Les brûleurs de cadavres

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Message  Monique le Lun 18 Jan 2010, 8:22 pm

LES BRÛLEURS DE CADAVRES

Pour les simples et les ignorants, pour ceux qui ne comprennent qu'avec le cœur, et n'ont rien autre que la droiture d'une intelligence inculte lorsqu'il s'agit de discerner le bien du mal, la vérité du mensonge, Dieu a permis que les apôtres de l'erreur fussent marqués de signes qui ne trompent pas, et trahissent en des œuvres clairement révélatrices la noirceur de leurs pensées et la dureté de leur âme.

Le démon joue de son mieux l'ange de lumière, (1) mais quelque tare au visage, ou quelque odeur d'enfer le décèle toujours.

Jésus ne se serait pas réjoui et n'aurait pas rendu grâce au Père de ce que la vérité céleste s'est livrée, avec plus de générosité et d'abandon, aux humbles et aux petits (1), si le mensonge n'avait pas une difformité visible, si le mal pouvait s'affranchir de sa laideur évidente, si les méchants, hostiles à Dieu, n'inspiraient une répugnance surnaturelle aux purs qui ne savent pas raisonner.
« Aux fruits on juge l'arbre » (2).

C'est pourquoi les négateurs de l'âme immortelle, les calomniateurs de la sainte Eglise de Dieu, se sont faits brûleurs de cadavres.

(1) II Cor., XI, 14.
(1) Luc, X, 21.
(2) Matt.,XII, 23.


L'ABBÉ HENRY BOLO
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1892.


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Message  Monique le Mer 20 Jan 2010, 8:56 pm

LES BRÛLEURS DE CADAVRES

Jamais la nature droite et saine ne se résignera à cette brutalité de la crémation. Ceux-là mêmes qui n'ont pas pour guide les affirmations de la foi et les inspirations de la piété, ne surmonteront pas l'horreur qu'inspire le mauvais traitement suprême infligé à la dépouille humaine. Quiconque mourra aimé d'un père, d'une mère, d'un fils, est sûr d'avance que ni son père, ni sa mère, ni son fils, à moins qu'il ne soit monstrueusement fou, ne l'abandonnera aux forcenés du matérialisme qui, pour la plupart, brûlent les corps en haine de ceux qui croient à l'existence de l'âme et à la vertu du baptême. On n'accepte pas, pour la chair de ceux qu'on a aimés, la voirie ou l'amphithéâtre : on n'acceptera pas la cornue.

Il n'est point nécessaire d'établir ce qu'il y a d'inhumain dans la pratique crématoire, par de longs raisonnements. Quand même, ce qui est impossible, les incinérateurs auraient en faveur de leur thèse les arguments de la philosophie, les analyses de la chimie, les constatations de l'hygiène, tout cela tomberait devant un sentiment primordial, un instinct cible, un culte dont personne n'aura raison.

Lorsque, dans la séance du 8 mars 1882, au conseil municipal de Paris, l'édile Cadet proposait de voter la crémation des cadavres et de la rendre obligatoire, ses collègues lui demandèrent de renoncer à cette dernière condition. Il répondit : « Si nous laissons la crémation facultative, jamais nous ne l'obtiendrons ». Rien n'est plus vrai : Toute tyrannie ne peut être qu'obligatoire, et doit l'être d'autant plus qu'elle rencontrera dans le cœur humain des révoltes plus profondes et par conséquent plus impossibles à étouffer.

Pourquoi infligerions-nous à un corps mort les mauvais traitements que nous lui aurions épargnés vivant, au prix de tous les sacrifices ? Il est possible que le feu crématoire ne le fasse pas souffrir : mais une souillure quelconque, une mutilation, un outrage le fera-t-il souffrir davantage ? Il nous semble à nous, que ce cher cadavre est encore quelque chose de la créature que nous avons aimée. Nous avons vu sa vie tant regrettée circuler dans ces veines mortes, frémir dans cette chair froide, sourire dans ce morne visage.

