LE CULTE DES SAINTES IMAGES ET LES ICONOCLASTES

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Message  Roger Boivin le Ven 23 Aoû 2013, 12:03 pm


LE CULTE DES SAINTES IMAGES ET LES ICONOCLASTES



Les Doctrines catholiques ; ou, exposition des vérités enseignées dans l'église réunie, depuis Nicée jusqu'à la IVe session du Vatican -
par M. Edouard Hornstein - 1872 :


http://www.archive.org/stream/lesdoctrinescath00horn#page/90/mode/2up




SEPTIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE.

CONCILE DE NICÉE, L'AN 787, INAUGURÉ LE 24 SEPTEMBRE ET TERMINÉ LE 23 OCTOBRE SOUS LE PAPE ADRIEN.

Nous allons relater succinctement les principaux événements, qui donnèrent lieu à la convocation de ce Concile. Un évêque de Phrygie, appelé Constantin, prétendit que le culte des images était réprouvé de Dieu. Il fit croire à l'empereur que l'honneur rendu aux effigies de Jésus-Christ et des saints était une idolâtrie. L'empereur, ainsi induit en erreur, affirma publiquement que le culte des images favorisait l'idolâtrie. On devait, selon son sentiment, rejeter une telle pratique, comme contraire à l'Écriture qui défend de faire aucune image pour l'honorer.

Saint Germain, patriarche de Constantinople, s'opposa vivement à cette nouvelle doctrine. Il justifia le culte des images, en démontrant qu'il avait toujours été approuvé par l'Église. Il écrivit trois lettres à ce sujet, pour éclairer les évêques qui étaient entrés dans les vues de l'empereur. Les chrétiens, comme il le disait, rendaient aux saintes images un culte, qui se rapporte aux originaux, de la même manière que l'on respecte la statue et le portrait de son souverain, ou de toute autre personne pour qui on a de la vénération.

Le Pape Grégoire III se déclara énergiquement contre cette erreur. Mais l'empereur Léon était trop peu instruit et avait l'esprit trop borné pour comprendre la différence entre le culte relatif et le culte absolu. Offensé de la résistance des catholiques, qui s'opposaient à cette profanation, il publia un décret contre les images obligeant tout le monde à s'y conformer. En conséquence, il fit supprimer toutes les images de Jésus-Christ et de la sainte Vierge et des saints. Il donna l'ordre de les jeter au feu et suscita par là une persécution aussi cruelle que celle des empereurs païens. Le Pape Grégoire III écrit à l'empereur une lettre, dans laquelle il se plaint très amèrement d'une telle persécution, et lui parle en ces termes : « Vos prédécesseurs ornaient les églises et vous travaillez à les défigurer. Les pères et les mères, tenant entre leurs bras leurs petits enfants nouvellement baptisés, leur indiquent du doigt les histoires de la religion; on instruit de la même manière les jeunes personnes et les néophytes, et on élève leur cœur vers Dieu. »

Le Souverain Pontife ne borna pas là son zèle et sa sollicitude pastorale : il fit tenir un Concile à Rome, pour réfuter l'erreur des iconoclastes.

Constantin Copronyme suivit les traces de son père, Léon. Il fit tous ses efforts, et employa toute son autorité pour supprimer le culte des images. La persécution, sous ce prince, fut poussée à son comble. Dirigée surtout contre les réguliers qu'il détestait particulièrement, plusieurs expirèrent sous les coups, ou dans les supplices les plus cruels. Saint Étienne, Abbé de Saint-Auxence, monastère situé près de Nicomédie, fut une des victimes vouées à la cruauté des persécuteurs. Constantin, pour déguiser sous quelque prétexte plausible sa tyrannie, rassembla un Concile à Hyérie, près de Constantinople. Là, trois cent trente-huit évêques se firent iconoclastes par crainte de l'empereur. Ils rédigèrent un décret contre les saintes images. La mort du persécuteur couronné délivra enfin l'Église d'un grand fléau. Dieu enleva de ce monde celui qui avait versé le sang de ses serviteurs.

