La fidélité à la GRÂCE

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Message  Monique le Ven 13 Fév 2009, 6:45 pm

INTRODUCTION

« La sainteté, expliquait un jeune garçon, consiste à toujours dire OUI au bon Dieu » ; et comme l'on demandait à une fillette qui approchait de sa Première Communion : « Que vas-tu demander au petit Jésus ce jour-là ? — D'être une sainte. — Sais-tu ce que c'est qu'une sainte ? — Oui, c'est quelqu'un qui donne tout au bon Dieu. » Sans le savoir, ces enfants exprimaient une des vérités sur lesquelles ont le plus insisté les Maîtres Spirituels.

Mgr Gay ne dira-t-il point, par exemple : « La sainteté n'est qu'un oui plénier et perpétuel que la créature dit à Dieu ; un oui vivant dans lequel elle fait volontairement passer tout son être ; un oui fervent, pratique, efficace. » Ailleurs il résume plus brièvement encore : « Nous avons mille devoirs ; tous reviennent à l'obligation de correspondre à la grâce. »

Voici saint Alphonse de Liguori : « Toute notre perfection consiste dans l'amour de notre Dieu infiniment aimable. Or, toute la perfection de l'amour divin consiste dans l'union de notre volonté à celle de Dieu... Si donc nous désirons-entièrement plaire au Cœur de Dieu, tâchons-non seulement de nous conformer en tout à sa sainte volonté, mais de nous y conformer si je puis m'exprimer ainsi, tellement que des deux volontés nous n'en fassions qu'une... Les saints n'ont jamais eu d'autre but que de faire la volonté de Dieu, persuadés que c'est en cela que consiste toute la perfection d'une âme... Et Marie n'a été la plus parfaite entre tous les saints que parce qu'elle a toujours été plus parfaitement unie à la volonté de Dieu. »
A suivre...

PAR LE R.P. PLUS S.J.
IMPRIMATUR :
Le 1er mars 1947,
Jules, Card. Saliège, Archevêque de Toulouse.


Dernière édition par Paradiso le Dim 22 Fév 2009, 7:52 pm, édité 1 fois
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Message  Monique le Sam 14 Fév 2009, 6:57 pm

INTRODUCTION (suite)


« J'ai une somme de bien à faire, écrit Mgr d'Hulst, d'amour à donner à Dieu, de dévouement à consacrer aux hommes ; une somme de pénitence à accomplir pour mes péchés ; une autre — indéfinie — pour les péchés des hommes ; une somme de prières à offrir au ciel pour eux et pour moi ; une somme de devoirs de toute sorte à rendre à mon Père céleste ; enfin un certain usage à faire de mon âme et de mon corps,, de mes facultés et de mes membres, de mon temps et de mes œuvres, pour la gloire de mon Dieu et l'accomplissement de ses desseins. Voilà le plan qu'il me trace, voilà sur quoi je serai jugé. A ma dernière heure, il faudra pouvoir dire : Consummatum est. Père, j'ai achevé la tâche que vous m'aviez confiée... Tout est dit; je serai saint. »

Dans son style à l'emporte-pièce, le curé d'Ars : « Si on disait aux damnés : « Pourquoi êtes-vous-en enfer ? » ils répondraient : « Pour avoir résisté au Saint-Esprit. » Et si l'on disait aux saints : « Pourquoi êtes-vous au ciel ? » ils répondraient : « Pour avoir écouté le Saint-Esprit. »

Parmi les écrivains spirituels de la Compagnie de Jésus, relevons, entre beaucoup, ces textes capitaux :
« De même que l'amour de Dieu est la forme la plus élevée et la plus parfaite de la vertu, écrit Rodriguez, une soumission parfaite à la volonté de Dieu est l'expression la plus sublime et la plus pure, la fleur la plus exquise de l'amour... D'ailleurs, n'est-il pas de toute évidence que, rien n'étant aussi bon et aussi parfait que la volonté de Dieu, on deviendra d'autant plus saint et plus vertueux qu'on se conformera plus parfaitement à cette volonté (1). »

« La grâce de Dieu, lisons-nous dans la Retraite spirituelle du bienheureux Père de la Colombière (2), est une semence qu'il ne faut pas étouffer. .. Il faut être fidèle aux mouvements qui nous portent à faire quelque action de vertu en certaines occasions, parce que cette fidélité est quelquefois le nœud de notre bonheur. Une mortification que Dieu nous inspire en certaines circonstances, si on écoute sa voix, produira peut-être de très grands fruits et la sainteté en nous, au lieu que le mépris qu'on ferait de cette petite grâce pourrait avoir de très funestes conséquences. »
(1) Perfection chrétienne, 8e L., ch. I.
(2) 4e Semaine.


A suivre...
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Message  Monique le Dim 15 Fév 2009, 6:30 pm

INTRODUCTION (suite et fin)


L'auteur de La Doctrine spirituelle, le P. Louis Lallemant, ne parle pas autrement que le P. de la Colombière : « Avoir étouffé un mouvement (de nature), c'est avoir plus gagné que la possession de cent mille mondes pour l'éternité (1), » Il dit encore : « Il y a peu d'âmes parfaites parce qu'il y en a peu qui suivent la conduite du Saint-Esprit... La cause pourquoi l'on n'arrive que fort tard ou que l'on n'arrive jamais à la perfection, c'est qu'on ne suit presque en tout que la nature et le sens humain. On ne se conduit que fort peu ou point du tout par le Saint-Esprit (2). »
Enfin, Gonnelieu : « La fidélité à la grâce n'est pas tant une vertu particulière que l'esprit et l'âme de toutes les vertus... La fidélité aux inspirations du Saint-Esprit et aux mouvements de la grâce est ce qui fait tous les saints (3). »

Puisque c'est la fidélité à la grâce qui fait les saints, il est de toute évidence que nous devons nous entraîner à correspondre pleinement aux désirs du Saint-Esprit sur nous. On comprend donc qu'il ne s'agit point dans ces pages de la fidélité qu'on pourrait appeler négative, de la fidélité essentielle, nécessaire sous peine de faute ; il s'agit d'un problème beaucoup plus délicat, celui de la fidélité positive, de cette promptitude ailée, souple, joyeuse à adhérer de notre mieux à ce que réclame au fond de nous la Voix qui se fait entendre sans bruit de paroles.