Nous ne pouvons oublier qu'il y avait là, hier, une voix, un regard, des élans pleins de charmes, des étreintes aimées. Parce que toute cette vie devient fange, est-ce une raison pour l'expulser violemment du monde sensible? Parce que ce temple est vide et que l'ange d'intelligence et d'amour auquel il avait été bâti s'est envolé, est-ce un motif pour le réduire en cendres? Parce que celui que nous aimions est mort, faut-il encore anéantir ce qu'il en reste ?



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Message  Monique le Ven 22 Jan 2010, 6:22 pm

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Et voilà, au contraire, que nous entourons de soins et d'honneurs cette impuissante dépouille. Non contents de retarder le plus possible le moment où il faudra nous en séparer, nous voudrions lutter contre l'implacable nature, et compenser par notre culte et nos respects les outrages infligés par la mort. Nous gardons de nos défunts tout ce qu'il est possible d'en conserver; nous nous attachons à tout ce qu'ils ont aimé. Ce qui leur appartint, leurs cheveux, leurs bijoux, les menus objets auxquels ils tenaient davantage, toutes ces choses nous deviennent précieuses et prennent ce nom à la fois vague et doux, si cher à nos lèvres : souvenirs.

Nous prions les hommes noirs qui viennent les enlever de les porter avec respect, avec piété, de leur épargner les brusques secousses, les chutes douloureuses; nous suivons anxieusement tous les mouvements du cercueil, avec la peur des positions incommodes, avec des transes pour les soubresauts trop durs. Nous voudrions les traiter avec la tendresse attentive qu'on donne au berceau des petits enfants endormis. Avant de sceller leur tombe, nous demandons à les revoir une dernière fois, à imprimer sur leur front le baiser que rien n'effacera. Nous les regardons comme on regarde celui qu'on va laisser pour longtemps endormi sur sa couche. C'est bien l'attitude du sommeil : les yeux sont clos, les bras croisés, les membres étendus, immobiles. Ainsi tu dormiras, ô bien-aimé! On va te confier à la solitude sans voix du cimetière, la paix inaltérable de la tombe.

Je viendrai quelquefois, sans troubler ton sommeil, t'apporter quelques fleurs, et verser quelques larmes. Je connaîtrai ta demeure dernière; je m'agenouillerai devant la grande dalle; le regard de mon cœur te verra toujours couché, toujours dormant, les yeux clos de mes deux derniers baisers, le front calme tel que je te vis le jour où l'on t'emporta de notre demeure. Je me dirai : il est là, il attend : il attend le rendez-vous qu'il m'a donné et la réalisation des espérances immortelles. Et si quelqu'un vient me dire : il n'est plus, je répondrai devant sa tombe : il est là ! il dort ! Hic jacet !

Et c'est ainsi que toute l'humanité, lorsqu'elle n'est pas descendue aux abrutissements suprêmes, a lutté de toutes ses forces contre les rapines de la mort : ne pouvant conserver l'âme, elle n'en a traité que plus pieusement le corps. Les Egyptiens ornent leurs morts, les dorent, les embaument, pour qu'ils demeurent beaux et incorruptibles jusque dans leurs sépulcres. Les barbares, pour éviter au cadavre d'un chef aimé les profanations de l'ennemi, détournent un fleuve et ensevelissent le défunt en un point demeuré secret, et sur lequel ils ramènent les flots afin d'en recouvrir le mystère éternel (1). Les Romains eux-mêmes, devenus crémateurs pour des raisons que nous dirons tout à l'heure, lisent avec attendrissement, dans le plus grand de leurs poètes, la description des pieuses cérémonies dont on honore ceux qui ne sont plus. « Nous élevons un tertre sur son tombeau ; nous dressons un autel à ses mânes ; nous le parons de festons bleus et de branches de cyprès. Autour se rangent, conformément aux rites, les femmes troyennes, les cheveux épars. Nous répandons des coupes pleines d'un lait tiède et écumant; le sang des victimes déborde de la patère. Nous renfermons enfin l'âme de Polydore dans son sépulcre et nous lui disons un suprême adieu, à grands cris (1). » Ceux-là seuls se résignent à livrer aux flammes les débris tristes et aimés, qui obéissent à des nécessités inéluctables : la guerre, qui expose les soldats tombés aux profanations de l'ennemi; la peste, qui rend mortels les amoncellements lugubres; la superstition, qui tyrannise les consciences et affole la pensée.

