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Message  Roger Boivin le Dim 30 Sep 2012, 4:24 pm



C'est une petite revue, ( NOTRE DAME DU CANADA, Le Rosaire - Mai 1963 - No 782 ), si on en excepte la couverture et les annonces, d'un dizaine de pages. Elle date cependant de mai 1963, mais dans le texte rien ne m'a paru louche. Si l'on décèle de quoi de faux, qu'on ne manque pas de nous en avertir. Merci. Voici donc :

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YMAGE EN REMEMBRANCE
DE LA VIERGE MARIE

Le Pays des Hommes blancs (875-1000)

Capturés en 1015 par le navigateur scandinave Karlsefni, deux Esquimaux du Labrador racontèrent que, dans la mer au sud de leur pays, habitaient des hommes qui marchaient vêtus de blanc et portaient devant eux, en chantant très fort, des perches auxquelles étaient attachés des morceaux d'étoffes. Un indigène ne pouvait mieux décrire une procession de moines dans leur costume blanc, précédés de bannières et chantant les hymnes liturgiques.

Ces moines en procession sur le sol d'Amérique, d'où venaient-ils ? à quelle époque firent-ils entendre pour la première fois, dans l'hémisphère occidental, la forte mélodie de leurs chants religieux ? C'est une longue et douloureuse histoire que nous résumerons très brièvement. Il importe de savoir l'essentiel sur ces premiers témoins de la foi dans le Nouveau Monde. Car c'est aussi de cette époque qu'il faut dater les premières louanges qui furent adressées à la Mère de Dieu en terre canadienne.

Vers 770, les Vikings de la Norvège envahissaient les premières îles de leur voisinage, les Féroé, et plus tard les Shetland, pillant, ravageant et rançonnant leur faible population, composée d'Irlandais. Devant l'invasion grandissante, ceux-ci s'enfuirent à l'île d'Islande, trois cent milles au nord. Il y eut alors un siècle de paix, finalement troublée par des aventuriers norvégiens, dignes émules des anciens Vikings. La petite population irlando-celtique d'Island songea de nouveau à s'enfuir. Formant une caravane de barques, les fugitifs, sous la conduite de leurs moines, orientèrent leurs voiles vers une terre sise à quelque 200 milles à l'ouest, le futur Groenland. Le vent leur fit outrepasser l'île et heurter au litoral de Labrador, l'impétueux courant les entraîna dans le détroit de Belle-Isle jusqu'à une petite île, dans le golfe du Saint-Laurent, où ils abordèrent (l'Ile Brion au nord des Iles de la Madeleine) et vécurent, quelques-uns d'entre eux s'installèrent aussi sur les rives au nord du Cap-Breton.

Ce long et douloureux exode s'effectua entre les années 875 et 880 de notre ère. C'est donc en terre canadienne, et pour la première fois en Amérique, que furent dites et chantées par les moines irlandais, fondés par saint Columbus, les prières et les hymnes en l'honneur de la Vierge Marie, Mère de Dieu et protectrice des hommes. Ce culte se maintint pendant deux siècles, jusqu'au jour où la petite colonie, décroissant sans cesse faute de nouvelles recrues, finit par disparaître absorbée par son milieu indigène. Éteinte au onzième siècle, ne survécurent d'elle que les vestiges de sa foi, tout particulièrement ce culte de la croix que Jacques Cartier, 600 ans après, fut tellement étonné de découvrir chez les Indiens Micmacs de la région.


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Message  ROBERT. le Dim 30 Sep 2012, 4:28 pm

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Merci Roger pour ce nouveau dossier. Wink
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Message  Roger Boivin le Dim 30 Sep 2012, 4:42 pm



L'épopée du Groenland (1003-1350)

L'an 1003 descendait aux rives du Groenland, d'un drakkar scandinave, en compagnie de quelques clercs, Thormod, le premier prêtre connu, qui ait foulé le sol d'Amérique. Il accompagnait le navigateur islandais Leif Eriksson chargé par le roi Olaf de Norvège de proclamer le christianisme au Groenland, qui, colonisé depuis 985 par son père Erik le Rouge, devenait la deuxième région d'Amérique à recevoir la doctrine évangélique. Une église fut construite à Brattahild et sous sa voûte furent célébrés le nom et les grandeurs de la bienheureuse Mère de Dieu, Marie toujours vierge, ainsi que le déclare le pape Innocent III, le 13 février 1206 au métropolitain de l'évêché de Gardar au Groenland. On sait que c'est dès 1124 que le premier évêque s'y établissait. Et pendant trois siècles, dans cet unique diocèse, s'épanouit la dévotion mariale jusqu'au jour où les établissements islandais croulèrent et disparurent sous le choc des irruptions esquimaudes au cours du quinzième siècle.

