La fin du monde est-elle pour demain ?

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La fin du monde est-elle pour demain ?

Message  Monique le Mer 31 Aoû 2011, 8:56 pm


« Et le premier ange sonna... Alors grêle et feu mêlés furent jetés sur la terre... » Débordement des mers, séismes ravageurs, apparitions de monstres, chutes d'étoiles, universel incendie...

Qui, devant l'accumulation de menaces que notre temps fait peser sur les épaules des hommes, ne s'est jamais demandé si les jours prédits par l'Apocalypse n'étaient pas proches, si la fin du monde n'était pas pour demain ?

On n'en saurait douter : cette angoisse apocalyptique fait partie du climat spirituel de notre époque. Que les antiques prophéties, telles que celles de Nostradamus ou celle du Pseudo-Malachie, trouvent parmi nous des lecteurs innombrables et des commentateurs passionnés : la dernière nommée vient encore de faire l'objet d'une étude minutieuse de la part d'un érudit jésuite, le R. P. Thibaut, professeur à Namur.

Que des sectes religieuses, qui réalisent d'incontestables progrès, telles celle des Adventistes du Septième jour ou celle des Témoins de Jéhovah, fassent de l'imminence de la fin du monde le dogme fondamental de leur foi, allant jusqu'à prédire à un jour près le moment de l'événement. Tout cela a valeur de signe, et traduit incontestablement un profond déséquilibre psychique.

Il faut l'avouer : quand on considère notre monde tel qu'il va, on a quelques excuses à s'imaginer entendre déjà, sur nos horizons familiers, le terrifiant galop des cavaliers de l'Apocalypse. Le choc affectif une fois reçu, comme il est facile de trouver dans l’Écriture Sainte des phrases de caractère prophétique qui viennent corroborer ce sentiment !

La foi n'est-elle pas prêchée à tous les peuples par nos missionnaires, et n'a-t-il pas été dit, — en saint Matthieu, chapitre XXIV, — que lorsque l’Évangile aurait été enseigné sur toute la terre, ce serait la fin?

ECCLESIA
Lectures chrétiennes
No 60, 1954.


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Re: La fin du monde est-elle pour demain ?

Message  Monique le Jeu 01 Sep 2011, 1:16 pm


L'apostasie, qui gagne incontestablement d'immenses parties de l'humanité, n'a-t-elle pas été annoncée comme un symptôme de cette fin, par le Seigneur comme par saint Paul ? Les guerres, les cataclysmes sont là, que maints textes sacrés nous ont désignés comme les signes avant-coureurs de la Venue du Juge. Et le retour des poldève en leur patrie terrestre ne s'associe-t-elle pas, comme cela fut prédit, à la certitude des derniers temps ?

C'est parce que ce courant de pensée est incontestable qu'il faut attacher la plus grande importance à la récente prise de position, sur cette question, du Collège théologique dominicain de Saint-Alban-Leysse, en Savoie, qui sous le titre même de cette chronique, a voulu s'y opposer. S'y opposer, non, peut-être pas exactement, mais situer ce courant dans sa véritable perspective, et mettre fin à nombre de divagations. S'appuyant sur une triple expérience scientifique, scripturaire et théologique, les Pères Dominicains qui ont publié ce fascicule de « Lumière et Vie » ont fait une œuvre singulièrement utile. En un tel domaine, entre ce que la foi affirme et ce que l'imagination la moins raisonnable suggère, la discrimination demande souvent beaucoup de sagesse.

La fin du monde est-elle pour demain ? C'est d'abord aux historiens de faire une remarque. Ils observent que l'angoisse de voir s'achever le temps, l'humanité, le monde, ne date pas d'hier. En restant même dans le cadre de l'histoire chrétienne, on le voit se manifester un grand nombre de fois, « directement en rapport avec l'intensité des épreuves subies par les diverses époques ».

L'Apocalypse
elle-même n'a-t-elle pas été écrite dans le climat de terreur où la persécution impériale plongeait l’Église, et seule l'Inspiration lui permet-elle de dépasser le plan des événements immédiats pour inclure en ses développements une signification surnaturelle ?

Au moment où les Grandes Invasions germaniques consacrèrent la ruine du Monde antique, un saint Jérôme, un saint Augustin, et bien d'autres écrivains du temps, eurent la conviction qu'ils assistaient aux prodromes du Jour suprême ; un siècle plus tard, un Cassien, un saint Grégoire le Grand pensaient de même.


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Re: La fin du monde est-elle pour demain ?

Message  Invité le Jeu 01 Sep 2011, 5:00 pm

Pas avant le Règne du Sacré Coeur de Jésus.

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Re: La fin du monde est-elle pour demain ?

Message  Monique le Jeu 01 Sep 2011, 7:25 pm

« Cœur Sacré de Jésus, que votre Règne arrive. »
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Re: La fin du monde est-elle pour demain ?

Message  Monique le Jeu 01 Sep 2011, 9:08 pm


« Le temps est venu, le ciel est en feu : le Juge redoutable va paraître. » Plus tard, ayant oublié ces prédictions, les chrétiens reprirent les mêmes errements. On peut le dire : chaque fois que les événements ont paru manifester la colère de Dieu, il s'est trouvé des croyants pour affirmer que le déchaînement définitif de cette colère était proche.

