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Message  gabrielle le Mer 17 Sep 2014, 7:17 am

Le 17 septembre

Impression des Saints Stigmates de Saint François, confesseur

Matines, avant 1960 a écrit:François, ce serviteur et ministre vraiment fidèle du Christ, deux ans avant de rendre son âme au ciel, se retira en un lieu élevé appelé mont Alverne, où il commença un jeûne de quarante jours, en l’honneur de saint Michel Archange. Il advint alors, qu’inondé plus abondamment des douceurs spirituelles de la contemplation surnaturelle dont il était habituellement favorisé, et embrasé plus ardemment par la flamme des célestes désirs, il commença à sentir une affluence extraordinaire de tous les dons surnaturels. Alors donc que la séraphique ardeur de ses élans le transportait jusqu’en Dieu, et qu’un vif sentiment de tendre compassion le transformait en Celui qui voulut, par excès d’amour, être crucifié, se trouvant un matin en oraison sur le flanc de la montagne (c’était vers la fête de l’Exaltation de la sainte Croix), l’homme de Dieu vit comme l’apparence d’un Séraphin, ayant six ailes aussi resplendissantes qu’enflammées, descendre du haut du ciel et arriver d’un vol extrêmement rapide à une place de l’air, à sa proximité, où il lui parut non seulement muni d’ailes, mais aussi crucifié, ayant les mains et les pieds étendus et cloués à une croix, et les ailes disposées de chaque côté d’une manière admirable, en sorte qu’il en élevait deux au-dessus de sa tête, en déployait deux autres pour voler, et voilait tout son corps en l’enveloppant des deux dernières. Cette vision étonna grandement François, et répandit en son âme une joie mêlée de douleur ; car, tandis qu’il concevait une extrême allégresse de la vue bienfaisante de l’Ange qui lui apparaissait d’une façon si prodigieuse et si familière, le cruel spectacle du crucifiement lui transperça l’âme d’un glaive de compassion douloureuse.

François savait bien que l’état d’infirmité et de souffrance est incompatible avec l’immortalité d’un esprit séraphique ; mais intérieurement éclairé par celui qui se montrait au dehors, il comprit qu’une vision de ce genre avait été présentée à ses regards pour lui apprendre que c’était l’embrasement du cœur, et non le martyre du corps, qui devait transformer tout entier l’ami de Jésus Christ, en une parfaite ressemblance à ce Jésus crucifié. Disparaissant donc après un entretien secret et familier, la vision laissa François, l’âme enflammée d’une ardeur séraphique et le corps marqué de blessures semblables à celles d’un crucifiement ; comme si, fondue et amollie d’abord par l’action du feu, sa chair avait ensuite reçu l’impression d’un cachet. Aussitôt en effet, à ses mains et à ses pieds, commencèrent à paraître des marques de clous, ayant leurs têtes dans le creux des mains et sur le dessus des pieds, et leurs pointes à l’opposé. En outre, son côté droit présentait une cicatrice rouge, comme s’il eût été transpercé par une lance ; et bien des fois il en coula un sang sacré, qui trempait sa tunique et ses autres vêtements.

Devenu donc un nouvel homme, grâce à la distinction glorieuse de ce prodige nouveau et surprenant (puisque, par un privilège singulier dont personne encore n’avait joui avant ce jour, il se trouva marqué, je dirai mieux, orné des sacrés stigmates). François descendit de la montagne, portant avec lui l’image du Crucifié non point tracée d’une main d’artisan sur des tables de pierre ou de bois, mais gravée sur sa propre chair par le doigt du Dieu vivant. Comme il savait très bien « qu’il est bon de tenir caché le secret d’un roi, » cet homme séraphique, conscient de l’œuvre mystérieuse, opérée en lui par le Roi [divin], s’efforçait de dissimuler ces marques sacrées. Mais parce que c’est à Dieu de révéler pour sa gloire les grandes choses qu’il fait, le Seigneur lui-même qui avait secrètement imprimé ces signes, les fit ouvertement découvrir par des miracles, en sorte que, la vertu cachée et merveilleuse des stigmates, devint manifeste par l’éclat des prodiges. Ce fait digne d’admiration, si bien constaté, et exalté par les bulles pontificales avec de grandes louanges et la publication de faveurs spéciales, le Pape Benoît XI voulut qu’on en célébrât l’anniversaire par une solennité que le souverain Pontife Paul V étendit à l’Église universelle, dans le but d’enflammer les cœurs des fidèles, d’amour pour le Christ crucifié.

http://deojuvante.forumactif.org/t172-saint-francois-d-assise#1553
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Message  gabrielle le Jeu 18 Sep 2014, 8:11 am

Le 18 septembre

Diane a écrit:
SAINT JOSEPH de CUPERTINO
Frère mineur, conventuel
(1603-1663)


Joseph, dit de Cupertino, petite ville des environs de Salente, diocèse de Nardo, naquit de parents pieux, l´an de grâce 1603. Prévenu de l´amour de Dieu, il passa son enfance et sa jeunesse dans une grande simplicité et innocence de moeurs.

Délivré d'une cruelle maladie, par sa bonne Mère du ciel, Joseph s'appliqua avec une nouvelle ardeur aux oeuvres de la piété et à la pratique des vertus; et, pour s'unir plus intimement à Dieu, qui l'appelait à une perfection plus élevée, il voulut revêtir les livrées du Séraphin d'Assise. Après bien des difficultés, il parvint enfin à la réalisation de ses désirs et entra chez les Pères Capucins, où, vu son ignorance des lettres humaines, il fut d'abord reçu parmi les Frères-lais. Toujours ravi en Dieu, il mettait un temps si considérable à exécuter des travaux de peu d'importance que les supérieurs, le jugeant incapable de rendre aucun service à la communauté, le renvoyèrent dans le siècle.

Il se trouva alors dans une bien triste position. Aucun de ses parents ne voulait lui donner asile, sa mère le maltraitait, et tous le considéraient comme un paresseux et un insensé. Enfin, sur les instances de sa mère, les Frères Mineurs Conventuels consentirent à lui donner l'habit de saint François, en le chargeant de soigner la mule du couvent.

Dans cet humble emploi, il se distingua tellement par la sainteté de sa vie, et par son zèle pour la conversion des pécheurs, que ses supérieurs s'aperçurent bientôt la valeur de cette âme extraordinaire. Ils conçurent pour lui la plus haute estime, et le reçurent enfin dans 1a communauté sous le nom de Frère Joseph.

Mais notre Saint n'était pas encore satisfait. Il ne lui suffisait pas d'être religieux, il aspirait au sacerdoce. Ambition étrange, et, selon toute apparence, présomptueuse et insensée! à peine savait-il lire, et de toute l'Écriture, il ne put jamais expliquer qu'un texte : l'Évangile des messes de la Sainte Vierge : “heureuses entrailles qui Vous ont porté.” Marie cependant, contente de l'amour de Son serviteur, le seconda dans ses desseins. Car, par une disposition merveilleuse de la Providence, dans tous ses examens, il ne fut jamais interrogé que sur cet évangile, qu'il avait si bien approfondi, et sur lequel il répondit de manière à satisfaire pleinement les examinateurs les plus exigeants.

Ordonné prêtre, au mois de mars 1628, Joseph se sépara complètement du monde. Il recherchait les emplois les plus humbles du couvent, il pratiquait des austérités inouïes, ne mangeait que tous les 3 ou 4 jours, et cela avec tant de modération, qu'il était facile de voir que son corps même vivait d'une nourriture cachée, que les hommes ne connaissaient pas. En effet, son corps, aussi bien que son âme, était soutenu par la sainte Eucharistie; et après la messe qu'il célébrait tous les jours, avec une grande dévotion, l'augmentation de force qu'il avait puisée dans la sainte communion se manifestait par l'animation de ses traits et la vigueur de sa démarche. Comme à saint François, les animaux lui obéissaient, les éléments étaient dociles à sa voix; à son attouchement, les malades étaient guéris. En un mot, la nature semblait n'avoir plus de lois en présence des désirs de Joseph.

Pour lui, les lois de la pesanteur étaient suspendues, ou plutôt le centre qui l'attirait, ce n'était pas, comme pour nous pauvres misérables, la terre, mais le ciel. Aussi était-il souvent élevé, à la vue de ses Frères, à une distance considérable au sol, et là, il demeurait en contemplation, tout absorbé en Dieu. Chaque fois qu'on récitait en sa présence les Litanies de la Sainte Vierge, il s'élevait en l'air et allait embrasser l'image de la Mère de Dieu.

Ces transports aériens, ces vols dans l'espace furent si habituels à notre Saint que les actes du procès de canonisation en rapportent plus de soixante-dix survenus dans le seul territoire de Cupertino, aussi peut-on affirmer sans crante, que durant la moitié peut-être de sa vie, ses pieds n'ont point touché le sol.

Il mourut à Osimo, d'une mort digne de sa vie, le 18 septembre 1663, à l'âge de 60 ans et fut canonisé par Clément XIII en 1766.

D´après Nos Saints, par un Frère Mineur, p. 221-222.

http://deojuvante.forumactif.org/t439-saint-joseph-de-cupertino#4896
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Message  Roger Boivin le Jeu 18 Sep 2014, 9:39 am



Vu que cette courte biographie, de saint Josepf de Cupertino, est tirée du livre NOS SAINTS ou abrégé de la vie des saints et des Bienheureux des trois Ordres de notre Séraphique Père saint François .. par un Frère Mineur - 1899, en voici le lien :

https://archive.org/stream/nossaintsouabr00fr#page/220/mode/2up
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Message  gabrielle le Jeu 18 Sep 2014, 9:48 am

Merci Roger... Wink
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Message  gabrielle le Ven 19 Sep 2014, 7:13 am

Le 19 septembre

Saint Janvier, évêque et martyr et ses compagnons, martyrs

Dom Guéranger, Année liturgique a écrit:JANVIER ne cesse pas d'annoncer l'Evangile à toute créature; son sang miraculeux perpétue le témoignage qu'il rendit au Christ. Où sont tant d'hommes qui  pour croire, disent qu'ils voudraient avoir vu ? Naples aujourd'hui les appelle ! ils y verront le sang du martyr, mis en présence de sa tête tranchée pour Dieu il y a seize cents ans, bouillonner comme à l'heure où il s'échappa de ses veines sacrées.

Non; les miracles ne font pas défaut en nos temps à l'Eglise. Dieu, sans doute, ne saurait se prêter aux exigences fantaisistes d'un orgueil prétendant dicter les conditions des prodiges qu'il réclame pour s'incliner devant la Majesté infinie. Mais l'intervention du Seigneur, se manifestant par l'interruption des lois de nature que lui-même a posées, que lui seul peut suspendre, n'a manqué pour nul homme de bonne foi à aucune époque de l'histoire; elle manque aujourd'hui moins que jamais.

Au temps où Dioclétien et Maximien persécutaient les chrétiens, Janvier, évêque de  Bénévent, fut conduit à Nole pour y répondre de sa foi devant Timothée, préfet de Campanie. Là, sa constance eut à subir divers assauts. Jeté dans une fournaise ardente, il  en  sortit sans nul dommage, sans même  que  la  flamme eût consumé  ses  vêtements  ni un seul de ses cheveux. En suite de quoi, le préfet  furieux commanda  que  l'on disloquât  le   Martyr,  de telle sorte que les nerfs par tout son corps fussent arrachés de leurs jointures. Cependant  on avait saisi son diacre  Festus et  le lecteur Didier ; on les  charge de chaînes, et on  les traîne avec l’évêque devant le char du préfet jusqu'à Pouzzoles. Ils y sont jetés dans le même cachot où  se  trouvaient déjà  Sosie et  Proculus, diacres, le premier de Misène, le  second  de Pouzzoles, ainsi que les  laïques Eutychés et Acutius,comme eux condamnés  aux  bêtes.

Le lendemain, tous furent exposés dans l'amphithéâtre ; mais les bêtes, oubliant leur férocité naturelle, se couchèrent aux pieds de Janvier. Ce qu'attribuant à des enchantements magiques, Timothée condamna les Martyrs à la décapitation ; mais soudain il perdit la vue, pour ne la recouvrer peu après qu'à la prière du bienheureux Janvier. A ce miracle, environ cinq mille hommes crurent au Christ. Un tel bienfait eût dû adoucir le juge ; mais mis en rage par la conversion d'une telle multitude, et craignant par-dessus tout les édits des princes, il fit frapper du glaive le saint évêque avec ses compagnons.

Dans le désir de s'assurer parmi eux des patrons près de Dieu, les villes voisines eurent soin de leur sépulture. Les Napolitains, avertis d'en haut, prirent le corps de Janvier, qui, porté d'abord à Bénévent, puis au monastère du Mont-Vierge, fut enfin transféré à Naples et placé dans la principale église. Il y brilla par beaucoup de miracles. L'un des plus mémorables est celui par lequel il éteignit dans une éruption les flammes du Vésuve, dont les tourbillons menaçaient de ruine, non seulement les alentours, mais encore de lointaines contrées. Célèbre encore est celui-ci : le sang coagulé du Martyr est conservé dans une fiole de verre ; or, quand on le met en présence de la tête de Janvier, on le voit se liquéfier et bouillonner d'une manière merveilleuse comme s'il venait d'être répandu ; ce prodige continue de nos jours.

note de gabrielle: Les miracles, comme celui de Saint Janvier et du Saint Suaire seront au jour du jugement les accusateurs des incrédules

http://deojuvante.forumactif.org/t975-saint-janvier-eveque-et-martyr#13356
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Message  gabrielle le Sam 20 Sep 2014, 7:52 am

Le 20 septembre

Saint Eustache et ses compagnons, martyrs

Leçons des Matines avant 1960 a écrit: Eustache, qui portait aussi le nom de Placide, et que sa naissance, ses richesses et sa gloire militaire distinguaient parmi les Romains, mérita, sous l’empereur Trajan, le titre de maître de la milice. Un jour que, se livrant à l’exercice de la chasse, il poursuivait un cerf d’une taille prodigieuse qui fuyait devant lui, cet animal s’arrêta tout à coup et Eustache put voir, entre ses bois, une image grandiose et resplendissante de notre Seigneur Jésus-Christ attaché en croix. Sur l’invitation que le Sauveur lui fit entendre de prendre pour but de ses poursuites la vie immortelle, il s’enrôla dans la milice chrétienne avec son épouse Théopista, et leurs deux enfants en bas âge, Agapit et Théopiste.

Étant retourné bientôt, comme le Seigneur le lui avait ordonné, au lieu même où la vision s’était produite, il l’entendit lui prédire tout ce qu’il aurait à supporter dans la suite pour sa gloire. Peu après il souffrit avec une patience admirable d’incroyables calamités, et se vit bientôt réduit à la plus profonde misère. Obligé de fuir en secret, il se vit enlever dans la suite, son épouse d’abord, puis ses enfants, malheureusement arrachés à son affection. Le cœur déchiré par tant d’épreuves.il demeura longtemps caché dans une région lointaine, cultivant la terre, jusqu’à ce que, réconforté par une voix céleste et repris par Trajan pour une nouvelle guerre, il fût de nouveau placé à la tête des troupes.

