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LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

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Message  ROBERT. le Sam 07 Mar 2009, 4:45 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité , Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:


— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ.

Traiter à fond cette question des défenses de la foi contre les menées de l'infidélité, ce serait soulever tout un monde. Il faudrait apporter à cette étude de larges informations historiques et aussi toutes les précisions canoniques. Nous ne pouvons prétendre ni aux unes ni aux autres. Nous ferons seulement de discrètes allusions à des points d'histoire ou de droit, comme a fait plus haut Saint Thomas lui-même. Et nous pensons inviter par là le lecteur ou l'étudiant qui veut bien nous suivre à conformer toujours sa pensée dans ces délicates matières à la haute et sereine sagesse dont ne se départit jamais notre auteur. A cet égard, le Moyen-Âge était parvenu à une impressionnante unanimité des esprits et s'était maintenu dans des vues élevées que ni la chrétienté ni la société d'alors ne mettaient en doute. Notre âge ne connaît plus rien de cela et ne comprend même plus rien à cela .

Sous l'influence précisément de l'hérésie et par la contagion des pays chrétiens que l’hérésie a le plus infestés, on a tout brouillé, tout discuté, et, il faut bien le dire, tout abaissé : Diminuta sunt veritates. Au sein même des pays demeurés catholiques, cette diminution se fait sentir; et, comme nous allons le voir, l'Église, tout au long du dix-neuvième siècle et au commencement du vingtième, n'a cessé de protester là-contre, par les actes les plus variés mais les plus décisifs de son magistère suprême. Déjà à la fin de ce dix-huitième siècle qui s'était opposé à la foi d'une manière tout ensemble si incompréhensive et si violente, JOSEPH DE MAISTRE, observateur lucide et penseur éminent, pouvait écrire : « Il est devenu difficile de juger les Papes sans préjugés. Le seizième siècle alluma une haine mortelle contre le Pontife; et l'incrédulité du nôtre, fille aînée de la réforme, ne pouvait manquer d'épouser toutes les passions de sa mère. De cette coalition terrible est née je ne sais quelle antipathie aveugle qui refuse même de se laisser instruire. (Du Pape, 1. II, ch. 6 à la fin) ».

Nous avons tous à nous méfier de cette mentalité moderne. Elle se croit en grand progrès sur le passé. C'est même là un de ses dogmes les plus invétérés; l'atmosphère des esprits en est empoisonnée; la recherche et la réflexion s'en trouvent paralysées. Ces temps dits de libre pensée ne sont point libres en leur pensée. Les erreurs ont beau engendrer les malheurs dans le domaine de la religion et dans les choses même de la cité, on ne voit pas le lien de parenté qu'il y a des unes aux autres : on se débat, comme on peut, contre les malheurs; on continue d'embrasser les erreurs. On n'a pas l'esprit de réagir. On pense qu'il faut être de son temps et penser comme son temps. Même de bons catholiques, même de saintes gens, ne sont pas exempts de cet état d'esprit. Les considérations qui suivent les aideront peut-être à s'en rendre compte.
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Message  ROBERT. le Dim 08 Mar 2009, 4:47 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:


— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ


1. Ni libéralisme ni fanatisme en matière de foi.


D'une manière générale, quelle serait donc l'attitude à prendre dans ce qu'on peut appeler la défense de la foi? Ce devrait être, ce me semble, une attitude de sagesse qui fût un juste milieu entre les rigidités du fanatisme et les fluidités du libéralisme. La vraie Église de Jésus-Christ se garde tant qu'elle peut des unes et des autres. Selon le fanatisme, il ne faut rien tolérer qui puisse porter ombrage à la foi, ou à ce qu'on croit être la foi, même si ce n'est, comme il arrive, que tradition humaine et opinion personnelle. Selon le libéralisme, il faudrait tout laisser penser, tout laisser dire et tout laisser passer.


Examinons d'abord ce libéralisme. Les graves documents que nous allons y opposer l'appellent aussi indifférentisme . Il faut prendre ce mot dans son sens le plus étymologique : c'est l'état d'un esprit qui ne fait plus la différence des choses, ni le discernement du vrai et du faux . Quiconque se réfugie dans cet état abandonne évidemment la foi sans défense. A plusieurs reprises, à propos des péchés contre la foi, j'ai déjà noté combien cette indifférence avait acquis d'étendue parmi nos contemporains et causé de ravages dans les esprits. Elle sévit, du reste, non pas seulement à l'égard de la vérité révélée, mais aussi bien à l'endroit de la vérité tout court . De façon plus ou moins avouée, beaucoup se persuadent que toutes les religions se valent, que toutes les opinions peuvent se prononcer et se produire .

L'hérésie qui s'est propagée sous le couvert du libre examen depuis la malheureuse insurrection et soi-disant réforme du seizième siècle a beaucoup contribué, fatalement, à créer cet indifférentisme dont nous parlons. Des pays hérétiques, il s'est malheureusement communiqué aux pays catholiques. Plusieurs de ceux-ci, le nôtre par exemple, sont bien atteints. Je signale à ce sujet, sur un point particulier mais révélateur, la remarquable et péremptoire étude de Louis Reynaud sur le Romantisme, ses origines anglo-germaniques (chez Armand Colin, Paris, 1926) : on peut voir, par ce biais significatif des influences littéraires, d'où procèdent et où mènent ces principes de libre examen et de libre pensée qui dénotent un état d'insoumission aux objets et d'insensibilité à l'égard du vrai. On devient sensible à ce qu'on sent; on ne l'est plus ou presque plus à ce qui est en réalité. Une telle indifférence est contraire aux exigences mêmes de la raison et condamnée par la sagesse humaine. Mais elle est contraire aussi aux exigences de la révélation et condamnée par la foi chrétienne . Voilà pourquoi, au cours du dix-neuvième siècle, les Souverains Pontifes ont si souvent et si solennellement protesté contre cet état d'esprit. De nos jours, trop de fidèles, plus ou moins gagnés par lui, ont oublié ou ignoré ces condamnations portées par leur Église. Il est bon, croyons-nous, d'en rappeler ici quelques-unes.