La sainteté, un oui parfait, un oui vivant à toutes les volontés, à toutes les inspirations divines. Incliner les âmes à ne jamais se refuser aux trois lettres victorieuses, tel est l'objet de nos pages.
Elles n'ont rien d'un traité complet (1). Un modeste syllabaire pour apprendre à dire OUI.
(1) III° Principe, ch. II, art. IV, I.
(2) Il ajoute : ... « Fort peu se tiennent constamment dans les voies de Dieu. Plusieurs s'en écartent sans cesse. Le Saint-Esprit les rappelle par ses inspirations, mais comme ils sont indociles, pleins d'eux-mêmes, attachés à leurs sentiments, ils ne se laissent pas facilement conduire... Ainsi, ils n'avancent pas beaucoup et sont surpris par la mort, n'ayant fait que vingt pas où ils eussent pu faire dix mille s'ils se fussent abandonnés à la conduite du Seigneur. Au contraire, les personnes vraiment intérieures qui se conduisent par la lumière de l'Esprit de Dieu... vont à pas de géant dans les voies de la grâce. » (Ed. Pottier, 187-183.)
(3) De la Présence de Dieu, 1re partie, ch. III, début.
(1) Le livre V du volume Dans le Christ Jésus, pp. 187 à 219, peut aider à préciser la Psychologie du S.-E. agissant dans l'âme et la Psychologie de l'âme agissant sous l'action du S.-E. Nous supposons acquis ces éléments de base.



A suivre... Chap. I - DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ A LA GRÂCE
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Message  Diane le Lun 16 Fév 2009, 10:01 am

Un oui parfait à toutes les volontés Divine, voilà, la vraie sainteté
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Message  Monique le Lun 16 Fév 2009, 6:04 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I

Déjà par les quelques textes cités dans l'Introduction, il a été facile de se représenter l'importance primordiale de la fidélité à la grâce.

De multiples raisons viennent fonder les dires des Maîtres spirituels. Regardons d'abord du côté de Dieu. Ce qu'il est, ce qu'il a fait pour nous, combien peu, même parmi ses fidèles, lui assurent leur fidélité, ne sont-ce pas déjà trois motifs qui devraient nous incliner à un service respectueusement attentif, à un dévouement sans lacunes et sans mollesse ?

Avons-nous déjà réfléchi à ce que Dieu est. Les Hébreux se faisaient une telle idée de sa grandeur qu'ils avaient hésité à lui donner un nom. Dieu, c'était l'ineffable, la grandeur par excellence, celui dont on ne peut traduire la souveraine excellence.

Le peuple chrétien a osé nommer Dieu, mais l'Eglise a toujours blâmé ceux qui prononçaient inconsidérément son nom. Les saints ne le profèrent qu'avec un immense respect.

Chaque fois que, dans les Exercices, saint Ignace de Loyola nomme Dieu, il l'appelle Deus ac Dominus noster, comme si, en Dieu, ce qui le frappait surtout, c'était son infinie Majesté, le droit qui lui revient à être honoré, aimé, servi en plénitude.


Eh ! quoi ? Le Très-Haut étant tout ce qu'il est, notre fidélité à son service s'avérerait une fidélité au compte-gouttes, une fidélité maussade ou remplie d'à-coups, une fidélité de pacotille ? Ayant droit à tout, il ne recevrait de nous que du rien ou du presque rien ? S'il y a en nous quelque chose qui marque à jamais notre petitesse, ne serait-ce point cette inaptitude que possèdent la plupart d'entre nous à ne point se soucier de la grandeur de Dieu ? Qui songe, en priant, à la majesté souveraine de Celui qu'il prie ?
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Message  Monique le Mar 17 Fév 2009, 6:22 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I


A voir le laisser-aller des attitudes, l'absence de recueillement, la routine morne, sans effort pour situer Dieu dans la vérité de son être et donc du respect qui lui convient, n'apparaît que trop notre oubli des distances. Et ce qui est vrai de notre prière est vrai de notre façon de servir ; nous traitons Dieu vraiment comme s'il était quelqu'un d'insignifiant et pour qui suffit bien une maigre fidélité anémique et sans vigueur.

Mais non seulement Dieu est tout ce qu'il est. Que n'a-t-il pas fait pour nous ? Motif d'intelligence, oui ; motif de reconnaissance plus encore. Est-ce rien, pour Dieu, de nous avoir appelés à l'être ? Il aurait pu nous garder à jamais dans le néant. Nous ayant donné l'être, il nous a appelés à une vie divine. Nous ayant créés, rien ne l'obligeait à nous diviniser. Nous ayant divinisés, il a voulu, tous nos privilèges surnaturels ayant été perdus par la désobéissance originelle, nous re-diviniser ! Nous ayant octroyé le surnaturel une première fois, il aurait pu, devant notre indélicatesse et notre peu d'empressement, renoncer à ses projets de divinisation de l'humanité.

