KANT... décanté ?

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Message  Louis le Dim 08 Mai 2011, 3:21 pm

KANT ... décanté ?

L’autre jour, en naviguant sur internet à propos de l’intégrisme, je suis tombé sur ceci :


« A vrai dire on se servait de Kant comme d’un puissant bélier contre le catholicisme » (Jean Boudreau Journal des Débats, 24//11/1922 [compte rendu des Nouvelles pages de critique et de doctrine de PAUL BOURGET])
J’ai déjà lu en quelque part, si ma mémoire est bonne, que l’Abbé Barruel (re : Mémoires pour servir à l’Histoire du Jacobinisme) voulait « démonter » (?) Kant… et, de fil en aiguille, sur des notions du subjectivisme, du kantisme, de l’idéalisme et de l’immanentisme.

Toutes les notes suivantes sont tirées d’un ouvrage américain : DICTIONARY OF Dogmatic Theology, Parente & Al, Milwaukee, 1951.


subjectivisme. (…) Le subjectivisme a été un trait caractéristique de la philosophie moderne depuis Descartes.
Descartes, avec son fameux Cogito, ergo sum (« Je pense, donc je suis »), commença à subordonner l’être à la pensée, intervertissant l’ordre suivi par la philosophie aristoté-thomiste qui détermine la vérité comme une adéquation de l’intelligence d’une chose, et subordonne la pensée à l’être. Même dans le domaine de la connaissance sensible, Descartes commença à nier l’objectivité de certaines sensations…

Kant (voir kantisme) a été à même de garder seulement une réalité de phénomène, sacrifiant la réalité objective de la substance des choses (le noumenon). L’idéalisme (q.v.) fit le reste, rejetant toute réalité hors du sujet pensant (Fichte, Schelling) et de l’idée(idea) (Hegel) ou de l’acte de la pensée (Gentile).
A suivre : kantisme…

_______________________________________________

liens complémentaires :
Kant et Wieshaupt
Idéalisme de Joseph Ratzinger



Dernière édition par Louis le Mer 11 Mai 2011, 12:53 pm, édité 2 fois (Raison : Liens.)

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Message  Louis le Dim 08 Mai 2011, 4:02 pm

kantisme. Le système philosophique d’Emmanuel Kant (né à Kœnigsberg en 1724, † 1804), qui domina la pensée moderne dans tous les domaines, en n’excluant pas le domaine religieux. Le point de départ de Kant est le problème critique, à savoir : la valeur de la connaissance (the value of knowledge) …

… selon Kant, la connaissance n’est pas seulement une synthèse (tirant son origine de l’expérience), ou seulement une analyse (provenant du sujet pensant), mais une synthèse a priori (venant de l’expérience et immédiatement de principes ou a priori et de formes (forms) subjectives, qui organise et donne une valeur à une donnée expérimentale.

…Si le kantisme, du point de vue philosophique, rencontre plusieurs difficultés, considéré dans son point de vue théologique il compromet les bases mêmes de la doctrine catholique, comme il y paraît dans le modernisme, qui a adopté l’immanentisme kantien.
À suivre : l’idéalisme et l’immanentisme.

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Message  Louis le Dim 08 Mai 2011, 4:32 pm

idéalisme.
Selon la plus grande autorité dans les idéalistes modernes, il peut se définir comme suit :

« Une conception qui réduit le monde à un acte spirituel, à savoir l’art de penser, en unifiant la variété infinie de la nature et l’homme dans une unité absolue, dans laquelle l’humain est le divin et le divin est l’humain » (G. Gentile, Teoria generale delle spirito)…

L’idéalisme, certainement, comme exaltation de l’esprit ou du sujet pensant, a ses racines dans la philosophie de Descartes († 1650). Subordonnant la réalité à la pensée humaine, il inaugure que le subjectivisme (q.v.) par l’école anglaise (Locke, Berkeley, Hume), atteint Kant et va aussi loin que de substituer les catégories à priori de pensée pour la réalité noumenal, dont l’on dit qu’elle est inaccessible en elle-même (voir kantisme). C’est le point de départ de l’idéalisme allemand…

L’idéalisme, tant comme un système panthéiste et comme un relativisme dans le domaine de la morale, est irréconciliable avec le christianisme.

A suivre : l’immanentisme. (cette semaine)



Dernière édition par Louis le Dim 08 Mai 2011, 5:05 pm, édité 1 fois (Raison : précision.)

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Message  Louis le Lun 09 Mai 2011, 2:21 pm

immanentisme. Un système philosophico-religieux qui, dans sa forme la plus stricte, réduit toute réalité au sujet, qui est dit être la source, le commencement et la fin de toute son activité créatrice.

C’est fondamentalement le même subjectivisme qui commença avec Descartes,  comme une tendance à commencer à partir du sujet et à y absorber, progressivement,  l’objet entier….  

… avec Kant il [l’immanentisme] subit un petite limitation à savoir que l’on admet le phénomène comme réalité objective, fondamentalement au moins…

Finalement, le modernisme (q.v.) s’implique, en faisant jaillir le divin du sentiment et de l’expérience religieuse. Le fait historique de la révélation est en fonction du sentiment (consciousness) religieux, dans laquelle Dieu continue de se révéler Lui-Même en fait, et toute religion devient individuelle, subjective et affaire personnelle.

Les conséquences de cet immanentisme absolu :

(a) Dieu n’est plus personnellement distinct de l’homme et du monde ;
(b) la révélation et la religion ne sont plus attachées à des vérités arrêtées (fixed) et à des dogmes immuables, mais se développent et sont transformés selon les phases des mouvements de l’âme et du sentiment religieux.

A la lumière de ces sérieuses conséquences, l’Église condamna l’immanentisme (cf. encyclique, Pascendi, contre le modernisme.

FIN

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