FONDATION de Médine du Champ. (SAINTE THÉRÈSE D'AVILA)

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Message  ROBERT. le Sam 16 Avr 2011, 8:13 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP .

Par Sainte Thérèse d’Avila.


AVANT-PROPOS DE LA SAINTE.


1. Je n’ai pas seulement lu en divers traités ; mais j’ai éprouvé combien il importe de pratiquer l’obéissance. C'est par elle que l'on s'avance dans le service de Dieu, que l'on acquiert l'humilité, et que l'on se guérit de l' appréhension que nous devons toujours avoir en cette vie de nous égarer dans le chemin du ciel : car ceux qui ont un véritable dessein de plaire à Dieu entrent par ce moyen dans la tranquillité et le repos, à cause qu'étant soumis s'ils sont séculiers, à leurs confesseurs, et s'ils sont religieux, à leurs supérieurs, le démon n'ose s'efforcer de jeter dans leur esprit le trouble et l'inquiétude après avoir éprouvé qu'il y perdrait plus qu'il n'y gagnerait. Cette même vertu de l'obéissance réprime aussi les mouvements impétueux qui nous portent naturellement à préférer notre plaisir à notre devoir, et à faire notre volonté, en nous remettant devant les yeux la résolution que nous avons prise de la soumettre absolument à celle de Dieu en la personne de celui que nous avons choisi pour tenir sa place.

Notre-Seigneur m'ayant par sa bonté fait connaître le prix de cette grande vertu, j'ai tâché, toute imparfaite que je suis, de la pratiquer malgré la répugnance que j'y ai souvent trouvée dans certaines occasions qui m' ont fait voir quelle est en cela ma faiblesse ; et je le prie de tout mon coeur de me donner la force qui m'est nécessaire pour ne point tomber en de semblables défauts. ( à suivre…)




(source BNF) Vie . Fondations faites par sainte Thérèse de plusieurs monastères de la traduction de M. Arnauld d'Andilly, pp.285-321.


à suivre…






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Message  ROBERT. le Dim 17 Avr 2011, 8:56 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP .

Par Sainte Thérèse d’Avila.


AVANT-PROPOS DE LA SAINTE.



2. Étant dans le monastère de Saint Joseph D’Avila en 1562 qui est l’année qu’il fut fondé, le Père François Garcia de Tolède, Dominicain, m’ordonna d’écrire de quelle sorte cet établissement s'était fait, et plusieurs autres choses que l’on pourra lire dans cette relation si elle voit jamais le jour.

Onze ans après, étant en l'année 1573 dans le monastère de Salamanque, le Père Ripalda, recteur de la compagnie de Jesus, mon confesseur ayant vu ce traité de la première fondation, crût qu' il serait du service de Dieu d' écrire de même les sept autres, comme aussi le commencement de quelques monastères des Pères Carmes Déchaussés, et me commanda d'y travailler. Mes grandes occupations, tant à écrire des lettres, qu’à satisfaire à d'autres choses dont je ne pouvais pas me dispenser parce qu’elles m’étaient ordonnées par mes supérieurs, jointes à mon peu de santé, me faisant juger cela impossible, je me trouvai dans une grande peine, et me recommandai beaucoup à Dieu.

Alors il me dit : ma fille, l’obéissance donne des forces. Je souhaite que selon ces divines paroles il m' ait fait la grâce de bien rapporter pour sa gloire les faveurs qu'il a faites à cet ordre dans ces fondations. Au moins peut-on s’assurer de n’y rien trouver qui ne soit très-véritable, puisque nulle considération n’étant capable de me porter à mentir dans les choses même peu importantes, j'en ferais grande conscience dans un sujet qui regarde le service de Dieu, et ne croirais pas seulement perdre le temps, mais l'offenser au lieu de le louer ; ce qui serait une espèce de trahison que je lui ferais, et tromper ceux qui le liraient. Je prie sa divine majesté de m’empêcher par son assistance de tomber dans un tel malheur. (à suivre…)



(source BNF) Vie . Fondations faites par sainte Thérèse de plusieurs monastères de la traduction de M. Arnauld d'Andilly

à suivre…

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Message  ROBERT. le Lun 18 Avr 2011, 4:15 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP .

Par Sainte Thérèse d’Avila.


AVANT-PROPOS DE LA SAINTE.


3. Je parlerai de chaque fondation en particulier, et le plus brièvement que je pourrai, parce que mon style est si long, que quelque soin que je prenne de ne me pas trop étendre j'ai sujet de craindre d’ennuyer les autres et moi-même : mais cet écrit devant demeurer après ma mort entre les mains de mes filles, je sais qu'elles m'aiment assez pour en excuser les défauts.

Comme je n'ai en cela autre dessein que la gloire de Dieu et le profit de celles qui le liront, il ne permettra pas, s'il lu plaît, qu'elles m’attribuent rien de ce qu’elles y trouveront de bon. Je les prie de demander à Notre Seigneur de me pardonner le mauvais usage que j'ai fait de tant de grâces dont il m'a favorisée, et dont elles doivent beaucoup plutôt m'aider à le remercier, que me savoir gré de ce que j'écris.


Mon peu de mémoire, mon peu d’esprit, et mon peu de loisir pourront me faire oublier plusieurs choses importantes, et en rapporter d’autres qu’il serait plus à propos de supprimer. Et pour obéir à ce que l’on m’a ordonné, je dirai, quand l'occasion s'en offrira, quelque chose de l'oraison, et de la tromperie dans laquelle ceux qui s’y exercent peuvent tomber, afin qu’ils y prennent garde. Je me soumets en tout, mes chères sœurs et mes filles, à la créance de la Sainte Église romaine, et désire avant que ce papier tombe entre vos mains qu’il soit vu par des personnes savantes et spirituelles.

Je commence cet ouvrage le 25 jour d’août de l’année 1573 que l’on célèbre la fête de S. Louis Roi de France : et je le commence en invoquant le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, et en implorant l'assistance de la Sainte Vierge sa Mère dont j'ai l’honneur quoiqu'indigne de porter l'habit, et le secours de mon glorieux Père S. Joseph qui ne m'a jamais manqué et dans une des maisons duquel je suis ; ce monastère de Carmélites Déchaussées portant son nom. Je demande à chacun de ceux qui liront ceci de dire pour moi un ave maria , afin d'aider mon âme à sortir du purgatoire, et à jouir de la présence de Notre divin Rédempteur qui vit et règne avec son Père et le S. Esprit dans tous les siècles des siècles.




(source BNF) Vie . Fondations faites par sainte Thérèse de plusieurs monastères de la traduction de M. Arnauld d'Andilly ...

Gras ajoutés.

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Message  ROBERT. le Lun 25 Avr 2011, 7:41 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

Par Sainte Thérèse d’Avila.

(CHAPITRE 1)


1. Perfection dans laquelle vivaient les religieuses Carmélites du monastère de Saint Joseph D’Avila.

Combien ardent était le désir que Dieu donnait à la sainte pour le salut des âmes.

La fondation du monastère de Saint Joseph D’Avila ayant été achevée je passai cinq années dans cette maison ; et je pense pouvoir dire qu elles ont été les plus tranquilles de ma vie, n'ayant point goûté auparavant ni depuis tant de douceur et tant de repos. Durant ce temps quelques demoiselles encore fort jeunes que le monde semblait avoir engagées dans ses filets tant elles paraissaient vaines et curieuses, vinrent s’y rendre religieuses. Dieu les arracha par une espèce de violence du milieu des vanités du siècle pour les faire entrer dans cette sainte maison consacrée à son service, et les rendit si parfaites que je ne pouvais voir sans confusion l’avantage qu’elles avaient sur moi. Lorsque le nombre de treize que nous avions résolu de ne point passer fut rempli , je sentis une extrême joie de me trouver en la compagnie de ces âmes dont la pureté et la sainteté étaient si grandes, que leur unique soin consistait à servir et à louer Notre Seigneur .


