L'Antéchrist, être personnel en plus d'être collectif

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L'Antéchrist, être personnel en plus d'être collectif

Message  Rosalmonte le Lun 08 Avr 2013, 4:15 pm

J'ouvre ce fil pour collecter les textes autorisés qui font état de l'Antéchrist en tant que personne, qu'être personnel en plus que d'être collectif.


Je reprends ici des citations faites sur Micael:

http://www.phpbbserver.com/phpbb/viewtopic.php?t=156&start=0&postdays=0&postorder=asc&highlight=&mforum=micael


A. Lemmonyer, O. P. dans le Dictionnaire apologétique de la foi Catholique, col. 146-150 a écrit:ANTÉCHRIST. — 1. Divers types d'adversaires du Messie. — II. L'Antéchrist : a) Dans l'Ecriture ; b) Dans la tradition ecclésiastique primitive.

Seules dans toute la littérature, canonique et apo­cryphe, de l'Ancien et du Nouveau Testament, les Epîtres de S. Jean ont ce terme d'antéchrist. Etymologiquement l'antéchrist, peut signifier anti-christ et pseudo-christ. Encore que peut-être le second sens ne soit pas loin de son esprit, S. Jean s'attache directement au premier, celui d'ad­versaire du Christ.

I. Divers types d'adversaires du Messie.

Avant d'étudier de plus près l'Antéchrist dont parle S. Jean, il ne sera pas inutile de dresser le tableau sommaire des divers types d'adversaires du Messie que connaît la tradition apocalyptique, juive et chrétienne. Il y en a trois. Il y a la puissance politique hostile au peuple messianique et persécutrice des Saints. Il y a l'adversaire religieux agissant par séduction. Il y a enfin l'ennemi transcendant. Tous se donnent pour mission et chacun à leur manière s'efforcent d'empêcher l'établissement du règne du Messie et de Dieu.

a) Puissance politique.
C'est toujours un empire ou un tyran païen.

1. Gog et Magog. Ces personnages apparaissent pour la première fois dans Ezéchiel, XXXVIII-XXXIX. Gog est un roi et Magog le pays qui lui est soumis et que le prophète semble localiser quelque part en Arménie. Ezéchiel les voit, « après des jours nom­breux », « dans la suite des jours », qui s'avancent contre Israël, entraînant à leur suite des peuples en foule. A peine ont-ils mis les pieds sur le sol pa­lestinien que le courroux de Iahvé s'allume contre eux. Parmi les bouleversements de la nature, ils sont anéantis par Iahvé. Une ère de prospérité et de gloire commence alors pour les Israélites.

Perdant ce qu'ils pouvaient avoir à l'origine d'indi­vidualité historique et passant à l'état de types, Gog et Magog feront désormais partie de la tradition apacalyptique où ils représentent les nations hostiles au règne du Messie et au peuple messianique. C'est en cette qualité qu'ils figurent dans l'Apocalypse de S. Jean, XX, 7 et ss.



b) Adversaire religieux.

1. « L'impie » de II Thess.
Avant que se produise la parousie, un personnage doit se manifester que S. Paul appelle : « l'impie », « l'homme du péché », « le fils de la perdition ». Nul trait politique n'apparaît dans le caractère de ce personnage ni dans son rôle; c'est un adversaire purement religieux. Il agira par séduction et non par violence. Il provoquera une grande apostasie religieuse. Il s'égalera à Dieu, se mettra au-dessus même de lui, réclamera des honneurs divins.

2. La Bête qui monte de la terre, Apocalypse, XIII.
A côté de la Bête qui monte de la mer, symbole de la puissance romaine, S. Jean place une Bête qui monte de la terre. Cette seconde Bête, serviteur et fondé de pouvoirs de la première, s'emploie à promouvoir par voie de séduction, à exiger par voie de contrainte morale, le culte religieux de Rome et de César. Elle remplit un office essentiellement sacerdotal. C'est un adversaire religieux des Saints et de leur Roi.

3. L'Antéchrist des Epitres de S. Jean. Cet adversaire du Christ a pour précurseurs et serviteurs anticipés des hérétiques qui refusent de reconnaître en Jésus le Messie et le Fils de Dieu. Nous sommes fondés à le considérer lui-même comme le négateur par excellence de la Messianité de Jésus et de sa divinité. Son hostilité vis-à-vis de Jésus et des siens est d'ordre purement religieux.

c) Ennemi transcendant.

1. Satan.
C'est Satan en personne qui en plusieurs endroits de l'Apocalypse de S. Jean, mène le combat contre le Christ et les siens. L'assaut final, décrit au ch. XX, nous le montre en particulier dans ce rôle.

2. Bélial.
Ainsi s'appelle dans plusieurs apocalypses juives l'adversaire du Messie lors du conflit eschatologique. Bélial est un esprit de l'air, le prince des esprits mauvais. Il a pour adhérents dans la lutte contre le Messie les membres de la tribu de Dan. S. Paul le connaît comme l'ennemi né du Christ et, pour ainsi dire, son antithèse, II Cor., 15. C'est évidemment le même que Satan.

II. L'Antéchrist.

Parmi ces conceptions à la fois diverses et solidaires ou apparentées, essayons de distinguer et d'isoler celles qui ont trait à l'Antéchrist lui-même, en tant que type particulier d'adversaire du Christ.

a) Dans l'Ecriture.
Le point de départ de la recherche doit être évidemment les Epîtres de S. Jean. Nous avons déjà vu que l'Antéchrist dont ces Epîtres nous parlent appartient à la catégorie des adversaires religieux. Ce n'est ni une puissance politique ni un tyran, mais un faux prophète et un séducteur. D'autre part, malgré qu'on lui décerne des titres, tels que le Menteur, qui dans la langue de S. Jean caractérisent ordinairement le diable; malgré qu'on nous montre son esprit déjà présent et actif dans le monde et que, sous cet aspect encore, il soit comme assimilé à Satan; il ne semble pas qu'il dépasse la sphère humaine et que S. Jean veuille nous le présenter comme un être transcendant. En lui-même, ce doit être un être humain mais en qui Satan vit et agit. De même il s'agit d'un individu plutôt que d'une collectivité. Un trait caractéristique de l'Antéchrist, c'est qu'il semble être ce que l'on peut appeler un ennemi domestique. Ce n'est pas un païen. C'est un person­nage pour qui le titre et le rôle de Messie ont une importance de premier ordre. Il sort du milieu des chrétiens ou des juifs, comme un hérétique. Enfin son entrée en scène est un fait eschatologique, annon­ciateur de la parousie imminente.

