GLOIRE À NOS MARTYRS

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Message  Monique le Lun 15 Fév 2010, 8:53 pm

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Message  Monique le Lun 15 Fév 2010, 8:54 pm

GLOIRE À NOS MARTYRS 23389510

NOS HUIT SAINTS MARTYRS


Du groupe vaillant de missionnaires qui ensemencèrent de christianisme le sol de la Nouvelle-France, l'Église vient de détacher huit héros qu'elle place sur les autels.

Tous ces apôtres, l'histoire en témoigne, furent des hommes de haute vertu. La plupart endurèrent un véritable martyre: isolement, grossièreté des Sauvages, souffrances de la faim et du froid, fatigues quotidiennes auxquelles s'ajoutaient presque toujours de rudes traitements et d'accablantes tortures morales.

Plusieurs même empourprèrent de leur sang la terre canadienne. Mais cette effusion ne suffit pas pour obtenir de Rome les palmes triomphantes. Il y faut la cause déterminante: le bras des meurtriers levé en haine de la foi. Et l'intention doit être manifeste. Ainsi en fût-il pour nos huit nouveaux Saints.

En ce petit noyau cependant c'est toute la phalange des missionnaires de l'époque: récollets, jésuites, sulpiciens, prêtres des missions étrangères, qui se trouvent actuellement à l'honneur. Tous ont droit à notre gratitude. Que vers chacun d'eux montent donc nos hommages reconnaissants !

Mais il nous faut considérer de plus près ceux que l'Eglise a ainsi distingués. Elle les place sur le pavois. Elle les offre à notre culte.

L'histoire, heureusement, a conservé le souvenir de leurs vertus et de leurs œuvres. De pieux écrivains vont les faire revivre dans ces pages. Ils en dégageront les leçons opportunes.

Esquissons d'abord, en quelques traits rapides, les grandes lignes de leurs carrières.



LE MESSAGER CANADIEN DU SACRÉ-COEUR,
Vol XXXIX no 9, septembre 1930.


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Message  Monique le Mar 16 Fév 2010, 8:00 pm

GLOIRE À NOS MARTYRS Jeande10

Il sied de commencer par le plus illustre, Jean de Brébeuf. On l'a appelé le géant de la mission huronne. Dans le groupe des canonisés il prend figure de chef. La plupart des artistes l'ont placé au centre, dominant de la tête ses compagnons. Sa stature est robuste, sa figure énergique, son geste ferme. L'attitude peint bien l'homme.

Né le 25 mars 1593, il entre chez les Jésuites à Rouen, le 8 novembre 1617. Dès les premiers pas dans la vie religieuse, sa vertu s'affirme.

Très attaché à ses règles, il disait un jour: « On me brisera plutôt que de m'en faire violer une seule. » L'épreuve trempe son âme. Ébranlées par une ardeur excessive au travail, ses forces cèdent. Toute occupation lui est interdite. Mais son vigoureux tempérament finit par l'emporter. Il peut achever ses études. Et en décembre 1622 il est ordonné prêtre.

Beaucoup moins robuste, faible même, Gabriel Lalemant était né à Paris le 10 octobre 1610. Le 24 mars 1630 il est admis au noviciat. En 1639 il reçoit l'ordination sacerdotale.
Le Canada l'attire. Il brûle d'y aller. Pourquoi ? Une note trouvée après sa mort nous le révèle. De sept raisons

Trois ans plus tard, le futur martyr mettait le pied sur le sol canadien. Un premier hiver avec les Algonquins, une mission chez les Hurons, le rapatriement en France en 1629 après la reddition de Québec, le retour en 1633, suivi presqu'aussitôt du départ pour la presqu'île huronne, des travaux et des souffrances inexprimables durant les huit ans passés dans ce pays, quelques semaines de repos à Québec, la rentrée en Huronie, une apparition de Notre-Seigneur et le vœu généreux « de ne jamais manquer à la grâce du martyre », puis, après de nouveaux et fructueux labeurs, l'holocauste suprême...

Le 16 mars 1649, au terme d'un des supplices les plus cruels dont fassent mention les annales de l'Église, saint Jean de Brébeuf rendait triomphalement à Dieu son âme indomptable.



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Message  Monique le Mer 17 Fév 2010, 7:20 pm

GLOIRE À NOS MARTYRS Stgabr10 ]

Beaucoup moins robuste, faible même, Gabriel Lalemant était né à Paris le 10 octobre 1610. Le 24 mars 1630 il est admis au noviciat. En 1639 il reçoit l'ordination sacerdotale.

Le Canada l'attire. Il brûle d'y aller. Pourquoi ? Une note trouvée après sa mort nous le révèle. De sept raisons aussi édifiantes les unes que les autres retenons celle-ci: « Il faut que votre nom soit adoré, que votre royaume soit étendu par toutes les nations du monde, et que je consomme ma vie pour retirer des mains de Satan, votre ennemi, ces pauvres âmes qui ont coûté et votre sang et votre vie. »

Mais, « âme de feu dans un corps fragile », il doit attendre seize longues années avant que son état de santé permette à ses supérieurs d'exaucer ses désirs.

Le 15 juin 1646, il s'embarque pour Québec. A peine arrivé, il aurait voulu courir au pays des Hurons. On le retient. Il fait du ministère à Sillery, aux Trois-Rivières, à Beauport, puis enfin le 6 août 1648 il a l'immense joie de partir pour les missions tant désirées.

Sept mois plus tard son rêve héroïque se réalisait. En même temps que le P. de Brébeuf et au milieu de tortures qui durèrent dix-sept heures et que la faiblesse de sa constitution rendait plus cruelles encore, il cueillit la palme glorieuse du martyre.



