Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Mar 01 Mai 2012, 11:56 am

PROPÉDEUTIQUE

III. LES RELIGIONS POSITIVES (suite)
Qui donc, aujourd'hui, parmi les hommes se flatterait d'avoir été favorisé d'une intervention positive, surnaturelle, personnelle, établissant pour lui, et pour lui seul, par un phénomène de conscience qui n'aurait aucun lien social avec le reste des hommes, une religion qui ne relèverait que de lui? En est-il un seul qui ait été favorisé d'une intervention du monde des formes pures ou du monde de l'Acte pur, au point d'engager toute sa vie dans un domaine supérieur à celui de la raison, avec la certitude absolue — équivalant à la certitude des tout premiers principes et la dépassant même (car il faudrait cela, au témoignage de saint Thomas) — qu'il possède des vérités d'un ordre transcendant, dont il est le seul à avoir la propriété parmi les êtres humains?

Poser la question, c'est la résoudre.

Par contre, nous savons tous, ici, — et, du même coup, nous entrons en plein dans le domaine nouveau que nous entreprenons d'explorer — nous savons tous que, parmi les hommes, il est des êtres humains — individus ou collectivités et groupements plus ou moins nombreux, plus ou moins cohérents entre eux ou discordants et opposés, qui se flattent d'être les dépositaires de faits ou de doctrines qu'ils font remonter à des interventions positives d'un monde supérieur au monde humain.

Ces êtres humains, individus ou collectivités, se présentent aux autres êtres humains et sollicitent leur adhésion à la doctrine qu'ils enseignent ou aux faits dont ils l'autorisent. Ce n'est pas au nom de la raison qu'ils se présentent, et qu'ils sollicitent l'adhésion des humains. Si c'était au nom de la raison, ils ne seraient que des philosophes. C'est au nom d'une autorité supérieure à la raison. Et voilà pourquoi ils se présentent comme apôtres ou comme ministres d'une religion, d'une religion qui n'est plus d'ordre philosophique, qui est d'ordre surnaturel ou positif, s'ajoutant à la raison et s'imposant à la raison sans que la raison puisse ou doive la juger, la contrôler, que la raison n'a qu'à accepter au nom de l'autorité même qui la lui impose.

N'est-ce pas ainsi que le problème se pose? N'est-ce pas ainsi que la question se présente ?...

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Message  Louis le Mer 02 Mai 2012, 6:34 am

PROPÉDEUTIQUE

III. LES RELIGIONS POSITIVES (suite)
N'est-ce pas ainsi que le problème se pose? N'est-ce pas ainsi que la question se présente ?

Nous ne devons pas encore, pour le moment, fixer notre attention sur le phénomène ou le fait que nous verrons être le plus saillant dans cet ordre d'êtres humains, individus ou collectivités, se disant devant les autres hommes et se présentant à eux comme les mandataires d'une autorité supérieure au monde humain, à la raison humaine laissée à elle seule; et se donnant ainsi comme les dépositaires d'un enseignement, d'une doctrine, qui ne relève pas de la raison, qui doit, par définition, s'imposer à elle, au nom de la même autorité supérieure. Mais, d'ores et déjà, nous pouvons et nous devons nous demander quelle conduite à tenir devra être la nôtre à l'endroit des représentants ou de ceux qui se disent être les mandataires d'une telle autorité supérieure, les dépositaires de ces révélations.

Qu'il s'agisse de l'agent moral qu'est l'être humain, — considéré comme individu, — ou comme chef de famille — ou comme chef de cité, — quelle attitude devra être la sienne, du point de vue de la raison philosophique?

Ignorer ? dédaigner? repousser? combattre? — étudier? approuver? embrasser? favoriser?

Combattre ou repousser; ou accepter et embrasser et favoriser, — sur la seule donnée du fait ou du phénomène de celui ou de ceux qui affirment, — serait absolument déraisonnable. Car il s'agit de manifestations, qui, par elles-mêmes, ne sont pas du domaine de la raison; — au sujet desquelles, par conséquent, la raison toute seule, et sans autre examen, ne peut avoir de jugement positif, soit au sens de l'affirmation, soit au sens de la négation.

Mais, sans aller jusqu'à repousser et combattre, ou accepter et embrasser et favoriser, — ne pourrait-on pas se contenter de dédaigner? Est-il besoin de prendre garde à tout ce qui peut se dire ou se faire ou se présenter ou se proposer parmi les êtres humains! — Pour dédaigner ainsi, il faudrait — a priori — être très sûr que ce dont il s'agit demeure sans importance. Dans ce cas, en effet, qu'on s'en occupe ou qu'on ne s'en occupe pas est chose assez indifférente; et l'on peut accepter l'un ou l'autre, alternativement, au gré de ses caprices ou de ses loisirs.

Est-ce le cas, ici?...

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Message  Louis le Mer 02 Mai 2012, 12:00 pm

PROPÉDEUTIQUE

III. LES RELIGIONS POSITIVES (suite)
Est-ce le cas, ici? — Nous savons qu'une intervention de mondes supérieurs au monde humain est possible. — Si, d'aventure, elle était une réalité, des conséquences de la dernière gravité pourraient engager ce qui nous touche au plus intime : notre esprit, notre cœur, notre vie, notre avenir, que sais-je !

On lisait, ces jours derniers, dans le cycle des rites liturgiques de l'Église catholique, la page que voici :

Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu, en une ville de la Galilée qui avait nom Nazareth, vers une vierge fiancée à un homme, du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la Vierge était Marie.

Et étant entré chez elle, l'ange lui dit :

— Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes.

Ce qu'ayant entendu, Marie fut troublée au sujet de la parole de l'ange et elle se demandait quelle pouvait bien être cette salutation.

L'ange lui dit :

— Ne craignez pas, Marie ; car vous avez trouvé grâce auprès de Dieu. Et voici que vous concevrez dans votre sein et vous enfanterez un fils ; et vous l'appellerez du nom de Jésus. Il sera grand; et II sera appelé Fils du Très-Haut. Et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; et li régnera sur la maison de Jacob pour les siècles ; et son règne n'aura point de fin.

Marie dit à l'ange :

— Comment sera ceci, puisque je ne connais point d'homme?

L'ange répondit et lui dit :

— L'Esprit-Saint descendra sur vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu. — Et voici qu'Elizabeth, voire parente, elle aussi a conçu un fils, dans sa vieillesse ; et ce mois-ci est le sixième pour elle qui était appelée stérile. C'est qu'il n'y a d'impossible, auprès de Dieu, aucune parole.

