AUX MARTYRS ET CONFESSEURS DE N.S.J.C. (Saint Cyprien)

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Message  ROBERT. le Mar 06 Juil 2010, 7:34 pm

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LETTRE 10

CYPRIEN AUX MARTYRS ET CONFESSEURS DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS CHRIST, SALUT ÉTERNEL EN DIEU LE PÈRE.

Je tressaille de joie, très vaillants et très heureux frères, en vous félicitant de votre fidélité et de votre courage. L'Église, votre mère, en est fière, elle qui avait été fière déjà, lorsque, dernièrement, vous aviez, sans faiblir, confessé votre foi, et subi la sanction qui jetait hors du pays les confesseurs du Christ. La manière pourtant dont vous l'avez confessée tout dernièrement est plus glorieuse et plus éclatante, dans la proportion même où l'épreuve demandait plus de courage.

Vous n'avez point molli dans la lutte par la peur des tourments, mais, excités par les tourments eux-mêmes à la lutte, vous vous êtes portés avec un coeur généreux à l'effort du plus grand combat. Parmi vous, j'ai appris que certains sont déjà couronnés, que d'autres touchent à la couronne due aux vainqueurs; tout le bataillon glorieux de ceux sur qui se sont refermées les portes de la prison est animé de la même ardeur courageuse pour le combat. Tels doivent être, dans le camp de Dieu, les soldats du Christ, dont l'incorruptible fermeté dans la foi ne se laisse ni séduire par les avances, ni effrayer par les menaces, ni vaincre par les supplices et les tourments. CELUI-LÀ QUI EST PARMI NOUS EST PLUS GRAND QUE CELUI QUI EST DANS CE MONDE, et les peines de la terre sont moins puissantes pour faire tomber que ne l'est pour tenir debout la protection divine. La preuve en a été faite dans le combat glorieux soutenu par nos frères; ILS ONT APPRIS AUX AUTRES À VAINCRE LES TOURMENTS PAR L'EXEMPLE DE COURAGE ET DE FIDÉLITÉ QU'ILS ONT DONNÉ EN LUTTANT CONTRE L'ENNEMI JUSQU'À CE QU'IL FÛT VAINCU.



Comment chanter vos louanges, frères pleins de vaillance ? La force de votre coeur, la constance de votre fidélité, de quels éloges les couvrir ? Vous avez enduré, jusqu'à la consommation de la gloire, la plus rude des tortures, et CE N'EST PAS VOUS QUI AVEZ CÉDÉ AUX TOURMENTS, MAIS PLUTÔT LES TOURMENTS QUI VOUS ONT CÉDÉ. La fin de vos souffrances, que vous ne pouviez trouver dans des supplices qui ne finissaient pas, vous a été donnée avec la couronne. Les mauvais traitements du bourreau ont tant duré, non pour faire tomber une fidélité inébranlable, mais pour permettre à des hommes de Dieu d'aller plus vite à Dieu. LA FOULE DE CEUX QUI ÉTAIENT LÀ A VU AVEC ADMIRATION LA LUTTE SPIRITUELLE, LE COMBAT DU CHRIST; ELLE A VU SES SERVITEURS LUTTANT SANS SE LAISSER ABATTRE, CONFESSANT LEUR FOI À VOIX HAUTE, INCORRUPTIBLES, ANIMÉS D'UN COURAGE SURHUMAIN, DÉPOURVUS DES ARMES DU SIÈCLE, MAIS COUVERTS DES ARMES DE LA FOI. Les torturés sont restés debout plus forts que ceux qui les torturaient, et les ongles de fer ont eu beau frapper et déchirer : les membres frappés et déchirés les ont vaincus. Une foi inexpugnable a eu raison de coups longtemps répétés, alors que, dans le corps disloqué des serviteurs de Dieu, ce n'étaient plus des membres que la torture blessait, mais des blessures qu'on rouvrait. Le sang coulait qui devait éteindre l'incendie de la persécution, assoupir sous son ondée glorieuse les feux et les flammes. O la belle fête que donnait notre Seigneur, combien élevée, combien magnifique, combien agréable aux Yeux de Dieu par la fidélité au serment et le dévouement de ses soldats ! Il est écrit dans le livre des psaumes, où l'Esprit saint nous parle à la fois et nous exhorte : "ELLE EST PRÉCIEUSE AUX YEUX DE DIEU LA MORT DE SES JUSTES". (Ps 115,15). Elle est vraiment précieuse, cette mort qui achète l'immortalité au prix du sang, qui reçoit la couronne en déployant le suprême courage.