Retrouvons-nous quelque part ailleurs dans les écrits canoniques du Nouveau Testament des concep­tions identiques et dont on puisse affirmer avec cer­titude qu'elles visent l'Antéchrist ? Oui, dans la seconde lettre de S. Paul aux Thessaloniciens, II, 1-12. "L'impie", etc., est lui aussi un adversaire d'essence purement religieuse ainsi qu'il a été dit plus haut. C'est un individu plutôt qu'une collectivité ou que la personnification d'une tendance. C'est un être humain et non pas un esprit, ni Satan en personne. Toutefois il apparaît comme l'instrument et le fondé de pou­voirs de ce dernier. Lui aussi sort évidemment des rangs du peuple messianique. Lui aussi est un ennemi domestique, un antimessie et un pseudomessie. Plu­sieurs voient une réminiscence des exigences impies de Caligula dans le passage où S. Paul attribue à son Antéchrist la prétention de recevoir clans le temple même de Dieu des honneurs divins. C'est possible. Mais l'apôtre doit voir aussi dans ces prétentions divines de l'Antéchrist la forme extrême de ses pré­tentions messianiques. Il sera sur ce point en parti­culier l'antithèse absolue du Christ véritable dont S. Paul décrit les sentiments dans sa lettre aux Philippiens, 5 et ss. L'apparition de ce personnage mar­quera l'acte suprême d'un mystère d'iniquité qui opère déjà. On a l'impression que ce mystère doit être le rejet obstiné du Christ par les Juifs et leur active hostilité contre lui. Les Epltres de S. Jean, elles aussi, paraissent suggérer cette manière de voir.

En tout ceci la pensée de S. Paul et celle de S. Jean, leur conception de l'Antéchrist, est au fond identi­que. S. Paul ajoute des explications, obscures pour nous, sur l'obstacle qui empêche, pour le moment, l'impie de se manifester, mais qui doit, un jour, être écarté. Cet obstacle semble bien être une personne, ou une chose, une institution personnifiées. Divers savants ont suggéré récemment l'archange Michel, protecteur d'Israël. Plusieurs Pères ont pensé à l'em­pire romain.

Malgré qu'ils paraissent considérer l'un et l'autre, S. Jean surtout, la venue de l'Antéchrist comme devant se produire dans un avenir prochain, ni l'un ni l'autre, manifestement, ne savent ni n'enseignent rien de positif et de précis sur ce point.



b) Dans la tradition ecclésiastique primitive.
En général les anciens écrivains ecclésiastiques sont demeurés fidèles à la pensée de S. Paul et du S. Jean des Epîtres. Ils conçoivent l'Antéchrist comme étant essentiellement un séducteur, un faux prophète, un pseudo-messie. Souvent cependant dans le portrait qu'ils en donnent ils se montrent influencés à des degrés divers par les traditions relatives aux autres types d'adversaires du messie.

Sur certains points, les Pères ont cru pouvoir pré­ciser les indications fournies par l'Ecriture. Ils ont ajouté quelques traits au signalement de l'Antéchrist qui, selon plusieurs d'entre eux, sortira de Dan, rece­vra la circoncision, s'appuiera sur les Juifs, se mani­festera dans Jérusalem, rebâtira le temple, etc. Ils se sont plu à décrire son mode d'action, ses prodiges et sortilèges. Surtout ils ont cherché à marquer son rôle précis dans les actes divers du drame eschatolo­gique. Ceux d'entre eux enfin qui voyaient dans l'obstacle dont parle S. Paul aux Thessaloniciens l'empire romain suivirent non sans angoisse les cri­ses que traversa cet empire surtout à l'époque des invasions barbares, et vécurent dans l'attente de la venue de l'Antéchrist. La part de conjectures per­sonnelles, d'utilisation de traditions d'origine et de valeur incertaines, d'illusions même, peut être consi­dérable en tout ceci. L'Eglise elle-même n'y a point engagé son autorité. Officiellement, elle ne sait que ce que S. Paul et les Epîtres de S. Jean lui ont appris. C'est peu de chose et de sens parfois incertain, mais cela échappe à toute objection motivée comme à toute démonstration rationnelle.
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Message  Rosalmonte le Lun 08 Avr 2013, 4:15 pm

Saint Jean Damascène (De Fide orth. 4,27) a écrit:« Le mot antéchrist est composé de anti, qui marque l'opposition, et de Christos ou Christ.
Dans le sens général, il qualifie tous ceux qui nient la divinité ou l'humanité de Jésus-Christ ;
dans le sens particulier, il dénomme l'infâme scélérat qui doit souiller la terre de ses crimes à la consommation des siècles.»
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Message  Rosalmonte le Lun 08 Avr 2013, 4:17 pm

Saint Augustin, Cité de Dieu, 20. 19,2 a écrit:« Aucun doute, il dit tout cela de l'Antéchrist.

L'Apôtre déclare que le jour du Jugement (qu'il appelle le Jour du Seigneur) ne doit pas se produire avant l'arrivée de celui qu'il nomme le rebelle, au Seigneur évidemment.
Car si on peut le dire à juste titre de tous les impies, combien plus de celui-là !

Mais en quel Temple de Dieu doit-il s'asseoir, cela est incertain ; sera-ce sur les ruines de ce temple que bâtit le Roi Salomon, ou plutôt dans l'Eglise ?

En effet, l'Apôtre n'appellerait pas le temple d'une idole ou d'un démon, Temple de Dieu.
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Message  Rosalmonte le Lun 08 Avr 2013, 4:19 pm

L'abbé Arminjon, Fin du monde présent et mystères de la vie future a écrit:Saint Thomas nous dit que dans sa personne et dans ses œuvres il se manifestera comme l’antipode du Fils de Dieu et qu’il sera la parodie de ses miracles et de ses œuvres.

L’esprit mauvais depuis son origine n’a jamais poursuivi qu’un seul but, celui d’usurper la place du Tout‑Puissant, de se consti­tuer ici‑bas un royaume qui le dédommage du royaume du Ciel, dont sa révolte l’a exclu, et pour atteindre plus sûrement ce but, il a coutume, dit Tertullien, de se faire le singe de Dieu, de le contrefaire dans toutes ses œuvres.