Est-ce rien, pour Dieu, alors que la divinisation première ne lui avait rien coûté — un souffle de sa bouche, dixit et facta sunt — d'avoir voulu la re-divinisation au prix d'un dernier soupir, la venue et la mort du Verbe fait chair et monté en croix ? Est-ce rien, de la part de Notre-Seigneur, pour nous aider de toutes manières à garder notre vie divine, à l'intensifier si possible, d'avoir fondé l'Eglise avec ses sacrements, sa loi sainte, son autorité préservatrice, ses exemples sanctifiants ? Est-ce rien, de la part de Notre-Seigneur, de nous avoir incorporés à sa personne, d'avoir voulu que nous soyons des prolongements de Lui, portio Christi ?

Et tout cela, pour que nous soyons des chrétiens vulgaires, des serviteurs au rabais ?
Tout ce qu'il est. Tout ce qu'il donne. Faut-il ajouter : le peu qu'il reçoit ?

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Message  Monique le Mer 18 Fév 2009, 6:03 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I


En effet, comment vivent la plupart des chrétiens ? Sans doute portent-ils témoignage devant le monde, par une pratique assidue, de ce qu'est la religion du Sauveur Jésus, et ceux qui ne partagent pas leur croyance, mais qui les voient vivre, séduits par la beauté conquérante de leur vie exemplaire, seront-ils attirés à l'Evangile?

Il existe assurément de beaux types de chrétiens. Trop rares, il faut l'avouer. Et ce que dit un de nos contemporains n'est pas sans vérité : « La plus grande objection au christianisme, ce sont les chrétiens eux-mêmes. Les chrétiens sont un scandale aux hommes qui veulent revenir à la foi chrétienne... »

Au cours des siècles précédents, on jugeait avant tout la foi chrétienne par son éternelle vérité, sa doctrine et ses commandements. Mais notre siècle est trop absorbé par l'homme et par l'humain. Les mauvais chrétiens masquent le christianisme. Leurs mauvaises actions, les déformations qu'ils apportent à leur foi, leurs excès captivent plus que le christianisme lui-même, sont plus apparents que la grande vérité chrétienne.

Un grand nombre, à notre époque, commencent à juger la foi chrétienne par ses adeptes, trop souvent extérieurs et dégénérés. Le christianisme est la religion de l'amour, mais on le juge par l'animosité et la haine des chrétiens. Le christianisme est la religion de la liberté, mais on le juge par les violences que les chrétiens ont commises dans l'histoire.

Les chrétiens compromettent leur foi et sont un piège pour les faibles... A cause de l'indignité des chrétiens, on a oublié le Christ, on a cessé de le voir. » Berdiaeff conclut que « les temps doivent venir où les chrétiens cesseront d'être un obstacle sur la voie du salut (1). »
(1) Nicolas Berdiaeff, De la dignité du Christianisme.

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Message  Monique le Jeu 19 Fév 2009, 6:15 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I

Oui, que ces temps viennent ; qu'ils accourent ! Les infidèles, soit ! c'est leur métier de mal servir ! Mais que les « fidèles », enfin ! se décident à mériter le nom qu'ils portent. On se douterait si peu, à les voir, certains d'entre eux tout au moins, qu'ils s'intitulent les fidèles.

Au début du christianisme, il n'y avait pas, sauf exceptions, de chrétiens spécialement voués à la vie religieuse. Certes, on n'ignorait point les paroles de N.-S. au jeune homme riche : « Si tu veux être parfait, vends tes biens, etc.. », mais on estimait que les seules exigences du baptême contraignaient chaque baptisé à la perfection de l'Evangile, selon sa grâce personnelle et son état de vie.

Au surplus, sans cesse exposé au martyre, chaque fidèle voulait être prêt, si Dieu lui demandait le suprême sacrifice ; cette situation d'alerte l'aidait singulièrement à se maintenir en générosité (1).

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Message  Monique le Ven 20 Fév 2009, 6:17 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I


Le départ pour les déserts et la vie monastique n'eut lieu que plus tard : le nombre des disciples du Christ augmentant et les persécutions ayant cessé, il arriva que la teneur évangélique du christianisme de la masse s'affaiblit ; alors des fidèles animés du désir de vivre plus intégralement leur foi quittèrent le monde.

Actuellement, n'est-il pas attristant de voir comment, après des siècles de christianisme, un nombre relativement considérable de fidèles se contente d'une fidélité dérisoire ? Et pourtant, outre les exigences du baptême qui restent les mêmes que dans les premiers temps chrétiens, est-ce que la misère même de l'époque où nous vivons ne réclamerait pas des âmes fortement chevillées, une générosité sans défaillance, une fidélité du plus solide aloi. Il n'est dit nulle part que l'ère des martyrs est close. En tout cas, l'ère de la vaillance et de la sainteté est toujours de saison.

Mais nous, qui jugeons nos frères trop peu fervents, nous, les meilleurs, — car j'imagine, ce ne sont pas les chrétiens de seconde zone qui liront ce livre, — quelle est la mesure de notre fidélité ? Ce dont Notre-Seigneur s'est toujours plaint le plus, n'est-ce pas de la fidélité trop infidèle de ceux qui se prétendent ses amis ?

Les bourreaux, les pharisiens, le procurateur ambitieux, soit ! Ils ne comprennent pas, ils n'aiment pas, on leur pardonne. Mais Judas l'apôtre ? mais Pierre l'apôtre ? mais les Douze ? mais, au long des siècles, tant de choisis appelés aux délicatesses de l'amour, promis à la générosité, comblés de grâces, et si lâches, au moins par moments, si insignifiants alors qu'ils s'étaient engagés à être « insignes » !