Son adorable providence nous envoyait sans le demander ce qui nous était nécessaire : et quand il nous manquait quelque chose, ce qui arrivait rarement, c’était alors que ces servantes de Dieu étaient les plus satisfaites et les plus contentes. Je ne pouvais me lasser de lui rendre grâces du plaisir qu'il prenait à les combler de tant de vertus, et particulièrement de ce que méprisant tout le reste elles ne pensaient qu’à le servir.


Quoi que je fusse supérieure, je ne me souviens point de m'être jamais occupée du soin de ces biens temporels, parce que je croyais fermement que rien ne manquerait à celles qui n’avaient autre désir que de plaire à Dieu. Que s'il arrivait quelquefois que ce que l'on nous donnait ne suffit pas pour notre nourriture, j’ordonnais qu’on le distribuât à celles qui pouvaient le moins s'en passer : mais chacune disant qu’elle n'était pas de ce nombre, on n’y touchait point jusques à ce que Dieu nous eut envoyé de quoi en donner assez à toutes.

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Gras et italique ajoutés.
à suivre…






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Message  ROBERT. le Mar 26 Avr 2011, 4:12 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

Par Sainte Thérèse d’Avila.

(CHAPITRE 1)


2. Quant à l’obéissance qui est celle des vertus que j’affectionne davantage, quoique je l'aie mal pratiquée jusqu’ à ce que ces saintes filles me l'aient si bien enseignée par leur exemple que si j'étais meilleure que je ne suis je ne pourrais l'ignorer, il me serait facile d'en rapporter plusieurs choses que j' ai remarquées en elles. En voici quelques-unes dont je me souviens. On nous servit un jour au réfectoire des portions de concombre : celle qui me fut donnée était petite, et se trouva pourrie au dedans : j'appelai une de celles de toutes les sœurs qui avait le plus d'esprit, et lui dis pour éprouver son obéissance, qu'elle allât planter ce concombre dans un petit jardin que nous avions : elle me demanda si elle le planterait debout, ou tout plat : je lui dis de le mettre tout plat ; et elle le fit sans qu' il lui vînt seulement en la pensée qu'étant de la sorte il sécherait aussitôt : elle crût au contraire que cela serait fort bien, parce que son désir de plaire à Dieu lui faisait renoncer à sa raison pour pratiquer l'obéissance.


Je commandai une autre fois à l'une des sœurs six ou sept choses contraires, et elle se mit en devoir de les faire toutes sans répliquer, parce que sa foi et son amour pour l'obéissance lui faisaient croire que cela n'était pas impossible.


Nous avions un puits dont l’eau paraissait mauvaise à ceux qui s’y connaissaient, et il semblait impossible de lui donner quelque cours, à cause qu'il était fort profond. Je fis néanmoins venir des ouvriers pour y travailler, et ils se moquèrent de moi disant que c’était dépenser de l’argent inutilement. Je proposai la chose aux sœurs : l’une d’elle fut d’avis de l'entreprendre, et une autre ajouta : Dieu ne manquera pas sans doute de susciter quelques personnes qui nous apporteront de l'eau pour ne nous laisser pas mourir de soif : mais puisqu'étant tout puissant il ne lui sera pas plus difficile de nous en donner dans cette maison sans qu'il soit besoin d’en avoir d'ailleurs ; je ne doute point qu’il ne le fasse. Une foi si vive me toucha de telle sorte que contre l'avis des fonteniers je fis travailler à cet ouvrage ; et Dieu y donnant sa bénédiction on tira de ce puits un filet d'eau fort bonne à boire, et qui nous suffit.


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Gras ajoutés.
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Message  ROBERT. le Mer 27 Avr 2011, 4:05 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

Par Sainte Thérèse d’Avila.

(CHAPITRE 1)


3. Je ne rapporte point ceci comme un miracle dont il y aurait tant de semblables exemples ; mais seulement pour faire voir quelle est la foi de ces saintes filles ; mon dessein n’étant pas de les louer ni celles des autres monastères de ce que par l'assistance de Dieu elles marchent si fidèlement dans ses saintes voies ; et je n'aurais jamais fait si je voulais écrire particulièrement tout ce que j’en sais. Cela ne serait pas néanmoins peut-être inutile, parce qu'il arrive souvent que de tels exemples portent d’autres personnes à les imiter. Mais si Dieu veut qu’il soit su, nos supérieurs pourront ordonner aux prieures des monastères d’écrire les choses plus remarquables qui seront venues à leur connaissance.

Ainsi je me trouvais avec des âmes toutes angéliques : car dois-je craindre de leur donner ce nom, puisque ne m'ayant jamais rien caché de ce qui se passe en elles ; mais découvert jusques aux choses les plus intérieures, je sais combien grandes sont les faveurs qu'elles reçoivent de Dieu ; combien ardents sont les désirs qu'il leur donne de le servir, et jusqu’à quel point va leur détachement de toutes les choses de la terre. Elles trouvaient tant de consolation dans la retraite qu'elles ne se lassaient jamais d’être seules : elles n’appréhendaient rien tant que les visites, même de leurs propres frères ; et celles-là s’estimaient les plus heureuses qui avaient le plus de loisir de demeurer dans un ermitage.

Les voyant si vertueuses et le courage que Dieu leur donnait de vouloir souffrir pour lui, aller au delà de ce que l’on pouvait attendre de leur sexe, il me venait souvent en l'esprit que c’était pour quelque grand dessein qu’il les favorisait de tant de grâces. Je ne prévoyais rien néanmoins de ce qui arriva dans la suite, parce que je ne pouvais m'imaginer que ce fut une chose possible. Je sentais seulement que plus j’allais en avant, et plus mon désir croissait de contribuer quelque chose au bien des âmes. Il me semblait que j’étais comme une personne qui ayant en garde un grand trésor désirerait d’en faire part à tout le monde ; mais à qui on liait les mains pour l'empêcher de le distribuer et d’en faire des largesses : car mon âme était comme liée de la sorte, et les faveurs que Dieu me faisait alors et qui étaient fort grandes demeurant renfermées en moi, me paraissaient mal employées. Tout ce que je pouvais en cet état et que je faisais avec affection était d’offrir à Dieu mes faibles prières, et d'exhorter mes sœurs à faire la même chose, à souhaiter avec ardeur le bien des âmes et l'augmentation de la foi, et à ne rien oublier de ce qui dépendait d'elles pour édifier les personnes avec qui elles se trouvaient obligées de traiter.


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Gras ajoutés.

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Message  ROBERT. le Jeu 28 Avr 2011, 7:31 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

Par Sainte Thérèse d’Avila.

(CHAPITRE 1)



4. Environ quatre ans après, le Père Alphonse Maldonat religieux de l’Ordre de S François me vint voir.

C’était un grand serviteur de Dieu, et qui avait la même ardeur que moi pour le bien des âmes ; mais avec cette différence qu’il le témoignait par des effets, au lieu que je n'avais que des désirs. Il était depuis peu revenu des Indes, et après nous avoir raconté combien de millions d'âmes se perdent dans ce nouveau monde [par]manque d'être éclairées de la lumière de l’Évangile, il nous fit une excellente exhortation pour nous animer à la pénitence, et se retira ensuite.