L’adversaire des derniers temps ne se posera donc pas seule­ment comme l’ennemi déclaré et personnel de Jésus‑Christ. Mais il aspirera ouvertement à le détrôner, à le supplanter dans les hommages et la vénération des hommes, à se faire adjuger à lui-même l’adoration et la gloire qui ne sont dues qu’au Créateur. Il affirmera, dit saint Thomas, qu’il est l’Être suprême et éternel, et à ce titre il se fera rendre des honneurs et un culte de latrie. Ainsi, il aura des prêtres, il se fera offrir des sacrifices, exigera que son nom soit invoqué dans les serments et que les hommes s’en servent pour sceller la foi des traités : Ita ut ostendens tanquam sit Deus. Afin de mieux accréditer cette persuasion, il opposera aux révélations divines de fausses révélations ; aux cérémonies du culte divin, ses rites impies : à l’Église éternelle fondée par Jésus‑Christ, une société abominable, dont il sera le chef et le pontife. Et de même, ajoute saint Thomas, que la plé­nitude de la Divinité habite corporellement dans le Verbe incarné, ainsi la plénitude de tout mal habitera dans cet homme effroyable, dont la mission et les œuvres ne seront qu’une copie à rebours et une exécrable contrefaçon de la mission et des œuvres de Jésus‑Christ.
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Message  Rosalmonte le Lun 08 Avr 2013, 4:21 pm

Cardinal Lépicier - Tractatus de Novissimis, Paris 1921, pp.351-352 a écrit:Realis Antichristi persona. — Nonnullorurn fuit sententia, per Antichristum, non singularem personam, in fine mundi adventuram, designari, sed quemcumque hominem Christo contrarium, ut Iulianum Apostatam, Arium, Mahumetum, vel etiam generalius crescentem in fine saeculorum infidelitatem. — Contra quos sedulo reti­nendum est, ex mente Scripturae, per Antichristum desi­gnari determinatam personam, in fine mundi prodituram, ad Christum eiusque salvificam operam acriter debellan­dam. Sic quippe de eo expresse legimus (1) : Homo peccati, filius perditionis, qui adversatur et extollitur supra omne quod dicitur Deus aut colitur, ita ut templo Dei sedeat, ostendens se tanquam sit Deus (2).

Notandum. — Opportune autem hic mone­bitur, interdum, Scripturae more, nomen hoc, Antichri­stus, communiter stare pro designando quocumque Incar­nationis dominicae adversario, iuxta illud (3) : Quis est men­dax, nisi is qui negat quoniam Iesus est Christus? Hic est Antichristus, qui negat Patrem et Filium; quocirca nomen Antichristus intelligi potest dictum per antonomasiam, quatenus ille unus in se adunabit omnem quae in ceteris hominibus sparsa invenitur. — Quae cum ita sint, praesentis articuli finis est ostendere tum quanta convenientiae ratione Deus decreverit ut Antichristi ad­ventus mundi extrema praenuntiet, tum quibusnam cha­racteribus praeditus ille apparere debeat.


(1) - 2 Thessal., II, 3, 4.
(2) - Omittimus plurium protestanticorum homi­num deliramenta qui, duce Luthero, eousque insaniam produxerunt, ut nomine Antichristi, antonomastice in Scriptura significari censuerint Romanum Pontificem, cui proinde eos attribuunt characteres, quibus homo ille peccati ab inspiratis auctoribus dotatus exhibatur.
(3) - 1 Io., II. 22.
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Message  Rosalmonte le Lun 08 Avr 2013, 5:26 pm

St Pie X, Supremi Apostolatus a écrit:Qui pèse ces choses a le droit de craindre qu'une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des Temps, et leur prise de contact avec la terre, et que finalement le fils de perdition dont parle l'Apôtre (II Thess. II, 3) n'ait déjà fait son apparition parmi nous (…) C'est là, au dire de l'Apôtre, le caractère propre de l'Antéchrist, l'homme, avec une témérité sans nom, a usurpé la place du Créateur en s'élevant au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu”

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Message  Rosalmonte le Lun 08 Avr 2013, 5:30 pm

Abbé Augustin Lemann, l'Antéchrist a écrit:DEUXIÈME CERTITUDE :

L’Antéchrist sera un homme, un individu.

«Il faut qu’on ait vu paraître l’homme de péché». (II Thess., II, 3)

L’Antéchrist n’est donc pas une fiction, un mythe, ainsi qu’une plume de critique légère, celle de Renan,
s’est efforcée de l’établir (Renan. L’Antéchrist, Paris 1873. p. 478. 479). Il ne doit pas davantage être confondu
avec une secte quelconque, une collection d’impies, un milieu d’athéisme, une période de persécution, ainsi
que l’ont pensé certaines âmes pieuses. L’Antéchrist sera une réalité individuelle, une personne, surgissant, il
est vrai, à une époque d’athéisme et de sectes perverses, mais, tout en ayant des liens étroits avec ces
sectes et ce milieu d’athéisme, il ne laissera pas que d’être lui-même une personne, un individu «ayant les
yeux d’un homme et une bouche
qui proférait de grandes choses et des blasphèmes», (Dan., VII, 8, 20 ; Apoc.,
XIII, 5) 1.

1. Cathec. Conc. Trid. P. I art. VII. n. VIII : signa judicium præcedentia. - «Dicendum est Antichristum futurum esse verum hominem. Existimo esse assertio nem certam de fide». (Suarez. De Antichristo. Sect, I, n°4 ; Edit. Vivès, t. XIX, Paris. 1860)
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Re: L'Antéchrist, être personnel en plus d'être collectif

Message  gabrielle le Mar 09 Avr 2013, 8:50 am

Saint Cyrille de Jérusalem : «De même que le diable a trompé les hommes avant la venue de Jésus-Chrsit, de même l'Antéchrist, lors de la seconde venue de Jésus-Christ trompera les hommes et usurpera la domination sur l'empire romain».

http://www.virgo-maria.org/D-Gnose-et-Contre-Eglise/Jean_Vaquie/Oeuvres/Vaquie-Personnalite_Antechrist.pdf
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Re: L'Antéchrist, être personnel en plus d'être collectif

Message  gabrielle le Mar 09 Avr 2013, 9:07 am

Saint Paul, dans le chapitre qui précède, a expliqué ce qui doit arriver, quant à la punition des méchants et à la récompense des bons; il annonce ici les périls qui attendent l'Eglise au temps de l’Antéchrist. Et d’abord il établit ce qui est vrai quant à ces périls futurs; il recommande ensuite de ne pas s’écarter de la vérité sur ce point. (verset 1.4) : C’est pourquoi, mes frères. Sur la première de ces questions, premièrement il rejette ce qui est faux; secondement, il enseigne ce qui est vrai (verset 3) : Car il faut auparavant, etc.

I° La première partie se subdivise en trois. D’abord l’Apôtre rappelle les raisons qui doivent les déterminer; ensuite il montre la détermination qu’ils ont à prendre (verset 2) : Que vous ne vous laissiez pas légèrement ébranler; enfin, il écarte ce qui pourrait les ébranler (verset 2) : En ajoutant foi à quelque esprit.

