Le Saint Concile de Trente

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Sam 18 Jan 2014, 12:54 pm

Décret mémorable pour l’établissement des séminaires.
Réflexions à ce sujet.


(suite)

« Et comme quelques revenus certains seront nécessaires pour le bâtiment du collège, pour les gages des maîtres et des domestiques, pour la nourriture de la jeunesse et pour les autres dépenses, outre les revenus déjà destinés en certaines églises et autres lieux à l'instruction et entretien des enfants, qui seront censés dès lors même réellement appliqués au nouveau séminaire par les soins de l'évêque du lieu, les mêmes évêques, assistés du conseil de deux membres du chapitre, dont l'un sera choisi par l'évêque, l'autre par le chapitre même, et de deux autres ecclésiastiques de la ville, dont l'un sera pareillement nommé par l'évêque et l'autre par le clergé du lieu, feront distraction d'une certaine portion de tous les revenus épiscopaux et du chapitre, et de toutes les dignités..., abbayes et prieurés..., et généralement de tous bénéfices, même réguliers..., ensemble des fabriques des églises et autres lieux..., comme aussi des revenus de tous les monastères..., et ils appliqueront et incorporeront audit collège ladite part et portion de tous les susdits revenus ainsi distraits.

Même on y pourra joindre et unir quelques bénéfices simples, de quelque qualité et dignité qu'ils soient, aussi bien que des prestimonies ou portions prestimoniales, ainsi qu'on les appelle, avant même qu'ils viennent à vaquer sans préjudice toutefois du service divin et des intérêts de ceux qui les posséderont. Ce qui aura lieu encore que les bénéfices soient réservés ou affectés, sans que l'effet desdites unions et applications desdits bénéfices puisse être empêché ou retardé par la résignation qui pourrait en être faite, ni par quelque autre voie que ce soit; mais elles subsisteront et auront lieu de quelque manière que les bénéfices puissent vaquer, même en cour de Rome, nonobstant toute constitution contraire. »

Le concile entre dans un plus grand détail encore pour faciliter à l'évêque l'érection d'une si bonne œuvre et lui fournir les moyens de vaincre tous les obstacles. Il ajoute :

« Que si les prélats des cathédrales et autres églises supérieures étaient négligents à établir et à maintenir de tels séminaires, ou refusaient de payer leur portion, ce sera à l'archevêque de reprendre vivement l'évêque, et au synode provincial de reprendre l'archevêque et les autres supérieurs, et de les obliger à tout ce que dessus, et enfin d'avoir un soin particulier de procurer et avancer, au plus tôt et partout où il pourra, un ouvrage si saint et si pieux. L'évêque devra recevoir tous les ans le compte des revenus dudit séminaire, en présence de deux députés du chapitre et de deux autres du clergé de la ville.

« Ensuite, afin qu'on puisse avec moins de dépense pourvoir à l'établissement de telles écoles, le saint concile ordonne que les évêques, archevêques, primats et autres ordinaires des lieux obligeront ceux qui sont pourvus de la dignité d'écolâtre, et tous autres qui tiennent des places auxquelles est attachée l'obligation de faire des leçons et d'enseigner, ils les contraindront, même par la soustraction de leurs fruits, d'en faire les fonctions dans lesdites écoles et d'y instruire par eux-mêmes, s'ils en sont capables, les enfants qui y seront, sinon de mettre en leur place des gens qui s'en acquitteront comme il faut, qu'ils choisiront eux-mêmes et qui seront approuvés par les Ordinaires. Que si ceux qu'ils auront choisis ne sont pas jugés capables par l'évêque, ils en nommeront quelque autre qui le soit, sans qu'il y ait lieu à aucune appellation, et s'ils négligent de le faire l'évêque même y pourvoira.

« II appartiendra aussi à l'évêque…


Dernière édition par Louis le Dim 19 Jan 2014, 1:41 pm, édité 2 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis le Dim 19 Jan 2014, 6:15 am


Décret mémorable pour l’établissement des séminaires.
Réflexions à ce sujet.

(suite)
« II appartiendra aussi à l'évêque de leur prescrire ce qu'ils devront enseigner dans lesdites écoles, selon qu'il le jugera à propos. Et à l'avenir ces sortes d'offices ou de dignité d'écolâtre, comme on les nomme, ne seront données qu'à des docteurs ou maîtres, ou à des licenciés en théologie ou en droit canon, ou à d'autres personnes capables, qui puissent s'acquitter par eux-mêmes de cet emploi; autrement la provision sera nulle et sans effet, nonobstant tout privilège et coutume, même de temps immémorial.

« Or, si en quelque province les églises se trouvent en une si grande pauvreté que l'on ne puisse établir de collège en quelques-unes, le synode provincial ou le métropolitain,  avec deux des plus anciens suffragants, aura soin d'établir dans son église métropolitaine, ou dans quelque autre église de la province plus commode, un ou plusieurs collèges, selon qu'il le jugera à propos, du revenu de deux ou plusieurs desdites églises qui ne peuvent commodément suffire à entretenir chacune un collège, et là seront instruits les enfants de ces églises.

« Mais dans les églises qui ont de grands diocèses, l'évêque pourra avoir en divers lieux un ou plusieurs séminaires, selon qu'il le jugera à propos ; toutefois ils seront entièrement dépendants de celui qui sera érigé et établi dans la ville épiscopale.  

« Enfin si, au sujet de ces unions ou de cette taxe, assignation et incorporation de ces portions, ou par quelque autre moyen que ce soit, il survenait quelque difficulté qui empêchât l'établissement de ce séminaire ou qui le troublât dans la suite, l'évêque avec les députés ci-dessus nommés, ou le synode provincial, selon l'usage du pays, pourra, ayant égard à l'état des églises et des bénéfices, régler et ordonner toutes les choses, en général et en particulier, qui paraîtront nécessaires et utiles pour l'heureux progrès du séminaire, modérer même ou augmenter, s'il en est besoin, ce qui a été dit ci-dessus. »      
         
Dans tout ce chapitre on voit avec quel soin…

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Dim 19 Jan 2014, 1:42 pm


Décret mémorable pour l’établissement des séminaires.
Réflexions à ce sujet.

(suite)
Dans tout ce chapitre on voit avec quel soin, quelle tendresse, quelles précautions l'Église de Dieu travaille à l'œuvre des séminaires; on dirait une mère qui prépare le berceau du fils qu'elle va mettre au monde; à travers les douleurs et les larmes son cœur bondit de joie. Effectivement ce va être une création nouvelle de l'Esprit de Dieu dans l'Eglise et par l'Eglise : création spirituelle, qui renouvellera la face de la terre ; création merveilleuse, où l'Église même renouvellera sa jeunesse comme l'aigle et renaîtra sans cesse, toujours ancienne et toujours nouvelle.

Avec le temps et l'expérience, en combinant les divers degrés de séminaires avec les autres écoles chrétiennes, elle pourra organiser chaque diocèse en académie chrétienne, en université catholique, où toutes les connaissances serviront à la gloire de Dieu : les sciences naturelles, à le faire admirer dans un insecte, dans un brin d'herbe, aussi bien que dans le soleil et les étoiles; les sciences littéraires, pour annoncer avec plus de dignité sa parole, chanter avec plus d'harmonie ses louanges; l'étude des langues saintes, pour entendre de mieux en mieux les mystères de sa parole écrite et aplanir les voies du retour aux peuples qui parlent ou estiment ces langues ; la lecture méditée des Pères et des docteurs, pour y puiser de plus en plus cet esprit de foi, de piété, de zèle, d'intelligence, qu'ils ont reçu eux-mêmes de plus haut; ainsi de toutes les sciences possibles. Car cette œuvre des séminaires, dont l'idée seule faisait tressaillir de joie le concile de Trente, contient en germe tous les biens désirables.

Après plus de deux siècles on est encore loin d'avoir mis à profit partout et complètement ce don de Dieu. Il y a cinquante ans, nous avons vu tous les séminaires de France ensevelis sous les ruines des églises et du royaume de France ; et peu après nous voyons ces mêmes églises, ressuscitées à la voix du successeur de Pierre, reconstruire, sur le plan perfectionné du concile de Trente, non-seulement des séminaires pour disposer les lévites prochainement au sacerdoce par l'étude de la théologie, mais encore des séminaires pour l'y préparer de loin par les études littéraires. Ensemble de régénération qui réjouit le Ciel et la terre, par les apôtres et les martyrs qu'il leur envoie par le Tonkin, la Chine, la Corée, les forêts de l'Amérique et les îles de l'Océan.

Après l'heureux succès de la vingt-troisième session il y avait lieu de croire que le concile pourrait être bientôt terminé; c'était le vœu de tout le monde; aussi ne négligea-t-on rien, pour l'examen des points de doctrine sur lesquels le concile n'avait pas encore prononcé. On nomma dix théologiens pour travailler sur la matière des indulgences, des vœux des religieux, de l'invocation des saints, du culte des images et du purgatoire, et l'on tint un grand nombre de congrégations sur le sacrement de Mariage et sur les abus qui y avaient rapport…

A suivre : Discussions au sujet des mariages.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Lun 20 Jan 2014, 6:09 am


Discussions au sujet des mariages.

…et l'on tint un grand nombre de congrégations sur le sacrement de Mariage et sur les abus qui y avaient rapport. Les sentiments des prélats et des théologiens furent très-partagés au sujet des mariages clandestins et de ceux qui étaient contractés par les enfants de famille sans le consentement de leurs parents. La question était de savoir si ces sortes de mariages, surtout les clandestins, qui jusqu'alors avaient été regardés seulement comme illicites, devaient être déclarés nuls par le concile lorsqu'il s'en contracterait dans la suite.