Combien le Christ fut heureux alors, combien il prit plaisir à combattre et à vaincre dans la personne de tels serviteurs, Lui qui protège ceux qui Lui sont fidèles, et qui donne à ceux qui croient dans la mesure même où ils pensent recevoir ! Il a été présent au combat donné en son Nom, Il a soutenu, fortifié, animé ses soldats et ses champions; et Lui, qui a vaincu une fois la mort pour nous, triomphe toujours en nous : "Quand on vous livre, dit-Il, NE CHERCHEZ PAS CE QUE VOUS DIREZ; CE QUE VOUS DEVEZ DIRE VOUS SERA INSPIRÉ À L'HEURE MÊME : CAR CE N'EST PAS VOUS QUI PARLEZ, MAIS L'ESPRIT DE VOTRE PÈRE QUI PARLE EN VOUS". (Mt 10,19-20).

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Majuscules et gras ajoutés.
à suivre...
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Message  ROBERT. le Jeu 08 Juil 2010, 12:27 pm

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LETTRE 10

CYPRIEN AUX MARTYRS ET CONFESSEURS DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS CHRIST, SALUT ÉTERNEL EN DIEU LE PÈRE.

La présente lutte en a fourni une preuve. Une parole pleine de l'Esprit saint est tombée des lèvres d'un martyr, lorsque le bienheureux Mappalicus,(1) au milieu des tourments, dit au proconsul : "Demain, vous aurez le spectacle d'un combat dans l'arène". Cette promesse, qui témoignait du courage de sa foi, Dieu l'a accomplie. Une lutte céleste, un combat de martyre, a été donné, et le serviteur de Dieu dans la lutte annoncée a remporté la couronne. Voilà le combat que le prophète Isaïe a prédit, en disant : "IL NE S'AGIT PAS D'UN CHÉTIF COMBAT HUMAIN, C'EST DIEU LUI-MÊME QUI LE DONNE". (Is 7,13-14). Et, pour bien montrer de quelle nature devait être ce combat, il ajoute : "Voici qu'une vierge concevra et enfantera et vous donnerez à son fils le nom d'Emmanuel". (ibid14). Voilà le combat de notre foi, pour laquelle nous luttons, nous vainquons, nous remportons la couronne. C'est l'épreuve agonistique annoncée aussi par le bienheureux apôtre Paul, où nous devons courir dans la carrière, et parvenir à la couronne de gloire. "Ne savez-vous pas, dit-il, qu'à la course du stade tous courent, et qu'un seul reçoit la palme. Courez de manière à l'obtenir. Eux, ils courent pour une couronne périssable, au lieu que nous en disputons une qui est impérissable." (1 Cor 9,24-25).

De même, il dit encore, indiquant le combat qu'il doit livrer, et annonçant qu'il sera bientôt une victime immolée au Seigneur : "Pour moi, voici qu'on répand sur moi la libation et que le moment de mon entrée au ciel approche. J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, et conservé ma foi. Il me reste à recevoir la couronne de justice que Dieu me réserve pour le grand jour, Lui le juste juge, à moi, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui ont aimé son avènement". (2 Tim 4,7-8). C'est cette lutte prédit par les prophètes, donné par Dieu, soutenu par ses apôtres, que Mappalicus, en son nom et au nom de ses collègues, promettait au proconsul. Et la promesse a été tenue qu'avait donnée sa parole fidèle. Le combat qu'il avait promis, il l'a donné et il a reçu la palme conquise. Le bienheureux martyr, et ses compagnons de lutte, fermes dans la foi, PATIENTS DANS LA SOUFFRANCE, VICTORIEUX DANS LA TORTURE, je vous souhaite et je vous recommande ardemment, de les imiter tous à votre tour. Ainsi ceux que le lien de la foi confessée en commun et la communauté de prison a réunis se trouveront réunis encore pour l'épreuve suprême et pour la couronne.

Ainsi, les larmes de l'Église notre mère, qui pleure la chute et la mort d'un grand nombre, seront essuyées par la joie que vous lui donnerez, tandis que la fermeté de ceux qui sont aussi toujours debout, encouragée par votre exemple, sera plus solide encore. Si la lutte vous appelle, si le jour vient de votre combat, soyez des soldats vaillants, de fermes lutteurs, sachant que vous combattez sous le Regard de Dieu, que la confession de son Nom vous conduit au partage de sa gloire. Il n'est pas disposé à se contenter de regarder ses serviteurs : IL LUTTE LUI-MÊME EN NOUS, LUI-MÊME IL LIVRE LE COMBAT, LUI-MÊME, AU TERME DE NOTRE LUTTE DONNE TOUT À LA FOIS ET REÇOIT LA COURONNE.