I. Les raisons par lesquelles il les détermine sont au nombre de trois. D’abord sa propre prière (verset 1) : Or, nous vous conjurons ; nous n’usons pas de commandements ; (Philémon, 8) : "Encore que je puisse prendre en Jésus-Christ une entière liberté de vous ordonner une chose qui est de votre devoir, néanmoins la charité fait que j’aime mieux vous supplier." Ensuite l’avènement de Jésus-Christ, désirable pour les bons, quoique terrible aux méchants ; (Amos V, 18) : "Malheur à ceux qui désirent le jour du Seigneur ! " ; (II Timoth., IV, 8) : "non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui désirent son avènement, etc. " ; (Apoc., XXII, 20) : "Venez, Seigneur Jésus ! etc." Enfin, le désir et l’amour de toute l’assemblée des saints (verset 1) : Et par notre réunion avec lui. C’est-à-dire, là où est Jésus-Christ, parce que (Matth., XXIV, 28) : "partout où se trouvera le corps, les aigles s’assembleront." Ou encore en lui, c’est-à-dire dans le même, car tous les saints, et quant au lieu et quant à la gloire, seront réunis en lui ; (Ps. XLIX, 5) : "Assemble devant lui ses saints."

II. Mais à quoi l’Apôtre veut-il les déterminer ? (verset 2) : "Que vous ne vous laissiez pas légèrement ébranler dans votre sentiment." Autre chose est d’être détourné, autre d’être effrayé. On est détourné de son sentiment, quand on délaisse ce qu’on tenait d’abord. C’est comme si l’Apôtre disait : N’abandonnez pas légèrement ce que je vous ai enseigné. (Eccli., XIX, 4) : "Celui qui est trop crédule est léger de coeur." La frayeur est une sorte de trouble, accompagné de la crainte d’un danger. C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 2) : "Et que vous ne vous troubliez pas." (Job. XV, 21) : "Son oreille est toujours frappée de bruits effrayants." Si on lui dit : Paix, il redoute toujours des embûches ; (Sagesse, XVII, 10) : "Comme la méchanceté est timide, elle se condamne par son propre témoignage, etc.. "

III. Quand saint Paul ajoute (verset 2) : En croyant à quelque esprit, il écarte ce qui pourrait les ébranler. D’abord d’une manière spéciale; ensuite en général (verset 3) : "Que personne ne vous séduise, etc."

1° On peut être séduit par une fausse révélation, c’est pourquoi l’Apôtre dit (verset 2) : En croyant à quelque esprit, c’est-à-dire, si quelqu’un dit que quelque chose lui a été révélé par le Saint Esprit ou comme venant du Saint-Esprit, contre ma doctrine, (verset 2) : ne vous en troublez pas. (I Jean, IV, 1) : "Ne croyez pas à tout esprit." ; (Ezéch., XIII, 3) : "Malheur aux prophètes insensés, qui suivent leur propre esprit, et qui ne voient rien." Quelquefois aussi "Satan se transfigure en ange de lumière", ainsi qu’il est dit (II Corinth., XI, 14) et (I Rois, XXII, 22) : "J’irai, et je serai un esprit menteur dans la bouche de tous ses prophètes." En second lieu, par le raisonnement, ou par une fausse exposition de l’Ecriture, c’est pourquoi il dit (verset 2) : Ou à quelque discours. (II Tim, II, 17) : "Les discours qu’ils tiennent sont comme une gangrène" ; (Eph. V, 6) : "Que personne ne vous séduise par de vains discours." Troisièmement, par quelque autorité citée dans un mauvais sens ; (II Pierre, III, 15) : "Et c’est aussi ce que Paul, notre très cher frère, vous a écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée; comme il fait aussi en toutes ses lettres, où il parle de ces mêmes choses, dans lesquelles il a quelques endroits difficiles à entendre, que les hommes ignorants et légers détournent en de mauvais sens, aussi bien que les autres Ecritures, etc. " Or, sur quoi étaient-ils séduits ? (verset 2) : Comme si le jour du Seigneur était près d’arriver. L’Apôtre dit (verset 2) : Pas même par quelques lettres qu’on supposerait venir de nous, parce que dans sa première lettre, à moins qu’on ne la comprenne correctement, il paraît dire que l’avènement du Seigneur est proche, par exemple, dans ce passage (II Thessaloniciens IV, 17) : "Pour nous autres qui sommes vivants, etc."

2° En disant (verset 3) : Que personne ne vous séduise, etc. il fait la même recommandation en termes généraux ; (Luc XXI, 8) : "Prenez garde de ne vous laisser pas séduire, etc.." ; (I Corinth., XV, 33) : "Ne vous laissez pas séduire." Le motif qui porte saint Paul à prémunir les fidèles contre cette séduction sur le temps de l’avènement du Seigneur, c’est qu’un supérieur ne doit consentir en aucune manière à procurer quelque bien au moyen du mensonge ; (I Cor., XV, 15) : "Nous serons même convaincus d’avoir été de faux témoins, etc." C’est aussi que cette croyance, à savoir, que le jour du Seigneur est proche, était pleine de périls. D’abord, parce que c’eût été l’occasion d’une séduction plus grave : qu’après la mort des apôtres, il en était quelques-uns qui devaient prétendre être le Christ ; (Luc, XXI, Cool : "Plusieurs viendront en mon nom, disant : Je suis le Christ, etc." Et cela, l’Apôtre ne le veut pas. Satan a souvent voulu se faire passer pour le Christ, ainsi qu’on le voit dans la vie de saint Martin. Saint Paul ne veut pas laisser les fidèles exposés à ces séductions. Saint Augustin donne encore une autre raison. C’est qu’il y avait danger pour la foi, et qu’on pouvait dire, celui-ci : Le Seigneur viendra tard, et alors je me préparerai pour son avènement; celui-là : Le Christ viendra bientôt, je vais donc me préparer maintenant; un troisième : Je ne sais quand viendra le Christ. Ce dernier, sans doute avec plus de sagesse, puisqu’il est en accord avec le Christ lui-même. Celui qui dit : Il viendra bientôt, est davantage dans l’erreur, car, le terme passé, les hommes se laisseraient aller au désespoir et regarderaient comme faux ce qui est écrit.

II° (verset 3) : "Il faut d’abord que l’apostasie se fasse, etc.," Saint Paul établit ici ce qui est vrai. En premier lieu, il explique ce qui doit arriver lors de la venue de l’Antéchrist. Il y aura deux événements, dont l’un précédera la venue de l’Antéchrist, l’autre sera la venue même de l’Antéchrist.

