Aux âmes qui ont peur de Dieu
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Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
I. — Existence de la peur du bon Dieu dans un grand nombre d'âmes. — « Peur du bon Dieu! » Ce sont là des mots qui jurent de se trouver rapprochés; ces termes s'excluent. Le sentiment qu'ils expriment est un sentiment qu'on ne saurait comprendre. Comment avoir peur, en effet, de ce qu'il y a de meilleur; non pas seulement de ce qu'il y a de meilleur, mais de ce qui est la bonté, la compassion, la miséricorde par essence? Et pourtant, nombreuses, beaucoup trop nombreuses, jusque parmi celles qui auraient le moins sujet de trembler, sont les âmes qui, à la pensée de Dieu, n'arrivent pas à se défendre d'un involontaire saisissement.
La seule perspective qu'elles auront, un jour, à paraître à son tribunal et qu'elles devront y rendre compte des moindres actes de leur vie les remplit d'un effroi qu'elles sont incapables de dominer. Sa justice les glace, sa majesté les saisit, ses perfections, loin de les attirer, ne servent qu'à mettre plus en relief à leurs yeux leur misère et leur néant. Au lieu de se sentir portées vers lui comme vers le plus tendre des pères, elles éprouvent une sorte de terreur, au moins une crainte révérentielle excessive, qui les paralyse et les fait se tenir à distance. Elles l'aiment sincèrement peut-être; mais leur amour ne dilate pas le coeur. Il n'a rien de spontané, rien de confiant et de filial. Il ne jaillit pas de lui-même des profondeurs de l'être; il est le fruit d'un effort de volonté, il a quelque chose de pénible comme la frayeur qui l'accompagne. Cette frayeur, pour être religieuse, n'en est pas moins regrettable.
En Dieu, ces âmes voient un être lointain, austère, perdu dans son impressionnante grandeur; un maître distant, froid, exigeant, à l'affût de toutes les occasions de nous trouver en défaut, relevant nos plus légères faiblesses et les inscrivant impitoyablement sur le livre de ses justices; un juge souverainement perspicace et sévère, inaccessible à la pitié. Aucune défaillance ne lui échappe, il les punit toutes avec une inflexible rigueur. A ses yeux les justes eux-mêmes trouvent à peine grâce, « il découvre des taches jusque dans ses anges. » Oh ! « il est affreux de tomber entre les mains du Dieu vivant. »
Concevoir Dieu de la sorte, c'est le méconnaître totalement et l'offenser gravement; c'est se faire de lui une idée qui, heureusement, n'a rien de commun avec la réalité. Un Dieu semblable n'est pas notre Dieu, le bon Dieu que la foi nous enseigne et que la raison nous révèle; ce n'en est qu'une indigne caricature. Le bon Dieu est infiniment miséricordieux, infiniment aimable et aimant, infiniment paternel; et de ce Dieu tout bon on fait une sorte d'autocrate sec et dur, de justicier sans entrailles. Il est représenté sous des traits tels qu'on ne peut que le redouter; on serait presque tenté de se détourner de lui et de trouver que, par certains côtés, il atteint à peine à la hauteur de l'homme.
Extrait: ''LE BON DIEU ESSAI THEOLOGIQUE SUR L'INFINIE MISERICORDE DIVINE''
par
L. GARRIGUET
ANCIEN SUPÉRIEUR DE GRAND SÉMINAIRE
LIBRAIRIE BLOUD & GAY
3, rue Garancière, Paris.
1919.
A suivre...Causes non fondées de cette peur.
1. Existence de la peur du bon Dieu dans un grand nombre d'âmes. — II. Causes non fondées de cette peur. — III. Ses effets regrettables.
I. — Existence de la peur du bon Dieu dans un grand nombre d'âmes. — « Peur du bon Dieu! » Ce sont là des mots qui jurent de se trouver rapprochés; ces termes s'excluent. Le sentiment qu'ils expriment est un sentiment qu'on ne saurait comprendre. Comment avoir peur, en effet, de ce qu'il y a de meilleur; non pas seulement de ce qu'il y a de meilleur, mais de ce qui est la bonté, la compassion, la miséricorde par essence? Et pourtant, nombreuses, beaucoup trop nombreuses, jusque parmi celles qui auraient le moins sujet de trembler, sont les âmes qui, à la pensée de Dieu, n'arrivent pas à se défendre d'un involontaire saisissement.
La seule perspective qu'elles auront, un jour, à paraître à son tribunal et qu'elles devront y rendre compte des moindres actes de leur vie les remplit d'un effroi qu'elles sont incapables de dominer. Sa justice les glace, sa majesté les saisit, ses perfections, loin de les attirer, ne servent qu'à mettre plus en relief à leurs yeux leur misère et leur néant. Au lieu de se sentir portées vers lui comme vers le plus tendre des pères, elles éprouvent une sorte de terreur, au moins une crainte révérentielle excessive, qui les paralyse et les fait se tenir à distance. Elles l'aiment sincèrement peut-être; mais leur amour ne dilate pas le coeur. Il n'a rien de spontané, rien de confiant et de filial. Il ne jaillit pas de lui-même des profondeurs de l'être; il est le fruit d'un effort de volonté, il a quelque chose de pénible comme la frayeur qui l'accompagne. Cette frayeur, pour être religieuse, n'en est pas moins regrettable.
En Dieu, ces âmes voient un être lointain, austère, perdu dans son impressionnante grandeur; un maître distant, froid, exigeant, à l'affût de toutes les occasions de nous trouver en défaut, relevant nos plus légères faiblesses et les inscrivant impitoyablement sur le livre de ses justices; un juge souverainement perspicace et sévère, inaccessible à la pitié. Aucune défaillance ne lui échappe, il les punit toutes avec une inflexible rigueur. A ses yeux les justes eux-mêmes trouvent à peine grâce, « il découvre des taches jusque dans ses anges. » Oh ! « il est affreux de tomber entre les mains du Dieu vivant. »
Concevoir Dieu de la sorte, c'est le méconnaître totalement et l'offenser gravement; c'est se faire de lui une idée qui, heureusement, n'a rien de commun avec la réalité. Un Dieu semblable n'est pas notre Dieu, le bon Dieu que la foi nous enseigne et que la raison nous révèle; ce n'en est qu'une indigne caricature. Le bon Dieu est infiniment miséricordieux, infiniment aimable et aimant, infiniment paternel; et de ce Dieu tout bon on fait une sorte d'autocrate sec et dur, de justicier sans entrailles. Il est représenté sous des traits tels qu'on ne peut que le redouter; on serait presque tenté de se détourner de lui et de trouver que, par certains côtés, il atteint à peine à la hauteur de l'homme.
Extrait: ''LE BON DIEU ESSAI THEOLOGIQUE SUR L'INFINIE MISERICORDE DIVINE''
par
L. GARRIGUET
ANCIEN SUPÉRIEUR DE GRAND SÉMINAIRE
LIBRAIRIE BLOUD & GAY
3, rue Garancière, Paris.
1919.
A suivre...Causes non fondées de cette peur.