à suivre...
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Message  ROBERT. le Lun 09 Mar 2009, 4:38 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Éd. Des Jeunes, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:


— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ


1. Ni libéralisme ni fanatisme en matière de foi.

Pie VI, en 1791, dans un bref aux évêques de France, écrivait ceci : « D'après votre Constitution il est établi comme un droit que l'homme, dans la société à laquelle il s'incorpore, jouit d'une absolue liberté. On n'a pas à le troubler en matière de religion. Il est libre, sur le point de la religion, de penser, de dire, d'écrire et même d'imprimer, tout ce qu'il veut. CES CHOSES MONSTRUEUSES, l'Assemblée a déclaré qu'elles découlent de l'égalité des hommes entre eux et de la liberté qui leur est naturelle. MAIS QUE PEUT-ON IMAGINER DE PLUS INSENSÉ QUE DE CONSTITUER UNE TELLE ÉGALITÉ ET UNE PAREILLE LIBERTÉ ENTRE TOUS ! »

Après ce rappel au bon sens, le Pontife remet en mémoire un principe de jugement qu'a très bien formulé saint Thomas et qui a toujours été de tradition dans l'Église : « Maintenant, dit le Pontife, examinons sous un autre aspect ce mot de liberté. VOYONS BIEN LE DISCERNEMENT QU’IL Y A À FAIRE ENTRE DES HOMMES QUI ONT TOUJOURS ÉTÉ HORS DU SEIN DE L’ÉGLISE, COMME LES INFIDÈLES ET LES JUIFS, ET CEUX QUI SE SONT SOUMIS À ELLE PAR LE BAPTÊME QU’ILS ONT RECU. Pour les premiers, il n'y a pas en effet à les astreindre à professer l'obédience catholique. Mais pour les seconds, il y a lieu de les y FORCER». Le Pape veut dire que la liberté n'est pas une fin en soi et qu'il importe seulement d'en faire un bon usage. Chez ceux qui ne sont nullement liés à la foi catholique, l'Église ne se croit pas en droit d'intervenir : elle a le souci de respecter la liberté,- avec, en plus, s'il est possible, le zèle de la guider et de l'éclairer.


à suivre...
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Message  ROBERT. le Mar 10 Mar 2009, 12:25 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité , Paris 1950, Éd. Des Jeunes, pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ


1. Ni libéralisme ni fanatisme en matière de foi.


Mais, chez ceux qui se trouvent liés à la foi par des sacrements reçus ou des engagements pris, l'Église se croit en droit d'intervenir, non certes pour violenter la liberté, mais pour la rappeler à l'ordre : l'Église agit dans ce cas comme une société sur ses membres, comme une mère-patrie sur ses propres enfants. Sous ce rapport, elle a toujours fait une grande différence : « Cette différence, conclut le Saint Père, est exposée par saint Thomas d'Aquin avec des raisons très solides comme toujours». Nous avons recueilli cet exposé au traité de la foi.


Grégoire XVI, en 1832, dans l'Encyclique Mirari vos , est revenu sur le même sujet : « De cette source très empoisonnée de l'indifférentisme découle, dit-il, cette idée absurde et erronée, ou plutôt cette folie, qu'il faut accorder la liberté de conscience à n'importe qui et la revendiquer pour lui. Ce qui fraye la voie à cette peste d'erreur, c'est cette pleine et immodérée liberté des opinions qui gagne de tous côtés et qui est une plaie pour la religion et pour la cité. D'aucuns, par un comble d'impudence, s'en vont même répétant que cette liberté est un avantage pour la religion. Cependant, pour la mort de l'âme, disait saint Augustin, qu'y a-t-il de pis que la liberté de l'erreur? » Cette absolue liberté, concédée à n'importe qui, de penser n'importe quoi prenait de plus en plus dans les esprits l'importance d'un premier principe, la valeur d'un dogme qu'on ne discute plus. Elle se présentait comme un indice du progrès des consciences.


Aussi Pie IX, en 1864, pouvait donc, sans rien exagérer, l'enregistrer dans son Syllabus sous la forme même qu'elle se donnait si hautement : « Il est faux que la liberté civile de tous les cultes et pareillement la pleine puissance accordée à tout le monde de manifester ouvertement et publiquement ses opinions aboutissent à gâter plus facilement les mœurs et les esprits des peuples et à propager la peste de l'indifférentisme ». C'est la soixante-dix-septième proposition du Syllabus.


Mirari Vos et le Syllabus devraient être toutes entières en caractères gras...

à suivre...
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Message  ROBERT. le Mer 11 Mar 2009, 1:34 pm

Père R. Bernard, o.p., in [i]Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité[/i], Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ


1. Ni libéralisme ni fanatisme en matière de foi.(SUITE)



Dans l'encyclique Quanta cura qui précédait celui-ci, le Pape s'expliquait davantage et donnait les raisons de la condamnation. Il sauvait le bon sens autant qu'il défendait la foi. Il disait : « Vous savez parfaitement, vénérables frères, qu'il y a de notre temps et pas en petit nombre des gens qui, appliquant à la vie civile le PRINCIPE IMPIE ET ABSURDE DU NATURALISME, osent dire que la meilleure forme de l'État et le progrès de la cité exigent entièrement que la société humaine soit constituée et gouvernée sans qu'on ait aucun égard pour LA RELIGION, COMME SI ELLE N’EXISTAIT PAS, ou du moins sans qu'on fasse aucune différence entre la religion VRAIE et les religions FAUSSES.