Que si, avant le jour où vous devriez combattre, la divine Bonté ramène la paix, VOTRE BONNE VOLONTÉ VOUS DEMEURE TOUT ENTIÈRE, AVEC LA CONSCIENCE DE VOS RÉSOLUTIONS GÉNÉREUSES. Que personne de vous ne s'attriste comme s'il était inférieur à ceux qui, endurant des tourments avant nous, ont vaincu et foulé aux pieds le siècle, et sont allés à Dieu par des voies glorieuses : le Seigneur scrute les cœurs et les reins, Il pénètre les replis mystérieux, et voit ce qui est caché. Pour mériter la couronne qu'Il donne, il suffit de l'avoir Lui-même pour témoin : c'est Lui qui doit nous juger. Ainsi donc, mes très chers frères, de ces deux choses, l'une et l'autre est également élevée et glorieuse : l'une est plus sûre, d'aller vite au Seigneur, en couronnant aussitôt sa victoire; l'autre est plus riante, de recevoir son congé après un service glorieux et de vivre honoré dans l'Église. Heureuse notre Église qu'illumine ainsi l'éclat de la divine Bonté, que décore le sang glorieux des martyrs immolés de nos jours.

Auparavant, la conduite des frères la parait de la blancheur de l'innocence; aujourd'hui, le sang des martyrs la revêt de pourpre. Ni les lis, ni les roses ne lui manquent. Qu'à l'envi maintenant chacun s'efforce d'atteindre à la plus éminente dignité de ces deux états honorables; que chacun reçoive des couronnes, ou blanches pour ses bonnes œuvres, ou rouges pour ses souffrances. Dans le camp de Dieu, la paix et la lutte ont chacune leurs fleurs, et le soldat du Christ peut s'en faire des couronnes de gloire. Je souhaite, frères très vaillants et très heureux, que vous vous portiez toujours bien en notre Seigneur, et que vous vous souveniez de nous. Adieu.


(1).Mappalicus est inscrit dans le martyrologe Carthaginois au 13 ou 15 des Calendes de mai.

FIN


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Message  ROBERT. le Ven 23 Juil 2010, 8:37 pm



LETTRE 17

CYPRIEN À SES FRERES DU PEUPLE FIDELE, SALUT.

Que la chute de nos frères vous arrache des gémissements et des larmes, c'est ce que je sais, frères très chers, d'après moi-même qui, avec vous, à propos de chacun d'eux, gémis comme vous et souffre, éprouvant ce que dit le bienheureux apôtre : "Qui est malade sans que je sois malade ? qui est scandalisé sans qu'un feu me dévore ? ". (2 Cor XI, 29). Il a encore proclamé ceci dans une épître : "Si un membre souffre, les autres membres souffrent avec lui; et si un membre jouit, les autres membres jouissent avec lui". (1 Cor I, 26). Je souffre et je suis affligé avec nos frères. En succombant aux assauts de la persécution ils ont entraîné avec eux dans leur chute un morceau de notre coeur, et nous ont fait saigner des blessures mêmes qu'ils ont reçues.

La divine Miséricorde a le pouvoir de les guérir. Je ne crois pas pourtant qu'il faille se hâter, ni rien faire à la légère, de peur que l'usage téméraire de la paix, n'irrite Dieu davantage. Les bienheureux martyrs nous ont écrit à propos de certains lapsi (Quillet 1962, lapsi : nom donné aux chrétiens qui avaient abjuré la foi aux cours de persécutions et qui revenaient au christianisme, celles-ci ayant cessé.) sollicitant l'examen de leurs demandes. Quand le Seigneur nous ayant donné la paix à tous, nous serons revenus à l'Église, on les examinera une à une, avec votre concours et votre suffrage.


J'apprends cependant que certains prêtres, ne se souvenant pas de l'évangile, ne songeant pas à ce que les martyrs nous ont écrit, n'ayant pas d'ailleurs pour l'évêque les égards dus à son sacerdoce et à sa chaire, communiquent avec les lapsi, alors qu’on n'en devrait venir là que par degrés. Quand il s'agit de fautes moindre qui n'ont point Dieu pour objet, il y a d'abord la pénitence pendant un temps déterminé, puis la confession après l'examen de la vie du pénitent, et celui-ci n'est admis à la communion qu'après que l'évêque et le clergé lui ont imposé les mains : à combien plus forte raison, quand il s'agit comme ici des fautes les plus graves et les plus énormes, convient-il d'apporter en tout une prudence et une circonspection conformes à la discipline du Seigneur.