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Message  Roger Boivin le Dim 30 Sep 2012, 4:48 pm

ROBERT. a écrit:.Merci Roger pour ce nouveau dossier. Wink .
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Alors vint Christophe Colomb (1492-1524)

Un siècle passa, catholiquement aphone et vide, avant que retentît de nouveau sur le continent d'outre-atlantique le nom de la Mère de Dieu. Quand le 11 octobre 1492 le vaisseau de Colomb, le Santa Maria, surgit en face de la première terre américaine, l'île de Guanahani (aujourd'hui Watling), une troisième époque de la foi s'ouvrait au Nouveau Monde. Le 6 décembre, il donne à un havre de l'île d'Haïti le nom de Puerto Maria, havre de Marie. Le 18 décembre, Colomb ordonne de célébrer solennellement la fête de la Mère Divine par la commémoration de l'Annonciation. Au bruit des salves de canons, la messe fut chantée en l'honneur de la Vierge Immaculée. Ce fut la première célébration d'une fête mariale en Amérique, dont il existe une mention documentaire.

L'année suivante, 1493, le culte de Marie s'établissait en permanence dans le Nouveau Monde avec l'arrivé du moine Bernal Boyl, vicaire apostolique, accompagné d'une dizaine de religieux. Dans la première église qu'élevèrent les Espagnol sur le rivage d'Haïti furent célébrées et chantées les louanges de la Vierge. En son honneur, l'un des deux premiers évêchés créés en Amérique, en 1511, reçut le nom de Conception de la Plaine, et le premier imprimé d'Amérique, vers 1532, s'appellera : La Dévotion du Saint-Rosaire.

Montant des Antilles et du Sud continental la présence mariale constellera bientôt de ses appellations évocatrices le littoral de l'Atlantique nord. En 1500, le Portugais Corte Real lui dédiait le cap de la Conception, sur la côte orientale de la Terre neuve. Explorant au sud en 1534, sous pavillon français, Verrazano, dévotieux à la Vierge, comme tout fils de Florence, dénommait Santa-Maria, le jour de l'Annonciation, un cap de la Caroline, relevant alors du territoire de la Nouvelle-France.

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Message  Roger Boivin le Dim 30 Sep 2012, 5:59 pm



NOTRE DAME DU CANADA Cartie10

Le pieux découvreur
de Neufve-France

(1534-1536)

Jacques Cartier, découvreur du Canada, était navigateur chrétien. Quand il quitta Saint-Malo, le 20 avril 1534, avec deux petits voiliers de 60 tonnes, pour conquérir Neufve-France et trouver, par le nord, le passage au Cathay (Chine), son intention n'était sans doute pas premièrement religieuse. Il allait aux Terres Neufves descouvrir certaines yles et pays où l'on dit qu'il se doibt trouver grand quantité d'or. Toutefois l'intrépide nautonier malouin avait la foi vive. Et c'est en érigeant la grande croix de Gaspé qu'il prit possession du nouveau pays. Après l'avoir élevée, nous nous mismes tous à genoulx, écrit-il, les mains joinctes, en adorant icelle devant eulx (les sauvages) ; et leurs fismes signe, regardant et leur montrant le ciel, que par icelle estoit nostre rédemption, de quoy ils firent plusieurs admyrations, en tournant et regardant icelle croix (Relation de 1534). Aux sauvages accourus, Cartier fit présent de chapelets de verre, qu'il nomme en sa vieille langue française des pastenostre de voyrre, avec l'espoir qu'ils seraient facilles à convertir à nostre saincte foy.

( L’illustration en noir et blanc, qu'on voit dans la revue, est remplacée ici par ce tableau en couleur trouvé dans WikipediA, et qui est la même image. )

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Message  Roger Boivin le Dim 30 Sep 2012, 8:54 pm



Pèlerinage sur la neige (1535)

A l'hiver de 1535 se place un évènement d'importance qu'on pourrait appeler le premier pèlerinage marial en terre canadienne, et que M. Antonio Masselotte a illustré dans le dessin de la page 2 du présent numéro.