Durant l’expédition qu’il dirigea, il eut la joie inespérée de recouvrer ses enfants et son épouse. Vainqueur, il entra dans Rome au milieu des acclamations de tous. Mais peu après, ayant reçu l’ordre de sacrifier aux faux dieux pour les remercier de sa victoire, il s’y refusa énergiquement. En vain essaya-t-on par divers moyens de lui faire renier la foi du Christ. On l’exposa aux lions avec sa femme et ses enfants ; la douceur que ces animaux montrèrent à leur égard ayant irrité l’Empereur, celui-ci ordonna d’enfermer les saints Confesseurs dans un taureau d’airain, rougi par le feu qui brûlait au-dessous. Consommant ainsi leur martyre et chantant les louanges divines, ils s’envolèrent vers la félicité éternelle, le douze des calendes d’octobre. Leurs corps, retrouvés intacts, furent religieusement ensevelis par les fidèles, puis transférés avec honneur dans l’église édifiée sous leur vocable.

Vigile de Saint Matthieu, Apôtre, Évangéliste et martyr

En ce temps-là : Jésus vit un publicain nommé Lévi, assis au bureau des impôts, et il lui dit : Suis-moi. Et le reste.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.


Elle est tout mystère, cette vocation du publicain que Jésus invite à le suivre, moins par la marche du corps que par le mouvement de l’âme. Ainsi cet homme, dont l’avarice et la dureté faisaient auparavant tourner à son profit le salaire des mercenaires, la peine et le danger des matelots, cet homme, appelé d’une seule parole, abandonne son propre bien, lui qui ravissait le bien d’autrui ; et quittant ce misérable bureau où on le voyait assis, il marche, du pas ferme de sa volonté, à la suite du Seigneur, et même il se met en frais pour lui préparer un grand festin. C’est ainsi que celui qui reçoit le Christ dans la maison spirituelle de son cœur est nourri de ce qu’il y a de plus délicat et pleinement rassasié de délices.
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Message  gabrielle le Dim 21 Sep 2014, 8:05 am

Le 21 septembre

Saint Matthieu, apôtre, évangéliste

Leçons à Matines, avant 1960 a écrit: L’apôtre et Évangéliste Matthieu, appelé aussi Lévi, était assis à son comptoir, lorsque le Christ lui fit entendre son appel. Il le suivit sans tarder et le reçut à sa table, lui et les autres disciples. Après la résurrection du Christ, avant de quitter la Judée pour la contrée qui lui était échue à évangéliser, il écrivit le premier, en hébreu, l’Évangile de Jésus-Christ, pour les Juifs convertis. Puis il partit pour l’Éthiopie, où il prêcha la bonne nouvelle, confirmant sa doctrine par de nombreux miracles.

On doit citer en première ligne le miracle qu’il opéra en ressuscitant la fille du roi ; ce prodige convertit à la foi du Christ le roi, père de la jeune fille, la reine, et toute la contrée. A la mort du roi, Hirtacus, son successeur, voulut épouser la princesse Iphigénie, de race royale. Mais comme celle-ci avait voué à Dieu sa virginité, sur le conseil de Matthieu, et qu’elle persistait dans son pieux dessein, Hirtacus donna l’ordre de tuer l’Apôtre, tandis qu’il célébrait à l’autel les saints Mystères. La gloire du martyre couronna sa carrière apostolique, le onze des calendes d’octobre. Son corps fut transporté à Salerne, et déposé peu après, Grégoire VII étant souverain Pontife, dans l’église consacrée sous son vocable, et il y reçoit de la part de nombreux fidèles, un culte de pieuse vénération.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus vit un homme nommé Matthieu assis au bureau des impôts, et lui dit : Suis-moi. Et le reste.

Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

Les autres Évangélistes, par respect et honneur pour Matthieu, se sont abstenus de lui donner son nom populaire et ils l’ont appelé Lévi ; il eut en effet ces deux noms. Quant à lui, suivant ce que dit Salomon : « Le juste est le premier accusateur de lui-même ; » et : « Confesse tes péchés, afin d’être justifié, » il s’appelle Matthieu et se déclare publicain, pour montrer à ceux qui le liront que nul ne doit désespérer du salut, pourvu qu’il embrasse une vie meilleure, puisqu’on voit en sa personne un publicain tout à coup changé en Apôtre.

Porphyre et l’empereur Julien relèvent ici sous forme d’accusation, ou l’ignorance d’un historien inexact ou la folie de ceux qui suivirent immédiatement le Sauveur, comme s’ils avaient inconsidérément obéi à l’appel du premier venu ; tandis qu’au contraire, Jésus avait déjà opéré beaucoup de miracles et de grands prodiges, que les Apôtres avaient certainement vus avant de croire. D’ailleurs l’éclat et la majesté de la divinité cachée en lui reflétés jusque sur sa face, pouvaient dès le premier aspect, attirer à lui ceux qui le voyaient ; car si l’on dit que l’aimant et l’ambre ont la propriété d’attirer les anneaux de fer, les tiges de blé, les brins de paille, combien plus le Seigneur de toutes choses pouvait-il attirer à lui ceux qu’il appelait ?

« Or il arriva que Jésus étant à table dans la maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent s’y asseoir avec lui. » Ils voient que ce publicain, passé d’un état de péché à une vie meilleure, avait été admis à la pénitence ; et c’est pour cela qu’eux-mêmes ne désespèrent pas de leur salut. Mais ce n’est pas en demeurant dans leurs mauvaises habitudes qu’ils viennent à Jésus, ainsi que les Pharisiens et les Scribes le disent avec murmure. C’est en faisant pénitence, comme le marque le Seigneur dans la réponse qui suit : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice ; car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. » Aussi le Seigneur allait-il aux repas des pécheurs, pour avoir l’occasion de les instruire et de servir à ceux qui l’invitaient, des aliments spirituels.


Dernière édition par gabrielle le Ven 23 Jan 2015, 7:25 am, édité 1 fois
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Message  gabrielle le Lun 22 Sep 2014, 7:03 am

Le 22 septembre

Saint Thomas de Villeneuve, évêque et confesseur

Né en 1488, mort en 1555. Canonisé en 1658, fête en 1694. Ce même 22 septembre, l’Eglise commémore St Maurice et ses compagnons.

Leçons des Matines,avant 1960 a écrit: Thomas naquit en Espagne dans la ville de Font-Plain (Fuenllana), au diocèse de Tolède, l’an du Seigneur mil quatre cent quatre-vingt-huit, d’une famille très distinguée. Dès l’âge le plus tendre, il conçut pour les pauvres des sentiments tout particuliers d’affection et de miséricorde, et tout jeune encore, il en donna bon nombre de preuves ; celle-ci, entre autres, que plus d’une fois il se dépouilla de ses vêtements pour couvrir ceux qui n’en avaient pas. Au sortir de l’enfance, il fut envoyé à Alcala pour y étudier les lettres, comme élève du grand collège de saint Ildefonse. Rappelé par la mort de son père, il consacra toute sa fortune à l’entretien de jeunes filles indigentes ; puis, sans tarder, il revint à Alcala pour achever son cours de théologie et il se fit tellement remarquer par sa science, qu’on l’obligea d’occuper l’une des chaires de l’Université ; il y traita avec un très grand succès les questions de philosophie et de théologie. En même temps, il ne cessait de demander à Dieu avec beaucoup d’instance dans ses prières, de lui révéler la science des saints et de lui faire connaître une règle de conduite pour diriger sagement sa vie et ses mœurs. Ce fut donc sur l’inspiration de Dieu, qu’il embrassa l’institut des Ermites de saint Augustin.

Devenu profès, il excella dans toutes les vertus, dans tout ce qui t’ait l’ornement de la vie religieuse ; il se fit surtout remarquer par son humilité, sa patience, sa continence et sa très ardente charité, Au milieu d’occupations variées et multiples, il tenait son esprit fortement appliqué à l’oraison et à la méditation des choses de Dieu. Forcé d’accepter le fardeau de la prédication, qu’on lui imposa à cause de l’éminence de sa sainteté et de sa doctrine, il retira, la grâce divine aidant, quantité de pécheurs de la fange du vice pour les faire entrer dans la voie du salut. Placé comme supérieur à la tête de ses frères, il sut allier, dans une juste mesure, la prudence, la justice et la douceur à la sollicitude et la sévérité, si bien qu’il raffermit ou rétablit l’ancienne discipline de son Ordre dans un grand nombre de maisons.


Désigné pour occuper le siège archiépiscopal de Grenade, il rejeta cette dignité avec une humilité et une persistance admirables. Peu après cependant, sur l’ordre de ses supérieurs, il accepta le gouvernement de l’Église de Valence Pendant onze années environ, il l’administra avec tant de soin, qu’il accomplit tous les devoirs d’un très saint et très vigilant pasteur, sans rien changer à son genre de vie habituel. Son inépuisable charité s’exerça plus généreusement encore, prodiguant aux pauvres les revenus considérables de son Église et ne gardant même pas un lit en sa possession ; car celui sur lequel il était couché au moment où le Christ l’appela au ciel, lui fut prêté par l’indigent à qui il l’avait donné peu auparavant à titre d’aumône. Il s’endormit dans le Seigneur le six des ides de septembre, à l’âge de soixante-huit ans. Pendant sa vie et après sa mort, Dieu voulut manifester par des miracles la sainteté de son serviteur. Ainsi un grenier dont tout le froment avait été distribué aux pauvres, se trouva tout à coup rempli ; et un enfant mort revint à la vie auprès de son tombeau. En raison de ces miracles et de beaucoup d’autres encore qui le glorifièrent, il fut inscrit au nombre des Saints par le souverain Pontife Alexandre III.

http://deojuvante.forumactif.org/t977-saint-thomas-de-villeneuve-eveque-et-confesseur#13359

Bréviaire a écrit:Le récit de la passion de St Maurice date de 449 au plus tard. La fête se répandit suite à l’importance prise par l’abbaye de St-Maurice, fondée en 515. Elle fut adoptée à Rome au XIème siècle. Les saints Martyrs ne sont plus que commémorés depuis l’inscription de la fête de St Thomas de Villeneuve au calendrier (1694).


L’empereur Maximien ayant conduit son armée en Gaule, s’arrêta sur les confins du territoire de Sion, pour offrir un sacrifice. Mais la légion thébaine, ne voulant pas se souiller en participant à des cérémonies sacrilèges, se tint à l’écart du reste des troupes L’empereur leur envoya des soldats les avertir en son nom que, s’ils voulaient avoir vie sauve, ils devaient se rendre au camp pour les sacrifices. Ils répondirent que la religion chrétienne le leur défendait. Indigné par cette réponse et encore plus irrité qu’auparavant, Maximien envoya une partie de ses troupes contre les Thébains, avec ordre de les décimer. Mais eux, de leur propre mouvement et animés surtout par les exhortations de Maurice, préférèrent se soumettre au martyre plutôt qu’aux injonctions impies de l’empereur ; celui-ci fit donc massacrer par son armée entière tous ceux de la légion, unanimes à confesser inébranlablement le nom du Christ. Ils moururent le dix des calendes d’octobre.

http://deojuvante.forumactif.org/t978-saint-maurice-et-ses-compagnons-martyrs#13360
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Message  gabrielle le Mar 23 Sep 2014, 6:42 am

Le 23 septembre

Saint Lin, pape et martyr, mémoire de sainte Thècle,vierge et martyre.
Année Liturgique, Dom Guéranger a écrit:
Une obscurité mystérieuse entoure la vie des premiers Vicaires de l'Homme-Dieu; ainsi se dérobent aux yeux les premières assises d'un monument fait pour défier la durée. Porter l'Eglise éternelle, est assez pour leur gloire ; assez pour justifier notre confiance, animer notre gratitude. Laissons disserter les doctes sur tel ou tel point de la courte Légende qui va suivre; cette fête était réclamée par le cœur de l'Epouse: elle est le témoignage de sa vénération émue pour l'humble et doux Pontife qui, le premier, rejoignit Pierre aux cryptes Vaticanes.

Lin, Pape, né en Toscane à Volterra, gouverna le premier l'Eglise à la suite de Pierre. Si grandes étaient sa foi et sa sainteté que non seulement il chassait les démons, mais ressuscitait aussi les morts. Il écrivit les actes du bienheureux Pierre, et spécialement ce qu'il avait fait contre Simon le magicien II décréta qu'aucune femme n'entrerait dans l'église sans voile sur sa tête. La constance de sa foi chrétienne valut au Pontife une sentence de décapitation de la part de Saturninus, consulaire impie et ingrat, dont il avait délivré la fille que tourmentaient les démons. On l'ensevelit au Vatican près du tombeau du prince des Apôtres, le neuf des calendes d'octobre. Il siégea onze ans, deux mois, vingt-trois jours ; en deux fois, au mois de décembre, il créa quinze évêques et dix-huit prêtres.

Ce fut personnellement et à la vue de tous, que le Seigneur investit Simon fils de Jean du pontificat suprême ; non moins directement, bienheureux Pontife, mais invisiblement, vous reçûtes de Jésus les clefs du royaume des cieux. A vous commence ce règne complet de la foi pure où l'Eglise, sans ouïr derechef l'Homme-Dieu dire à Pierre : Pais mes brebis, s'incline pourtant devant la permanence de son autorité en l'homme dûment désigné comme représentant de l'Epoux. Obtenez que les ombres d'ici-bas ne rendent jamais incertaine notre obéissance; faites qu'au jour de l'éternité, nous méritions de contempler avec vous le Chef divin dans la lumière.

Rome associe aux honneurs du premier successeur de Pierre la mémoire sainte de Thècle la proto-martyre. Faisons comme elle écho en ce jour au concert unanime des Pères de l'Orient et de l'Occident. Lorsque, sur la fin du III° siècle de notre ère, Méthodius, le Pontife Martyr, donnait à l'Eglise son Banquet des vierges, il plaçait au front  de la vierge d'Icône la plus belle des couronnes distribuées aux convives de l'Epoux (1). C'était justice pour celle que Paul avait formée, la rendant plus supérieure encore dans l'Evangile qu'elle ne l'était dans la philosophie et toute science (2). L'héroïsme avait en elle suivi la lumière ; la force de l'âme y soutint la magnanimité des résolutions ; la gloire d'un multiple martyre fut acquise à celle dont le corps, aussi ferme que l'âme en sa blancheur virginale (3), triompha du feu, des fauves, des monstres marins.
C'est elle qui triomphe encore au Banquet mystérieux. La Sagesse est en elle, cithare divine harmonisant son âme, résonnant sur ses lèvres en accents d'admirable éloquence *, en sublime poésie. Quand, le festin achevé, les vierges debout rendent grâces au Seigneur, c'est elle qui préside le choeur, et elle chante :

« Pour vous, Epoux, je me garde pure ; je viens à vous, ma lampe allumée.

« J'ai fui les délices de la vie, l'amère félicité des humains; j'aspire à voir toujours votre beauté. — Pour vous, Epoux, je me garde pure; je viens à vous, ma lampe allumée.

« J'ai dédaigné l'union d'un mortel, j'ai quitté la maison remplie d'or; recevez-moi au bienheureux secret de votre amour.—Pour vous, Epoux, je me garde pure ; je  viens à vous, ma lampe allumée.

« Du dragon j'ai déjoué les ruses, du feu j'ai bravé la flamme, des animaux féroces j'ai subi les assauts; je vous attends des cieux. — Pour vous, Epoux, je me garde pure ; je viens à vous, ma lampe allumée.