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
1° L'éducation. — Beaucoup d'âmes chrétiennes ont reçu une éducation un peu janséniste. Le jansénisme, cette hérésie subtile qui dissimulait son venin sous les dehors de la vertu et se targuait d'une piété, d'une austérité, d'un puritanisme qui en imposaient, séduisit, dans le cours du XVIIe et du XVIIIe siècles, un grand nombre d'intelligences et par son rigorisme exerça sur les coeurs la plus pernicieuse influence.
Elle faussa dans les esprits l'idée de Dieu. Elle ne le représenta pas seulement comme un maître distant, froid et exigeant, dont la pensée serre le coeur, y jette crainte et en comprime les élans; mais encore comme une espèce de tyran cruel, imposant à ses créatures des devoirs au-dessus de leurs forces, leur donnant des lois sans leur accorder toujours les secours dont elles ont besoin pour les observer, sauvant les justes comme malgré eux, contraignant leur volonté, leur ôtant toute possibilité pratique de résistance, tandis que d'autres manquent des grâces indispensables. Sur la croix, le Christ n'est pas mort pour tous les hommes. Il est mort seulement pour un tout petit nombre de prédestinés.
Ces doctrines désolantes, bonnes uniquement à remplir l'âme non pas d'une crainte salutaire, mais de désespérantes terreurs, éloignèrent bien des chrétiens d'un Dieu qu'ils ne savaient plus que redouter. A force de préconiser sa grandeur, sa sainteté, ses exigences, sa rigoureuse justice, elles finissaient par détourner de lui. On n'osait plus le regarder en face et lui parler à coeur ouvert.
Leur influence ne s'exerça pas seulement sur les milieux qui leur étaient acquis, elle se fit sentir même là où elles étaient le plus ardemment combattues. On l'y subit sans s'en douter et le venin s'infiltra jusque dans les âmes les meilleures.
Ce venin, nous avons mis deux siècles à l'éliminer et c'est à peine si, à l'heure actuelle, nous sommes arrivés à nous en complètement débarrasser. Il en est resté très longtemps des vestiges dans les familles les plus religieuses. L'éducation s'en est ressentie, et une partie des générations qui ont grandi a été élevée dans des principes d'un inconscient rigorisme. On a eu bien de la peine à revenir à une conception plus exacte de Dieu et de ses dispositions à notre égard.
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
1° L'éducation. — Beaucoup d'âmes chrétiennes ont reçu une éducation un peu janséniste. Le jansénisme, cette hérésie subtile qui dissimulait son venin sous les dehors de la vertu et se targuait d'une piété, d'une austérité, d'un puritanisme qui en imposaient, séduisit, dans le cours du XVIIe et du XVIIIe siècles, un grand nombre d'intelligences et par son rigorisme exerça sur les coeurs la plus pernicieuse influence.
Elle faussa dans les esprits l'idée de Dieu. Elle ne le représenta pas seulement comme un maître distant, froid et exigeant, dont la pensée serre le coeur, y jette crainte et en comprime les élans; mais encore comme une espèce de tyran cruel, imposant à ses créatures des devoirs au-dessus de leurs forces, leur donnant des lois sans leur accorder toujours les secours dont elles ont besoin pour les observer, sauvant les justes comme malgré eux, contraignant leur volonté, leur ôtant toute possibilité pratique de résistance, tandis que d'autres manquent des grâces indispensables. Sur la croix, le Christ n'est pas mort pour tous les hommes. Il est mort seulement pour un tout petit nombre de prédestinés.
Ces doctrines désolantes, bonnes uniquement à remplir l'âme non pas d'une crainte salutaire, mais de désespérantes terreurs, éloignèrent bien des chrétiens d'un Dieu qu'ils ne savaient plus que redouter. A force de préconiser sa grandeur, sa sainteté, ses exigences, sa rigoureuse justice, elles finissaient par détourner de lui. On n'osait plus le regarder en face et lui parler à coeur ouvert.
Leur influence ne s'exerça pas seulement sur les milieux qui leur étaient acquis, elle se fit sentir même là où elles étaient le plus ardemment combattues. On l'y subit sans s'en douter et le venin s'infiltra jusque dans les âmes les meilleures.
Ce venin, nous avons mis deux siècles à l'éliminer et c'est à peine si, à l'heure actuelle, nous sommes arrivés à nous en complètement débarrasser. Il en est resté très longtemps des vestiges dans les familles les plus religieuses. L'éducation s'en est ressentie, et une partie des générations qui ont grandi a été élevée dans des principes d'un inconscient rigorisme. On a eu bien de la peine à revenir à une conception plus exacte de Dieu et de ses dispositions à notre égard.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
1° L'éducation. — Quand nous étions enfants, pour nous détourner du mal, on nous a peut-être trop parlé de la justice de Dieu, de ses sévérités, de ses châtiments, et pas assez de ses tendresses, de sa bonté, de ses miséricordes. On nous a appris la crainte plus que l'amour. Les enseignements reçus plus tard ne sont pas venus, toujours, corriger les défectuosités de la formation première. Il en est résulté que plusieurs n'ont jamais su se résoudre à aller au bon Dieu avec la simplicité, l'abandon, la confiance qui devraient être à la base de tous nos rapports avec notre père du ciel. Ils ne peuvent pas arriver à s'affranchir d'impressions qui les empêchent de le voir tel qu'il est et de se jeter dans ses bras comme il le désire.
Ce qui a pu peser encore sur ce côté de l'éducation, c'est l'idée qu'on s'est longtemps formée de l'autorité dans la société et dans la famille. L'autorité, dans les siècles passés, était plus distante qu'elle ne l'a été depuis. Il y avait alors plus de réserve; la familiarité n'existait guère, les effusions étaient rares. On transportait, agrandies, ces dispositions dans le domaine des relations avec Dieu; on était surtout impressionné par sa majesté, sa puissance, sa sainteté, ses droits souverains. Il en résultait que les rapports étaient marqués au coin surtout du respect et de la crainte révérencielle, et cela a contribué à entretenir les sentiments que l'influence janséniste avait fait germer dans les âmes.
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
1° L'éducation. — Quand nous étions enfants, pour nous détourner du mal, on nous a peut-être trop parlé de la justice de Dieu, de ses sévérités, de ses châtiments, et pas assez de ses tendresses, de sa bonté, de ses miséricordes. On nous a appris la crainte plus que l'amour. Les enseignements reçus plus tard ne sont pas venus, toujours, corriger les défectuosités de la formation première. Il en est résulté que plusieurs n'ont jamais su se résoudre à aller au bon Dieu avec la simplicité, l'abandon, la confiance qui devraient être à la base de tous nos rapports avec notre père du ciel. Ils ne peuvent pas arriver à s'affranchir d'impressions qui les empêchent de le voir tel qu'il est et de se jeter dans ses bras comme il le désire.
Ce qui a pu peser encore sur ce côté de l'éducation, c'est l'idée qu'on s'est longtemps formée de l'autorité dans la société et dans la famille. L'autorité, dans les siècles passés, était plus distante qu'elle ne l'a été depuis. Il y avait alors plus de réserve; la familiarité n'existait guère, les effusions étaient rares. On transportait, agrandies, ces dispositions dans le domaine des relations avec Dieu; on était surtout impressionné par sa majesté, sa puissance, sa sainteté, ses droits souverains. Il en résultait que les rapports étaient marqués au coin surtout du respect et de la crainte révérencielle, et cela a contribué à entretenir les sentiments que l'influence janséniste avait fait germer dans les âmes.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
2° — Les exagérations regrettables de certains prédicateurs et même de certains auteurs de spiritualité.
