthode scolastique, Anselme paraît avoir puisé au ciel l’inspiration de tous ses ouvrages.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Moine, Évêque et Docteur, Anselme réunit en sa personne ces trois grands apanages du chrétien privilégie ; et si l’auréole du martyre n’est pas venue apporter le dernier lustre à ce noble faisceau de tant de gloires, on peut dire que la palme a manqué à Anselme, mais qu’il n’a pas manqué à la palme. Son nom rappelle la mansuétude de l’homme du cloître unie à la fermeté épiscopale, la science jointe à la piété ; nulle mémoire n’a été à la fois plus douce et plus éclatante.

Le Piémont le donna à la France et à l’Ordre de saint Benoît. Anselme, dans l’abbaye du Bec, réalisa pleinement le type de l’Abbé tel que l’a tracé le Patriarche des moines d’Occident : « Plus servir que commander. » Il fut de la part de ses frères l’objet d’une affection sans égale, et dont l’expression est arrivée jusqu’à nous. Sa vie leur appartenait tout entière, soit qu’il s’appliquât à les conduire à Dieu, soit qu’il prît plaisir à les initier aux sublimes spéculations de son intelligence. Un jour il leur fut enlevé malgré tous ses efforts, et contraint de s’asseoir sur la chaire archiépiscopale de Cantorbéry. Successeur en ce siège des Augustin, des Dunstan, des Elphège, des Lanfranc, il fut digne de porter le pallium après eux, et par ses nobles exemples, il ouvrit la voie à l’illustre martyr Thomas qui lui succéda de si près.

Sa vie pastorale fut tout entière aux luttes pour la liberté de l’Église. En lui l’agneau revêtit la vigueur du lion. « Le Christ, disait-il, ne veut pas d’une esclave pour épouse ; il n’aime rien tant en ce monde que la liberté de son Église. » Le temps n’est plus où ce Fils de Dieu consentait à être enchaîné par d’indignes liens, afin de nous affranchir de nos péchés ; il est ressuscité glorieux, et il veut que son épouse soit libre comme lui. Dans tous les siècles, elle a à combattre pour cette liberté sacrée, sans laquelle elle ne pourrait remplir ici-bas le ministère de salut que son Époux divin lui a confié. Jaloux de son influence, les princes de la terre, qui n’ignorent pas qu’elle est reine, se sont ingéniés à lui créer mille entraves. De nos jours, un grand nombre de ses enfants ont perdu jusqu’à la notion des franchises auxquelles elles a droit : sans aucun souci de sa royauté, ils ne lui désirent d’autre liberté que celle qu’elle partagera avec les sectes qu’elle condamne ; ils ne peuvent comprendre que, dans de telles conditions, l’Église que le Christ a faite pour régner, est en esclavage. Ce n’est pas ainsi qu’Anselme l’entendait ; et tout enfant de l’Église doit avoir de telles utopies en horreur. Les grands mots de progrès et de société moderne ne sauraient le séduire ; il sait que l’Église n’a pas d’égale ici-bas ; et s’il voit le monde en proie aux plus terribles convulsions, incapable de s’asseoir désormais sur un fondement stable, tout s’explique pour lui par cette raison que l’Église n’est plus reine. Le droit de notre Mère n’est pas seulement d’être reconnue pour ce qu’elle est dans le secret de la pensée de chacun de ses fidèles ; il lui faut l’appui extérieur. Jésus lui a promis les nations en héritage ; elle les a possédées selon cette divine promesse ; mais aujourd’hui, s’il advient qu’un peuple la mette hors la loi, en lui offrant une égale protection avec toutes les sectes qu’elle a expulsées de son sein, mille acclamations se font entendre à la louange de ce prétendu progrès, et des voix connues et aimées, se mêlent à ces clameurs.

De telles épreuves furent épargnées à Anselme. La brutalité des rois normands était moins à redouter que ces systèmes perfides qui sapent par la base jusqu’à l’idée même de l’Église, et font regretter la persécution ouverte. Le torrent renverse tout sur son passage ; mais tout renaît aussi lorsque sa source est tarie. Il en est autrement quand les eaux débordées envahissent la terre en l’entraînant après elles. Tenons-le pour sûr : le jour où l’Église, la céleste colombe, n’aura plus ici-bas où poser son pied avec honneur, le ciel s’ouvrira, et elle prendra son vol pour sa patrie céleste, laissant le monde à la veille de voir descendre le juge du dernier jour.