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Message  Monique le Sam 21 Fév 2009, 7:04 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I



Le cardinal Manning notait dans son Journal, sans exclure même ceux qui sont engagés dans le sacerdoce :
« Nous ne répondons qu'à une vingtaine des grâces qui nous arrivent par centaines ; ou bien nous n'en comptons qu'une vingtaine et ne répondons qu'à une. »

Lors même qu'on a voué à Dieu de tendre à la perfection dans la vie religieuse, que de déchet, parfois !
Dans une retraite prêchée, il y a quelques années, à des religieux de son Ordre, un pieux dominicain leur disait qu'une âme arrivée à de très hauts états d'union avait entendu Notre-Seigneur se plaindre à elle et lui dire : « Ah ! si, sur cent prêtres, un seul se donnait tout entier à moi ; si sur trente religieux, un seul se donnait complètement à mon service, quel bien je ferais dans le monde (1) ! »

Nous laissons à ce prédicateur la responsabilité de son affirmation et la juste appréciation de ses sources. Mais si la parole est vraie, comme elle porte à réflexion ! Un sur trente, un sur cent ! Et Notre-Seigneur semble dire qu'il ne les obtient pas.
« J'ai cherché des consolateurs, et je n'en ai pas trouvé, ou ceux que j'ai trouvés m'ont si peu aidé, m'ont si douloureusement déconcerté... Toi, du moins ? (2) »
Eh ! bien, oui, moi ? Me faut-il d'autres raisons ? Quand comprendrons-nous ? Quand com-prendrai-je que c'est l'heure ? Je n'ai que trop tardé.
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Message  Monique le Dim 22 Fév 2009, 7:53 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I


Mais voici qu'un nouveau motif intervient, surtout pour quiconque veut jouer pleinement son rôle providentiel dans l'histoire du salut du monde.
Les âmes ne s'achètent qu'au prix de nos fidélités.

On s'étonne parfois qu'il y ait — relativement — tant d'apôtres et si peu d'apostolat fécond. La raison de cet écart entre la main-d'œuvre au service de l'Eglise et les résultats obtenus ne serait-elle pas que, parmi les semeurs, trop peu font attention à ce qui rend fécond le grain qu'ils jettent à profusion.

Le monde n'a pas besoin de beaucoup de paroles. Il est excédé de paroles. Il n'a pas besoin de beau langage. La littérature des prédicateurs, si utile qu'elle soit quand elle vérifie son légitime objet, n'a jamais, comme telle, converti personne. Le monde n'a que faire de tout ce qui est « airain sonnant et cymbale retentissante », et l'Evangile n'a que faire de simples dispensateurs de bruit.

Ce que veulent les âmes, pour être touchées, ce sont des apôtres authentiques, dont les gestes ou les paroles viennent s'adosser à une sainteté véritable. Les dons humains sont utiles, et bienheureux qui les possède ; mais à eux seuls ils ne suffisent pas. Sainteté véritable, nous le verrons mieux plus loin, mais tout lecteur déjà s'en rend compte, signifie avant tout fidélité à Dieu par amour.

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Message  Monique le Lun 23 Fév 2009, 6:05 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I


A une religieuse qui aspirait à ne rien refuser au bon Maître et à qui d'ailleurs Notre-Seigneur reprochait les moindres indélicatesses tant soit peu consenties, le Sauveur confiait le soin de réparer pour tous les péchés commis dans l'univers au cours d'une année entière. Quel prix exigeait-il pour obtenir cette compensation ? L'absolue fidélité.

Au tome II de sa grande Histoire littéraire, du Sentiment religieux en France (1), H. Bremond ne rapporte-t-il pas l'exemple de cette Marie Teyssonnier qu'on appelait Marie de Valence, une brave fille vivant au milieu du monde, à qui le Christ confiait, pour sa part d'apostolat et de conquête, « cinquante mille pécheurs à convertir, trente, mille pénitents à confirmer dans leur ferme propos, quinze mille justes et douze mille saints à maintenir et à faire croître en vertu » ? Ici encore, quel prix Notre-Seigneur mettait-il pour l'obtention de ce résultat ? L'absolue fidélité.

Un Jésuite du XVIIe siècle, appelé à former à l'apostolat les jeunes prêtres de son Ordre, le P. Judde, insistait sur la nécessité du don total à Dieu pour quiconque voulait être, dans son zèle, autre chose qu' « un fantôme en rupture de sépulcre »

Qu'il s'agisse de l'apostolat du sacerdoce ou de la vie religieuse, ou bien de l'apostolat dans le monde, la règle est la même.

(1) L'lnvasion mystique, ch. II, p. 61.

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Message  Monique le Mar 24 Fév 2009, 6:49 pm

DIEU, LES ÂMES ET NOTRE FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE I


En vérité, prêcher aux autres le devoir de la fidélité et ne pas soi-même être fidèle, est-ce admissible ? Et croit-on par hasard que les âmes s'achètent par de simples déploiements d'activité humaine ? Ce serait trop facile, en vérité !

Les âmes s'achètent par des détachements effectifs. Dieu ne refuse pas la conquête d'autrui à qui d'abord se conquiert soi-même. Mais qui refuse de se conquérir soi-même ne conquerra jamais personne. Il faut du sang pour assurer la Rédemption, il faut de multiples gouttes de fidélité plus précieuses que le sang des veines. Oh a barre sur autrui quand on a barre sur Dieu, et on a barre sur Dieu quand on a barre sur soi-même.

Tous les apôtres savent qu'il faut en passer par ce cycle. Que le chaînon intermédiaire vienne à manquer, l'on n'a pas d'action sur les réserves de la grâce, et, par voie de conséquence, l'on n'a pas d'action sur l'infusion de la grâce dans les âmes.
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Message  Monique le Mer 25 Fév 2009, 6:02 pm

DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT ET FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE II


La fidélité à la grâce qui nous fait rendre à Dieu l'hommage mérité par sa grandeur et par Sa bonté, qui compense pour l'inertie du grand nombre et mesure l'efficacité de notre apostolat, est aussi pour nous la meilleure manière pratique d'honorer le Saint-Esprit.