Marie dit à l'ange :

— Voici la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon votre parole.
Et l'ange repartit d'auprès d'elle.

La teneur de cette page…

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Jeu 03 Mai 2012, 6:02 am

PROPÉDEUTIQUE

III. LES RELIGIONS POSITIVES (suite)
La teneur de cette page nous met en présence d'un récit, du récit d'un fait où nous est marquée, de la manière la plus expresse, la plus précise, l'intervention du monde des esprits et du monde divin dans notre monde humain. C'est un message qui est porté aux hommes de la part de Dieu. Et quel message !

Évidemment, il y aurait déraison à traiter un tel fait par le dédain. — La plus élémentaire prudence demande ici qu'on s'informe, qu'on voie, qu'on se rende compte, et qu'au besoin on étudie !

Ce devoir est imposé en saine morale humaine, par les lois de l'Éthique, à tout individu humain qui a l'usage de sa raison. Il l'est plus encore, par les lois de l'Économique et de la Politique, à tous ceux qui participent, d'une manière quelconque, à la raison de chef, dans la société domestique qu'est la famille, ou dans la société plus étendue et plus parfaite qu'est la cité ou la nation.

S'y soustraire, y faillir serait impardonnable.
A suivre : IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE

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Message  Louis le Jeu 03 Mai 2012, 12:23 pm

PROPÉDEUTIQUE

IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE
Nous avons vu comment se pose la question de la foi, dans l'économie de nos disciplines humaines. — S'il s'agit de la possibilité, pour nous, d'un monde nouveau, dans l'ordre de nos connaissances, distinct du monde de la raison qui est naturellement le nôtre, nous avons dit qu'au regard du philosophe, du sage, instruit de la hiérarchie des êtres et de leur mode propre de connaître, aucun doute ne se présentait : c'est l'évidence du plein soleil.

La question de fait ou de l'existence de ce monde nouveau s'ajoutant pour nous à celui de la raison ne s'impose pas de soi. Et le fait, par exemple, que l'homme vit naturellement ou normalement d'une vie s'épanouissant en vie de religion, soit intérieure, soit extérieure, n'entraîne pas comme conséquence qu'il existe pour nous un monde ou un domaine supérieur à celui de la raison et relevant de la foi : la raison toute seule prescrit, exige impérieusement une vie de religion pour l'homme.

Mais il se pourra que certains modes de religion…

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Ven 04 Mai 2012, 6:23 am

PROPÉDEUTIQUE

IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE (suite)
Mais il se pourra que certains modes de religion existant parmi les hommes posent devant nous la question de fait ou de l'existence de ce monde nouveau de la foi, qui nous occupe. Si, par exemple, des êtres humains, isolés ou groupés, se présentent à nous et se donnent comme ayant mission de nous transmettre, non pas au nom de la raison, mais au nom d'une autorité supérieure à la raison, — et qui ne peut être, nous le savons, par l'étude de la hiérarchie des êtres, que l'autorité des formes pures, ou, plus encore, de l'Acte pur, intervenant, d'une façon spéciale ou extraordinaire, dans notre monde humain, —un enseignement reçu d'en haut, — ici, la question pourra se poser, elle se posera même nécessairement — selon le caractère ou le sérieux ou l'importance des messagers ou des mandataires qui se présenteront, — de savoir ce qu'il en est de la réalité ou de la vérité du mandat, de la mission, qu'ils revendiquent.

Les repousser a priori et sans autre enquête ou information, serait déraisonnable; puisque nous savons, par la raison, qu'un mandat de cette sorte n'est pas impossible. — D'autre part, s'il existait, s'il était vrai, il pourrait avoir pour l'être humain, comme individu, comme chef de famille, comme chef de cité ou de nation, des conséquences d'une portée immense, engageant son esprit, son cœur, sa vie, son avenir. — Il faut donc s'enquérir : l'individu le doit pour lui-même; le chef de famille le doit pour les siens; le chef de cité, de nation, que ce chef soit la multitude elle-même, ou une élite, ou un seul, le doit pour les membres de la cité, de la nation. On peut même dire, et il faut le dire — du point de vue de la raison la plus saine, — qu'il n'est pas de devoir plus sacré, plus impérieux que celui-là.

Mais comment procéder dans cette enquête, dans cette étude; comment s'y prendre pour se faire une conviction, une conviction décisive; si tant est qu'il soit possible d'arriver à se faire cette conviction?

La première chose à faire est de…

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Message  Louis le Ven 04 Mai 2012, 12:40 pm

PROPÉDEUTIQUE

IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE (suite)
La première chose à faire est de bien s'assurer qu'il s'agit d'un message, d'un mandat, d'une mission. Si, en effet, il ne s'agissait que d'une théorie, d'une doctrine élaborée et proposée par des penseurs humains, la manière de procéder serait tout autre. Il faudrait examiner cette doctrine, cette théorie elle-même, pour autant qu'elle paraîtrait digne de quelque attention à son premier énoncé. Mais, ce faisant, nous ne sortirions pas du domaine de la raison.

— Et maintenant, il s'agit d'autre chose : il s'agit d'une intervention sortant du cadre des choses naturelles, de l'intervention du monde des formes pures ou de l'Acte pur communiquant au monde humain un enseignement théorique ou pratique pour lequel sera demandé à l'être humain une adhésion qui ne sera plus de l'ordre des adhésions qu'il donne dans le domaine de sa raison toute pure, qui sera une adhésion supérieure, une adhésion de foi, lui faisant admettre ce qui sera dit ou enseigné, non point parce qu'il le voit, mais parce que des êtres supérieurs à lui, qui le voient, le lui font dire.

On le voit, toute la question se ramène ici à une question d'autorité : l'autorité de ceux-là mêmes qui apportent cette doctrine, cet enseignement.

Y a-t-il vraiment quelqu'un qui se présente parmi les hommes et qui affirme avoir mandat, avoir mission de transmettre aux hommes un enseignement, une doctrine, un message, venu d'en haut, du monde des formes pures, du monde de l'Acte pur, et qui sollicite, qui exige de leur part une adhésion de foi ?

Ce quelqu'un existe-t-il? Si, en effet, il n'existe personne se présentant de la sorte, la question du monde de la foi, quant à son existence, pour nous, ne se poserait pas. Nous n'aurions qu'à rester dans le monde de la raison.