Je fus touchée d’une si vive douleur de la perte de tant d’âmes, qu’étant comme hors de moi-même je m' en allai dans un ermitage, où mêlant mes soupirs avec mes larmes je demandai instamment à Notre Seigneur, que puisque les démons entrainaient tant d'âmes dans l'enfer, et que je me trouvais réduite à n'avoir que des prières pour les assister, il lui plût de les exaucer afin d'en sauver au moins quelqu’une. J' avoue qu'en l'état où j’étais, je portais beaucoup d'envie à ceux qui avoient le bonheur de pouvoir par leur amour pour Dieu secourir ces âmes, quand ils auraient même pour ce sujet souffert mille morts, s'il était possible ; et Dieu m'a donné une si violente inclination pour ce grand œuvre de charité que je ne saurais lire les vies des saints qui ont fait de grandes conversions sans en être plus attendrie et envier davantage leur bonheur que celui de tous les martyrs, parce qu' il me semble que de tous les services que nous pouvons rendre à Dieu, il n'y en a point qu'il estime tant que de lui acquérir des âmes par l'ardeur des prières qu' il nous inspire de lui adresser pour obtenir leur conversion.

Lors que j’étais pressée de cette peine étant une nuit en oraison Notre Seigneur m'apparut en la manière qu'il a accoutumé, et me témoignant beaucoup de tendresse, me dit comme pour me consoler : ayez un peu de patience, ma fille, et vous verrez de grandes choses. Ces paroles firent une telle impression dans mon coeur qu'elles m'étaient toujours présentes : mais quelques efforts que je fisse pour m'imaginer ce qu'elles signifiaient, il me fut impossible d'y rien comprendre. Je demeurai néanmoins fort consolée et avec une grande certitude que les effets en feraient connaître la vérité : et six mois après il arriva ce que je vas dire.



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Message  ROBERT. le Ven 29 Avr 2011, 7:43 pm

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Par Sainte Thérèse d’Avila.

CHAPITRE 2



1. Le général de l'Ordre des Carmes vient en Espagne.

Il approuve l’établissement du monastère de S Joseph D’Avila fondé par la sainte, et lui donne pouvoir d'en fonder d'autres. Il lui permet ensuite de fonder aussi deux monastères de Carmes Déchaussés.

Les Généraux de notre Ordre demeurant toujours à Rome, et nul n’étant auparavant venu en Espagne je n’aurais jamais cru d'y en voir quelqu'un : mais comme tout est possible à Dieu il voulut que ce qui n’était point encore arrivé arrivât alors. Cela me fit peine, parce que la maison de S Joseph D’Avila n’étant point sujette à l'Ordre pour les raisons que j'en ai touchées dans la fondation de ce monastère, j'appréhendais deux choses : l’une que notre Général ne sachant pas de quelle sorte tout s'était passé il fut avec sujet mécontent de moi : et l'autre qu'il me commandât de retourner dans le monastère de l'Incarnation dont la règle est mitigée, ce qui m'aurait donné une grande affliction pour diverses causes que je pourrais rapporter ; mais je me contenterai de dire, qu'outre qu'on ne garde pas dans cette maison la première rigueur de la règle, il y a cent cinquante religieuses : ce qui montre assez que l'on n'y peut être avec le même repos et la même tranquillité que dans une maison où il n'y en a que treize. Dieu par sa bonté en ordonna mieux que je n’aurais osé l’espérer : car ce Général étant fort sage, fort vertueux, et fort savant, il trouva qu'il ne s'était rien fait en cela que de louable, et n'en témoigna aucun mécontentement. Il se nommait le Père Jean Baptiste Rubeo de Ravenne, et était avec sujet tres-estimé dans tout l'Ordre.


Lorsqu’il vint à Avila je fis en sorte qu’il alla au monastère de S Joseph, et que l'Évêque donna ordre de l'y recevoir comme on l’aurait reçu lui-même. Je lui dis avec une entière sincérité tout ce qui s'y était passé, et je suis naturellement si portée à en user de la sorte, que quoi qui en puisse arriver je ne saurais agir autrement envers mes supérieurs et mes confesseurs, parce que les considérant comme tenant à mon égard la place de Dieu je n’aurais pas autrement l’esprit en repos.



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à suivre…


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Message  ROBERT. le Sam 30 Avr 2011, 8:31 pm

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CHAPITRE 2



2. Ainsi je lui rendis compte de toutes mes dispositions, et presque de toute ma vie quoique si pleine d’imperfection et de défauts. Il me consola beaucoup : il m’assura qu'il ne m'obligerait point à sortir de cette maison : il me témoigna de voir avec plaisir dans la conduite que l'on y tenait une image bien qu'imparfaite, du commencement de notre Ordre, par l'exacte observation de notre premiere règle qui ne se pratiquait plus en aucun autre monastère ; et dans la passion qu'il avait pour l'augmentation d'un si grand bien, il me donna des patentes telles que je les pouvais désirer pour fonder d'autres monasteres, avec des défenses exprèsses au provincial de s'y opposer. Je ne les lui demandai point : mais il comprit par ma manière d'oraison combien j'aurais souhaité de pouvoir servir à l'avancement des âmes.

Quelque grand que fut ce désir, je ne recherchais point les moyens de l’exécuter, parce que je ne pouvais considérer que comme une rêverie qu’une femme aussi incapable que j’étais pût y réussir : mais quand on est touché de semblables sentiments on ne saurait les rejetter ; et Dieu qui voit qu'ils ne procèdent que de la passion de le servir et de la confiance que l’on a en son secours, rend possible par sa grâce ce qui à n'en juger qu’humainement parait impossible. Ainsi voyant avec quelle affection notre Révérendissime Père Général se portait à la fondation de ces monastères, je les considérais comme déjà établis, et me souvenant alors de ce que Notre Seigneur m'avait dit, je commençai d’entendre aucunement le sens des paroles auxquelles je n'avais auparavant pu rien comprendre.


Le retour à Rome de ce bon Père me fut fort sensible, parce qu’outre l’extrême affection que je lui portais, je croyais perdre en lui un très-puissant protecteur, ne se pouvant rien ajouter à la bonté qu'il avait pour moi, et aux témoignages que j'en recevais en toutes rencontres.


Lorsque ses grandes occupations lui donnaient un peu de relâche, il me venait voir pour m'entretenir de discours de pieté ; et Dieu lui faisait de si grandes grâces que je ne pouvais l'entendre parler sans en recevoir beaucoup de consolation.


Comme Monseigneur Dom Alvarez de Mendoçe, mon Évêque est très favorable à tous ceux qu'il voit se porter à servir Dieu avec le plus de perfection, il désira de lui, avant son départ, la permission de fonder dans son Évêché quelques monastères de Carmes Déchaussés qui vécussent dans l'observance de la premiere règle ; et d'autres personnes lui demandèrent la même chose. Ce vertueux Général était très disposé à l’accorder ; mais la contradiction qu'il rencontra dans l'Ordre l'empêcha pour lors de le faire, de peur de troubler la paix de la province.