Pour beaucoup de chrétiens, la dévotion au Saint-Esprit est inexistante. « Nous ne savons même pas qu'il y eût un Saint-Esprit », pourraient-ils dire, comme certains des premiers disciples (1), et s'ils connaissent son existence théorique, ils ne conçoivent, pas en quoi peut et doit consister, au concret, son culte effectif. C'est là, pour eux, dévotion adventice, de second ou d'arrière-plan, ou encore dévotion passagère à l'époque liturgique de la Pentecôte : il y a une neuvaine ou une octave au Saint-Esprit, comme il y a en mars la neuvaine dite « de la grâce » à saint François-Xavier.
Ils sont en partie excusables.

Outre que le Saint-Esprit n'est pas facilement « représentable » — l'Eglise, sous Benoît XIV, a défendu de le figurer autrement que par la colombe ou la langue de feu, — il est mentionné le dernier dans le signe de croix ; lui-même est une réalité purement invisible ; ses dons, une réalité purement intérieure ; les catéchismes n'en parlent pour ainsi dire pas, et les prédicateurs ne touchent guère le sujet.

Nous nous souvenons d'un Supérieur de collège nous ayant invité à prêcher à ses jeunes gens pour la Pentecôte et croyant utile de nous avertir : « Et surtout, ne leur parlez pas du Saint-Esprit ! » On entend ce qu'il voulait dire : « N'entrez pas dans la question abstruse du problème de la Trinité... » Mais le propos n'était-il pas révélateur ?
(1) Act,, XIX, 2.

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Message  ROBERT. le Mer 25 Fév 2009, 6:29 pm

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Paradiso a écrit:DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT ET FIDÉLITÉ À LA GRÂCE

Nous nous souvenons d'un Supérieur de collège nous ayant invité à prêcher à ses jeunes gens pour la Pentecôte et croyant utile de nous avertir : « Et surtout, ne leur parlez pas du Saint-Esprit ! » On entend ce qu'il voulait dire : « N'entrez pas dans la question abstruse du problème de la Trinité... » Mais le propos n'était-il pas révélateur ?



C'est avec une mentalité pareille, un tel "amour" de Dieu que nous en sommes rendus là où nous en sommes rendus...
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Message  Monique le Jeu 26 Fév 2009, 6:48 pm

DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT ET FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE II


Des prédicateurs de la dévotion au Saint-Esprit, il y en a eu pourtant, et de célèbres !
Il faudrait d'abord mentionner Dieu lui-même.

Si la Troisième Personne est nommée 210 fois dans le Nouveau Testament, n'oublions pas que l'on compte environ 150 allusions au Saint-Esprit dans l'Ancien. N'est-ce pas lui, l'Esprit de Dieu, qui, planant sur les eaux, préside à la Création (1) ? Lui qui provoque les désirs et les prières d'un Joseph (1), d'un Josué (2), d'un Gédéon (3), d'un Samson (4) ? Lui qui suggère aux Prophètes, selon le témoignage de saint Pierre (5), leurs visions : « L'Esprit Saint est sur moi », dira Isaïe (6), et pareillement Ezéchiel (7). C'est lui, encore, l'Esprit Saint, qui inspire les écrivains sacrés, fait jaillir toute neuve la poésie des Psaumes, donne du souffle aux historiens du Livre des Rois ou des Juges et du coup d'œil aux législateurs d'Israël. Etant à l'origine de toute naissance, il préside à la Rédemption comme il avait présidé à la Création. « L'Esprit Saint surviendra en toi... Ayant conçu du Saint-Esprit (8). » Et il sera encore à l'origine de notre renaissance, à la Résurrection, ainsi que l'évoque la fameuse vision des ossements, le souffle d'En-Haut rendant vie aux cadavres.

Les apôtres et surtout saint Paul ne se feront pas faute de parler de lui, et les Pères, après eux. La liturgie lui donne une place de premier plan. Les chefs de peuples, eux-mêmes, ne croyaient pas mieux faire que d'instaurer, parmi les marques d'honneur les plus hautes, le collier de l'Ordre du- Saint-Esprit (9) et, jadis, jamais Parlements, Cours de justice, Universités ou Assemblées n'au¬raient ouvert leurs séances ou commencé l'année sans faire célébrer une messe en l'honneur du Saint-Esprit.
(1) Spiritus ferebatur super aquas (Gen., I, 2).
(1) Gen., XLI, 38. Virum Spiritu Dei plenum.
(2) Deut., XXXIV, 9. Repletus spiritu Sapientiae.
(3) Jud., VI, 34, Spiritus Domini induit Gedeon.
(4) Id., XIV, 6. Irruet Spiritus Domini in Samson.
(5) II Pet., 1, 2.
(6) XLI, 1.
(7) Ez., III, 12 ; VIII, 3 ; XI, 2.
(8) Luc, I, 67.
(9) Quand eut lieu, dans la Cour ovale du château de Fontainebleau, le baptême solennel du dauphin Louis — plus tard Louis XIII — on ne manqua pas de décorer l'estrade avec les couleurs et insignes de l'Ordre du Saint-Esprit, colombes et parements bleus. Et Molière ne fit-il pas appeler sa fille, du nom des parrain et marraine qu'il lui donna, Esprit-Madeleine ? Le mari, un sieur de Montalant, voulut, avant de trépasser, faire donation, en l'honneur du patron de sa femme, aux religieux Augustins d'Argenteuil, d'une petite chapelle vouée au Saint-Esprit. (E. Pilon, Dames et gentilshommes du XVIIe s., Mercure de France, 1941, p. 46 et 131.)