En attendant, tous demeurent d'une sévérité austère, pour les profanateurs inutiles.

(1) Alaric fut ainsi enseveli par les Goths, près de Cosenza, en 410.
(1) Virg. Enéid.




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Message  Monique le Lun 25 Jan 2010, 8:22 pm

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Solon voue aux Furies celui qui aura manqué de respect à la dépouille humaine; Rome le condamne aux galères s'il est plébéien, à la spoliation s'il est riche, à la mort s'il est soldat. Si quelqu'un vole un cadavre, la loi lui coupe les poignets (2).

Les Francs bannissent le violateur de sépultures, et défendent même à sa femme et à ses enfants de lui fournir du pain ou de lui donner asile (1). Les Visigoths le déchirent à coups de fouet (2). Partout les cadavres sont défendus contre la cupidité ou la brutalité des impies.

Diogène a fait une suprême injure à la société lorsqu'il a ordonné qu'on plaçât un bâton à côté de son cadavre, pour écarter les vautours : il n'est personne au monde qui n'ait assez de pieuse vénération à l'égard des ossements, même anonymes, pour leur refuser cette poignée de terre que le poète Horace implorait des passants (3). Le païen Sénèque n'a fait que traduire un sentiment bien naturel au cœur de tous, lorsqu'il a mis au même rang « l'aumône du pain faite au pauvre, et l'aumône d'un peu de terre accordée aux morts ».

L'amour et surtout la piété jaillissent de nos âmes avec d'autant plus d'abondance qu'ils vont à des êtres plus faibles et moins défendus : qu'y a-t-il de plus faible qu'un corps délaissé par la vie ?

C'est pourquoi la terre qui accueille et met à l'abri des injures du dehors les restes mortels, nous apparaît, dans ce rôle, douce, maternelle et comme désirable. Elle a un sein pour nous recevoir, comme elle a eu des mamelles pour nous nourrir. « Elle nous offre un asile, dit Pline (1), lorsque toute la nature nous repousse. Elle nous couvre comme une tendre mère et rend notre dernier sommeil sacré ! » Elle alimente les paisibles cyprès et les saules éplorés qui abritent notre demeure suprême. Le mort aimé que nous lui avons confié, ressemble au voyageur qui dort, après les fatigues d'une chaude journée, sous les frais ombrages du chemin, en attendant le moment de reprendre sa course en un élan définitif et divin.

« Mes bons amis, quand je mourrai, écrit un des poètes les plus tristement incrédules de ce siècle, plantez un saule au cimetière, et son ombre sera légère à la terre où je dormirai ! » Ce funèbre désir est au fond de toutes les âmes comme le rêve final de notre vie corporelle ici-bas. La poésie lumineuse et calme qui plane sur le silence des cimetières parle aux grandes âmes, et ceux qui ont le courage de penser à leur mort, songent avec une mélancolie qui n'est pas sans douceur, à cette couche où l'on dort bien, sous la garde de la nature et de l'affection de ceux qu'on a laissés.

(2) Justin, Novel.
(1) Coll. Hist. Fr. T. IV, p. 134.
(2) Leg. Vis., 1. XI.
(3) Hor. lib. I, carm. 28, v. 36.
(1) Hist., 1. II.




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Message  Monique le Mar 26 Jan 2010, 8:31 pm

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Les patriarches exprimaient en mourant le désir d'aller se reposer près des os de leurs pères. Le premier lambeau de terre qui ait été acheté et dont l'homme se soit assuré la possession perpétuelle et tranquille fut une tombe (1). La loi juive, si dure, désarme devant cette attirance sacrée de la terre pour ceux qui ont besoin de leur couche dernière : « cadavre de celui qui est pendu au gibet n'y demeurera pas, il sera enseveli le jour même » (1).