Taraise, patriarche de Constantinople, de concert avec l'impératrice Irène, et son fils Constantin, écrivit au Pape pour le prier de convoquer un Concile général, afin d'y faire confirmer la tradition de l'Église touchant le culte des images. La réunion du Concile fut arrêtée, et trois cent soixante-dix-sept évêques se rendirent à Nicée au temps indiqué. Ils étaient tous des pays soumis à l'autorité du jeune Constantin, empereur de Constantinople, c'est-à-dire, de la Grèce, de la Thrace, de la Natolie, des iles de l'Archipel, de la Sicile et d'Italie.

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Message  Roger Boivin le Ven 23 Aoû 2013, 12:05 pm


Ie Session. - Le Concile s'ouvrit, le 24 septembre, dans l'église de Sainte-Sophie. Deux légats du Pape Adrien y assistèrent, ainsi que deux commissaires de l'empereur. Le patriarche Taraise parla le premier ; il exhorta les évêques à rejeter toute nouveauté et à conserver les traditions de l'Église. Le Concile ordonna qu'on fit encore entrer sept évêques accusés. Basile d'Ancyre, l'un d'entre eux, affirma qu'après avoir approfondi la question, il avait changé d'avis. Il présenta sa profession de foi, dans laquelle il déclarait honorer les reliques et les images de Jésus-Christ, de la Vierge Marie et des saints, et disait anathème aux iconoclastes. Les autres évêques, témoignant leur regret sincère d'avoir suivi le parti de l'erreur, se rétractèrent également. On lut les canons des Conciles et les passasses des saints Pères touchant le mode de recevoir les hérétiques convertis, et, entre autres, le LIIIe canon des Apôtres et le VIIIe du Concile de Nicée. On établit une distinction entre les chefs de l'hérésie et leurs adhérents. Les premiers furent admis à la pénitence, mais sans jamais prendre rang parmi le clergé. Quant à ceux qui s'étaient laissés seulement entraîner dans l'erreur, la carrière sacerdotale ne leur était point fermée.

IIe Session, 26 septembre. - Ce fut à cette seconde session, que les sept évêques accusés, dont on vient de parler, firent leur entrée dans l'assemblée. On y lut la lettre du Pape Adrien à l'empereur Constantin et à l'impératrice Irène ainsi que celle adressée au patriarche Taraise. Ce dernier fit observer que le Pape avait expliqué clairement la Tradition relativement au culte des images. « Telle est ma profonde conviction, ajouta-t-il : Il faut honorer les images d'un culte relatif, réservant à Dieu seul le culte de latrie. » Tout le Concile applaudit à son sentiment et s'écria que telle était aussi sa croyance.


IIIe Session, 28 septembre. - La confession de Grégoire de Néocésarée fut présentée. Le Concile en fut satisfait. On lut la lettre de Taraise aux Orientaux et celle qu'il avait écrite au nom des évêques d'Orient, puis celle de Théodore de Jérusalem. Les légats apostoliques déclarèrent approuver toutes ces missives, et ils rendirent à Dieu des actions de grâces, de ce que les Orientaux vénéraient les images.

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Message  Roger Boivin le Ven 23 Aoû 2013, 12:06 pm


IVe Session, 1 octobre. - Le Concile entendit la lecture des passages de l'Écriture Sainte où il est fait mention des chérubins qui ornaient l'arche d'alliance et décoraient l'intérieur du temple ; puis les témoignages des saints Pères dont quelques-uns montraient que Dieu avait opéré des prodiges par l'intermédiaire des images. On lut, entre autres, un passage des actes de saint Maxime, où il est relaté que les évêques monothélites, qui étaient venus le trouver, se mirent à genoux avec lui devant les Évangiles, la croix et les images de Jésus-Christ, de la sainte Vierge, les saluèrent et les touchèrent de la main pour confirmer leurs promesses.