Et ainsi, contre l'enseignement des saintes Lettres, de la sainte Église et des saints Pères, ils n'hésitent pas à affirmer que la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas à l'État, si ce n'est dans la mesure où le demande la paix publique, le devoir de contenir par des sanctions pénales ceux qui violent la religion catholique.

Partant de cette idée tout à fait fausse du gouvernement de la société, ils ne craignent pas de favoriser cette opinion erronée, très préjudiciable à l'Église catholique et au salut des âmes, appelée par notre prédécesseur Grégoire XVI une folie, à savoir : que la liberté de la conscience et des cultes est un droit de l'homme, propre à chacun, et qui doit être proclamé et assuré par la loi dans toute société bien constituée; qu'il y a chez les citoyens un droit à une liberté absolue qui ne doit être limitée par aucune autorité civile ou religieuse et qui leur donne la faculté, quelles que soient leurs conceptions, de les manifester et déclarer ouvertement et publiquement, soit de vive voix, soit par la presse, ou de toute autre façon.

Or on ne réfléchit pas qu'affirmer cela témérairement c'est prôner une liberté de perdition, car, si on persuade aux gens qu'ils sont toujours libres de tout discuter, il n'en manquera jamais pour oser se rebiffer contre la vérité et se fier à la loquacité d'une sagesse humaine. Il y a là pourtant une vanité extrêmement nocive : à quel point la foi et la sagesse chrétienne doivent l'éviter, l'institution même de Notre Seigneur Jésus-Christ le fait bien connaître ».


Toute l’encyclique Quanta Cura pourrait être également en caractères capitaux et gras..
à suivre…
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Message  ROBERT. le Jeu 12 Mar 2009, 4:03 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ


1. Ni libéralisme ni fanatisme en matière de foi.(SUITE)


Nos Souverains Pontifes ont ainsi parlé avec une sorte de franchise et de bonhomie que leur temps a fort mal comprises et fort mal prises. J'ai idée que le nôtre( …en 1950) les comprendra et prendra mieux. Plus instruits par les malheurs, nous verrons mieux les erreurs. Poser en axiome et en droit que chacun est absolument libre de penser tout ce que bon lui semble, ce n'est pas SERVIR les esprits, c'est les ASSERVIR. C'est leur ôter le sens du vrai et, par là même, le goût, le devoir, et jusqu'à la simple idée de le rechercher; du même coup, c'est les livrer à toutes les licences et à toutes les facilités du faux. Pie IX rappelle que vouloir se soustraire au joug sacré de la vérité, qui toujours est divine, c'est se précipiter tête baissée sous la tyrannie des vanités humaines. De plus, il insinue qu'à force de mettre sur un pied d'égalité le vrai et le faux, on est à peu près sûr d'avantager le faux au détriment du vrai : ce n'est pas que celui-ci soit sans capacité en lui-même pour se présenter et se défendre; mais celui-là peut rencontrer chez nous, ne serait-ce que dans cette loquacité naturelle à l'homme, tant de complicité qu'il y a tout à craindre pour un succès de fausseté. Ce sont là des constatations de sens commun : l'expérience de tous les jours, comme l'histoire de tous les temps, les confirme; l'enseignement de l'Église ne fait que les sanctionner de sa plus haute autorité.


Si l'excès du libéralisme conduit inévitablement à laisser la foi sans grande défense et à la priver de sa mission divine, l'excès du fanatisme contribue à l'enfermer dans des remparts trop étroits et à l'enserrer dans des défenses trop humaines. Ceci ne vaut pas mieux que cela. Je n'oublie d'ailleurs pas que ceci peut assez étrangement s'allier à cela : il y a un fanatisme du libéralisme, c'est même assez courant; en revanche, il y a eu dans certaines formes du fanatisme des compromissions qui sentaient le relâchement du libéralisme. Le véritable esprit de l'Église condamne également l'un et l'autre.
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Message  ROBERT. le Ven 13 Mar 2009, 1:41 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ


1. Ni libéralisme ni fanatisme en matière de foi.(SUITE)

Ce serait une erreur de penser que la foi dût être sauvegardée et propagée, dans la famille, dans la cité, comme aussi dans les États, uniquement à coups d'autorité. Il est vrai, la proposition révélée se fait dans l'Église de Dieu par la voix des autorités dûment et divinement constituées. Mais ce sont des autorités qui prennent le temps et les ménagements convenables pour s'insinuer dans les esprits et pour s'expliquer comme il faut. On ne saurait dire à quel point les avances de la révélation ont respecté la dignité de la raison.


Voilà pourquoi tout ce qui concerne la sauvegarde et les intérêts de la foi dans le monde doit continuer l'économie de la révélation et s'inspirer du gouvernement divin. Saint Thomas l'a rappelé dans son traité en des termes élevés. IL NE FAUT MONTER À LA DÉFENSE DE LA FOI QUE SELON L’INTELLIGENCE DE LA FOI. IL NE FAUT ORGANISER LA DÉFENSE DE LA FOI QUE PAR LES MOYENS DE LA FOI. ON NE DOIT JAMAIS PERDRE DE VUE QU’ELLE EST DIVINE. N'étant pas autre chose que le rayonnement de la Vérité de Dieu dans les esprits, elle est une grâce et, comme telle, investie de la sagesse et de la force même de Dieu.