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Message  Monique le Ven 27 Fév 2009, 6:38 pm

DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT ET FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE II


Mais le grand prédicateur de la dévotion à la Troisième Personne, c'est Jésus lui-même. S'il part, c'est pour nous envoyer le Saint-Esprit : jusque-là l'Esprit n'avait pas encore été donné (1). Il fallait que l'œuvre de justice en quoi consistait l'immolation sanglante du Fils venant réparer les péchés s'accomplît ; maintenant il s'agit de féconder l'expiation rédemptrice : le rôle est moins à la justice qu'à l'amour. Justice et miséricorde se sont étreintes au Calvaire (2), et la miséricorde a désormais le grand rôle. D'où l'interversion : dans l'Evangile, l'Esprit Saint avait une place moins apparente ; il n'intervient qu'au second plan.

Maintenant, dans le Post-Evangile, sans que le Sauveur perde son rang, l'on comprend que la Troisième Personne ait plus large place : — C'est l'Esprit Saint qui nous éclairera (3), lui qui nous suggérera toutes les initiatives opportunes (1) ; lui qui nous assistera aux heures critiques, nous soutiendra, nous consolera (2) ; c'est en son nom que les apôtres auront à baptiser et remettre les péchés (3) ; à répandre la doctrine : « Quand vous parlerez, c'est l'Esprit du Père qui parlera en vous (4) ; il vous enseignera ce qu'il faut dire (5) ». « C'est l'Esprit qui nous donnera d'attester que le Christ est la Vérité (6). »

Combien ces textes — et l'on pourrait en trouver d'autres — sont significatifs ! De par le Rédempteur lui-même, c'est sans exclusivisme, mais avec une mise d'accent voulue, le Saint-Esprit qui est en nom, lui qui agit et opère, lui qui mène la barque. L'Incarnation personnelle a appartenu au Fils seul ; au Saint-Esprit revient un rôle d'animation générale du grand corps de l'Eglise (7).


(1) Jean, VII, 39: Nondum erat Spiritus datus.
(2) Justitia et pax osculatae sunt (Ps. LXXXIV, 11).
(3) Jean, XVI, 13.
(1) Jean, XIV, 26.
(2) Jean, XIV, 17.
(3) Jean, XX, 22.
(4) Matt., X, 20.
(5) Luc, XII, 12.
(6) Spiritus est qui testificatur quoniam Christus est veritas (I Jean, V, 6) ; Accipietis virtutem Spiritus Sancti et eritis mihi testes (Act., I, 8).
(7) Ce rôle qui est double, le P. de Lubac le décrit fort bien : « L'Esprit que le Christ a promis, son Esprit, est à la fois Celui qui fait pénétrer l'Evangile au fond de l'âme et Celui qui le répand partout. Il creuse en l'homme de nouvelles profondeurs qui l'accordent aux profondeurs de Dieu, et il le jette hors de lui-même jusqu'aux confins de la terre ; il universalise et il intériorise ; il personnalise et il unifie. » (Catholicisme, 264, coll. « Unam Sanctam ».)


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Message  Monique le Sam 28 Fév 2009, 6:08 pm

DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT ET FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE II


Combien ces textes — et l'on pourrait en trouver d'autres — sont significatifs ! De par le Rédempteur lui-même, c'est, sans exclusivisme, mais avec une mise d'accent voulue, le Saint-Esprit qui est en nom, lui qui agit et opère, lui qui mène la barque. L'Incarnation personnelle a appartenu au Fils seul ; au Saint-Esprit revient un rôle d'animation générale du grand corps de l'Eglise (7).

Notons-le, d'ailleurs, ce rôle qui appartient au Saint-Esprit, nous en sommes redevables aux deux autres Personnes également, les œuvres de Dieu « ad extra », sauf l'Incarnation, appartenant à la Trinité tout entière.

Mais par le fait de cette insistance de Notre-Seigneur, on comprend que l'Eglise attribue, par appropriation, la distribution des grâces d'En-Haut à la Troisième Personne (1), et qu'elle réclame des fidèles un culte particulier au Saint-Esprit. Faut-il évoquer, par exemple, la magistrale encyclique du pape Léon XIII sur la Mission du Saint-Esprit (2) ou encore le Bref de Sa Sainteté Pie XI du 5 décembre 1922, dont nous extrayons ces lignes : « Nous n'avons rien plus à cœur que de voir les fidèles s'appliquer chaque jour avec un soin nouveau à connaître, aimer et invoquer le Saint-Esprit » ?

Ce double désir — et de Notre-Seigneur et de l'Eglise — de nous voir mettre le Saint-Esprit en belle place dans nos existences chrétiennes nous dicte notre conduite ; et n'est-il pas triste que, devant la négligence, sur ce point, de beaucoup de fidèles, on ait pu parler du « Calvaire de l'Esprit Saint »?
Faisons cesser ce Calvaire ! Mais comment ?


(7) Ce rôle qui est double, le P. de Lubac le décrit fort bien : « L'Esprit que le Christ a promis, son Esprit, est à la fois Celui qui fait pénétrer l'Evangile au fond de l'âme et Celui qui le répand partout. Il creuse en l'homme de nouvelles profondeurs qui l'accordent aux profondeurs de Dieu, et il le jette hors de lui-même jusqu'aux confins de la terre ; il universalise et il intériorise ; il personnalise et il unifie. » (Catholicisme, 264, coll. « Unam Sanctam ».)

(1) Comme elle attribue de préférence à la Première la Création. Ce n'est point exclusion des autres Personnes, mais insistance sur une action mise par les textes plus en évidence. Certains théologiens du plus grand mérite, Petau, le P. de Régnon, etc., ont prétendu — et l'Eglise n'a pas condamné cette position — que réellement et non par simple appropriation le Saint-Esprit avait un rôle effectif spécial dans la sanctification des âmes. Le P. Galtier a exposé la doctrine commune dans son livre : L'Habitation en nous des Trois Personnes, Beauchesne.
(2) Divinum illud, 9 mai 1897.