( Le voici en couleur retrouvé sur internet ) :

NOTRE DAME DU CANADA Antoni11

Jacques Cartier et ses compagnons accomplissant leur pèlerinage
à l'image de Notre-Dame de Rocamadour, à Québec, en l'hiver de 1535-1536.
Premier pèlerinage et premier miracle en Terre Canadienne (1536).

Reportons-nous à Stadaconé (Québec). Un rapide et dur hiver surprit Jacques Cartier et ses trois navires que les glaces emprisonnèrent dans la rivière Sainte-Croix (aujourd'hui Saint-Charles). Au plus froid de la saison, une terrible maladie, d'une merveilleuse sorte et la plus incongnue, s'empara des sauvages et parvint à contaminer l'équipage. De cent dix hommes que nous estions, il n'y en avoyt pas dix sains, tellement que l'un ne pouvoyt secourir l'aultre, qui estoit chose piteuse à voir, conscideré le lieu où nous estions. A tous venoyt la bouche si infecte et pourrye par les gencives, que toute chair en tomboyt jusque à la racine des dents, lesquelles tomboyent presque toutes (Relation de 1535-1536). Voilà décrite la terrible épidémie de scorbut qui ravagea plusieurs fois les équipages des valeureux pionniers de la Nouvelle-France.

Pour enrayer le fléau, Jacques Cartier, en chrétien navigateur, se tourna résolument vers le ciel. Voici exprimée en la savoureuse vieille langue française l'idée religieuse qui naquit au cœur du nautonier malouin : Nostre capitaine, voyant la pitié et maladie ainsi esmue, fict meptre le monde en prières et oraisons, et fict porter une YMAGE EN REMEMBRANCE DE LA VIERGE MARIE contre un arbre, distant de nostre fort d'un traict d'arc, en travers les neiges et places. Et ordonna que, le dimanche ensuyvant, l'on dyroit audict lieu la messe, et que tous ceulx qui pourroient chemyner, tant sains que malades, yroient à la procession, chantant les sept pseaulmes de david (psaumes de la pénitence) avecq la Letanye (litanie des saints), en priant ladicte Vierge qu'il luy plut pryer son Enffant qu'il eut pitié de nous. La messe dicte et chantée devant lacdicte ymage, se fist le cappitaine pellerin à Nostre Dame qui se faict deprier à Rocquemado, proumectant y aller, si Dieu luy donnoyt grace de retourner en France.

Accompagnée de la première invocation mariale récitée en public sous le ciel canadien, la poignante oraison du pieux Malouin fut exaucée : Dieu, par sa Saincte Grace, nous regarda en pitié, et nous envoya la congnoissance et remedde de nostre garison et santé. Quelques jours plus tard, par un revirement inexplicable de sentiment, l'Indien dom Agaya, jusque-là le pire antagoniste des Français, lui révéla le remède, - une décoction de rameaux de cèdre blanc, - qui, en peu de temps, guérit du scorbut tous les survivants des trois navires, par la grâce à Dieu. Aussi, à son retour en France, Cartier chemina-t-il vers le sanctuaire de Rocamadour, sur son roc escarpé. Là, gravissant, pieds nus, les bras en croix, les 216 marches du sentier, il agenouilla aux pieds de la Vierge Marie sa profonde gratitude de la salvation de ses fidèles marins de Bretagne.





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Message  Roger Boivin le Dim 30 Sep 2012, 9:12 pm



( image retrouvée sur internet ) :



NOTRE DAME DU CANADA Notre-10

Statue de la Vierge de Notre-Dame de Rocamadour, au sanctuaire français très ancien qui lui est consacré dans le Quercy. Cette statue en bois, taillée dans un tronc d'arbre, remonte très loin dans l'histoire. On ne connaît pas celui qui l'a sculptée. Elle s'est noircie en vieillissant dans la fumée des cierges. Saint Dominique vint prier devant la Madone de Rocamadour.

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Message  Roger Boivin le Dim 30 Sep 2012, 9:46 pm





Notre-Dame de Rocamadour

Cartier n'était pas le premier à venir en ce célèbre sanctuaire marial du Quercy. L'un des plus anciens sanctuaires de France consacré à l'honneur de Marie, l'un des primitifs centres de pèlerinage de la chrétienté, Rocamadour a vu passer en son oratoire escarpé des millions de pèlerins, en route vers l'autre fameux sanctuaire de Saint-Jacques-de-Compostelle. Nous en citerons qu'un nom, celui de saint Dominique lui-même. Il vint y prier quelquefois, avec son compagnon Bertrand de Garrigues, suppliant Notre-Dame d'avoir pitié des pécheurs et de protéger son Ordre naissant. Il existe d'ailleurs, au sanctuaire de Rocamadour, un tableau représentant la supplication qu'il fit à la Vierge noire, en 1219, le Père des Prêcheurs.