I. L’événement qui précédera est l’apostasie qu’on explique de diverses manières, dans la Glose. On dit d’abord que ce sera l’apostasie de la foi. La foi, en effet, dans les temps à venir devait être reçue dans le monde entier ; (Matthieu XXIV, 14) : "Cet évangile du royaume des cieux sera prêchée dans toute la terre."

Voilà donc ce qui précédera, et suivant saint Augustin, cela n’est pas encore accompli. Mais le temps venu, un grand nombre se sépareront de la foi, etc. (I Tim., IV, 1) : "Dans les temps à venir, quelques-uns abandonneront la foi, etc." (Matthieu XXIV, 12) : "La charité de beaucoup se refroidira." Ou bien, on peut entendre par séparation celle de l’empire romain, auquel l’univers entier était alors soumis. Saint Augustin dit que cette séparation est figurée au ch. II du prophète Daniel, 31-35, par la statue qui désigne les quatre royaumes, et après ces quatre royaumes, arrivera l’avènement du Christ. Cette figure était pleine de vérité, parce que l’empire romain fut établi pour qu’à l’ombre de sa puissance, la foi fût prêchée dans tout l’univers.

Mais comment cela serait-il vrai, puisque depuis longtemps déjà les nations se sont séparées de l’empire romain, sans toutefois que l’Antéchrist soit encore venu ? Il faut dire que l’empire romain n’a pas cessé encore, mais que de royaume temporel qu’il était, il est changé en royaume spirituel, comme le pape saint Léon l’a remarqué dans son sermon sur les Apôtres. Disons donc que la séparation de l’empire romain doit être entendue, non pas seulement dans le sens temporel, mais dans le sens spirituel, c’est-à-dire de l’apostasie de la foi catholique dans l’Eglise romaine. Et le signe donné est de toute justesse, car de même que le Christ est venu au temps où l’empire romain dominait sur tous les peuples, ainsi, dans un sens opposé, le signe de la venue de l’Antéchrist sera la séparation des peuples d’avec l’empire romain.

II. L’Apôtre prédit le second de ces futurs événements, c’est-à-dire la venue de l’Antéchrist lui-même. Et d’abord en ce qui regarde son crime et son châtiment, ensuite quant à l’étendue de sa puissance ; (verset 9) : Celui qui doit venir, etc. Sur la première de ces questions, saint Paul indique d’abord en général et d’une manière implicite le crime et la punition de l’Antéchrist; il explique ensuite l’un et l’autre (verset 4) : Qui s’opposant à Dieu, s’élève, etc.

1° Il dit donc (verset 3) : L’apostasie se fera donc d’abord, et on verra paraître, etc. L’Antéchrist est appelé l’homme de péché et le fils de perdition, dit la Glose, parce que de même qu’abonda dans le Christ la plénitude de la vertu, la multitude de tous les péchés abondera dans l’Antéchrist, et comme le Christ est au-dessus de tous les saints, l’Antéchrist est pire que tous les méchants. Voilà pourquoi saint Paul l’appelle l’homme de péché : c’est qu’il sera entièrement livré au péché. Toutefois, cette expression homme de péché, ne veut pas dire que l’Antéchrist ne pourrait pas être pire, car jamais le mal ne corrompt complètement le bien; néanmoins, sous le rapport des actes, l’Antéchrist ne pourra pas devenir pire, tandis que nul homme ne saurait jamais dépasser en bonté Jésus-Christ. Il est appelé aussi le Fils de perdition, c’est-à-dire, descendu au dernier degré de perdition ; (Job, XXI, 30) : "Le méchant est réservé pour le moment où il doit périr, et Dieu le conduira jusqu’au jour où il doit répandre sur lui sa fureur." Ou encore de perdition, c’est-à-dire, fils de Satan, non par nature, mais en raison du dernier degré de malice, que Satan viendra compléter en lui. L’Apôtre dit aussi sera révélé, parce que de même que toutes les bonnes oeuvres et les vertus des saints, qui ont précédé le Christ, ont été la figure de Jésus-Christ, ainsi dans toutes les persécutions de l’Eglise, les persécuteurs ont été comme la figure de l’Antéchrist qui s’est caché en eux. Toute la malice donc, qui est cachée en eux, sera manifestée dans ce temps.

2° Quand saint Paul dit (verset 4) : Qui s’opposant à Dieu, etc… il explique ce qu’il vient de dire. Et d’abord il montre comment l’Antéchrist sera l’homme de péché; ensuite comment il sera le fils de perdition : (V. Cool : Et alors se découvrira l’impie. Il indique donc premièrement le crime dont il se rendra coupable; secondement, il en assigne la cause (verset 6) : Et maintenant vous savez bien. Dans cette première subdivision, d’abord il caractérise le crime; ensuite il rappelle qu’il n’annonce pas une doctrine nouvelle (verset 5) : Ne vous souvient-il pas ?

1. Il fait ressortir la grandeur du crime; puis il donne une marque pour le reconnaître (verset 4) : Jusqu’à, etc."

A) Le crime de l’Antéchrist est de deux sortes. C’est d’abord de s’opposer à Dieu (verset 4) : Qui s’oppose à tout bon Esprit ; (Job, XV, 20) : "Il a couru contre lui le cou raide, la tête couverte de graisse, il s’est armé comme font tous ses partisans" ; (Isaïe, III, 8) : "Leurs paroles et leurs oeuvres se sont levées contre le Seigneur, pour éviter les yeux de Sa Majesté." La seconde iniquité c’est de se préférer au Christ (verset 4) : Et s’éleve, etc. Or, Dieu est dit tel dans un triple sens. D’abord à raison de la nature ; (Deutéronome, VI, 4) : "Ecoute, Israël, le Seigneur ton Dieu est le seul Seigneur !" Ensuite à raison de l’opinion ; (Ps. XCV, 5) : "Tous les dieux des nations sont des démons." Enfin, par participation ; (Ps. LXXXI, 6) : "J’ai dit : Vous êtes des dieux." Or, l’Antéchrist se préfère à tous, (Daniel, XI, 36) : "Il s’élèvera (Antiochus[1]) et il portera le faste de son orgueil contre tout Dieu, il parlera insolemment contre le Dieu des dieux."

B) L’Apôtre indique le signe auquel on reconnaîtra le crime de 1’Antéchrist, quand il dit (verset 4) : Jusqu’à s’asseoir dans le temple, etc. Car l’orgueil de l’Antéchrist dépassera l’orgueil de tous ceux qui l’auront précédé. De même qu’on rapporte de l’empereur Caïus[2], qu’il voulut, de son vivant, se faire adorer, en mettant sa statue dans un temple quel qu’il soit, dans celui du roi de Tyr, dit Ezéchiel XXVI, 2 : "Parce que vous avez dit : Je suis Dieu, etc." Aussi est-il croyable que l’Antéchrist agira de même, prétendra être Dieu et Homme.