On avait aussi préparé un canon avec anathème contre celui qui dirait que les mariages consommés étaient dissous par l'adultère ; mais les ambassadeurs de Venise représentèrent que, si on laissait cet anathème dans le canon projeté sur ce sujet, on offenserait beaucoup les peuples de l'Église orientale, principalement ceux qui habitaient les îles sous la domination de la république, comme celles de Candie, de Chypre, de Corfou, de Zante et de Céphalonie, et beaucoup d'autres, dont le repos troublé causerait du dommage dans l'Église catholique. Encore que l'Eglise grecque ne pensât pas en tout comme Rome, il n'y avait pas à désespérer qu'elle ne se réunît un jour, puisque les Grecs qui habitaient les pays sujets à la république, quoiqu'ils vécussent selon leurs rites, ne laissaient pas d'obéir aux évêques nommés par le souverain Pontife. Ils étaient donc obligés, pour remplir leurs fonctions d'ambassadeurs, de représenter au concile qu'il ne devait point frapper ces peuples d'anathème, ce qui les irriterait et les obligerait à se séparer entièrement du Saint-Siège. Il paraissait assez que la coutume de ces Grecs de répudier leur femmes pour cause d'adultère et d'en épouser d'autres était très-ancienne chez eux, et qu'ils n'avaient jamais été ni condamnés ni excommuniés par aucun concile œcuménique, quoique l'Église romaine et universelle n'eût aucunement ignoré cette pratique. Il était d'ailleurs facile d'adoucir le décret sans blesser la dignité de l'Église, et peut-être sans s'écarter du respect dû aux sentiments de plusieurs docteurs, en le donnant en ces termes :

« Anathème à quiconque dira que la sainte Église catholique, apostolique et romaine, qui est la mère et la maîtresse des autres, a erré ou erre lorsqu'elle a enseigné et qu'elle enseigne que le mariage ne peut être dissous par l'adultère de l'un des deux époux; que ni l'un ni l'autre, ou même la partie innocente qui n'a point donné cause à l'adultère, ne doit contracter un nouveau mariage, et que celui-là commet un adultère qui, ayant répudié sa femme pour ce crime, en épouse une autre, et celle qui, ayant quitté son mari adultère, en épouse un autre. »

Le plus grand nombre des Pères du concile fut d'avis de faire droit à la réquisition des ambassadeurs vénitiens, et il fut conclu qu'on ne prononcerait d'anathème que contre celui qui dirait que l'Eglise a erré ou erre en enseignant que le nœud du mariage n'est pas rompu par l'adultère.

On était en même temps fort occupé des articles de la réformation…

A suivre : On propose la réformation des princes. Ils ne veulent pas entendre de cette oreille. Ce qui est à conclure de là.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Lun 20 Jan 2014, 12:10 pm


On propose la réformation des princes.
Ils ne veulent pas entendre de cette oreille.
Ce qui est à conclure de là.

On était en même temps fort occupé des articles de la réformation ; les légats en avaient proposé un grand nombre, parmi lesquels s'en trouvaient plusieurs qui regardaient la réforme des princes séculiers. La chose en soi était naturelle. Depuis des siècles tout le monde, les princes surtout, demandaient la réformation de l'Église dans son chef et dans ses membres. Or les princes étaient membres de l'Église, et des membres principaux. La réformation les regardait donc plus que beaucoup d'autres. D'ailleurs tout s'y prêtait on ne peut mieux, Pape, cardinaux, évêques, tout le concile.

« Le Pape, dit le cardinal Pallavicin, n'était pas fâché que le concile réglât ce qui concernait les princes séculiers, et cela pour deux fins qui se résolvaient en une seule : la première, parce que, occupés à défendre leurs propres intérêts, ils le seraient moins à opprimer la cour romaine; la seconde, parce qu'ils sauraient que partout il y a des abus, partout on en parle, et que, s'ils entendaient faire de grandes plaintes contre les Pontifes romains, les Pontifes romains en entendaient aussi faire de grandes contre eux; que, si de part et d'autre elles étaient injustes et mal fondées sous plusieurs rapports, il fallait convenir aussi qu'il y en avait d'occasionnées par des maux véritables, mais en partie incurables, même avec les meilleures lois, si Dieu ne remédiait à l'imperfection des hommes, et d'autres en partie susceptibles de guérison et dignes pour cela de l'attention et des soins de l'un et de l'autre. C'est pourquoi le saint cardinal Borromée, dès le mois de juin, écrivait de cette sorte aux présidents du concile :

« Puisque chacun tombe sur nous dans cette bénite réforme, et qu'il semble que tous les coups soient dirigés contre le Saint-Siège et contre nous autres cardinaux, qui en sommes membres, Sa Sainteté est d'avis que, pour l'amour de Dieu, vous laissiez ou fassiez chanter encore sur l'air de la réforme des princes, sans avoir égard à rien, en ce qui est juste et raisonnable. Vous ferez aussi en sorte qu'on ne croie pas que la chose vienne de nous 1. »


« On chanta donc sur l'air de la réforme des princes. »…

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1 Lettres en  chiffre du cardinal Borromée, 26 juin 1563. Pallavic., 1. 22, c. 9.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Mar 21 Jan 2014, 5:53 am


On propose la réformation des princes.
Ils ne veulent pas entendre de cette oreille.
Ce qui est à conclure de là.

(suite)

« On chanta donc sur l'air de la réforme des princes. » Tout le monde y prit plaisir, excepté pourtant les princes.  L'empereur trouva détestables et l'air et la chanson; le roi de France fut tout à fait de l'avis de l'empereur, ainsi que le roi d'Espagne : c'était la première fois, depuis le commencement du concile, que les trois princes se trouvèrent si bien d'accord.

On retira  donc la chanson ou les articles de la réforme des princes, au  grand déplaisir des évêques. Dans le cours de cette Histoire nous avons vu plus d'un prince, plus d'un roi, plus d'un empereur, solliciter les sévères admonitions de l'Église pour corriger ce qui était à corriger dans leur gouvernement; mais c'étaient des souverains du moyen âge, qui prenaient pour règle l'Évangile du Christ interprété par l'Église du Christ. Les princes du seizième siècle n'en étaient plus là; ils prenaient pour règle l'évangile de Machiavel, interprété  par eux-mêmes ou leurs courtisans.

Donc ils ne furent réformés ni par le concile ni par le Pape.

Si donc depuis ce temps ils n'ont pas fait mieux, si même on en a vu d'assassinant et d'assassinés, on ne peut s'en prendre ni au Pape ni à l'Église. Comme ils s'étaient mis, en tant que rois, hors la loi du Christ, l'Église du Christ ne pouvait plus en répondre; car à l'impossible nul n'est tenu. Ils échappèrent donc à la réformation du concile et du Pape ; mais ils n'échapperont point à la réformation un peu plus sévère des peuples, qui se dispenseront de la loi chrétienne comme eux. Nous avons donc vu bien des rois, bien des dynasties même, réformés de nos jours, c'est-à-dire mis à la réforme, mis sur le pavé, comme des valets que l'on congédie. Puissent-ils profiter de la leçon !

Les légats proposèrent également…
A suivre : Mot du Pape sur la pluralité des bénéfices.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Mar 21 Jan 2014, 11:42 am

Mot du Pape sur la pluralité des bénéfices.  

Les légats proposèrent également un grand nombre d'articles de réformation pour les ecclésiastiques; les princes n'eurent garde, cette fois, de faire de l'opposition ; l'ambassadeur de France dit même au Pape, dans une conversation familière, que le cardinal de Lorraine avait ordre de sa cour de presser la publication d'un décret sévère contre la pluralité des bénéfices.

« En vérité, dit le Saint-Père en souriant, il était difficile de choisir un personnage plus propre à ce genre de réforme que le cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, évêque de Metz, abbé de Fécamp, possesseur d'un assez grand nombre de bénéfices pour former plus de cent mille écus de rente. Quant à moi, je suis désintéressé dans cette affaire ; je n'ai qu'un seul bénéfice, et l'on pense bien que je m'en contente. »

Le cardinal de Lorraine fut effectivement un des plus ardents à solliciter le décret de l'unité des bénéfices à charge d'âmes et à déclamer contre la pluralité, dont il pouvait sentir l'abus mieux que personne. Quelques-uns disaient plaisamment que le cardinal de Lorraine prêchait le jeûne après avoir bien mangé.

Enfin la vingt-quatrième session…
A suivre : Vingt-quatrième session. Doctrine et canons touchant le sacrement de Mariage.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Mer 22 Jan 2014, 5:31 am


Vingt-quatrième session.
Doctrine et canons touchant le sacrement de Mariage.

Enfin la vingt-quatrième session, fixée d'abord au 16 septembre 1563, se tint le 11 novembre suivant, jour auquel elle avait été remise. Elle s'ouvrit sur les huit heures du matin et dura sans discontinuer jusqu'à sept heures du soir. Georges Cornaro, évêque de Trévise, célébra la messe du Saint-Esprit. On fit ensemble la lecture de l'évangile qui commence par ces mots : Il se fit des noces à Cana, en Galilée , choisi à dessein pour son rapport avec le dogme qui allait être décidé, et François Richard, évêque d'Arras, fit un sermon latin sur cet évangile. Ensuite on lut les lettres de Marguerite d'Autriche, gouvernante de Flandre, dont les évêques venaient d'arriver; puis les mandats de l'ambassadeur de Florence et de l'ambassadeur de Malte, suivant l'ordre de leur arrivée à Trente. Enfin on promulgua les canons sur le Mariage, en ces termes :

DOCTRINE TOUCHANT LE SACREMENT DE MARIAGE.
     

