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Message  ROBERT. le Lun 09 Mar 2009, 2:09 pm

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Notes thomistes sur la Divine Providence.

Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Éd. des Jeunes, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:


- Dans la Somme, où saint Thomas parle surtout en théologien, et où la question de la providence vient après beaucoup d’autres, l’auteur n’a pas besoin de remonter aux sources philosophiques du sujet, ni de situer ce sujet dans l’histoire de la pensée humaine. Dans les leçons magistrales dites Questions disputées, il n’en est plus de même. En l’article 2 de la question 5e de la Vérité, saint Thomas fait voir que le problème de la providence se rattache, en philosophie, à celui des causes finales, et il rappelle les anciennes doctrines : doctrines matérialistes, pour qui la question de l’agent ne se posait même pas, tout absorbées qu’elles étaient par l’analyse élémentaire des choses, et doctrines des choses, et doctrines déterministes, ignorantes des fins, ne connaissant que des résultats, qu’elles attribuaient au hasard. Ni Thalès, ni Anaximène, ni Démocrite n’avaient besoin de la providence. On peut lire là, et mieux encore dans le livre IIIe de la Somme contre les Gentils (ch. 2, 3, 17, 64, 65 ), la réfutation de ces doctrines, qui d’ailleurs revient partout dans les ouvrages de notre auteur.

La démonstration de l’article 2e, touchant l’universalité de la providence, est si puissante, qu’il n’y a pas à insister. On la trouvera d’ailleurs développée dans les passages que nous venons de citer, notamment dans le ch. 65 de la série relevée en dernier lieu. C’est au sujet des objections et des réponses, qu’il convient de s’attarder un instant. – Le 1er argument invoque le hasard, qui semble exclure la providence de beaucoup de choses en ce monde. Et des chrétiens, même cultivés, se croient obligés de céder à cet argument, non en sacrifiant la providence, comme tant d’incroyants, mais en sacrifiant le hasard. La position de saint Thomas est autrement profonde. Il maintient le hasard et en reconnaît les domaines; il affirme qu’en soi et absolument parlant, certains événements sont fortuits; mais ils ne sont pas fortuits pour Dieu, cause transcendante et universelle.


à suivre...


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Message  ROBERT. le Mar 10 Mar 2009, 12:54 pm

NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE (suite)

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Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Éd. Des Jeunes, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:


Dieu, qui est au-dessus de l’être, le constitue tout entier, avec toutes ses différences et le hasard est une de ces dernières. Bien loin donc que la providence élimine le hasard, elle le pose, et le posant, il va de soi qu’elle le respecte. Un texte de Cajetan ( no V du Commentaire ), précise à merveille cette notion : « Fortuit, casuel, ce sont là des termes relatifs, et c’est pourquoi il n’est pas nécessaire que ce qui est en soi, purement et simplement, chose fortuite, soit chose fortuite à l’égard de tout agent quelconque. Il y a en effet cette différence entre les termes absolus et les termes relatifs, qui si quelque chose est qualifié tel en soi, tel purement et simplement, d’une qualification que détermine un prédicat absolu, cet être-là ne cesse jamais d’être et d’être tel, en comparaison avec n’importe quel autre.

Au contraire, si quelque chose est qualifié tel en soi, purement et simplement, d’une qualification empruntée à un prédicat relatif, non seulement ce quelque chose ne reçoit pas le prédicat en question comparé à n’importe quoi, non seulement il ne le conserve qu’à l’égard de son corrélatif; mais le prédicat relatif contraire peut lui advenir, pourvu que ce soit par rapport à un autre corrélatif. Il en est comme d’un objet blanc, qui tout semblable qu’il soit, et absolument, par rapport à un autre objet blanc, n’est pas moins dissemblable comparé à un noir. Ainsi, les choses dites fortuites et casuelles étant qualifiées telles par rapport à la nature créée et aux tendances qu’elle manifeste, il n’y a pas d’inconvénient à ce que, par rapport à l’intention divine, elles ne soient plus fortuites, mais voulues et qualifiées voulues pour elles-mêmes. Et cependant, prises en soi, elles sont purement et simplement casuelles et fortuites; car chaque chose est, chaque chose est jugée d’après ses causes propres et prochaines. Par là on voit que cette doctrine de la providence ne contredit en rien à l’enseignement de la philosophie naturelle et de la métaphysique.; car ces sciences étudient les choses telles qu’elles sont par rapport à leurs causes prochaines, ou en tout cas aux causes particulières, comme sont toutes les causes créées. Or ces causes-là ne tiennent pas sous leur dépendance et ne comprennent pas dans leur intention le mode nécessaire ou contingent de l’effet; cela est propre à la Cause première, qui seule s’adresse à l’être en tant qu’être. »


à suivre...