Il est consolant de penser que c'est à l'enseigne de la même Vierge de Rocquemado que s'organisa le premier pèlerinage marial en terre canadienne, à l'hiver de 1534, que c'est sous ce vocable que Marie fût la première fois invoquée en Nouvelle-France. Car c'est spontanément vers Notre-Dame de Rocquemado que Cartier s'était tourné dans sa prière, parce qu'elle était à l'époque la favorite des navigateurs, l'étoile de la mer protectrice de leurs traversées, la Dame dont les plus croyants d'entre eux se faisaient honneur d'épingler la sportelle ou l'ymage à leur navire amiral.

Pour rappeler ce premier geste marial, des fêtes eurent lieu à Québec, le 24 juin 1935, lors du 4e centenaire du voyage de Jacques Cartier, au cours desquelles le cardinal Villeneuve inaugura le culte de Notre-Dame de Rocamadour en terre canadienne. Sur l'emplacement de ce premier miracle dont l'Amérique ait été témoin s'élève aujourd'hui l'église de Saint-François d'Assise, dont la crypte a été consacrée en sanctuaire dédié à la Vierge noire de Rocamadour.

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Message  Roger Boivin le Dim 30 Sep 2012, 11:37 pm




NOTRE DAME DU CANADA 220px-10

La Vierge Marie
pour héritière

(1604-1635)

Samuel de Champlain, fondateur de Québec et Père de la Nouvelle-France, avait à l'égal de Cartier une particulière dévotion envers la Mère de Dieu. D'accord avec le Père récollet Jean Dolbeau, il fit construire, en juin 1615, une petite chapelle au nord-ouest de son habitation, dans le voisinage de son jardin. Cette chapelle, première église de Québec, fut dédiée à l'Immaculée Conception de la Vierge Marie. Elle servit d'église paroissiale jusqu'en 1629, alors qu'elle fut détruite en septembre, lors de la prise de Québec par les frères Kirke.

Voyant s'effondrer d'un coup son grand rêve colonial, Champlain prononça le vœu d'élever un temple à la Vierge, si le Canada était rendu à la France. L'événement se produisit trois ans plus tard. Rentré à Québec en 1623, le gouvernement reconnaissant, qui avait aussitôt établi la règle de sonner du fort l'angélus trois fois par jour, s'empressa d'exécuter sa promesse à Marie. Sur l'emplacement de l'actuelle basilique de Québec, il fit bâtir une petite église qu'il dédia à l'auguste reine du Ciel. Elle reçut le nom de Notre-Dame de la Recouvrance, et, au-dessus de l'autel, on plaça une image sculptée de la sainte Vierge, qu'un père jésuite avait sauvée du naufrage d'un navire. Ce fut l'unique église paroissiale de 1633 à 1640, alors qu'elle fut détruite par incendie. C'est en cette église qu'eurent lieu les funérailles de Champlain en 1635. Jusqu'à la fin, le fondateur de Québec eut pour Notre-Dame une grande dévotion. Par testament, il prit la Vierge Marie pour son héritière, léguant ses biens à la chapelle qu'il avait fait bâtir en son honneur. Ainsi demeurait jusqu'à la fin fidèle à la Vierge Mère de Dieu ce grand chrétien que fut Champlain, de qui nous tenons la si célèbre phrase : Le salut d'une seule âme vaut mieux que la conquête d'un empire.


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Message  Roger Boivin le Lun 01 Oct 2012, 2:26 pm



Marie, grande Princesse de Nouvelle-France

A la mort de Champlain, la colonie comptait trois églises consacrées à la Mère de Dieu : Notre-Dame de la Recouvrance à Québec, Notre-Dame des Anges, couvent des jésuites, sur la rivière Saint-Charles, et Notre-Dame de la Conception aux Trois-Rivières. Héritière, Notre-Dame l'était donc vraiment de la Nouvelle-France. Pour obtenir la conversion de ces Peuples (les sauvages) par l'entremise de la saincte Mère, jésuites, ursulines et sœurs hospitalières s'engagent par vœu à particulièrement l'honorer : les samedis soirs, on récitait le Salve, avec les litanies de la Vierge. Le 15 août 1638, pour obtempérer au décret royal de Louis XIII consacrant la Vierge suprême reine de son royaume, la population de Québec consacra la Nouvelle-France à Marie, recognoissant cette grande Princesse comme supérieure et protectrice du pays. Déjà en 1640, cinq fêtes liturgiques à Marie étaient populairement soulignées : la Purification (2 février), l'Annonciation (25 mars), la Visitation (2 juillet), l'Assomption (15 août) et l'Immaculée Conception (8 décembre). On saluait Marie par des salves de mousquetades et des processions où l'on portait en vénération son image.