Anselme docteur n’est pas moins admirable qu’Anselme pontife. Sa haute et tranquille intelligence se plut dans la contemplation des vérités divines ; elle en chercha les rapports et l’harmonie, et le produit de ces nobles labeurs occupe un rang supérieur dans le dépôt où se conservent les richesses de la théologie catholique. Dieu avait départi à Anselme le génie. Ses combats, sa vie agitée, ne purent le distraire de ses saintes et dures études, et, sur le chemin de ses exils, il allait méditant sur Dieu et ses mystères, étendant pour lui-même et pour la postérité le champ déjà si vaste des investigations respectueuses de la raison dans les domaines de la foi.

http://deojuvante.forumactif.org/t719-saint-anselme#10029
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Message  ROBERT. le Mar 21 Avr 2015, 11:09 am

Le 21 avril

Saint Anselme, évêque, confesseur et docteur

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Tenons-le pour sûr : le jour où l’Église, la céleste colombe, n’aura plus ici-bas où poser son pied avec honneur, le ciel s’ouvrira, et elle prendra son vol pour sa patrie céleste, laissant le monde à la veille de voir descendre le juge du dernier jour.
.

La veille où le ciel s'ouvrira n'est pas éloignée.
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Message  gabrielle le Mer 22 Avr 2015, 7:56 am

Le 22 avril

Saints Soter et Caius, papes et martyrs

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Je suis la véritable vigne, vous êtes les sarments.

Saint Soter. -Il fut pape de 166-175. Il succéda à saint Anicet. Il mourut martyr. Il fut célèbre par sa bonté pour les confesseurs de la foi condamnés aux mines. Quand il fut monté sur la chaire de Saint-Pierre, il défendit aux vierges consacrées à Dieu de toucher aux vases sacrés et aux pales ; il leur défendit de porter les encensoirs dans l’église. C’est lui, aussi, qui prescrivit aux fidèles de recevoir le corps du Seigneur le Jeudi-Saint, à l’exception de ceux qui devaient s’abstenir de la communion à cause de péchés graves.

Saint Caius. — Il fut pape de 283-296. Il était proche parent de Dioclétien. Pour se conserver aux fidèles, il demeura longtemps caché, sans quitter Rome. D’ordinaire, il se cachait dans les catacombes où il célébrait les saints mystères et convertit beaucoup de païens. Il établit qu’on devait suivre les degrés suivants jusqu’à l’Ordre de l’épiscopat : l’Ordre des portiers, des lecteurs, des exorcistes, des acolytes, des sous-diacres, des diacres, des prêtres. Il ne mourut pas de mort violente. Il fut enterré dans la catacombe de saint Callixte, le 23 avril. Sainte Suzanne était sa nièce. Le pape Urbain VIII fit revivre son souvenir à Rome ; il restaura son église détruite, l’éleva à la dignité de station et l’enrichit de ses reliques.

La fête mobile du Patronage de Saint Joseph et toute son Octave disparurent en 1955, lorsque Pie XII institua la Solennité de Saint Joseph Artisan le 1er mai.

Cette fête était d’institution récente : en 1847, Pie IX avait étendu à tout le rite romain la fête du Patronage de saint Joseph, qui était d’origine carmélitaine. Elle fut fixée au 3ème dimanche après Pâques.

En 1870, après la proclamation de saint Joseph comme Patron de l’Église universelle, Pie IX éleva la fête à la 1ère classe.

Saint Pie X en 1911, en changea l’intitulé comme Solennité de saint Joseph, patron de l’Église universelle et la dota d’une octave commune.

La réforme du calendrier de saint Pie X, désirant libérer les dimanches perpétuellement empêchés par une fête de saint, déplaça en 1913 la solennité au mercredi précédent (le mercredi étant le jour spécialement consacré à saint Joseph dans la dévotion).
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