Ce quelqu'un existe-t-il?

Aurons-nous besoin, pour nous assurer de ce point…

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Sam 05 Mai 2012, 6:48 am

PROPÉDEUTIQUE

IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE (suite)
Ce quelqu'un existe-t-il?

Aurons-nous besoin, pour nous assurer de ce point, d'aller loin et de faire de nombreuses, de multiples recherches : soit dans le temps, par l'étude de l'histoire; soit dans l'espace, en parcourant les divers pays du globe? Cette double recherche pourrait ne pas manquer d'intérêt, et nous apporter, en effet, des renseignements positifs sur la question qui nous occupe.

Mais est-ce nécessaire?

Si là où nous sommes, actuellement, tout près de nous, autour de nous, le messager, le mandataire, l'apôtre dont il s'agit se présente à nous, s'il vit au milieu de nous, notre enquête pourra s'en trouver grandement simplifiée et facilitée. Il se pourrait, absolument parlant, que le mandataire en question ne se trouvât qu'en un seul point du globe; ou qu'il n'eût existé qu'à un moment de l'histoire, et qu'il fallût aller, par soi ou par d'autres, quérir auprès de cet unique mandataire la vérité ou renseignement dont il serait le dépositaire. Mais avouons que dans ces conditions l'enquête eût été difficile.

Si, au contraire, le mandataire en question est là au milieu de nous, tout se simplifie merveilleusement. Rien ne sera plus facile que de nous rendre compte. Et chacun de nous le pourra; il le pourra par lui-même, directement, sans intermédiaire. On le voit, l'avantage sera inappréciable.

Or, pour nous, il en est ainsi. Et l'on peut dire, proportion gardée, qu'il en est ainsi pour tous les êtres humains adultes qui vivent actuellement sur la surface du globe.

Il est un mandataire, un messager qui existe partout, en ce moment, qui est, on peut le dire, à la portée immédiate ou quasi immédiate de tous les êtres humains sur la surface du globe. Je m'occupe du mandataire le plus saillant pour nous, le plus manifeste, le plus connu comme tel. S'il en est d'autres, distincts de lui, d'une autre nature ou d'un autre caractère, je ne m'en occupe pas pour le moment. Je vais au plus manifeste pour nous, à celui dont nul n'ignore l'existence, le caractère, la mission ou le mandat revendiqué par lui. C'est le prêtre de l'Église catholique, ou pour parler plus nettement encore, et avec le nom qui sera immédiatement reconnu par tous : le curé !

Le curé !...

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Message  Louis le Sam 05 Mai 2012, 12:03 pm

364
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IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE (suite)
Le curé ! A-t-on suffisamment pris garde à ce que contient de donnée première pour nous, sur la grande question qui nous occupe, — la question de l'existence d'un monde de la foi, s'ajoutant au monde de la raison, — la présence, au milieu de nous, de cet homme, non pas à l'état de souvenir, ou à l'état de relique, mais vivant, vivant de la vie de chacun de nous, de la vie des plus humbles, et, en un sens très vrai, de la vie des plus grands, — vivant au milieu de nous, actuellement, sur notre terre, non pas sur un seul point du globe, où il faudrait aller le trouver, mais partout, chez nous, sur tous les points du globe, parmi les nations civilisées et jusque chez les sauvages les plus inaccessibles, se disant lui-même fait pour tous — pour tous les êtres humains sans exception, enfants ou adultes, ouvriers et patrons, paysans et habitants des villes, ignorants et savants, roturiers ou plébéiens et nobles ou dirigeants, sujets et souverains, peuples et rois, — se présentant à tous, au même titre, comme envoyé de Dieu, de l'Acte pur, du Roi des formes pures et de toute la nature, — envoyé par Lui, son mandataire, son messager, son apôtre, son ministre, — se disant chargé, par Lui, d'office — c'est sa raison d'être, toute sa raison d'être, son unique raison d'être — d'enseigner une doctrine, d'imposer des préceptes, de présider à la pratique d'un culte, où la raison pourra bien trouver à s'exercer — et nous aurons à dire comment, — mais qui ne sont point proposés au nom de la raison, ni au nom de la raison de cet homme qui se donne comme chargé de les transmettre, ni au nom de la raison d'autres hommes quels qu'ils soient ou puissent être, mais, uniquement, au nom et sur la parole, sur l'autorité de Celui qui l'envoie, lequel, nous l'avons dit — et cet homme le proclame très haut, inlassablement, — n'est pas autre que le Roi de tout ce qui est, cet Acte pur, auquel — notre raison nous l'a montré — sont suspendus le ciel et toute la nature.

Et cet homme est unique, à part, tout à fait à part. Il n'a point son semblable parmi les autres hommes. Et cet homme est unique, à part, tout à fait à part. Il n'a point son semblable parmi les autres hommes. Il est donc facile à reconnaître, sans possibilité de méprise ou de confusion. D'autres hommes peuvent avoir un certain air lointain de lui ressembler. Ils ne lui ressemblent pas. Aucun autre ne propose un enseignement précis comme lui; n'impose une loi comme celle qu'il impose; ne préside à un culte comme celui auquel il préside. Il en est d'autres qui, de très loin, sembleront présenter ou donner quelque chose d'analogue. Mais, dès qu'on les interroge, ils balbutient, ils hésitent, ils doutent, ils semblent ne pas trop savoir ce qu'ils se disaient avoir mission de transmettre. Bien plus, l'autorité…

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Message  Louis le Dim 06 Mai 2012, 6:49 am

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IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE (suite)
…Bien plus, l'autorité de leur mandat n'a rien de précis ou de sûr dans leur revendication. Ils ne savent pas trop ou paraissent ne pas trop savoir au nom de qui ils se présentent. S'il en est qui revendiquent une mission d'en-haut, venant d'une autorité supérieure à la raison, ils ne savent pas trop ou ne peuvent dire comment ils l'auraient reçue et de qui ils l'auraient reçue : de Dieu, directement? Il serait difficile d'en trouver un seul qui le prétende actuellement sur terre ; de Dieu par intermédiaire? Il serait impossible de confirmer leur dire, si tant est qu'il en soit qui osent l'affirmer, d'une manière précise.