NOTRE DAME DU CANADA Img_6810

Voici la petite église que Samuel de Champlain fit construire à Québec,
après son retour en Nouvelle-France, en 1633.
Il la dédia à Notre-Dame de la Recouvrance,
en accomplissement d'un vœu qu'il avait fait à la Vierge Marie,
si le pays tombé aux mains des Kirke, revenait à la France.

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Message  Roger Boivin le Lun 01 Oct 2012, 3:34 pm




NOTRE DAME DU CANADA Paul_d10

Paul de Chomedey de Maisonneuve.



Ville-Marie,
seigneurie de Notre-Dame


PLUS d'un siècle après la visite de Cartier à Hochelaga dont il nomma Mont Royal la montaigne de dessus laquelle on voye fort loin, s'accomplit en Nouvelle-France, en 1642, un évènement des plus remarquables, tardive réplique du geste de l'antique navigateur faisant le signe de la croix sur les pouvres malades, priant Dieu qu'il leur donnast cognoissande de nostre saincte foy et de la passion de Nostre Sauveur, et grace de recouvrer chrestienté et baptesme. Cet événement remarquable, c'est la fondation par des Messieurs et Dames de la Société Notre-Dame de Montréal d'une habitation nouvelle placée sous la patronage de la Sainte Vierge, et qu'on nomma Ville-Marie. Quarante hommes et femmes de cette Société, dirigés par deux grands serviteurs de Marie, La Dauversière et Jean-Jacques Olier, s'établissait, le 18 mai 1642, dans la grande île montréalaise. Sous la conduite de Maisonneuve et de Jeanne Mance, dans une pauvre cabane, qui n'était bastie que d'écorce, ils célébrèrent le 15 août suivant la fête de l'Assomption par une messe et un sermon du Père Vimont, sur le grain de sénevé qui, jeté en terre, est appelé à une grande croissance. Ville-Marie ne pouvait être mieux gouvernée par le dévot Maisonneuve, qui priait en sa maison devant une Vierge d'ivoire, et que les Annales de l'Hôtel-Dieu de Montréal ont autrefois décrit comme l'un des premiers gentilshommes de chambre de la Reine du Ciel.



NOTRE DAME DU CANADA 1993-110

Chapelle érigée à Ville-Marie en 1642 par les fondateurs de Montréal.
C'est la première habitation de Dieu à Montréal qui fût dédiée à Marie,
prémices de toutes les églises de la métropole d'aujourd'hui
confiées à la protection de Notre-Dame.



NOTRE DAME DU CANADA Img_6811

Première chapelle de Notre-Dame de Bonsecours.
L'idée de cette chapelle, pour demander le secours de la céleste Protectrice de Ville-Marie,
revient à Margueritte Bourgeoys qui,
non contente d'avoir établi la Confrérie de Notre-Dame de la Victoire (1658),
voulait qu'une chapelle en pierres s'élevât dans la ville de Marie.
Une statue miraculeuse de Notre-Dame de Montaigu,
reçue de France, fut mise en place d'honneur en ce sanctuaire.

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Message  ROBERT. le Lun 01 Oct 2012, 4:16 pm

.
Votre dossier, cher Roger, complète admirablement bien ceux de Louis

qui traitent de Mère d'Youville, de Jeanne Mance, de Marguerite Bourgeois et de Jeanne Le Ber...

.
ROBERT.
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Message  Roger Boivin le Lun 01 Oct 2012, 9:01 pm



La Confrérie du Rosaire (1647-1657)

A
Québec, où les rivalités entre catholiques et huguenots avaient été souvent violentes, la ferveur mariale gagnait chaque jour du terrain, grâce à la dévotion zélatrice de pieuses et nobles femmes. Il faut citer le nom de l'épouse du Sieur Pierre Le Gardeur de Repentigny, Marie Favery, qu'on dénommait noblement Mademoiselle de Repentigny. Bienfaitrice de l'église de Notre-Dame de la Recouvrance, dévote associée de toutes les manifestations religieuses, elle n'aspirait, depuis son arrivée à Québec en 1636, qu'à transplanter en Nouvelle-France la Confrérie du Rosaire dont elle faisait partie dans son pays natal. Cette chrétienne de choix, Marie de l'Incarnation l'estima au point qu'elle ne craignit pas, dans une de ses lettres, de la présenter à son fils comme l'une des âmes les plus pures qu'elle ait connues.