Beaucoup de prédicateurs, surtout parmi les prédicateurs missionnaires, ont traité de préférence les sujets terrifiants, parce qu'ils les jugeaient plus capables d'impressionner vivement les esprits. Pour saisir les âmes, pour les tirer de leur assoupissement, pour les arracher à leur tiédeur, à leur routine, à leurs habitudes, à leurs désordres, pour les amener au repentir et à la pénitence, ils ont parlé, eux aussi, bien plus de la colère de Dieu, de la sévérité de sa justice, de la rigueur de ses châtiments, que de ses miséricordes et de son amour infinis.
Ayant souvent affaire à des coeurs ou légers, ou blasés, ou endurcis, ou rudes, ils ont estimé que le moyen le plus efficace d'agir sur eux était de frapper fort et de les pénétrer d'une salutaire frayeur.
En conséquence, ils ont frappé très fort, ils ont rappelé toutes les menaces et cité tous les reproches que, par la bouche de ses prophètes, l’Éternel adressa autrefois à Israël prévaricateur. Ils se sont particulièrement appesantis sur les considérations les plus capables d'inspirer la crainte de Dieu, afin d'arriver par là à inspirer la crainte du péché.
Plus d'une fois dans leurs discours, ils sont tombés dans des exagérations doctrinales que leurs bonnes intentions ne suffisent pas à excuser. Même quand ils se sont tenus dans les limites de la vérité dogmatique, ils se sont trop exclusivement préoccupés de montrer les côtés de Dieu qui attirent le moins, ceux qui sont de nature à le faire redouter. Ils n'ont pas peint Dieu tel qu'il est; le portrait qu'ils en donnent manque de ressemblance parce qu'il laisse dans l'ombre ses traits les plus caractéristiques : ses amabilités sans bornes, ses paternelles tendresses, son inlassable indulgence, sa pitié toujours en éveil.
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
2° — Les exagérations regrettables de certains prédicateurs et même de certains auteurs de spiritualité.
Beaucoup de prédicateurs, surtout parmi les prédicateurs missionnaires, ont traité de préférence les sujets terrifiants, parce qu'ils les jugeaient plus capables d'impressionner vivement les esprits. Pour saisir les âmes, pour les tirer de leur assoupissement, pour les arracher à leur tiédeur, à leur routine, à leurs habitudes, à leurs désordres, pour les amener au repentir et à la pénitence, ils ont parlé, eux aussi, bien plus de la colère de Dieu, de la sévérité de sa justice, de la rigueur de ses châtiments, que de ses miséricordes et de son amour infinis.
Ayant souvent affaire à des coeurs ou légers, ou blasés, ou endurcis, ou rudes, ils ont estimé que le moyen le plus efficace d'agir sur eux était de frapper fort et de les pénétrer d'une salutaire frayeur.
En conséquence, ils ont frappé très fort, ils ont rappelé toutes les menaces et cité tous les reproches que, par la bouche de ses prophètes, l’Éternel adressa autrefois à Israël prévaricateur. Ils se sont particulièrement appesantis sur les considérations les plus capables d'inspirer la crainte de Dieu, afin d'arriver par là à inspirer la crainte du péché.
Plus d'une fois dans leurs discours, ils sont tombés dans des exagérations doctrinales que leurs bonnes intentions ne suffisent pas à excuser. Même quand ils se sont tenus dans les limites de la vérité dogmatique, ils se sont trop exclusivement préoccupés de montrer les côtés de Dieu qui attirent le moins, ceux qui sont de nature à le faire redouter. Ils n'ont pas peint Dieu tel qu'il est; le portrait qu'ils en donnent manque de ressemblance parce qu'il laisse dans l'ombre ses traits les plus caractéristiques : ses amabilités sans bornes, ses paternelles tendresses, son inlassable indulgence, sa pitié toujours en éveil.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
3° L'exemple de quelques saints.
On lit dans la vie d'un certain nombre de saints qu'ils ne pouvaient envisager les jugements de Dieu sans se sentir saisis de frayeur. Ils tremblaient à la pensée de les affronter et répétaient avec l'auteur du Dies irae : « Pauvre misérable, qu'aurais-je alors à répondre. A qui pourrai-je bien me recommander, puisque le juste lui-même trouvera à peine grâce? »
Ces craintes d'âmes très pures et très belles seraient de nature à fortement impressionner, si on ne savait qu'elles avaient presque toujours leur principe dans une humilité et une délicatesse de conscience poussées à l'extrême.
A cause de leur excessive humilité, ces saints se considéraient sincèrement comme de grands pécheurs, ils s'appelaient « les derniers des hommes », ils s'accusaient de noire ingratitude, d'abus criminels des meilleurs dons de Dieu, de coupables concessions à la nature et de bien d'autres choses encore. Sentant profondément ce que la plus petite faute contient de désordre, ils s'exagéraient, de bonne foi, le nombre et la gravité de leurs torts.
Ils étaient confirmés dans leur manière de voir par la haute idée qu'ils se faisaient de la sainteté de Dieu, de son horreur pour tout ce qui est souillure et péché. Ils savaient qu'il existe une opposition fondamentale entre la pureté par essence de sa nature et le mal sous quelque forme qu'il se présente, et ils tremblaient de ne pas être trouvés suffisamment justes à ses yeux.
Ces sentiments et ces idées, louables en eux-mêmes, ont besoin de se combiner avec d'autres sentiments et d'autres idées pour demeurer dans les limites de la vérité. Isolés ou poussés trop loin, ils conduiraient à des conséquences pratiques qui ne s'accorderaient qu'imparfaitement avec les données du dogme.
Il n'y a rien d'étonnant à ce que quelques saints aient, à leur insu, subi l'influence de courants doctrinaux d'origine suspecte — il y a des miasmes qu'on respire pour ainsi dire avec l'air — et que, en raison soit de leur éducation, soit de leur tempérament, soit de toute autre cause, ils aient paru plus saisis par la pensée de la justice que par celle de la miséricorde de Dieu.
Mais, s'il y a des saints qui, malgré une vie toute de vertu, ont « opéré leur salut dans la crainte et le tremblement », il y en a d'autres très nombreux qui se sont jetés tout entiers dans le sein des tendresses et des miséricordes divines et y ont joui d'une paix, d'une confiance, d'une sérénité inaltérables.
Parmi eux se trouvent d'illustres pénitents. Le cours de leur existence a été marqué par bien des infidélités, quelquefois par de très longs et de très graves désordres, et pourtant, loin de désespérer de la bonté infinie et de la toute paternelle indulgence de Dieu, ils n'ont éprouvé, jusque sur leur lit de mort, aucune de ces angoisses torturantes, aucune de ces grandes terreurs que, au dire de certains, l'approche du jugement doit naturellement et nécessairement produire dans toute âme qui réfléchit.