« O Verbe, éprise de vous, j'ai oublié la terre de ma naissance, j'ai oublié les jeux des compagnes de mon âge, et ma mère, et mes nobles aïeux ; car vous m'êtes tout, ô Christ. — Pour vous, Epoux, je me garde pure ; je  viens à vous, ma lampe allumée (1).  »

1. METHOD. Conviv. dec. virg. XI, i. — 2. Ibid. VII. IX, — 3. Ibid. VIII, XVII. — 4. Ibid. VII, IX; VIII.

1. Method. Conviv. dec. virg. XI, II.

http://deojuvante.forumactif.org/t461-saint-lin#5311

http://deojuvante.forumactif.org/t979-sainte-thecle-vierge-et-martyre#13361
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Message  gabrielle le Mer 24 Sep 2014, 7:38 am

Le 24 septembre

Notre-Dame de la Merci

Dom Guéranger, Année Liturgique a écrit:Septembre se termine avec la lecture du livre de Judith et de celui d'Esther en l'Office du Temps. Libératrices glorieuses, qui figurèrent Marie dont la naissance illumine ce mois d'un éclat si pur, dont, sans plus tarder, le secours est acquis au monde.

Adonaï, Seigneur, vous êtes grand ; nous vous admirons, Dieu qui remettez le salut aux mains de la femme (1) : ainsi l'Eglise ouvre l'histoire de l'héroïne qui sauva Béthulie par le glaive, tandis que, pour arracher son peuple à la mort, la nièce de Mardochée n'employa qu'attraits et prières. Douceur de l'une, vaillance de l'autre, beauté des deux, la Reine que s'est choisie le Roi des rois éclipse tout dans sa perfection sans rivale ; or, la fête présente est un monument de la puissance qu'elle déploie pour délivrer, elle aussi, les siens.

Le Croissant ne grandissait plus. Refoulé sur la terre des Espagnes, contenu en Orient par le royaume latin de Jérusalem, on le vit, dans le cours du XIIe siècle, demander plus que jamais à la piraterie les esclaves que la conquête avait cessé de lui fournir. Moins inquiétée par les croisés d'alors, l'Afrique sarrasine courut la mer pour alimenter le marché musulman. L'âme frémit à la pensée des innombrables infortunés de toute condition, de tout sexe, de tout âge, enlevés sur les côtes des pays chrétiens ou capturés sur les flots, et subitement distribués entre le harem ou le bagne. Il y eut là pourtant, sous l'affreux secret de geôles sans histoire, d'admirables héroïsmes où Dieu ne fut pas moins honoré que dans les luttes des anciens martyrs remplissant à bon droit le monde de leur renommée ; sous l'œil surpris des Anges, après douze siècles, il y eut là pour Marie l'occasion d'ouvrir, dans le domaine de la charité, des horizons nouveaux où les chrétiens restés libres, se dévouant à sauver leurs frères, feraient preuve eux-mêmes d'héroïsmes encore inconnus. Et n'est-ce point là, amplement justifiée, la raison qui permet le mal passager de cette terre ? sans lui, le ciel, qui doit durer toujours, eût été moins beau à jamais.

Lorsque, en 1696, Innocent XII étendit la fête de ce jour à l'Eglise entière, il ne fit qu'offrir à la reconnaissance du monde le moyen de s'exprimer dans un témoignage aussi universel que l'était le bienfait.

A la différence de l'Ordre de la Très Sainte Trinité qui l'avait précédé de vingt ans, celui de la Merci, fondé pour ainsi dire en plein champ de bataille contre les Maures, compta plus de chevaliers que de clercs à son origine. On le nomma l'Ordre royal, militaire et religieux de Notre-Dame de la Merci pour la rédemption des captifs. Ses clercs vaquaient plus spécialement à l'accomplissement de l'Office du chœur dans les commanderies ; les chevaliers surveillaient les côtes, et s'acquittaient de la mission périlleuse du rachat des prisonniers chrétiens. Saint Pierre Nolasque fut le premier Commandeur ou grand Maître de l'Ordre; on le retrouva, lors de l'invention de ses précieux restes, armé encore de la cuirasse et de l'épée.

Lisons les lignes suivantes où l'Eglise, rappelant des faits déjà connus (1), nous donne aujourd'hui sa pensée.

1. Fêtes des SS. Pierre Nolasque  et Raymond de Pegnafort, 31 et 23 janvier.

Au temps où le joug du Sarrasin pesait de tout son poids sur la plus grande et la plus fortunée partie des Espagnes, lorsqu'innombrables étaient les malheureux fidèles exposés sous une affreuse servitude au danger imminent de renier la foi et d'oublier leur salut éternel, la Reine bienheureuse des cieux, subvenant dans sa bonté à tant de maux, montra sa grande chanté pour racheter les siens. Elle apparut à saint Pierre Nolasque, dont la piété égalait la fortune et qui, dans ses méditations devant Dieu, songeait sans cesse au moyen de secourir tant d'infortunés chrétiens prisonniers des Maures ; douce et propice, la Vierge bienheureuse daigna dire qu'elle aurait pour très agréable, ainsi que son unique Fils, que fut fondé en son honneur un Ordre religieux auquel incomberait la tâche de délivrer les captifs de la tyrannie des Turcs. Animé par cette vision du ciel, on ne saurait dire de quelle ardeur de charité ne fut pas embrasé l'homme de Dieu ;  il  n'eut plus qu'une pensée au cœur : se dévouer, lui et l'Ordre qu'il devait établir, à la pratique de cette très haute charité qui consiste à livrer sa vie pour ses amis et son prochain.

Or, en cette même nuit, la Vierge très sainte s'était révélée au bienheureux Raymond de Pegnafort et au roi Jacques d'Aragon, leur signifiant également son désir au sujet desdits religieux et les priant de s'employer pour une oeuvre de telle importance. Pierre donc étant de suite accouru aux pieds de Raymond, qui était son confesseur, pour lui raconter toute chose, le trouva lui-même instruit d'en haut, et se soumit humblement à sa direction. Le roi Jacques survint alors, honoré lui aussi des révélations de la bienheureuse Vierge, et résolu de leur donner suite. C'est pourquoi, après en avoir conféré entre eux, d'un commun accord, ils entreprirent d'instituer en l'honneur de la Vierge Mère l'Ordre auquel serait donné le nom de Sainte-Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.

Le dix août donc de l'an du Seigneur douze cent dix-huit, le roi Jacques exécuta le dessein précédemment mûri par ces saints personnages ; par un quatrième vœu, les nouveaux religieux s'obligeaient à rester en gage sous puissance des païens, s'il était nécessaire pour la délivrance des chrétiens. Le roi leur accorda de porter sur la poitrine ses propres armes ; il prit soin d'obtenir de Grégoire IX la confirmation d'un institut religieux que recommandait une charité si éminente envers le prochain. Mais lui aussi Dieu même, par la Vierge Mère, donna tels accroissements à l'œuvre, qu'elle fut bientôt heureusement connue dans le monde entier ; elle compta nombre de sujets remarquables en sainteté, piété, charité, recueillant les aumônes des fidèles du Christ et les employant au rachat du prochain, se livrant eux-mêmes plus d'une fois pour la délivrance d'un grand nombre. Il convenait que pour une telle institution, pour tant de bienfaits, de dignes actions de grâces fussent rendues à Dieu et à la Vierge Mère ; et c'est pourquoi le Siège apostolique, après mille autres privilèges dont il avait comblé cet Ordre, accorda la célébration de cette fête particulière et de son Office.

Soyez bénie, ô vous, l'honneur de votre peuple et notre joie (1) ! Au jour de votre Assomption glorieuse, c'était bien pour nous que vous montiez prendre possession de votre titre de Reine (2) ; les annales de l'humanité sont pleines de vos interventions miséricordieuses. Ils se comptent par millions ceux dont vous fîtes tomber les chaînes, les captifs arrachés par vous à l'enfer du Sarrasin, vestibule de celui de Satan. En ce monde qui tressaille au souvenir récemment renouvelé de votre bénie naissance, votre sourire a suffi toujours pour dissiper les nuages, pour sécher les pleurs. Que de douleurs encore cependant sur cette terre où, dans les jours de votre mortalité, vous-même voulûtes goûter à si longs traits au calice des souffrances ! Douleurs sanctifiantes pour quelques-uns, douleurs fécondes ; hélas ! aussi, douleurs stériles et pernicieuses d'infortunés qu'aigrit l'injustice sociale, pour qui l'asservissement de l'usine, l'exploitation aux mille formes du faible par le fort, apparaît bientôt pire que n'eût été l'esclavage d'Alger ou de Tunis. Vous seule, ô Marie, pouvez dénouer ces inextricables liens dont l'ironie du prince du monde enserre une société qu'il a dévoyée au nom des grands mots d'égalité et de liberté. Daignez intervenir ; montrez que vous êtes Reine. La terre entière, l'humanité vous dit comme Mardochée à celle qu'il avait nourrie : Parler au Roi pour nous, et délivrez-nous de la mort (3).

1. Ant. ad Magnificat in Iis Vesp. Dom. IV septembr.

. Judith, XV, 10. — 2. Esther, IV, 14.— 3. Ibid. XV, 1-3.


http://deojuvante.forumactif.org/t980-notre-dame-de-la-merci#13362


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Message  Roger Boivin le Mer 24 Sep 2014, 10:50 am

gabrielle a écrit:[center]Le 24 septembre [..]  Adonaï, Seigneur, vous êtes grand ; nous vous admirons, Dieu qui remettez le salut aux mains de la femme (1) : ainsi l'Eglise ou re l'histoire de l'héroïne qui ..

..ainsi l'Eglise ouvre l'histoire..

https://archive.org/stream/lanneliturgiqu14gu#page/326/mode/2up
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Message  gabrielle le Ven 26 Sep 2014, 7:52 am

le 26 septembre

Saint Cyprien, martyr,et  Sainte Justine, vierge et martyre.

Dom Guéranger, Année Liturgique a écrit:« Qui que vous soyez que séduisent les mystères des démons, nul de vous ne surpassera mon zèle pour ces faux dieux, ni mes recherches à leur sujet, ni la vaine puissance qu'ils m'avaient communiquée, moi, Cyprien, dès l'enfance au service du dragon dans la citadelle Palladique. Apprenez de moi la tromperie de leurs illusions. Une vierge m'a montré que leur pouvoir n'est que fumée. Le roi des démons s'est arrêté à la porte d'une enfant, sans pouvoir la franchir. Celui qui tant promet, n'est que menteur. Une femme se joue de celui qui se vante d'agiter la terre et les cieux. Le lion rugissant n'est qu'un moucheron qui se dérobe, devant Justine la chrétienne et la vierge (1). »

Cyprien fut d'abord adonné à la magie, Martyr ensuite. Justine était une vierge chrétienne, qu'il avait entrepris d'amener par enchantements et sortilèges à consentir à la passion d'un jeune homme. Mais le démon, consulté, ayant répondu qu'aucun procédé ne lui réussirait contre de vrais disciples du Christ, cette réponse frappa tellement Cyprien que, déplorant amèrement son genre de vie passé, il dit adieu aux arts magiques et se convertit sans réserve à la foi du Seigneur Christ. Saisi de ce chef avec la vierge Justine, ils furent tous deux souffletés et battus de verges, puis jetés en prison pour éprouver la fermeté de leur résolution. Mais comme, tirés de là, ils affirmaient leur inébranlable attachement à la religion chrétienne, on les précipita dans une chaudière remplie de poix, de graisse et de cire embrasées. Enfin ils moururent sous la hache à Nicomédie. Leurs corps, jetés à la voirie, restèrent six jours sans sépulture ; jusqu'à ce qu'une nuit, des matelots, les ayant enlevés secrètement sur leur barque, les portèrent à Rome ; ils y furent d'abord ensevelis sur le domaine d'une noble femme appelée Rufine ; transportés plus tard à l'intérieur de la Ville, on les déposa dans la basilique Constantinienne de Latran, près du baptistère.

O VIERGE, celui-là même qui tentait de vous perdre est aujourd'hui votre vivant trophée de victoire. O Cyprien, la carrière du crime est devenue pour vous l'entrée du salut. Puissiez-vous triompher ensemble à nouveau de Satan, dans ce siècle où les sciences occultes recommencent à séduire tant d'âmes, déséquilibrées par la perte de la foi. Contre un danger si grand, contre tout péril, puissent les chrétiens s'armer comme vous du signe de la Croix ; et l'ennemi sera contraint de redire : « J'ai vu un signe terrible, et j'ai tremblé ; j'ai vu le signe du Crucifié, et ma force a fondu comme la cire (1). »
1. Confessio Cypriani Antiocheni, I, II

1. Acta Cypriani et Justinae.
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Message  gabrielle le Sam 27 Sep 2014, 7:59 am

Le 27 septembre

Saints Côme et Damien, martyrs.

Dom Guéranger, Années Liturgique a écrit:« HONOREZ le médecin; car sa mission n'est pas superflue. Le Très-Haut l'a créé ; il a créé les médicaments : les repousser n'est pas d'un sage.

« Les plantes ont leurs vertus ; l'homme à qui la science en est donnée glorifie Dieu, admirable en ce qu'il fait. La douleur est par elles adoucie; l'art en fait des compositions sans nombre, où réside la santé.

« Malade, ô mon fils, ne te néglige pas. Prie le Seigneur qu'il te guérisse ; éloigne-toi du péché, purifie ton cœur ; offre tes dons à l'autel ; puis, au médecin d'agir. Son intervention s'impose ; à une heure ou à l'autre, ne compte pas l'éviter.

« Mais lui aussi doit prier le Seigneur de diriger ses soins pour apaiser la souffrance, écarter le mal, rendre les forces à celui qui l'appelle (1). »

Paroles de la Sagesse, qu'il était bon de citer en cette fête. Fidèle la première au précepte divin, l'Eglise honore aujourd'hui dans Côme et Damien cette carrière médicale où beaucoup d'autres acquirent la sainteté1, où nul cependant ne personnifia comme eux la grandeur du rôle qui s'offre au médecin dans la société baptisée.

Chrétiens dès l'enfance, l'étude d'Hippocrate et de Galien développa en eux l'amour du Dieu qui révèle ses perfections invisibles dans les magnificences de la création (1), dans ce palais surtout, dans ce temple du corps de l'homme (2) qu'il se propose d'habiter à jamais. Leur science fut un hymne à la gloire du Créateur, leur art un ministère sacré : service de Dieu dans leurs frères souffrants; rôle du gardien veillant sur le sanctuaire pour éloigner tout désordre de ses abords, pour au besoin en réparer les ruines. Vie de religion comme de charité, que ces deux reines des vertus amenèrent dans nos Saints jusqu'au martyre, sommet privilégié de l'une et de l'autre, consommation du sacrifice et de l'amour.

L'Orient et l'Occident rivalisèrent d'hommages envers les Anargyres (3) ; appellation que leur avait value la gratuité de leurs soins. Partout des églises s'élevèrent sous leurs noms. Dans sa vénération pour eux, l'empereur Justinicn embellissait et fortifiait l'obscure ville de Cyre, qui renfermait leurs reliques sacrées. En plein forum romain, dans le même temps, le Souverain Pontife Félix IV substituait la mémoire sainte des Martyrs jumeaux au souvenir moins heureusement fraternel que rappelait l'ancien temple de Romulus et de Rémus. Peu d'années s'étaient écoulées depuis le jour où Benoît, inaugurant sa mission de patriarche des moines, dédiait aux saints Côme et Damien le premier des monastères qu'il fondait à l'entour de sa grotte bénie de Sublac, celui-là même qui, sous le nom de sainte Scholastique, a subsisté jusqu'à nous. Mais, une fois de plus véritablement Maîtresse et Mère universelle, combien l'Eglise Romaine n'a-t-elle pas dépassé ces honneurs en
inscrivant les deux saints frères arabes, de préférence à tant de milliers de ses propres héros, dans ses Litanies solennelles et au diptyque sacré des Mystères!