Elle rédigea une Supplique du Rosaire en 1647 qu'elle se proposait, en se rendant en France à l'automne de la même année, de présenter au Prieur des Dominicains de Paris. On sait que l'érection des Confréries du Rosaire appartient de droit à l'Ordre de saint Dominique. Marie Favery reçut l'approbation ecclésiastique le 21 mai 1649, puis l'autorisation dominicaine le 28 mai suivant. Le Père Charles Thebault signait l'acte favorisant l'établissement du Rosaire en Nouvelle-France. C'est le 28 mai que les églises de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal recevaient l'autorisation de posséder des confréries du Rosaire.

Après cette phase initiale (1647-1650), au terme de laquelle fut accordé le droit d'ériger au Canada la Confrérie du Rosaire, six autres années (1650-1656) passèrent, durant lesquelles se déroula un conflit de ferveur à qui posséderait la Confrérie, ou de la paroisse de Québec ou de l'Hôtel-Dieu. Finalement, l'érection canonique eut lieu, le premier octobre 1656, fête du Très-Saint-Rosaire, en la paroisse Notre-Dame de Québec. Le Père Poncet, jésuite, consigna dans le Livre du Rosaire les 120 noms des membres de la toute première organisation mariale, canonique et paroissiale qui prit corps dans notre histoire religieuse canadienne. Il y a donc maintenant plus de trois cents ans que cette magnifique Confrérie du Rosaire réunissait à Québec les plus dévots des enfants de Marie, qui se sont aujourd'hui multipliés par centaines de mille associés.

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Message  Roger Boivin le Lun 01 Oct 2012, 11:01 pm



Notre-Dame de Protection (1650-1760)


LES fidèles de la Nouvelle-France ne se contentaient pas des dévotions périodiques. A la moindre crise, ils s'empressaient de recourir à l'inépuisable bienveillance de la Mère de Dieu. A plusieurs reprises la menace iroquoise ne fut écartée de Ville-Marie que grâce à la protection de la très Sainte Vierge en qui les habitants avaient grande confiance. En 1663, Maisonneuve créa la milice de la Sainte-Vierge. Attendu que cette isle appartient à la Sainte Vierge, il invitait ceux qui sont zélez pour son service, de s'unir ensemble par escouades de miliciens pour garder le fort.

Un jour d'octobre 1690, la colonie de Québec vit surgir la flotte anglo-américaine de Phipps, composée de 30 vaisseaux. Aussitôt, la ville hissa la bannière de Notre-Dame sur le clocher de la cathédrale. Bientôt, les volontaires de Montréal arrivaient, arborant un étendard où était peint le Saint Nom de Marie et les soldats de Québec portaient sur eux des passeports de l'Immaculée Conception, qui étaient une invocation à Marie, écrite par les ursulines. Toutes la population unit ses prières et son espoir aux pieds de la Mère divine. A l'étonnement général, l'artillerie navale fut contrebattue par les canons de la place et les attaques de Walley furent partout repoussées, si bien que le 22 octobre, la flotte ennemie levait le siège et descendait le fleuve à pleines voiles. Ce fut une explosion d'allégresse. Monsieur de Frontenac fit chanter le Te Deum dans la cathédrale. Mgr de Saint-Vallier, pour mémoire éternelle, dédia l'église de la basse-ville à la Sainte Vierge sous le titre de Notre-Dame de la Victoire.

Vingt ans plus tard, en 1711, une autre flotte anglaise commandée par l'amiral Walker remonta le fleuve pour s'emparer de Québec. Devant la menace, des prières publiques à Marie furent commandées. A Ville-Marie, à la sœur qui lui apprenait la montée de la flotte anglaise, Mlle Le Ber répondit : Non, ma sœur, la très Sainte Vierge aura soin de ce pays : elle en est la gardienne et nous ne devons rien craindre. Pareille foi ne pouvait être déçue : Notre-Dame fit échouer la flotte de Walker sur l'Ile-aux-Oeufs. En reconnaissance, pour pour perpétuer cette nouvelle libération du territoire par la grâce de sa divine Protectrice, l'Église changea le vocable de la chapelle de Notre-Dame de la Victoire en celui de Notre-Dame des Victoires.