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Message  ROBERT. le Lun 02 Mai 2011, 5:20 pm

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CHAPITRE 2


3. Quelques jours après considérant le besoin qu' il y avait en fondant des monastères de filles qu'il y eut aussi des religieux qui gardassent la même règle, et voyant qu' il y en avait si peu dans cette province qui en fussent capables, qu'il pourrait bientôt n'y en rester pas un seul, je priai beaucoup pour cette affaire, et écrivis à notre Général le mieux que je pu pour lui représenter que ce serait rendre un si grand service à Dieu, que les difficultés qui s' y rencontraient ne devaient pas empêcher une si bonne œuvre, et que ce serait aussi une chose très agréable à la Sainte Vierge pour laquelle il avait une particulière dévotion.

Je ne doute point que ce ne fut cette Mère de Dieu qui fit réussir l'affaire : car ce bon Père n'eut pas plutôt reçu ma lettre à Valence, que touché du désir de procurer la plus grande perfection de l'Ordre, il m'envoya un pouvoir de fonder deux monastères de Carmes Déchaussés ; et pour éviter les oppositions qui s'y pourraient faire, il en remit l'exécution au Provincial qui était alors en charge et à celui qui en était sorti. La difficulté d’obtenir leur consentement ne paraissait pas petite : mais voyant que le principal était déjà fait, j'espérai que Notre Seigneur ferait le reste : et cela arriva de la sorte par le moyen de Monseigneur l'Évêque qui prit cette affaire tellement à coeur qu'il obtint de ces deux religieux d’y donner leur consentement.


Cette permission me causa beaucoup de joie, et en même temps augmenta ma peine, parce que je ne voyais point dans la province de religieux capable d'exécuter un si bon dessein, ni d'ecclésiastique séculier qui s'y voulut engager : ainsi je priais continuellement Notre Seigneur que s'il voulait que l'affaire réussit il suscitât quelqu'un pour y travailler.

D' ailleurs je n'avais point de maison ni de quoi en acheter : tellement que tout se trouvait réduit à une pauvre Carmélite Déchaussée chargée de patentes et pleine de bons désirs, mais sans moyen de les exécuter et sans aucune assistance que de Dieu seul.



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Message  ROBERT. le Mar 03 Mai 2011, 3:55 pm

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CHAPITRE 2


4. Néanmoins, le courage ne me manquait pas : j'espérais toujours que Notre Seigneur achèverait ce qu'il avait commencé : tout me paraissait possible ; et ainsi je mis la main à l’œuvre.

Ô grandeur incompréhensible de mon Dieu ! Que vous montrez bien, Seigneur, que votre puissance n'a point de bornes lorsque vous donnez tant de hardiesse à une créature, ou pour mieux dire à une fourmi, telle que je suis. Qu’il paraît bien qu'il ne tient pas à vous que ceux qui vous aiment n’exécutent de grandes choses ; mais seulement à notre lâcheté et à notre peu de courage. Comme nous n'entreprenons rien qui ne soit mêlé de mille craintes et de considérations humaines, il semble, Seigneur, que nous vous lions les mains pour vous empêcher d'opérer les merveilles que vous êtes disposé de faire en notre faveur : car qui prend tant de plaisir que vous à récompenser avec une libéralité digne de votre grandeur les services que l'on vous rend lorsque vous trouvez sur qui répandre vos grâces et vos faveurs ? Que je m’estimerais heureuse si je vous en avais rendu quelqu'un, et si les extrêmes obligations que je vous ai ne me rendaient pas encore plus coupable par le mauvais usage que j'en ai fait.

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Message  ROBERT. le Mer 04 Mai 2011, 5:08 pm

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CHAPITRE 3.


La Sainte se rend à Médine Du Champ pour y fonder un monastère de Carmélites. Difficultés qu'elle y rencontre, et assistance qu’elle reçoit de quelques personnes de piété. Elle communique à deux religieux son dessein d’établir des monastères de Carmes Déchaussés, et ils lui promettent d’y entrer.

1. Me trouvant dans la peine que j’ai dit, il me vint en l'esprit d'employer les Pères de la Compagnie de Jésus qui sont fort aimés à Médine, et avec qui, comme on la vu dans la première fondation, j'ai traité durant plusieurs années des affaires de ma conscience, dont je me suis fort bien trouvée, et les ai toujours depuis extrêmement affectionnés. Il se rencontra que le Père Balthazar Alvarez maintenant Provincial et qui durant plusieurs années a été mon confesseur comme je l'ai rapporté sans l'avoir nommé, était alors Recteur. Je lui écrivis et lui mandai ce que Notre Père Général m’avait ordonné.

Il me répondit et les autres Pères de cette maison, qu'ils m’assisteraient autant qu'ils le pourraient : et en effet ils travaillèrent beaucoup pour obtenir le consentement de la ville et de l'Évêque ; et cette négociation dura quelque temps à cause de la difficulté qui se trouve toujours à l’établissement des monastères qui n'ont point de revenu.


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italique ajoutés.
à suivre…



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Message  ROBERT. le Mer 04 Mai 2011, 8:21 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

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CHAPITRE 3.


2. Un prêtre nommé Julien D’Avila qui était Chapelain du monastère où j’étais m'aida beaucoup : car c’était un véritable serviteur de Dieu, très détaché de toutes les choses de la terre, homme de grande oraison, et à qui Notre Seigneur donnait les mêmes sentiments qu’à moi. J'avais donc comme je l'ai dit la permission de fonder des monastères ; mais point de maison ni d'argent pour en acheter ; et l'on peut juger quel crédit pouvait avoir une personne qui ne possédait rien dans le monde. Dieu y pourvût : car les choses étant en ces termes, une demoiselle très-vertueuse qui n’avait pu être reçue dans le monastère de Saint Joseph à cause que le nombre des religieuses était rempli, ayant appris que l’on voulait en fonder un autre vint me prier de lui donner place.

Elle n’avait pas assez de bien pour acheter une maison, mais seulement pour en louer une et pour faire les frais de notre voyage. Ainsi nous partîmes d'Avila sans autre assistance, avec quatre religieuses du monastère de S Joseph, et deux de celui de l'Incarnation où je demeurais auparavant, et accompagnées de Julien D’Avila Notre Chapelain de qui je viens de parler.


A notre arrivée à Médine il s'éleva un grand murmure. Les uns disaient que j’étais folle ; et les autres attendaient de voir à quoi cette folie se terminerait. L'Évêque, à ce qu'il m'a dit depuis, la trouvait fort grande, et ne voulut pas néanmoins me le témoigner de peur de me faire de la peine, à cause qu’il m’affectionnait beaucoup. Mes amis au contraire ne me le dissimulaient pas ; mais cela ne me touchait guère, parce que ce qui leur paraissait si difficile me semblait si facile que je ne pouvais douter qu' il ne réussît.

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à suivre…
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Message  ROBERT. le Jeu 05 Mai 2011, 3:46 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

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CHAPITRE 3.


3. J’avais en partant d’Avila écrit au Père Antoine De Heredia Prieur d'un monastère de notre Ordre qui est dans Avila nommé sainte Anne, pour le prier de m'acheter une maison. Il se rencontra qu’une dame qui avait beaucoup d'affection pour lui en avait une en fort belle assiette, mais presque entièrement ruinée. Il en traita avec elle sans autre assurance que sa parole dont elle eut la bonté de se contenter, et sans cela le marché n’aurait pu se faire, parce que nous n'avions point de caution que nous pussions lui donner : ce qui montre que Notre Seigneur disposait ainsi les choses. Ne pouvant donc loger dans cette maison nous fûmes obligées d'en louer une autre pendant qu'on la réparerait, à quoi il n' y avoir pas peu à faire.