« Le premier père du genre humain, par l'inspiration du Saint-Esprit, a déclaré le lien du mariage perpétuel et indissoluble, quand il a dit : « Ceci est maintenant l'os de mes os et la chair de ma chair. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans la même chair. »

« Mais Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a enseigné plus ouvertement que ce lien ne devait unir et joindre ensemble que deux personnes, lorsque, rapportant ces dernières paroles comme prononcées par Dieu même, il a dit : « Donc ils ne sont plus deux, mais une seule chair. » Et incontinent il confirme la fermeté de ce lien, déclarée par Adam si longtemps auparavant, en disant : « Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a conjoint. »

« Or le même Jésus-Christ, l'auteur et le consommateur de tous les augustes sacrements, nous a mérité, par sa Passion, la grâce qui perfectionne cet amour naturel, affermit cette union indissoluble et sanctifie les conjoints. C'est aussi ce que nous insinue saint Paul en disant : « Maris, aimez vos femmes comme Jésus-Christ a aimé l'Église et s'est livré lui-même pour elle ; » ajoutant incontinent après: «Ce sacrement est grand, je dis en Jésus-Christ et en l'Église. »

« Le mariage, dans la loi évangélique, étant donc plus excellent que les mariages anciens, à cause de la grâce qu'il confère par Jésus-Christ, c'est avec raison que nos saints Pères, les conciles et la tradition universelle de l'Église ont de tout temps enseigné qu'il doit être mis au rang des sacrements de la nouvelle loi. Cependant des hommes de ce siècle, portant leur rage et leur impiété contre une autorité si vénérable, non-seulement ont eu une opinion erronée de cet auguste sacrement, mais, sous prétexte de l'Évangile, introduisant selon leur coutume une liberté charnelle, ils ont affirmé de parole et par écrit, au grand détriment des fidèles, plusieurs choses fort éloignées du sens de l'Église catholique et de l'usage approuvé depuis le temps des apôtres. C’est pourquoi le saint concile universel, voulant obvier à leur témérité et empêcher que plusieurs autres ne soient encore attirés par une si pernicieuse contagion, a jugé à propos de foudroyer les hérésies et les erreurs les plus remarquables de ces schismatiques, prononçant les anathèmes suivants contre les hérétiques mêmes et contre leurs erreurs.

DOCTRINE  TOUCHANT LE SACREMENT DE MARIAGE

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Mer 22 Jan 2014, 12:09 pm

Vingt-quatrième session.
Doctrine et canons touchant le sacrement de Mariage.

(suite)

DOCTRINE  TOUCHANT LE SACREMENT DE MARIAGE.
     

« CANON I. Si quelqu'un dit que le mariage n'est pas véritablement et proprement un des sept sacrements de la foi évangélique, institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais qu'il a été inventé dans l'Église par des hommes et qu'il ne confère pas la grâce, qu'il soit anathème !

« II. Si quelqu'un dit qu'il est permis aux chrétiens d'avoir plusieurs femmes en même temps et que cela n'est défendu par aucune loi divine, qu'il soit anathème !

« III. Si quelqu'un dit qu'il n'y a que les seuls degrés de consanguinité et d'affinité marqués dans le Lévitique qui puissent empêcher de contracter mariage ou qui puissent le rompre quand il est contracté, et que l'Église ne peut pas donner dispense en quelques-uns de ces degrés ou établir un plus grand nombre de degrés qui empêchent et rompent le mariage, qu'il soit anathème !

« IV. Si quelqu'un dit que l'Église n'a pas pu établir des empêchements dirimants du mariage ou qu'elle a erré en les établissant, qu'il soit anathème !

« V. Si quelqu'un dit que le lien du mariage peut être rompu pour cause d'hérésie, ou de cohabitation fâcheuse, ou d'absence affectée de l'un des deux époux, qu'il soit anathème !

« VI. Si quelqu'un dit que le mariage contracté et non consommé n'est pas annulé par la profession solennelle de religion que fait l'une des parties, qu'il soit anathème !

« VII. Si quelqu'un dit que l'Église est dans l'erreur quand elle enseigne, comme elle a enseigné, selon la doctrine de l'Évangile et des apôtres, que le lien du mariage ne peut être dissous pour le péché d'adultère de l'une des parties ; que ni l'une ni l'autre, non pas même la partie innocente, qui n'a pas donné sujet à l'adultère, ne saurait contracter un autre mariage du vivant de l'autre partie, et que le mari, qui, ayant quitté la femme adultère, en épouse une autre, commet lui-même un adultère, ainsi que la femme qui, ayant quitté son mari adultère, en épouserait un autre, qu'il soit anathème !

« VIII. Si quelqu'un dit que l'Église est dans l'erreur quand elle déclare que, pour plusieurs causes, il se peut faire séparation quant à la couche ou quant à la cohabitation, entre le mari et la femme, pour un temps déterminé ou non déterminé, qu'il soit anathème !

« IX. Si quelqu'un dit que les clercs revêtus des ordres sacrés, ou les réguliers qui ont fait profession solennelle de chasteté, peuvent contracter mariage, et qu'étant ainsi contracté il est valide, malgré la loi de l'Église et leur propre vœu ; que de soutenir le contraire ce n'est autre chose que de condamner le mariage, et que tous ceux qui ne se sentent pas pourvus du don de chasteté, quoiqu'ils en aient fait le vœu, peuvent contracter mariage, qu'il soit anathème ! Car Dieu ne refuse pas ce don à ceux qui le demandent comme il faut et ne permet pas que nous soyons tentés au delà de nos forces.

« X. Si quelqu'un dit que l'état du mariage est préférable à l'état de la virginité ou du célibat, et que de demeurer dans la virginité ou le célibat ce n'est pas quelque chose de meilleur ou de plus heureux que de se marier, qu'il soit anathème !

« XI. Si quelqu'un dit que la défense de solenniser les noces en certains temps de l'année est une superstition tyrannique, provenue de la superstition des païens, ou s'il condamne les bénédictions et les autres cérémonies que l'Église pratique dans leur célébration, qu'il soit anathème !

« XII. Si quelqu'un dit que les causes qui concernent le mariage n'appartiennent pas aux juges ecclésiastiques, qu'il soit anathème ! »

Ces canons sont suivis de dix chapitres de réformation concernant le mariage…

A suivre : Dix chapitres de réformation concernant le Mariage.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Jeu 23 Jan 2014, 6:12 am

Dix chapitres de réformation concernant le Mariage.
Ces canons sont suivis de dix chapitres de réformation concernant le mariage.

Chapitre Ier. On renouvelle la forme prescrite dans le concile de Latran pour contracter solennellement le mariage. L'évêque peut dispenser des bans. Celui qui contracte autrement qu'en présence du curé et de deux autres témoins ne fait rien.      
                       
« Quoiqu'il ne faille pas douter que les mariages clandestins, faits par le libre consentement des parties contractantes, ne soient de vrais et valides mariages, tant que l'Église ne les a pas rendus invalides et que par conséquent il faille condamner, comme le saint concile les frappe d'anathème, ceux qui nient que ces mariages soient vrais et valides, et ceux qui assurent faussement que les mariages contractés par les enfants de famille sans le consentement de leurs parents sont nuls, et que les pères et les mères ont le pouvoir de les rendre ou valides ou nuls, néanmoins la sainte Église, pour de très-justes causes les a toujours détestés et défendus.

« Mais le saint concile, s'apercevant que ces défenses sont devenues inutiles par la désobéissance des hommes, et considérant les péchés énormes que causent ces mariages clandestins, surtout par rapport à ceux qui demeurent en état de damnation lorsque, ayant quitté la première femme avec laquelle ils avaient contracté mariage en secret, ils se marient publiquement avec une autre et vivent avec elle en perpétuel adultère, auquel désordre l'Église, qui ne juge pas des choses cachées, ne peut apporter de remède si elle ne recourt à quelque moyen plus efficace ; c'est pourquoi ledit saint concile, conformément à celui de Latran, tenu sous Innocent III, ordonne qu'à l'avenir, avant que l'on contracte mariage, le propre curé des parties contractantes dénoncera publiquement dans l'église, à la grand'messe, par trois jours de fête consécutifs, les noms de ceux entre qui doit être contracté le mariage. Et ces publications étant faites, si l'on n'y forme aucun empêchement légitime, il sera procédé à la célébration du mariage en face de l'Église, où le curé, après avoir interrogé l'époux et l'épouse, et avoir pris leur mutuel consentement, dira: « Je vous unis ensemble par le lien de mariage, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; » ou bien il se servira d'autres paroles, suivant l'usage reçu en chaque pays.

« Mais s'il arrivait qu'il…

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Jeu 23 Jan 2014, 11:53 am

Dix chapitres de réformation concernant le Mariage.

(suite)
« Mais s'il arrivait qu'il y eût soupçon probable que le mariage pût être malicieusement empêché, s'il se faisait tant de publications auparavant, alors, ou il ne s'en fera qu'une seulement, ou même le mariage se fera sans aucune, en présence au moins du curé et de deux ou trois témoins; et puis, avant qu'il soit consommé, les publications se feront dans l'église, afin que, s'il y a quelques empêchements cachés, ils se découvrent plus aisément, si ce n'est que l'Ordinaire juge lui-même plus à propos que lesdites publications soient omises, ce que le saint concile laisse à son jugement et à sa prudence.

« Quant à ceux qui entreprendraient de contracter mariage autrement qu'en présence du curé, ou de quelque autre prêtre, avec permission dudit curé ou de l'Ordinaire, et avec deux ou trois témoins, le saint concile les rend absolument inhabiles à contracter de la sorte, et ordonne que de tels contrats soient nuls et invalides, comme par le présent décret il les rend nuls et invalides.