N'ayons donc pas cette prétention, qui serait présomption et qui serait sottise, d'être de grands soutiens de la foi quand c'est elle même qui est le soutien de nos pensées et la lumière de nos vies. Nous existons en elle encore plus qu'elle ne réside en nous. Même notre Église, dans laquelle s'est imprimée longuement et par laquelle s'exprime infailliblement cette foi divine, en quelque sorte est portée par cette foi et protégée par elle beaucoup plus qu'elle ne la protège et ne la sert. Ce sont les vérités de la foi qui font de l'Église cette ville-lumière (Mt. V, 14) que son divin fondateur a voulu dresser haut parmi les nations. Ce sont les dogmes de la foi qui composent à cette cité son plus sûr rempart et font d'elle un refuge inexpugnable. La vraie foi divine contient en soi ses meilleures défenses. Elle se suscite elle-même ses défenseurs : CEUX QUI L’ONT TOUJOURS LE MIEUX DÉFENDUE SONT CEUX QUI EN ONT ÉTÉ LE PLUS IMBUS.
À suivre…
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Message  ROBERT. le Sam 14 Mar 2009, 2:36 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:


— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ.


1. Ni libéralisme ni fanatisme en matière de foi.(SUITE)



C'est dans cet état d'esprit que la sainte Église catholique, chargée de garder le dépôt de la foi, y veille jalousement depuis les origines. Elle sait le rôle efficace de la persuasion, et qu'il est seul décisif. Mais, comme une maman près de ses enfants, elle sait aussi la portée incisive et la vertu bienfaisante d'une certaine coercition. Elle fait un mélange de cette vigueur et de cette douceur. C'est là tout son principe et toute sa science dans la défense de la foi : elle tâche d'en faire l'application du mieux qu'elle peut, avec toute sa prudence et tout son art de gouverner. De ce gouvernement en faveur de la foi, notre auteur nous a tracés ci-dessus les lignes majeures. Nombre de nos contemporains, même chrétiens, ne s'y retrouvent plus. Ils ont peine à croire que ce gouvernement de légitime défense ne soit pas précisément entaché de fanatisme. Ils ont cette idée parce qu'ils sont eux-mêmes atteints de libéralisme, et aussi parce qu'ils ne savent plus bien ce que c'est que l'Église.


Ils perdent de vue qu'elle est une Société parfaite, c'est-à-dire possédant de pleins pouvoirs sur ses sujets, et fonctionnant dans son ordre à plein exercice. Sans cela, elle ne serait pas véritablement le royaume de Jésus-Christ et elle eût été par Lui mal bâtie. Assurément il demeure vrai que ce royaume n'est pas de ce monde, puisque le règne de Dieu dont il a l'administration s'installe dans les esprits et s'achève au-delà du temps. Cependant, comme ceux qui sont incorporés à ce règne ne sont point de purs esprits et coulent leurs jours dans le temps, on comprend que le royaume soit solidement constitué en ce bas monde pour la durée des temps et pour son heureuse vogue vers l'éternité.


à suivre...
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Message  ROBERT. le Mar 17 Mar 2009, 5:06 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ


1. Ni libéralisme ni fanatisme en matière de foi.(SUITE)


L'Église, dans son domaine, peut faire la loi, prononcer le jugement, infliger la peine. Elle exerce une souveraineté. Cette souveraineté est d'essence plus spirituelle que temporelle, comme l'Église elle-même. Son empire est principalement sur les âmes, mais subsidiairement il est aussi sur les corps et ne saurait être dépourvu d'actes et de moyens temporels. Or, s'il est un domaine où doit se faire sentir cette souveraineté, c'est évidemment au premier chef celui de la foi.


C'est pour cela surtout que l'Église est si solidement bâtie : elle est sur un roc. Lorsqu'elle enseigne la foi, elle est souveraine jusqu'à être assurée de l'infaillibilité. Lorsqu'elle gouverne pour la défense de la foi, elle n'a plus cette infaillibilité, il n'y a d'ailleurs plus d'infaillibilité possible dans la conjoncture et la contingence des hommes et des choses; mais comment pourrait-on penser que l'Église, si elle peut d'aventure gouverner mal, ne fût pas cependant divinement assistée pour gouverner bien? Elle est la souveraine gardienne de la foi. Elle usera toujours de tout son pouvoir et mettra tout en œuvre pour la défense de la foi.

à suivre: 2.- La Sainte Église à la défense de la Foi....
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Message  ROBERT. le Mer 18 Mar 2009, 5:07 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.

L'Église ne nous demande pas de canoniser tout ce qu'elle a fait pour la défense de la foi. Mais elle nous demande de le comprendre et de n'en juger qu'à bon escient Elle a toujours eu deux choses en vue dans ce bon combat qu'elle a mené pour la foi : la pureté de la foi en elle-même et son intégrité dans l'âme des croyants. L'Église a veillé sur les croyances, et elle a veillé aussi sur les croyants. Elle impose à celles-là des règles tutélaires, et à ceux-ci des obligations et des sanctions qui les guident, les gardent et les sauvent.


Défendre la foi en elle-même, dans sa pure vérité, dans ce qu'elle a comme objet réel et impersonnel en quelque sorte, relève de la fonction d'enseignement encore plus de celle de gouvernement. Aussi, de ce côté, l’Église ne fait le plus souvent qu'exercer son magistère suprême et que bénéficier de l'infaillibilité qui s y trouve attachée par la promesse formelle du divin Maître. Elle procède dans cette défense par la voie des exposés et des explications : symboles, articles et professions de foi, circulaires aux Églises, définitions conciliaires, formulaires de serments et d'enseignements, etc. Mais elle procède aussi à la même fin par la voie des répudiations et des condamnations : elle écarte d'autorité certaines faussetés, elle excommunie certaines doctrines. Après avoir prononcé, en des termes ordinairement magnifiques et donnant beaucoup à penser, les grands thèmes de la foi, l'Église a coutume de proférer les grands anathèmes.

à suivre...
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Message  ROBERT. le Sam 21 Mar 2009, 4:40 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.


De sa part ce n'est point une attitude offensante envers les personnes; ni même offensive, sinon contre les erreurs. C'est seulement une attitude défensive en faveur de la révélation : l'Église fait bonne garde autour du dépôt sacré dont elle a la charge. Elle est assistée, on peut presque dire qu'elle est inspirée pour cela.