Ils savaient, ces convertis, que, si leurs péchés étaient considérables, très considérables même, beaucoup plus considérable est la miséricorde de Dieu; et, inébranlablement confiants en elle, ils disaient avec le Roi pénitent : « J'ai espéré en vous, Seigneur, ne permettez pas que je sois confondu éternellement. Inclinez vers moi votre oreille, hâtez-vous de me délivrer. Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, afin de me sauver. Vous êtes ma force et mon asile... Je remets mon âme entre vos mains; vous m'avez racheté, Seigneur Dieu de vérité. J'ai mis mon espérance en vous. Je tressaillirai de joie et d'allégresse dans votre miséricorde, car vous avez laissé tomber sur moi un regard de compassion, vous avez sauvé mon âme des angoisses (1).»
L'exemple de ces saints devrait nous impressionner au moins autant que celui des saints dont le coeur semble avoir été plus ouvert à la crainte qu'à la confiance; mais il y a des âmes qui éprouvent le besoin — besoin instinctif et presque maladif — de ne s'arrêter qu'à ce qui est de nature à les confirmer dans leurs idées de rigorisme et dans leur esprit de crainte. Le reste n'existe pas pour elles ou est considéré comme suspect, elles agissent sans en tenir aucun compte pratique.
1. Ps. xxx, 2-8.
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
3° L'exemple de quelques saints.
On lit dans la vie d'un certain nombre de saints qu'ils ne pouvaient envisager les jugements de Dieu sans se sentir saisis de frayeur. Ils tremblaient à la pensée de les affronter et répétaient avec l'auteur du Dies irae : « Pauvre misérable, qu'aurais-je alors à répondre. A qui pourrai-je bien me recommander, puisque le juste lui-même trouvera à peine grâce? »
Ces craintes d'âmes très pures et très belles seraient de nature à fortement impressionner, si on ne savait qu'elles avaient presque toujours leur principe dans une humilité et une délicatesse de conscience poussées à l'extrême.
A cause de leur excessive humilité, ces saints se considéraient sincèrement comme de grands pécheurs, ils s'appelaient « les derniers des hommes », ils s'accusaient de noire ingratitude, d'abus criminels des meilleurs dons de Dieu, de coupables concessions à la nature et de bien d'autres choses encore. Sentant profondément ce que la plus petite faute contient de désordre, ils s'exagéraient, de bonne foi, le nombre et la gravité de leurs torts.
Ils étaient confirmés dans leur manière de voir par la haute idée qu'ils se faisaient de la sainteté de Dieu, de son horreur pour tout ce qui est souillure et péché. Ils savaient qu'il existe une opposition fondamentale entre la pureté par essence de sa nature et le mal sous quelque forme qu'il se présente, et ils tremblaient de ne pas être trouvés suffisamment justes à ses yeux.
Ces sentiments et ces idées, louables en eux-mêmes, ont besoin de se combiner avec d'autres sentiments et d'autres idées pour demeurer dans les limites de la vérité. Isolés ou poussés trop loin, ils conduiraient à des conséquences pratiques qui ne s'accorderaient qu'imparfaitement avec les données du dogme.
Il n'y a rien d'étonnant à ce que quelques saints aient, à leur insu, subi l'influence de courants doctrinaux d'origine suspecte — il y a des miasmes qu'on respire pour ainsi dire avec l'air — et que, en raison soit de leur éducation, soit de leur tempérament, soit de toute autre cause, ils aient paru plus saisis par la pensée de la justice que par celle de la miséricorde de Dieu.
Mais, s'il y a des saints qui, malgré une vie toute de vertu, ont « opéré leur salut dans la crainte et le tremblement », il y en a d'autres très nombreux qui se sont jetés tout entiers dans le sein des tendresses et des miséricordes divines et y ont joui d'une paix, d'une confiance, d'une sérénité inaltérables.
Parmi eux se trouvent d'illustres pénitents. Le cours de leur existence a été marqué par bien des infidélités, quelquefois par de très longs et de très graves désordres, et pourtant, loin de désespérer de la bonté infinie et de la toute paternelle indulgence de Dieu, ils n'ont éprouvé, jusque sur leur lit de mort, aucune de ces angoisses torturantes, aucune de ces grandes terreurs que, au dire de certains, l'approche du jugement doit naturellement et nécessairement produire dans toute âme qui réfléchit.
Ils savaient, ces convertis, que, si leurs péchés étaient considérables, très considérables même, beaucoup plus considérable est la miséricorde de Dieu; et, inébranlablement confiants en elle, ils disaient avec le Roi pénitent : « J'ai espéré en vous, Seigneur, ne permettez pas que je sois confondu éternellement. Inclinez vers moi votre oreille, hâtez-vous de me délivrer. Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, afin de me sauver. Vous êtes ma force et mon asile... Je remets mon âme entre vos mains; vous m'avez racheté, Seigneur Dieu de vérité. J'ai mis mon espérance en vous. Je tressaillirai de joie et d'allégresse dans votre miséricorde, car vous avez laissé tomber sur moi un regard de compassion, vous avez sauvé mon âme des angoisses (1).»
L'exemple de ces saints devrait nous impressionner au moins autant que celui des saints dont le coeur semble avoir été plus ouvert à la crainte qu'à la confiance; mais il y a des âmes qui éprouvent le besoin — besoin instinctif et presque maladif — de ne s'arrêter qu'à ce qui est de nature à les confirmer dans leurs idées de rigorisme et dans leur esprit de crainte. Le reste n'existe pas pour elles ou est considéré comme suspect, elles agissent sans en tenir aucun compte pratique.
1. Ps. xxx, 2-8.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
4° L'interprétation inexacte de certains passages de la Sainte Écriture.
Le sentiment qui se dégage de la Sainte Écriture est, nous le verrons dans la suite de ces pages, un sentiment profond de confiance et d'amour; mais, comme la remarque vient d'en être faite, il y a des chrétiens qui ne veulent prendre que ce qu'il y a de terrifiant dans le texte sacré. Les passages consolants, qui sont la presque totalité, ils les passent pour ne retenir que le petit nombre de ceux qui sont propres à légitimer les frayeurs de l'âme.
Il y a certains textes qu'ils se plaisent à citer. De ces textes la plupart n'ont nullement la signification qu'ils leur attribuent. Quelques exemples suffiront à le montrer.
a) Un des textes qu'ils invoquent le plus fréquemment et qu'ils donnent comme concluant est celui de l'Ecclésiastique : Initium sapientice timor Domini (1). Ils le traduisent : « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse », et ils prennent le mot crainte dans son acception courante, c'est-à-dire dans le sens de peur. Or telle n'est pas la vraie signification de la phrase.