En signe de cela, il viendra s’asseoir dans le temple. Mais dans quel temple viendra-t-il s’asseoir ? Le temple [de Jérusalem] n’a-t-il pas été détruit par les Romains ? Quelques écrivains disent que l’Antéchrist est de la tribu de Dan, qui n’est pas nommée parmi les douze tribus, au chapitre septième de l’Apocalypse, 5-8. Les Juifs le recevraient d’abord, le temple de Jérusalem serait rebâti, et ainsi s’accomplirait ce qui est dit au prophète Daniel (IX, 27) : "L’abomination de la désolation sera dans le temple; on y verra aussi l’idole" ; (Matth., XXIV, 15) : "Quand donc vous verrez dans le lieu saint l’abomination de la désolation qui a été prédite par le prophète Daniel, que celui qui lit entende bien ce qu’il lit." D’autres écrivains prétendent que jamais ni Jérusalem, ni le temple ne seront rebâtis, et que la désolation durera jusqu’à la consommation de la fin. C’est aussi le sentiment de quelques Juifs. On explique donc dans le temple de Dieu par l’Église, car beaucoup, parmi les enfants de l’Église, recevront l’Antéchrist. Ou bien encore, suivant saint Augustin jusqu’à ce qu’il vienne s’asseoir dans le temple de Dieu, c’est-à-dire qu’il y ait la puissance et la domination, en sorte qu’il forme lui-même avec ses envoyés comme le temple de Dieu, ainsi qu’il en est du Christ et de ceux qui croient en lui.

2. Quand enfin saint Paul dit (verset 5) : Ne vous souvient-il pas que je vous ai dit ces choses, lorsque j’étais encore avec vous, il témoigne qu’il n’écrit rien, qui soit nouveau; comme s’il disait : Autrefois, quand j’étais au milieu de vous, je vous ai déjà dit ces choses. (I S. Jean, II, 7) : "Je ne vous écris pas un commandement nouveau; mais le commandement ancien que vous avez reçu dès le commencement; (II Corinth., X, 11) : "Tels nous parlons dans nos lettres étant absents, tels nous sommes dans nos actions quand nous sommes présents, etc."

Commentaire de la Deuxième lettre de saint Paul aux Thessaloniciens
SAINT THOMAS D’AQUIN
Docteur de l'Eglise catholique
Edition Louis Vivès, 1869,
Traduction par l'Abbé Bralé




Dernière édition par gabrielle le Mar 09 Avr 2013, 9:12 am, édité 1 fois
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Re: L'Antéchrist, être personnel en plus d'être collectif

Message  gabrielle le Mar 09 Avr 2013, 9:07 am

° L’Apôtre vient de prédire et d’annoncer la venue ainsi que le crime de l’Antéchrist; il explique ici la cause du retard de sa venue. Et d’abord, il leur déclare qu’ils savent quelle est cette cause; ensuite il la leur fait entrevoir mais d’une manière obscure ; (verset 7) : Car le mystère d’iniquité.

I. Il dit donc : Je vous ai enseigné qu’il faut que l’homme de péché soit manifesté ; (verset 6) : Ce qui le retient maintenant, c’est-à-dire la cause qui le fait tarder, vous le savez bien, car je vous l’ai dit déjà, en sorte que s’il tarde maintenant, c’est pour qu’il soit manifesté en son temps, c’est-à-dire, au temps qui est marqué ; (Ecclésiastique VIII, 6) : "Toutes choses ont leur temps et leurs moments favorables" et (Ecclésiastique III, 11) : "Tout ce que Dieu a fait est bon en son temps, etc."

II. Quand saint Paul ajoute (verset 7) : Car le mystère d’iniquité se forme dès à présent, etc., il indique la cause de ce retard. On explique de plusieurs manières le texte littéral. L’expression "mystère" peut en effet être placée ici soit au nominatif, soit à l’accusatif. Si elle est au nominatif, voici le sens : je dis afin qu’il soit manifesté en son temps, car dès ce temps même, ce mystère, c’est-à-dire cette oeuvre d’iniquité, que nous ne voyons encore que d’une manière figurée, s’opère dans les hypocrites, qui paraissent bons, et qui cependant sont méchants. Ce sont eux qui font l’office de l’Antéchrist ; (II Timoth., III, 5) : "Ils auront une apparence de piété, mais ils en ruineront le pouvoir". Voici le second sens : car Satan, sous la puissance duquel viendra l’Antéchrist, commence déjà à opérer en secret son mystère d’iniquité, par les persécuteurs et les séducteurs; les persécutions que subit l’Eglise dans le temps présent, sont la figure de la persécution de l’Antéchrist contre tous les justes et sont comme une ébauche imparfaite de la sienne ; (verset 7) : Seulement que celui qui l’arrête, etc. Il y a encore plusieurs manières d’expliquer ce passage. D’abord la Glose et saint Augustin (La cité de Dieu, 20, 19) disent que dans la pensée de quelques uns, Néron, le premier persécuteur des chrétiens, était l’Antéchrist, qu’il n’a pas été tué, mais soustrait, et qu’un jour il doit revenir. L’Apôtre condamne cette opinion en disant : seulement que celui qui l’arrête maintenant, l’Empire romain, l’arrête jusqu’à ce qu’il soit enlevé de ce milieu, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il meure. Mais cette explication manque de justesse, car un grand nombre d’années se sont écoulées déjà depuis que Néron est mort, ce qui arriva l’année même où mourut saint Paul. Il est donc préférable de rapporter à Néron, comme personnification publique de l’Empire romain, ces expressions : jusqu’à ce qu’il soit enlevé de ce milieu, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’Empire romain ait disparu du monde ; (Isaïe, XXIII, 9) : "C’est le Seigneur des armées qui a résolu de le traiter de la sorte, pour renverser toute la gloire des superbes, et pour taire tomber dans l’ignominie, etc."