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Message  Monique le Dim 01 Mar 2009, 6:03 pm

DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT ET FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE II


Ne parlons pas de l'importance majeure que devrait occuper dans une vie de chrétien le souvenir de la Pentecôte ; plus encore peut-être la pensée de cette Pentecôte individuelle qu'a été son baptême. Il devrait en fêter l'anniversaire avec une joie non pareille ; n'est-ce pas ce jour-là qu'il a été sacré temple vivant du Saint-Esprit ?

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus se désolait d'avoir vécu trente-trois heures avant que l'eau sainte eût coulé sur son front ; on la comprend. Que n'avons-nous aussi davantage la mémoire de cet autre grand sacrement que fut notre Confirmation ! Ce jour-là, nous n'avons pas été seulement gratifiés du Saint-Esprit pour notre personnelle sanctification et la lutte contre le péché ; nous avons été outillés pour la conquête de nos frères et l'extension du Règne de Dieu (1).

La Pentecôte, l'anniversaire de notre baptême, de notre confirmation, ce sont là, certes, dates qui devraient être chères à tout chrétien ; elles n'évoquent toutefois que des épisodes en passant. N'y aurait-il pas, et sur le plan très pratique, une forme de dévotion au Saint-Esprit qui s'avérerait de tous les jours, aurait l'avantage d'être concrète et de pénétrer à chaque instant notre existence même ?
Oui, précisément, la fidélité à la grâce.

Nous savons qu'outre la grâce sanctifiante qui est un état permanent, Dieu nous octroie passagèrement au gré de nos besoins et de son amour de multiples secours extérieurs ou intérieurs pour nous éclairer et nous conduire dans la voie du salut; c'est ce qu'on appelle la grâce actuelle. Le Saint-Esprit, dans l'âme, n'est pas inerte ; il nous suggère attraits, mouvements, reproches ou remords, nous communique de précieuses lumières, nous réveille ou nous excite, nous écarte du mal et nous pousse au bien, provoque en nous des résolutions généreuses ou des repentirs féconds. Même, si nous ne sommes pas en état de grâce, l'Esprit Saint nous sollicite. Quel est le prodigue qui n'a pas entendu la voix intérieure : « Allons, debout ! Ne reste pas dans ton péché. Lève-toi ! Retourne à ton Père ! »

(1] On ne lira pas sans intérêt ce que, dans l'Histoire d'une Ame, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus dit de sa confirmation et des grâces que lui communique en ce jour l'Esprit Saint.

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Message  Monique le Lun 02 Mar 2009, 6:24 pm

DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT ET FIDÉLITÉ À LA GRÂCE



CHAPITRE II


Malheureusement — si l'on ose dire — l'Esprit Saint a contre lui d'être pour nous, pauvres êtres de chair et de sang, trop spirituel. « Mes paroles, disait Notre-Seigneur, sont esprit et vie. C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. » Le Sauveur ne parlait pas de ce qui est, en nous, la faculté humaine de comprendre, notre intelligence, notre aptitude à penser avec notre raison ; il fait allusion à quelque chose de plus subtil, de plus fort, de plus dégagé encore et qui, par sa simplicité même, confine davantage au divin ; une vue nette et qui défie l'analyse, s'avère impérieuse à la fois et si suave qu'elle est capable, si l'on ne se refuse pas, de provoquer en un instant les résolutions les plus généreuses, de révolutionner la vie morale, de nous élever, ce qui est déjà beaucoup, au dessus de nous-mêmes.

Ce n'est ni raisonnement ni pensée, mais lumière insaisissable dominant de très haut tout raisonnement et toute pensée, l'Esprit continuant son rôle du début du monde et planant sur les eaux. — « A qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle ! » Intuition qui n'est pas de la terre, mais une sorte de miracle permanent dont bénéficient les cœurs droits.

Faisons nôtre la prière que suggère, dans l'Âme fidèle, un auteur spirituel du XVIIIe siècle, le P. Baudrand (1) :
« 0 Saint-Esprit, que n'ai-je à me reprocher envers vous ! Je suis infidèle à vos grâces, je résiste à vos inspirations, je combats vos lumières, j'étouffe les remords salutaires que vous excitez en moi. Soyez touché, ô Esprit divin, de l'amertume de mes regrets. Ne me punissez pas en vous éloignant de moi... Je serai désormais docile à votre voix, fidèle à vos grâces, attentif à vos inspirations ; plus je leur ai résisté dans le passé, plus je m'efforcerai de leur donner désormais une continuelle correspondance. »

(1) Rouen, 1792, pp. 164-166.

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Message  ROBERT. le Mar 03 Mar 2009, 2:37 pm

Paradiso a écrit:DÉVOTION AU SAINT-ESPRIT ET FIDÉLITÉ À LA GRÂCE

CHAPITRE II
: « Allons, debout ! Ne reste pas dans ton péché. Lève-toi ! Retourne à ton Père ! »
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Manière douce et implorante que l'on se sorte de notre fange avec les grâces de l'Esprit-Saint Tout-Puissant... D'où l'importance primordiale de la DOUCEUR traitée en plusieurs fils sur Te Deum...
ROBERT.
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Message  Monique le Mar 03 Mar 2009, 6:38 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III


Non seulement la fidélité à la grâce est le meilleur moyen pratique de dévotion au Saint-Esprit, mais on peut et doit dire qu'il est le meilleur moyen pour nous de faire honneur à Jésus-Christ, de vivre pleinement la vie qu'il nous demande, c'est-à-dire d'être, sous les apparences de « nous », un autre « Lui ».