Elle a au plus haut degré, et jusque dans les moments les plus troubles de son histoire, le sentiment de sa mission à cet égard. Elle sait que sur ce terrain toute compromission serait une démission et qu'à ce prix sa noble tradition se changerait en une trahison. Aussi bien en ce qui concerne l'objet matériel, Dieu révélé, qu'en ce qui concerne l'objet formel, Dieu révélant, l'Église sait bien que tout lui est donné comme vérité surnaturelle; elle ne peut souffrir que ce soit dilué même en des vérités naturelles, encore moins dévié en des faussetés. ELLE A LA CHARITÉ DE LA VÉRITÉ. Cette intransigeance dans la foi donne à l'Église de Jésus-Christ l'aspect de la sévérité. Mais c'est en réalité le plus insigne témoignage qu'elle puisse donner de sa fidélité à Dieu et la plus belle charité qu'elle puisse faire à l'humanité.

À suivre…
ROBERT.
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Message  ROBERT. le Lun 23 Mar 2009, 4:12 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.

Il faut dire que de nos jours beaucoup finissent par le comprendre, au dedans et même au dehors de cette Église : loin d'en être offusqués, ils en sont édifiés; et ce ne sont ni les moins intelligents ni les moins fervents. Les Églises séparées n'ont généralement pas cette intransigeance doctrinale : facilement, elles se font des concessions et en feraient même à l'incrédulité; elles tempèrent des vérités, pallient des erreurs. L'Église-mère ne se prête à rien de tel; aussi ne va-t-Elle point à leurs réunions : Elle convie aux siennes, mais ne se rend pas aux leurs; Elle ne peut pas, Elle ne doit pas, précisément parce qu'Elle est restée Mère des Églises et maîtresse de vérité.

Dès ses premiers temps, du vivant même des Apôtres qui ne faisaient qu'imiter leur divin Maître, Elle a commencé à lancer le thème et l'anathème. Elle a continué en tous les temps, et aujourd'hui encore, ( en 1950…) une de ses plus hautes administrations, dite du Saint-Office, a pour but principal de défendre la foi contre tout ce qui peut y porter atteinte. Les hommes des temps les plus chrétiens, ceux du Moyen-Âge par exemple, ont eu vivement conscience du devoir capital et du bienfait souverain de maintenir la pureté de la foi. Ils professaient envers l'infidélité, et notoirement envers l'hérésie, une sainte horreur dont nous avons trouvé l'expression élevée dans ce traité même et qui se fait plus rare chez les chrétiens de nos jours.


à suivre...
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Message  ROBERT. le Mar 24 Mar 2009, 5:20 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.


Il faut d'ailleurs observer, pour s'expliquer mieux les choses, que lorsque les temps et les pays ont été plus profondément imbus de la foi chrétienne, ils se sont plus fermement levés pour sa défense : C’EST QU’EN DÉFENDANT LEUR FOI, ILS DÉFENDAIENT LEURS FOYERS ET LEURS CITÉS. Il n'est pas surprenant que dans ces moments-là l'État ait marché de pair avec l'Église et qu'il ait, comme c'était à prévoir, bien souvent renchéri sur elle, et pas toujours très heureusement. De là cette mise en branle de défenses temporelles dont nous dirons quelques mots ci-après.


Aujourd'hui, les circonstances ont bien changé, et cette unanimité chrétienne n'existe pour ainsi dire plus, à peu près nulle part, si ce n'est dans quelques vieilles régions très préservées ou dans de jeunes missions remarquablement florissantes. ( en 1950…) Aussi la défense la plus actuelle de la foi consiste-t-elle à garder à la croyance son imposant et transcendant aspect de vérité objective et de réalité surnaturelle, à la garer d'un naturalisme qui la réduirait à rien, d'un subjectivisme qui ferait d'elle une simple poussée du sentiment ou une création de la pensée, quelque chose comme une belle poésie ou comme une belle utilité.

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Message  ROBERT. le Mer 25 Mar 2009, 4:25 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.


La défense consiste également à prémunir la vérité de la foi contre cet indifférentisme, dont nous avons parlé ci-dessus, qui rabaisserait la tradition divine au rang des traditions humaines, ou contre ce syncrétisme, toujours tentant, qui ne veut voir dans la foi chrétienne qu'un phénomène d'évolution religieuse et qu'un heureux mélange d'éléments plus ou moins disparates, empruntés ou disputés aux autres religions.


Nous ne connaissons pas assez, même nous, théologiens catholiques, l'ampleur et la haute portée de cette défense doctrinale que notre mère la sainte Église a dressée sans relâche autour du dépôt sacré contre les menées de l'erreur. Nous aurions certainement beaucoup de profit à repasser les principaux documents de cette défense véritablement assistée de l'esprit du Christ. J'en cite quelques-uns. Le 9 décembre 1854, au lendemain de la bulle Ineffabilis , Pie IX, par son allocution Singulati, dénonce dans le rationalisme cette idée que toutes les religions se valent.


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Message  ROBERT. le Ven 27 Mar 2009, 6:04 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.


Dix ans après, en 1864, il promulgue, à la suite de l'encyclique Quanta cura, ce fameux Syllabus QUI N’A ÉTÉ SI DÉCRIÉ PAR L’INCRÉDULITÉ QUE PARCE QU’IL TOUCHAIT JUSTE: c'est un catalogue de quatre-vingts propositions déjà condamnées dans les enseignements pontificaux et condamnées à nouveau; il y en a précisément sur le naturalisme, la rationalisme, l'indifférentisme, le latitudinarisme¹, sur les droits de l'Église et ses rapports avec la société civile, sur le libéralisme enfin.