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Message  Monique le Jeu 18 Fév 2010, 7:13 pm

GLOIRE À NOS MARTYRS Antoin10

Originaire lui aussi de la Normandie, Antoine Daniel vit le jour à Dieppe, le 27 mai 1601. Son cours classique terminé, il commence l'étude du droit, mais l'appel divin le conduit, le 1er octobre 1621, au noviciat de Rouen.

Prêtre en 1630, il enseigne les Belles-Lettres au collège d'Eu qu'il quitte, en 1632, pour le Canada. Tadoussac le garde un an, puis Québec où il dessert la chapelle paroissiale de Notre-Dame de la Recouvrance. Simple étape, car dès l'automne de 1634 on le trouve au pays des Hurons. Ère d'épreuves. Les difficultés d'acclimatation semblent insurmontables. Mais le vaillant missionnaire tient bon. Il triomphe. Et durant quatorze années — sauf une période de vingt-deux mois passés à Québec — il se dévoue sans compter, et avec les plus grands fruits, au service des sauvages.

Le 4 juillet 1648 les Iroquois assaillent la bourgade Saint-Joseph. Elle est vide de guerriers. Rien que des femmes et des enfants. Le P. Daniel était rentré la veille du fort Sainte-Marie où il venait de faire sa retraite annuelle.

Dieu le ramenait pour l'heure sanglante. Il exhorte ses ouailles, les absout, les bénit... et tombe percé de flèches. Quelques instants après, on jetait dans un brasier son corps pantelant.



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Message  gabrielle le Ven 19 Fév 2010, 9:40 am

Les gloires du Canada-Français, nos martyrs..

Félicitations pour vos images, elles sont magnifiques. GLOIRE À NOS MARTYRS 364997
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Message  ROBERT. le Ven 19 Fév 2010, 1:41 pm

.

Quelles heureuses surprises Monique de voir surgir les très belles images de nos Saints Martyrs Canadiens-français... GLOIRE À NOS MARTYRS 873726
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Message  Monique le Ven 19 Fév 2010, 9:20 pm

GLOIRE À NOS MARTYRS Charle11

Figure séduisante — de la famille des Louis de Gonzague — que celle de Charles Garnier. Son enfance — il naquit à Paris le 25 mai 1606 — s'écoule dans une angélique piété. La dévotion à Marie en est l'âme. Sa rhétorique achevée, il revêt le 5 septembre 1624, l'habit du jésuite.

Études littéraires et philosophiques, régence au collège d'Eu, théologie à Clermont, sacerdoce. Nous sommes en 1635. Sans tarder, le jeune religieux veut partir pour la Nouvelle-France. Rude sacrifice pour son vénérable père, âgé et malade. Mais il l'accepte généreusement. Et le 8 avril 1636, Charles Garnier s'embarque à Dieppe.

Plus heureux que ses prédécesseurs, il s'achemine aussitôt vers les missions. Le 14 août il est au fort Sainte-Marie. Quinze jours plus tard il administre son premier baptême.

Ainsi s'ouvrait une carrière apostolique où devaient s'épanouir, sous le signe d'une exquise charité, les plus belles vertus. Elle se poursuivit durant seize ans sans le moindre arrêt. La mort seule vint l'interrompre. C'est dans la mission de Saint-Jean, fondée par son zèle, au pays des Pétuneux, que le P. Garnier fut tué par les Iroquois, la main levée pour baptiser, le 7 décembre 1649.



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Message  Monique le Lun 22 Fév 2010, 8:35 pm

GLOIRE À NOS MARTYRS St11

Le benjamin des huit: Noël Chabanel. Existence brève mais non moins pleine. Né à Saugues, au diocèse de Mende, le 27 février 1613, il entra dans la Compagnie de Jésus, le 19 février 1630.

Ordonné prêtre en 1641, il enseigne la Rhétorique durant une année à Rodez, fait son troisième an à Toulouse, puis part pour le Canada, le 8 mai 1643.

Il y vécut six ans, période ininterrompue de rudes souffrances où les affres morales torturèrent son âme plus encore que les douleurs physiques. Mais il ne cédera pas.

Un vœu spécial le lie à son poste, si crucifiant soit-il. Dieu ne tarde pas à récompenser cette héroïque fidélité. Le martyre qui lui est destiné va délivrer son fidèle serviteur.

Le 8 décembre 1649 un Huron apostat abat d'un coup de hache le dévoué missionnaire.



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Message  Monique le Mar 23 Fév 2010, 7:07 pm

GLOIRE À NOS MARTYRS St13

Au premier rang de ce deuxième groupe, l'intrépide Isaac Jogues. Sa réputation égale presque celle du P. de Brébeuf. Qui ne connaît les paroles du pape Urbain VIII, lui accordant la permission de célébrer la sainte messe malgré ses mains mutilées: « Il serait indigne qu'un martyr du Christ ne put pas boire le sang de Jésus-Christ. »

Martyr, il le fut en effet à deux reprises. Ou plus exactement il l'a été toute sa vie, depuis le jour où il mit le pied sur le sol de la Nouvelle-France jusqu'à sa mort.

Natif d'Orléans, — 10 janvier 1607, —d'une famille de six enfants, il fit ses études chez les Jésuites de cette ville et, au sortir de sa Rhétorique, entra à leur noviciat, le 24 octobre 1624.

Philosophie à La Flèche, régence au collège de Rouen, théologie à celui de Clermont. Durant ces dernières études il obtient d'aller au Canada. Ordonné prêtre en 1636, il s'embarque tout joyeux, le 18 avril de la même année.

Il aborde à Québec le 2 juillet, puis en repart presqu'aus-sitôt pour le pays des Hurons. La maladie et la haine l'y attendaient. Mais rien n'entame son courage. Il se livre tout entier à un intense labeur apostolique.