« De plus il veut et ordonne que le curé, ou autre prêtre, qui aura été présent à un tel contrat, avec un moindre nombre de témoins qu'il n'est prescrit, et que les témoins qui auront assisté sans le curé ou autre prêtre, et aussi les parties contractantes, soient punis sévèrement, à la discrétion de l'Ordinaire.

« Le même saint concile exhorte encore l'époux et l'épouse à ne point demeurer ensemble dans une même maison avant d'avoir reçu dans l'église la bénédiction du prêtre. Il veut aussi et ordonne que la bénédiction soit donnée par le propre curé, et que nul autre que le curé ou l'Ordinaire ne puisse accorder à un autre prêtre la permission de donner cette bénédiction, nonobstant tout privilège et toute coutume, qu'on doit plutôt appeler un abus qu'une coutume. Que si quelque curé ou autre prêtre, soit régulier, soit séculier, osait marier ceux qui sont d'une autre paroisse, ou leur donner la bénédiction nuptiale sans la permission de leur curé, quand même il alléguerait pour cela  quelque privilège particulier ou une coutume immémoriale, il demeurera suspens de droit jusqu'à ce qu'il soit absous par l'Ordinaire du curé qui devait être présent au mariage ou qui devait donner la bénédiction.

« Le curé aura un registre qu'il conservera chez lui soigneusement, et dans lequel il inscrira le jour et le lieu du mariage contracté, avec les noms des parties et des témoins.

« Enfin le saint concile exhorte ceux qui doivent se marier à se confesser avec soin et à recevoir avec dévotion le saint sacrement de l'Eucharistie avant la célébration du mariage, ou au moins trois jours avant la consommation.

« Si dans quelque province il y a encore d'autres cérémonies et louables coutumes, le saint concile souhaite avec ardeur qu'on les garde et qu'on les conserve entièrement.

« Et afin que personne n'ignore de si salutaires ordonnances, le saint concile enjoint à tous les Ordinaires d'avoir soin de faire publier au plus tôt et expliquer ce décret au peuple, dans chaque église paroissiale de leur diocèse, et de faire réitérer très-souvent cette publication la première année, et dans la suite toutes les fois qu'ils le jugeront à propos. De plus il ordonne que le présent décret commencera d'avoir force dans chaque paroisse trente jours après que la première publication y aura été faite.»

Le second chapitre restreint l'empêchement de l'affinité spirituelle; le troisième…

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Ven 24 Jan 2014, 5:27 am

Dix chapitres de réformation concernant le Mariage.

(suite)

Le second chapitre restreint l'empêchement de l'affinité spirituelle;

le troisième, l'empêchement de l'honnêteté publique ;

le quatrième, celui de l'affinité par fornication.

Le cinquième ordonne que ceux qui auront sciemment contracté mariage dans les degrés défendus seront séparés sans plus d'espoir de dispense, et qu'on n'en accordera jamais pour le second degré, si ce n'est en faveur des grands princes et relativement au bien public.

Le sixième prononce qu'il ne peut y avoir de mariage entre le ravisseur et la personne enlevée tant que celle-ci demeure en la puissance du premier.

Le septième explique les précautions qu'il faut prendre pour le mariage des vagabonds, que les curés doivent au moins n'y admettre qu'après avoir consulté l'Ordinaire.

Le huitième prononce excommunication contre les concubinaires qui, après trois monitions de l'évêque, négligeront de se séparer.

Le neuvième prononce la même peine contre les seigneurs temporels et les magistrats qui empêcheraient leurs justiciables de se marier en liberté.

Le dixième, enfin, prescrit d'observer les anciennes défenses des noces solennelles depuis l'Avent jusqu'à l'Épiphanie et depuis les Cendres jusqu'à l'octave de Pâques inclusivement.

On publia dans la même session, sur différents objets de réforme, vingt et un chapitres…
A suivre : Vingt et un autres chapitres sur différents objets de réforme. Le seizième sur les devoirs du Chapitre pendant la vacance du siège.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Ven 24 Jan 2014, 12:25 pm

Vingt et un autres chapitres sur différents objets de réforme.
Le seizième sur les devoirs du Chapitre pendant la vacance du siège.

On publia dans la même session, sur différents objets de réforme, vingt et un chapitres, dont le premier expose ce qu'il faut observer dans la création des évêques et des cardinaux. Il y est marqué qu'il est nécessaire que le Pape s'applique à n'admettre au sacré collège que des sujets dignes et choisis, autant qu'il se pourra, de toutes les nations de la chrétienté.

— Chap. II. Que les synodes provinciaux doivent se tenir tous les trois ans, les diocésains tous les ans; qui doivent les convoquer, qui doivent y assister.  

— III. Comment les évêques doivent faire la visite de leurs diocèses.

— IV. Qui et quand on doit s'acquitter du devoir de la prédication ; qu'il faut aller à l'église paroissiale pour entendre la parole de Dieu ; que personne ne doit prêcher malgré l'évêque.

— V. Que la connaissance des causes criminelles grièves contre les évêques appartient au seul souverain Pontife et celle des autres au concile provincial.

— VI. Du pouvoir des évêques pour la dispense des irrégularités et des suspenses et pour l'absolution des crimes.

—VII. Que les évêques et les curés doivent expliquer au peuple la vertu des sacrements avant de les administrer; que les saintes Écritures doivent aussi être expliquées pendant la solennité des messes.

— VIII. Que les pécheurs publics doivent faire une pénitence publique, si l'évêque n'en juge autrement ; qu'il faut établir un pénitencier dans chaque cathédrale.

— IX. Par qui doivent être visitées les églises séculières qui ne sont d'aucun diocèse.

— X. Que l'effet de la visite ne peut être suspendu par aucun sujet inférieur.

— XI. Que les titres d'honneur ou les privilèges particuliers n'ôtent rien aux droits des évêques.

— XII. Des qualités de ceux qui doivent être promus aux dignités et aux canonicats des églises cathédrales, et quelles sont leurs obligations.

— XIII. Comment il faut pourvoir aux églises cathédrales et paroissiales qui sont faibles en revenus ; qu'il faut assigner des limites certaines aux paroisses.

— XIV. Qu'il ne faut admettre personne à la prise de possession d'un bénéfice ou aux distributions si les fruits qu'on distribue ne doivent pas être employés à de pieux usages.

— XV. De la manière d'augmenter les revenus des prébendes faibles dans les cathédrales et collégiales considérables.

Le chapitre XVI traite des Devoirs du Chapitre pendant la vacance du siège

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Sam 25 Jan 2014, 5:41 am


Vingt et un autres chapitres sur différents objets de réforme.
Le seizième sur les devoirs du Chapitre pendant la vacance du siège.

(suite)
Le chapitre XVI traite des Devoirs du Chapitre pendant la vacance du siège; il est conçu en ces termes :

« Quand le siège sera vacant, le Chapitre, dans les lieux où il a la charge de percevoir les fruits, établira un ou plusieurs économes fidèles et vigilants, qui aient soin du bien et du revenu ecclésiastique, pour en rendre compte à qui il appartiendra. Il sera tenu aussi expressément, dans les huit jours après la mort de l'évêque, de nommer un official ou vicaire, ou de confirmer celui qui est établi, lequel sera au moins docteur en droit canon ou licencié, ou autrement le plus capable qu'il se pourra. Si on en use autrement la faculté d'y pourvoir sera dévolue au métropolitain, et si cette église est elle-même métropolitaine, ou qu'elle soit exempte, et que le Chapitre, comme il a été dit, ait été négligent, alors le plus ancien évêque entre les suffragants à l'égard de l'Église métropolitaine, et l'évêque le plus proche à l'égard de celle qui se trouve exempte, aura le pouvoir d'établir un économe et un vicaire capables.

Ensuite l'évêque promu à la même Église et vacante se fera rendre compte par lesdits économes et vicaires, et par tous autres officiers et administrateurs qui pendant la vacance du siège auront été établis par le Chapitre, ou par d'autres en sa place, quand ils seraient même du corps du Chapitre, de toutes les choses qui le regardent, de toutes leurs fonctions, emplois, juridictions, gestions et administrations quelconques; et il pourra punir ceux qui auront malversé, quand même les susdits officiers auraient déjà rendu leurs comptes et obtenu quittances et décharges du Chapitre ou des commissaires par lui députés. Le Chapitre sera aussi tenu de rendre compte au même évêque des papiers appartenant à l'église, s'il en est tombé quelques-uns entre ses mains. »

Le chapitre XVII règle la manière de conférer les bénéfices et les cas où l'on peut en retenir plus d'un.

— XVIII. Que l'évêque doit incontinent nommer un vicaire pour desservir les cures vacantes ; de quelle manière on doit procéder au choix et à l'examen des curés.

— XIX. On abroge les grâces expectatives et autres choses de ce genre.

— XX. De la manière de traiter les causes qui appartiennent au for ecclésiastique.

— Le vingt et unième et dernier chapitre porte une déclaration du saint concile sur certaines expressions de la première session, par lesquelles on n'a pas entendu changer la manière de traiter les affaires dans les conciles œcuméniques.

Enfin le concile ordonne que la prochaine session se tiendra le…

A suivre : Vingt-cinquième et dernière session. Excellent résumé des travaux du concile par l’évêque de Nazianze, coadjuteur de Famagouste.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Sam 25 Jan 2014, 11:35 am

Vingt-cinquième et dernière session.

Excellent résumé des travaux du concile
par l’évêque de Nazianze,
coadjuteur de Famagouste.
Enfin le concile ordonne que la prochaine session se tiendra le 9 décembre suivant, et qu'il y sera traité des articles de réformation qui avaient déjà été représentés mais qui avaient été remis à un autre temps.

