LE SENS DE DIEU

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LE SENS DE DIEU

Message  gabrielle le Sam 29 Mai 2010, 11:37 am

Un mal qui poursuit lentement sa période, une fièvre maligne qui lentement consume les tissus des êtres les plus vigoureux, une endémique lèpre qui lentement ravage un continent jusqu'au marasme le plus dégradant, un « poison subtil dont le péril suprême est qu'il ne fait pas mourir, mais qu'il immunise contre lui-même ses victimes », voilà ce qu'est, depuis cent ans, un Libéralisme désuet pour nos peuples chrétiens. Il n'est jamais ce mal aigu qu'on soigne aussitôt déclaré, dont la prudence nous préserve, et que le guérisseur poursuit et combat sans relâche, tant il redoute ses séquelles.


Le Libéralisme corrompt ; le Libéralisme dissout l'âme de l'homme qui se dit chrétien, jusque dans sa « substanti-fique moelle ». Un monde « libéralisé » se croit encore un monde sain et vigoureux. Et de fait on le voit qui éprouve sa force dans les disputes de l' « instant ». Mais « prudemment » il abandonne les places fortes de jadis, adoptant des replis savants que commande sa stratégie. Il s'agite plus qu'il agit et il végète plus qu'il vit. Ses forces le trahissent et, dans l'illusion que crée, pour lui, l'ignorance du mal, les signes les plus manifestes d'une faiblesse grandissante sont, à ses yeux toujours, comme signes certains de la vitalité. Comment lui faire entendre que se désagrège son âme ?

C'est d'atonie qu'il souffre. Il n'a plus le sens de la vie.

Voilà le fait et le scandale de ce temps, que nous dénonce fortement les faits : Dieu est absent, banni, dit-il, expulsé du cœur même de la vie. La société s'est refermée sur cette exclusion et c'est un vide dont elle meurt, un désert de Dieu.


De ce mal, nous devons avoir un conscience aiguë, jusqu'à en souffrir dans notre chair. Car , il faut, de toute urgence, par un sursaut d'indignation, échapper à cette lente asphyxie .

« Le Créateur est absent des villes, des campagnes, des lois... des arts... des mœurs. Il est absent même de la vie religieuse, en ce sens que ceux qui veulent encore être de ses amis les plus intimes n'ont pas besoin de sa présence. » ( Léon Bloy)

La question qui nous presse est là : Avons-nous encore le sens de Dieu ? C'est-à-dire : l'ambiance paganisante ne déteint-elle pas,, imperceptiblement sur nous ? Avons-nous gardé de Dieu une notion assez pure et assez haute ? Notre engagement dans le temporel est-il bien dans les perspectives de la Foi — sans lesquelles nos combats pour la foi ne seraient ni légitimes, ni efficaces?

Pour nous, Dieu est-il toujours Dieu?


De fait, n'est-il pas vrai que beaucoup comptent plus sur leurs propres forces que sur la grâce?

« Viendra un temps, disait saint Paul, où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais ils se donneront une foule de docteurs, suivant leurs convoitises et avides de ce qui peut chatouiller leurs oreilles ; ils les fermeront à la vérité pour les ouvrir aux fables » (II Tim. V, 3-5),

La saine doctrine que dispense l'Eglise est la seule qui guérisse et qui fortifie : les générations « libéralisées » et laïcisées n'en veulent plus, hélas ! Elles vont quérir ailleurs un aliment moins fort, qui flatte les sens, mais qui ne nourrit pas, une parole creuse, non dépourvue de charme, qui séduit leur esprit léger. L'intelligence alors est impuissante à s'élever aux Lumières incréées. L'homme qui ne prie plus et n'écoute plus la Parole est un homme sans Dieu qui s'enferme en son moi et tourne dans un cercle. S'il est pressé de se repaître de métaphores et de nuées, c'est pour mieux s'évader dans l'irréel, aux heures de l'angoisse, à la poursuite vaine des fables et du mythe, où la fadeur du rêve a fait prendre en dégoût l'eau vive de la Source Unique de Vérités aux accents oubliés.

Le sens de Dieu ne se retrouve pas, sans la contemplation des Mystères révélés, la contemplation —; c'est-à-dire la vie intérieure — n'est autre chose en notre âme au baptême que le vie divine que nous avons reçue.
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gabrielle

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Re: LE SENS DE DIEU

Message  Roger Boivin le Mar 28 Mar 2017, 9:42 am

gabrielle a écrit:Le sens de Dieu ne se retrouve pas, sans la contemplation des Mystères révélés,  la contemplation —; c'est-à-dire la vie intérieure —  n'est autre chose  en notre âme au baptême que le vie divine que nous avons reçue.


Les Annales de la Propagation de la Foi nous ont rapporté l'histoire si édifiante d'une Chinoise de soixante-dix ans, qui avait été baptisée à douze ans, et qui avait passé toute sa vie au milieu de parents infidèles, sans avoir jamais vu un prêtre, ni même un chrétien, et qui était restée fidèle à la foi et aux engagements de son Baptême, parce qu'elle n'avait pas manqué, un seul jour, de réciter son chapelet...


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Chanoine Paul Thône - Je vous salue ô Plénitude !... - Commentaire de la Salutation Angélique-Deuxième édition - p. 179.
Nihil obstat Lille, le 29 juillet 1946. Eugène MASURE, cens. del.
Imprimatur : Lille, le 3 août 1946. P. DUTHOIT, vic. gen.
Cum approbatione ecclesiastica Mechliniae, 13 novembris 1958.

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Roger Boivin

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