Voilà ce que les prêtres et les diacres auraient dû rappeler à nos fidèles, afin de faire prospérer les brebis qui leur sont confiées, et de les diriger conformément aux enseignements divins dans la voie où l'on obtient le pardon et le salut. Je connais la modestie et la retenue de notre peuple; il serait attentif à donner satisfaction à Dieu, et à implorer sa Miséricorde, si certains prêtres, sous prétexte de l'obliger, ne l'avaient induit en erreur.


Vous, du moins, donnez une direction à chacun des lapsi en particulier et que la sagesse de vos conseils et de votre action conduise leurs âmes selon les préceptes divins. Que personne, quand le temps n'est pas encore propice, ne cueille des fruits qui ne sont pas mûrs; que personne n'aille mettre de nouveau à la mer un navire maltraité par les flots et faisant eau, avant de l'avoir soigneusement radoubé; que personne ne reprenne ni ne mette une tunique déchirée, avant de l'avoir fait raccommoder par un artisan habile, et fouler avec soin.


Qu'ils écoutent, de grâce, notre conseil, qu'ils attendent notre retour, afin que, quand la Miséricorde de Dieu nous aura permis de retourner vers vous, nous puissions, mes collègues dans l'épiscopat convoqués à cet effet, et moi, examiner à plusieurs les lettres des martyrs et leurs demandes, selon la discipline du Seigneur, en présence des confesseurs, et en prenant votre avis. J'ai écrit à ce sujet au clergé et aux martyrs et confesseurs, deux lettres, dont j'ai prié qu'on vous donnât lecture. Je souhaite, frères très chers et très regrettés, que vous vous portiez toujours bien dans le Seigneur et que vous vous souveniez de nous. Adieu.



FIN
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gras et note ajoutés.


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Message  ROBERT. le Sam 04 Sep 2010, 7:55 pm

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LETTRE DE SAINT CYPRIEN (21)

CELERINUS À LUCIANUS


En vous écrivant cette lettre, Monsieur mon frère, je suis joyeux et triste : joyeux d'avoir appris que vous avez été appréhendé pour le Nom de notre Seigneur Jésus Christ, notre Sauveur, et même que vous avez confessé son Nom devant les magistrats de ce monde; triste, parce que, depuis le jour où je vous ai accompagné à votre départ, je n'ai reçu aucune lettre de vous. Même en ce moment, une chose fait peser sur moi une tristesse double, c'est que vous saviez que Montanus, notre frère commun, devait venir de la prison, et d'auprès de vous, et que vous ne m'avez rien mandé de votre santé et ce qui vous regarde.

Mais cela arrive aux serviteurs de Dieu, surtout à ceux qui sont en train de le confesser. Je sais que chacun d'eux alors ne fait plus attention aux choses de ce monde, attendant la couronne céleste. C'est pourquoi j'ai dit que vous aviez peut-être oublié de m'écrire. Car pour vous parler aussi de moi chétif, et m'appeler du nom d'ami, ou de frère, alors que je mérite seulement celui de Celerinus, moi-même, quand j'avais l'honneur d'une si glorieuse confession, je me souvenais de mes plus anciens frères, et mes lettres leur ont rappelé que mon affection antérieure pour eux durait même alors chez moi et chez les miens.

Je demande cependant au Seigneur, ô mon très cher, que vous soyez lavé dans ce sang sacré du martyre, en souffrant pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ, avant que ma lettre vous touche; mais, si elle vous touche encore vivant, je souhaite que vous y répondiez : qu'à cette condition, le Maître vous couronne, dont vous avez confessé le Nom ! Je crois en effet que, quand bien même nous ne nous verrions plus en ce monde, nous nous embrasserons dans l'autre, sous les yeux du Christ. Demandez que je sois digne d'être couronné avec vous.