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Message  ROBERT. le Mer 11 Mar 2009, 1:11 pm

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Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Éd. Des Jeunes, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:



Cette dernière phrase du profond penseur est le nœud de cette question et de toutes les questions connexes : question de la motion divine sur le libre arbitre, question de la grâce efficace, question de la prédestination, question du mal comparé à la providence, etc.Saint Thomas y revient sans cesse, et c’est pour ne pas l’entendre vraiment, que la plupart des objections se donnent cours, que la plupart des réponses sont faibles. Nous avons traité spécialement cette question dans notre Saint Thomas d’Aquin, (L. II, ch.3 : La Providence de Dieu ) , nous prions qu’on veuille bien s’y reporter pour y cueillir, en même temps que l’énoncé du point de vue, les renvois et les textes. Déjà, dans les notes explicatives, le lecteur a dû trouver quelque lumière.


Au sujet du mal, dont le cas est soulevé dans l’argument 2, un complément de réponse est donné dans les Questions de la Vérité (a.4) : « Une chose est soumise à la providence de deux façons : comme ce qui s’oriente vers autre chose, et comme ce vers quoi autre chose s’oriente. D’autre part, dans l’ordre des choses qui tendent vers une fin, chaque terme est à la fois fin et moyen, ainsi qu’il est dit dans la Métaphysique. C’est pourquoi tout se qui se tient dans l’ordre voulu de la providence, tombe sous la providence non seulement comme orienté vers autre chose, mais aussi comme ce vers quoi autre chose s’oriente; au contraire, ce qui sort de l’ordre providentiel en sa rectitude tombe sous la providence encore, mais uniquement en ceci que lui-même sert à autre chose, sans que le terme en arrière tende vers lui. Ainsi l’acte de la puissance génératrice par laquelle un homme engendre un autre homme intègre en sa nature, cet acte est dirigé par Dieu vers sa fin, qui est la forme humaine et en arrière est orientée vers cet acte la vertu génératrice elle-même.

à suivre...


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Message  ROBERT. le Jeu 12 Mar 2009, 4:34 pm

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Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:


Mais s’agit-il d’un de ces actes défaillants par lesquels sont parfois engendrés des monstres, un tel acte est sans doute dirigé par Dieu vers quelque utilité, mais lui-même n’est la fin de rien d’autre; il se produit accidentellement, par le défaut d’une certaine cause. Dans le premier cas, on parle d’une providence approbative, dans le second d’une providence permissive, deux modes de providence que relève saint Jean Damascène. » - « Par-là, on voit que le mal, selon qu’il vient de sa propre cause, est désordonné; aussi le définit-on un désordre; mais rien n’empêche que par un agent supérieur il ne soit introduit dans un ordre, et c’est ainsi qu’il tombe sous la providence. »


Mais, c’est à l’article 4 que se présente la difficulté philosophique la plus épineuse touchant la providence. La providence rend-elle nécessaire tout ce qu’elle règle ? Saint Thomas résout cette question très brièvement, se référant à des pensées déjà exprimées à maintes reprises, et déjà tout à l’heure; mais Cajetan, dans son Commentaire, nous retient. Nous sommes obligés de le résumer; on gagnera à le lire; car en dépit d’une faiblesse que nous allons signaler (faiblesse à notre humble sens), il est impossible d’exposer plus clairement et la difficulté et la réponse. Autre, dit-il, est un événement contingent, autre est un événement nécessaire, autre un événement infaillible ou inévitable. Le premier et le second sont ainsi qualifiés en raison de la nature de leur cause et de la façon d’agir de cette cause, ici déterminée en tel sens et là pouvant tourner en des sens contraires. Le troisième événement, lui, est dit infaillible ou inévitable en lui-même, en fait, de quelque nature de cause qu’il procède et de quelque façon qu’il soit produit. Ce n’est donc pas tout que de travailler à sauver la contingence sous l’action de Dieu, ainsi que s’y efforce toujours saint Thomas; il faut sauver aussi l’évitabilité de fait; sans quoi les inconvénients qu’on avait voulu écarter font retour : ruine de liberté quant aux résultats, renversement de l’ordre moral, qui repose sur la responsabilité à l’égard de ces résultats, inutilité de la délibération, du conseil, de l’effort, etc.; car rien de tout cela ne peut rien sur l’inévitable.


à suivre...