Le plus beau travail accompli par le saint Concile du Vatican, vingtième et dernier œcuménique, réuni en 1870, sera de proclamer, dans sa troisième session, le 24 avril, la constitution dogmatique sur la foi catholique, et dans sa quatrième session, le 18 juillet, la constitution dogmatique sur l'Église du Christ. Les grandes assises de la vérité vont être interrompues par le commencement des grandes guerres engendrées de l'erreur.


--------------------


¹Membre d'une petite secte qui croyait que tous les hommes seront sauvés ; on disait aussi universaliste (XVIe et XVIIe siècles).

¹Il s'est formé en Angleterre une secte qui est répandue dans toute l'Église anglicane protestante, où l'on ne parle que de paix et de charité universelle ; les défenseurs de cette paix se donnent eux-mêmes le nom de latitudinaires, pour exprimer l'étendue de leur tolérance qu'ils appellent charité et modération, qui est le titre spécieux dont on couvre la tolérance universelle. [BOSSUET, 6e avert. III, 112] (les 2 notes sont tirées du Dictionnaire Littré)


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Message  ROBERT. le Dim 29 Mar 2009, 5:54 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.

Cependant le saint Concile, avec une magnificence qu'aucun autre n'avait jamais égalée, aura défini tout l'essentiel, sur le caractère divin de la révélation et de la foi, et sur les prérogatives divines de l'Église gardienne de l'une et de l'autre. Les Pères du Concile déclarent notamment la primauté de Pierre, et du Pontife romain, successeur de Pierre : ils tiennent le Pape pour infaillible, par la vertu du Christ, en enseignant la foi. Cette définition apparaîtrait de plus en plus comme une chose évidemment providentielle. L'infaillibilité du Pontife serait, à coup sûr, une des meilleures défenses de la foi : on l'allait voir à l'œuvre, cette infaillibilité, dans un siècle qui s'annonçait trouble pour les esprits et dur à l'humanité.

Léon XIII, durant son long règne, a des interventions splendides en faveur de la foi. En 1879, par l'encyclique Æterni Patris, il dit quelle est la philosophie amie de la foi. En1884, par l'encyclique Humanum genus , quelles sont les sociétés secrètes, franc-maçonnerie et autres, ennemies de la foi. En 1885, par l'encyclique Immortale Dei, il rappelle quelle est la constitution des États qui est conforme à la foi. Mais c'est surtout à la première décade du vingtième siècle qu'on voit le Pape Pie X alors régnant se dresser comme un vaillant défenseur de la foi contre ce modernisme qu'il dit être et qui est en effet le rendez-vous de toutes les hérésies. Dès 1907 le Saint Père entre en lutte contre les subtiles erreurs par le décret Lamentabili qui condamne soixante-cinq propositions modernistes, spécialement sur le Christ et l'Église, la révélation, la foi, le progrès du dogme.


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Message  ROBERT. le Lun 30 Mar 2009, 3:59 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.


La même année, dans l'encyclique Ρascendi, Pie Χ revient avec plus d'étendue sur les erreurs modernistes dont il trace un complet exposé. En 1910, il formule et prescrit le serment antimoderniste, et il édicté diverses lois pour la protection de la foi contre le péril moderniste. Tous ces documents pontificaux sont dignes de la plus antique Église. Nul de nos contemporains ne peut ignorer avec quelle vigilance le Pape Pie XI a porté sa défense sur-le-champ aux points les plus menacés de la foi, par exemple, lorsqu'il a solennellement condamné, presqu'au même jour, à la mi-mars de l'an 1937, ce qu'il y a d'athée et de matérialiste dans le communisme et dans les formes les plus outrées du racisme. Ces hautes interventions de la Sainte Église, il faut l'avouer, ne sont pas toujours suivies, ni même toujours bien saisies. Mais toujours elles auront sauvé l'honneur et la vérité de la foi.


« Un temps viendra, disait déjà l'Apôtre, où l'on ne supportera plus la saine doctrine. Au gré des passions, on se donnera des maîtres à la douzaine, dans la démangeaison d'apprendre. On détournera l'oreille de la vérité pour la tourner vers les mythes. Pour toi, demeure sobre d'esprit en toutes choses. Souffre, fais œuvre de prédicateur de l'évangile, remplis jusqu'au bout ton ministère... Prêche la parole. Interviens à temps et à contretemps. Reprends, condamne, exhorte en toute longanimité et doctrine. Je t'adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, par son avènement et son royaume ». (II Tim. IV, 1-4). —

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Message  ROBERT. le Mar 31 Mar 2009, 2:45 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.

— L'Église n'a pas failli à son apostolique mission de défendre la foi comme telle. Ce que recommandait l'Apôtre, elle le fait toujours.


Il y a, ai-je dit, un autre aspect de la même œuvre, qui consiste à défendre la foi dans l'âme des croyants. Car le zèle pour la vérité objective de la foi ne doit pas faire perdre de vue la possession subjective de cette même foi, la protection et le progrès de la foi catholique dans l'âme d'un chacun. C'est à quoi s'applique évidemment aussi, de tout son pouvoir, la sainte Église. Elle défend avec courage ses enfants dans la foi. Elle s'applique à les évangéliser et à les instruire. Elle travaille à les maintenir dans la foi, et même à les y faire grandir. Elle les défend contre eux-mêmes et contre le monde. Elle leur redit que « la victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi, et qu'il n'y a de vainqueur du monde que celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu (I Jean, V, 4-5) ».