Nous ne pûmes la première journée arriver que de nuit à Aréval à cause du mauvais chemin et que nous étions extrêmement lasses. Un prêtre de nos amis nous y avait préparé un logement chez des femmes dévotes, et il me dit en secret que nous n'avions point de maison, parce que les Augustins auprès du monastère desquels on croyait nous en louer une, s'opposaient à notre établissement, et qu'ainsi il faudrait avoir un procès. Je connus alors, mon Dieu, combien la résistance des hommes est vaine lors que vous nous soutenez : car au lieu de m' étonner de cette nouvelle, elle m'encouragea encore davantage : je considérai ce trouble que le démon suscitait comme une marque de la fidélité avec laquelle on vous servirait dans cette maison ; et je priai cet ecclésiastique de n'en point parler de peur d'étonner mes compagnes, et particulièrement celles qui étaient du monastère de l'Incarnation : car quant aux autres il n' y avait point de travaux qui ne leur parussent doux en les supportant avec moi.


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Gras ajoutés.
à suivre…
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Message  ROBERT. le Ven 06 Mai 2011, 9:17 pm

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CHAPITRE 3.



4. L' une de ces deux premières était Supérieure de ce monastère de l' Incarnation d'où elle avait eu grande peine à se résoudre de sortir : elle était aussi bien que sa compagne de bonne famille, et n' avait pas moins qu' elle fait ce voyage à regret, chacun croyant qu'il y avait de la folie à l' entreprendre : en quoi l'on n'avait que trop de raison : car lorsque Dieu veut que je travaille à ces fondations il ne me vient dans l'esprit aucune difficulté qui puisse s'y opposer, et elles ne se présentent en foule à moi qu’après que j'ai commencé d'en venir à l'exécution, comme on le verra dans la suite.

Étant arrivée à ce logis j'appris qu'il y avait en ce lieu un religieux de Saint Dominique de très grande piété, à qui je m’étais confessée lorsque j'étais au monastère de Saint Joseph D’Avila : et parce que j'ai beaucoup parlé de sa vertu dans ce que j'ai écrit de cette fondation, je me contenterai de dire ici qu'il se nommait le Père Dominique Bagnez.


Comme il n'était pas moins prudent que savant, je suivais volontiers ses avis, et il ne croyait pas comme les autres qu'il y eût tant de difficulté à faire réussir mon dessein, d’autant que plus on connait Dieu, et moins on en trouve dans ce que l'on entreprend pour son service : outre qu'il n’ignorait pas quelques-unes des grâces que Notre Seigneur me faisait, et se souvenait de ce qu’il avait vu arriver dans la fondation de S Joseph.

Ainsi il me consola beaucoup, et je lui dis en secret l’avis que l'on m'avait donné. Il crût que cela pourrait bientôt s'accommoder : mais le moindre retardement m était pénible à cause des religieuses qui m’accompagnaient, et le bruit de cet obstacle qui se rencontrait dans notre dessein s’étant répandu dans la maison, nous passâmes mal cette nuit.

Le lendemain dès le matin le Père Antoine religieux de noster Ordre et Prieur du monastère de Médine me vint trouver et me dit, que la maison que nous avions résolu d'acheter suffirait pour nous loger, et qu il y avait un portail dont on pourrait faire une chapelle en l’accommodant avec quelques tapisseries. Nous approuvâmes son avis ; et il me parut d'autant meilleur qu’étant hors de nos monastères, je n'appréhendais rien davantage que les retardements, outre qu’il s’était déjà élevé quelque murmure comme au commencement de la fondation de notre première maison, ce qui me faisait désirer de prendre possession avant que l'affaire fut plus divulguée.

Le Père Dominique Bagnez fut du même avis : et ensuite de cette résolution nous partîmes la veille de l'Assomption de la Sainte Vierge. Nous arrivâmes à minuit à Médine Du Champ ; et pour ne point faire de bruit, nous descendîmes au monastère de Sainte Anne d'où nous allâmes à pied à ce logis dont j'ai parlé. Dieu qui prend soin de ceux qui désirent de le servir, permit que nous ne rencontrâmes personne en chemin, quoique ceux qui avaient soin de renfermer les taureaux que l'on devait courir le lendemain fussent alors par les rues pour les assembler ; et nous étions si attentives à l’exécution de notre dessein que nous ne pensions à autre chose.

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à suivre…

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Message  ROBERT. le Dim 08 Mai 2011, 6:34 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

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CHAPITRE 3.


5. Étant entrée dans la cour de la maison, les murailles ne m'en parurent pas si ruinées que je connus le lendemain quand il fut jour qu’elles l’étaient ; et il semblait que Notre Seigneur eût aveuglé ce bon Père pour ne pas voir qu'il n'y avait point de lieu propre à mettre le Très-Saint Sacrement.

Il se trouva auprès du portail quantité de terre à ôter : les murs étaient entr'ouverts et point enduits : la nuit était déjà fort avancée, et nous n’avions que trois tapis, qui ne suffisaient pas à beaucoup près pour couvrir ce portail. Ainsi je ne voyais point d'apparence d'y dresser un autel, et je ne savais que faire : mais Notre Seigneur nous secourut dans ce besoin. Cette dame dont j’ai parlé avait eu la bonté de commander à son maître-d'hôtel de nous assister de tout ce qui nous serait nécessaire ; et il nous offrit quantité de tapisseries et un lit de damas bleu. Nous en rendîmes grâces à Dieu mes compagnes et moi ; et dans la difficulté d'avoir des clous pour les attacher à cause qu’il n’était pas heure d’en aller chercher nous en arrachâmes des murailles, et enfin on trouva du remède à tout, quoiqu' avec beaucoup de peine. Les hommes tendirent le lit et les tapisseries : nous balayâmes la place ; et l'on fit tant de diligence que dès la pointe du jour l'autel était déjà dressé.


On sonna ensuite une cloche que l’on avait attachée à un corridor : on commença la messe, et cela suffisait pour prendre possession. Mais on fit encore davantage : car on mit le Très-Saint Sacrement ; et nous nous plaçâmes vis-à-vis l'autel derrière une porte à travers les fentes de laquelle nous voyions célébrer la messe, n’ayant pu trouver un lieu plus commode. Comme le nombre des églises ne saurait augmenter sans que j’en ressente beaucoup de joie, ce m’en fut une fort grande de voir ce nouveau Monastère consacré à Dieu : mais elle ne dura guère : car la messe étant achevée j’aperçus d’une fenêtre qui regardait sur la cour, qu’une partie des murs était par terre et qu’il fallait plusieurs jours pour les relever.

Quelle douleur ne me fut-ce point de voir cette Suprême Majesté ainsi exposée dans la rue, et dans un temps tel que celui de l'hérésie des luthériens ?



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gras ajoutés.
à suivre…


Que dirait la Grande Thérèse aujourd'hui ? affraid
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Message  ROBERT. le Lun 09 Mai 2011, 7:24 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

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CHAPITRE 3.



5. (suite) Pour surcroît d'affliction toutes les difficultés qu’il y avait sujet de craindre de la part de ceux qui avaient murmuré de notre dessein me vinrent aussitôt en l'esprit, et je trouvais qu'ils avoient raison de s'y opposer. Ainsi au lieu qu’auparavant tout me semblait facile dans une entreprise qui regardait le service de Dieu, il me paraissait alors impossible d'achever de l'exécuter ; et je tombal dans une tentation si violente, que sans considérer que son pouvoir est infini, et sans me souvenir de tant de grâces qu'il m'avait faites, je n'avais devant mes yeux que ma faiblesse et mon impuissance, et ne voyais plus aucun lieu de bien espérer. Que si j’eusse été seule, je l'aurais souffert plus patiemment : mais je ne pouvais me consoler de penser que mes compagnes après être sorties avec tant de répugnance de leur monastère se trouveraient contraintes d’y retourner avec une mortification si sensible.