L'expression « crainte de Dieu » ne veut pas dire, habituellement du moins, peur de Dieu; c'est une périphrase employée dans la Sainte Écriture pour signifier ce que nous appelons la religion, la piété, la disposition intérieure qui nous fait nous détourner du mal et pratiquer le bien. Craindre Dieu veut dire simplement pratiquer la religion et en garder les préceptes : [b]« Crains Dieu, lisons-nous dans l'Ecclésiaste, et observe ses commandements (2). » « La crainte de Dieu l’Éternel, c'est la haine du mal », est-il dit dans les Proverbes [/b](1). L'homme qui s'acquitte fidèlement de ses devoirs religieux l’Évangile l'appelle : « Homme craignant Dieu (2). »
La maxime de l'Ecclésiastique revient donc simplement à ceci : « Honorer Dieu — en lui rendant le culte qui lui est dû et en observant ses préceptes — est le commencement de la sagesse » ou plus exactement « est le summum de la sagesse », c'est-à-dire, ce qu'il y a de plus raisonnable et de plus sage (3).
1. Eccli., I, 16.
2. Eccles., XIII, 13.
1. Proverb., VIII, 13.
2. Luc, I, 50.
3. Ce qui montre bien que le mot « timor » n'a pas dans la Sainte Écriture le sens de peur, c'est le texte suivant, emprunté lui aussi à l'Ecclésiastique (XXIV, 24) :
Ego mater pulchroe dilectionis, et timoris, et agnitionis, et sanctoe spei. Il est évident que timor ne saurait être traduit par « crainte ».
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
4° L'interprétation inexacte de certains passages de la Sainte Écriture.
Le sentiment qui se dégage de la Sainte Écriture est, nous le verrons dans la suite de ces pages, un sentiment profond de confiance et d'amour; mais, comme la remarque vient d'en être faite, il y a des chrétiens qui ne veulent prendre que ce qu'il y a de terrifiant dans le texte sacré. Les passages consolants, qui sont la presque totalité, ils les passent pour ne retenir que le petit nombre de ceux qui sont propres à légitimer les frayeurs de l'âme.
Il y a certains textes qu'ils se plaisent à citer. De ces textes la plupart n'ont nullement la signification qu'ils leur attribuent. Quelques exemples suffiront à le montrer.
a) Un des textes qu'ils invoquent le plus fréquemment et qu'ils donnent comme concluant est celui de l'Ecclésiastique : Initium sapientice timor Domini (1). Ils le traduisent : « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse », et ils prennent le mot crainte dans son acception courante, c'est-à-dire dans le sens de peur. Or telle n'est pas la vraie signification de la phrase.
L'expression « crainte de Dieu » ne veut pas dire, habituellement du moins, peur de Dieu; c'est une périphrase employée dans la Sainte Écriture pour signifier ce que nous appelons la religion, la piété, la disposition intérieure qui nous fait nous détourner du mal et pratiquer le bien. Craindre Dieu veut dire simplement pratiquer la religion et en garder les préceptes : [b]« Crains Dieu, lisons-nous dans l'Ecclésiaste, et observe ses commandements (2). » « La crainte de Dieu l’Éternel, c'est la haine du mal », est-il dit dans les Proverbes [/b](1). L'homme qui s'acquitte fidèlement de ses devoirs religieux l’Évangile l'appelle : « Homme craignant Dieu (2). »
La maxime de l'Ecclésiastique revient donc simplement à ceci : « Honorer Dieu — en lui rendant le culte qui lui est dû et en observant ses préceptes — est le commencement de la sagesse » ou plus exactement « est le summum de la sagesse », c'est-à-dire, ce qu'il y a de plus raisonnable et de plus sage (3).
1. Eccli., I, 16.
2. Eccles., XIII, 13.
1. Proverb., VIII, 13.
2. Luc, I, 50.
3. Ce qui montre bien que le mot « timor » n'a pas dans la Sainte Écriture le sens de peur, c'est le texte suivant, emprunté lui aussi à l'Ecclésiastique (XXIV, 24) :
Ego mater pulchroe dilectionis, et timoris, et agnitionis, et sanctoe spei. Il est évident que timor ne saurait être traduit par « crainte ».
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
4° L'interprétation inexacte de certains passages de la Sainte Écriture.
b) Un autre texte souvent apporté pour montrer qu'on a bien raison de trembler à la pensée des jugements de Dieu est celui où l'Ecclésiaste dit : « Nescit homo utrum amore an odio dignus sit (IX, I). On l'a traduit littéralement et on en a fait une sorte d'aphorisme. « L'homme, lui fait-on dire, ignore s'il est digne de haine ou digne d'amour de la part de Dieu. » C'est la déclaration catégorique, prétend-on, que personne n'est sûr des vraies dispositions de sa conscience et ne peut se flatter d'être en état de grâce.
Même ainsi entendue, la phrase n'aurait rien de bien terrifiant, elle signifierait seulement que nul n'est certain d'une certitude physique d'être en paix avec Dieu. Mais, à côté des certitudes physiques, il y a les certitudes morales, et les certitudes morales peuvent être telles qu'elles excluent jusqu'à l'ombre d'un doute sérieux.
Quiconque le veut peut se donner des raisons telles de croire qu'il est dans la charité de son Dieu, qu'il n'y a pas lieu pour lui de garder la moindre inquiétude. On ne pèche jamais sans le vouloir et le savoir, et, si on a péché, le pardon n'est jamais refusé à celui qui le demande avec un coeur repentant. Quand on a fait ce qui était humainement et raisonnablement possible, on a le droit, bien plus le devoir, de se tenir dans une tranquillité complète.
La traduction courante du passage de l'Ecclésiaste dont nous nous occupons n'a donc rien qui doive plonger l'âme dans le trouble; mais tout sujet d'inquiétude disparaît davantage encore si on rend au texte le sens qu'il a dans l'original; ce sens le voici pour les deux premiers versets du chapitre IX : « Mon coeur a observé ceci, les justes et les sages et leurs oeuvres sont entre les mains de Dieu. L'homme ne sait pas si pour lui de la part de Dieu ce sera l'amour ou si ce sera la haine; tout est vanité puisqu'il y a un même sort pour le juste et pour l'impie, pour le bon et pour le méchant, pour le pur et pour l'impur, pour celui qui sacrifie et pour celui qui ne sacrifie pas, pour celui qui garde religieusement son serment et pour celui qui le viole... »
L'auteur constate un fait que démontre l'expérience de tous les jours : souvent ici-bas les bons et les mauvais sont traités de la même façon; de ce fait il tire une conclusion : à l'avance, personne ne peut dire si Dieu le traitera avec colère ou avec amour, c'est-à-dire s'il lui enverra la prospérité ou l'épreuve. Voilà ce que signifie le texte; nous sommes loin, on le voit, du :
« Personne ne sait s'il est digne de haine ou digne d'amour de la part de Dieu. »
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
4° L'interprétation inexacte de certains passages de la Sainte Écriture.
b) Un autre texte souvent apporté pour montrer qu'on a bien raison de trembler à la pensée des jugements de Dieu est celui où l'Ecclésiaste dit : « Nescit homo utrum amore an odio dignus sit (IX, I). On l'a traduit littéralement et on en a fait une sorte d'aphorisme. « L'homme, lui fait-on dire, ignore s'il est digne de haine ou digne d'amour de la part de Dieu. » C'est la déclaration catégorique, prétend-on, que personne n'est sûr des vraies dispositions de sa conscience et ne peut se flatter d'être en état de grâce.