Et c'est la captivité chez les Iroquois. Plus d'un an d'esclavage dans de durs travaux, accompagnés de menaces de mort, de rudes traitements, de souffrances morales plus torturantes encore. Dieu n'abandonne pas les siens. Le pauvre captif réussit à s'évader et passe en France durant l'année 1644.

Son séjour y devait être bref. Au bout de trois mois, plus heureux encore qu'à son premier départ, le P. Jogues revient au Canada. Il allait à la mort. Il le savait.

Envoyé d'abord à Ville-Marie, puis délégué en mai 1646 à titre d'ambassadeur chez les Iroquois, il consent d'y retourner comme missionnaire le 27 septembre suivant. Quelques semaines plus tard, le 18 octobre, un coup de hache lui tranchait la tête. « Son dernier vœu était accompli: le divin Maître l'avait inséparablement uni à lui. »



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Message  Monique le Mer 24 Fév 2010, 7:15 pm

GLOIRE À NOS MARTYRS Strene10 GLOIRE À NOS MARTYRS St15

De la même manière tombèrent ses deux fidèles compagnons, René Goupil et Jean de la Lande, laïques l'un et l'autre, qui s'étaient donnés pour la vie au service des missionnaires et dont le premier eut la joie, avant sa mort, de prononcer ses vœux de religion et de devenir par là frère coadjuteur de la Compagnie de Jésus. Leur carrière fut simple. On ignore presque tout de ce qui précéda leur venue au Canada.

René Goupil naquit dans l'Anjou, à une date inconnue. Il voulut être jésuite. Sa santé faillit au noviciat. Rentré dans le monde, il quitte soudain sa famille pour suivre les missionnaires en Nouvelle-France. Lié au P. Jogues, il l'accompagne en juillet 1642 chez les Hurons, est fait prisonnier avec lui par les Iroquois et durant sa captivité, le 29 septembre de cette année, reçoit le coup de hache mortel parce qu'il avait tracé un signe de croix sur le front d'un enfant.

De Jean de la Lande on en sait encore moins. Il venait de Dieppe. Rien d'autre de connu avant son arrivée au Canada. Il suit le P. Jogues dans son dernier voyage en 1646. Arrêté en même temps que lui, son supplice se prolonge. Il est torturé toute une nuit, puis achevé le lendemain, 19 octobre, d'un coup de tomahawk.

Dans les cadres variés de ces vies héroïques un même amour brûla. Il les remplit de ses feux, anima leurs moindres souffles, en fit jaillir des flammes qui réchauffent encore nos âmes.
L'amour de Jésus embrasait ces cœurs d'élite. Nous allons le voir agissant dans leurs labeurs et leurs souffrances.



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Message  Monique le Jeu 25 Fév 2010, 7:59 pm

LEUR
ZÈLE APOSTOLIQUE

Un amour immense, infini, a poussé le Fils de Dieu à descendre sur la terre pour sauver les hommes coupables et procurer ainsi la gloire de son Père. Embrasé de cette flamme ardente, Jésus n'a jamais cessé, depuis le premier instant de l'Incarnation jusqu'à maintenant, de poursuivre le but sublime qu'il veut atteindre.

Mais depuis qu'il est retourné au ciel, c'est par ses représentants visibles, par ses instruments humains, qu'il accomplit son œuvre rédemptrice; c'est en leur communiquant une étincelle du feu qui brûle son Cœur sacré qu'il les rend aptes à ce travail surnaturel.

Le véritable apôtre, c'est donc celui qui, aimant Dieu de tout son cœur et de toutes ses forces, cherche à lui attirer des adorateurs, des âmes qui seront sauvées de l'enfer et qui glorifieront leur Créateur et Père durant toute l'éternité.

Or, ce zèle apostolique, il nous est facile de le reconnaître dans les Martyrs canadiens que l'Eglise a canonisés; leurs désirs, leurs paroles, leurs entreprises, toute leur existence, en un mot, nous apparaît comme l'épanouissement, la manifestation, ardente et forte tout ensemble, de leur amour pour Dieu et pour les âmes.



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Message  Monique le Ven 26 Fév 2010, 6:09 pm

LEUR
ZÈLE APOSTOLIQUE

Dieu et les âmes, les âmes pour Dieu, voilà bien l'idéal qui sourit à nos héros, avant même qu'ils aient mis le pied sur la terre infidèle où les attendent le martyre et la gloire. Ils ne sont pas les seuls, il est vrai, à tenter la traversée de l'Atlantique: un certain nombre de leurs compatriotes viennent de France en Amérique pour y transplanter la civilisation française, d'autres pour y faire fleurir des comptoirs commerciaux et s'y enrichir rapidement, quelques-uns se proposent des fins moins nobles encore.

Mais ce qui pousse les fils de saint Ignace à s'établir dans la Nouvelle-France, au prix de mille fatigues, de périls sans nom, c'est l'espoir, le désir véhément d'arracher les âmes sauvages aux superstitions du paganisme et de les gagner à la religion de Jésus-Christ.

Aussi n'attendent-ils pas, nos missionnaires, qu'on leur impose de venir au Canada; Brébeuf, Lalemant et leurs compagnons sollicitent eux-mêmes la faveur de se dévouer aux missions de ce pays ; et ils savent parfaitement que ces missions sont de toutes les plus difficiles et les plus périlleuses. Si on n'acquiesce pas immédiatement à leur requête, ils reviennent à la charge.

Jogues, torturé une première fois et n'ayant échappé que par miracle à une mort affreuse, ne peut se résigner à demeurer en France où il est retourné; il éprouve la nostalgie de l'apostolat, que connaissent bien les vrais missionnaires; et il n'est heureux que du jour où on lui permet de revoir ses chers Indiens.