On sait comment, au moyen âge, médecins et chirurgiens s'organisèrent en confréries chargées de promouvoir la sanctification de leurs membres par la prière commune, la charité envers les délaissés, l'accomplissement de tous les devoirs de leur importante vocation pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand bien de l'humanité souffrante....

Voici les lignes consacrées par l'Eglise aux deux frères.

Côme et Damien étaient frères. Arabes d'origine, et de noble extraction, ils naquirent dans la ville d'Eges. Médecins de profession, ils guérissaient les maladies même incurables, autant par la puissance de Jésus-Christ que grâce à leur science. Or, sous les empereurs Dioclétien et Maximien, le préfet Lysias ayant eu connaissance de leur religion, se les fit amener pour les interroger sur leur foi et leur genre de vie. Comme ils s'avouaient hautement chrétiens et proclamaient que la foi chrétienne était nécessaire au salut, Lysias leur ordonne d'adorer les dieux ; sinon des supplices et une mort cruelle les attendent.

Mais, comprenant bientôt l'inutilité de ses menaces : Pieds et poings liés, s'écrie-t-il, qu'on les torture par les plus raffinés tourments. L'ordre s'exécute, et Côme et Damien cependant restent fermes. Toujours enchaînés, on les précipite au fond de la mer ; ils en sortent sains et saufs et déliés. Ce qu'attribuant à la magie, le préfet ordonne de les conduire en prison, d'où, tirés le lendemain, il les fait jeter sur un bûcher en feu ; mais la flamme s'écarte des Saints. Après donc divers autres essais cruels, il commande qu'on les frappe de la hache. Ainsi leur fut acquise, dans la confession de Jésus-Christ, la palme du martyre.

Illustres frères, voici donc accomplie en vous la divine parole : La science du médecin relèvera en gloire, et il sera loué en présence des grands (1). Les grands sont les princes des célestes hiérarchies, témoins en ce jour des hommages reconnaissants de l'Eglise de la terre; la gloire composant l'auréole de vos têtes fortunées est celle de Dieu même, de ce roi magnifique dont parle au même lieu l'Ecriture (1), et qui rémunère votre désintéressement d'autrefois par le don de sa propre vie bienheureuse.

Au foyer de l'amour éternel, votre charité ne saurait s'être amoindrie : secourez-nous toujours. Justifiez la confiance des malades qui recourent à vous. Maintenez la santé des enfants de Dieu ; qu'ils puissent faire honneur à leurs obligations de ce monde, et porter vaillamment le joug léger des préceptes de notre Mère l'Eglise. Bénissez les médecins fidèles à leur baptême, et qui se recommandent de votre patronage ; augmentez leur nombre.

Voyez les études médicales s'égarer dans nos temps sur les pentes du matérialisme et du fatalisme, au grand détriment de la science et de l'humanité. Il est faux que la nature soit pour l'homme toute l'explication de la souffrance et de la mort (2) ; malheur à ceux dont le médecin ne voit en ses clients que le sang et la chair ! C'était plus haut, qu'elle-même l'école païenne cherchait le dernier mot de toute chose ; c'est de plus haut que s'inspirait le respect religieux qui transformait votre art. Par la vertu de votre mort glorieuse, ô témoins du Seigneur, obtenez dans notre société si malade le retour de la foi, de la pensée de Dieu, de cette piété utile à tout et à tous, qui a les promesses de la vie présente comme de l'éternité (3).


1. Eccli. XXXVIII, 1- 15. — 2. Dom A. M. Fournier, Notices sur les Saints médecins.
1. Rom. I, 20. — 2. I Cor. VI, 19-20. — 3. Qui ne reçoit pas d'argent.
1. Eccli. XXXVIII, 3.
1 . Eccli. XXXVIII, 2. — 2. Ibid. 15 ; I Cor. XI, 3o. — 3. I Tim. IV, 8.
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Message  gabrielle le Dim 28 Sep 2014, 7:24 am

Le 28 septembre

Saint Wenceslas, duc et martyr.

Dom Guéranger, Année Liturgique a écrit:Wenceslas nous rappelle, au Cycle sacré, l'entrée d'une valeureuse nation dans l'Eglise. Boulevard  avancé du monde slave au  milieu  de  la Germanie, les Tchèques en furent de tout temps la tribu la plus résistante. On sait quel caractère de périlleuse âpreté, mais aussi d'énergie féconde, revêtent en nos jours les revendications sociales de ce peuple, affermi, semble-t-il, contre toute épreuve par la lutte pour la vie des premiers siècles de son histoire. La foi de ses apôtres et de ses martyrs, la foi romaine, sera le salut comme elle est l'union des pays de la couronne de saint Wenceslas. L'hérésie, qu'elle naisse du sol avec les Hussites, qu'elle soit importée d'Allemagne avec les Réformés de la guerre de trente ans, ne sait que mener la nation aux abîmes ; puissent les avances du schisme et ses flatteries intéressées ne jamais lui devenir funestes ! Le petit-fils de la sainte martyre Ludmilla, le grand-oncle de l'évêque moine et martyr, Adalbert, Wenceslas, lui aussi martyr, convie ses fidèles à s'attacher à lui dans l'unique voie où se trouvent l'honneur et la sécurité de ce monde et de l'autre.

Lisons le récit de la sainte Eglise. La conversion de la Bohême remonte aux dernières années du IX° siècle, où saint Méthodius baptisa Borzivoi, premier duc chrétien de la  descendance de Prémysl,et son épouse sainte Ludmilla. La réaction païenne autant que fratricide qui valut en 936 la couronne du martyre à saint Wenceslas ne se  soutint pas.

Wenceslas, duc de Bohème, naquit de Wratislas et de Drahomira, celle-ci païenne, celui-là chrétien. Il fut élevé dans la piété par sa très sainte aïeule Ludmilla ; toutes les vertus brillaient en lui ; il garda précieusement toute sa vie la virginité. Or, sa mère ayant criminellement fait mourir Ludmilla, s'empara de l'administration du royaume, et elle vivait dans l'impiété avec son plus jeune fils Boleslas ; d'où indignation des grands qui, fatigués de ce gouvernement tyrannique et impie, secouèrent le joug de l'un et de l'autre, et saluèrent Wenceslas comme roi dans la ville de Prague.

Conduisant le royaume plus par la bonté que par l'autorité, telle était sa grande charité pour les orphelins, les veuves, les nécessiteux, que quelquefois il portait de nuit aux indigents du bois sur ses épaules, que souvent il assistait à la sépulture des pauvres ; il délivrait les captifs, visitait au milieu de la nuit les prisonniers, les aidant fréquemment de ses dons et de ses conseils. Toute condamnation à mort, si méritée qu'elle fût, atteignait cruellement l'âme du très doux prince. Souveraine était sa religieuse vénération pour les prêtres ; de ses mains il semait le blé et pressait le vin destinés au sacrifice de l'autel. La nuit, nu-pieds sur la neige et la glace, il faisait le tour des églises, laissant après lui des traces sanglantes sur la terre réchauffée.

Les Anges veillaient sur sa vie. Comme, pour épargner le sang des siens, il s'avançait en combat singulier contre Radislas, duc de Gurim, on vit ces esprits célestes lui fournir des armes et dire à l'adversaire : Ne frappe pas ; épouvanté, celui-ci tomba à ses pieds, demandant grâce. Dans un voyage qu'il fit en Germanie, l'empereur aperçut, au moment où il se présentait à lui, deux Anges qui l'ornaient d'une croix d'or ; s'élançant aussitôt de son trône, il reçut le Saint dans ses bras, le décora des insignes royaux et lui fit don du bras de saint Vite. Cependant, poussé par sa mère, l'impie Boleslas, ayant invité son frère à un festin, le tua, avec l'aide de complices, comme il priait ensuite à l'église, n'ignorant point la mort qu'on lui préparait. Son sang jaillit sur les murs, et  on l'y voit encore. Dieu le vengea : la terre engloutit l'ignoble mère ; les meurtriers périrent misérablement de diverses sortes.

Cette église où vous fûtes couronné, ô Martyr, était celle des saints Côme et Damien, dont la fête vous avait attiré vous-même au lieu du triomphe (1). Comme vous les honoriez, nous vous honorons à votre tour. Comme vous encore, nous saluons l'approche de cette autre solennité qu'annonçaient vos dernières paroles, au festin fratricide : « En l'honneur du bienheureux Archange Michel, buvons cette coupe, et prions-le qu'il daigne introduire nos âmes dans la paix de l'allégresse éternelle (2). » Toast sublime, quand déjà vous teniez en mains le calice du sang ! O Wencesias, pénétrez-nous de cette intrépidité dont l'humble douceur ne dévie jamais, simple comme Dieu à qui elle tend, calme comme les Anges à qui elle se confie. Secourez l'Eglise en nos jours malheureux : tout entière, elle vous glorifie ; tout entière, elle a droit de compter sur vous. Mais, spécialement, gardez-lui le peuple dont vous êtes la gloire ; fidèle comme il l'est à votre mémoire sainte, se réclamant de votre couronne en toutes ses luttes de la terre, les écarts pour lui ne sauraient être mortels.

1. Christian de Scala, fils du fratricide Boleslas le Cruel et neveu du Saint, qui, devenu moine, écrivit la vie de saint Wencesias avec celle de sainte Ludmilla. — 2. Ibid.

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Message  gabrielle le Lun 29 Sep 2014, 8:14 am

Le 29 septembre

Saint Michel , Archange

Sermon de saint Grégoire, Pape.

Nous disons qu’il y a neuf ordres d’Anges. En effet, nous savons positivement par le témoignage de la sainte Écriture, qu’il y a : des Anges, des Archanges, des Vertus, des Puissances, des Principautés, des Dominations, des Trônes, des Chérubins et des Séraphins. Qu’il y ait des Anges et des Archanges, presque toutes les pages sacrées l’attestent ; quant aux Chérubins et aux Séraphins, il en est souvent question, comme on le sait, au livre des Prophètes. De plus, l’Apôtre saint Paul énumère les noms de quatre ordres dans ce passage de son Épître aux Éphésiens : « Au-dessus de toute Principauté, de toute Puissance, de toute Vertu, de toute Domination. » [1] Il dit encore en écrivant aux Colossiens : « Soit les Trônes, soit les Puissances, soit les Principautés, soit les Dominations. » [2] En joignant donc les Trônes aux quatre ordres dont il a parlé aux Éphésiens, on a cinq ordres ; et si l’on y ajoute les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on trouve qu’il existe réellement neuf ordres d’Anges.


Or, il faut savoir que cette dénomination d’Anges désigne leur fonction et non leur nature ; car si ces bienheureux esprits de la céleste patrie sont toujours des esprits, ils ne peuvent pas toujours être appelés des Anges ; ils sont Anges seulement lorsqu’ils annoncent quelque chose. C’est pour cela qu’un Psaume dit en parlant de Dieu : « Lui qui, des esprits, fait ses Anges. » [3] Comme s’il disait explicitement : ceux qu’il a toujours comme esprits, il en fait ses Anges quand il veut. Or, ceux qui portent les messages les moins importants sont appelés simplement du nom d’Anges, et on nomme Archanges ceux qui annoncent les plus grands mystères. Et voilà pourquoi ce n’est pas un Ange quelconque, mais bien l’Archange Gabriel, que Dieu envoya à la Vierge Marie. Comme il s’agissait du plus grand de tous les messages, il convenait que le plus grand des Anges remplît ce ministère. En outre, ces Archanges reçoivent des noms particuliers, qui expriment les effets de leur opération. Ainsi Michel signifie : Qui est semblable à Dieu ? Gabriel, Force de Dieu ; Raphaël, Remède de Dieu.


Toutes les fois qu’il s’agit d’une chose où il faut une puissance extraordinaire, c’est Michel que l’Écriture cite comme envoyé, afin que son nom aussi bien que l’acte même, donne à comprendre que nul ne peut faire ce que Dieu fait par son incomparable puissance. Aussi l’antique ennemi qui disait, dans son orgueilleuse ambition de s’égaler à Dieu : « Je monterai jusqu’aux cieux, j’élèverai mon trône au-dessus des astres du ciel, je serai semblable au Très-Haut ; » [4] cet ancien ennemi, dis-je, lorsqu’à la fin du monde il sera laissé dans toute sa force, pour être ensuite écrasé dans l’éternel supplice, est-il mentionné comme devant combattre contre l’Archange Michel, d’après cette parole de saint Jean : « Et un combat s’est engagé avec l’Archange Michel. » [5] De même, l’Archange envoyé à Marie, c’est Gabriel, dont le nom signifie : Force de Dieu. Il venait effectivement annoncer celui qui, pour faire sentir sa force aux puissances de l’air, a daigné paraître dans l’humiliation. Enfin, comme nous avons dit plus haut, Raphaël signifie : Remède de Dieu ; et en effet, cet Archange, en touchant les yeux de Tobie comme pour le guérir, dissipa les ténèbres de sa cécité.

[1] Ephés. 1, 21

[2] Col. 1, 16

[3] Ps. 103, 4

[4] Is. 14, 13

[5] Ap. 12, 7


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Sanctoral - Page 6 Empty Dédicace de Saint Michel, Archange (29 septembre 2014)

Message  ROBERT. le Lun 29 Sep 2014, 5:21 pm

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Sanctoral - Page 6 Z4e7ke10


Saint Michel Archange,

Patron de la Milice Céleste,

Priez pour nous et défendez-nous.
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Message  gabrielle le Mar 30 Sep 2014, 7:35 am

Le 30 septembre

Saint Jérôme, prêtre, confesseur et docteur

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:« Vital m’est inconnu, je ne veux point de Mélèce, et Paulin, je l’ignore [1] ; celui-là est mien qui adhère à la chaire de Pierre [2]. » Ainsi, vers l’an 376, des solitudes de Syrie troublées parles compétitions épiscopales qui d’Antioche agitaient tout l’Orient, un moine inconnu s’adressait au pontife Damase, implorant lumière pour son âme rachetée du sang du Seigneur [3]. C’était Jérôme, originaire de Dalmatie.

Loin de Stridon, terre à demi barbare de sa naissance, dont il gardait l’âpreté comme la sève vigoureuse ; loin de Rome, où l’étude des belles-lettres et de la philosophie s’était montrée impuissante à le préserver des plus tristes chutes : la crainte des jugements de Dieu l’avait conduit au désert de Chalcis. Sous un ciel de feu, en la compagnie des fauves, il y devait, quatre années durant, mater son corps par d’effrayantes macérations ; remède plus efficace, plus méritante austérité pour son âme passionnée des beautés classiques, il entreprit d’y sacrifier ses goûts cicéroniens à l’étude de la langue primitive des saints Livres. Labeur autrement dur que de nos jours, en lesquels lexiques, grammaires, travaux de toute sorte, ont aplani les voies de la science. Que de fois, rebuté, Jérôme désespéra du succès ! Mais il avait éprouvé la vérité de cette sentence qu’il formulait plus tard : « Aimez la science des Ecritures, et vous n’aimerez pas les vices de la chair [4]. » Revenant donc à l’alphabet hébreu, il épelait sans fin ces syllabes sifflantes et haletantes [5] dont l’héroïque conquête rappela toujours le prix qu’elles lui avaient coûté, par la rugosité imprimée depuis lors, disait-il, à sa prononciation du latin lui-même [6]. Toute l’énergie de sa fougueuse nature était passée dans cette œuvre ; elle s’y consacra, s’y endigua pour la vie [7].