La dernière menace qui plana sur la Nouvelle-France s'annonça dès 1755. Mgr de Pontbriand convia les fidèles à porter vers Marie, patronne du pays, les implorations générales. En janvier 1758, il prescrivit de chanter processionnellement ses litanies après les vêpres du dimanche. La situation s'aggravant, un ultime mandement d'avril 1759 réclamait de dire la messe de Sancta Maria pour la paix. Puis la Nouvelle-France devint une province britannique. Les fidèles, nos ancêtres, se groupèrent plus résolument autour de leurs prêtres. Et dans leurs églises, ils continuèrent de faire monter jusqu'au trône de la Vierge Mère de Dieu, notre Protectrice, Patronne et Libératrice la prière qu'ils avaient apprise dans le Catéchisme du Diocèse de Québec publié en 1702 : Souvenez-vous, ô très pieuse Vierge Marie, qu'il est inouï que jamais vous avez abandonné personne qui eût recours à vous, qui implorât votre assistance et qui demandât votre protection.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Oct 2012, 5:00 pm



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La vieille église du Cap-de-la-Madeleine, consacrée à Notre-Dame du Rosaire est l'une des plus précieuses antiquités canadiennes qui se soient conservées dans leur état primitif. Bâtie en 1714, on songea à la démolir en 1878. Le curé Désilets, ne pouvant s'y résoudre, invoqua Notre-Dame du Rosaire, dont la Confrérie était établie en sa paroisse depuis 1694. Il lui demanda un pont de glace durant l'hiver, afin de permettre la traversée de matériaux de construction pour consolider la petite église. Son vœu ayant été exaucé, elle fut dédiée en juin 1888 à Notre-Dame du Saint-Rosaire. C'est aujourd'hui un Sanctuaire marial universellement connu. C'est dès le 21 novembre 1651, en la solennité de la Présentation de Marie, que les Jésuites s'installèrent au Cap-de-la-Madeleine, qu'ils baptisèrent joliment " Terre de Sainte Marie ".

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Oct 2012, 5:20 pm



Notre-Dame

du Canada



Au terme de cette très brève histoire mariale de la Nouvelle-France, un sentiment de fierté doit naître en nous, au souvenir de l'esprit de foi qui caractérisa les fondateurs de la nation canadienne. Un sentiment de reconnaissance aussi, à l'égard de Notre-Dame qui, sous l'invocation des divers noms qu'on lui décernait, s'est toujours empressée de répondre à la prière de ses enfants, établis sur les bords du Saint-Laurent. Si nous connaissions seulement un peu notre histoire, particulièrement notre histoire religieuse, nous chanterions avec plus de fierté notre hymne national O Canada ! Nous comprendrions les splendides phrases que, malheureusement, nous marmonnons : Ton front est ceint de fleurons glorieux : car ton bras sait porter l'épée, il sait porter la croix. Ton histoire est une épopée des plus brillants exploits. Et ta valeur, de foi trempée, protégera nos foyers et nos droits.

L'Eglise canadienne, elle, se souvient. Pour souligner, au cours des âges, la constante protection de la Mère de Dieu sur les destinées religieuses du pays, Elle n'a jamais cessé de lui dédier des églises paroissiales et des chapelles publiques. Disons, en chiffres ronds, que sur 6000 lieux de prières actuellement existants au Canada, 1000 sont consacrés à la mémoire de la très Sainte Vierge. Tel est l'heureux essor marial du mandement de Mgr de Saint-Vallier, donnant à ses curés une ligne de conduite envers leurs paroissiens : Vous vous souviendrez de continuer à les établir et à les soutenir dans la pratique d'une dévotion solide à la Sainte Vierge. Sous une si puissante et tendre protectrice, ils n'auront rien à craindre (Lettre pastorale, 7 mars 1701).



FIN


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Message  Roger Boivin le Mar 02 Oct 2012, 5:27 pm




Lien sur DEO JUVANTE forum catholique d'information doctrinale :



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Message  ROBERT. le Mar 02 Oct 2012, 7:45 pm

roger a écrit:


Notre-Dame

du Canada



Au terme de cette très brève histoire mariale de la Nouvelle-France, un sentiment de fierté doit naître en nous, au souvenir de l'esprit de foi qui caractérisa les fondateurs de la nation canadienne. Un sentiment de reconnaissance aussi, à l'égard de Notre-Dame qui, sous l'invocation des divers noms qu'on lui décernait, s'est toujours empressée de répondre à la prière de ses enfants, établis sur les bords du Saint-Laurent. Si nous connaissions seulement un peu notre histoire, particulièrement notre histoire religieuse, nous chanterions avec plus de fierté notre hymne national O Canada ! Nous comprendrions les splendides phrases que, malheureusement, nous marmonnons : Ton front est ceint de fleurons glorieux : car ton bras sait porter l'épée, il sait porter la croix. Ton histoire est une épopée des plus brillants exploits. Et ta valeur, de foi trempée, protégera nos foyers et nos droits.