Ve Session, 4 octobre. - Le patriarche Taraise prouva, par plusieurs passages, que les briseurs d'images, avaient imité les Juifs, les païens, les manichéens et d'autres hérétiques. Les iconoclastes, en effet, tenaient le même langage qu'autrefois les païens. Ceux-ci disaient : « Ne peignez-vous pas dans les églises les images de vos saints, et ne les adorez-vous pas, même celles de votre Dieu ? C'est ainsi que nous adorons les statues. »

Le Concile déclara qu'il fallait, selon la coutume, replacer dans les églises, les saintes images et les porter en procession


VIe Session, 6 octobre. - On lut la réfutation de la prétendue définition de foi qu'avait donnée le faux concile des iconoclastes. Selon ce conciliabule, l'Eucharistie était la seule image de Jésus-Christ, qui fût permise ; mais ni les Apôtres, ni les saints Pères, observe le Concile œcuménique, n'ont enseigné que le sacrifice non sanglant fût l'image du corps de Jésus-Christ. Le divin Maître n'a pas dit : Prenez et mangez l'image de mon corps ; mais prenez et mangez, ceci est mon corps. Avant la consécration, il est vrai, quelques saints Pères ont appelé les dons, antitypes ; après la consécration on les a nommé, ils sont et on les croit réellement le corps et le sang de Jésus-Christ. En se servant du mot image, les Pères de ce Concile entendaient une image ordinaire, représentant seulement l'original sans le contenir. Il est bon de faire remarquer ceci aux protestants : Par ces paroles, les Pères de Nicée prouvent qu'ils considéraient l'Eucharistie comme étant le corps réel de Jésus-Christ. Ils n'accusaient point les iconoclastes d'avoir sur l'Eucharistie une autre croyance que celle de l'Église. Les évêques interprétèrent les textes de l'Écriture et des saints Pères dont avait abusé le conciliabule des iconoclastes, et ils insistèrent principalement sur la Tradition perpétuelle et sur l'infaillibilité de l'Église.

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Message  Roger Boivin le Ven 23 Aoû 2013, 12:08 pm


VIIe Session. - Voici la définition de foi qui fut lue : « Nous décidons que les saintes images de couleur, de pièces de rapport ou de quelque autre matière convenable, doivent être exposées soit dans les églises, sur les vases, les ornements sacrés, les murailles, soit dans les maisons et sur les chemins ; car plus on voit fréquemment la représentation de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des saints, plus on se sent porté à se souvenir de les aimer. Il faut rendre à ces images le salut et le signe d'honneur, mais non le culte de latrie, qui ne convient qu'à la nature divine. On pourra néanmoins les encenser et placer autour d'elles des flambeaux, comme cela se pratique à l'égard de la sainte croix, des Évangiles et des autres choses sacrées ; le tout selon la pieuse coutume des anciens ; car l'honneur de l'image est rapporté à l'original qu'elle représente. Telle est la doctrine des saints Pères et de la Tradition de l'Église catholique. Ceux qui croiront et enseigneront différemment, seront déposés s'ils sont évêques ou clercs, et excommuniés s'ils sont moines ou laïcs. » Ce décret fut souscrit par les légats et par les évoques.


VIIIe Session et dernière, 23 octobre. - Elle se tint à Constantinople où l'impératrice Irène avait invité les évoques de ce Concile. Elle y assista avec son fils l'empereur Constantin. On y lut la définition du Concile et les passages des saints Pères déjà cités à Nicée. Le conciliabule de Constantinople qui avait proscrit les images fut anathématisé. On cria éternelle mémoire à saint Germain de Constantinople, à saint Jean Damascène et à saint Georges de Chypre. Cette action eut lieu en présence du peuple. Ce Concile fit vingt-deux canons disciplinaires. Le premier recommande l'observation des Constitutions apostoliques, des décrets des six Conciles généraux, des Conciles particuliers. Les décrets portés contre la simonie et ceux qui prescrivent de tenir chaque année des Conciles provinciaux sont renouvelés. Le Concile veut que celui qui est ordonné évêque, sache le psautier. Le métropolitain doit l'examiner avec soin pour se convaincre qu'il est véritablement apte à étudier les canons et l'Écriture Sainte, et qu'il se dispose à y conformer sa vie et à instruire le peuple confié à sa charge pastorale. Les Grecs dans leur monologue célèbrent le 12 octobre l'anniversaire de ce Concile de Nicée.


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