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Message  ROBERT. le Ven 13 Mar 2009, 1:27 pm

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Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Éd. Des Jeunes, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:


Or, comment concilier l’inévitabilité des effets de notre vouloir avec ceci que Dieu a prédéterminé ces effets éternellement ? D’être ainsi prédéterminé par Dieu n’est-ce pas une condition victorieuse de tout le reste ? Peut-on que l’effet reste évitable en soi, quand, tout considéré, y compris, ici, la toute-puissance de Dieu, il est inévitable ? Et peut-on dire que ce qui est inévitable à l’égard de Dieu ne soit pas inévitable tout court ? Quelqu’un peut-il éviter, en fait, ce qui, en fait, ne peut même pas éviter par Dieu, une fois déterminé sa volonté toujours efficace ? - Cajetan assure n’avoir trouvé ni dans saint Thomas ni ailleurs la réponse à cette difficulté. Saint Thomas, dit-il, ne s’occupe jamais que de maintenir la contingence ou la liberté de la cause; il ne parle pas de l’évitabilité de l’effet, et il en est de même des autres (théologiens), à moins qu’ils ne balbutient des réponses insuffisantes. Lui-même, Cajetan, donne une réponse très profonde, très apaisante pour l’intelligence, bien qu’elle installe et ne puisse point ne pas installer l’intelligence dans le mystère.


Mais il ne s’aperçoit pas que sa réponse est celle même de saint Thomas, qu’il la démarque uniquement dans les mots et y mélange –à notre humble avis ( celui du R.P. Sertillanges) - quelque inexactitude. Et d’abord, quelle apparence que ce qui est le tout de la question, en cette matière si fréquemment traitée par notre auteur, ait constamment échappé à une attention aussi vigoureuse et que jamais saint Thomas ne se soit dit, privé du secours de Cajetan : On ne délibère point de l’inévitable ! Quelle apparence qu’en « travaillant à sauver la contingence et la liberté », l’Aquinate n’ait pas songé à leurs résultats ! Comme s’il était bien intéressant de savoir qu’on fait librement des choses que toutes les libertés du monde ne peuvent empêcher, et que, quoi qu’on fasse, quelque air qu’on joue sur des pipeaux libres, dans le ton de la contingence, la mélodie universelle n’en est pas moins écrite indépendamment de ce chant ! Il y a là une gageure.


En réalité, tout ce que dit saint Thomas de la contingence et de la liberté, il l’entend aussi de leurs effets en tant qu’ils en procèdent, et il dirait ces effets évitables au plan créé, c’est-à-dire évitables tout court, bien qu’ils ne soient pas évitables à supposer,dans notre esprit, l’affirmation que Dieu en a décidé éternellement. Je dis dans notre esprit, et cela est essentiel; car il ne s’agit là, en réalité, que d’un jeu de propositions, comme tous les textes de saint Thomas le manifestent; il s’agit de notre façon de concevoir; car, ainsi que l’explique Cajetan lui-même, et en termes saisissants, le lien réel de l’action divine avec les événements d’ici-bas nous est inaccessible, tellement, qu’en face de cette action transcendante et insondablement mystérieuse, on ne doit plus oser parler d’évitable ou d’inévitable, mots « impertinents » dirait Denys, parce qu’ils sont pris des différences du créé, et qu’entre Dieu et la créature, l’un des termes de la relation se dérobe d’une fuite éternelle.


à suivre...


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Message  ROBERT. le Sam 14 Mar 2009, 2:47 pm

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Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:


Aussi Cajetan, à notre avis, commet-il une erreur -erreur provisoire, rachetée par sa conclusion- quand il dit que l’inévitable à l’égard de Dieu vient à bout (vincit) de l’évitable en soi, Il n’en est rien; car il n’y a pas de victoire, là où il n’y a pas de lutte, et il n’y a pas de lutte, là où il n’y a pas de composition. L’action de Dieu ne vient pas en composition avec la nôtre; ce que Dieu pose ne se substitue pas, ne se superpose pas ou ne se soustrait pas à ce que nous posons. On ne peut donc pas dire qu’en faisant qu’une chose soit et soit inévitablement au point de vue de sa causalité transcendante, Dieu rende cette chose inévitable en soi, inévitable tout court; car ces derniers termes n’ont de signification qu’au titre de différences de l’être, et Dieu, et l’action de Dieu, qui posent tout l’être, sont au-dessus de l’être et de ses différences. Le tout court n’est donc pas du côté de Dieu, mais du côté de la créature, et Cajetan ne le disait-il pas lui-même tout à l’heure, à propos du hasard ?

à suivre...