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Message  Monique le Sam 27 Fév 2010, 6:09 pm

LEUR
ZÈLE APOSTOLIQUE

Ce zèle surnaturel qui anime les futurs martyrs, l'un d'entre eux, Gabriel Lalemant, l'exprime admirablement dans une note que l'on' a retrouvée après sa mort. S'il brûle du désir de travailler dans les missions sauvages, c'est pour offrir à Dieu, tout d'abord, un hommage d'adoration et de reconnaissance; toujours « ad majorem Dei gloriam; à la plus grande gloire de Dieu ». Plus immédiatement, c'est pour se dépenser au salut des âmes et procurer ainsi la glorification du nom divin. « Oui, mon Jésus et mon amour, » écrit-il, « il faut aussi que votre sang, versé pour les barbares aussi bien que pour nous, soit appliqué efficacement pour leur salut, et c'est en quoi je veux coopérer à votre grâce et m'immoler pour eux... « Il faut que votre nom soit adoré, que votre royaume soit étendu par toutes les nations du monde, et que je consomme ma vie pour retirer des mains de Satan, votre ennemi, ces pauvres âmes qui vous ont coûté votre sang et votre vie. »

On reconnaît facilement dans ces expressions le fils de l'ardent auteur des Exercices spirituels. Et le vaillant missionnaire de conclure: » Sus donc, mon âme, perdons-nous saintement pour donner ce contentement au Cœur sacré de Jésus: il le mérite et tu ne peux t'en dispenser, si tu ne veux vivre et mourir ingrate à son amour. »

Mais ce n'est pas tout de s'élancer au combat; il faut rester face à l'ennemi jusqu'à la victoire finale, dût-on y perdre la vie. Le véritable zèle n'est pas un feu de paille, qui s'évanouit en quelques instants; l'apôtre, plus que tout autre (et il peut être utile de le rappeler au moment où un grand nombre d'âmes généreuses se portent vers les missions), l'apôtre a besoin d'une vie spirituelle fervente; et cette vie doit croître en intensité dans la proportion même où il lui faut se consumer au service de Dieu et des âmes. Autrement, l'ouvrier apostolique ne réussirait qu'à s'anémier, à se vider de vie divine, pour le plus grand dommage des œuvres même qui lui sont confiées.




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Message  Monique le Lun 01 Mar 2010, 8:51 pm

LEUR
ZÈLE APOSTOLIQUE

Nos Martyrs ont bien compris cette vérité, eux qui, chaque jour, renouvellent leurs énergies morales, resserrent leur union à Dieu par l'oraison, la sainte messe, le bréviaire, les différents exercices de piété imposés par leur règle. Restant ainsi en contact intime avec le souverain Prêtre, Jésus-Christ, l'unique et intarissable source du zèle missionnaire, ils peuvent sans danger pour leur âme se livrer aux labeurs de la conversion des pauvres sauvages.

« Ma consolation chez les Hurons », écrit saint Jean de Brébeuf, « c'est que tous les jours je me confesse, et puis je dis la messe, comme si je devais prendre le viatique et mourir ce jour-là. » Les fatigues excessives qu'enduraient souvent nos héros, au cours de leurs travaux d'évangélisation, ne leur paraissent pas une raison suffisante de se dispenser de la récitation du bréviaire.

Quel spectacle ce devait être, par exemple, de contempler les futurs Martyrs, au soir d'un long voyage en canot de quarante à cinquante lieues, pendant lequel ils avaient dû ramer comme leurs guides, s'absorber dans la récitation de l'office divin, à la lueur fugitive d'un brasier, afin de puiser dans cette prière universelle de l'Eglise, le secours, l'entrain surnaturel dont ils ont besoin pour accomplir jusqu'au bout leur tâche ingrate!

Le biographe de saint Isaac Jogues nous montre le vaillant missionnaire, devenu l'esclave des Iroquois, cherchant dans la prière la force héroïque qui lui était nécessaire. « Sous les branches d'un sapin, il s'était fait une sorte d'oratoire dont une croix gravée au couteau sur le tronc de l'arbre constituait l'ornement unique. Agenouillé au milieu de la neige, sous une bise glaciale (on était alors en plein hiver), il faisait sa méditation quotidienne devant elle et il y priait en outre jusqu'à sept et huit heures par jour. Il y lisait aussi l'épître de saint Paul aux Hébreux, l'Imitation et le petit office de la sainte Vierge, qui étaient les seuls livres qu'il eût sauvés du naufrage. » Et le narrateur ajoute que le serviteur de Dieu fit, au milieu de ces forêts, les exercices spirituels aussi ponctuellement qu'il s'en fût acquitté dans la résidence de Québec.




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Message  Monique le Mar 02 Mar 2010, 7:45 pm

LEUR
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Comme on le voit, le zèle de nos Martyrs est constamment surnaturel: on sait à quelle source jaillissante ils vont puiser sans cesse les inspirations et les méthodes de leur apostolat.

Mais ici-bas, l'œuvre rédemptrice inaugurée par Jésus et continuée par ses représentants, ne saurait se développer et grandir, si elle n'est arrosée par les sueurs, quelquefois même par le sang des ouvriers évangéliques. A l'action de la Providence divine doit se joindre un labeur ardu et persévérant de la part des hommes; le véritable zèle est fort et patient autant qu'il est entreprenant.

L'héroïque constance que nos Saints ont fait paraître au milieu des innombrables difficultés où ils se sont trouvés, est un nouveau titre de gloire qui s'attache à leur souvenir, un fleuron qui brille à leur immortelle couronne. Beaucoup d'hommes, en effet, sont capables d'un effort passager; mais bien peu savent le soutenir.