Même ainsi entendue, la phrase n'aurait rien de bien terrifiant, elle signifierait seulement que nul n'est certain d'une certitude physique d'être en paix avec Dieu. Mais, à côté des certitudes physiques, il y a les certitudes morales, et les certitudes morales peuvent être telles qu'elles excluent jusqu'à l'ombre d'un doute sérieux.
Quiconque le veut peut se donner des raisons telles de croire qu'il est dans la charité de son Dieu, qu'il n'y a pas lieu pour lui de garder la moindre inquiétude. On ne pèche jamais sans le vouloir et le savoir, et, si on a péché, le pardon n'est jamais refusé à celui qui le demande avec un coeur repentant. Quand on a fait ce qui était humainement et raisonnablement possible, on a le droit, bien plus le devoir, de se tenir dans une tranquillité complète.
La traduction courante du passage de l'Ecclésiaste dont nous nous occupons n'a donc rien qui doive plonger l'âme dans le trouble; mais tout sujet d'inquiétude disparaît davantage encore si on rend au texte le sens qu'il a dans l'original; ce sens le voici pour les deux premiers versets du chapitre IX : « Mon coeur a observé ceci, les justes et les sages et leurs oeuvres sont entre les mains de Dieu. L'homme ne sait pas si pour lui de la part de Dieu ce sera l'amour ou si ce sera la haine; tout est vanité puisqu'il y a un même sort pour le juste et pour l'impie, pour le bon et pour le méchant, pour le pur et pour l'impur, pour celui qui sacrifie et pour celui qui ne sacrifie pas, pour celui qui garde religieusement son serment et pour celui qui le viole... »
L'auteur constate un fait que démontre l'expérience de tous les jours : souvent ici-bas les bons et les mauvais sont traités de la même façon; de ce fait il tire une conclusion : à l'avance, personne ne peut dire si Dieu le traitera avec colère ou avec amour, c'est-à-dire s'il lui enverra la prospérité ou l'épreuve. Voilà ce que signifie le texte; nous sommes loin, on le voit, du :
« Personne ne sait s'il est digne de haine ou digne d'amour de la part de Dieu. »
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
4° L'interprétation inexacte de certains passages de la Sainte Écriture.
c) Un troisième passage de la Sainte Écriture que les partisans de la peur du bon Dieu aiment à alléguer, se trouve dans l’Épitre aux Hébreux. Saint Paul y dit : « Horrendum est incidere in manus Dei viventis: il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant (1). » Cette courte phrase, on l'isole, comme on en isole beaucoup d'autres, de ce qui la précède et de ce qui la suit; on lui donne ainsi un sens absolu qu'elle n'a pas et on lui fait dire plus qu'elle ne signifie.
Il est à noter que l'Apôtre, dans le chapitre où se trouvent les paroles citées, se propose d'exhorter les destinataires de sa lettre à la confiance envers Dieu et à la fermeté dans la foi. Il est à noter pareillement qu'il parle de ceux « qui auront foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance et fait outrage à l'Esprit de la grâce. »
Voici, d'ailleurs, le passage tout entier : « Celui qui a violé la loi de Moïse est mis à mort sans aucune miséricorde, sur la déposition de deux ou trois témoins. Combien donc pensez-vous que mérite de plus affreux supplices celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance par lequel il a été sanctifié, fait outrage à l'esprit de la grâce? Car nous savons qui a dit : A moi est la vengeance et c'est moi qui ferai la rétribution. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple. Il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant. Or, souvenez-vous des anciens jours où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu le grand combat des souffrances, d'une part, donnés en spectacle d'opprobres et de tribulations; et, de l'autre, devenus les compagnons de ceux qui ont été ainsi traités. Car vous avez compati à ceux qui étaient dans les fers et vous avez accepté avec joie l'enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et plus durables. Ne perdez donc pas votre confiance, une grande récompense l'attend (1)... »
Il est terrible, de fait, pour le pécheur impénitent, pour celui qui refuse obstinément de rentrer en lui-même et de reconnaître ses torts, de tomber entre les mains du Dieu vivant; mais le juste, mais le coupable repentant n'ont rien à redouter. Ils sont sûrs d'être accueillis, aux portes de l'éternité, avec bonté et miséricorde.
Ces exemples et bien d'autres qu'on pourrait y joindre montrent à quel point est tendancieuse l'exégèse des rigoristes et avec quelle prudence on doit accepter les interprétations qu'ils donnent du texte sacré. Elles en faussent le sens.
1. Hebr., X, 31.
1. hebr., X, 26-35.
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
4° L'interprétation inexacte de certains passages de la Sainte Écriture.
c) Un troisième passage de la Sainte Écriture que les partisans de la peur du bon Dieu aiment à alléguer, se trouve dans l’Épitre aux Hébreux. Saint Paul y dit : « Horrendum est incidere in manus Dei viventis: il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant (1). » Cette courte phrase, on l'isole, comme on en isole beaucoup d'autres, de ce qui la précède et de ce qui la suit; on lui donne ainsi un sens absolu qu'elle n'a pas et on lui fait dire plus qu'elle ne signifie.
Il est à noter que l'Apôtre, dans le chapitre où se trouvent les paroles citées, se propose d'exhorter les destinataires de sa lettre à la confiance envers Dieu et à la fermeté dans la foi. Il est à noter pareillement qu'il parle de ceux « qui auront foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance et fait outrage à l'Esprit de la grâce. »
Voici, d'ailleurs, le passage tout entier : « Celui qui a violé la loi de Moïse est mis à mort sans aucune miséricorde, sur la déposition de deux ou trois témoins. Combien donc pensez-vous que mérite de plus affreux supplices celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance par lequel il a été sanctifié, fait outrage à l'esprit de la grâce? Car nous savons qui a dit : A moi est la vengeance et c'est moi qui ferai la rétribution. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple. Il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant. Or, souvenez-vous des anciens jours où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu le grand combat des souffrances, d'une part, donnés en spectacle d'opprobres et de tribulations; et, de l'autre, devenus les compagnons de ceux qui ont été ainsi traités. Car vous avez compati à ceux qui étaient dans les fers et vous avez accepté avec joie l'enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et plus durables. Ne perdez donc pas votre confiance, une grande récompense l'attend (1)... »
Il est terrible, de fait, pour le pécheur impénitent, pour celui qui refuse obstinément de rentrer en lui-même et de reconnaître ses torts, de tomber entre les mains du Dieu vivant; mais le juste, mais le coupable repentant n'ont rien à redouter. Ils sont sûrs d'être accueillis, aux portes de l'éternité, avec bonté et miséricorde.
Ces exemples et bien d'autres qu'on pourrait y joindre montrent à quel point est tendancieuse l'exégèse des rigoristes et avec quelle prudence on doit accepter les interprétations qu'ils donnent du texte sacré. Elles en faussent le sens.
1. Hebr., X, 31.
1. hebr., X, 26-35.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
5° Le souvenir des péchés commis.
