LE CATÉCHISME - Adjutor Rivard - 1919

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Message  Roger Boivin le Dim 08 Juil 2012, 9:26 pm

À MES ENFANTS
ANTOINE ET GEORGINE
_________

J'ai écrit pour vous ces pages,
simples et sans autres ornements
que les mots de notre vieux parler,
mais vraies et qui peut-être assureront
dans votre mémoire la survivance
de quelques souvenirs anciens.

Puissent-elles vous faire aimer
plus encore les gens
et les choses de CHEZ NOUS !

ADJOTOR RIVARD.

Québec, août 1914.


_________


LE CATÉCHISME

L'ONCLE Jean, un soir, racontait ses jeunes années.

- " Dans ce temps-là, il y avait pas guère d'écoles dans les paroisses ; on n'en voyait pas dans chaque rang, comme au jour d'aujourd'hui ; dans notre concession , il n'y en avait point et je n'ai donc pas appris à lire. Je ne l'ai jamais su. C'est là grande misère, sans doute ; mais, pour dire vrai, je n'en ai pas souffert : toute ma vie, j'ai travaillé, sans un jour d'ennui ; le pain n'a jamais manqué, à la maison ; mes garçons sont établis sur de bonnes terres, mes filles ont trouvé de bons partis ; malgré de petits malheurs, et aussi de gros, on a été heureux, la Mélanie et moi ; on l'est encore. Des fois, je me dis, par manière de penser, que le bon Dieu trouvera peut-être qu'après tout on n'a pas trop mal fait son devoir . . . C'aurait-il été mieux, si j'avais su lire ?

" Mais il faut s'entendre. Je ne dis pas de mal de l'instruction. C'est une bonne chose. J'ai voté pour qu'on construise le collège des Frères au village, et pour qu'on loge une deuxième maison d'école dans le quatrième. Il faut des savants dans le monde. Même pour les cultiveux, il est bon de savoir lire, écrire et chiffrer. J'ai fait instruire tous mes enfants.

" Mon idée, c'est que tout cela n'était pas nécessaire autrefois comme astheure. Ah ! le monde est changé ! Autrefois, si j'avais besoin d'un cent de foin, j'avisais, par exemple, Grégoire Saindon qui passait par le chemin du roi. - Eh ! Grégoire, peux-tu me laisser avoir un cent de foin ? - Oui-dà ! répondait-il. Puis, il disait un prix, et le marché était conclu ; quand le foin était livré, il y avait le compte, et l'ajet ; et, quand le prix était payé, il n'y manquait pas une coppe. Aujourd'hui, je ne me risquerait pas à acheter, tout seul, une mesure de grain ; pour la moindre affaire, il faut signer des papiers, sans quoi on n'est sûr de rien ; et, si on signe de confiance, sans avoir lu ce qui est écrit, on est trompé plus souvent qu'à son tour. Je ne dis pas les gens soient moins honnêtes qu'autrefois ; mais, aujourd'hui, tout le monde sait lire, et, je ne sais pas pourquoi, cela change les caractères. Pour défendre sa vie, à présent, il faut de l'instruction.

- " Même autrefois, oncle jean, lui dis-je, il était bon de savoir lire les prières dans le livre de messe, les vérités du salut dans le catéchisme, et, dans les almanachs, le temps qu'il fera . . .

- " Les almanachs, repartit l'oncle, des menteries ! Il y a le soleil, la lune, le vent, les oiseaux, les feuilles et la tête des épinettes blanches : tout cela parle mieux que les almanachs. D'ailleurs, je n'ai pas dit qu'on était des ignorants ; j'ai dit qu'on ne savait pas lire ; ce n'est pas la même chose. Mes prières, je les sais toutes par cœur, et peut-être mieux que toi, mon petit, sans t'offenser ; le petit catéchisme, aussi, je l'ai appris et n'en ai rien oublié. Cette science-là m'a suffi ; je la dois à ma mère, une sainte, qui ne savait pas lire, elle non plus. Écoute, je vais te conter ce qui arriva, quand le temps vint de marcher pour ma première communion.

" Sais-tu ce que c'est que marcher pour la première communion ? . . . Pour nous préparer au grand jour, nous devions aller au village, à trois milles de chez nous, suivre les leçons de catéchisme que monsieur le Curé donnait dans l'église. Tous les matins, nous partions, nos souliers pendus au cou, pour ne les point fatiguer ; au seuil de l'église, nous nous chaussions. Après l'heure du catéchisme, nous revenions de même, par petites troupes. faire, tous les jours pendant un mois, trois milles d'aller et trois milles de retour, à pieds nus, par les routes mauvaises, au soleil ou à la pluie, pour aller à l'église apprendre le catéchisme préparatoire, c'est ce qui s'appelle en français marcher pour la première communion.