Dieu reconnut magnifiquement l’hommage ainsi rendu à sa divine parole : du simple assainissement moral que Jérôme en avait espéré, il était parvenu à la sainteté supérieure que nous honorons aujourd’hui en lui ; de ces luttes du désert, en apparence stériles pour d’autres, sortait un de ceux auxquels il est dit : Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde [8]. Et cette lumière, Dieu la plaçait sur le chandelier à son heure, pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison [9]. Rome revoyait, mais combien transformé, le brillant étudiant d’autrefois ; sainteté, science, humilité le faisaient proclamer par tous digne du suprême sacerdoce [10]. Damase, docteur vierge de l’Église vierge [11], le chargeait de répondre en son nom aux consultations de l’Orient comme de l’Occident [12], et obtenait qu’il commençât par la révision du Nouveau Testament latin, sur le texte grec original, les grands travaux scripturaires qui devaient immortaliser son nom dans la reconnaissance du peuple chrétien. Sur ces entrefaites, la réfutation d’Helvidius, qui osait mettre en doute la perpétuelle virginité de la Mère de Dieu, révéla en Jérôme le polémiste incomparable dont Jovinien, Vigilance, Pelage, d’autres encore, par la suite, auraient à éprouver la vigueur. Récompense cependant de son honneur vengé, Marie amenait à lui toutes les nobles âmes : il les conduirait dans la voie des vertus qui sont l’honneur de la terre ; par le sel des Écritures, il les préserverait de la corruption dont mourait l’empire.

Étrange phénomène pour l’historien sans foi : voici qu’autour de ce Dalmate, à l’heure où la Rome des Césars agonise, rayonnent soudain les plus beaux noms de Rome antique. On les croyait éteints depuis le jour où s’assombrit entre les mains des parvenus la gloire de la cité reine ; au temps critique où, purifiée par les flammes qu’allumeront les Barbares, la capitale qu’ils donnèrent au monde va reprendre ses destinées, ils reparaissent comme par le droit de leur naissance pour la fonder à nouveau dans sa véritable éternité. Autre est devenue la lutte ; mais leur place demeure en tête de l’armée qui sauvera le monde. Rares sont parmi nous les sages, les puissants, les nobles, disait l’Apôtre quatre siècles plus tôt [13] : nombreux ils sont en nos temps, proteste Jérôme, nombreux parmi les moines [14].

La phalange patricienne constitue le meilleur de l’armée monastique en ces temps de son origine occidentale ; elle lui laissera pour toujours son caractère d’antique grandeur ; mais dans ses rangs, à titre égal à celui de leurs pères et de leurs frères, se voient aussi la vierge et la veuve, parfois l’épouse en même temps que l’époux. C’est Marcella, qui la première, de son palais de l’Aventin, lève l’étendard monastique sur les sept collines, et en retour obtient que la direction de Jérôme ne soit pas refusée au sexe qu’honore pareille initiative ; Marcella qui, le maître disparu, sera, quoi qu’en ait son humilité, l’oracle consulté par tous dans les difficultés des Écritures [15]. C’est comme elle Furia, Fabiola, Paula, rappelant leurs grands aïeux les Camille, les Fabii, les Scipions. C’en est trop pour le prince du monde, Satan [16], qui croyait siennes à jamais les gloires de la vieille cité de Romulus ; les heures du Saint à Rome sont comptées. Fille de Paula, Eustochium a mérité de se voir adresser le manifeste sublime, mais plein de tempêtes, où Jérôme, exaltant la virginité, ne craint pas de soulever contre lui par sa verve mordante la conjuration des faux moines, des vierges folles et des clercs indignes [17]. Vainement la prudente Marcella prédit l’orage ; Jérôme écarte le doigt filial qui voudrait se poser sur sa bouche, et prétend oser dire ce que d’autres peuvent bien oser faire [18]. Il a compté sans la mort de Damase survenue à l’heure même, sans la faction des ignorants jaloux [19] qui, pareillement, n’attendaient que cette mort pour changer en morsures de vipères leurs hypocrites démonstrations d’autrefois [20].

Emporté par le tourbillon, le justicier retourne au désert : non plus Chalcis, mais la paisible Bethléhem, où les souvenirs de l’enfance du Sauveur attirent ce fort entre les forts ; où Paula et sa fille viennent elles-mêmes se fixer pour ne point perdre ses leçons qu’elles préfèrent à tout le reste au monde, pour adoucir son amertume, panser les blessures du lion dont la puissante voix ne cessera point de tenir en éveil les échos de l’Occident. Honneur à ces vaillantes ! leur fidélité, leur ambition de savoir, leurs pieuses importunités vaudront au monde un trésor sans prix : la traduction authentique [21] des Livres saints, que l’imperfection de l’ancienne version Italique, et ses variantes devenues sans nombre, ont nécessitée en face des Juifs traitant l’Église de faussaire [22].

« Paula et Eustochium, puisse le travail de ma pauvre vie vous être agréable, utile aussi à l’Eglise, et digne de la postérité ; quant aux contemporains, leur jugement me touche peu [23]. » Ainsi disait le solitaire ; mais les attaques envieuses d’irréductibles ennemis l’émeuvent plus qu’il ne se l’avoue : « Servantes du Christ, insiste-t-il, opposez le bouclier de vos prières à mes aboyeurs [24]. »

Or, chaque livre nouvellement traduit amenait critique nouvelle, et non toujours haineuse : réserves des craintifs, qui s’alarmaient pour l’autorité des Septante, si grande dans la Synagogue et dans l’Église [25] ; retours intéressés des possesseurs de manuscrits aux pages de pourpre, aux splendides onciales, aux lettres d’argent et d’or, qu’il faudrait donc voir déprécier maintenant. « Eh ! qu’ils gardent leur métallurgie, et nous laissent nos pauvres cahiers, » s’écrie Jérôme exaspéré [26]. « C’est pourtant vous qui me forcez à subir tant d’inepties comme tant d’injures, dit-il aux inspiratrices de ses travaux ; pour couper court au mal, mieux vaudrait m’imposer silence [27]. »

Ni la mère, ni la fille ne l’entendaient ainsi ; et Jérôme se laissait contraindre [28]. Ayant observé qu’une première révision faite par lui du Psautier [29] sur le grec des Septante n’avait pas suffi à fixer le texte, elles en obtinrent une seconde [30], celle-là même que devait adopter notre Vulgate, au même titre que sa version des autres livres de l’Ancien Testament sur l’hébreu ou le chaldéen [31]. Nobles auxiliaires, à la science desquelles lui-même en appelait comme garantie de son exactitude, et qu’il priait de collationner ses traductions mot par mot avec l’original [32].

Toutes les saintes amitiés de jadis gardaient de loin leur part dans ce commerce studieux. Jérôme ne refusait à personne le concours de sa science, et il s’excusait agréablement de ce qu’une moitié du genre humain y semblât plus privilégiée : « Principia, ma fille en Jésus-Christ, je sais que plusieurs trouvent mauvais qu’il m’arrive parfois d’écrire aux femmes ; qu’on me laisse donc dire à mes détracteurs : Si les hommes m’interrogeaient sur l’Écriture, ce n’est pointa celles-là que je répondrais [33]. »

Mais voici qu’un message d’allégresse fait tressaillir les monastères fondés en Ephrata : d’un frère d’Eustochium, et de Lœta, fille chrétienne du pontife des faux dieux Albinus, une autre Paule est née dans Rome. Vouée à l’Époux dès avant sa naissance, elle balbutie au cou du prêtre de Jupiter l’Alléluia des chrétiens ; elle sait que par delà les monts et les flots, elle a une autre aïeule, une tante elle aussi toute à Dieu ; de sa mutine voix la promise du Seigneur menace d’aller les trouver bientôt. « Envoyez-la, écrit Jérôme à la mère dans son ravissement ; je me ferai son maître et son nourricier. Je la porterai sur mes vieilles épaules ; j’aiderai sa bouche bégayante à former ses mots, plus fier en cela qu’Aristote ; car lui n’élevait qu’un roi de Macédoine ; mais moi je préparerai au Christ une servante, une épouse, une reine destinée à siéger dans les cieux [34]. »

Bethléhem vit, en effet, la douce enfant. Elle devait, bien jeune encore, assumer la responsabilité d’y continuer l’œuvre des siens. Elle fut, près du vieillard mourant, l’ange du passage de ce monde à l’éternité.

L’heure des profonds déchirements avait précédé pour lui le moment suprême. Ce fut Paula l’ancienne qui partit la première, chantant : J’ai mieux aimé être humble en la maison de Dieu, que d’habiter les pavillons des pécheurs [35]. Devant l’affaissement mortel où Jérôme parut devoir s’annihiler pour toujours [36], Eustochium brisée refoula ses larmes. Sur les instances de la fille, il se reprit à vivre afin de dégager ses promesses à la mère. C’est ainsi que nous le voyons achever alors ses traductions [37] reprendre aussi ses commentaires du texte ; il va passer d’Isaïe [38] au prophète Ézéchiel, quand fond soudain sur le monde et sur lui l’inexprimable douleur de ces temps : « Rome est tombée ; elle est éteinte la lumière de la terre ; dans une seule ville, tout l’univers a succombé. Que faire, que se taire et penser aux morts [39] ? »

Il fallait penser de plus aux innombrables fugitifs qui affluaient, dénués de tout, vers les saints Lieux ; et Jérôme, l’implacable lutteur, ne savait refuser à aucun malheureux son cœur et ses larmes [40]. Aimant encore mieux pratiquer qu’enseigner l’Écriture [41], il donnait aux devoirs de l’hospitalité ses journées. La nuit seule restait pour l’étude à ses yeux presque aveugles [42]. Études pourtant demeurées bien chères, où il oubliait les misères du jour [43], et se réjouissait de répondre aux désirs de la fille que Dieu lui avait donnée. Qu’on lise l’avant-propos de chacun des quatorze Livres sur Ézéchiel, et l’on verra quelle part fut celle de la vierge du Christ en cette œuvre disputée aux angoisses du temps, aux infirmités de Jérôme, à ses luttes dernières contre l’hérésie [44].

Car on eût dit que l’hérésie prenait du bouleversement du monde l’occasion de nouvelles audaces. Forts de l’appui que leur prêtait l’évêque Jean de Jérusalem, les Pélagiens s’armèrent une nuit de la torche et du glaive ; ils se jetèrent, promenant le meurtre et l’incendie, sur le monastère de Jérôme et sur ceux des vierges qui, depuis la mort de Paula, reconnaissaient Eustochium pour mère. Virilement secondée par sa nièce Paule la jeune, la sainte rallia ses filles et parvint à se frayer passage au milieu des flammes. Mais l’anxiété de cette nuit terrible avait achevé de consumer ses forces épuisées. Jérôme l’ensevelit près de la crèche de l’Enfant-Dieu comme il avait fait la mère, et, laissant inachevé son commentaire sur Jérémie, se disposa lui-même à mourir.

Vous complétez, illustre Saint, la brillante constellation des Docteurs au ciel de la sainte Église. Voici que se lèvent, au Cycle sacré, les derniers astres manquant encore à sa gloire. Déjà s’annonce l’aurore du jour éternel ; le Soleil de justice apparaîtra bientôt sur la vallée du jugement. Modèle de pénitence, enseignez-nous la crainte qui préserve ou répare, dirigez-nous dans les voies austères de l’expiation. Moine, historien de grands moines [45] père des solitaires attirés comme vous en Ephrata par les parfums de la divine Enfance, maintenez l’esprit de travail et de prière en cet Ordre monastique dont plusieurs familles ont pris de vous leur nom. Fléau des hérétiques, attachez-nous à la foi Romaine ; zélateur du troupeau, préservez-nous des loups et des mercenaires ; vengeur de Marie, obtenez que fleurisse toujours plus sur terre l’angélique vertu.

O Jérôme, votre gloire participe surtout de la gloire de l’Agneau ouvrant pour les habitants des cieux le livre plein de mystères [46]. La clef de David [47] vous fut aussi donnée pour ouvrir les sceaux multiples des Écritures, et nous montrer Jésus enfermé sous la lettre [48]. C’est pourquoi l’Église de la terre chante aujourd’hui vos louanges, et vous présente à ses fils comme l’interprète officiel du Livre inspiré qui la conduit à ses destinées. En même temps que l’hommage de l’Épouse et de la Mère...

[1] Hieron. Epist. XV, al. LVII, ad Damas.

[2] Epist. XVI, al. LVIII.

[3] Ibid.

[4] Epist. CXXV, al. IV,ad Rusticum.

[5] Ibid.

[6] Epist XXIX, al. CXXX, ad Marcellam.

[7] Hebræam linguam, quam ego ab adolescentia multo labore ac sudore ex parte didici, et infatigabili meditatione non desero, ne ipse ab ea deserar ; Epist. CVIII, al. XXVII, ad Eustochium.

[8] Matth. v, 13, 14.

[9] Ibid. 15.

[10] Hieron. Epist. XLV, al. XCIX, ad Asellam.

[11] Epist. XLVIII, al. l, ad Pammachiura.

[12] Epist. CXXIII, al. XI, ad Ageruchiam.

[13] I Cor. 1, 26.

[14] Hier. Epist LXVI, al. XXVI, ad Pammachium.

[15] Epist. CXXVII, al. XVI, ad Principiam. Et quia valde prudens erat, sic ad interrogata respondebat, ut etiam sua non sua diceret,... ne virili sexui, et interdum sacerdotibus, de obscuris et ambiguis sciscitantibus, facere videretur injuriam.

[16] Johan. XIV, 30.

[17] Hier. Epist. XXII, ad Eustochium, de custodia virginitatis.

[18] Epist. XXVII, al. CXX, ad Marcellam.

[19] Praefatio versionis Didymi de Spiritu sancto.

[20] Epist. XLV, al. XCIX, ad Asellam.

[21] Conc. Trid., Sess. IV.

[22] Hier. Praefatio in Isaiam ad Paulam et Eustochium.

[23] Praefat. in Daniel.

[24] Praefat. in Reg.

[25] Aug. ad Hier. Epist. I.VI, al. LXXXVI.

[26] Hier. Praefat. in Job, ad easdem.

[27] Praefat. in Jerem.

[28] Quia vos cogitis,... cogor,. . cogitis. Passim.

[29] Psalterium romanum.

[30] Psalterium gallicanum. Hier. Praefat. in Psalmos.

[31] Sauf Baruch, la Sagesse, l’Ecclésiastique, les Machabées, plus quelques fragments, conservés de l’ancienne Italique.

[32] Hier. Praefat. in Esther.

[33] Epist. LXV, al. CXL, ad Principiam.

[34] Epist. CVII, al. VII ad Laetam.

[35] Psalm. LXXXIII, II. Hier. Epist. CVIII, al. XXVII, ad Eustochium.

[36] Epist. XCIX, al. XXXI, ad Theophilum.

[37] Praefat. in Josue, Judices, et Ruth.

[38] Comment, in Isaiam, Prologus : Cogis me, virgo Christi Eustochium, transire ad Isaiam, et quod sanctae matri tuae Paulae, dum viveret, pollicitus sum, tibi reddere.

[39] Comment, in Ezech. I, Prolog.

[40] Ibid. III.

[41] Ibid.

[42] Ibid. VII.

[43] Ibid. VIII.

[44] Ibid. VI.

[45] Paul ermite, Hilarion, Malch.

[46] Apoc. V.

[47] Ibid. III, 7.