La longueur du concile en faisait désirer la fin; plusieurs Pères même l'avaient déjà quitté sans congé ; le Pape, qui entretenait à ses dépens les prélats pauvres, paraissait la désirer aussi. On n'espérait plus rien des protestants depuis que l'empereur, après une assemblée des états de l'empire, avait mandé qu'il lui était impossible de les faire adhérer ni même assister au concile. Bien plus, ils s'étaient nouvellement emparés de Wurzbourg et faisaient craindre que leur fureur ne se portât jusqu'à Trente. Mais ce qui engagea principalement à terminer au plus tôt, ce fut la nouvelle qu'on y reçut d'une maladie fort dangereuse dont le Pape fut attaqué dans ces circonstances. On appréhendait que sa mort n'occasionnât un schisme, à cause de la division qui naîtrait aussitôt entre le sacré collège et le concile touchant le droit d'élire un Pape. Toutes ces raisons firent qu'on tint dès le 3 décembre de cette année (1563) la vingt-cinquième session, qui fut la dernière, et qui n'avait été indiquée que pour le 9 de ce mois.

La messe solennelle fut célébrée par Zambeccari, évêque de Sulmone. Après la messe Jérôme Ragazzoni, Vénitien, évêque de Nazianze et alors coadjuteur de Famagouste, en Chypre, prononça en latin le discours suivant, qui résume admirablement bien tous les travaux du concile.

« Ecoutez, nations; prêtez l'oreille, vous tous qui habitez la terre ! Commencé depuis longtemps, plusieurs fois interrompu, disjoint et séparé, le concile de Trente s'est réuni et s'achève enfin par un bienfait singulier de la toute-puissance de Dieu et par le concours et le zèle admirable de tous les ordres et de toutes les nations. Il a brillé enfin ce jour de bonheur pour le peuple chrétien où le temple du Seigneur, si souvent abattu et dispersé, est rétabli et achevé; où ce navire, le seul qui porte tous les bons, échappé à la violence de longues tempêtes, à toute la fureur des flots, repose à l'abri du port. Et plût à Dieu que ceux pour qui nous avons entrepris cette périlleuse navigation eussent voulu s'embarquer avec nous ! plût à Dieu qu'ils nous eussent aidés à construire cet édifice, eux qui nous l'ont fait élever ! Nous aurions maintenant bien plus sujet de nous réjouir ; mais, certes, ce n'est pas à nous qu'il faut en imputer la faute.

« Nous avons choisi cette ville à l'entrée de l'Allemagne, c'est-à-dire presque aux portes de leur pays ; nous n'avons appelé aucune garde autour de nous, afin de leur éviter toute crainte pour leur liberté; nous leur avons accordé ce sauf-conduit qu'ils avaient dicté eux-mêmes; nous les avons longtemps attendus, et jamais nous n'avons cessé de les exhorter, de les prier de s'unir à nous pour connaître la lumière de la vérité. Même malgré leur absence nous avons, je pense, assez ménagé leurs intérêts. Il fallait en effet porter remède au double mal qui travaillait ces esprits malades et infirmes. Pour l'un on a expliqué et affermi la doctrine de la foi catholique et vraiment évangélique dans tous les points qu'ils révoquent en doute et selon qu'il semblait utile pour ce temps, en écartant et en dissipant toutes les ténèbres des erreurs; pour l'autre on a rétabli la discipline ecclésiastique, dont le relâchement  à les entendre, avait été la principale cause de leur schisme. Nous avons parfaitement rempli ce double devoir, autant qu'il a été en nous et ayant égard au temps.

« Au commencement ce saint concile…


Dernière édition par Louis le Dim 26 Jan 2014, 6:22 am, édité 1 fois (Raison : Présentation.)

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Dim 26 Jan 2014, 6:19 am

Vingt-cinquième et dernière session.

Excellent résumé des travaux du concile
par l’évêque de Nazianze,
coadjuteur de Famagouste.

(suite)
« Au commencement ce saint concile, après avoir fait, suivant la louable coutume de nos pères, sa profession de foi, comme pour poser une base certaine à ce qu'il entreprendrait dans la suite et montrer sur quels témoignages et quels secours il fallait s'appuyer dans la sanction des dogmes, a, par une pieuse sagesse, à l'exemple des anciens conciles les plus vénérés, énuméré les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament que l'on doit admettre sans aucun doute, et, afin qu'il ne pût pas même s'élever de difficulté sur les mots par suite de versions différentes, il a consacré une traduction certaine et invariable des livres grecs et hébreux.

Après cela, attaquant toutes les hérésies dans leur fort et dans leur principal retranchement, il a établi sur la corruption originelle de la nature humaine ce que la vérité elle-même déciderait si elle pouvait parler.

Quant à la justification, cette vérité si importante, et que les hérétiques d'autrefois, comme ceux de nos jours, ont attaquée avec un acharnement incroyable, il a donné des définitions telles qu'elles préviennent les opinions les plus dangereuses sur ce sujet, et la vraie foi y est démontrée avec un ordre et une sagesse si admirables que l'on  aperçoit facilement l'Esprit de Dieu. Par ce décret, le plus important dont des hommes conservent le souvenir, toutes les hérésies sont étouffées; elles sont chassées et dissipées comme les ténèbres par le soleil et telle est cette clarté; cette splendeur de vérité que personne ne peut plus s'en dissimuler l'éclat.

« L'on a traité ensuite des sept divins sacrements de l'Église, d'abord de tous à la fois, puis de chacun en particulier. Et ici qui ne voit avec quelle netteté, quelle évidence, quelle abondance, quelle clarté, et, ce qui est le point capital, avec quelle exactitude toute l'essence de ces célestes mystères est comprise?

Dans cette doctrine si importante et si variée, qui peut encore demander ce qu'il doit suivre ou éviter ? qui y trouvera un sujet ou une occasion de tomber dans l'erreur? enfin, qui doutera désormais de la force et de la vertu de ses sacrements, quand nous voyons que la grâce qui en découle, comme par certains canaux, se répand sur nous avec tant d'abondance ?

Viennent ensuite les décrets sur le saint sacrifice de la messe et sur la communion sous les deux espèces et des petits enfants, et telle est leur sainteté et leur utilité qu'ils semblent être descendus du ciel et ne pas être l'oeuvre des hommes. Nous pouvons y ajouter aujourd’hui une doctrine sur les indulgences, le purgatoire, le culte, l'invocation, les images et les reliques des saints, propre non seulement à déjouer les fraudes et les calomnies des hérétiques, mais à satisfaire pleinement la conscience des pieux catholiques.

« Ces décisions, qui se rapportent à notre salut, et que l'on appelle dogmes, ont été achevées avec succès et bonheur, et désormais nous n'aurons plus, pour le temps où nous sommes, à y ajouter quoi que ce soit dans le même genre.    

« Comme quelques abus s'étaient glissés…

* Note de Louis: J’ai aéré le texte pour une meilleure compréhension. Bien à vous.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Dim 26 Jan 2014, 11:40 am

Vingt-cinquième et dernière session.

Excellent résumé des travaux du concile
par l’évêque de Nazianze,
coadjuteur de Famagouste.

(suite)
« Comme quelques abus s'étaient glissés dans l'administration des choses saintes et qu'on n'y observait point les usages et les rites sacrés, vous avez veillé, révérends Pères, à ce qu'elles fussent administrées avec une entière pureté et suivant la coutume établie par nos pères.

Ainsi vous avez détruit toute superstition, tout gain, et comme ils disent, toute irrévérence de la divine célébration de la messe; vous avez défendu aux prêtres vagabonds, inconnus et criminels, d'offrir ce saint sacrifice. Cet auguste sacrifice était célébré dans des maisons particulières et profanes: vous l'avez rappelé dans les lieux sacrés et religieux. Vous avez banni du temple du Seigneur les chants efféminés et les symphonies, les promenades, les entretiens, les trafics. En prescrivant des lois à chaque grade ecclésiastique vous avez fait en sorte qu'il n'y eut plus lieu d'abuser des saints ordres que Dieu même confère.

Ainsi vous avez aboli certains empêchements de mariage qui donnaient en quelque sorte un prétexte de violer les règles de l'Église. Vous avez rendu moins facile le pardon des unions illégitimes, Rappellerai-je les mariages clandestins et ténébreux? N'y eût-il eu que ce seul motif de convoquer le concile, et il y en avait de nombreux et d'importants, pour cela seul, selon moi, on eût dû l'assembler. Car comme cette question intéresse tous les hommes, et qu'il n'est pas dans l'univers un seul coin que cette peste n'ait infecté, c'est avec raison qu'il aurait fallu remédier à ce mal général par une délibération unanime. Vos décrets, d'une sagesse si admirable et presque divine, très-saints Pères, ont détruit entièrement cette cause d'une infinité de délits et de crimes affreux ; votre prudence a su parfaitement pourvoir au gouvernement de la chrétienté.

Ajoutez à cela les abus nombreux que vous avez ôtés dans ce qui concerne le purgatoire, le culte et l'invocation des saints, les images, les reliques et les indulgences, lesquels paraissaient y déshonorer et souiller honteusement l'éclat si pur en lui-même de la foi et de la pratique sainte.

« Quant à l'autre partie, dans laquelle nous avions à traiter du raffermissement de la discipline ecclésiastique déjà chancelante et presque tombée, vous l'avez terminée et complétée avec une égale exactitude. Désormais les honneurs ecclésiastiques seront l'apanage de la vertu et non de l'ambition des hommes; on y cherchera moins ses propres intérêts que ceux du peuple, et on sera plus flatté de l'honneur de leur être utile que de celui de leur commander. On annoncera, on expliquera plus souvent et avec plus de soin la parole de Dieu, plus pénétrante que le glaive à double tranchant.