" J'étais le plus jeune de ceux qui, un premier de juin, il y a soixante-dix ans, étaient assis sur les grands bancs de l'église, devant monsieur le Curé. C'était la première leçon ; monsieur le Curé devait nous interroger pour voir ce que chacun savait déjà. Une sorte d'examen.

" tout petit, j'étais placé en avant, et l'examen commença par moi.

" - As-tu un catéchisme, mon petit Jean ? demanda d'abord le Curé.

" Tous les autres avaient leur livre. Moi, pas !

" - Non, monsieur le Curé.

" - Sais-tu lire ?

" - Non, monsieur le Curé.

" - Vas-tu à l'école ?

" - Non, monsieur le Curé.

" Je tremblais comme une feuille ; je pensais : Il va me renvoyer, je ne ferai pas ma première communion.

" Des grands, en arrière, chuchotaient.

" J'allais fondre en larmes, quand, après un silence, j'entendis le Curé qui disait :

" - Assieds-toi, petit Jean. On parlera de ça tantôt.

" Et il interrogea les autres. Peu à peu, je repris courage, car je vis que je pourrais répondre aussi bien que les plus savants ; quand, à la fin, monsieur le Curé revint à moi, sans attendre qu'il parlât, je lui dis, me levant soudain :

" - Monsieur le Curé, je sais mon catéchisme.

" - Tu sais ton catéchisme, petit Jean ? Eh ! bien, voyons voir . . .

" Et il commence :
- Qui vous a créé et mis au monde ? . . . Je réponds. - Pourquoi Dieu vous a-t-il créé et mis au monde ? . . . Je réponds. Et puis : - Qu'est-ce que Dieu ? . . . Je réponds. - Combien y a-t-il de personnes en Dieu ? . . . je réponds.

" Monsieur le Curé, un peu surpris, et qui n'avait posé aux autres enfants que ces questions faciles, ne s'en tient pas là avec moi ; il continue, m'interroge sur l'Eglise, sur les Sacrements, sur les Commandements, et le reste . . . Je réponds. Il mêle les questions, saute d'un chapitre à l'autre . . . Je réponds toujours. Il demande des explications . . . Je réponds, je réponds. Presque tout le petit catéchisme y passe.

" Alors le bon vieux curé descend les marches, me met la main sur la tête :

" - Qui t'a appris le catéchisme, petit Jean ?

" - C'est maman, monsieur le Curé.

" - Eh ! bien, tu diras à ta maman que son petit Jean va suivre les leçons de catéchisme, et qu'il fera sa première communion cette année.

" Eh ! oui, je savais mon catéchisme d'un bout à l'autre. Je l'avais appris sur les genoux de ma mère. Elle, qui ne savait pas lire, nous enseignait comme elle avait été enseignée, sans livre, par cœur ; dans les soirées d'hiver, nos yeux dans ses yeux, mes frères et moi, nous répétions mot à mot les réponses qu'elle nous disait, réponses obscures d'abord, puis qu'elle expliquait, qu'elle nous faisait comprendre . . C'est d'elle que j'avais appris mon catéchisme ; c'est d'elle que je tiens tout ce que je sais.

" Ce qu'on a appris sur les genoux de sa mère, ça ne s'oublie pas. "

Le vieillard s'était tu et j'écoutais encore. J'écoutais la leçon de cette humble femme, qui ne savait pas lire, et qui avait enseigné à ses fils cet alphabet de la sagesse divine, fondement de toute sagesse humaine. Cette science, la seule nécessaire, elle l'avait reçue pareillement d'une mère, qui la tenait elle-même de quelque aïeule illettrée. De génération en génération, je remontais jusqu'à l'ancêtre, première venus au Canada, qui avait apporté de France, dans sa tête, dans son cœur, le trésor des grandes vérités dont vivent les peuples, et en avait fait largesse à sa race . . .

ADJUTOR RIVARD

CHEZ NOUS

QUÉBEC
ÉDITIONS GARNEAU
1945
Voici l'édition de 1919 ; dans celui-ci, cependant, ne s'y trouvent pas certains textes dont LE CATÉCHISME :

http://www.archive.org/stream/cheznous00rivauoft#page/n7/mode/2up


Dernière édition par roger le Dim 08 Juil 2012, 11:54 pm, édité 2 fois
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LE CATÉCHISME - Adjutor  Rivard - 1919 Empty LES MÈRES DES SAINTS - Charles de Ricault d'Héricault - 1895

Message  Roger Boivin le Dim 08 Juil 2012, 9:37 pm

En espérant - parce qu'il est sans approbation - que ce livre soit parfaitement conforme à l'enseignement de l'Église ; quoiqu'on soit cependant déjà rassuré en lisant, dès le début, l'AVERTISSEMENT, la DÉDICACE et la CAUSERIE PRÉLÉMINAIRE :