Je m’imaginais que ce commencement ayant si mal réussi je n'avais plus lieu de me promettre que Dieu ferait que le reste de ce qui m'avait été dit s’accomplirait : et pour comble de déplaisir j'entrai dans une très-grande appréhension que le démon ne m’eût trompée, et que ce que j'avais entendu dans l'oraison ne fut une illusion.


Seigneur en quel état se trouve réduite une âme que vous voulez laisser dans la peine ? Il me semble quand je me souviens de celle que j’eus alors et des autres que j'ai éprouvées ensuite dans ces fondations, que les souffrances corporelles ne sont rien en comparaison, quoique j’en aie eu de très grandes. Voulant épargner mes compagnes je leur dissimulai ma douleur, et passai ainsi le reste du jour jusques au soir que le Père Recteur de la compagnie de Jesus suivi d'un autre Père me vint voir, me consola et me redonna du courage. Je ne lui dis pas toutes mes peines ; mais seulement celle que j'avais de nous voir sur le pavé.


Je donnai ordre de chercher à quelque prix que ce fut une maison à louer en attendant que l’on eut réparé la nôtre, et me consolai en voyant le monde aborder chez nous sans qu'on nous blâmât de rien. Ce fut pour nous une grande miséricorde de Dieu, puisque tout bien considéré, on aurait pu avec justice nous ôter le Très-Saint Sacrement. J’admire maintenant ma simplicité et le peu de réflexion que l'on y fit : car je crois que si on l'eût ôté, tout aurait été ruiné.
(à suivre…)


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gras ajoutés.
à suivre…

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Message  ROBERT. le Mar 10 Mai 2011, 3:23 pm

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CHAPITRE 3.


5. (suite) Quelque diligence que l’on fît on ne pût dans toute la ville trouver de maison à louer ; et ainsi je passais les jours et les nuits dans une grande tristesse, parce qu'encore que j'eusse donné ordre qu’il y eût des gens qui veillassent auprès du S. Sacrement, j’appréhendais si fort qu’ils ne s’endormissent que je me relevais la nuit pour y prendre garde au clair de la lune à travers une fenêtre. Pendant ce temps le monde continuait plus qu’auparavant de venir ; et non seulement ne se scandalisait point de voir Notre Seigneur ainsi exposé dans une rue, mais il était touché de dévotion de ce que son extrême amour pour nous le portait à s'humilier de telle sorte qu'il voulait bien une seconde fois se trouver presque en même état qu' il avait été dans la Crèche de Bethleem, et qu'il semblait qu'il n'en voulût pas sortir.


Huit jours s’étant ainsi écoulé, un marchand qui avait une fort belle maison voyant la peine où nous étions nous offrit tout l'appartement d'en haut pour en disposer comme nous voudrions. Il y avait une grande salle bien dorée dont nous fîmes une église, et une dame très vertueuse nommée Hélène de Quiroga qui logeait auprès de la maison que nous avions achetée, me promit de m'assister pour faire promptement une chapelle où l'on pût mettre le Très-Saint Sacrement, et d'accommoder le logis en sorte que nous pussions y être en clôture. D'autres personnes nous donnaient de quoi vivre : mais nul ne nous fit tant de bien qu'elle.


Nous nous trouvâmes assez en repos chez ce charitable marchand : car nous y étions en clôture et commençâmes d'y réciter l'Office aux heures ordonnées par l'Église. Cependant ce bon Prieur travaillait avec un extrême soin à raccommoder notre maison : mais avec toute la peine qu'il y prit elle ne pût que deux mois après être en état de nous recevoir ; et nous y passâmes deux années étant assez raisonnablement logées ; mais depuis par l'assistance de Notre Seigneur elle a été rendue plus habitable et plus commode.

Quoique ce que je viens de dire me donnât beaucoup de consolation, je ne laissais pas d’être en peine touchant les monastères de religieux de notre Ordre dont je désirais avec ardeur la réforme, et n' avais personne pour m' aider dans ce dessein. Ainsi ne sachant que faire, je me résolus de confier ce secret à ce Père Prieur du monastère de sainte Anne pour voir ce qu’il me conseillerait. Il m’en témoigna beaucoup de joie, et me promit d’être le premier qui embrasserait cette réforme. Je crus qu'il se moquait, parce qu'encore qu'il eût toujours été un bon religieux, recueilli, studieux, et ami de la retraite, il me semblait qu'étant d'une complexion délicate et peu accoutumé aux austérités, il n' était pas propre pour jettera les fondements d'une manière de vie si rude. Je lui dis tout franchement ma pensée ; et il me rassura en me répondant qu' l y avait déjà longtemps que Notre Seigneur l'appelait à une vie plus laborieuse ; qu’il avait résolu de se faire Chartreux, et qu'on lui avait promis de le recevoir. Cette réponse me donna de la joie ; mais ne m'assura pas entièrement : je le priai de différer l’exécution de son dessein, et de s'exercer cependant dans les austérités auxquelles il voulait s’engager.
(à suivre…)



Gras ajoutés.
à suivre…
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Message  ROBERT. le Mer 11 Mai 2011, 6:00 pm

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CHAPITRE 3.



5. (suite) Il le fit, et il se passa ainsi une année. Il eut durant ce temps tant à souffrir, et même par de faux témoignages, qu'il parut que Dieu voulait l'éprouver. Il endura ces persécutions avec beaucoup de vertu, et s'avança de telle sorte que j'eus grand sujet d'en remercier Dieu ; et de croire qu’il le disposait pour une si sainte entreprise.

Peu de temps après, il arriva un jeune religieux de notre Ordre nommé le Père Jean De La Croix qui étudiait à Salamanque ; et son compagnon me dit des particularités si édifiantes de sa manière de vivre que j'eus aussi beaucoup de sujet d’en louer Dieu.

Je lui parlai ; et appris qu’il voulait comme le Père Prieur de Sainte Anne se faire Chartreux. Je lui communiquai alors mon dessein, et le priai instamment de différer jusques à ce que Dieu nous eut donné un monastère, lui représentant que puisqu' il voulait embrasser une Règle si étroite, il lui rendrait un plus grand service de la garder dans son Ordre que dans un autre. Il me le promit, pourvu que le retardement ne fût pas grand. Me trouvant ainsi assurée de deux religieux pour commencer cette réforme il me semblait que tout était déjà fait. Mais comme je n'étais pas entièrement contente du Prieur, et que je n'avais point encore de maison pour ce nouvel établissement, je résolus d’attendre quelque temps.


Cependant l’estime et l’affection du peuple de Médine pour nos religieuses augmentaient toujours ; et certes avec raison, puisqu' elles ne pensaient qu’à s’avancer de plus en plus dans le service de Dieu, en observant la même Règle et les mêmes constitutions que celles de Saint Joseph D’Avila.

Notre Seigneur commença ensuite d'inspirer à quelques autres de prendre l'habit ; et les grâces qu’il leur faisait étaient si grandes que je ne les pouvais voir sans étonnement. Qu’il soit béni à jamais de ce qu’ il paraît bien que pour nous aimer il ne demande autre chose de nous que d'en être aimé.