L'Eglise canadienne, elle, se souvient. Pour souligner, au cours des âges, la constante protection de la Mère de Dieu sur les destinées religieuses du pays, Elle n'a jamais cessé de lui dédier des églises paroissiales et des chapelles publiques. Disons, en chiffres ronds, que sur 6000 lieux de prières actuellement existants au Canada, 1000 sont consacrés à la mémoire de la très Sainte Vierge. Tel est l'heureux essor marial du mandement de Mgr de Saint-Vallier, donnant à ses curés une ligne de conduite envers leurs paroissiens : Vous vous souviendrez de continuer à les établir et à les soutenir dans la pratique d'une dévotion solide à la Sainte Vierge. Sous une si puissante et tendre protectrice, ils n'auront rien à craindre (Lettre pastorale, 7 mars 1701).



FIN



Merci Roger pour ce magnifique épilogue.
.


Dernière édition par ROBERT. le Mar 02 Oct 2012, 7:46 pm, édité 1 fois (Raison : mise en forme)
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Message  Roger Boivin le Mer 03 Oct 2012, 9:11 am




Comme on peut voir, l'Église ne fait rien au hasard, sinon ce serait l'anarchie ; tout chacun selon sa fantaisie, - en tant que prière publique, - partirait sa petite confrérie. Tout se doit d'être érigé canoniquement et par l'autorité :

roger a écrit:


La Confrérie du Rosaire (1647-1657)

A
Québec, où les rivalités entre catholiques et huguenots avaient été souvent violentes, la ferveur mariale gagnait chaque jour du terrain, grâce à la dévotion zélatrice de pieuses et nobles femmes. Il faut citer le nom de l'épouse du Sieur Pierre Le Gardeur de Repentigny, Marie Favery, qu'on dénommait noblement Mademoiselle de Repentigny. Bienfaitrice de l'église de Notre-Dame de la Recouvrance, dévote associée de toutes les manifestations religieuses, elle n'aspirait, depuis son arrivée à Québec en 1636, qu'à transplanter en Nouvelle-France la Confrérie du Rosaire dont elle faisait partie dans son pays natal. Cette chrétienne de choix, Marie de l'Incarnation l'estima au point qu'elle ne craignit pas, dans une de ses lettres, de la présenter à son fils comme l'une des âmes les plus pures qu'elle ait connues.

Elle rédigea une Supplique du Rosaire en 1647 qu'elle se proposait, en se rendant en France à l'automne de la même année, de présenter au Prieur des Dominicains de Paris. On sait que l'érection des Confréries du Rosaire appartient de droit à l'Ordre de saint Dominique. Marie Favery reçut l'approbation ecclésiastique le 21 mai 1649, puis l'autorisation dominicaine le 28 mai suivant. Le Père Charles Thebault signait l'acte favorisant l'établissement du Rosaire en Nouvelle-France. C'est le 28 mai que les églises de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal recevaient l'autorisation de posséder des confréries du Rosaire.

Après cette phase initiale (1647-1650), au terme de laquelle fut accordé le droit d'ériger au Canada la Confrérie du Rosaire, six autres années (1650-1656) passèrent, durant lesquelles se déroula un conflit de ferveur à qui posséderait la Confrérie, ou de la paroisse de Québec ou de l'Hôtel-Dieu. Finalement, l'érection canonique eut lieu, le premier octobre 1656, fête du Très-Saint-Rosaire, en la paroisse Notre-Dame de Québec. Le Père Poncet, jésuite, consigna dans le Livre du Rosaire les 120 noms des membres de la toute première organisation mariale, canonique et paroissiale qui prit corps dans notre histoire religieuse canadienne. Il y a donc maintenant plus de trois cents ans que cette magnifique Confrérie du Rosaire réunissait à Québec les plus dévots des enfants de Marie, qui se sont aujourd'hui multipliés par centaines de mille associés.

http://messe.forumactif.org/t4510-notre-dame-du-canada#87248

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