LES MÈRES DES SAINTS - 2e édition - par Charles de Ricault d'Héricault - 1895 :

http://www.archive.org/stream/lesmresdessain00hr#page/n3/mode/2up

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Message  Catherine le Lun 09 Juil 2012, 1:49 am

Très intéressant, merci Roger!
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Message  Roger Boivin le Lun 09 Juil 2012, 7:40 am

Catherine a écrit:Très intéressant, merci Roger!
Wink
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Message  ROBERT. le Lun 09 Juil 2012, 4:33 pm

roger a écrit:
À MES ENFANTS
ANTOINE ET GEORGINE
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J'ai écrit pour vous ces pages,
simples et sans autres ornements
que les mots de notre vieux parler,
mais vraies et qui peut-être assureront
dans votre mémoire la survivance
de quelques souvenirs anciens.

Puissent-elles vous faire aimer
plus encore les gens
et les choses de CHEZ NOUS !

ADJOTOR RIVARD.

Québec, août 1914.


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LE CATÉCHISME

Spoiler:
L'ONCLE Jean, un soir, racontait ses jeunes années.

- " Dans ce temps-là, il y avait pas guère d'écoles dans les paroisses ; on n'en voyait pas dans chaque rang, comme au jour d'aujourd'hui ; dans notre concession , il n'y en avait point et je n'ai donc pas appris à lire. Je ne l'ai jamais su. C'est là grande misère, sans doute ; mais, pour dire vrai, je n'en ai pas souffert : toute ma vie, j'ai travaillé, sans un jour d'ennui ; le pain n'a jamais manqué, à la maison ; mes garçons sont établis sur de bonnes terres, mes filles ont trouvé de bons partis ; malgré de petits malheurs, et aussi de gros, on a été heureux, la Mélanie et moi ; on l'est encore. Des fois, je me dis, par manière de penser, que le bon Dieu trouvera peut-être qu'après tout on n'a pas trop mal fait son devoir . . . C'aurait-il été mieux, si j'avais su lire ?

" Mais il faut s'entendre. Je ne dis pas de mal de l'instruction. C'est une bonne chose. J'ai voté pour qu'on construise le collège des Frères au village, et pour qu'on loge une deuxième maison d'école dans le quatrième. Il faut des savants dans le monde. Même pour les cultiveux, il est bon de savoir lire, écrire et chiffrer. J'ai fait instruire tous mes enfants.

" Mon idée, c'est que tout cela n'était pas nécessaire autrefois comme astheure. Ah ! le monde est changé ! Autrefois, si j'avais besoin d'un cent de foin, j'avisais, par exemple, Grégoire Saindon qui passait par le chemin du roi. - Eh ! Grégoire, peux-tu me laisser avoir un cent de foin ? - Oui-dà ! répondait-il. Puis, il disait un prix, et le marché était conclu ; quand le foin était livré, il y avait le compte, et l'ajet ; et, quand le prix était payé, il n'y manquait pas une coppe. Aujourd'hui, je ne me risquerait pas à acheter, tout seul, une mesure de grain ; pour la moindre affaire, il faut signer des papiers, sans quoi on n'est sûr de rien ; et, si on signe de confiance, sans avoir lu ce qui est écrit, on est trompé plus souvent qu'à son tour. Je ne dis pas les gens soient moins honnêtes qu'autrefois ; mais, aujourd'hui, tout le monde sait lire, et, je ne sais pas pourquoi, cela change les caractères. Pour défendre sa vie, à présent, il faut de l'instruction.

- " Même autrefois, oncle jean, lui dis-je, il était bon de savoir lire les prières dans le livre de messe, les vérités du salut dans le catéchisme, et, dans les almanachs, le temps qu'il fera . . .

- " Les almanachs, repartit l'oncle, des menteries ! Il y a le soleil, la lune, le vent, les oiseaux, les feuilles et la tête des épinettes blanches : tout cela parle mieux que les almanachs. D'ailleurs, je n'ai pas dit qu'on était des ignorants ; j'ai dit qu'on ne savait pas lire ; ce n'est pas la même chose. Mes prières, je les sais toutes par cœur, et peut-être mieux que toi, mon petit, sans t'offenser ; le petit catéchisme, aussi, je l'ai appris et n'en ai rien oublié. Cette science-là m'a suffi ; je la dois à ma mère, une sainte, qui ne savait pas lire, elle non plus. Écoute, je vais te conter ce qui arriva, quand le temps vint de marcher pour ma première communion.