Quand nos courageux missionnaires faisaient instance pour venir se consacrer à l'évangélisation des Hurons, ils n'ignoraient pas le long martyre que signifiait pour eux le séjour parmi les populations indiennes; les Relations avaient soin de ne réclamer que « des gens de cœur, des hommes qui ne s'effrayent pas à la vue des mille morts qu'il faut souffrir en cherchant les sauvages dans leurs tanières au fond des grands bois ».

Et quelles difficultés il faut affronter! A la suite de saint Paul, on pourrait presque énumérer la longue série des dangers que décrit la seconde Epître aux Corinthiens: « Voyages sans nombre, périls sur les fleuves, périls de la part des brigands, de la part des faux frères; le froid, la faim, les jeûnes, les veilles, etc., etc. » Ainsi, pour se rendre dans le pays des Hurons, les missionnaires devaient parcourir en canot d'écorce une distance de trois cents lieues, faire plus de trente-cinq portages, traîner le canot cinquante autres fois, avec la perspective toujours présente d'être abandonnés sur une île déserte, sous le moindre prétexte fourni par l'imagination enfantine des Indiens.




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Message  Monique le Mer 03 Mar 2010, 8:57 pm

LEUR
ZÈLE APOSTOLIQUE

Arrivés à destination, les Pères ne sont pas mieux partagés sous le rapport de la nourriture et du logement. Là encore, ils doivent se contenter de manger, tous les jours et à tous les repas, un mets unique, la sagamité, une espèce de colle, formée de blé d'Inde écrasé et mêlé à un peu d'eau. Ils s'installent tant bien que mal dans des huttes construites à la mode sauvage, ouvertes à tout venant, où ils sont sans cesse en proie à la curiosité insatiable, au sans-gêne absolu des indigènes.

Quand ils prennent leur repos, c'est sur de simples nattes, posées sur le sol; la couche était peu moelleuse, il faut en convenir. Le sommeil, quand il vient, est souvent interrompu par le tintamarre qui se fait entendre dans les cabanes voisines ou bien encore par les piqûres des innombrables maringouins qui hantent la péninsule huronne.

Cependant, saint Jean de Brébeuf écrit: « Le sommeil que nous prenons nous semble doux. Les viandes du pays ne nous dégoûtent point, quoiqu'il n'y ait guère d'autre assaisonnement que celui que Dieu y a mis, et nonobstant les froidures d'un hiver de six mois, passé dans une cabane d'écorce percée à jour, nous sommes encore à en ressentir les effets; personne ne s'est plaint de mal de tête ou d'estomac. » Les missionnaires, sans doute, n'étaient pas sans souffrir extrêmement des conditions matérielles si pénibles dans lesquelles ils vivaient; mais l'héroïsme de leur charité, qui les portait à s'infliger alors même des austérités volontaires très grandes, leur faisait accepter avec joie les croix providentielles qui leur arrivaient tous les jours.

Si, du moins, la sympathie et la reconnaissance des Hurons venaient adoucir un peu le sort des apôtres de l'Évangile; mais, loin de là, pendant un bon nombre d'années, la défiance, le mépris, l'insouciance, quelquefois même la trahison sont la seule récompense accordée aux travaux des missionnaires. Plusieurs fois également, la mort des Pères est décidée dans le conseil des capitaines de la nation. Mais Dieu, heureusement, protège ses fidèles serviteurs, il veut leur donner une couronne plus belle encore, après quelques années de labeur.

Dans une de ces occasions critiques, le P. de Brébeuf écrit les lignes suivantes, où se reflète la force d'âme dont il est animé: «Quelque traitement qu'on nous fasse, nous tâcherons, avec la grâce de Notre-Seigneur, de l'endurer patiemment pour son service. C'est une faveur singulière que sa bonté nous fait, de nous faire endurer quelque chose pour son amour. Qu'il soit béni à jamais de nous avoir, entre plusieurs autres meilleurs que nous, destinés en ce pays, pour lui aider à porter sa croix. En tout sa sainte volonté soit faite! S'il veut que dès cette heure nous mourions, ô la bonne heure pour nous!»



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Message  Monique le Jeu 04 Mar 2010, 7:40 pm

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Dieu, il est vrai, réservait à ces héros de voir, avant de mourir, la moisson lever abondante dans les champs qu'ils avaient ensemencés; n'était-ce pas déjà pour eux le prélude des joies éternelles qui les attendaient là-haut ? Avant de parvenir à la gloire, pourtant, ils devaient porter avec vaillance, au milieu de mille dangers le joug du Sauveur, gravir péniblement la route du Calvaire.

Sans doute, dira-t-on, Jésus-Christ, pour qui ils se consumaient avec tant d'ardeur et de désintéressement, leur prodiguait les témoignages de son amour, les comblait de consolations spirituelles. Il semble bien qu'il en fut autrement, conformément d'ailleurs à la nature du ministère apostolique.

Au plus fort de la captivité que saint Isaac Jogues subissait chez les Iroquois, alors que de cruels tourments s'abattaient sur son pauvre corps, le généreux confesseur de la foi fut soumis à des tortures morales, à des angoisses intérieures qu'on ne saurait décrire. « La crainte broyait son âme: partout, il entrevoyait l'enfer. Son passé lui apparaissait surchargé de fautes de toutes sortes et tissé de continuelles infidélités; jetait-il les yeux sur l'avenir, il s'y voyait condamné à mourir chez les Iroquois, privé des sacrements de l'Eglise et par avance dévoué à l'implacable justice de son Créateur... Je serais mort si le ciel n'eût abrégé ces jours terribles, a-t-il avoué lui-même. »



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Message  Monique le Ven 05 Mar 2010, 6:30 pm

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Saint Noël Chabanel, venu au Canada sur sa propre demande, éprouva de telles difficultés, et de si grandes répugnances, une fois arrivé, pour la vie de constante abnégation qu'il fallait mener chez les Indiens, qu'il lui semblait impossible de correspondre à l'appel divin et aux ordres de ses supérieurs. De fait seules des âmes héroïques pouvaient accepter de vivre parmi les sauvages; le P. Jérôme Lalemant, qui fut supérieur des missions huronnes, appréciait ainsi le séjour du missionnaire en ce pays: « On aimerait mieux recevoir un coup de hache sur la tête que de mener, des années durant, la vie qu'il faut mener ici tous les jours, travaillant à la conversion des barbares. » Mais la grâce est toute-puissante; et le P. Chabanel, prédestiné au martyre chez les Hurons, fit le vœu, pour se lier plus fortement à la croix qui lui était offerte, de demeurer dans ces missions toute sa vie, pour y travailler à la régénération de ces pauvres païens.

