Maria de la Luz Camacho, comédienne ( martyre mexicaine, 1907-1934 ).

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Message  Roger Boivin le Dim 16 Sep 2012, 4:51 pm



Maria de la Luz Camacho, comédienne :

Maria de la Luz sait s'amuser et amuser les autres. Dans les drames, elle remplit aussi bien les rôles comiques que les plus tragiques. A l'occasion, elle se joint volontiers à ses compagnes dans les parties de plaisirs. Une photographie nous montre une de ces excursions organisées par ses amies. A dos d'âne, on s'est rendu à Tepelpa, près de Tisapan, où elle se donne avec entrain à tous les divertissements d'une promenade dans un pays fort pittoresque.


Une autre photographie la représente au milieu d'un groupe de douze jeunes filles, dont chacune a revêtu l'un des nombreux costumes nationaux mexicains. Maria de la Luz a choisi l'habit régional que portent les jeunes filles de Jalisco quand elles dansent le fameux jarabe tapatio.


Elle ne laisse pas non plus passer la fête ou l'anniversaire de ses amies sans les réunir dans une fête intime qu'elle anime de sa bonne humeur.

Au fond, ce qui commande ses paroles et ses actes, c'est l'esprit de charité. C'est à n'en pas douter la vertu qui domine sa vie.

Un Père Franciscain de la paroisse de Coyoacan parle en ces termes de la charité de Maria de la Luz :

« En novembre 1933, les membres du Tiers-Ordre furent invités à recueillir du linge et des habits pour les pauvres. Mlle Camacho prit la chose tant à coeur qu'à elle seule elle arriva à recueillir trois cents pièces de linge. Puis, aidée de ses compagnes, elle organisa elle-même une représentation théâtrale pour réjouir « les pauvres de Jésus-Christ ». Elle expliqua ainsi à ses auditeurs le sens de la réunion :

« Le groupe des jeunes Tertiaires qui a fondé le Cercle dramatique de sainte-Isabelle a cru répondre au désir de son Père Directeur en vous réunissant dans cette salle pour fêter nos pauvres. c'est une fête simple, mais combien significative, que nous avons organisée en l'honneur de notre auguste Patronne ( Sainte Isabelle ) avant de procéder à la répartition des objets destinés à nos chers pauvres.

« Comment, en effet, laisser passer cette glorieuse fête, sans convoquer les pauvres de Jésus-Christ que notre sainte aimait tellement ? Malgré la noblesse de sa naissance, elle s'est toujours penchée vers eux avec affection; elle leur montrait sa charité par ses largesses et de ses mains elle aimait travailler à la confection des objets qu'elle leur distribuait elle-même. Tout son bonheur était de rendre les autres heureux.

« Nous n'avons qù'à suivre l'exemple de notre sainte Patronne. Avec notre infatigable Directeur, nous voulons jouir du bonheur de répandre sur nos chers pauvres un rayon de soleil. C'est le but de cette petite fête. Puisse-t-elle soulager un peu leur misère ! Les objets que nous avons recueillis ne sont pas aussi abondants que nous l'aurions voulu, mais leur distribution nous offre l'occasion de suivre le noble exemple de sainte Isabelle; elle nous donne aussi la joie d'avoir imité son grand esprit de charité. »

http://messe.forumactif.org/t698p105-maria-de-la-luz-camacho-martyre-1907-1934-mexique#16254
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Message  Roger Boivin le Dim 16 Sep 2012, 5:03 pm



Son action catholique va déborder sous une autre forme. Elle organise des fêtes où les jeunes filles se divertissent sans offenser Dieu. Elle multiplie les thés, où, loin des compagnies douteuses, on s'amuse et on parle d'autres choses que de théâtre, de fiancés, de toilettes. Quelles heures charmantes passées en compagnie de Maria de la Luz ! Tout en causant, elle enseigne à ses compagnes la broderie, la coupe, le tissage; elle les intéresse à ses chers pauvres qui ont besoin de vêtements ou à ses cathéchistes qui attendent des récompenses.

Elle n'oublie jamais le jour de fête de ses compagnes. Elle s'y prend d'avance. Elle recueille un peu d'argent. Le jour venu, elle les conduit à la messe qu'elle fait dire à l'intention de celle qui est l'objet de la fête. Chacune d'elles offre sa communion. Dans l'après-midi, réunion où l'on s'amuse bien.

Toutes ses activités sont animées d'un même zèle : procurer aux jeunes filles une solide formation chrétienne.