" Sais-tu ce que c'est que marcher pour la première communion ? . . . Pour nous préparer au grand jour, nous devions aller au village, à trois milles de chez nous, suivre les leçons de catéchisme que monsieur le Curé donnait dans l'église. Tous les matins, nous partions, nos souliers pendus au cou, pour ne les point fatiguer ; au seuil de l'église, nous nous chaussions. Après l'heure du catéchisme, nous revenions de même, par petites troupes. faire, tous les jours pendant un mois, trois milles d'aller et trois milles de retour, à pieds nus, par les routes mauvaises, au soleil ou à la pluie, pour aller à l'église apprendre le catéchisme préparatoire, c'est ce qui s'appelle en français marcher pour la première communion.

" J'étais le plus jeune de ceux qui, un premier de juin, il y a soixante-dix ans, étaient assis sur les grands bancs de l'église, devant monsieur le Curé. C'était la première leçon ; monsieur le Curé devait nous interroger pour voir ce que chacun savait déjà. Une sorte d'examen.

" tout petit, j'étais placé en avant, et l'examen commença par moi.

" - As-tu un catéchisme, mon petit Jean ? demanda d'abord le Curé.

" Tous les autres avaient leur livre. Moi, pas !

" - Non, monsieur le Curé.

" - Sais-tu lire ?

" - Non, monsieur le Curé.

" - Vas-tu à l'école ?

" - Non, monsieur le Curé.

" Je tremblais comme une feuille ; je pensais : Il va me renvoyer, je ne ferai pas ma première communion.

" Des grands, en arrière, chuchotaient.

" J'allais fondre en larmes, quand, après un silence, j'entendis le Curé qui disait :

" - Assieds-toi, petit Jean. On parlera de ça tantôt.

" Et il interrogea les autres. Peu à peu, je repris courage, car je vis que je pourrais répondre aussi bien que les plus savants ; quand, à la fin, monsieur le Curé revint à moi, sans attendre qu'il parlât, je lui dis, me levant soudain :

" - Monsieur le Curé, je sais mon catéchisme.

" - Tu sais ton catéchisme, petit Jean ? Eh ! bien, voyons voir . . .

" Et il commence :
- Qui vous a créé et mis au monde ? . . . Je réponds. - Pourquoi Dieu vous a-t-il créé et mis au monde ? . . . Je réponds. Et puis : - Qu'est-ce que Dieu ? . . . Je réponds. - Combien y a-t-il de personnes en Dieu ? . . . je réponds.

" Monsieur le Curé, un peu surpris, et qui n'avait posé aux autres enfants que ces questions faciles, ne s'en tient pas là avec moi ; il continue, m'interroge sur l'Eglise, sur les Sacrements, sur les Commandements, et le reste . . . Je réponds. Il mêle les questions, saute d'un chapitre à l'autre . . . Je réponds toujours. Il demande des explications . . . Je réponds, je réponds. Presque tout le petit catéchisme y passe.

" Alors le bon vieux curé descend les marches, me met la main sur la tête :

" - Qui t'a appris le catéchisme, petit Jean ?

" - C'est maman, monsieur le Curé.

" - Eh ! bien, tu diras à ta maman que son petit Jean va suivre les leçons de catéchisme, et qu'il fera sa première communion cette année.

" Eh ! oui, je savais mon catéchisme d'un bout à l'autre. Je l'avais appris sur les genoux de ma mère. Elle, qui ne savait pas lire, nous enseignait comme elle avait été enseignée, sans livre, par cœur ; dans les soirées d'hiver, nos yeux dans ses yeux, mes frères et moi, nous répétions mot à mot les réponses qu'elle nous disait, réponses obscures d'abord, puis qu'elle expliquait, qu'elle nous faisait comprendre . . C'est d'elle que j'avais appris mon catéchisme ; c'est d'elle que je tiens tout ce que je sais.

" Ce qu'on a appris sur les genoux de sa mère, ça ne s'oublie pas. "

Le vieillard s'était tu et j'écoutais encore. J'écoutais la leçon de cette humble femme, qui ne savait pas lire, et qui avait enseigné à ses fils cet alphabet de la sagesse divine, fondement de toute sagesse humaine. Cette science, la seule nécessaire, elle l'avait reçue pareillement d'une mère, qui la tenait elle-même de quelque aïeule illettrée. De génération en génération, je remontais jusqu'à l'ancêtre, première venus au Canada, qui avait apporté de France, dans sa tête, dans son cœur, le trésor des grandes vérités dont vivent les peuples, et en avait fait largesse à sa race . . .

ADJUTOR RIVARD

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Très belle histoire sur le catéchisme, Roger. LE CATÉCHISME - Adjutor  Rivard - 1919 962688 Marci ben...

Dans l'temps, si ma mémoire est bonne, on disait: l'instruction n'apporte pas à manger !

Astheure, ça devrait être plus vrai que jamais !

Adjutor, beau nom pour un enfant n'est-ce pas ?

Du latin Adjutor: qui aide, assistant…

et peut-être de l’expression: adjutórium nostrum in nómine Dómini, que l’on disait juste avant le Confiteor…


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ROBERT.
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