« Les évêques et tous ceux à qui le soin des âmes a été confié seront avec leurs troupeaux et veilleront sur eux ; on ne les verra point errer loin du dépôt commis à leur garde. Les privilèges ne serviront à personne pour mener une vie impure et scandaleuse ou pour enseigner des doctrines mauvaises et dangereuses. Nul crime ne sera sans châtiment, nulle vertu sans récompense. Vous avez sagement pourvu à la multitude des prêtres pauvres et indigents; chacun d'eux sera maintenant attaché à une église, et on lui affectera un service qui puisse fournir à ses besoins.

« L'avarice, de tous les vices le plus affreux, surtout dans la maison du Seigneur…

* Note de Louis: J’ai aéré le texte pour une meilleure compréhension. Bien à vous.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Lun 27 Jan 2014, 6:12 am

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Excellent résumé des travaux du concile
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(suite)
« L'avarice, de tous les vices le plus affreux, surtout dans la maison du Seigneur, en sera bannie à jamais, et tous les sacrements seront, comme il convient, administrés gratuitement. D'une seule église on en formera plusieurs et de plusieurs une seule, comme l'intérêt du peuple et la raison le demanderont. Par un bonheur très grand pour nous, les quêteurs d'aumônes, comme on les appelle, qui, plus occupés de leurs biens que de ceux de Jésus-Christ, étaient pour notre religion un sujet de perte et de honte, seront bannis pour toujours du souvenir des hommes. C'est là l'origine du mal qui nous afflige ; de cette source un mal infini se répandait insensiblement parmi nous et chaque jour étendait au loin ses ravages ; toute la prudence, toutes les précautions d'une foule de conciles n'ont pu réussir à y remédier. Aussi qui n'avouera qu'une haute sagesse ordonnait de retrancher un membre dont on avait essayé la guérison si souvent et avec si peu de succès dans la crainte qu'il ne nuisît au reste du corps ?

« On rendra à Dieu un culte plus saint et plus parfait; ainsi ceux qui portent les vases du Seigneur seront purs, afin que leur exemple porte les autres à les imiter. Par une mesure d'une admirable prévoyance vous avez établi que ceux qui doivent être initiés aux fonctions saintes seraient, dans chaque Eglise et dès le premier âge, formés aux bonnes mœurs et aux belles-lettres, afin d'y établir en quelque sorte comme une pépinière de toutes les vertus.

Ajoutez encore les synodes provinciaux rétablis; les visites remises en usage, pour l'utilité et non le malheur et la ruine des peuples; la faculté procurée aux pasteurs de gouverner et paître leurs troupeaux plus commodément; la pénitence publique remise en vigueur; l'hospitalité ordonnée et aux hommes d'Église et dans les lieux pieux; une conduite mémorable et presque divine établie pour conférer les cures; la pluralité des bénéfices, pour employer l'expression vulgaire, détruite; la possession héréditaire du sanctuaire interdite; une règle imposée et déterminée aux excommunications; les premiers jugements assignés dans les lieux où s'élèvent les différends ; les combats singuliers défendus ; une espèce de frein invincible imposé à la luxure, à la cupidité et à la licence de tous les hommes, et surtout des hommes d'Église ; les rois et les princes avertis avec soin de leur devoir ; les autres questions de cette nature traitées avec une extrême sagesse.  

« A la vue de ces travaux, qui ne sent, révérends Pères, avec quelle conscience vous avez de même en ceci rempli votre devoir ! On s'est occupé souvent dans les conciles précédents d'expliquer notre foi, de corriger les mœurs; mais je ne sais si jamais on l'a fait avec plus de zèle et de clarté.

Dans cette assemblée, et surtout dans ces deux dernières années, nous avons eu non-seulement des Pères, mais des orateurs de tous les peuples et de toutes les nations qui reconnaissent la vérité de la religion catholique. Et quels hommes! Considérez-vous leur science : ils sont les plus instruits; leur expérience : ils sont les plus habiles; leur esprit : ils sont les plus pénétrants; leur piété: ils sont les plus religieux; leur vie: ils sont les plus saints. Le nombre des assistants a été tel que, si l'on jette un coup d'œil sur les bornes actuelles du monde chrétien, ce concile apparaît comme le plus nombreux de tous ceux qui ont été réunis jusqu'à présent. Ici toutes les blessures ont été mises à nu, les mœurs exposées au grand jour; on n'a rien caché.

On a mis une telle impartialité à peser les arguments et les raisons de nos adversaires qu'il semblait que ce fût leur cause et non la nôtre que l'on défendît. Quelques-uns ont été discutés trois et même quatre fois ; souvent on a combattu avec beaucoup de chaleur, afin que, comme l'or par le feu, la force et la puissance de la vérité fussent éprouvées par ces sortes de luttes. Car quelle discorde peut régner entre ceux qui ont la même foi et aspirent au même but?

« Ainsi, quoiqu'il eût été à désirer, comme je le disais au commencement de ce discours…

* Note de Louis: J’ai aéré le texte pour une meilleure compréhension. Bien à vous.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Lun 27 Jan 2014, 12:04 pm

Vingt-cinquième et dernière session.

Excellent résumé des travaux du concile
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coadjuteur de Famagouste.

(suite)
« Ainsi, quoiqu'il eût été à désirer, comme je le disais au commencement de ce discours, que nous eussions discuté ces questions avec ceux mêmes pour qui nous les avons surtout traitées, cependant, malgré leur absence, vous avez si bien pourvu aux moyens d'assurer leurs droits et leur salut que, même eussent-ils été présents, il ne semble pas qu'il eût été possible d'y pourvoir autrement. Qu'ils lisent, comme il convient à un chrétien, avec humilité, ce que nous avons décidé touchant la; foi, et, si quelque lumière vient à leur luire, qu'ils ne détournent pas le visage, et, s'ils entendent la voix du Seigneur, qu'ils n'endurcissent point leurs cœurs. S'ils veulent rentrer dans le sein commun de l'Église dont ils se sont séparés, qu'ils ne doutent point qu'ils n'y trouvent entier pardon et miséricorde.

« Mais voici, révérends Pères, le vrai moyen de ramener les esprits des dissidents, de retenir les fidèles dans la foi et dans le devoir : c'est de pratiquer dans nos églises les règles que nous avons établies dans cette assemblée par nos paroles. Quelque parfaites que soient les lois, c'est toujours une parole muette. Ont-elles servi au peuple hébreu, ces lois sorties de la bouche de Dieu même ? De quelle utilité ont été pour les Lacédémoniens les lois de Lycurgue, pour les athéniens les lois de Solon? leur ont-elles garanti cette liberté qu'elles devaient leur assurer?

Mais pourquoi recourir à des choses étrangères et trop reculées ? Quelles règles, quels préceptes pour mener une vie pieuse et sainte pouvons-nous ou devons-nous désirer encore après la vie et la doctrine de notre seul Seigneur Jésus-Christ? Est-il rien qui fût nécessaire à une foi saine, à une vie pure, et que nos ancêtres aient oublié? Il est vrai, nous avons un remède salutaire, composé et préparé depuis longtemps ; mais doit-il chasser le mal ? Il faut le prendre et l'infiltrer dans toutes les veines du corps. Enivrons-nous les premiers, mes très-chers frères, de cette coupe de salut ; soyons des lois vivantes et parlantes, soyons comme un modèle et une mesure qui règle les actions et les soins des autres ; persuadons-nous qu'il n'arrivera rien d'heureux ni de glorieux pour la chrétienté si chacun de nous n'y met tout le zèle dont il est capable.

« Déjà nous avons eu à travailler dans ce but; il nous faudra dans la suite faire encore plus d'efforts ; car, si, à l'exemple de notre Maître et Sauveur, nous devions pratiquer avant d'enseigner, maintenant que nous avons enseigné, quelle pourrait être notre excuse si nous ne pratiquions point? Qui pourrait nous tolérer et nous souffrir si, après avoir prouvé qu'il ne faut pas voler ni commettre d'adultères, nous nous rendions coupables de vols et d'adultères ? Non, il ne convient nullement que nous nous montrions désormais autres que saints, suivant nos pieux conseils; innocents et intègres, suivant les préceptes de l'intégrité et de l'innocence; fermes dans la foi et pleins de constance, après que nous avons affermi la doctrine de notre foi.

C'est là ce que nos peuples attendent de nous, ces peuples qui désirent depuis si longtemps notre retour et se consolent en pensant qu'une fois avec eux nous réparerons par un plus grand zèle le temps de notre absence. Vous vous empresserez de répondre à leur attente, j'en ai la ferme espérance, très-saints Pères, et chez vous, comme dans cette assemblée, vous satisferez Dieu et les hommes.

« Maintenant, et c'est là un devoir présent…

* Note de Louis: J’ai aéré le texte pour une meilleure compréhension. Bien à vous.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Mar 28 Jan 2014, 5:24 am

Vingt-cinquième et dernière session.

Excellent résumé des travaux du concile
par l’évêque de Nazianze,
coadjuteur de Famagouste.


(suite)
« Maintenant, et c'est là un devoir présent, rendons et offrons des actions de grâces infinies et immortelles au Dieu lui-même infini et immortel qui, loin de nous traiter suivant les péchés que nous avons commis et selon nos iniquités, nous a accordé, dans sa grande miséricorde, non-seulement de voir (ce que tant d'autres ont désiré en vain de voir avant nous), mais aussi de célébrer ce jour de bonheur, au milieu de l'assentiment et de l'approbation universels du peuple chrétien.

Nous devons ensuite particulièrement d'éternelles et singulières actions de grâces à Pie IV, notre souverain et pieux Pontife ; à peine monté sur la chaire du bienheureux Pierre, enflammé du désir d'assembler ce concile, il concentre sur ce but tous ses soins et toutes ses pensées. Il envoie aussitôt les hommes les plus recommandables, comme nonces, pour indiquer ce concile aux nations et aux provinces que l'on voulait surtout sauver en les convoquant. Ces nonces parcourent presque toutes les parties de l'aquilon; ils demandent, ils prient, ils conjurent; ils promettent toute sûreté et amitié; ils vont même jusqu'à passer en Angleterre.