Le prêtre catholique, au contraire, le curé, nous l'avons dit, revendique très haut et sans jamais varier, son mandat, un mandat divin, un mandat reçu de Dieu, non certes directement et individuellement ou personnellement, sans rap¬port aucun avec des intermédiaires humains : mais il précise ses intermédiaires, et chacun peut contrôler son dire, son affirmation. Il dit, en effet, tenir son mandat de Dieu par l'intermédiaire ou l'entremise d'un autre homme, qui existe, lui aussi, présentement, au milieu des autres hommes.

Cet homme s'appelle l'évêque. Lui aussi est partout, moins nombreux, moins multiplié que le précédent; mais aussi bien n'a-t-il pas, comme le curé, à être en contact immédiat avec tous les êtres humains, puisque c'est par le curé qu'il l'est. Et chaque curé, dans le monde entier, est en rapport immédiat avec lui. C'est de lui que le curé tient tout : son être même de curé, la doctrine qu'il enseigne, la loi qu'il impose, le culte auquel il préside. Il n'a rien qu'il ne tienne de l'évêque : et si, en quoi que ce soit, il se séparait de lui, ou lui était opposé, il cesserait d'être lui-même, il n'aurait plus aucun mandat.

Aussi bien est-ce par l'évêque que le curé est ce qu'il est : partout identique à lui-même, quelque divers, quelque multiples que puissent être les individus humains qui le représentent ou en qui il se concrète.

Et si vous l'interrogez encore…

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Dim 06 Mai 2012, 1:00 pm

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IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE (suite)
Et si vous l'interrogez encore — ne pouvant peut-être, par vous-même facilement aller vous enquérir auprès de l'évêque, pour demander à celui-ci ce qu'il affirme lui-même de son mandat, de sa mission, — le curé, toujours à votre portée, vous renseignera d'une façon très précise : il vous dira que comme lui tient son être et son mandat de l'évêque, — l'évêque, à son tour, étant donné qu'en fait il y en a plusieurs — un seul ne pouvant être en contact immédiat avec tous les curés qui sont et peuvent être sur toute la face du globe, — tient son être et son mandat d'un autre, d'un autre évêque, mais qui est unique celui-là, non seulement comme espèce ou comme genre de mandat, de mission, d'autorité, de ministère, mais même individuellement ou comme personne en chair et en os existant sur cette terre.

Cet autre évêque, unique, auquel se rattachent tous les autres évêques, avec lequel ils sont ou peuvent être et doivent être en rapport immédiat, où qu'ils se trouvent sur la face du globe, existe, lui aussi, actuellement. Il a un siège, une habitation connue de tous. On l'appelle d'un nom que tout le monde a entendu prononcer : le Pape. Il est à Rome. C'est là que les évêques du monde entier peuvent aller le trouver et communiquer avec lui, même oralement. Tous reconnaissent tenir de lui, de lui seul comme de leur source visible, sensible, leur être d'évêque, leur mandat, leur mission, leur doctrine, leur législation, leur ministère. C'est dans la mesure où ils sont d'accord avec lui, eu communion avec lui, qu'ils sont évêques, pouvant se présenter avec autorité aux autres hommes. S'ils étaient, sur un point quelconque, en désaccord avec lui, ils cesseraient, pour autant, d'être les envoyés ou les mandataires qu'ils affirment être au regard des autres hommes.

On voit le côté exceptionnel, unique, comme universalité, comme netteté ou précision, comme unité aussi ou continuité, ou identité d'affirmation, — de ce quelqu'un qui, actuellement, se présente aux hommes, se présente à nous, affirmant très haut qu'il est envoyé par Dieu pour nous transmettre, sur la seule autorité de Dieu, sur sa parole souveraine, un enseignement théorique et pratique, qui engage notre foi.

C'est donc, cette fois-ci, d'une manière précise et concrète…

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Message  Louis le Lun 07 Mai 2012, 6:40 am

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IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE (suite)
C'est donc, cette fois-ci, d'une manière précise et concrète, et à notre portée, la question d'un monde de la foi distinct du monde de la raison et s'ajoutant à lui, qui se pose à chacun de nous — à chaque être humain, agent moral — individu — chef de famille — chef de cité. Impossible de l'éviter. Le témoin s’impose . Il est de taille, si l'on osait ainsi s'exprimer, à ne pas permettre qu'on passe à côté de lui sans qu'on le voie, sans qu'on l'entende. Outre qu'il se dit, avec une netteté qui ne souffre aucune ambage, être, lui, envoyé de Dieu; même avant de rien détailler, au sujet de son mandat, il en déclare l'importance souveraine. Il dit qu'il y va des intérêts les plus sacrés, les plus vitaux pour tout être humain comme tel, pour la famille comme telle, pour la cité comme telle, pour la nation comme telle, pour tout l'ensemble du genre humain.

Ce témoin, considéré, sous sa raison de témoin, d'une façon globale, s'appelle l'Église. Et il faut entendre, par là, toujours à ne nous occuper que de sa raison de témoin, ces trois hommes dont nous avons parle, qui n'en font qu'un, à vrai dire, et qui sont : le curé, l'évêque, le pape. On les trouve partout, essentiellement un et identiques, attendu qu'en effet, le pape est un, et que les évêques ne sont plus évêques s'ils ne sont un avec lui, et que les curés ne sont plus curés, s'ils ne sont un avec l'évêque, avec le pape. Et ils sont un en tout, sous leur raison de témoins : ils disent le même message, s'autorisent du même mandat : mandat qu'ils disent venir de Dieu; message qu'ils disent au sens le plus strict, le plus formel, un message divin, ne contenant rien, sous sa raison de message, — et c'est cela seul qu'ils présentent sous leur raison de témoins ou de messagers, — qui ne soit expressément et formellement dit, révélé, autorisé par la parole même de Dieu.

Évidemment, tout se ramène pour nous à vérifier le dire de ce témoin : …

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Lun 07 Mai 2012, 12:31 pm

PROPÉDEUTIQUE

IV. LE TÉMOIN CATHOLIQUE (suite)
Évidemment, tout se ramène pour nous à vérifier le dire de ce témoin : non pas son dire en tant qu'il exprime le dire divin. Ceci ne saurait relever de notre contrôle! ce serait folie! Mais son dire consistant à s'affirmer témoin, ou messager, ou mandataire de Dieu, à cette fin précise de nous transmettre son message divin.

Si le témoin est divin, — s'il porte le sceau de Dieu, c'en sera fait! notre tâche de propédeutique sera achevée, comme propédeutique, c'est-à-dire comme tâche devant nous conduire à la foi.