C'est ainsi que les saints supportent sans faiblir les épreuves, intérieures et extérieures, que Dieu leur envoie pour les purifier et les rendre plus aptes toujours au ministère divin qu'il leur a confié.

C'est ainsi que les héros triomphent des difficultés qui se rencontrent sur la route de la sainteté personnelle ou de l'apostolat auprès des âmes. N'est-ce pas ainsi que se présentent à nous, auréolés de la gloire céleste, les Martyrs canadiens que le Pape infaillible vient de faire monter sur les autels et de proposer à notre amour et à notre imitation. C'est leur zèle apostolique qui les a conduits au martyre; c'est donc leur zèle que couronne l'Église en leur accordant les honneurs suprêmes de la canonisation.

Rosario Lesieur, p. s. s.



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Message  Monique le Lun 08 Mar 2010, 7:11 pm

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L'aube du 8 décembre 1649, le dernier des huit « Martyrs canadiens », réservés à la canonisation solennelle du 29 juin 1930, expirait dans les tortures. Le premier avait succombé le 29 septembre 1642. Dans l'espace de sept années, la terre de Nouvelle-France avait donc reçu assez de sanglante semence pour faire lever la chrétienté qu'il nous est donné de contempler aujourd'hui de l'Atlantique au Pacifique et des rives polaires aux abords du Tropique.

Sept jésuites — les PP. Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Isaac Jogues, Antoine Daniel, Charles Garnier, Noël Chabanel, avec le Frère novice coadjuteur, René Goupil, qui prononça ses vœux aux lueurs de son agonie, et un laïque donné à la Compagnie de Jésus, Jean de la Lande — constituèrent le bûcher de l'holocauste générateur.

Invité à retracer, en des pages trop brèves, les souffrances de ces Canadiens, fils de la France, j'en ai rencontré les grandes perspectives dans l'ouvrage écrit par le R. P. Frédéric Rouvier, s. j. : Les Bienheureux Martyrs de la Compagnie de Jésus au Canada — récit que toute famille de Vieille et de Nouvelle-France devrait posséder comme un trésor national, méditer comme une Imitation, commenter à la jeunesse comme le catéchisme de la vaillance chrétienne et de l'endurance apostolique.

La vie d'un martyr est un tout et l'effusion généreuse de son sang, sous le poignard de son amour de Dieu autant que sous le tomahawk de l'Indien, n'est qu'un « terme spécifiant », une fin sublime colorant de sa surnaturelle beauté la suite des souffrances acceptées d'abord par l'athlète. Il est donc juste de repasser, pour le comprendre et s'en approprier les leçons bienfaisantes qu'exprimera une autre plume, l'ensemble du parfait sacrifice.

Sans compter l'anxieuse aspiration de leur enfance et de leur jeunesse vers le labeur apostolique, ni l'adieu à leur patrie, ni les colères de l'océan qu'affrontait leur voilier misérable, la première des souffrances de nos saints Martyrs a été la souffrance du voyage, la souffrance d'atteindre, à travers les périls d'un monde inconnu, le rendez-vous de leur calvaire.



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Message  Monique le Mar 09 Mar 2010, 6:22 pm

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Le pays des Hurons et des Iroquois où ils furent tous immolés, s'étendait à gauche et à droite de la barrière formée par le haut Saint-Laurent, le lac Ontario et la cataracte de Niagara.

A gauche, les Hurons jusqu'à la Baie Géorgienne du lac Huron, espace occupé maintenant par le sud-ouest de notre province d'Ontario.

A droite, les Iroquois jusqu'au fleuve Hudson, à l'est de l'actuel État de New-York. C'était pour l'Europe, il y a trois siècles et à cette latitude, l'extrémité du monde. De Québec, hameau de soixante âmes lorsqu'y arrivèrent les jésuites en 1625, puis du Fort des Trois-Rivières, où les flottilles sauvages venaient troquer leurs fourrures, l'on s'engageait par diverses voies fluviales et lacustres, en canots d'écorce, sous la conduite des Peaux-Rouges. Le missionnaire y maniait l'aviron. Aux « rapides » infranchissables, aux barrages, aux savanes rocailleuses et boisées étendues d'un cours d'eau à l'autre, aux marécages spongieux, s'imposaient de nombreux et âpres « portages ». Combien le missionnaire n'y trébucha-t-il pas, sous le faix du bagage ou de l'embarcation, saigné, aveuglé par des myriades de moustiques ? Plusieurs s'y blessèrent, s'y brisèrent des membres. Cette souffrance inhérente aux voyages en nature vierge du Nouveau-Monde et aux moyens précaires connus de tant d'apôtres, se compliquait, pour les jésuites pionniers, des « terreurs de la route ».

Les tribus ennemies dressaient maintes embuscades et le chemin s'allongeait, se doublait parfois à les éluder ou à les fuir.