Comme le Pontife ne peut assister à ce concile et satisfaire ainsi le plus cher de ses désirs, il envoie ici des légats illustres par leur piété et leur science, et il veut que deux d'entre eux, dont la mémoire est en bénédiction, fussent rendus dans cette ville au jour fixé, bien qu'il n'y eût encore que quelques évêques réunis.

Ces légats, et celui qui leur fut adjoint peu de temps après, restent plus de neuf mois dans cette ville sans rien faire, attendant un nombre suffisant d'évêques pour ouvrir le concile. Cependant le Pontife lui-même n'avait d'autre pensée, d'autre but, que de réunir le plus grand nombre possible d'évêques dans le plus court délai, de déterminer les rois et les princes du nom chrétien à envoyer ici leurs ambassadeurs; en un mot, de faire en sorte que cette cause, qui intéresse tous les hommes, et qui est la plus grave et la plus importante de toutes, fût traitée d'après les vœux et le conseil de tous.

Ses soins, sa sollicitude, sa générosité ont-ils dans la suite oublié rien de ce qui semblait toucher en quelque sorte à la grandeur, à la liberté ou à l'intérêt de ce concile ? 0 piété et prudence admirables de notre pasteur et de notre père ! ô félicité suprême du Pontife qui voit s'achever en paix, sous son autorité et sous ses auspices, ce concile agité et tourmenté si longtemps?

Je vous prends à témoin, vous Paul III et Jules III, dont nous pleurons la mort; pendant combien de temps, avec quelle ardeur vous avez désiré voir ce que nous voyons aujourd'hui ! Que de dépenses, que d'efforts n'avez-vous point faits pour parvenir à ce but! C'est pourquoi, très-saint et très-heureux Pie, nous vous félicitons, vraiment et de cœur, de ce que le Seigneur vous a réservé une telle joie et à votre nom un tel honneur. Oui, c'est là la preuve la plus éclatante de la bonté de Dieu envers nous, de ce Dieu que nous supplions humblement de vous rendre bientôt sain et sauf à nos vœux, et de vous conserver le plus longtemps possible pour l'intérêt et la gloire de son Église.

« La reconnaissance nous fait aussi un devoir de remercier le sérénissime empereur…

* Note de Louis: J’ai aéré le texte pour une meilleure compréhension. Bien à vous.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Mar 28 Jan 2014, 12:06 pm

Vingt-cinquième et dernière session.

Excellent résumé des travaux du concile
par l’évêque de Nazianze,
coadjuteur de Famagouste.

(suite)
« La reconnaissance nous fait aussi un devoir de remercier le sérénissime empereur. Rappelant le zèle des très-puissants Césars dont il tient la place et qu'animait un admirable désir de propager la foi chrétienne, il a conservé cette ville libre de tout danger ; sa vigilance nous a assuré la tranquillité et la paix, et, par la présence continuelle de ses trois ambassadeurs, ces illustres personnages, il a donné à nos âmes comme un gage de sécurité. Enfin son admirable piété le rendait merveilleusement inquiet sur toutes les affaires qui nous occupaient. Nous l'avons vu s'efforcer d'arracher les dissidents des ténèbres les plus obscures où ils se cachent et de les produire à la vue, de l'éclatante lumière de ce saint concile.
             
« Nous devons encore nous rappeler avec reconnaissance le zèle si pieux des rois et des princes chrétiens qui ont ajouté à l'éclat de ce concile en y renvoyant d'illustres députations et ont abaissé leur puissance devant votre autorité.

« Or quel est maintenant l'homme, illustres légats et cardinaux, qui n'avoue pas tout ce qu'il vous doit ? Vous avez, en effet, été les guides, les modérateurs de cette sainte entreprise ; vous avez veillé avec une patience et un zèle incroyables à ce que la liberté de nos paroles et de nos résolutions ne parût pas même être violée en quoi que ce soit. Vous n'avez épargné aucune fatigue à votre corps, aucun travail à votre esprit, afin que cette entreprise, où tant d'autres hommes semblables à vous avaient échoué, parvînt le plus tôt possible au résultat désiré.

À ce sujet, très-illustre et très-glorieux Moron, vous devez, entre tous les autres, éprouver une joie qui vous est pour ainsi dire personnelle, vous qui, après avoir, il y a vingt ans, posé la première pierre de ce magnifique édifice, auquel ont travaillé tant d'autres architectes, allez, avec la sagesse admirable et presque divine qui vous appartient, y mettre heureusement la dernière main. Les louanges éternelles de tous les hommes célébreront cette action si belle et si éclatante, et nul siècle ne gardera le silence sur votre gloire.

« Et comment vous exprimerai-je, très-saints Pères, tout ce que vous avez fait pour la chrétienté par tous vos illustres travaux ? Que d'honneur s'attachera à vos noms, que de gloire vous donnera tout le peuple chrétien ! Tous vous reconnaîtront, tous vous nommeront comme leurs vrais pères, leurs vrais pasteurs; tous s'empresseront de vous rapporter leur vie et leur salut. 0 jour de joie et de bonheur, où nos peuples nous reverront enfin, où ils embrasseront leurs pasteurs, revenant d'élever le temple du Seigneur !

« Mais-vous, ô Seigneur notre Dieu, faites que nous répondions par la dignité de nos actions à cette opinion si flatteuse que l'on conçoit de nous; faites que le grain que nous avons semé dans votre champ rapporte des fruits abondants; que votre parole coule comme la rosée ! Daignez faire voir à notre temps les effets de cette promesse que vous avez juré de réaliser; faites qu'il n'y ait qu'un troupeau et qu'un pasteur, et que ce pasteur soit surtout Pie IV, pour la gloire éternelle de votre nom. Amen 1. »

Après ce discours de l'évêque de Nazianze…

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1 Dassance, ,le Saint Concile de Trente, t. 2, p. 483 et seqq.

A suivre : Décret touchant le purgatoire.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Mer 29 Jan 2014, 5:43 am

Après ce discours de l'évêque de Nazianze, coadjuteur de Famagouste, en Chypre, l'évêque de Sulmone, qui avait chanté la messe, monta à la tribune et lut à haute voix les décrets suivants :

DÉCRET TOUCHANT LE PURGATOIRE.
     
« L'Église catholique instruite par le Saint-Esprit, ayant toujours enseigné, suivant les saintes Écritures et la doctrine ancienne des Pères, dans les saints conciles précédents, et depuis peu encore dans ce concile général, qu'il y a un purgatoire, et que les âmes qui y sont détenues sont soulagées par les suffrages des fidèles et particulièrement par le Sacrifice de l'autel, si digne d'être agréé de Dieu, le saint concile ordonne aux évêques qu'ils aient un soin particulier que la bonne et sainte doctrine du purgatoire, qui vient des saints Pères et des conciles, soit crue, tenue, enseignée, et partout prêchée aux fidèles.

Qu'ils bannissent des prédications publiques, qui se font devant le peuple ignorant et grossier, les questions difficiles et trop subtiles sur cette matière, qui ne servent de rien pour l'édification et dont la piété ne retire d'ordinaire aucun avantage.

Qu'ils ne permettent pas non plus qu'on avance ni qu'on agite sur ce sujet des choses incertaines et qui ont une apparence de fausseté.

Qu'ils défendent, comme un sujet de scandale et de mauvaise édification pour les fidèles, tout ce qui tient à quelque curiosité ou superstition ou qui ressent un profit sordide.

Mais que les évêques aient soin que les suffrages des fidèles vivants, comme les messes, les prières, les aumônes et les autres œuvres de piété, que l'on a coutume d'offrir pour les autres fidèles qui sont morts, soient accomplis avec piété et dévotion, selon l'usage de l'Église, et que ce qu'on leur doit par fondation testamentaire, ou autrement, soit acquitté avec soin et exactitude, et non par manière d'acquit, par les prêtres et les ministres de l'Église et autres qui y sont tenus.»

* Note de Louis: J’ai aéré le texte pour une meilleure compréhension. Bien à vous.

A suivre : De l'invocation, de la vénération et des reliques des saints, et des saintes images.


Dernière édition par Louis le Mer 29 Jan 2014, 3:11 pm, édité 1 fois

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Mer 29 Jan 2014, 3:06 pm


DE L'INVOCATION,  DE LA VÉNÉRATION  ET DES RELIQUES DES SAINTS, ET DES SAINTES IMAGES.
 
« Le saint concile enjoint à tous les évêques, et à tous autres qui sont chargés du soin et de la fonction d'enseigner les fidèles, que, suivant l'usage de l'Église catholique et apostolique, reçu dès les premiers temps de la religion chrétienne, conformément aussi au sentiment unanime des saints Pères et aux décrets des saints conciles, ils soient attentifs à instruire sur toutes choses les fidèles touchant l'intercession et l'invocation des saints, l'honneur dû aux reliques et l'usage légitime des images; en leur enseignant que les saints qui règnent avec Jésus-Christ offrent à Dieu leurs prières pour les hommes ;

qu'il est bon et utile de les invoquer d'une manière suppliante, et d'avoir recours à leurs prières, à leur aide et à leur assistance, pour obtenir de Dieu ses bienfaits par son Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui seul est notre Rédempteur et notre Sauveur;

qu'il est impie de nier qu'on doive invoquer les saints qui jouissent dans le ciel d'une félicité éternelle, ou de soutenir que les saints ne prient pas Dieu pour les hommes, ou qu'en les invoquant, afin qu'ils prient même pour chacun de nous en particulier, on se rend coupable d'idolâtrie, ou que c'est une chose qui répugne à la parole de Dieu, et qui est contraire à l'honneur qu'on doit à Jésus-Christ, seul et unique Médiateur entre Dieu et les hommes, ou même que c'est une pure folie de prier de pensée ou de parole les saints qui règnent dans le ciel.