[48] Hier. Epist. LIII, al. CIII, ad Paulinum.[/size

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Message  gabrielle le Mer 01 Oct 2014, 7:31 am

Le I octobre

Saint Rémi, évêque et confesseur


Dom Guéranger, Année Liturgique a écrit:Deux siècles ne s'étaient pas écoulés depuis le triomphe de la Croix sur l'idolâtrie romaine, que Satan se reprenait à chanter victoire. Tandis que l'eutychianisme ceignait dans Byzance le diadème impérial avec Anastase le Silentiaire, Arius siégeait en Occident sur les trônes que les Barbares venaient d'élever parmi les ruines; dans tout l'ancien territoire de l'empire l'hérésie dominait, presque partout insolente et persécutrice ; l'Eglise n'avait pour fils que les vaincus.

« Mais ne crains pas, tressaille plutôt, s'écrie Baronius à cette date des annales du monde: c'est la Sagesse dont le jeu divin se poursuit (1). Les visées des mortels comptent peu devant celle qui tient dans ses mains la lumière, pour l'y cacher s'il lui plaît, pour, quand elle le veut, la faire à nouveau resplendir (2). Les ténèbres où s'ensevelit l'univers lui marquent l'heure de luire au cœur des Francs (3) pour faire éclater la foi catholique en sa gloire4. » Manière d'écrire l'histoire peu habituelle en nos jours ; mais c'est ainsi que l'entendait celui qui fut le premier des historiens de la cité sainte, comme il en est demeuré le plus grand. Fils des Francs, dans une fête  pareille, il nous est bon de n'avoir qu'à traduire en l'abrégeant ce qu'il dit de nos pères.

« Comment, observe-t-il ailleurs, n'admirer pas cette providence qui ne fait jamais défaut à l'Eglise ? Du sein de tribus païennes encore, au lendemain de l'irrémédiable chute de l'empire, Dieu se forme un peuple nouveau et se suscite un prince: contre eux doit se briser le flot montant des hérétiques et des Barbares. Telle, en effet, apparut au cours des siècles la mission divine des rois francs.

« Mais quelle n'est pas la puissance de la foi pour conserveries royaumes, comme la fatalité de l'hérésie pour déraciner toute plante ne provenant pas du Père qui est aux cieux (1): c'est ce que montrent, avec leurs principautés si totalement disparues, Goths, Vandales, Hérules, Alains, Suèves, Gépides ; tandis que les Francs voient la motte de terre de leurs origines, heureusement fertilisée, s'assimiler au loin le sol qui l'entoure (2). « Ce que peuvent les Francs, quand la Croix marche en tête de leurs bataillons, on le sut dès lors. Jusque-là obscurs, luttant pour la vie : maintenant que de victoires, que de trophées ! Il a suffi qu'ils reconnussent le Christ, pour parvenir au ; plus haut faîte de la gloire, de l'honneur et de la renommée. Je ne dis là que ce qui est su de tout le monde. Si leur partage fut meilleur que celui des autres nations, c'est que leur foi aussi fut suréminente, incomparable la piété qui les faisait se porter plus ardemment à la défense de l'Eglise qu'à la protection de leurs propres frontières (3).


« Aussi, privilège unique et vraiment admirable : on ne vit jamais, comme il arrive ordinairement, les péchés des rois amener sur ce peuple la servitude d'un joug étranger. On dirait que la promesse du Psaume (1) a été renouvelée pour lui : Si ses fils ne marchent plus selon mes préceptes, je visiterai avec la verge leurs iniquités ; mais je ne retirerai point de lui ma miséricorde (2). »

Honneur donc en ce jour au pieux Pontife qui mérita d'être pour les Francs l'instrument des faveurs du ciel! On sait comment, selon l'expression du saint Pape Hormisdas, « Rémi convertit la nation et baptisa Clovis au milieu de prodiges rappelant les temps du premier apostolat (3). » La prière de Clotilde, le labeur de Geneviève, les pénitences des moines peuplant les forêts gauloises, eurent sans nul doute leur très grande part dans une conversion qui devait à ce point réjouir les Anges ; l'espace nous manque pour dire comment elle fut aussi préparée par tous ces grands évêques du ve siècle, Germain d'Auxerre, Loup de Troyes, Aignan d'Orléans, Hilaire d'Arles, Mamert et Avit de Vienne, Sidoine

Apollinaire, tant d'autres qui, dans ce siècle de ténèbres, maintinrent l'Eglise en la lumière et forcèrent le respect des Barbares. Contemporain et survivant de la plupart d'entre eux, leur émule en éloquence, en noblesse, en sainteté, Rémi sembla les personnifier tous en cette nuit de Noël qu'avaient appelée tant d'aspirations, de supplications, de souffrances. Au baptistère de Sainte-Marie de Reims, naissait à Dieu notre nation; comme autrefois au Jourdain la colombe était vue sur les eaux, honorant non plus le baptême du Fils unique du Père, mais celui de la fille aînée de son Eglise : largesse du ciel, elle apportait l'ampoule sainte contenant le chrême dont l'onction devait faire de nos rois dans la suite des âges les plus dignes entre les rois de la terre (1).

Depuis, Reims, cité glorieuse, vit les hommages de la nation se partager, dans le culte de tels souvenirs, entre son incomparable Notre-Dame et la basilique vénérable où Remi, gardant à ses pieds l'ampoule du sacre, était gardé lui-même par les douze Pairs entourant son splendide mausolée. Eglise de Saint-Remi, caput Franciae, tête de la France, ainsi la nommaient nos aïeux (2) ; jusqu'à ces jours d'octobre 1793 où, du haut de sa chaire profanée, fut proclamée la nouvelle que les siècles d'obscurantisme avaient pris fin, tandis que l'on brisait la Sainte Ampoule et qu'on jetait dans une fosse commune les restes de l'Apôtre des Francs (3).

Après un épiscopat de soixante-quatorze ans, le plus long qu'ait enregistré l'histoire, Remi était passé de la terre au ciel le treizième jour de janvier, qu'on remarque avoir aussi été celui de sa consécration et de sa naissance. Le 1er octobre n'en fut pas moins adopté dans le siècle même où il mourut pour honorer sa mémoire, comme ayant vu le premier transfert de ses reliques saintes en un lieu plus digne, au milieu de merveilles continuant les miracles qui remplirent sa vie. La Translation de saint Remi, tel est encore le nom donné par l'Eglise de Reims à ce jour ; mais c'est au XIII janvier, octave de l'Epiphanie, que par privilège elle solennise la fête principale de son glorieux Patron, à laquelle nous empruntons le récit qui va suivre.

Remi, appelé aussi Remedius, naquit à Laon de parents nobles et renommés pour leurs vertus dans la contrée. Emilius et sainte Célinie étaient déjà avancés en âge, lorsque la naissance de ce fils leur fut annoncée par un solitaire aveugle, du nom de Montan, qui recouvra ensuite la vue en portant à ses yeux quelques gouttes du lait dont l'enfant était nourri. Le futur Apôtre des Francs passa ses premières années dans l'étude et la prière; la retraite l'attirait ; mais plus il cherchait à fuir les hommes, plus on parlait de lui dans tout le pays. Sur ces entrefaites, mourut l'archevêque Bennade; Remi avait vingt-deux ans, mais ses mœurs étaient d'un vieillard: il fut enlevé, plutôt qu'élu, par le vœu de tous, et porté sur le siège de Reims. Ses efforts pour écarter le fardeau durent céder devant les manifestations du vouloir divin. Sacré par les évêques de la province, il montra dans le gouvernement de son Eglise la sagesse d'un vieillard. Eloquent, puissant dans les Ecritures,   il apparaissait comme l'exemple des fidèles, pratiquant ce qu'il enseignait. Pasteur vigilant, après avoir en grand labeur affermi son troupeau dans la connaissance des mystères de la foi et fortifié son clergé dans la discipline, il entreprit d'étendre en Belgique le règne de Jésus-Christ. Gréant de nouveaux diocèses pour les peuples que convertissait sa parole, il établit comme évêques, à Térouanne saint Aumont, à Arras saint Vaast, à Laon saint Génebaud.

Or les œuvres merveilleuses de Rémi, en tous lieux divulguées, remplissaient d'admiration Glovis et les Francs, païens encore. Clovis, vainqueur des Gaulois, ayant donc triomphé des Allemands à Tolbiac par l'invocation du nom de Jésus-Christ, manda Rémi près de sa personne et voulut l'entendre exposer la doctrine chrétienne. Aux instances cependant de l'évêque qui le pressait d'embrasser la foi, le prince opposait la crainte que son peuple n'y voulût pas consentir; mais à peine les Francs l'eurent-ils appris, qu'ils s'écrièrent tout d une voix : Roi pieux, nous rejetons les dieux mortels, nous sommes prêts à suivre le Dieu immortel que Rémi annonce.  Rémi  donc les soumit aux jeûnes qui étaient dans la coutume de l'Eglise, et ayant en présence de la reine Clotilde achevé l'instruction chrétienne de Clovis, il le baptisa au jour même de la naissance du Seigneur: Baisse la tête, lui dit-il, doux Sicambre ; adore ce que tu as brûlé; brûle ce que tu as adoré. L'ayant baptisé, il l'oignit du saint chrême en le marquant du signe de la croix du Christ. Plus de trois mille soldats de son armée reçurent aussi le baptême, ainsi qu'Alboflède, sœur de Clovis, laquelle ayant quitté cette vie peu après, le pontife adressa au prince des lettres de consolation. Lanthilde, autre sœur du roi, se convertit de l'hérésie arienne ; elle fut réconciliée par l'onction du saint chrême à l'Eglise.

Admirable était la libéralité de Rémi envers les pauvres, et toute spéciale sa clémence pour les pénitents : car, disait-il, ce n'est pas pour la colère que le Seigneur nous a établis, mais pour la guérison des hommes. Dans un concile, il rendit muet par la vertu divine un évêque arien; et comme celui-ci implorait par signes sa grâce, il lui rendit la voix en disant:Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, si vos sentiments à son sujet sont ce qu'ils doivent être, parlez, et confessez de lui la foi que professe l'Eglise catholique. Lui donc avant recouvré la parole, protesta qu'il croyait et voulait mourir en cette foi. Sur la fin de sa vie, Rémi perdit la vue, qu'il retrouva cependant un peu avant sa mort. N'ignorant pas le jour de son passage au ciel, il voulut célébrer le Sacrifice de la Messe et fortifier ses ouailles par la communion du très saint corps du Christ ; puis faisant ses adieux  au clergé et au peuple, donnant à tous la paix dans le baiser de la bouche du Seigneur, il quitta cette vie plein de jours et de travaux, en la quatre-vingt-seizième année de son âge, aux ides de janvier de l'an du Seigneur cinq cent trente-trois. On l'ensevelit dans l'oratoire de saint Christophe, où, mort aussi bien que vivant, il éclata par ses miracles.

1. Prov. VIII, 3o-31. — 2. Job. XXXVI, 32. — 3. II Cor. IV, 6 — 4. Baron. Annal, eccl. ad ann. 499, XV; on s'accorde à regarder aujourd'hui 1' année 496 comme celle du baptême de Clovis.

1. Matth. XV, 13. — 2. Baron. Annal, eccl ad ann. 484, LXXXV — 3. Ibid. ad ann. 514, XXIII.

1. Psalm. LXXXVIII, 31 34. — 2. Baron. Annal, ceci, ad ann. 514, XXVII. — 3. Hormisd. Epist. I, ad Remigium.

1. Matth. Paris, ad ann. 1257: Archiepiscopus Remensis qui Regem Francorum cœlesti consecrat chrismate (quapropter Rex Francorum Regum censetur dignissimus) est omnium Francise Parium primus et excellentissimus.— 2. Mabillon. Annal, benedict. XLVII, XXX : Diploma Gerbergae reginae. — 3. Retrouvés cependant par la suite, et authentiquement reconnus, ils sont toujours en nos temps l'objet de la vénération empressée des pèlerins.
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Message  gabrielle le Jeu 02 Oct 2014, 7:08 am

Le 2 octobre

Les saints Anges Gardiens.


Sermon de saint Bernard, Abbé.

« Il a commandé à ses Anges à ton sujet. » Bonté insigne ! Tendresse de charité vraiment admirable ! Par qui ce commandement a-t-il été fait ? A qui, et pour qui ? Et quel est-il ? Appliquons-nous, mes frères, à méditer cet ordre si important, ayons soin de ne pas l’oublier. Qui a commandé ? à qui les Anges appartiennent-ils ? à qui obéissent-ils ? de qui exécutent-ils la volonté ? « Il a commandé à ses Anges à ton sujet, de te garder dans toutes tes voies. » Et ils ne diffèrent pas, ils vous portent même entre leurs mains. C’est donc la souveraine majesté qui commande aux Anges, et à ses Anges, à ces esprits sublimes, aussi heureux que proches de Dieu, unis à lui et ses vrais familiers. Il les charge de nous. Qui sommes-nous : « Seigneur, qu’est-ce que l’homme pour que vous vous souveniez de lui, ou le fils de l’homme pour que vous en teniez compte ? » Comme si « l’homme n’était pas pourriture, et le fils de l’homme, un ver. » Mais quel commandement pensez-vous qu’il ait donné pour vous ? Celui de vous garder.


Combien cette parole doit-elle vous imprimer de respect, vous inspirer de dévotion, vous communiquer de confiance : de respect, à cause de leur présence ; de dévotion, à cause de leur bonté ; de confiance, à cause de leur protection ! Marchez avec circonspection, puisque les Anges d’après l’ordre qu’ils ont reçu, vous accompagnent dans toutes vos voies. En quelque logis, en quelque endroit retiré que vous soyez, portez respect à votre Ange. Oseriez-vous devant lui ce que vous n’oseriez pas devant moi ? ou doutez-vous de sa présence, parce que vous ne le voyez pas ? Que feriez-vous si vous l’entendiez, si vous le touchiez, si vous le sentiez ? Remarquez que ce n’est pas seulement au moyen de la vue qu’on est assuré de la présence des choses.


Ainsi donc, mes frères, aimons-les en Dieu d’une tendre affection, ces Anges de Dieu avec qui nous devons être un jour héritiers de son royaume, et que notre Père céleste a placés auprès de nous pendant cette vie, en qualité de guides et de protecteurs. Que craindrions-nous avec de tels gardiens ? Ils ne peuvent être ni vaincus ni trompés par nos ennemis, et ils peuvent encore moins nous tromper, eux qui nous gardent dans toutes nos voies. Ils sont fidèles, ils sont prudents, ils sont puissants, que redoutons-nous ? Suivons-les seulement ; attachons-nous à eux, et demeurons ainsi sous la protection du Dieu du ciel. Toutes les fois que vous vous sentez pressés par une violente tentation et que vous êtes menacés d’une grande épreuve, invoquez celui qui est votre gardien, votre guide, votre « aide au temps du besoin, dans la tribulation. » Criez vers lui et dites : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons. »


http://deojuvante.forumactif.org/t65-les-saints-anges-gardiens-2-octobre#378

Autre dossier sur TD

http://messe.forumactif.org/t4520-les-saints-anges-gardiens-complet#87345

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Message  gabrielle le Ven 03 Oct 2014, 7:09 am

Le 3 octobre

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, vierge

Bréviaire, avant 1960 a écrit:
Thérèse de l’Enfant Jésus naquit à Alençon, en France, de parents honorables, et remarquables par leur singulière et fervente piété envers Dieu. Aussi aspirait-elle dès sa plus tendre enfance à la vie religieuse. Elle fit dès lors sérieusement la promesse de ne rien refuser à Dieu de ce qu’il lui paraîtrait désirer d’elle, promesse à laquelle elle s’efforça d’être fidèle jusqu’à la mort. Ayant perdu sa mère au cours de sa cinquième année, elle s’abandonna totalement à la Providence de Dieu, sous la garde vigilante d’un père très aimant, et de ses sœurs aînées. A leur école, Thérèse s’élança comme un géant, pour courir dans la voie de la perfection. A l’âge de neuf ans elle fut confiée, pour son éducation, aux religieuses de l’ordre de Saint Benoît, à Lisieux, et se fit remarquer là par son intelligence supérieure des choses surnaturelles. A dix ans, une grave et mystérieuse maladie la fit longtemps souffrir. Elle en fut miraculeusement délivrée, comme elle le raconte elle-même, par le secours de la Bienheureuse Vierge qui lui apparut souriante, au cours d’une neuvaine où elle était invoquée sous son titre de Notre-Dame des Victoires. Pleine alors d’une angélique ferveur, elle se prépara avec le plus grand soin au banquet sacré, où le Christ se fait notre aliment.