A la fin du moyen âge, les vaticinations de Joachim de Flore firent de véritables ravages, et tout le XIVe, une partie du XVe siècle pullulent de prédictions apocalyptiques terribles. De nos jours même, des hommes de bonne foi n'ont-ils pas cru vivre, en chair et en os, les premiers jours du dernier acte du monde : Russes « blancs » après 1917, Français en 1940, Allemands en 1944-1945, Japonais aussi à l'heure de la bombe atomique ? Ce que l'expérience de l'histoire prouve, c'est que ce sentiment n'a aucune valeur objective, que les faits le démentent, qu'il ne faut pas confondre la fin d'un monde, avec la fin du monde. « Les civilisations sont mortelles », répétera-t-on avec Paul Valéry, mais aussi avec Spengler et Toynbee, on se souviendra que selon une loi cyclique, au décès de l'une, succède la résurrection d'une autre. Ce qui nous invite à être, pour ce qui concerne la nôtre, optimistes, sinon résignés.

Mais, nous dira-t-on, de nos jours, les menaces qui pèsent sur le monde sont infiniment plus précises, plus redoutables, et la science ne nous montre-t-elle pas que cette image d'un anéantissement universel n'a rien d'inconcevable ? Ici, deux questions se posent. La terre peut-elle disparaître, et comment ? L'humanité n'est-elle pas déjà, en tout cas ne sera-t-elle pas demain, en mesure de se détruire elle-même ? A la première question a répondu M. Pierre Humbert, professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier, en montrant que des diverses hypothèses qu'on peut faire pour prévoir la fin du monde, aucune n'a de chance de se réaliser à brève échéance : la mort de la terre par manque d'air et d'eau, ou par réchauffement excessif, est certaine, mais dans des délais qui n'intéressent pas la vie humaine, pas même celle de plusieurs générations ; la rencontre avec d'autres corps célestes est à peu près inadmissible, tant les probabilités en sont faibles.

Quant à la seconde question, c'est le R. P. Dubarle, le professeur de Sciences bien connu de l'Institut catholique de Paris, qui y répond : les conquêtes actuellement réalisées dans le domaine de l'énergie nucléaire ne donnent pas à l'homme les moyens physiques de supprimer toute l'espèce humaine, et si l'on ne peut exclure à priori que la science puisse, un jour ou l'autre, réaliser cette destruction, il reste que la volonté d'accomplir ce crime demeure tenue en bride par l'instinct de conservation et que même une guerre mondiale où la bombe atomique serait réalisée laisserait certainement vivants assez d'humains pour qu'on ne puisse pas parler de " fin du monde ".


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Re: La fin du monde est-elle pour demain ?

Message  Monique le Lun 05 Sep 2011, 3:18 pm


A quoi les partisans de l'hypothèse catastrophique objectent encore que cette fin du monde est, pour un chrétien, certaine, qu'elle est inscrite dans les textes, qu'on n'a pas le droit de n'y pas croire. C'est vrai. A maintes reprises, le Christ, les Apôtres, les Pères de l’Église, ont répété, — comme l'avaient fait antérieurement maints prophètes d'Israël, — que « le ciel et la terre passe-raient, pour faire place à un monde nouveau ».

Ce n'est pas seulement dans l'Apocalypse, c'est aussi bien, par exemple, dans le Seconde Épître de saint Pierre qu'on voit annoncer l'embrasement catastrophique du monde. Mais est-ce à dire que le fait, certain en soi, doive se produire demain, ou même se produire dans un certain temps historique défini ? Un des points sur lesquels le Christ lui-même a le plus insisté, c'est sur l'ignorance radicale où nous sommes et serons toujours quant à la date de la Parousie. « Nul ne connaît la date, même pas le Fils, seul le Père » (Matt. XXIV. 36) ; « Le Fils de l'homme viendra comme un voleur, à l'heure imprévisible » (Luc XII. 40); « il en sera comme aux jours de Noé et comme aux jours de Loth » (Luc XVII. 23).

Il est même frappant de constater que l’Évangile, — et saint Paul aussi bien, — associe à l'image cataclysmes cosmiques l'idée d'une vie de l'humanité continuant à se dérouler dans sa banalité quotidienne. La fin du monde pourra aussi bien se produire au milieu d'un temps en apparence paisible que dans le déchaînement des forces apocalyptiques... Et l'on comprend l'insistance que met l’Église, depuis saint Paul jusqu'à maints conciles, à mettre en garde les chrétiens contre une curiosité excessive et vaine, dont la signification profonde est par-delà tout jugement humain !

Est-ce à dire cependant que la fin du monde, si, raisonnablement, elle a peu de chances d'être offerte à nos curiosités et à nos terreurs, ne nous concerne pas, qu'elle ne nous intéresse pas personnellement ? Tout au contraire, et c'est là ce que le moyen âge avait si bien compris, ce sur quoi se conclut le cahier des Pères Dominicains de Saint-Alban-Leysse. « Pour chaque civilisation, pour chaque génération, comme déjà pour chaque homme vivant, il faut bien reconnaître que son dernier jour, son unique jour (qu'est-ce en effet que la durée d'une vie, d'une civilisation même ?) est pour lui, pour elle, le Dernier Jour. » Nous ne verrons certainement pas de nos yeux de chair la Fin du Monde telle que nous la présentent nos rêves apocalyptiques ; mais par contre, nous sommes sûrs de la voir, en tant qu'être individuel, dans ce face à face terrible de la créature avec son Créateur, en ce « jour de colère » dont parle la Séquence du Dies Irœ où tout ce qui est caché sera découvert. « La fin du monde n'est pas pour demain (pour aucun « demain » définissable) ; elle est, ce qui importe plus d'une certaine façon, déjà pour aujourd'hui. » Et chacun de nous la porte en soi.


FIN
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