« Ils enseigneront que les fidèles doivent également porter respect aux corps saints des martyrs et des autres saints qui vivent avec Jésus-Christ, ces corps ayant été autrefois les membres vivants de Jésus-Christ et le temple du Saint-Esprit, qui doit un jour les ressusciter pour la vie éternelle et les revêtir de la gloire, et Dieu faisant beaucoup de bien aux hommes par leur moyen ; de manière que ceux qui soutiennent qu'on ne doit point d'honneur ni de vénération aux reliques des saints, ou que c'est inutilement que les fidèles leur portent respect, ainsi qu'aux autres monuments sacrés, et que c'est en vain qu'on fréquenté les lieux consacrés à leur mémoire pour en obtenir secours, doivent être absolument condamnés, comme l'Église les a déjà autrefois condamnés et comme elle les condamne encore présentement.

« On doit avoir et conserver, principalement dans les églises, les images de Jésus-Christ, et de la Vierge mère de Dieu et des autres saints, et il faut leur rendre l'honneur et la vénération qui leur sont dus. Ce n'est pas que nous croyions qu'il y ait en elle aucune divinité ou aucune vertu pour laquelle on doive les révérer, ni leur demander aucune grâce, ni mettre en elles aucune confiance, comme faisaient les païens, qui mettaient leur espérance dans leurs idoles, mais parce que l'honneur qu'on leur rend se rapporte aux originaux qu'elles représentent; en sorte que, par les images que nous baisons et devant lesquelles nous nous découvrons et nous nous prosternons, nous adorons Jésus-Christ et honorons les saints dont elles portent la ressemblance ; comme il a été défini et prononcé par les décrets des conciles, et particulièrement du second concile de Nicée, contre ceux qui attaquaient les images.

« Or les évêques doivent s'appliquer à faire entendre que…


* Note de Louis: J’ai aéré le texte pour une meilleure compréhension. Bien à vous.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Jeu 30 Jan 2014, 5:41 am

De l’invocation, de la vénération et des reliques des saints, et des saintes images.

(suite)
« Or les évêques doivent s'appliquer à faire entendre que les histoires des mystères de notre rédemption, exprimées par la peinture ou autrement, sont pour instruire le peuple et pour l'affermir dans le souvenir continuel des articles de notre foi ; que l'on tire encore un avantage considérable de toutes les saintes images, non-seulement en ce qu'elles rappellent au peuple des bienfaits et des grâces qu'il a reçues de Jésus-Christ, mais encore parce qu'elles exposent aux yeux des fidèles les miracles que Dieu a opérés et les exemples salutaires qu'il nous a donnés par les saints, afin qu'ils lui en rendent grâces et qu'ils soient excités par la vue de ces objets à imiter les exemples des saints, à adorer et aimer Dieu et à vivre dans la piété. Si quelqu’un enseigne quelque chose de contraire à ces décrets ou qu'il ait d'autres sentiments, qu'il soit anathème !

« Que, s'il s'est glissé quelques abus parmi ces observations si saintes et si salutaires, le saint concile souhaite extrêmement qu'ils soient entièrement abolis, de manière qu'on n'expose aucune image qui puisse induire à quelque fausse doctrine, ou donner occasion aux personnes grossières de tomber dans quelque erreur dangereuse. Et s'il arrive quelquefois qu'on fasse faire quelque tableau des histoires tirées de la sainte Écriture, selon qu'on le jugera utile pour l'instruction du simple peuple, on aura soin de lui bien faire entendre qu'on ne prétend point par là représenter la Divinité, comme si elle pouvait être vue des yeux du corps ou exprimée par des traits et par des couleurs.

« Dans l'invocation des saints, la vénération des reliques et le saint usage des images, on bannira aussi toute sorte de superstition; on éloignera tout gain sordide ; on évitera enfin tout ce qui n'est pas conforme à l'honnêteté, de sorte que, dans la peinture et l'ornement des images, on n'emploie point d'agréments ni d'ajustements profanes ni affectés, et qu'on n'abuse point de la solennité des fêtes des saints, ni des voyages qu'on entreprend à dessein d'honorer leurs reliques, pour se laisser aller aux excès et à l'ivrognerie, comme si l'honneur qu'on leur rend les jours de leurs fêtes consistait à les passer dans la débauche et le dérèglement.

« Enfin en tout ceci les évêques apporteront tant de soin et tant d'application qu'il n'y paraisse ni désordre, ni tumulte, ni emportement, rien de profane ni de déshonnête, puisque la sainteté convient à la maison de Dieu.

« Or, afin que ces choses s'observent plus exactement, le saint concile ordonne qu'il ne soit permis à personne de mettre ou de faire mettre aucune image extraordinaire et nouvelle dans aucun lieu ou église, quelque privilégiée qu'elle puisse être, sans l'approbation de l'évêque.  
         
« Il défend aussi d'admettre de nouveaux miracles et de recevoir de nouvelles reliques, si ce n'est après que l'évêque les aura examinées et approuvées, et, dès qu'il en sera informé, il prendra avis des théologiens et autres personnes de piété, et il fera ensuite ce qu'il jugera conforme à la vérité et à la piété. Que s'il faut déraciner un abus douteux ou invétéré, ou qu'il s'élève quelque question importante sur ces mêmes matières, l'évêque ne décidera rien qu'il n'ait pris le sentiment du métropolitain et des autres évêques de la même province, dans un concile provincial, en sorte néanmoins qu'on ne détermine rien de nouveau, ou d'inusité jusqu'à présent dans l'Église, sans avoir auparavant consulté le très-saint Pontife romain. »

Après ces articles de doctrine on publia deux décrets de réformation…
A suivre : Décret de réformation touchant les religieux et les religieuses.

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Re: Le Saint Concile de Trente

Message  Louis le Jeu 30 Jan 2014, 11:02 am

Décret de réformation touchant les religieux et les religieuses.
Après ces articles de doctrine on publia deux décrets de réformation, l'un touchant les religieux et les religieuses, l'autre pour une réformation générale.

Le premier est divisé en vingt-deux chapitres.

— I. Que tous les réguliers doivent vivre chacun conformément à leur règle et que les supérieurs y doivent tenir la main.

— II. Défense à tous réguliers de rien posséder en propre.

— III. Tous les monastères qui ne sont pas ici prohibés peuvent posséder des biens immeubles. Règlement sur le nombre de ceux qu'on doit recevoir, eu égard aux revenus ou aux aumônes. Permission de l'évêque nécessaire pour les nouveaux établissements.

— IV. Que nul régulier ne doit, sans la permission de son supérieur, se donner au service de qui que ce soit, ni s'éloigner de son couvent; que ceux qui sont absents pour étudier doivent demeurer dans un couvent.

— V. On pourvoit à la clôture des religieuses, et principalement de celles qui demeurent hors des villes.

— VI. De la manière d'élire les supérieurs.

— VII. Qui et comment on doit élire pour abbesse ou pour supérieure, sous quelque nom que ce soit ; qu'aucune ne peut commander à deux monastères.

— VIII. Règlement touchant les monastères qui n'ont point de visiteurs réguliers ordinaires.

— IX. Les monastères des religieuses soumis immédiatement au Siège apostolique devront être gouvernés par les évêques, comme ses délégués.

— X. Les religieuses doivent se confesser et communier tous les mois; l'évêque doit leur donner des confesseurs extraordinaires; elles ne doivent point garder chez elles l'Eucharistie hors de l'église extérieure.

— XI. Les monastères où il y a charge d'âmes de personnes séculières autres que les domestiques doivent être visités par l'évêque, et il doit examiner ceux qui doivent exercer cette charge.  

— XII. Les réguliers sont tenus de se conformer aux séculiers dans l'observation des censures épiscopales et des fêtes du diocèse.

— XIII. L'évêque doit accommoder tous les démêlés pour la préséance, et les exempts qui ne vivent pas dans une clôture étroite sont obligés de se rendre aux processions.

— XIV. Comment on doit procéder au châtiment des réguliers scandaleux.

— XV. On ne pourra faire profession qu'à seize ans passés, et après un an au moins de noviciat.

— XVI. Toute renonciation faite plus de deux mois avant la profession est nulle. Après le temps de la probation les novices sont reçus ou mis dehors. « Par cette ordonnance néanmoins, ajoutent les Pères, le saint concile n'entend pas innover quelque chose, ni défendre que les religieux de la Société de Jésus, selon leur pieux institut, approuvé par le Saint-Siège apostolique, puissent servir Dieu et son Église. »

Chapitre XVII. Toute fille qui, ayant plus de douze ans, voudra prendre l'habit, devra être examinée par l'Ordinaire et de nouveau avant la profession.

— XVIII. Personne ne doit contraindre une femme à entrer dans un monastère ou empêcher celle qui veut y entrer. Les constitutions des pénitentes ou converties doivent être observées.

— XIX. Comment il faut procéder à l'égard de ceux qui veulent sortir de religion.

— XX. Les supérieurs d'ordres qui ne sont point soumis aux évêques doivent visiter et corriger les monastères qui dépendent d'eux, même ceux qui sont en commende.

— XXI. Que les monastères soient conférés à des réguliers ; que les chefs-lieux d'ordres ne soient plus à l'avenir donnés à personne en commende.

— XXII. Que tout ce qui a été ordonné ci-dessus touchant la réforme des réguliers doit être observé sans délai.

Le second décret…
A suivre : Décret concernant la réformation générale

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