à suivre…



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Message  ROBERT. le Jeu 12 Mai 2011, 5:09 pm

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CHAPITRE 4.



1. La sainte parle dans ce chapitre des grâces si particulières que Dieu faisait alors aux monastères de son Ordre, et les exhorte à l’exacte observation de leur Règle.


Comme je ne sais combien de temps il me reste encore à vivre, ni quel loisir je pourrai avoir, et que j’en ai un peu maintenant, je crois à propos avant que de passer outre de donner ici quelques avis aux Prieures touchant l’avancement des âmes soumises à leur conduite, sans m'arrêter à ce qui semblerait les satisfaire davantage.

J'écrivis la fondation du monastère de S. Joseph D’Avila aussitôt après qu’elle fut achevée : et celles qui se sont faites depuis et que l’on me commande d’écrire sont au nombre de sept, dont celle d’Albe De Tormez est la dernière. Il s’en serait fait davantage si nos Supérieurs ne m'avaient comme lié les mains en m'occupant à d'autres choses, ainsi qu’on le verra par la suite. Ce que j'ai remarqué dans ces fondations touchant le spirituel m’a fait connaître la nécessité de ces avis : et je prie Dieu qu’ils soient tels qu’ils puissent remédier aux besoins qui m'obligent de les donner.

Puisque les choses dont j'ai parlé ne sont pas des illusions et des tromperies du diable, il ne faut point s'en épouvanter : mais comme je l' ai dit en de petits avis que j'ai donné pour mes sœurs, on doit croire que marchant avec pureté de conscience et pratiquant l'obéissance, Dieu ne permettra jamais que le démon nous puisse tenter en telle sorte qu'il cause la perte de notre salut, mais qu'au contraire il se trouvera trompé. La connaissance que j'en ai me persuade qu'il ne nous fait pas tant de mal que nous nous en faisons nous-mêmes par nos mauvaises inclinations, et particulièrement s’il y entre de la mélancolie : car les femmes sont naturellement faibles, et l'amour-propre qui règne en elles se glisse aisément dans leurs actions. Ainsi j’ai connu plusieurs personnes tant hommes que femmes et des religieuses de nos maisons se tromper sans y penser, et il se peut faire que le démon s’y mêlait et y contribuait : mais parmi ce grand nombre je n'ay point vu que Dieu en ait abandonné aucune; et il veut peut-être les exercer par ces épreuves afin de les rendre plus fortes, et leur apprendre à se tenir toujours sur leur garde.




Gras ajouités.
à suivre…
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Message  ROBERT. le Ven 13 Mai 2011, 7:18 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

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CHAPITRE 4.



2. L’état déplorable où nos pêchés ont maintenant réduit ce qui regarde l’oraison et la perfection m'oblige à parler de la sorte. Car si encore que l’on ne vole point de péril à s’engager dans le chemin qui conduit au ciel on appréhende si fort d’y entrer : que serait-ce si je disais qu’il y a du péril ? Mais n’y en a-t-il pas partout, et ne devons-nous pas toujours marcher avec crainte, implorer l'assistance de Dieu, et le prier de ne nous point abandonner ? Que si, comme je pense l'avoir dit ailleurs, quelque chose peut nous assurer, c'est de nous tenir proches de lui, en le prenant pour l’objet de nos pensées, et en nous efforçant de nous avancer de plus en plus.

Quoi, mon Sauveur, nous voyons que vous nous délivrez des périls où nous nous précipitons nous-mêmes contre votre volonté ; et nous croirions que vous ne nous délivrerez pas de ceux qui se rencontrent dans les choses où nous n’avons autre dessein que de vous servir et de vous plaire ? Cela ne me saurait entrer dans l'esprit, quoiqu'il puisse arriver par un effet des secrets jugements de Dieu qu'il permettrait certaines choses qui donneraient sujet de le penser ; mais jamais une bonne cause ne produit du mal.

Que ce que je viens de dire, mes filles, serve donc non pas à nous étonner, mais à nous faire marcher avec courage et humilité dans le chemin si âpre et si difficile de cette vie pour plaire à notre Divin Époux, pour le trouver plutôt, et pour arriver enfin avec son assistance dans cette ville sainte, cette Jérusalem Céleste, où tout ce que nous aurons souffert ici bas nous paraîtra n'être rien en comparaison du bonheur dont nous jouirons durant toute une éternité.


La Très-Sainte Vierge commença à faire connaître son pouvoir dans ce petit nombre de filles assemblées en son nom. Quoique faibles par elles-mêmes elles étaient fortes dans leurs désirs et leur détachement des choses créées : ce qui joint à la pureté de la conscience est ce qui unit l'âme à son créateur. Je n'avais point besoin d'ajouter ces derniers mots, parce que si ce détachement est véritable je ne vois pas comment on peut offenser Dieu, puisqu'il est sans apparence qu’il abandonne celles dont tous les discours et toutes les actions n'ont pour objet que lui seul. C’est l’état où par sa miséricorde je vois que sont maintenant nos monastères. Que si celles qui viendront après nous et qui liront ceci ne se trouvent pas dans ces dispositions, elles ne devront pas l’attribuer au temps, sachant comme elles le savent que Dieu est toujours prêt à répandre ses faveurs sur ceux qui le servent fidèlement : mais elles devront s’examiner pour voir s’il ne tient pas à elles, et se corriger de leurs défauts.



à suivre…


Dernière édition par ROBERT. le Ven 13 Mai 2011, 7:19 pm, édité 1 fois (Raison : balisage)
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Message  ROBERT. le Sam 14 Mai 2011, 3:52 pm

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CHAPITRE 4.



3. J’entends quelquefois des personnes religieuses dire que Dieu faisait des grâces extraordinaires aux saints fondateurs de leurs Ordres parce que leurs vertus en devaient être comme les fondements, et cela est véritable : mais ces personnes ne devraient-elles pas considérer que l’exemple qu’elles sont obligées de donner aussi par leur vertu doit de même servir de fondement à celles qui viendront après elles ? Que si nous qui sommes encore en vie ne tombions point dans le relâchement ; et que celles qui nous succéderont se maintinssent aussi dans l'étroite observance de la Règle, cet édifice spirituel ne subsisterait-il pas ?

Mais quel avantage puis-je tirer de ce que ces saints qui m'ont précédée l'ont établi et soutenu avec tant de travaux et de courage, si par ma faute et par mon peu de vertu je le laisse tomber en ruine ? N'est-il pas visible que ceux qui entrent en religion au lieu de porter leurs pensées à un souvenir aussi éloigné que celui des fondateurs des Ordres [ils] les arrêtent sur les Supérieurs et les autres religieux qui leur sont présents ? En vérité c’est une chose plaisante de rejeter la cause de nos imperfections sur ce que nous ne nous sommes pas rencontrés dans ces temps passés ; au lieu de considérer la différence qu'il y a entre nos défauts et les vertus de ceux à qui Dieu a fait de si grandes grâces.


Ô mon Sauveur, que ces excuses sont vaines et déraisonnables, et n’est-il pas évident que c’est se tromper soi-même ? J’ai honte, mon Dieu, d’être si mauvaise et si inutile pour votre service : mais je vois bien que je ne dois attribuer qu’à mes imperfections et à mes péchés ce que vous ne m'avez pas favorisée des mêmes grâces que vous avez faites à celles qui étaient avant moi. Je ne puis voir sans douleur que ma vie est différente de la leur, ni en parler sans verser des larmes.

