Comment se forma l'AVE MARIA

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Message  Monique le Ven 14 Mai 2010, 9:14 pm

Comment se forma l'AVE MARIA Bureau47



Comment se forma l'AVE MARIA
par
DOM GASPAR LEFEBVRE, O.S.B.
de l'abbaye Saint-André (Bruges)


Parmi les prières en l'honneur de la Sainte Vierge Marie, aucune n'est aussi connue et répandue dans toute la chrétienté que l'Ave Maria.

Ses formules très simples en ont facilité partout l'emploi et leur contenu nous aide tout particulièrement à comprendre le rôle capital que la bénie Mère de Dieu joue dans le grand drame de la rédemption, dont son divin Fils est le héros.

L'Ave Maria, aussi appelé Salutation Angélique, parce que cette prière commence par le salut de l'ange Gabriel à Marie, se compose de deux parties bien distinctes et d'origine très différente.

Cette formule de prière comprend, dit Mabillon, des salutations et des implorations. Les premières sont empruntées à l'Evangile de saint Luc (ch. I), dans les récits de l'Annonciation (verset 28) et de la Visitation (verset 42). Ces deux salutations forment un seul tout dans l'Ave Maria : rapprochement qui remonte au IVe ou au Ve siècle.

Les implorations, qui suivent, ont été ajoutées peu à peu, à partir seulement du XVIe siècle et la formule actuelle n'est devenue générale et définitive qu'au XVIIe siècle. Commençons donc par les salutations.

L'ange Gabriel, dit saint Luc, aborda la Vierge Marie à Nazareth, en lui disant : « Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. » (Chap. I, 28.) Et lorsque, peu après, Marie se fut rendue dans les montagnes de Juda pour visiter sa parente Elisabeth, celle-ci, dit ce même Evangéliste, répondit à son salut, en s'écriant : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et béni le fruit de ton sein. » (Ch. I 42.)

La Vulgate place le membre de phrase : Tu es bénie entre toutes les femmes, dans la bouche de Gabriel : Benedicta tu in mulieribus (ch. I, 28) et ensuite dans celle d'Elisabeth : Benedicta tu inter mulieres (ch. I 42).
Mais, de fait, dans les manuscrits les plus importants : le Sinaiticus et le Vaticanus, comme aussi dans le manuscrit L et dans les versions copte, syriaque-héracléenne, et arménienne, ces mots ne se trouvent que dans la bouche d'Elisabeth. Ils apparaissent sur les lèvres de l'archange dans les manuscrits tributaires de la tradition dite « occidentale ».

Quoi qu'il en soit, l'Eglise, a réuni dans sa prière officielle la salutation de Gabriel et celle d'Elisabeth en une seule formulation qu'on trouve au IVe ou Ve siècle dans les liturgies grecques dites de saint Jacques, de saint Basile et de saint Marc.

La liturgie de saint Basile, ainsi que quelques copies de celle de saint Jacques, insèrent déjà, après le mot Salut, celui de Marie.


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Message  Monique le Mar 18 Mai 2010, 7:54 pm

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DOM GASPAR LEFEBVRE, O.S.B.
de l'abbaye Saint-André (Bruges)


De toute antiquité, les Eglises d'Orient ajoutent invariablement après : et le fruit de ton sein est béni, la clausule : parce que tu as engendré le Sauveur de nos âmes. Quelques Eglises grecques ajoutent aussi : Deipara Virgo, après le mot Maria. La formule de ces liturgies n'a pas varié depuis le IVe ou le Ve siècle.

En Occident, dit Dom Leclercq, l'Ave Maria dans sa première partie a été introduit dans la liturgie latine par saint Grégoire le Grand, au VIe siècle, ou vers cette époque, par quelque personnage moins célèbre, car on n'est pas en mesure d'attribuer avec certitude au pape Grégoire l'Offertoire de la messe du IVe dimanche de l'Avent, le plus rapproché de la fête de Noël : Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus et bemdictus fructus ventris tui.

L'Antiphonaire Ambrosien donne le même texte, sauf la variante inter mulieres au même dimanche, dans le Confratorium et le Transitorium.

Au VIIe siècle, la formule gréoriano-milanaise des deux salutations surgit en plein pays de liturgie mozarabe. Saint Ilde-fonse de Tolède eut une vision de la Vierge. Il se jette aux pieds de cette Vierge, en répétant sans cesse : Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum, Benedicta tu in mulieribus et benedictus fructus ventris tui.