Il faut reconnaître que, si parmi les motifs d'avoir peur du bon Dieu il pouvait y en avoir un de raisonnable et de vraiment sérieux, ce serait celui-là. Il impressionne vivement certaines âmes dont la vie a beaucoup laissé à désirer. Elles craignent, tantôt de n'avoir pas fait un aveu assez complet et assez franc de leurs fautes, tantôt de n'en avoir pas éprouvé un suffisant regret, tantôt de ne les avoir que très imparfaitement expiées. Elles se demandent avec anxiété si elles sont vraiment en règle avec leur conscience et n'osent lever leurs regards vers le père qu'elles ont si souvent offensé.
Elles ont tort, car dans le coeur de ce père il n'y a que compassion, tendresse et pardon pour les pauvres prodigues; mais, à la rigueur, on comprend qu'elles n'envisagent pas sans un peu d'inquiétude le compte qu'il leur faudra rendre d'une vie qui fut loin d'être édifiante. Ce que l'on comprend moins, c'est que ces sentiments soient partagés par des chrétiens qui n'eurent jamais de notables écarts de conduite à déplorer. Ces chrétiens forment la grande majorité de ceux qui ont peur de Dieu et de ses jugements. Ce ne sont pas toujours les grands pécheurs qui tremblent le plus; ce sont souvent ceux qui auraient le moins de motifs de trembler. Ils ne peuvent se résoudre à laisser leurs fautes dans le sein des miséricordes divines et à aller à leur père du ciel avec la confiance d'un enfant qui sait qu'il peut compter absolument sur l'affection et sur l'indulgence de celui qu'il a offensé.
En Dieu, ils ne veulent voir que la sainteté auguste et l'inflexible justice; ils oublient que cette sainteté est souverainement compatissante et que cette justice est tempérée par une pitié infinie. Ils craignent de ne pas être trouvés assez purs, quand ils auront à les affronter; de là, des inquiétudes exagérées dont ils ne cherchent même pas à s'affranchir.
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
5° Le souvenir des péchés commis.
Il faut reconnaître que, si parmi les motifs d'avoir peur du bon Dieu il pouvait y en avoir un de raisonnable et de vraiment sérieux, ce serait celui-là. Il impressionne vivement certaines âmes dont la vie a beaucoup laissé à désirer. Elles craignent, tantôt de n'avoir pas fait un aveu assez complet et assez franc de leurs fautes, tantôt de n'en avoir pas éprouvé un suffisant regret, tantôt de ne les avoir que très imparfaitement expiées. Elles se demandent avec anxiété si elles sont vraiment en règle avec leur conscience et n'osent lever leurs regards vers le père qu'elles ont si souvent offensé.
Elles ont tort, car dans le coeur de ce père il n'y a que compassion, tendresse et pardon pour les pauvres prodigues; mais, à la rigueur, on comprend qu'elles n'envisagent pas sans un peu d'inquiétude le compte qu'il leur faudra rendre d'une vie qui fut loin d'être édifiante. Ce que l'on comprend moins, c'est que ces sentiments soient partagés par des chrétiens qui n'eurent jamais de notables écarts de conduite à déplorer. Ces chrétiens forment la grande majorité de ceux qui ont peur de Dieu et de ses jugements. Ce ne sont pas toujours les grands pécheurs qui tremblent le plus; ce sont souvent ceux qui auraient le moins de motifs de trembler. Ils ne peuvent se résoudre à laisser leurs fautes dans le sein des miséricordes divines et à aller à leur père du ciel avec la confiance d'un enfant qui sait qu'il peut compter absolument sur l'affection et sur l'indulgence de celui qu'il a offensé.
En Dieu, ils ne veulent voir que la sainteté auguste et l'inflexible justice; ils oublient que cette sainteté est souverainement compatissante et que cette justice est tempérée par une pitié infinie. Ils craignent de ne pas être trouvés assez purs, quand ils auront à les affronter; de là, des inquiétudes exagérées dont ils ne cherchent même pas à s'affranchir.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
Monique nous fait parvenir un:
Extrait: ''LE BON DIEU ESSAI THEOLOGIQUE SUR L'INFINIE MISERICORDE DIVINE''
par L. GARRIGUET, ANCIEN SUPÉRIEUR DE GRAND SÉMINAIRE
LIBRAIRIE BLOUD & GAY, 3, rue Garancière, Paris.1919.
Pouvez vous, chère Monique, nous donner le Nihil obstat et l'imprimatur de cet ouvrage ?
Extrait: ''LE BON DIEU ESSAI THEOLOGIQUE SUR L'INFINIE MISERICORDE DIVINE''
par L. GARRIGUET, ANCIEN SUPÉRIEUR DE GRAND SÉMINAIRE
LIBRAIRIE BLOUD & GAY, 3, rue Garancière, Paris.1919.
Pouvez vous, chère Monique, nous donner le Nihil obstat et l'imprimatur de cet ouvrage ?

Gérard- Nombre de messages: 2715
Date d'inscription: 17/02/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
Gérard a écrit:Monique nous fait parvenir un:
Extrait: ''LE BON DIEU ESSAI THEOLOGIQUE SUR L'INFINIE MISERICORDE DIVINE''
par L. GARRIGUET, ANCIEN SUPÉRIEUR DE GRAND SÉMINAIRE
LIBRAIRIE BLOUD & GAY, 3, rue Garancière, Paris.1919.
Pouvez vous, chère Monique, nous donner le Nihil obstat et l'imprimatur de cet ouvrage ?
Nihil obstat:
A. AUBONNET
CENS. DEP.
Imprimatur :
Parisiis, die 12a Augusti 1919.
P. FAGES
VIC. GEN.
Imprimé et publié en conformité d'une licence décernée par le Commissaire des brevets sous le régime de l'Arrêté exceptionnel sur les brevets, les dessins de fabrique, le droit d'auteur et les marques de commerce (1939). G. F. M.
Imprimé au Canada.

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
6° Le tempérament.
Le tempérament peut conduire à la peur du bon Dieu et y entretenir. Il y a des natures timides, impressionnables, peu expansives; il y en a d'anxieuses et de scrupuleuses: les unes et les autres sont prédisposées à la réserve et même aux frayeurs. Elles offrent à la crainte un terrain de culture particulièrement favorable, aussi y germe-t-elle encore plus fréquemment qu'ailleurs.
Telles sont les causes principales de la peur du bon Dieu dans les âmes. Aucune d'elles n'est telle qu'elle explique complètement un sentiment malheureusement trop répandu. Des chrétiens ne devraient avoir, par rapport au bon Dieu, qu'une peur: la peur de lui faire de la peine; qu'une crainte: la crainte de ne le pas suffisamment aimer. Ni la raison ni la foi ne légitiment les autres peurs et les autres craintes. Elles nous fournissent, au contraire, toutes deux, les plus consolants motifs de confiance.
À suivre...
II. — Causes de cette peur du bon Dieu. — Ce sentiment si faux, si regrettable et si fréquent vient de plusieurs causes. Nous allons indiquer les principales.
6° Le tempérament.
Le tempérament peut conduire à la peur du bon Dieu et y entretenir. Il y a des natures timides, impressionnables, peu expansives; il y en a d'anxieuses et de scrupuleuses: les unes et les autres sont prédisposées à la réserve et même aux frayeurs. Elles offrent à la crainte un terrain de culture particulièrement favorable, aussi y germe-t-elle encore plus fréquemment qu'ailleurs.