Ou encore : seulement, que celui qui tient maintenant, c’est-à-dire qui a suspendu jusqu’à ce moment la venue de l’Antéchrist, le retienne et ne le laisse pas venir : comme s’il était nécessaire que quelques-uns viennent encore à la foi, et que quelques-uns s’en séparent. Saint Paul semblerait dire que ces éloignements et ces rapprochements qui l’empêchent de venir sont sous la puissance de celui qui le retient, jusqu’à ce que ce méchant disparaisse. Ou bien : que celui qui a maintenant la foi, la conserve, c’est-à-dire se montre ferme à la garder ; (Apoc., III, 11) : "Conservez ce que vous avez, de peur qu’un autre ne prenne votre couronne", jusqu’à ce qu’il soit enlevé de ce milieu, c’est-à-dire que l’assemblée des méchants, mêlée [encore aux bons], soit séparée et mise à part, ce qui se fera à la persécution de l’Antéchrist. Ou enfin : Seulement, etc., c’est-à-dire, en sorte que le mystère de l’iniquité, c’est-à-dire l’iniquité mystérieuse, garde ce qu’elle voile, jusqu’à ce qu’elle soit enlevée de ce milieu, c’est-à-dire jusqu’à ce que cette iniquité soit publiquement manifestée, et, au milieu qu’elle occupait, acquière une sorte de publicité. Car beaucoup commettront le mal encore en secret, mais leur iniquité sera un jour manifestée, parce que Dieu supporte les pécheurs tant que leur crime est caché, jusqu’à ce que ce crime devienne public. Alors il ne les supportera plus, comme on le voit par l’exemple des Sodomites (Gen., XIX, 24). Cependant, saint Augustin[3] avoue qu’il ne sait pas ce que l’Apôtre annonce aux Thessaloniciens que déjà ils savaient (verset 6) : Et vous savez bien ce qui empêche qu’il ne vienne. Il semble donc qu’il n’y avait pas grande nécessité à le savoir.

II° Quand S. Paul dit (verset 8) : Et alors se découvrira l’impie, etc., il fait connaître la venue de l’impie et son châtiment. D’abord sa manifestation, ensuite sa punition; sur la première partie, il dit : cet impie par excellence se découvrira alors, parce que son crime deviendra manifeste ; (verset 8), le Seigneur Jésus le détruira par le souffle de sa bouche ; (Isaïe, IX, 7) : "Le zèle du Seigneur des armées fera ce que je dis" : c’est le zèle pour sa justice, zèle qui est l’amour. Car le souffle du Christ, c’est son amour, et le zèle est celui de l’Esprit-Saint qui l’anime pour son Église. Ou encore : par le souffle de sa bouche, c’est-à-dire par ses ordres, parce que l’archange Michel doit mettre à mort l’Antéchrist sur le mont des Oliviers, d’où le Christ est monté aux cieux. C’est ainsi que l’empereur Julien fut frappé de mort par la main de Dieu. Voilà son châtiment dans le temps, car dans sa vie future il sera puni éternellement ; (verset 8) : "Il le perdra par l’éclat de son avènement," c’est-à-dire dans son avènement qui mettra tout en pleine lumière ; (Corinth., IV, 5) : "Il exposera à la lumière ce qui est caché dans les ténèbres, etc." ; (Ps. XXVII, 5) : "Il les abattra, etc." L’Apôtre dit, par l’éclat, parce que l’Antéchrist semblera obscurcir l’Église, et que les ténèbres disparaissent devant l’éclat de la lumière, car tout ce que l’Antéchrist aura voulu faire connaître, apparaîtra mensonger.

III° Quand S. Paul ajoute (verset 9) : Lui qui doit venir accompagné de la puissance de Satan, il prédit la puissance de l’Antéchrist, en deux points. Il explique d’abord quelle sera sa puissance pour séduire; ensuite il montre que la cause de cette puissance, se trouve dans la justice de Dieu (verset 10) : Parce qu’ils n’ont pas ouvert leur coeur. La première partie se subdivise en trois. L’Apôtre décrit premièrement l’agent de la puissance de l’Antéchrist; secondement le mode de la séduction; troisièmement il dit quels sont ceux qui se laisseront séduire.

I. L’agent de cette puissance, c’est Satan. Voilà pourquoi le Christ le détruira ; (I Jean, III, 8) : "Le Fils de Dieu est venu au monde, pour détruire les oeuvres du diable." C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 9), que l’Antéchrist doit venir, accompagné de la puissance de Satan, c’est-à-dire par son impulsion ; (Apoc., XX, 7) : "Satan sera délié; il sortira de prison; il séduira les nations, etc." En effet, l’Antéchrist accomplit ses oeuvres par l’impulsion de Satan, comme un possédé du démon, quand non seulement il pousse la volonté, mais empêche même l’usage de la raison, ce qui toutefois ne lui est pas imputé à crime parce qu’il n’a pas l’usage du libre arbitre. Mais il n’en est pas ainsi de l’Antéchrist, qui aura l’usage du libre arbitre, sur lequel Satan agit par suggestion, comme il est dit de Judas ; (Jean, XIII, 27) : "Satan entrera en lui," à savoir en le poussant au mal.

II. Voici comment l’Antéchrist trompera : premièrement par la puissance séculière; secondement en opérant des miracles.

1° Quant à la première manière, l’Apôtre dit (verset 9) : Par la puissance suprême, à savoir dans le siècle ; (Daniel, XI, 43) : "Il se rendra maître des trésors d’or et d’argent et de tout ce qu’il y a de plus précieux dans l’Egypte." Ou encore, par sa vertu simulée.

2° De la seconde, saint Paul dit (verset 9) : Par toutes sortes de signes et de prodiges. Les signes sont des choses merveilleuses, bien que peu considérables; les prodiges sont des choses extraordinaires, qui font reconnaître dans quelqu’un un pouvoir prodigieux et semblent le faire montrer du doigt au loin ; (Apocalypse, XIII, 13) : "Elle fit (la bête) de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre, etc." ; (Matth., XXIV, 24) : "Ils feront de grands prodiges et des choses étonnantes, jusqu’à séduire, s’il était possible, les élus eux-mêmes." L’Apôtre dit des prodiges trompeurs, soit parce qu’ils s’écartent de la raison véritable du fait, soit du caractère essentiel du miracle, soit de sa fin légitime. Le premier défaut se rencontre dans les prestiges, quand les démons illusionnent par les aspects des choses et font voir les objets autres qu’ils ne sont en réalité. Ainsi, par exemple, Simon le Magicien[4] fit couper le cou à un bélier, qui ensuite parut vivant, et décapiter un homme que l’on crut d’abord véritablement décapité, mais qui parut ensuite vivant, au point qu’on le crut ressuscité. Les hommes peuvent opérer de semblables effets, en changeant les apparences et en jetant dans l’erreur. En second lieu, on appelle improprement miracles les choses qui provoquent l’étonnement alors qu’on voit l’effet et qu’on ignore la cause. Un fait qui a une cause cachée à quelqu’un, dans le sens rigoureux, est considéré par ce quelqu’un comme merveilleux, mais n’est pas est à proprement parler un miracle; mais un fait qui a simplement une cause cachée est à proprement parler un miracle : sa cause est Dieu lui-même dans sa gloire, parce qu’il dépasse l’ordre tout entier de la nature créée.