Comment imaginer ensuite la seconde souffrance, la souffrance du séjour au champ d'apostolat ? Voyons-nous ces fils de hautes familles, délicats, accoutumés au bien-être de « doulce France » et adoptant tout à coup et pour toujours la vie même du Sauvage le plus primitif ? Eprouver au milieu de ce monde aux mœurs abjectes l'ennui de la solitude, l'isolement complet de l'esprit et du cœur; apprendre là, sans livres ni autre maître que l'Indien narquois, des langues barbares; n'avoir pour demeure que la cabane en écorces, constamment enfumée, grouillante de gens et de chiens, repaire que de Brébeuf appelait « une petite image de l'enfer » — enfer vraiment de « chaud et de froid », de « sans-gêne éhonté » d'« écœurante puanteur, de saleté, de cuisine nauséabonde, de vermine envahissante », enfer dont un missionnaire des plus braves avouait qu'« on aimerait mieux recevoir un coup de hache sur la tête que de mener, des années durant, la vie qu'il fallait y mener tous les jours »; assister, de là, par surcroît, au « charivari des danses et hurlements nocturnes » ; puis ne quitter la hutte que pour suivre la tribu, à la marche forcée, à la course, dans l'exode des chasses et des pêches loin-taines, sur le « sentier de guerre » quelquefois, et pour camper tout au long dans les neiges ou sur la roche nue: tel fut le lot le plus doux des premiers jésuites missionnaires, telles furent les «roses» de leur vie, comme le P. de Brébeuf l'observait encore.



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Message  Monique le Mer 10 Mar 2010, 10:13 pm

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La souffrance d'épines, qui nous apparaît en troisième lieu, s'enfonçait, d'autre part, sans trêve, dans l'âme sacerdotale. Les disciples se moquèrent longtemps de l'enseignement chrétien. « Tes usages ne sont pas les nôtres, disaient-ils; ton Dieu ne peut pas être notre Dieu. » En réponse au commandement « Tu ne tueras point », Hurons et Iroquois se plaisaient à torturer leurs prisonniers de guerre sous les yeux du missionnaire, comme cet Iroquois, que venait de baptiser le P. de Brébeuf et que les Hurons déchiquetèrent tout vif, aux cotés du prêtre.

Récemment arrivé, le P. Garnier dut assister à la lente tuerie par le fer et par le feu d'un autre Iroquois et au cannibalisme des Hurons sur les restes du malheureux. Outre ces horreurs, non content d'infliger aux oreilles du ministre de Dieu le blasphème infernal de leur sorcellerie, de leurs incantations, les Sauvages se prennent à le traiter lui-même en magicien: il empoisonne les eaux en s'y lavant, sa petite horloge éparpille les maléfices, son bréviaire et son missel sont des grimoires diaboliques, la messe qu'il célèbre sur le talus conjure les bons Esprits et déchaîne les mauvais.

C'est en voyant son esclave, René Goupil, tracer un signe de croix sur le front d'un enfant, qu'un vieillard commande à quelqu'un: « Va, et tue ce chien de Français. » Un coup de tomahawk exécute la sentence et fait le premier martyr.

Tous les maux procéderont, dès lors, des missionnaires: peste, famines, insuccès à la chasse, désastres guerriers. Pas un peut-être n'échappa à quelque condamnation à mort pour ces délits, et si la Providence n'eût détourné à temps le bras meurtrier et empêché le martyre de désir entretenu par tous de s'achever en martyre du sang la prédication de l'Évangile eût été arrêtée dès les commencements.

Nous voici à la souffrance finale celle du martyre sanglant, qu'exalte l'Église. Regardons-la à l'œuvre dans ceux qu'il nous est permis désormais d'honorer du culte des saints.

Des huit élus à ce martyre, sept eurent pour bourreaux les Iroquois. L'autre tomba aux mains d'un Huron.



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Message  Monique le Jeu 11 Mar 2010, 8:50 pm

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Les Iroquois étaient de fiers et presque insaisissables guerriers. « Ils venaient en renards, combattaient en lions et fuyaient en oiseaux. » Aucun peuple sauvage ne les dépassa non plus en férocité carnassière. Ameutés et armés contre les Français catholiques par les Hollandais calvinistes de la Nouvelle-Amsterdam, l'on ne put, d'autre part, songer à les convertir aux premières années.

L'effort des missionnaires, occupé d'abord chez les Algonquins du nord de l'Ottawa, s'était étendu aux trente mille Hurons, voisins des vingt-cinq mille Iroquois.

Les Hurons « au cœur noble et bas, de fange et d'or tout à la fois », étaient les alliés de la France. Ils accueillirent l'« homme de la prière » qu'elle envoyait. Ce fut parmi eux, au cours des diverses invasions iroquoises, que furent massacrés les PP. de Brébeuf, Lalemant, Daniel, Garnier et Chabanel.

Le P. Daniel cueillit la première palme de Huronie, le 4 juillet 1648. Il terminait sa messe, lorsque les Iroquois fondirent sur le village de Saint-Joseph. Pressé de fuir par ses amis, il court, au contraire, baptiser les malades des cabanes et revient à l'église où chrétiens et catéchumènes se sont entassés. Il absout les premiers et baptise les autres par aspersion. Puis il va sur le parvis s'offrir seul aux Iroquois. Une grêle de flèches et d'arquebusade le couche là. Sept cents Hurons sont exterminés à sa suite, l'église est incendiée et le corps du P. Daniel est jeté au brasier. Son holocauste se consomme au pied de l'autel, où, une heure auparavant, il sacrifiait la sainte Victime.

Le plus atroce des martyrs subis chez les Hurons, réunit dans les tourments les PP. de Brébeuf et Lalemant, les 16 et 17 mars 1649.