Cette prière, employée de la sorte en dehors de la liturgie, est alors une exception. Pour rencontrer un nouveau témoignage aussi formel, il faut attendre le XIe siècle. Saint Pierre Damien (+ 1072) rapporte d'un clerc qu'il récitait chaque jour l'Ave Maria jusqu'à : benedicta tu in mulieribus.

Au XIIe siècle, Amédée de Lausanne, Abbé de Haute-combe, termine sa 3e Homélie de Laudibus virginis Mariae, par cette invocation : Ave Maria gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus et benedictus fructus ventris tui Jesus-Christus, qui est super omnia bendictus Deus in sea-cula seaculorum. Amen. (Mo-num. Eccl. Lit. I, CCXVI.)


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Message  ROBERT. le Mar 18 Mai 2010, 8:31 pm

.

Très intéressante historique de l'Ave Maria.
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Message  Monique le Mer 19 Mai 2010, 10:19 pm

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de l'abbaye Saint-André (Bruges)


C'est en ce même XIIe siècle que nous rencontrons pour la première fois, dans les prescriptions qui se rapportent aux prières qu'un chrétien doit savoir, une mention de la Salutation Angélique.

L'évêque de Paris, Odon de Seliac, promulgue dans un Concile tenu en 1198 le canon suivant : « Exhortentur populum semper presbyteri ad dicendum Orationem Dominicam et Credo in Deum et Salutatio-nem beatae Virginis. »

A partir du XIIIe siècle, de nombreux Conciles en France, en Espagne, en Angleterre, en Germanie, parlent dans le même sens. L'Ordre de Citeaux et celui des Frères Prêcheurs coopérèrent très activement à propager la dévotion à l'Ave Maria, c'est-à-dire aux deux salutations. Il ne s'agit, en effet, jusqu'ici, que de la première partie de cette prière.

C'est ainsi, par exemple, que dans un petit opuscule sur la Salutation Angélique, attribué à saint Thomas d'Aquin, et dans le Spéculum B.M.V de saint Bonaventure, l'Ave Maria se termine avec les paroles d'Elisabeth.

Au moment où saint Bernardin de Sienne (+1444), et d'autres, suivant en cela saint Bernard de Clairvaux, répandirent la dévotion au Saint Nom de Jésus. On ajouta ce nom après les mots fructus ventris tui, et Sixte IV (+1484) concéda une indulgence de 30 jours à ceux qui termineraient les salutations avec la clausule : Jésus-Christus. Amen.

Cet usage ainsi recommandé par l'Eglise, se propagea rapidement.


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Message  Monique le Jeu 20 Mai 2010, 8:35 pm

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de l'abbaye Saint-André (Bruges)


Au XVe siècle, cette Salutation Angélique a pris place définitivement dans la dévotion chrétienne, dans les manuels de piété et dans les catéchismes.

Quant à la seconde partie de l'Ave Maria : les implorations, telles que nous les récitons actuellement, elle ne date guère que du XVIe siècle et n'a été généralisée qu'au début du XVIIe siècle.

Ces implorations furent d'abord loin d'être uniformes. Dans un sermon sur la Passion, saint Bernardin (XVe siècle) ajoute à la formule, et benedictus fructus ventris tui cette prière : Sancta Maria, ora pro nobis peccatoribus.

Le Bréviaire Camaldule, imprimé à Venise en 1514, donne : Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, unuc et in ora mortis. Amen. Un Bréviaire franciscain de 1525 dit : Ora pro nobis peccatoribus, unuc et in hora mortis. Amen.

Dans un Bréviaire édité à Paris en 1509, on prescrit qu'au commencement de l'Office, après le Pater Noster, on dira l'Ave Maria en y ajoutant : Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, unuc et in hora mortis nostrae. Amen. Puis le : Credo in Deum.

Cette formule, qui est exactement la nôtre, prévalut peu à peu sur toutes les autres, après que Pie V eut prescrit, en 1568, l'adoption du nouveau bréviaire romain où elle se trouve. Au commencement du XVIIe siècle, elle est en usage dans toute l'Eglise.

Notre Ave Maria constitue donc, au moins à partir de ce moment, une véritable prière universelle avec ses deux composantes : salutations et impétrations, dont la teneur même facilite l'emploi qu'on en fait, tant en public qu'en privé, dans le monde entier.


(Avec l'aimable autorisation de la grande revue mariale canadienne : Marie.)


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