Telles sont les causes principales de la peur du bon Dieu dans les âmes. Aucune d'elles n'est telle qu'elle explique complètement un sentiment malheureusement trop répandu. Des chrétiens ne devraient avoir, par rapport au bon Dieu, qu'une peur: la peur de lui faire de la peine; qu'une crainte: la crainte de ne le pas suffisamment aimer. Ni la raison ni la foi ne légitiment les autres peurs et les autres craintes. Elles nous fournissent, au contraire, toutes deux, les plus consolants motifs de confiance.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
III. — Tristes effets de la peur du bon Dieu. — Elle n'offre guère que des inconvénients et des inconvénients graves.
1 ° Elle fait cruellement souffrir.
L'âme qui en est affligée ne goûte ni cette dilatation, ni cette paix, ni cette joie intérieures qui sont si douces. Elle n'a pas de vrai repos, pas de vrai contentement.
Continuellement sous l'influence de la crainte, elle passe son temps à trembler pour son éternité. Elle vit dans une compression de tous les instants, osant à peine lever les yeux vers un Dieu qu'elle aime, vers lequel elle voudrait aller, mais qui l'effraie.
Il est difficile d'imaginer un état plus pénible et, à la longue, plus douloureux. Ce défaut de confiance, cette absence de sécurité jettent dans le trouble et l'inquiétude, inquiétude d'autant plus pénible qu'elle porte sur ce que nous avons de plus cher.
Il y a de nombreux degrés dans la peur du bon Dieu, elle ne produit donc pas des effets identiques dans tous ceux qui en sont affligés; mais on peut dire que, chez tous, elle s'accompagne d'une réelle souffrance.
À suivre...
III. — Tristes effets de la peur du bon Dieu. — Elle n'offre guère que des inconvénients et des inconvénients graves.
1 ° Elle fait cruellement souffrir.
L'âme qui en est affligée ne goûte ni cette dilatation, ni cette paix, ni cette joie intérieures qui sont si douces. Elle n'a pas de vrai repos, pas de vrai contentement.
Continuellement sous l'influence de la crainte, elle passe son temps à trembler pour son éternité. Elle vit dans une compression de tous les instants, osant à peine lever les yeux vers un Dieu qu'elle aime, vers lequel elle voudrait aller, mais qui l'effraie.
Il est difficile d'imaginer un état plus pénible et, à la longue, plus douloureux. Ce défaut de confiance, cette absence de sécurité jettent dans le trouble et l'inquiétude, inquiétude d'autant plus pénible qu'elle porte sur ce que nous avons de plus cher.
Il y a de nombreux degrés dans la peur du bon Dieu, elle ne produit donc pas des effets identiques dans tous ceux qui en sont affligés; mais on peut dire que, chez tous, elle s'accompagne d'une réelle souffrance.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
III. — Tristes effets de la peur du bon Dieu. — Elle n'offre guère que des inconvénients et des inconvénients graves.
2° Elle paralyse les élans vers Dieu.
Au lieu de se sentir portées vers lui, les âmes qui le craignent redoutent de l'approcher. L'idée qu'elles se forment de lui les tient à distance. Elle les empêche de suivre l'instinct qui les pousse dans ses bras, de céder au besoin d'aller à lui dans l'expansion d'une tendresse qui se sent sûre d'être payée de retour. Il en résulte une vraie gêne, une sorte d'état violent et contre nature.
Le caractère des rapports qui doivent exister entre Dieu et elles s'en trouve faussé. La conséquence en est qu'elles se portent à son service sans l'attrait, sans le goût, sans l'entrain joyeux qui naissent de la paix et de la confiance. On sent qu'elles agissent surtout par devoir. On aperçoit une volonté tendue par la raison, beaucoup plus qu'enflammée par le coeur. Leur piété est rendue froide, triste, sèche, timide, presque hésitante; les coups d'aile y font défaut; c'est la piété de l'esclave et non pas celle du fils.
À suivre...
III. — Tristes effets de la peur du bon Dieu. — Elle n'offre guère que des inconvénients et des inconvénients graves.
2° Elle paralyse les élans vers Dieu.
Au lieu de se sentir portées vers lui, les âmes qui le craignent redoutent de l'approcher. L'idée qu'elles se forment de lui les tient à distance. Elle les empêche de suivre l'instinct qui les pousse dans ses bras, de céder au besoin d'aller à lui dans l'expansion d'une tendresse qui se sent sûre d'être payée de retour. Il en résulte une vraie gêne, une sorte d'état violent et contre nature.
Le caractère des rapports qui doivent exister entre Dieu et elles s'en trouve faussé. La conséquence en est qu'elles se portent à son service sans l'attrait, sans le goût, sans l'entrain joyeux qui naissent de la paix et de la confiance. On sent qu'elles agissent surtout par devoir. On aperçoit une volonté tendue par la raison, beaucoup plus qu'enflammée par le coeur. Leur piété est rendue froide, triste, sèche, timide, presque hésitante; les coups d'aile y font défaut; c'est la piété de l'esclave et non pas celle du fils.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
Date d'inscription: 26/01/2009
Re: Aux âmes qui ont peur de Dieu
La peur du bon Dieu
III. — Tristes effets de la peur du bon Dieu. — Elle n'offre guère que des inconvénients et des inconvénients graves.
3° La peur qu'on a de Dieu empêche de lui donner l'amour confiant et filial qu'il désire.
Le bon Dieu veut bien notre respect et nos hommages, mais il veut surtout notre amour; non pas un amour rendu tremblant par la crainte — peu importe qu'elle soit révérencielle ou servile — mais un amour tout imprégné de confiance, tout fait d'abandon, tout inspiré par la piété filiale. Un amour semblable, le seul qui lui agrée véritablement, celui qui a peur de lui ne saurait le lui donner. Le voudrait-il, il ne le pourrait pas. La chose est au-dessus de ses forces, car un pareil amour est inconciliable avec les sentiments dont son pauvre coeur est travaillé et dont il n'arrive pas à se débarrasser. Qu'il le veuille ou non, il est amené à traiter Dieu beaucoup plus en maître qu'en père.
À suivre...
III. — Tristes effets de la peur du bon Dieu. — Elle n'offre guère que des inconvénients et des inconvénients graves.
3° La peur qu'on a de Dieu empêche de lui donner l'amour confiant et filial qu'il désire.
Le bon Dieu veut bien notre respect et nos hommages, mais il veut surtout notre amour; non pas un amour rendu tremblant par la crainte — peu importe qu'elle soit révérencielle ou servile — mais un amour tout imprégné de confiance, tout fait d'abandon, tout inspiré par la piété filiale. Un amour semblable, le seul qui lui agrée véritablement, celui qui a peur de lui ne saurait le lui donner. Le voudrait-il, il ne le pourrait pas. La chose est au-dessus de ses forces, car un pareil amour est inconciliable avec les sentiments dont son pauvre coeur est travaillé et dont il n'arrive pas à se débarrasser. Qu'il le veuille ou non, il est amené à traiter Dieu beaucoup plus en maître qu'en père.
À suivre...

Monique- Nombre de messages: 5634
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