Nos prochaines études auront pour but de réaliser cette tâche.…
A suivre : V. LE FAIT CATHOLIQUE

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Message  Louis le Mar 08 Mai 2012, 6:30 am

PROPÉDEUTIQUE

V. LE FAIT CATHOLIQUE
Nous sommes en présence d'un témoin hors de pair et qui s'impose à nous dans l'ordre de l'affirmation d'un domaine de la foi réellement existant pour nous.

Mais que vaut ce témoin? Quelle est son autorité? son témoignage est-il recevable? s'impose-l-il irrécusablement?

On dira peut-être que la seule donnée de son existence comme témoin — curé, évêque, pape : Église messagère — constitue un préjugé en sa faveur, préjugé tel qu'il semble imposer tout de suite l'adhésion.

Et il est très vrai qu'aucun autre témoin ne saurait lui être comparé comme unité, comme netteté, comme conscience de sa qualité de témoin. — Qu'un tel témoin existe, ainsi répandu partout, et si parfait dans son acte de témoigner, c'est assurément chose particulièrement cligne d'attention, et même d'étonnement. Pouvons-nous cependant conclure, tout de suite, à la divinité de son témoignage? La conclusion pourrait courir le risque d'être précipitée. Il sera mieux de nous réserver encore. Joignons plutôt à la considération de l'Église dans sa réalité de témoin — curé, évêque, pape — la considération de l'Église dans sa réalité de corps social. Si, considérée comme témoin, comme mandataire, comme messagère, dans son organisation si simple et si parfaite, se ramenant à ces trois hommes — curé, évoque, pape, — n'en faisant qu'un, qui reste un et qui suffît à tout, atteignant immédiatement ou pouvant atteindre tous les hommes qui sont sur la face du globe, — elle nous est apparue absolument unique, sans que rien, parmi les hommes, dans le même ordre de témoignage d'intervention d'en-haut, puisse lui être comparé, — considérée comme corps social, existant sous nos yeux, elle va revêtir un caractère encore plus absolu de transcendance souveraine : et ici, vraiment nous serons conduits à nous poser nettement la question, avec possibilité de conclure, nous le verrons, touchant la divinité de son mandat, de sa mission.

Tout corps social…

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Message  Louis le Mar 08 Mai 2012, 12:08 pm

PROPÉDEUTIQUE

V. LE FAIT CATHOLIQUE (suite)
Tout corps social, toute société se compose essentiellement de deux éléments ou de deux parties irréductibles : les membres qui sont multiples ; et un lien qui les unit, formant d'eux tous un seul corps. Pratiquement, dans l'ordre des sociétés civiles, ces deux éléments portent deux noms caractéristiques : on les appelle : gouvernés et gouvernement; ou encore : citoyens et autorité.

L'Église, considérée sous sa raison de corps social, comprendra, elle aussi, ce double élément. D'une part, on y verra des gouvernés; de l'autre, un gouvernement ou une autorité. Les gouvernés s'y appellent même d'un nom très spécial et qui marque déjà la note distinctive de cette société : on les nomme fidèles; ce qui signifie, proprement, croyants, avec tout ce qu'impliquera, nous l'allons voir, la foi dont il s'agit. Quant à l'autorité ou au gouvernement, nous le connaissons déjà. Il se ramène à ce que nous disions dans notre dernière considération. Il n'est pas autre que le témoin dont nous parlions : le curé — l'évêque — le pape, dans l'unité soulignée par nous la dernière fois. Et qu'on veuille remarquer ici l'à-propos de cette autorité ou de ce gouvernement. Les gouvernés s'appellent les fidèles. N'est-ce pas un indice que le côté le plus formel de l'autorité, ici, se ramène à un témoignage? La foi en effet, correspond au témoin. C'est parce que l'autorité du témoin est reconnue, que son témoignage est accepté par la foi.

Et, tout aussitôt, embrassons, d'un coup d'œil rapide, le fait de cette société formée par ces fidèles en regard de ces témoins.

Que voyons-nous?...

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Message  Louis le Mer 09 Mai 2012, 6:50 am

PROPÉDEUTIQUE

V. LE FAIT CATHOLIQUE (suite)
Que voyons-nous?

Sans même examiner encore d'une façon précise les caractères de ce fait, ne remarquons-nous pas, dès le premier regard jeté sur lui et quelque superficiel que soit encore ce premier regard, que ce fait, dans ce seul énoncé, apparaît unique? Car il s'agit, nous venons de le dire, d'une société constituée essentiellement, et on pourrait dire uniquement, de fidèles ou de croyants et de témoins. Tout se ramène donc ici, en dernière analyse, à des hommes qui affirment et à des hommes qui croient, à des hommes dont toute la raison d'être est d'affirmer, et à des hommes dont toute la raison d'être est de croire, de croire, notons-le bien, cela même et cela seul que les autres affirment. Tout se ramène, ici, à une parole, que les uns profèrent et que les autres acceptent.

Or, cette parole, par définition, qu'on veuille le remarquer, est une parole que ceux-là même qui l'affirment déclarent expressément être incompréhensible, incontrôlable, soit par eux-mêmes qui l'affirment, ou plutôt qui en témoignent, qui la transmettent, qui l'apportent, soit par ceux à qui ils l'apportent, à qui ils la transmettent.

Toute la société dont il s'agit est fondée sur la transmission, disons sur la tradition de cette parole par ceux qui constituent l'élément autorité, et sur l'acceptation de cette parole par ceux qui constituent l'élément gouvernés.

Encore un coup, et très expressément, j'attire l'attention sur…

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Message  Louis le Mer 09 Mai 2012, 11:27 am

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V. LE FAIT CATHOLIQUE (suite)

Encore un coup, et très expressément, j'attire l'attention sur cette première remarque, que le fait de cette société, d'une société se présentant sous cette forme, est unique, absolument unique. — Il y a, sans doute, d'autres groupements humains, se rattachant au côté religieux dont nous parlons maintenant, c'est-à-dire à données de rapports plus ou moins affirmés, plus ou moins précis, à base d'intervention positive d'un monde supérieur au monde humain. Aucun de ces groupements ne peut se comparer à l'Église, et je ne parle pas seulement de groupements humains qui n'auraient rien de commun avec la société dont nous parlons, tels, par exemple...