Dans cette œuvre de défense et de préservation, l'Église est toujours allante et toujours jeune pour inculquer à ses enfants son inaltérable fidélité et l'impérissable jeunesse de sa foi. Mais elle est aussi comme une vieille maman qui a désormais beaucoup d'âge et s'est acquis beaucoup d'expérience. Elle sait fort bien que, même sous nos grands airs de lui en remontrer et avec toutes nos prétentions de grande science, nous ne sommes en réalité que de grands enfants ballottés à tout vent de doctrine. Elle nous prend tels que nous sommes. Et elle comprend qu'elle doit, dans notre intérêt le plus sacré, non pas à proprement parler nous forcer à croire, ce qui serait une absurdité, mais nous y aider, nous y porter, nous presser de le faire, ce qui est une vraie charité. Elle nous met en garde avec un soin jaloux contre les contacts de l'infidèle et contre les contagions de l'infidélité. Elle le fait par tous les moyens qu'elle sait que le Seigneur a mis en son pouvoir.

À suivre…
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Message  ROBERT. le Mer 01 Avr 2009, 8:06 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.

Pour cela elle enveloppe ses fidèles d'un réseau d'obligations et de sanctions. L'incroyant peut s'en étonner. Le croyant devrait s'en féliciter. C'est en effet un réseau de sécurité et de bienfaisante protection. Comme la foi ni ne s'impose ni ne se garde de vive force, il demeure bien entendu que l'Église fait toujours intervenir, avant tout et par-dessus tout, les moyens de la persuasion. Les autres moyens qu'elle peut employer n'interviennent jamais, dans sa pensée, qu'à l'appui et en vue de la persuasion. Néanmoins, comme la persuasion se révèle en maintes circonstances tout à fait impuissante et inopérante, l'Église a coutume d'y ajouter une certaine cœrcition qu'elle tâche d'adapter d'ailleurs aux conditions des personnes, des temps et des lieux.

Il est sûr et certain qu'elle ne traite pas ses enfants d'aujourd'hui comme elle a fait avec ceux du moyen-âge. Et, de nos jours même, elle a une discipline plus serrée dans certains pays qu'en d'autres, pour tout ce qui touche à la sauvegarde de la foi. Ou, plus serrée à l'égard de certains fidèles qu'à l'égard de certains autres : c'est ainsi, pour ne citer que cet exemple, que l'Index des livres prohibés sera levé ou relâché pour des catégories de personnes qui sont réputées plus fermes en leur foi.

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Message  ROBERT. le Jeu 02 Avr 2009, 4:41 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.


Avant de critiquer toutes ces mesures ainsi qu'on fait si aisément, il faudrait d'abord chercher à les comprendre. On verrait de quelle charité elles s'inspirent et de quelle souveraine sagesse elles sont empreintes.


L'Église, lorsqu'elle prend de telles mesures, ne se reconnaît de droits que sur ses propres enfants. Seulement n'oublions pas qu'elle tient pour tels tous les humains qui portent le caractère et le nom chrétiens, fussent-ils séparés d'elle par le schisme et par l'hérésie. De plus, outre ce pouvoir direct sur tous ceux qui sont ses enfants, elle peut avoir une sorte de pouvoir indirect sur ceux mêmes qui ne le sont pas et ne sont que des juifs ou de complets infidèles : c'est, en somme, lorsque ceux-ci sont les sujets des chrétiens, ou que les chrétiens sont de leurs sujets.


L'Église s'attribue dans ces cas-là, comme nous l'avons vu à plusieurs articles du traité, un certain droit d'intervenir près de gens qui ne sont pas les siens, pour défendre la foi des siens. C'est un rôle délicat, d'autant plus qu'il ne s'agit pas, nous l'avons bien remarqué, de bouleverser l'ordre existant ni de confondre les pouvoirs. Mais c'est un rôle éminemment bienfaisant, car il ne cherche rien moins que la vraie liberté des âmes et la franchise de leur foi.

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Message  ROBERT. le Ven 03 Avr 2009, 5:53 pm

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Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.

Lorsque les premières autorités de l'Église croient devoir rappeler à l'ordre, même des princes ou des maîtres qui ne sont pas de l'Église, en raison cependant de la puissance qu’ils ont sur des chrétiens, tout ce qu'il y a d'élevé dans l'humanité ferait mieux de s'en féliciter que d'en être scandalisé, et devrait sentir là une force d'affranchissement spirituel au lieu de crier à l'empiétement et à l'asservissement comme fait l'opinion lorsqu'elle est livrée aux agitateurs et aux agités. Quant à la chrétienté elle-même, elle devrait éprouver quelle grandeur il y a, et quelle charité, dans cette austère défense qui est menée en faveur de sa foi.


Cette cœrcition pour garder ses enfants dans la foi, l'Église l'a toujours exercée principalement sur le terrain spirituel et par des moyens spirituels. Elle a interdit la fréquentation de certaines personnes, la participation aux autres cultes, la lecture de certains ouvrages, parce que tout cela est dangereux pour la foi. Elle a frappé d'excommunication les fauteurs d'hérésies, les sectateurs de certaines sociétés : elle les a écartés de ses assemblées, privés de ses sacrements et de ses sacramentaux.

De ces mesures-là on s'accommoderait encore aisément. Mais l'Église a fait plus. Elle a poussé la cœrcition jusque dans le domaine temporel. Et c'est ce que l'esprit public comprend fort mal et n'admet plus du tout. Il faut pourtant se rendre compte du bien-fondé de ce gouvernement. Soyons assez sages pour bien penser.
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Message  ROBERT. le Sam 04 Avr 2009, 2:29 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.

— 1° D'abord, le spirituel ne peut demeurer sans rapport avec le temporel. Il y a des procédés d'un ordre nettement spirituel qui ont un retentissement inévitable dans l'ordre temporel. Ainsi, certaines excommunications ont fait le vide autour de certaines gens. La mise d'un livre à l'index peut mener son éditeur à la ruine. Il est impossible de toucher les âmes sans toucher les corps. D'ailleurs, l'Église est une société d'hommes et non de purs esprits.