L'oeuvre du bon théâtre qui l'occupe surtout durant les dernières années de sa vie n'a pas d'autre but. Elle fonde le cercle dramatique de Sainte-Isabelle. Elle explique en ces termes le but de l'oeuvre à ses collaboratrices :

« Notre cercle essayera de détourner les jeunes filles des divertissements mauvais, des cinémas, des bals et de tous les autres amusements mondains où le bon Dieu est tellement offensé. » Il faut la voir à l'oeuvre. C'est elle qui choisit les pièces, distribue les rôles, exerce les jeunes actrices. Ses parents sont parfois d'avis qu'elle ne réserve pas assez de temps pour les travaux de la maison. Puisque le temps manque, elle en crée, c'est-à-dire qu'elle le dérobe à ses nuits. Pendant les longues semaines de préparation, elle se lève deux heures plus tôt que de coutume.

Le souvenir des fêtes dramatiques organisées par Maria de la Luz est encore vivace à Coyoacan. Au témoignage des spectateurs, elles faisaient toujours salle comble.

Nous avons sous les yeux quelques programmes élaborés par elle.

Le 10 mai 1933, elle fit jouer le Martyre d'une mère pour célébrer la fête des mères chrétiennes.

Le 18 août, une autre grande séance où elle tient le premier rôle dans une pièce comique, le Juguete Comico et dans un drame en trois actes : Marie Stuart. Quelques mois plus tard, elle monte une pièce sur Jeanne d'Arc. Une séance tous les deux ou trois mois.

Elle ne se réservait pas toujours les rôles les plus importants; elle choisissait plutôt les plus tragiques. Elle les rendait à merveille. On la voyait pleurer de vraies larmes.

http://messe.forumactif.org/t698p120-maria-de-la-luz-camacho-martyre-1907-1934-mexique#16677
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Message  Roger Boivin le Dim 16 Sep 2012, 5:05 pm



Dans un drame où la femme de l'infortuné empereur Maximilien est représentée tout en larmes et comme folle de douleur, Maria de la Luz joue le rôle d'une religieuse qui, par ses soins et ses prières, essaye de calmer l'impératrice en délire.

Elle disait :

Notre Père qui êtes aus cieux
Prenez pitié de cette âme;
Et s'il faut, pour la consoler,
Prenez ma vie en échange...

En 1933, les catholiques mexicains vivaient dans une atmosphère d'héroïsme. Le sang coulait encore. La pensée du sacrifice pour la grande Cause était dans tous les esprits, et comme les pièces choisies par Maria de la Luz mettaient le plus souvent en scène quelque victime de la persécution religieuse, les allusions à la vie mexicaine sautaient aux yeux. Les noms changeaient, mais au fond c'était le drame mexicain qui se jouait sur la scène. On devine l'émotion des spectateurs.

Une fois, par exemple, Maria de la Luz joue le rôle d'une esclave chrétienne dans la pièce de Fabiola. Je conserve la copie écrite de sa main. On connaît cette émouvante étude du cardinal Wiseman sur la société chrétienne des premiers siècles. Fabiola est encore païenne et Myrian ( Maria de la Luz ) s'efforce de la convertir à la foi. Myrian est prête à sacrifier sa vie pour Fabiola. Les applications se font d'elles-mêmes : Maria de la Luz est dans son rôle d'apôtre; Fabiola, c'est la chère patrie mexicaine, qu'elle veut sauver.

Maintenant que Maria de la Luz s'est sacrifiée pour le salut de son pays, les paroles qu'elle prononçait dans la pièce prennent un sens encore plus pathétique :


J'ai un désir immense
De l'arracher à la mort...
De semer sur ce terrain fertile
La semence de la vérité et du bien.
Je veux la faire tomber
Prisonnière des filets
De l'amour de Jésus-christ...

***

Les mystères de ma vie ?...
Ils peuvent ainsi se résumer :
Ma mère bénie mourut
Et un épouvantable deuil
Enveloppa notre foyer...

***

Ah ! pour préparer et hâter
Ce que je désire tant.
C'est avec joie que je verserais
Le sang de mes veines !

***

Nos chrétiens ne t'inspirent-ils pas
Respect et bienvaillance ?
Vois l'abnégation avec laquelle
Ils souffrent tant de tortures
Sans même exaler une plainte !
...........................................
Je vois donc aussi la mort
Qui me caresse le visage...
Jésus ! si tant de délices
Peuvent s'unir à la mort,
Laisse-moi mourir maintenant;
Mais accorde-moi de voir
Mon oeuvre achevée
Avant que je ne meure !

( Myrian, blessée à mort par un païen, dit à Fabiola qui s'agenouille : )

Ce sang, ce sang virginal
fut versé pour te sauver !

( Elle baptise Fabiola. )

Toutes deux ensemble,
chacune à sa manière
Nous naissons aujourd'hui
A une vie nouvelle...