Mais, au fait, en existe-t-il? En exista-t-il dans le monde antique? — le peuple d'Israël mis à part —, dans le monde gréco-romain? En existerait-il aujourd'hui parmi les peuples qui seraient comme la continuation de ces peuples antiques, du moins selon qu'ils vivaient hors du monde gréco-romain? ou selon qu'ils vivent sous la loi de Mahomet? Parmi ces peuples, y a-t-il eu, y a-t-il des groupements qu'on puisse dire, proprement, religieux, ayant pour centre, pour lien, une autorité d'ordre exclusivement religieux, et constituant, au milieu de ces peuples, une société véritable, distincte de la société politique officielle, avec sa vie propre et indépendante? à le vouloir, je crois qu'on trouverait bien, parmi ces peuples, des assemblées ou des attroupements plus ou moins nombreux, plus ou moins fréquents, plus ou moins réguliers, auxquels présideraient certains hommes entourés d'un certain prestige, distinct de celui que donne la seule autorité politique, et portant même le caractère de prestige religieux; — mais ces hommes ne seraient là que pour présider à ces sortes de cérémonies religieuses : — une fois l'assemblée dissoute, plus rien de commun ne lierait les membres et le président ; — toute la société se ramènerait à l'attroupement pour l'accomplissement d'un rite cultuel. — De société à base d'enseignement, à base de parole, à base de témoignage, à base de foi ; — de société constituée essentiellement par cela : des témoins et des fidèles, — non, nous n'en trouverons pas !

On n'en trouvera pas dans l'ordre de ces peuples étrangers à la société qui nous occupe, ayant vécu avant elle; — ou vivant actuellement en dehors d'elle. En trouverions-nous du côté des groupements qui lui seraient plus ou moins apparentés, tout en se distinguant d'elle essentiellement? Sans s'y tromper, on entendra que je désigne ici les groupements chrétiens, non catholiques : groupements qu'on désigne aussi quelquefois par le nom d'église : église orthodoxe; église anglicane, église luthérienne, ou d'un nom plus général, église protestante.

Non, nous n'en trouvons pas. Aucun…

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Message  Louis le Jeu 10 Mai 2012, 6:50 am

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V. LE FAIT CATHOLIQUE (suite)
Non, nous n'en trouvons pas. Aucun de ces groupements, aucune de ces églises ne forme une société qui ait le caractère de la société qui nous occupe. — Dans aucun de ces groupements, dans aucune de ces églises, on ne trouve une autorité dont toute la raison d’autorité se ramène foncièrement à un témoignage, dont toute la raison d'être soit d'être témoin. Bien plus, on n'y trouve pas d'autorité proprement dite. Nul n'a le droit ni n'affirme avoir le droit d'y commander — dans l'ordre strictement religieux ;— et nul ne se considère comme obligé d'obéir. Ici encore, ce ne sont que des réunions pieuses, à forme d'assemblées plus ou moins libres, plus ou moins spontanées, où chacun, en principe, a le droit de faire et de dire ce qui lui paraît bon dans un certain domaine de mouvement de l'homme vers les choses ayant trait au culte de la divinité. Que s'il y a un président à ces réunions, à ces assemblées, ce n'est guère qu'un président d'honneur, à autorité assez précaire, et d'ordre bien limité. — Mais nul n'y parle avec autorité; et nul n'y est tenu d'accepter cette parole. — Pas de témoins; pas de fidèles.

Exception semblait devoir être faite pour l'église orthodoxe. Mais, outre qu'elle ne sera bientôt plus qu'un souvenir, — il y a encore que même là ne se trouvait point une autorité proprement religieuse — et strictement indépendante — s'imposant par elle-même et étant acceptée de tous dans l'ordre du témoignage, dans l'ordre de la parole venue d'en-haut.

Seule l'Église a le caractère de société qui nous occupe. — Et voilà pourquoi, de ce seul fait déjà, elle ne peut être confondue, ni même comparée avec qui que ce soit. Elle est unique. Il n'y a pas, au sens formel qui nous occupe — d'une société de témoins et de fidèles — plusieurs églises: il n'y en a qu'une : l'Église catholique.

Mais cette Église qu'est-elle — dans sa raison de société formée de témoins et de fidèles ? Comment nous apparaît-elle, dans le fait de sa réalisation devant nous?

Ceux qui constituent, dans cette société, l'élément autorité…

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Message  Louis le Jeu 10 Mai 2012, 11:42 am

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V. LE FAIT CATHOLIQUE (suite)
Ceux qui constituent, dans cette société, l'élément autorité, l'élément direction et gouvernement, ramené, dans son dernier fond, au caractère de témoins portant une parole, qu'ils se disent chargés de transmettre, au nom même de Dieu, — affirment aussi, très nettement, qu'ils ont mandat de transmettre cette parole à tous les êtres humains, quels qu'ils soient. Ils entendent, pour autant que cela dépend d'eux-mêmes, conquérir à cette parole tous les êtres humains sans exception : il n'est pas un être humain, non pas même s'il est à l'état d'enfant, à plus forte raison, s'il est adulte, à qui le témoin dont nous parlons ne se dise envoyé; il veut les faire bénéficier de tous les avantages qu'il dit être renfermés dans le mandat qui lui est confié. Le curé, dans sa paroisse, vise à atteindre, à conquérir tous les êtres humains qui s'y trouvent, soit qu'ils habitent régulièrement sur son territoire, soit qu'il leur arrive seulement d'y séjourner en passant. Il voudrait qu'il n'y eût pas un seul de ces êtres humains qui n'acceptât son témoignage et qui ne fût, avec lui, en dépendance parfaite, absolue, dans l'ordre de ce témoignage.

Ce que le curé vise à atteindre, à réaliser sur le territoire de sa paroisse et pour tous les êtres humains qui peuvent s’y rapporter, à un titre quelconque, l'évêque vise à l'atteindre, par tous les curés qui dépendent de lui, dans toute l'étendue de son diocèse : il n'y a aucun être humain, dans toute l'étendue de ce diocèse, dont l'évêque n'ambitionne de faire la conquête, dans l'ordre du témoignage dont il s'agit : un évêque qui exclurait, de son désir de conquête, un seul des êtres humains de son diocèse serait, par le fait même, infidèle à sa mission, à son mandat : il se doit, par cela même qu'il est évêque, à un titre encore plus étroit ou plus intime et plus profond que le curé — puisque celui-ci n'est en réalité que son délégué, son lieutenant dans chaque paroisse où il l'a placé, — de vouloir que chaque être humain qui peut, à un titre quelconque, se rapporter à son diocèse, soit, avec lui, en dépendance parfaite, absolue, dans l'ordre du témoignage qui lui est confié.