Si elle est souveraine en sa constitution, c'est qu'elle a pouvoir sur ses membres jusqu'à les atteindre en leurs corps et en leurs biens. Elle peut les traduire de force devant ses tribunaux, les enfermer en prison ou les envoyer en exil, leur retirer grades et fonctions, les frapper d'amendes ou les priver de bénéfices. Elle s'est cependant toujours refusée, dans sa puissance spirituelle, à les priver de vie et à les punir de mort; mais ceci même n'était rien de bon, dit l'esprit de dénigrement, puisqu'en abandonnant ses enfants au bras séculier comme elle disait, l'Église savait les livrer au bourreau.


À suivre…
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Message  ROBERT. le Dim 05 Avr 2009, 6:04 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.


— 2° De plus, il faut voir qu'à beaucoup de moments la puissance spirituelle s'est doublée d'une véritable puissance temporelle. On peut se demander si c'était toujours un bien; en tout cas c'était un fait. Et, de ce fait, bien des mesures ont été du gouvernement du prince bien plus que de celui du pasteur. Même lorsqu'il voulait rester un père comme c'était le cas on peut dire toujours, le prince de l'Église avait presque fatalement la main plus dure comme chef d'État qu'il ne l'eût eue comme chef d'Église. C'est surtout du Pape qu'il s'agit, car, si d'autres prélats ont eu dans les mains un pouvoir temporel, le Saint-Siège est seul à avoir été investi en ce domaine d'une souveraineté proprement dite.

Cette souveraineté temporelle, il ne l'a même pas cherchée, elle lui a été imposée par un dessein providentiel et comme par la force des choses. Il l'a exercée tant bien que mal, mais elle n'était pas plus contestable que les plus légitimes du même ordre. Les contemporains ne s'en sont nullement étonnés. C'est la postérité qui s'en est offusquée.

Elle l'a fait avec peu de bon sens et beaucoup de mauvais esprit. Car c'est « LE PLUS GRAND DE TOUS LES SOPHISMES, DIT JOSEPH DE MAISTRE, DE TRANSPOSER UN SYSTÈME MODERNE DANS LES TEMPS PASSÉS, ET DE JUGER SUR CETTE RÈGLE LES CHOSES ET LES HOMMES PLUS OU MOINS RECULÉES. AVEC CE PRINCIPE ON BOULEVERSERAIT L’UNIVERS…Dès que les peuples et les rois étaient d'accord sur l'autorité des Papes, tous les raisonnements modernes tombent, d'autant plus que la théorie la plus certaine vient à l'appui des usages anciens... (Du Pape, 1. II, ch. 10)».

à suivre...
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Message  ROBERT. le Lun 13 Avr 2009, 3:38 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:



— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

2. La sainte Église à la défense de la foi.

(n.d.l.r.= poursuivons avec Joseph de Maistre…)


Cette addition du pouvoir temporel au pouvoir spirituel fait un mélange en notre estime dans lequel nous nous perdons; nos pères qui étaient très fins dans le droit s'y retrouvaient mieux que nous. Il est cependant de la plus élémentaire équité de ne pas confondre le pouvoir spirituel, même lorsqu'il s'exerce sur le temporel des particuliers ou des princes, avec ce pouvoir temporel que le Pape a possédé jusqu'à la souveraineté et qui l'assimile aux autres souverains.


Il est équitable de n'attribuer qu'à cette principauté temporelle certaines coercitions employées par l'Église. Il fallait bien qu'elle traitât ses sujets comme faisaient les autres princes et qu'elle eût, elle aussi, ses raisons d'État : les gens ne se trouvaient pas si mal, à ce qui se disait communément, dans les États pontificaux; et beaucoup cherchaient un refuge sur les terres du Père commun des chrétiens; les juifs mêmes avaient leur statut et leur asile dans la ville du Pontife.

Quant aux guerres que les Papes ont soutenues contre leurs ennemis comme simples souverains, «il semble qu'on a tout dit, fait de Maistre, en observant qu'ils avaient précisément autant de droit de faire la guerre que les autres princes, car nul prince ne saurait avoir droit de la faire injustement, et tout prince a droit de la faire justement (Du Pape, 1. II, ch. 6) ».


à suivre... 3. Quelques traits anciens de la défense de la Foi.
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Message  ROBERT. le Mar 14 Avr 2009, 2:51 pm

Père R. Bernard, o.p., in Notes doctrinales thomistes sur les Défenses de la Foi contre l’infidélité, Paris 1950. pp. 405-443, IIa-IIæ, ques. 8-16 a écrit:


— LES DÉFENSES DE LA FOI CONTRE L'INFIDÉLITÉ

3. Quelques traits anciens de la défense de la Foi.

A ces considérations générales je voudrais ajouter quelques détails, les uns concernant l'ancienne défense, les autres l'actuelle défense, de la foi dans l'Église. Non pour être complet, car ce n'est pas le lieu; mais pour donner à réfléchir et à bien juger, à la lumière de la foi.


En ce qui a trait au passé, il me semble qu'on a une tendance à juger hâtivement et superficiellement. Même des enfants de l'Église sont souvent sévères et peut-être injustes pour leur mère. Dans un auteur catholique, pourtant fort estimable, je lis par exemple ceci : « On a parfois trop perdu de vue (dans le passé) la vie intime des individus, en particulier le droit et la dignité de la conscience même erronée. La rigueur d'une logique abstraite a empêché le sens psychologique de s'exercer. Elle a fait oublier certaines pierres précieuses du message évangélique, en particulier que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde, qu'il ne se propage ni ne se garde par l'épée, qu'on doit pardonner septante fois sept fois au frère qui pèche et qu'on ne doit pas attirer le feu sur les villes qui ne croient pas... (K. Adam, Le vrai visage du catholicisme, p. 299) ».

à suivre...
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