Sachez que je suis dans une grande tribulation. Non moins que si vous étiez auprès de moi, je pense jour et nuit à notre ancienne affection, Dieu seul le sait ! Et c'est pourquoi je vous prie d'acquiescer à mon désir et de pleurer avec moi sur la mort de ma sœur, qui est morte au Christ en le reniant dans cette tourmente. Elle a sacrifié et irrité notre Seigneur, c'est ce qui me paraît manifeste. A cause de cette conduite je pleure jour et nuit au milieu de l'allégresse de Pâques. J'ai passé et passe encore mes journées dans les larmes, le cilice et la cendre, jusqu'à ce que notre Seigneur Jésus Christ, par sa grâce ou votre intercession pieuse ou celle que vous demanderez à mes maîtres qui auront été couronnés, lui porte secours dans un si déplorable naufrage. Je me suis souvenu de votre affection antérieure et que vous pleurez avec tous les autres sur nos sœurs, que vous connaissez bien vous aussi, je veux dire Numeria et Candida. Nous devons veiller et prier pour leur péché, puisqu'elles nous regardent comme frères. Je crois en effet que le Christ, en considération de leur pénitence et des services qu'elles ont rendus à nos collègues qui sont venus ici en exil, et qui vous raconteront eux-mêmes leurs bonnes œuvres, je crois, dis-je, que le Christ leur remettra leur faute, si vous, qui êtes ses martyrs, intercédez pour elles.

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gras et souligné ajoutés.
À suivre.


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Message  ROBERT. le Dim 05 Sep 2010, 9:08 pm

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LETTRE DE SAINT CYPRIEN (21)

CELERINUS À LUCIANUS (suite)

J'ai appris que vous avez assumé le ministère de la direction des glorieux confesseurs. Ô homme heureux. Jouissez de la réalisation du rêve que vous n'aviez cessé de former, même en dormant sur la terre. Vous avez souhaité d'être envoyé en prison à cause de son Nom. C'est ce qui vous arrive, selon ce qui est écrit : Que Dieu vous donne ce que votre cœur désire.

Maintenant vous voilà devenu, pour eux, le représentant de l'autorité de Dieu à leur tête..., c'est-à-dire leur serviteur. Je vous prie donc, Monsieur, et je vous demande par notre Seigneur Jésus Christ, de faire un rapport à mes maîtres, vos collègues et frères, et de leur demander que ceux qui seront couronnés les premiers remettent à nos sœurs Numeria et Candida un péché de cette gravité. Pour ce qui est de Numeria, je n'ai jamais prononcé son non qu'en l'excusant, Dieu m'en est témoin, parce qu'elle a seulement donné du numéraire pour acheter un certificat afin de ne point sacrifier. Elle semble être montée seulement jusqu'aux Trois Parques (1) et être descendue de là. Elle n'a donc pas sacrifié, j'en suis sûr. Les chefs des frères, après avoir entendu la cause de ces personnes, ont décidé qu'elles resteraient ainsi quelque temps, jusqu'a ce qu'il y ait un évêque (2). Mais nous espérons de vos saintes prières et oraisons, auxquelles nous avons confiance, que vous leur ferez tout pardonner.


Je vous demande donc, très cher Monsieur Lucianus, de vous souvenir de moi et d'acquiescer à ma demande; qu'à cette condition, le Christ vous garde la couronne qu'Il vous a donnée non seulement dans votre confession, mais encore dans la sainteté de votre vie et pour laquelle vous avez toujours bien couru dans la carrière, exemple et champion des saints, à cette condition, dis-je, que vous parliez du fait en question à tous les confesseurs, mes maîtres et vos frères, afin qu'elles reçoivent du secours de votre intercession. Vous devez encore savoir ceci, Monsieur mon frère, que je ne suis pas seul à demander pour elles, mais qu'il y a encore avec moi Statius, Severianus, et tous les confesseurs qui sont venus ici de là où vous êtes.


Elles sont en effet descendues au port à leur rencontre, elles les ont conduits dans la ville, elles en ont nourri et assisté soixante-cinq, et elles leur donnent encore toutes sortes de soins. Ils sont tous chez elles. Je ne dois pas importuner plus longtemps votre coeur si saint, sachant bien que vous êtes assez porté de vous-même à faire du bien. Macarius vous salue avec ses sœurs Cornelia et Emerita; il est heureux de votre confession glorieuse, et de celles de tous les frères, et aussi Saturninus, qui a, aussi lui, lutté avec le diable, confessé courageusement le Nom du Christ; il a, là-bas, généreusement supporté les ongles de fer, et ici il vous prie et vous supplie avec instance. Vos frères Calpurnius et Maria vous saluent ainsi que tous les saints frères. Je dois encore vous dire que j'écris également ceci pour Messieurs vos frères, et je vous prie de daigner le leur lire.


(1) Cet endroit, qui doit sans doute son nom à un groupe représentant les trois Parques, était près de la Voie sacrée, là où se trouve l'église des Saints Cosme et Damien.

(2) Le siège était vacant depuis le 20 janvier.

FIN
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gras et souligné ajoutés.
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