Pareillement, et à un titre encore plus intime et plus profond…

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Message  Louis le Ven 11 Mai 2012, 6:27 am

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V. LE FAIT CATHOLIQUE (suite)

Pareillement, et à un titre encore plus intime et plus profond, ce que l'évêque vise à atteindre, à réaliser pour tous les êtres humains qui ont un rapport quelconque à son diocèse, le pape vise à l'atteindre, à le réaliser pour tous les êtres humains, sans exception, qui vivent sur la surface de la terre : il vise, il doit viser, il ne peut pas ne pas viser à les conquérir tous, afin que tous soient, avec lui, en dépendance parfaite, absolue, dans l'ordre du témoignage qu'il se dit être chargé de transmettre à tous les hommes, au nom de Dieu. Lui, pape, pour tout l'univers; et, sous lui et avec lui, l'évêque, pour tout son diocèse; et, de par l'évêque et avec l'évêque, le curé, pour toute sa paroisse, déclarent très haut, et sans ambage, que le mandat, le message dont ils sont les dépositaires, qui leur a été confié de la part de Dieu intéresse, au plus haut point, tout être humain, quel qu'il soit; qu'ils ont mission de le transmettre à tout être humain; que tout être humain est tenu de l'accepter, qu'il y va pour lui de sa destinée en ce qu'elle a de plus absolu, et de plus définitif.

Et, de fait, il se trouve, en ce moment — non pas certes que tous les êtres humains, dans l'univers, acceptent le mandat dont il s'agit, et soient, dans l'ordre de ce mandat, en dépendance parfaite, absolue avec l'autorité — curé, évêque, pape — qui le leur présente : ils sont légion au contraire, en ce moment, ceux qui dans l'univers se tiennent en dehors de ce mandat, et de ce qu'il implique; — mais quelque nombreux que soient ceux qui restent en dehors de ce mandat — et je dirais presque que cela importe peu ou plutôt que cela même sera une condition de plus dans la valeur du fait qui nous occupe — il se trouve que partout, dans l'univers exploré de part en part, — des êtres humains, appartenant à toutes les conditions et à tous les états, acceptent — du moins en principe et dans l'ordre du droit — le témoignage dont il s'agit. Partout, dans l'univers, en ce moment, il y a des êtres humains qui se reconnaissent comme obligés d'accepter, avec tout ce qu'il implique, le témoignage dont se disent chargés pour eux au nom de Dieu, à l'effet de le leur transmettre et de les aider à y répondre — le curé, l'évêque, le pape — c'est-à-dire l'autorité dont nous avons dit que le caractère foncier se ramène à témoigner, à être le témoin de cette parole venue de Dieu, et qui s'impose à la raison de l'homme sans que la raison de l'homme ait sur elle aucun droit de contrôle.

Voilà le fait….

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Message  Louis le Ven 11 Mai 2012, 12:01 pm

PROPÉDEUTIQUE

V. LE FAIT CATHOLIQUE (suite)
Voilà le fait. — L'Église, corps social, composé essentiellement de témoins et de fidèles — existe, en ce moment, dans tout l'univers. Dans tout l'univers, il y a, en liaison de foi absolue avec le pape vivant à Rome, et qui s'appelle en ce moment Pie XI, des évêques et des curés transmettant, au nom de Dieu et sur sa seule autorité, un message venu de Lui, qui engage, d'abord, leur raison, sous forme de foi; et puis, leur volonté, sous forme de précepte; et, enfin, leur vie tout entière, sous forme de pratiques rituelles. — Les membres constituant cette Église, ou ce corps social, appartiennent à toutes les catégories d'êtres humains. Il y a des enfants ; et des adultes. Parmi les adultes, des hommes et des femmes se présentent avec toutes les diversités ou toutes les différences qui caractérisent les êtres humains dans leur ensemble : riches et pauvres; savants et ignorants; patrons et ouvriers; paysans et habitants des villes, sans distinction de races, de nationalités, de degrés de civilisation ou de culture. — C'est là ce que nous appelons le fait catholique : le fait actuel, présent devant nos yeux; dont la constatation est à la portée de tout être humain.

Si ce fait était divin ? s'il portait avec lui le sceau de Dieu; — si au même titre qu'il s'impose comme fait, il s'imposait comme fait divin, oh ! alors la question qui nous occupe se résoudrait d'elle-même en évidence aveuglante.

Nous verrons ce qu'il en est, dans notre prochaine étude.
VI.

VALEUR DU FAIT CATHOLIQUE

AUX YEUX DE LA RAISON


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Message  Louis le Sam 12 Mai 2012, 6:52 am

PROPÉDEUTIQUE

VI.

VALEUR DU FAIT CATHOLIQUE

AUX YEUX DE LA RAISON


Le fait catholique se ramène à un témoignage. Il est constitué par des témoins qui portent un témoignage, et des fidèles qui acceptent ce témoignage.

Et le témoignage dont il s'agit, par sa définition même, est un témoignage qui engage tout de suite la question du fait ou de l'existence d'un monde de la foi, au sens le plus strict, au sens même surnaturel de ce mot. Car ce témoignage est donné comme venant de Dieu — de l'Acte pur — et portant, proprement, sur Dieu dans son domaine propre où nul autre que Lui ne saurait naturellement prétendre comme objet de connaissance proportionné à ses facultés de connaître.

Le fait de ce témoignage existant ainsi pour les hommes est unique, absolument unique. — Nulle part ailleurs, en dehors du fait catholique, on ne trouve le fait de ce témoignage. — Nulle part ailleurs, parmi les hommes, on ne trouve le fait de témoins, se définissant par le rôle de témoins, dans l'ordre d'un témoignage divin, surnaturel — et de fidèles, se définissant par leur rôle de fidèles, ou de croyants, en fonction do ce témoignage; de témoins n'étant que témoins, de fidèles n'étant que fidèles — en dehors de toute raison d'être se rattachant à quelque condition humaine, civile, politique, sociale, nationale, que ce puisse être.
En présence de ce témoignage, deux questions peuvent se poser : celle de sa valeur ; celle de sa teneur.

Deux questions qui diffèrent essentiellement : la teneur porte sur ce que contient ce témoignage; la valeur porte sur l'autorité de ce témoignage.

Ce témoignage qui se dit venir de Dieu, vient-il de Dieu en effet?

A supposer qu'il vienne de Dieu, que comprend-il, que contient-il?