Sitôt qu’elle eut reçu pour la première fois le Pain Eucharistique, elle manifesta une faim insatiable de cette céleste nourriture. Comme inspirée, elle demandait à Jésus de changer pour elle, en amertume toutes les consolations du monde. Dès lors, toute brûlante d’amour pour le Christ notre Seigneur et pour l’Église, elle n’eut bientôt de plus grand désir que d’entrer dans l’Ordre des Carmélites déchaussées, afin de pouvoir par son immolation et ses sacrifices, « aider les prêtres, les missionnaires toute l’Église », et de gagner des âmes sans nombre à Jésus-Christ, comme plus tard près de mourir, elle promit de continuer à le faire auprès de Dieu. Elle éprouva de grandes difficultés à embrasser la vie religieuse à cause de sa jeunesse, mais elle le surmonta avec une force d’âme incroyable, et, à l’âge de quinze ans, entra avec bonheur au Carmel de Lisieux. Là, Dieu opéra d’admirables ascensions dans le cœur de Thérèse, qui, imitant la vie cachée de la Vierge Marie, produisit comme un jardin fertile, les fleurs de toutes les vertus, mais surtout celle d’une éminente charité pour Dieu et pour le prochain.

Ayant lu dans la Sainte Écriture cette invitation : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi », elle voulut, dans son désir de plaire davantage au Très-Haut, devenir petite selon l’esprit, et, avec une confiance toute filiale, elle se livra pour toujours à Dieu, comme au plus aimant des Pères. Cette « voie de l’enfance spirituelle » selon la doctrine de l’Évangile, elle l’enseigna aux autres, spécialement aux novices qu’elle était chargée, par obéissance, de former aux vertus religieuses ; et ainsi, toute remplie d’un zèle apostolique, elle montra le chemin de la simplicité évangélique à un monde enflé d’orgueil et attaché aux vanités. Jésus, son Époux, l’enflamma profondément du désir de souffrir et dans son âme et dans son corps. Bien plus, considérant avec une extrême douleur, combien l’amour de Dieu est universellement rejeté, deux ans avant sa mort, elle s’offrit en victime à l’Amour très miséricordieux de Dieu. Alors, comme elle le rapporte elle-même, elle fut blessée d’une flamme du céleste feu. Enfin, consumée d’amour, ravie en extase, et murmurant avec une ferveur extrême : « Mon Dieu, je vous aime ! » elle s’envola vers son Époux, le trente septembre de l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, étant âgée de vingt-quatre ans. La promesse qu’elle avait faite en mourant, de faire tomber sur la terre une perpétuelle pluie de roses, dès son entrée au Ciel elle l’a réalisée, et la réalise encore de nos jours, par d’innombrables miracles. C’est pourquoi le Souverain Pontife Pie XI l’a inscrite parmi les Vierges Bienheureuses et deux ans après, au cours du grand jubilé il l’a solennellement placée au nombre des Saintes, puis constituée et déclarée Patronne spéciale de tous les Missionnaires.

http://deojuvante.forumactif.org/t230-sainte-therese-de-l-enfant-jesus
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Message  gabrielle le Ven 03 Oct 2014, 7:30 am

Je recommande à tous la lecture "d'Histoire d'une âme" et de "Conseils et souvenirs"

Vous trouverez dernier au complet sur ce lien

http://messe.forumactif.org/t3715-conseils-et-souvenirs

Bonne méditation,

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, priez pour nous
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Message  ROBERT. le Ven 03 Oct 2014, 12:41 pm

.

Sanctoral - Page 6 Tharas11

Sainte Thérèse-de-l’Enfant-Jésus-et-de-la-Sainte-Face,

priez pour nous.


Dernière édition par ROBERT. le Sam 03 Oct 2015, 12:38 pm, édité 1 fois (Raison : image + mise en forme)
ROBERT.
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Message  ROBERT. le Ven 03 Oct 2014, 1:16 pm

Le 3 octobre

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, vierge

Bréviaire, avant 1960 a écrit:


... afin de pouvoir par son immolation et ses sacrifices, « aider les prêtres, les missionnaires, [et] toute l’Église », et de gagner des âmes sans nombre à Jésus-Christ...

...le Souverain Pontife Pie XI l’a inscrite parmi les Vierges Bienheureuses et deux ans après, au cours du grand jubilé il l’a solennellement placée au nombre des Saintes, puis constituée et déclarée Patronne spéciale de tous les Missionnaires.
.

http://messe.forumactif.org/t5561p150-sanctoral#109982] (texte)
.
http://deojuvante.forumactif.org/t230-sainte-therese-de-l-enfant-jesus  (illustration)              




Demandez à la p’tite Thérèse ce qu’elle pense de l’inculturation des Intrus

et du missionnaire qui se vantait de n’avoir fait aucun Baptême en 50 ans !!

.
http://messe.forumactif.org/t5158p60-bergoglio-sur-twitter-plus-jamais-la-guerre#109955
.
ROBERT.
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Message  gabrielle le Sam 04 Oct 2014, 8:41 am

Le 4 octobre

Saint François d'Assise, confesseur

Dom Guéranger, Année Liturgique a écrit:Et je vis un autre ange qui montait d'où se lève le soleil, ayant le signe du Dieu vivant; et il cria d'une voix forte aux quatre anges qui avaient reçu pouvoir de châtier la terre et la mer: Ne frappez pas, jusqu'à ce que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu (1).

Le sixième sceau du livre où les temps sont prédits vient d'être levé sous les yeux du prophète de Pathmos (2). C'est l'heure d'angoisse, l'heure pour l'impie de dire aux montagnes : Tombez sur nous (3). L'astre du jour s'est obscurci (4), image du Soleil de justice contre lequel a prévalu la nuit ; la lune, figure de l'Eglise, apparaît rouge de sang sous l'écarlate des iniquités dont gémit le sanctuaire (5); les étoiles tombent du ciel, comme les figues se détachent du figuier dans la tempête (6). Qui apaisera l'Agneau ? qui retardera le jour de colère (7). Avec les Saints (8), avec le Siège apostolique (9), reconnaissons l'ange qui vaut au monde le délai du jugement, l'ange à l'empreinte divine en un corps mortel, le séraphin aux stigmates sacrés dont la vue désarme à nouveau l'éternelle justice.

Chantons, avec Dante, l'élu sous la conduite duquel a lieu sur terre comme une reprise de la première et unique rédemption :

« De la montagne élevée d'où viennent à Pérouse le froid et le chaud descend un coteau fertile ; là où s'adoucit sa pente, naquit au monde un soleil pareil à celui-ci, alors qu'il sort des flots du Gange. Ce lieu, qui l'appellerait Assise dirait trop peu ; c'est Orient qu'il faut le nommer. Non loin de son lever, ce soleil déjà faisait éprouver à la terre l'influence de sa haute vertu, recherchant, jeune encore et indocile à son père, la Dame à qui, non plus qu'à la mort, on n'ouvre jamais la porte avec plaisir ; privée depuis mille et cent ans et plus de son premier époux, nul avant celui-ci ne l'avait recherchée. Comprends que les deux amants dont je parle, c'est François, c'est la Pauvreté.

« Leur concorde, et sur leur visage les merveilleux contentements de l'amour, et leur doux regard inspiraient de si saintes pensées, que le vénérable Bernard, le premier (1), se déchaussa pour courir à une si grande paix, et tout en courant il s'accusait de lenteur. O richesse ignorée, ô véritable bien ! voilà qu'Egidius se déchausse, et Silvestre de même, à la suite de l'époux, tant l'épouse leur agrée. Et puis ce père, ce maître s'en va, suivant sa Dame avec cette famille qui déjà nouait l'humble cordon.

« Et s'il va les yeux baissés, ce n'est point qu'en son cœur il se sente avili d'être fils de Pierre Bernardone, et de paraître étrangement misérable. Aussi exposa-t-il royalement à Innocent 2 ses austères desseins, et il obtint de lui pour son Ordre la première sanction. Après qu'altéré du martyre, il eut, en présence du Soudan superbe, prêché le Christ et sa doctrine, trouvant ces races trop dures à la conversion et ne voulant pas rester inutile, il revint faire fructifier la terre d'Italie.

« Entre le Tibre et l'Arno, sur une roche nue, il reçut du Christ l'empreinte dernière dont, pendant deux ans, ses membres furent marqués. Lorsqu'il plut à celui qui l'avait choisi pour accomplir tant de bien, de l'élever à la récompense qu'en se faisant petit, il avait méritée, à ses frères comme à de véritables héritiers il recommanda sa Dame tant aimée, leur prescrivant de lui garder fidèle amour; puis du sein même de cette compagne, et ne voulant pour son corps d'autre bière, la belle âme prit son vol (1). »

Elle s'envolait, son œuvre achevée : le signe du Dieu vivant marquait pour le salut d'innombrables ralliés de la pénitence ; la Croix de l'Epoux resplendissait dans sa nudité comme le trésor de l'Epouse, à cet âge du monde où l'Eglise commençait sa montée du Calvaire. Mais combien admirable ne s'était pas révélé, dans la conduite de cette œuvre, l'Esprit qui fait les Saints !

A vingt-quatre ans, François, qui ne devait pas achever ici-bas sa quarante-cinquième année, n'était encore que le chef des gais compagnons remplissant Assise jour et nuit de leurs chants. L'âme pleine des épopées du pays de France, dont le nom, d'où venait le sien, lui était si cher, il ne rêvait que gloire mondaine et prouesses de chevalerie. « Pour qui ces armes ? » s'écrie-t-il dans un songe prophétique où s'offre à lui tout un appareil de guerre ; et la réponse : « Pour toi et tes soldats », le précipite sur les pas de Gauthier de Brienne combattant les Allemands au sud de l'Italie. Mais Dieu l'arrête : en des manifestations progressives, auxquelles répondent toutes les ardeurs généreuses de ce cœur resté pur, il lui révèle l'objet du labeur de sa vie, l'enseigne qu'il doit déployer par le monde, la Dame enfin sans service de laquelle vrai chevalier n'eût pas été recevable.

La cité sainte, l'Eglise, toujours assiégée, victorieuse jusqu'ici toujours, menace de succomber : tant la sape de l'hérésie et le bélier de la puissance séculière ont ébranlé ses murs ; tant surtout, dans ses murs mêmes, s'est affaissée sous des scandales trop prolongés la foi des vieux âges, laissant le champ libre aux entreprises des traîtres, multipliant les défaillances au sein d'une société qu'atteint déjà l'engourdissement précurseur de la mort. Et pourtant il est écrit que les portes de l'enfer ne prévaudront point contre l'Eglise (1) ! « François, ne vois-tu pas que ma maison tombe en ruines ? va donc, et me la répare (2). »

Il est urgent qu'un retour soudain déconcerte l'ennemi, qu'un appel vibrant secoue la torpeur des défenseurs de la place, et les rallie sous l'enseigne trop oubliée des chrétiens : le Christ en croix. François sera, dans sa chair même, l'étendard du Crucifié. Dès maintenant, les plaies sacrées transpercent son âme, et font de ses yeux deux sources de larmes qui ne tariront plus : « Je pleure la Passion de Jésus-Christ mon Maître ; je ne rougirai point de l'aller pleurant par tout l'univers. »

Cependant Mammon s'est emparé du cœur de cette foule en qui l'espérance du ciel a cédé le pas aux préoccupations de la terre; il faut relever les âmes d'une servitude où succombent toute noble pensée, tout dévouement, tout amour. Pauvreté sainte, mère de la vraie liberté qui désarmez l'enfer et vous riez des tyrans, honneur en ce jour à votre austère beauté! Epris de vous jusqu'aux insultes et à la boue que vous jette le vulgaire, François sera renié des siens ; mais sa sublime folie sauvera son peuple et il sera béni du Père qui est aux cieux, comme le vrai frère de son Fils éternel.

Comme par nature le Verbe consubstantiel reçoit son être éternellement de Celui qui l'engendre à jamais, aussi, bien que l'égal du Père, n'a-t-il en la Trinité sainte personnellement que le titre de Fils, à la gloire du Père, dans l'Esprit qui est leur amour. Mœurs divines, dont rien de créé ne saurait donner une idée, que reflète pourtant l'attitude de désappropriation sublime gardée dans le monde par ce Verbe incarné, en présence de Celui dont il déclare tenir toutes choses. Serait-ce dès lors s'égarer beaucoup, que de voir par son côté le plus divin, dans la Pauvreté du Saint d'Assise, l'éternelle Sagesse s'offrant dès l'ancienne alliance à l'humanité comme épouse (1) et comme sœur (2)?

Pleinement épousée au sein de Marie, dans l'Incarnation, combien fut grande sa fidélité! Mais quiconque l'aime doit en Jésus lui devenir semblable.

« Seigneur Jésus, disait François, montrez-moi les sentiers de votre Pauvreté bien-aimée. C'est elle qui vous accompagna du sein maternel à la crèche en l'étable, et, sur les routes du monde, prit soin que vous n'eussiez pas où reposer la tête. Dans le combat qui finit la guerre de notre rédemption,  sur la Croix où Marie ne pouvait atteindre, la Pauvreté monta, ornée de tous les dénûments qui forment sa parure d'épouse. Elle vous suivit à votre tombeau d'emprunt ; et comme en son étreinte vous aviez rendu l'âme, vous la reprîtes de même dans ses bras, au dépouillement glorieux de la résurrection, pour ensuite gagner le ciel unis à jamais, ayant laissé à la terre tout ce qui était de la terre. Oh ! qui n'aimerait cette Reine du monde qu'elle foule aux pieds, ma Dame et mon amour ? Très pauvre Jésus, mon doux Maître, ayez pitié de moi qui ne puis sans elle goûter nulle paix et me meurs de désir (1). »

A pareils vœux le ciel ne se dérobe pas. S'il lutte, c'est pour multiplier les blessures de l'amour, jusqu'à ce que, le vieil homme ayant succombé, l'homme nouveau se dégage de ses ruines, en tout conforme au céleste Adam (2). Après dix-huit années, au lendemain de l'Alverne, François, marqué du sceau divin, chantait dans un langage des cieux le duel sublime qu'avait été sa vie :

« L'amour m'a mis dans la fournaise, l'amour m'a mis dans la fournaise ; il m'a mis dans une fournaise d'amour.

« Mon nouvel époux, l'amoureux Agneau, m'a remis l'anneau nuptial ; puis, m'ayant jeté en prison, il m'a fendu tout le cœur, et mon corps est tombé à terre. Ces flèches que décoche l'amour m'ont frappé en m'embrasant. De la paix il a fait la guerre ; je me meurs de douceur.