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Message  ROBERT. le Mar 17 Mar 2009, 4:55 pm

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Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:


Comme saint Thomas ne se lasse pas de le répéter : si une chose est contingente en soi (il dirait tout aussi bien évitable, car pour lui c’est la même chose) Dieu, qui pose cette chose, en tant que Cause première, ne peut pas la rendre nécessaire ou inévitable par son action, puisqu’au contraire, c’est par son action qu’elle est ce qu’elle est, à savoir contingente et évitable. - Elle est inévitable tout compté insiste Cajetan. Mais ce « tout » n’est pas précisément à envisager, ce « tout » n’existe pas, du moment que dans la somme prétendue des rapports, un des termes est hétérogène, hors rapport, non-relatif, transcendant, élevé au-dessus de tous les cadres de l’être, comme leur source. C’est là, toujours, ce qu’on ne voit pas, et qui résout tout. Saint Thomas le répète imperturbablement, et ses disciples mêmes, ne fut-ce qu’un instant, comme ici, font la sourde oreille.

à suivre...


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Message  ROBERT. le Mer 18 Mar 2009, 5:25 pm

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Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:


Dans nos propositions, qui, elles, sont tenues d’être cohérentes, si l’on « compte » la prédestination divine, tout devient inévitable; si on le compte pas, tout reste évitable là où les causes sont libres ou contingentes : c’est ce que signifie le sens composé et le sens divisé . Mais nos propositions n’enferment pas le divin; le divin les déborde, et nos si et nos cas, nos compositions et nos divisions verbales ou conceptuelles ne font que balbutier l’ineffable , sans lui imposer leur loi. Au vrai, la prédétermination de Dieu rend inévitable ce que nous faisons, dans la même mesure et dans le même sens que notre propre détermination le rend inévitable.

Ce que je fais est inévitable étant donné que je le fais : en m’exprimant ainsi je formule simplement le droit de l’être. Ce qui est, est. De même, ce que Dieu prédétermine est inévitable étant donné qu’il le prédétermine, et en s’exprimant ainsi, on formule le droit de l’être aussi, quoique indirectement, car la prédétermination de Dieu vaut pour l’être, Dieu étant la source d’être. C’est ce qu’observe Bossuet dans le Traité du Libre Arbitre (ch. 8 ) : « Comme il serait absurde que notre propre détermination nous ôtât la liberté, il ne le serait pas moins de dire que Dieu nous l’ôtât par son décret. Et comme notre volonté, en se déterminant elle-même à choisir une chose plutôt qu’une autre, ne s’ôte pas le pouvoir de choisir entre les deux, il faut conclure de même que ce décret ne nous l’ôte pas. » Bossuet ne parle que du pouvoir; mais quant au fait, il en est de même, et si dans les deux cas on se heurte au mystère, toute pensée sérieuse conclut avec Bossuet à « tenir les deux bouts de la chaîne. »




à suivre... fin des notes doctrinales: conclusion de Cajetan...


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Message  ROBERT. le Sam 21 Mar 2009, 4:28 pm

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Le Père A.D Sertillanges, o.p. in: NOTES DOCTRINALES THOMISTES SUR LA DIVINE PROVIDENCE, Paris 1926, pp.313-320 a écrit:


Aussi préférons-nous la conclusion de Cajetan à ses objections, à notre avis, un peu intempestives. «Je soupçonne que quelque chose de caché nous échappe (saint Thomas ne le soupçonne-t-il pas !) soit quant à la relation entre Dieu et l’événement prédéterminé, soit quant au lien entre l’événement lui-même et le fait d’être prédéterminé. Et ainsi, sachant que notre intelligence est dans notre âme comme l’œil de l’oiseau de nuit, dans la seule ignorance, je trouve son repos… Du reste, c’est un salutaire conseil à donner en cette matière que de commencer par ce que nous savons avec certitude, parce que nous l’expérimentons en nous, à savoir que tout ce qui dépend de notre libre arbitre est par nous évitable, et que par-là nous sommes dignes de récompense ou de peine. Mais comment, cela sauf, on peut le concilier avec la providence divine et la prédestination, il n’y a qu’à croire ce que croit notre Mère l’Église. Car il est écrit : « Ne cherche pas ce qui te dépasse; on t’a déjà montré plus de choses que l’intelligence n’en peut comprendre. »


Ainsi, avec la conclusion de Cajetan, se terminent les notes thomistes sur la divine Providence; si Dieu le veut, dans un prochain fil, nous transcrirons le traité sur l'infidélité en général, suivi de notes explicatives....

- FIN -
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