Quelquefois aussi il se passe des choses merveilleuses, qui ne vont pas au delà de l’ordre naturel, mais qui ont une cause occulte. Ce sont ces sortes de choses que font de préférence les démons, car ils connaissent les forces de la nature et ont une puissance déterminée pour certains effets spéciaux. Et c’est ce que fera l’Antéchrist : des choses qui n’ont pas le caractère propre du miracle, parce que les démons ne peuvent rien dans le règne supranaturel. Enfin, on donne le nom de miracle dans un troisième sens, aux faits destinés à rendre témoignage à la vérité de la foi, afin de ramener les fidèles à Dieu. (Marc, XVI, 20) : "Le Seigneur agissant avec eux, et confirmant sa parole par les miracles qui l’accompagnaient." Or, si l’on a reçu le don des miracles, et que l’on ne s’en serve pas dans ce but, les miracles certainement sont véritables quant au caractère du fait, et quant au caractère du miracle, mais ils sont faux quant à leur fin légitime et quant à l’intention de Dieu. Ceci toutefois ne se trouvera pas dans l’Antéchrist, parce que personne ne saurait faire des miracles véritables contre la foi, Dieu ne pouvant être témoin du mensonge. Donc quiconque prêche une doctrine fausse ne peut faire des miracles, bien que celui qui vit mal puisse en faire.

3. Quand enfin l’Apôtre dit (verset 10) : [Et avec toutes les illusions qui peuvent porter à l’iniquité] ceux qui périssent, il désigne ceux qui peuvent être séduits, c’est-à-dire, ceux qui selon la prescience divine vont à la perdition. (Jean XVII, 12) : "Et nul d’entre eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de perdition." Ils périssent, parce que (Jean X, 27) : "Mes brebis entendent ma voix."

[4] Simon, surnommé "le Magicien" était originaire du pays de Samarie. Il séduisait le peuple par ses enchantements et ses prestiges. Une multitude incroyable s’attacha à lui, en l’appelant "la grande Vertu de Dieu". A la vue des miracles opérés par le Saint-Esprit à la voix des premiers prédicateurs de l’Evangile, il demanda et obtint le baptême; puis offrit de l'argent pour acheter la vertu de communiquer les dons divins. On connaît la réponse de Pierre. Le chef des Apôtres, indigné de tant d’audace : "Que ton argent périsse avec toi, dit-il, toi qui as cru que le don de Dieu pût s’acheter avec de l’argent !" (Act., VIII, V. 20.) De là le mot Simoniaque appliqué à ceux qui achètent ou vendent les choses spirituelles. Après le départ des Apôtres, Simon tomba dans des erreurs grossières dont il infecta plusieurs provinces. Enfin, il se fit une grande réputation à Rome, où il précéda saint Pierre. Il se disait le Fils de Dieu, et se vantait comme tel de pouvoir monter au ciel. Il le promit à Néron lui-même. Au jour indiqué, il se fit élever en l’air par le démon, mais saint Pierre et saint Paul s’étant mis à genoux et priant ensemble, en invoquant le nom de Jésus-Christ, les démons, épouvantés, abandonnèrent Simon. L’imposteur tomba, demeura étendu sur place, les jambes brisées. De douleur et de honte, il se précipita d’un comble très élevé, et périt ainsi misérablement. Ces faits sont déduits des témoignages de saint Justin, saint Ambroise, saint Cyrille de Jérusalem, saint Augustin, Isidore de Peluse, Théodoret, Saint Jean Chrysostôme, Fleury, Histoire ecclésiastique, II; Feller, etc.





Commentaire de la Deuxième lettre de saint Paul aux Thessaloniciens
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Re: L'Antéchrist, être personnel en plus d'être collectif

Message  Louis le Mar 09 Avr 2013, 11:27 am

Merci à Rosalmonte pour ce fil sur l'Antéchrist.

Et aussi merci à Gabrielle pour sa contribution.

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Re: L'Antéchrist, être personnel en plus d'être collectif

Message  ROBERT. le Mar 09 Avr 2013, 11:30 am

Louis a écrit:Merci à Rosalmonte pour ce fil sur l'Antéchrist.

Et aussi merci à Gabrielle pour sa contribution.

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Re: L'Antéchrist, être personnel en plus d'être collectif

Message  Roger Boivin le Mar 27 Oct 2015, 12:56 pm

Rosalmonte a écrit:
Cardinal Lépicier - Tractatus de Novissimis, Paris 1921, pp.351-352 a écrit:Realis Antichristi persona. — Nonnullorurn fuit sententia, per Antichristum, non singularem personam, in fine mundi adventuram, designari, sed quemcumque hominem Christo contrarium, ut Iulianum Apostatam, Arium, Mahumetum, vel etiam generalius crescentem in fine saeculorum infidelitatem. — Contra quos sedulo reti­nendum est, ex mente Scripturae, per Antichristum desi­gnari determinatam personam, in fine mundi prodituram, ad Christum eiusque salvificam operam acriter debellan­dam. Sic quippe de eo expresse legimus (1) : Homo peccati, filius perditionis, qui adversatur et extollitur supra omne quod dicitur Deus aut colitur, ita ut templo Dei sedeat, ostendens se tanquam sit Deus (2).

Notandum. — Opportune autem hic mone­bitur, interdum, Scripturae more, nomen hoc, Antichri­stus, communiter stare pro designando quocumque Incar­nationis dominicae adversario, iuxta illud (3) : Quis est men­dax, nisi is qui negat quoniam Iesus est Christus? Hic est Antichristus, qui negat Patrem et Filium; quocirca nomen Antichristus intelligi potest dictum per antonomasiam, quatenus ille unus in se adunabit omnem quae in ceteris hominibus sparsa invenitur. — Quae cum ita sint, praesentis articuli finis est ostendere tum quanta convenientiae ratione Deus decreverit ut Antichristi ad­ventus mundi extrema praenuntiet, tum quibusnam cha­racteribus praeditus ille apparere debeat.


(1) - 2 Thessal., II, 3, 4.
(2) - Omittimus plurium protestanticorum homi­num deliramenta qui, duce Luthero, eousque insaniam produxerunt, ut nomine Antichristi, antonomastice in Scriptura significari censuerint Romanum Pontificem, cui proinde eos attribuunt characteres, quibus homo ille peccati ab inspiratis auctoribus dotatus exhibatur.
(3) - 1 Io., II. 22.


Tractatus de Novissimis, Cardinal Lépicier, Paris, 1921, pp.351-352 :

https://archive.org/stream/tractatusdenovis00lp#page/350/mode/2up


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