Le P. de Brébeuf, premier apôtre des Hurons, laissait huit mille chrétiens où il avait trouvé le paganisme intact. Il avait, pendant dix-sept ans, connu toute la douleur de l'enfantement des chrétientés. Pour se mieux exercer à donner son sang, il ajoutait des macérations volontaires à ses privations quotidiennes. C'est lui qui rédigea pour le Supérieur de Québec la lettre signée par tous les jésuites des missions sauvages: « Quelque traitement qu'on nous fasse, nous tâcherons avec la grâce de Notre-Seigneur de l'endurer patiemment pour son service... C'est maintenant que nous nous estimons vraiment être de sa Compagnie. Qu'il soit béni à jamais de nous avoir, entre plusieurs autres meilleurs que nous, destinés en ce pays, pour lui aider à porter sa croix. S'il veut que dès cette heure nous mourions, ô la bonne heure pour nous!... »

Répondant à Notre-Seigneur qui lui apparût plus tard « couronné d'épines », puis « se déchargeant sur lui de sa croix », « couvert de lèpre et sans beauté » enfin, le P. de Brébeuf prit l'engagement de tendre au plus parfait et prononça: « Mon Seigneur Jésus, je fais vœu de ne jamais manquer à la grâce du martyre, si dans votre miséricorde vous l'offrez à votre indigne serviteur... »



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Message  Monique le Ven 12 Mar 2010, 6:44 pm

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Quant au P. Lalemant, il rejoint le P. de Brébeuf en septembre 1648. Il a trente-huit ans. Il a quitté son ministère de France, en exécution de son « vœu d'aller chez les Sauvages ». Cinq mois après son débarquement, il aura conquis sa couronne. Autant le P. de Brébeuf, âgé alors de cinquante-cinq ans, est grand, vigoureux, autant son jeune vicaire paraît chétif: «C'est l'homme le plus faible et le plus délicat qu'on puisse voir » avait signalé, de Québec, Marie de l'Incarnation. Mais le même courage exaltait l'athlète de la première heure et celui de la onzième.

Dans la nuit du 16 mars, les Iroquois ont anéanti le bourg endormi de Saint-Ignace. Le visage « barbouillé du sang des victimes », ils s'élancent, au soleil levant, sur Saint-Louis où prêchent les PP. de Brébeuf et Lalemant. L'hécatombe s'engage.

Les deux missionnaires y échappent, mais leur passion commence aussitôt. On les dépouille de leurs habits, on arrache les ongles des mains et des pieds. Ainsi mutilés et à la tête de quelques prisonniers on les pousse, sur une lieue de voie douloureuse, jusqu'à Saint-Ignace, camp retranché des Iroquois vainqueurs. Accueillis à coups de pierres et de bâton, ils sont conduits à leurs poteaux.

Mais les deux supplices ne seront pas menés de front. Le P. de Brébeuf est lié le premier. Des alènes rougies au feu, des charbons embrasés sont promenés dans ses chairs. « Il souffrait comme un rocher, dit la Relation, insensible au fer et aux flammes et ne poussant pas un seul cri. Il demeurait dans un si profond silence que les bourreaux eux-mêmes en étaient tout étonnés. » Des Hurons renégats, mêlés aux Iroquois, l'entendant encourager les chrétiens que l'on tourmente auprès de lui, veulent le réduire au silence et lui fendent la bouche jusqu'aux oreilles, puis lui coupent les lèvres et le nez, tandis que d'autres lui arrachent de la chair et la dévorent, rôtie, sous ses yeux.

En lui appliquant partout des fers rougis, ils ricanent: « Tu nous as dit que plus on souffre plus on est récompensé là-haut. Quelle reconnaissance ne nous devras-tu pas ? » « Tu nous as dit aussi: Sans le baptême il n'y a point de salut. Eh! bien, sois baptisé. » Et ils versent de l'eau bouillante sur ses plaies. Comme la mort ne vient pas encore, les Iroquois passent au supplicié un collier de haches incandescentes, ils lui enlèvent la peau de la tête et la remplacent par des braises ardentes, ils lui entourent les reins d'une ceinture résineuse qu'ils allument. Voilà trois heures que dure le supplice et le P. de Brébeuf est toujours debout. D'impatience, les bourreaux lui fendent la poitrine et lui arrachent le cœur.



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Message  Monique le Sam 13 Mar 2010, 6:15 pm

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Le sacrifice du P. Lalemant commença lorsque allait finir celui du P. de Brébeuf. Espérant le faire céder les Iroquois le traînèrent, tout enveloppé d'écorce inflammable, jusqu'au gibet où le P. de Brébeuf, scalpé, écorché, lardé, ébouillanté, agonisait.

A cette vue, le jeune missionnaire frémit un instant. Mais la grâce le souleva. Il s'écria: « Mon Père, voilà que nous sommes donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes »; et il tombe, pour les baiser, sur les pieds du martyr, qui, mutilé de la bouche, ne pouvait répondre que par « une douce inclination de tête ».

On mit alors le feu aux écorces, qui laissèrent sur le P. Lalemant leur vaste brûlure, puis on le baptisa ironiquement d'eau bouillante, à son tour. Coups de haches sur l'oreille, alènes et charbons partout appliqués marquèrent l'étape suivante. Au fond d'entailles — dont l'une en forme de croix — pratiquées jusqu'à chacun des fémurs, on fit glisser un tranchant chauffé à blanc. Toute la nuit suivante le prêtre fut abandonné à la libre cruauté des enfants. Reconduit le matin du 17, à son poteau fatal, le P. Lalemant n'est plus qu'une plaie des pieds à la tête; son œil gauche est carbonisé.

Le missionnaire embrasse à genoux le bois où on va l'attacher. Et les tortures de la veille de recommencer. Au bout de dix-sept heures, un coup de hache lui fracassa la tête.

Les Iroquois, dit-on, mangèrent les deux cœurs afin de s'incorporer le courage de leurs victimes.



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