( Un choeur invisible se fait entendre. )

Ce sont les anges de Dieu
Penchés sur notre berceau :
Ils nous appellent toutes deux :
Toi, aux saintes luttes de la terre,
Moi, au grand repos du ciel !


En récitant ces vers, Maria de la Luz y mettait un accent de sincérité qui frappait les auditeurs. Prévoyait-elle alors la mort qui l'attendait ?

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Message  Roger Boivin le Dim 16 Sep 2012, 5:09 pm



Une fois, elle eut en plein jour, en pleine rue, une sorte de vision qui la tint profondément émue pendant plusieurs jours. Elle venait de quitter la maison d'une dame de Coyoacan, chez qui elle était allée précisément repasser son rôle en compagnie de sa soeur Lupita. Elle se vit morte, baignée dans son sang, au milieu d'un grand parc et tout entourée de rouges coquelicots. Imagination ou non, la scène devait se reproduire telle quelle : elle mourra, devant l'église paroissiale, dans le grand parc où les Rouges déchargeront sur elle leurs revolvers.

Au témoignage de Mme Camacho, Maria de la Luz préparait ses rôles avec un soin extrême. « Mieux nous réussirons, disait-elle, plus on viendra nous entendre. Plus il y aura de monde, plus abondantes seront les recettes. Si jamais nos prêtres sont mis en prison, nous pourrons payer la rançon de leur délivrance. » Ses représentations faisaient ainsi d'une pierre deux coups : donner au public de Coyoacan une récréation saine et instructive, et recueillir des fonds pour soutenir les bonnes œuvres.

On l'accusa de vouloir briller : le bon Dieu lisait dans son âme les intentions très pures qui l'animaient.

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Message  Roger Boivin le Dim 16 Sep 2012, 5:10 pm



Les derniers traits


Entre temps, Maria de la Luz continuait à donner ses leçons de catéchisme aux enfants de la paroisse qu'elle réunissait chez elle. Elle aimait particulièrement cet exercice d'apostolat. Personne n'était là pour l'épier et lui reprocher de vouloir briller. Le bon Dieu voyait son travail et cela lui suffisait.

Parfois le bien à faire l'appelait au dehors. Elle y courait sans penser que son audace apostolique pourrait lui attirer des ennuis.

Durant l'été de 1934, le cinéma Espoir, de Coyoacan, mit à l'affiche un film d'une immoralité scandaleuse : la Vallée du nu. Maria de la Luz en fut indignée. « Cela ne se passera pas à Coyoacan », se dit-elle. Elle avertit son père et l'engage à organiser un boycottage en règle. Un texte est bientôt rédigé. Avec motifs à l'appui, il invite les citoyens de Coyoacan à ne pas encourager de leur présence le cinéma corrupteur qui ose présenter un tel film. L'honneur de Coyoacan est en jeu. M. Camacho fait imprimer le texte et Maria de la Luz se charge de le répandre. Le temps presse. Elle répartit la besogne entre plusieurs. Sa soeur Lupita prend son paquet d'imprimés; d'autres jeunes filles se partagent le reste avec Maria de la Luz. Le soir, les feuilles volantes avaient pénétré dans toutes les familles de la ville.

Il fallait du courage pour braver la colère du propriétaire de l'Espoir. Maria de la Luz n'avait pas trouvé facilement des jeunes filles pour l'aider. Beaucoup avaient peur et s'étaient fait tirer l'oreille . ce manque de courage l'attrista profondément. « C'est dommage, soupira-t-elle, qu'il n'y ait pas parmi nous plus de Consuelito Madrigal ! »

Consuelito Madrigal est une héroïne mexicaine dont tous les enfants du pays ont lu l'histoire. C'est une sorte de Jeanne d'Arc moderne incarnant l'âme de la résistance aux lois persécutrices.

« Consuelito Madrigal était cette femme sans égale que le sol mexicain sait encore produire... Douée de cet esprit vivace et pratique qu'on rencontre plus fréquemment de nos jours, elle portait dans l'âme, gravée comme dans un camée, les traits caractéristiques d'un christianisme pur et cultivé. Elle regardait le monde bien en face, dans l'attitude sereine d'une apôtre qui sait, croit et aime... »

L'héroïsme de Consuelito se retrouve dans Maria de la Luz. Même zèle, même élévation de sentiments. Mais Consuelito n'est qu'un personnage symbolique; Maria de la Luz est un modèle vivant. Cosuelito donne son temps et son âme à la grande cause; Maria de la Luz y ajoute son sang. L'une offre un sacrifice; l'autre un holocauste.

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