« Les traits pleuraient si serrés que j'en étais tout agonisant. Alors je pris un bouclier ; mais les coups se pressèrent si bien, qu'il ne me protégea plus ; ils me brisèrent tout le corps, si fort était le bras qui les dardait.

« Il les dardait si fortement, que je désespérai de les parer ; et pour échapper à la mort je criai de toute ma force : « Tu forfais aux lois du champ clos.» Mais lui, dressa une machine de guerre qui m'accabla de nouveaux coups.

« Jamais il ne m'eût manqué, tant il savait tirer juste. J'étais couché à terre, sans pouvoir m'aider de mes membres. J'avais le corps tout rompu, et sans plus de sentiment qu'un homme trépassé.

« Trépassé, non par mort véritable, mais par excès de joie. Puis, reprenant possession de mon corps, je me sentis si fort, que je pus suivre les guides qui me conduisaient à la cour du ciel.

« Après être revenu à moi, aussitôt je m'armai ; je fis la guerre au Christ ; je chevauchai sur son terrain, et l'ayant rencontré, j'en vins aux mains sans retard, et je me vengeai de lui.

« Quand je fus vengé, je fis avec lui un pacte ; car dès le commencement le Christ m'avait aimé d'un amour véritable. Maintenant mon cœur est devenu capable des consolations du Christ (1). »

Or déjà, près du gonfalonier de Dieu, sont rangés ceux qu'il nomme ses paladins de la Table Ronde (2). Si captivant qu'il eût paru aux jours où, proclamé par ses concitoyens la fleur de la jeunesse, il présidait leurs festins et leurs jeux, François l'était devenu plus encore dans les sentiers de son renoncement. A peine dix ans s'étaient passés depuis leurs épousailles, que la Pauvreté, vengée de ses longs mépris, tenait cour plénière au milieu de cinq mille Frères Mineurs campés sous les murs d'Assise (1), tandis que Claire et ses compagnes lui formaient tel cortège d'honneur qu'impératrice n'en vit jamais. L'entraînement bientôt devenait si général que, pour y satisfaire sans dépeupler l'Etat ni l'Eglise, François donnait au monde le Tiers-Ordre où, sur les pas de Louis IX de France et d'Elisabeth de Hongrie, allait entrer cette multitude de toute nation, de toute tribu, de toute langue, que nul ne pourrait compter (2). Grâce aux trois Ordres séraphiques, unis à la triple milice que Dominique de Gusman avait simultanément fondée, le dévouement à l'Eglise Romaine, l'esprit de pénitence et de prière, en tous lieux répandus, triomphèrent pour un temps du rationalisme anticipé, de la cupidité, de toutes les tyrannies qui mettaient la terre à deux doigts de sa perte.

L'influence des Saints relève de leur sainteté, comme le rayon du foyer dont il transmet les feux. Jamais riche ne posséda la terre autant que ce pauvre qui, cherchant Dieu dans la dépendance la plus absolue de sa Providence, avait reconquis les conditions de l'Eden primitif; ainsi voyait-on, quand il passait, les troupeaux lui faire fête, les poissons suivre sa barque sur les eaux, les oiseaux assemblés témoigner de leur docilité joyeuse. Mais, disons-le : François n'attirait tout à lui, que parce que tout, lui-même, l'attirait à Dieu.

Personne ne sut moins analyser l'amour, et distinguer entre ce qui, venant de Dieu, devait aussi l'y conduire. S'élever vers Dieu, compatir à son Christ, aller au prochain, s'harmoniser ainsi qu'Adam innocent à l'univers, dit saint Bonaventure, n'était pour le séraphique Père qu'une même impulsion de la vraie piété gouvernant tout son être (1). De même, la flamme divine s'entretenait en lui de tout aliment. D'où qu'elle vint, François ne laissait passer nulle touche de l'Esprit sans la suivre, tant il craignait de frustrer de son effet aucune grâce (2). Pour n'être point l'océan, le ruisseau ne lui semblait pas méprisable ; et c'est avec une inouïe tendresse de dévotion, nous dit toujours son illustre historien et fils, Bonaventure, qu'il savourait dans la création l'épanchement de la bonté primordiale, qu'il contemplait en toute beauté la beauté suprême, qu'il écoutait l'écho des célestes harmonies dans le concert des êtres (3) provenus comme lui de l'unique principe (4). Aussi était-ce au très doux titre de frères et de sœurs qu'il invitait toutes créatures à louer avec lui le Seigneur, ce Bien-Aimé dont nul vestige n'échappait sur terre à sa contemplation, à son amour.

Ni le progrès, ni la consommation de sa sainteté ne modifièrent en ce point ce qu'on nommerait aujourd'hui la manière d'oraison du serviteur de Dieu. A l'annonce de sa mort prochaine, puis derechef quelques instants avant cette mort bienheureuse (5), il chanta et voulut qu'on chantât son cantique préféré : « Loué soit Dieu mon Seigneur pour toutes les créatures, et spécialement pour notre frère messire le soleil, qui nous donne le jour et qui est votre image, ô mon Dieu ! Loué soit mon Seigneur pour notre sœur la lune, et pour les étoiles qu'il a créées lumineuses et belles dans les cieux ! Loué soit mon Seigneur pour notre frère le vent, et pour l'air, et le nuage, t la sérénité, et tous les temps ; pour notre sœur l'eau, qui est très utile, humble, précieuse et chaste ; pour notre frère le feu, qui est brillant et fort ; pour notre mère la terre, qui nous porte et produit les fruits et les fleurs! Loué soyez-vous, mon Dieu, pour ceux qui pardonnent et souffrent en votre amour ! Loué soyez-vous pour notre sœur la mort corporelle, à laquelle nul vivant ne peut échapper; malheur à qui meurt en péché mortel ; heureux ceux qu'elle trouve conformes à votre très sainte volonté ! Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâces, et servez-le en grande humilité (1).  »
Depuis les stigmates, la vie de François n'avait plus été qu'un indicible martyre, malgré lequel, porté sur un ânon comme autrefois Jésus dont il était la touchante image, il parcourait sans fin villes et bourgades, prêchant la Croix, semant sur sa route prodiges et grâces. Assise garde chèrement le souvenir de la bénédiction qui fut le legs de son illustre fils, lorsque, considérant ses murs une dernière fois de l'admirable plaine qui s'étend à ses pieds, il pleura et dit : « Sois bénie du Seigneur, cité fidèle à Dieu, parce qu'en toi et par toi beaucoup d'âmes seront sauvées (2) ! »

La Pauvreté attendait François, pour le suprême embrassement de la mort, au lieu même où s'était premièrement conclue leur alliance : l'humble Portioncule, où de leur union l'Ordre des Mineurs était né, où Claire, la mère du second Ordre, avait elle aussi échangé pour le dénûment de la Croix les parures du siècle; Sainte-Marie-des-Anges, lieu toujours saint où s'impose au pèlerin le sentiment du voisinage du ciel, où le Grand Pardon du 2 août montre à perpétuité la complaisance qu'y prend le Seigneur ! Ce fut là que, le soir du 3 octobre 1226, aux approches de la huitième heure, et bien qu'il fût déjà nuit close, un vol d'alouettes s'abattit, chantant le lever au ciel du soleil nouveau qui montait vers les Séraphins (1).

François avait choisi pour sépulture le lieu d'exécution des criminels, à l'occident du rempart de sa ville natale. Mais deux ans n'étaient pas écoulés, que Grégoire IX l'inscrivait au nombre des Saints. La Colline d'Enfer, devenue celle du Paradis, voyait Jacques l'Allemand niveler ses roches maudites pour dresser, sur la pierre nue où dort le Pauvre d'Assise, la double église superposée que le génie de Giotto allait achever d'élever en gloire par-dessus tous les palais des princes de la terre.

Si abrégé qu'il soit, le récit de la sainte Eglise complétera ces pages déjà longues.

François, né à Assise en Ombrie, s'adonna dès le jeune âge au négoce, à l'exemple de son père. Un jour que , contre sa coutume, il avait repoussé un pauvre qui sollicitait de lui quelque argent pour l'amour de Jésus-Christ, il fut aussitôt pris de repentir et exerça largement la miséricorde envers ce mendiant, promettant à Dieu que, de ce jour, il ne rebuterait quiconque lui demanderait l'aumône. Une grave maladie qu'il eut ensuite fut pour lui, dès sa convalescence, le point de départ d'une ardeur nouvelle dans la pratique de la charité. Ses progrès y furent tels, que, désireux d'atteindre la perfection évangélique, il donnait aux pauvres tout ce qu'il avait. Ce que son père ne pouvant souffrir, il traduisit François devant l'évêque d'Assise à l'effet d'exiger de lui une renonciation aux biens paternels ; le saint lui donna satisfaction jusqu'à dépouiller les habits dont il était revêtu, ajoutant qu'il lui serait désormais plus facile de dire : Notre Père, qui êtes aux cieux.

Un jour qu'il avait entendu lire ces paroles de l'Evangile : N'ayez or, argent, ni monnaie dans vos ceintures, ni besace pour la route, ni deux vêtements, ni chaussures ; il résolut d'en faire la règle de sa vie, et, quittant les chaussures qu'il avait aux pieds, ne garda plus qu'une tunique. Avec douze compagnons qui s'adjoignirent à lui, il fonda l'Ordre des Mineurs. L'an du salut mil deux cent neuf le vit venir à Rome, pour obtenir du Siège apostolique qu'il confirmât la règle dudit Ordre. Le Souverain Pontife Innocent III l'ayant  d'abord éconduit, vit ensuite en songe cet homme qu'il avait repoussé et qui soutenait de ses épaules la basilique de  Latran menaçant  ruine ; il le  fit aussitôt  chercher  et mander,  l'accueillit avec  bienveillance et approuva tout ce qui lui fut exposé. François donc envoya ses Frères dans toutes  les parties du monde,  afin d'y prêcher l'Evangile de Jésus-Christ; pour lui, ambitionnant de rencontrer  quelque occasion du martyre, il fit voile vers la Syrie ; mais le Soudan qui régnait là n'eut pour lui que  des honneurs,  et comme il n'avançait à rien, il revint en Italie.

Ayant donc construit un grand nombre de couvents, il se retira dans la solitude du mont Alverne, pour y commencer un jeûne de quarante jours en l'honneur de saint Michel Archange ; c'est alors que, le jour de l'Exaltation de la sainte Croix, un Séraphin lui apparut portant entre ses ailes l'image du Crucifié, et imprima à ses mains, à ses pieds, à son côté les plaies sacrées. Saint Bonaventure témoigne en ses écrits qu'assistant à une prédication du Souverain Pontife Alexandre IV, il entendit le Pontife raconter avoir vu de ses yeux  ces stigmates augustes. Signes du très grand amour que portait au Saint le Seigneur, et qui excitaient au plus haut point l'admiration  universelle. Deux ans après, gravement malade,   François voulut être transporté à l'église de Sainte-Marie-des-Anges, afin de rendre à  Dieu son esprit là même où  il  avait reçu l'esprit de grâce. Ayant donc exhorté  les Frères à aimer la pauvreté, la patience, à garder la foi de la sainte Eglise Romaine,  il entonna le Psaume : J'ai élevé  ma voix pour crier vers le Seigneur; et au verset Les justes attendent que vous me donniez  ma récompense,  il rendit  l'âme. C'était le quatre des nones d'octobre.  Les  miracles continuèrent d'étendre sa renommée, et le Souverain Pontife Grégoire IX l'inscrivit au nombre des Saints.

Soyez béni de toute âme vivante, ô vous que le Sauveur du monde associa si pleinement à son œuvre de salut. Le monde, qui n'est que pour Dieu, ne subsiste que par les Saints; car c'est en eux que Dieu trouve sa gloire. Quand vous naquîtes, les Saints se faisaient rares ; l'ennemi de Dieu et du monde étendait chaque jour son empire de glaciales ténèbres ; or, quand le corps social aura perdu foi et charité, lumière et chaleur, c'en sera fait de l'humanité. Venu à temps pour réchauffer encore une société que l'hiver semblait avoir déjà stérilisée, vous sûtes au souffle de vos séraphiques ardeurs donner à ce treizième siècle, si riche en fleurs exquises, l'apparence d'un printemps qu'hélas! l'été ne devait pas suivre. Par vous, la Croix força de nouveau le regard des peuples; mais ce fut moins pour être exaltée dans un triomphe permanent comme jadis, qu'afin  de rallier les prédestinés en face de l'ennemi; bientôt, en effet, celui-ci reprendra ses avantages. L'Eglise dépouille la parure de gloire qui lui seyait au temps de la royauté incontestée du Seigneur ; avec vous, elle aborde nu-pieds la carrière où ses propres épreuves vont désormais l'assimiler à l'Epoux souffrant et mourant pour l'honneur de son Père. Par vous et par les vôtres, tenez toujours haut devant elle l'étendard sacré.

C'est en s'identifiant au Christ sur la Croix, qu'on le retrouve dans les splendeurs de sa divinité ; car l'homme et Dieu en lui ne se séparent pas, et toute âme, disiez-vous, doit contempler les deux; mais c'est chimère de chercher ailleurs que dans la compassion effective à notre Chef souffrant le chemin de l'union divine et les très doux fruits de l'amour (1). Si l'âme se laisse conduire au bon plaisir de l'Esprit-Saint, ajoutiez-vous, ce Maître des maîtres n'aura pas avec elle d'autre direction que celle que le Seigneur a consignée dans les livres de son humilité, patience et passion (2).

Daignez, ô François, faire fructifier en nous les leçons de votre aimable et héroïque simplicité....

1. Apoc. VII, 2, 3. — 2. Ibid. VI, 12. — 3. Ibid. 16. — 4. Ibid. 12.— 5. Ibid.; Isai. I, 18. — 6. Apoc. VI, 13. — 7. Ibid. 17. — 8. Bonaventur. Legenda S. Francisci, Prologus ; Bernardin. Sen. De Sanctis Serm. III, de Stigmatibus B. Francisci. — 9. Léon. X, Const. Ite et vos in vineam meam. 1. Bernard de Quintavalle, premier disciple du Saint — 2. Innocent III. 1. Dante, Paradis, chant XI ; traduction de Mesnard.1. Matth. XVI, 18. — 2. Vita B. Francisci : Thom. Celan. I, III ; Tres Socii, I ; Bonavent. II. 1. Sap. VIII, 2. — 2. Prov. VII, 4. 1. Francisci Opusc. T. I, Oratio B. Patris pro obtinenda paupertate. — 2. I Cor. XV, 45-49. 1. In foco l’amor mi mise. Francisci Opusc. T. III, Cant. II ; traduction d'Ozanam, Les poètes franciscains en Italie au  XIII°  siècle.  —  2.  Francisci Opusc. T. III, Collatio XVI.
1. Chapitre des Nattes, 26 mai 1219. — 2. Apoc. VII, 9. 1. Bonavent. Legenda sancti Francisci, VIII.— 2. Ibid. X. — 3. Ibid. IX, — 4. Ibid. VIII. — 5. Wadding, ad ann. 1226, XXII, XXXVII. 1. Francisci Opusc. T. III, Canticum fratrum Solis. — 2. Wadding, ad. ann. 1226, XXV. 1. Wadding, ad ann. 1226, XXXIX.   1. Francisci Opusc. T. III, Collatio XXIV. — 2. Ibid. — 3. Ibid. Collatio XVII.


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