Ailleurs déjà nous avons touché la question ; quelques précisions ne seront pas inopportunes.
La vocation essentielle du chrétien, c'est d'être un prolongement vivant de Jésus-Christ : Alter Christus, membrum de membro, un membre du Christ complet dont Jésus est la Tête.

Mais le Christ-Chef, Notre-Seigneur, quelle était l'âme profonde de son âme, la raison essentielle de sa venue sur terre ? Accomplir en plénitude à chaque instant pour la gloire du Père ce que lui dictait le Saint-Esprit.

Il me faut prolonger le Christ. J'entends bien ; il ne s'agit pas évidemment de reproduire ce qui constituait les traits particuliers de sa vie (être né dans une étable, vivre dans une échoppe d'artisan, multiplier les pains ou marcher sur la mer, et le reste) ; ce que j'ai à reproduire, c'est la disposition d'âme essentielle du Christ au milieu de tous ces épisodes, pour lui transitoires, pour moi hors de mon imitation. Quelle est cette disposition ? Comme Notre-Seigneur, le Chef divin, glorifier le Père, moi, membre du Christ, par une entière fidélité au Saint-Esprit à chaque instant. Lui, Notre-Seigneur, a vécu cela dans sa vie à Lui ; moi, je dois vivre le même programme dans ma vie à moi.
Mettons en pleine lumière cette grande doctrine....
à suivre...

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Message  Monique le Mer 04 Mar 2009, 6:26 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III


Un mot résume tout : c'est une infidélité qui a perdu le monde ; c'est une fidélité qui le sauve.
L'infidélité qui a perdu le monde, on la connaît ; elle porte un nom tristement mémorable, c'est le péché originel.

La faute comprenait un double élément : elle émanait de l'homme ; il convenait donc que le réparateur de la faute fût un « humain ». Elle insultait au Dieu infini ; il convenait donc que le réparateur de la faute ait l'infini dans son jeu.

Le Verbe se fera chair. Homme, il pourra réparer « à l'humaine » ; Verbe, il pourra réparer « à la divine ».
Les temps sont révolus : voici l'Incarnation.

La faute avait consisté dans une désobéissance. Que va faire, au long de son existence sur terre, le Verbe incarné ? Obéir.

La créature prétendait indûment s'élever jusqu'à Dieu, rivaliser d'égal à égal avec Dieu, se croire pour ainsi dire Dieu par nature, alors qu'elle n'était divinisée que par grâce, par pur cadeau de la Majesté Suprême, et en restant « fini » et « néant ». Celui qui était l'Egal va se faire Inférieur pour, en compensation, donner à la Majesté divine cet hommage d'inférieur à Supérieur que la créature humaine refusait.
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Message  Monique le Jeu 05 Mar 2009, 6:04 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III


L'essentiel de Notre-Seigneur, c'est cela : c'est que, pour réparer l'infidélité originelle, lui qui au ciel ne pouvait offrir à son Père qu'un hommage d'Égal à Égal, il a consenti à s'incarner sur notre terre afin de donner à Dieu un hommage de créature.

C'est ainsi qu'à côté des textes évangéliques rappelant : « Le Père et moi nous ne faisons qu'un », l'on a toute une série d'autres textes affirmant-: « Le Père est plus grand que moi. »

Dès la première minute de l'Incarnation, que fait le Sauveur ? Il accomplit, petit enfant, ce qu'exigent de lui ses parents. Auguste avait commandé ; il en était résulté la crèche. Hérode menace, et c'est l'Egypte. On est revenu à Nazareth ; la loi juive demandait aux garçons ayant atteint douze ans d'assister aux cérémonies publiques du culte ; Jésus obéit ; en tout, accomplir ce que veut son Père, telle est son unique ambition. Ne le dit-il pas, d'ailleurs, solennellement à Marie lorsqu'elle le retrouve après la perte dans le temple : « Je me dois tout entier aux choses de mon Père. »

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Message  Monique le Ven 06 Mar 2009, 6:03 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III


Plus tard, quand Notre-Seigneur voudra résumer ce que sa vocation renferme de plus intime et comme la raison d'être de sa venue, que dira-t-il ? « Ma nourriture (c'est-à-dire la moelle même de ma vie), c'est de faire en tout la volonté du Père qui est dans les cieux (1). »

Cette volonté fût-elle crucifiante, Jésus ne veut que l'accomplir. On l'a bien vu à l'Agonie : « Père, Père, éloignez le calice, c'est trop, vraiment trop » ; voilà la sensibilité qui s'exprime ; Notre-Seigneur était humain comme nous. — « Cependant, Père, que votre volonté soit faite et pas la mienne. » Voilà le vouloir profond qui parle. Qu'importe le frémissement de la pauvre nature devant les affres du Calvaire ? Volonté de Dieu, cela seul compte. Fiat, Fiat!

Et le Sauveur ne croira pas sa tâche terminée tant qu'il ne sera pas allé jusqu'au bout des volontés du Père, jusqu'au Consummatum est.

L'apôtre Paul, quand il voudra résumer toute la vie de Jésus (2), que dira-t-il ? « Le Christ n'a jamais fait sa volonté. » Qui ne le comprend ? Etait-il venu pour cela ? Nullement. Sa volonté, il l'accomplissait là-Haut. Elle ne faisait qu'un, indissolublement, avec celle du Père. S'il est venu ici-bas, c'est justement pour pouvoir, sa sensibilité d'homme n'y trouvant pas nécessairement son compte, soumettre sa volonté au vouloir du Père.
(1) Jean, IV, 34.
(2) Christus non sibi placuit (Rom,, XV, 3).


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