Cette…

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Sam 12 Mai 2012, 11:30 am

PROPÉDEUTIQUE

VI.

VALEUR DU FAIT CATHOLIQUE

AUX YEUX DE LA RAISON
(suite)


Cette seconde question peut être abordée avec une double disposition ou dans un double état d'esprit : en croyants; ou simplement en curieux, si l'on peut ainsi dire, curiosité d'ailleurs qui pourra elle-même s'accompagner de sympathie ou de prévention plus ou moins hostile. Abordée avec la simple disposition de la curiosité, l'étude de la teneur du témoignage pourra présenter quelque avantage, si la curiosité s'accompagne de sympathie; si elle s'accompagnait d'hostilité ou de prévention, il se pourrait qu'elle n'aboutît qu'à un résultat plutôt fâcheux. — En toute hypothèse, elle ne pourrait, de soi, créer un état d'esprit définitif et pleinement plausible aux yeux de la pure raison. En effet, même si l'étude est sympathique, elle est incapable d'avoir une conclusion ferme et motivée en saine raison. Puisqu'il s'agit de choses qui dépassent la raison, ce n'est point au contrôle de la raison que peut être soumis le jugement de leur vérité ou de leur non-vérité.

Aussi bien, faudra-t-il toujours, en dernière analyse, si l'on veut agir selon la raison, que le témoignage soit étudié directement dans l'ordre de son autorité ou de sa valeur — puisque notre raison ne pourra se prononcer que sur cette valeur ou cette autorité.

Mais, ici, puisqu'il s'agit de témoignage qui se dit venir de Dieu, — sa valeur ou son autorité ne pourra être établie que sur un signe qui porte la marque de Dieu. La preuve devra être d'ordre divin, formellement divin, comme le témoignage lui-même. — D'autre part, de preuve formellement divine, il n'en est qu'une : quelque chose qui tombe sous nos sens, que nous puissions contrôler, et qui ne puisse s'expliquer absolument que par l'action directe de Dieu. Si quelque chose de ce genre nous est donné pour établir l'autorité du témoin, il devient évident que l'autorité divine de celui qui nous la donne sera établie par le fait même.

C'est donc à cela que tout se ramène dans notre étude du fait ou de l'existence d'un monde de la foi, — en présence du témoignage que nous considérions dans notre dernière enquête et dont nous voyions le caractère absolument unique et transcendant.

Ce témoignage est-il divin, c'est-à-dire ce témoignage se présente-t-il à nous avec le sceau et la marque de Dieu?

Pour le savoir…

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Dim 13 Mai 2012, 6:20 am

PROPÉDEUTIQUE

VI.

VALEUR DU FAIT CATHOLIQUE

AUX YEUX DE LA RAISON
(suite)


Pour le savoir, il faut évidemment aborder le témoin, et lui demander ses titres, ses lettres de créance.

Interrogé par nous, il ne se dérobera pas. Ses titres sont nets et précis. Nous les résumerons d'un mot. — Le curé se dit envoyé par l'évêque, l'évêque par le pape, et le pape se dit remonter par une chaîne ininterrompue de prédécesseurs, dont il nous dira le nombre et les noms avec leurs dates respectives, jusqu'à une époque où parut, sur notre terre, en Orient, dans la Palestine, un Personnage historique qui se présenta aux hommes en se proclamant le Fils de Dieu, égal à son Père, Dieu comme lui, vivant de sa même vie, et, par suite, possédant à fond tous ses secrets. Les secrets, au milieu desquels Il vivait, Il les communiqua aux hommes. Et Il en confia le dépôt à un groupe choisi par Lui, groupe dont le chef, appelé Pierre, est le premier chaînon de la chaîne aboutissant à Pie XI, actuellement à Rome, à qui se rattachent tous les évêques, tous les curés, qui constituent le témoin dont nous parlons.

Voilà qui est précis. Il est évident que si le témoignage dont il s'agit vient du Fils de Dieu en personne, il sera divin au sens le plus formel du mot.

Mais comment savoir s'il vient du Fils de Dieu en personne? — Ce personnage historique dont parlent les témoins en question, nous ne l'avons pas connu nous-mêmes. Comment dès lors nous renseigner à son sujet?

Voici….

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Re: Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

Message  Louis le Dim 13 Mai 2012, 2:25 pm

PROPÉDEUTIQUE

VI.

VALEUR DU FAIT CATHOLIQUE

AUX YEUX DE LA RAISON
(suite)
Voici.

Les témoins en question nous renseignent eux-mêmes. Ils nous disent son histoire ou sa vie et ce qu'Il a dit et ce qu'Il a fait. Les faits les plus extraordinaires ont marqué son histoire. En même temps qu'Il se disait le Fils de Dieu et la sagesse du Père, Il a accompli, pour assurer son dire, des prodiges de toutes sortes et dans tous les ordres, montrant qu'Il était le Maître de la nature, des esprits et des corps. Il a fait des prophéties que nous voyons réalisées sous nos yeux — entre autres, la conversion des hommes à sa doctrine. Mais ce qui est encore plus fort, c'est que Lui-même n'était que la réalisation de prophéties antérieures s'échelonnant sur un espace de plusieurs siècles et remontant même jusqu'à l'origine du genre humain. Et que ces prophéties aient existé, il n'est pas possible de le mettre en doute, puisque ceux-là même qui en ont été les dépositaires vivent encore au milieu de nous, actuellement, en ennemis irréductibles de la société ou des témoins qui témoignent du Christ.

Voilà les faits invoqués par les témoins. Si ces faits sont vrais, il est clair que le témoignage dont il s'agit est divin.

Or, que ces faits soient exacts, les témoins dont il s'agit nous mettent à même, selon que nous le voulons, de les contrôler et de les contrôler à loisir. Ils ont avec eux des documents qu'ils mettent à notre portée. Et, de plus, nous l'avons dit, une contre-épreuve vivante et permanente coexiste à leur témoignage : celle d'un peuple survivant à sa ruine, sorte de miracle permanent au milieu des autres peuples.

Mais comme il serait difficile et même impossible à tous les êtres humains de faire le contrôle dont nous parlons et d'examiner par eux-mêmes les documents qui établissent la vérité des faits invoqués par les témoins, il est une preuve de la vérité de ces faits, qui s'ajoute à eux, en les confirmant, et dans laquelle ils continuent d'être en quelque sorte palpables pour chacun de nous.

Cette preuve, c’est…

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