Je reconnais qu'au lieu de profiter de leurs travaux je les ai rendus inutiles par le mauvais usage que j'en ai fait, sans m'en pouvoir prendre qu'à moi-même et non pas à vous de qui personne ne saurait avoir sujet de se plaindre. Chacun doit seulement lorsque son Ordre se relâche en quelque chose, s'efforcer par sa vertu d’être comme une pierre dont la solidité aide à soutenir ce saint édifice, et ne point douter que vous ne l'assistiez dans une résolution si louable.




à suivre…

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FONDATION de Médine du Champ. (SAINTE THÉRÈSE D'AVILA) Empty Re: FONDATION de Médine du Champ. (SAINTE THÉRÈSE D'AVILA)

Message  ROBERT. le Dim 15 Mai 2011, 5:06 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

Par Sainte Thérèse d’Avila

CHAPITRE 4.



4. Pour revenir à mon sujet dont je me suis beaucoup éloignée, je me trouve obligée de dire que les grâces que Notre Seigneur fait à ces nouveaux monastères sont si grandes qu'il n'y en a point où toutes les religieuses ne méditent. Quelques-unes arrivent même à la contemplation parfaite: et d'autres passant plus avant vont jusques à avoir des ravissements. Notre Seigneur fait à d'autres des faveurs encore plus grandes en leur donnant des révélations et des visions qui paraissent manifestement venir de lui : et il n'y a présentement un seul de ces monastères où il n'y ait une ou deux religieuses qui reçoive des grâces extraordinaires. Je sais que la sainteté ne consiste pas en cela, et je ne le rapporte pas aussi pour les en louer; mais seulement pour faire voir que ce n'est pas sans raison que je veux donner les avis que l'on verra dans la suite.


Gras ajouités.
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Message  ROBERT. le Lun 16 Mai 2011, 6:23 pm

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FONDATION DE MÉDINE DU CHAMP.

Par Sainte Thérèse d’Avila

CHAPITRE 5


A quel point de perfection l’obéissance et la charité peuvent élever les âmes : que ces deux vertus sont préférables aux plus grandes consolations intérieures, aux ravissements, aux visions, et au don de prophétie, puisque c’est le moyen de rendre par une admirable union notre volonté conforme à la volonté de Dieu : et qu’ainsi il faut quitter la retraite et la solitude lors que les occasions de pratiquer ces vertus y obligent. Exemples que la sainte en rapporte.

1. Je ne prétends pas que l’on doive considérer ce que je vais dire comme une règle infaillible, et l'on ne pourrait sans folie avoir cette pensée en des choses si difficiles. Comme dans la vie spirituelle il y a plusieurs chemins, il se pourra faire que je dirai quelque chose d'utile touchant l'une de ces différentes voies : et si quelques-uns n'y comprennent rien, ce sera à cause qu'ils marchent par une autre. Mais quand même ce que je dirai ne servirait à personne, Notre Seigneur aura s'il lui plaît ma bonne volonté agréable, puisqu'il sait que je n’avancerai rien que je n'aie éprouvé en moi-même, ou remarqué en d'autres.

Je commencerai à parler selon mon peu de capacité de ce en quoi consiste la perfection de l'oraison, parce que j’ai vu des personnes qui s'imaginent qu'elle dépend de l'entendement. Ainsi lorsqu'en faisant de grands efforts, il leur vient beaucoup de pensées de Dieu, elles se croyent aussitôt fort spirituelles ; et si on les divertit de leur oraison, quoique pour les occuper à des choses utiles, elles s'affligent et pensent être perdues. Les hommes savants ne tombent pas dans cette erreur, quoique j’en aie rencontré un qui n’en était pas exempt ; mais nous autres femmes avons besoin de recevoir des instructions sur tout. Je ne dis pas que ce ne soit une grâce de Dieu de penser toujours à lui et de méditer sur les merveilles de ses œuvres, ni qu’il ne soit bon de tâcher de l'acquérir : je dis seulement que tous les esprits n'y sont pas propres, et qu’au contraire il n’y a personne qui ne soit capable de l’aimer. J’ai écrit ailleurs une partie des causes de l’égarement de notre imagination, étant impossible de les rapporter toutes : c’est pourquoi je n'en parlerai point ici : je me contenterai de dire que la pensée n'étant pas l'âme, la volonté serait bien malheureuse si elle était conduite par elle ; et qu'ainsi l'avancement de l'âme ne consiste pas à beaucoup penser, mais à beaucoup aimer. Que si l'on me demande ce qu'il faut faire pour acquérir cet amour, je répons que c'est de se résoudre d'agir et de souffrir pour Dieu lorsque les occasions s' en offrent.




Gras ajoutés.
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Message  ROBERT. le Mar 17 Mai 2011, 8:42 pm

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CHAPITRE 5


2. Ce n' est pas que la pensée de ce que nous devons à Dieu, de ce qu' il est, et de ce que nous sommes, ne soit d'un grand mérite, ne serve à prendre la résolution que je viens de dire, et ne soit fort utile dans les commencements, pourvu que cela n'empêche pas que l'on ne satisfasse à l'obéissance et à la charité envers le prochain, qui nous obligent à quitter le plaisir si doux de s'entretenir seul à seul avec Dieu et de recevoir des faveurs de lui. Car se priver de ce contentement pour de tels sujets c' est demeurer avec lui, c' est agir pour lui, puisqu'au regard de la charité il a dit de sa propre bouche : je tiendrai comme fait à moi-même ce que vous ferez pour l' un de ces petits qui sont à moi : et que pour ce qui est de l’obéissance, il ne veut pas que nous marchions par un autre chemin que celui par lequel il a marché quand il a été obéissant jusques à la mort.

Que si cela est très-véritable, d'où procède donc la peine que l'on ressent lorsque pour satisfaire à l'obéissance ou à la charité on se voit privé du plaisir de passer une grande partie du jour dans la retraite et dans l’oubli de soi-même pour ne s'occuper que de Dieu seul ? Elle procède à mon avis de deux causes, dont la principale est l'amour-propre, qui est si subtil qu'il nous empêche de nous apercevoir que nous préférons notre contentement à celui de Dieu : car il est facile de juger que lorsqu' une âme commence à goûter combien le Seigneur est doux, elle n'a point de si grand contentement que de jouir de ses faveurs sans en être distraite par des occupations corporelles.

Mais peut-on avoir de la charité, aimer Dieu véritablement, et connaître ce qu’il désire de nous, et demeurer en repos dans le temps que l’on se voit utile à une âme, soit pour augmenter son amour pour lui, ou la consoler, ou la tirer de quelque péril ? Combien dangereux serait ce repos dans lequel on ne considérerait que soi-même ? Et lorsque nous ne pouvons point servir le prochain par des actions, ne devons-nous pas au moins par la compassion de voir tant d'âmes qui se perdent demander continuellement à Dieu par nos prières d'avoir pitié d’elles, et nous tenir heureuses de renoncer à notre satisfaction particulière pour faire une chose qui lui est si agréable ?

On peut dire de même de l'obéissance : car serait-il supportable que Dieu nous commandant précisément par nos Supérieurs et nos Supérieures une action importante pour son service, nous ne voulussions pas interrompre notre méditation parce que nous prendrions plus de plaisir à considérer sa grandeur et les merveilles de ses œuvres, qu’à faire ce qu’ils nous ordonneraient ? Ce serait en vérité un plaisant moyen de s’avancer dans son amour que de vouloir ainsi lui lier les mains en prétendant qu'il ne peut nous conduire que par le chemin qui nous plaît et nous contente davantage.





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