Rien n'est touchant comme le discours que tient le vieux Tobie mourant à son fils : « Ecoute, mon enfant, l'ordre de mes lèvres mourantes, et place-le au fond de ton cœur. Lorsque Dieu aura reçu mon âme, ensevelis mon corps. En ce qui concerne ta mère, souviens-toi de toutes les souffrances si grandes qu'elle a endurées pour toi, honore-la pendant tous les jours qui lui restent à vivre, et quand elle aura, elle aussi, accompli le temps de son existence, ensevelis-la à mes côtés » (2). Ainsi le pieux vieillard assure le repos et l'honneur de tout ce qui fut sa chair : son corps et son épouse.

Le paganisme n'est pas moins attendrissant dans ses recommandations suprêmes: « Mes enfants, dit Cyrus, n'enchâssez point mon corps ni dans l'or, ni dans l'argent, rendez-le à la terre. Rien n'est plus saint que d'être mêler après la mort à cette terre qui nourrit et produit tant d'êtres beaux et précieux. Je me suis toujours estimé mortel, et comme j'ai toujours été bon et reconnaissant envers ceux qui m'ont fait du bien, je serai maintenant bien heureux de retourner à celle qui est si bonne pour les hommes. »

Le plus rude des Romains, Caton, veut pour son cadavre quelques délicatesses, il demande à être enseveli sur un lit de feuilles et de branches de myrte et de peuplier. Les riches et nobles romains ne laissaient à personne le soin de construire et d'orner leur sépulture: le V. F. mystérieux qu'on trouve sur un grand nombre de pierres funéraires en sont un témoignage : elles signifient: Vivus Fecit, Il l'a construit de son vivant. N'est-ce pas, en effet, une amertume singulière que de penser qu'on n'aura pas son coin de terre, qu'on dormira peut-être dans la terre d'exil, qu'on n'ira pas rejoindre dans la tombe ceux qu'on a aimés dans la vie ?

La mort ne doit point séparer ceux qui furent unis vivants (1). La pierre mortuaire est comme un trait d'union, un mur mitoyen entre ceux qui ont franchi le passage fatal et ceux qui sont restés en deçà. La fosse qu'elle recouvre est un lieu de rendez-vous qui symbolise le grand rendez-vous de l'éternité. Le « monument » funèbre scelle avec toute la puissance de la mort, toutes les alliances qui peuvent unir ici-bas les hommes: là où il n'y a pas de tombeau il ne peut demeurer ni grand souvenir, ni famille, ni patrie, tant est large la place que tient ce dernier refuge de la mort, dans la vie de l'humanité.

(1) Gen., XXIII, 13.
(1) Deut., XXI, 23.
(2) Tob., IV, 2, 3, 4, 5.
(1) II Reg., I, 23.




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Message  Monique le Mer 27 Jan 2010, 8:50 pm

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Qu'importent aux brûleurs de cadavres les saintes lois de la nature? Que leur importent les instincts les plus religieux, par conséquent les plus sacrés de la famille humaine ?

Car c'est en vain qu'ils essaient d'ennoblir leurs pratiques brutales, et réclament pour ancêtres les Hindous, aux bûchers fantastiques ou les Romains incinérateurs.

Les Romains agissaient et les Hindous agissent encore en vertu d'un principe noble et pieux. Les Romains rendaient pendant dix jours les honneurs funèbres à leurs morts; ils les revêtaient de riches habits, ils les couronnaient de fleurs, ils les couvraient des plus précieux aromates, ils chantaient des hymnes en leur honneur. Ils les portaient au bûcher sous l'empire de ce qu'il y a de plus irrésistible et de plus saint, la conviction religieuse. Une fois là, avant que le feu fût allumé, ils les tournaient vers le ciel et leur ouvraient les yeux, comme pour leur faire contempler la demeure où ils devaient habiter après avoir passé par les flammes; enfin les parents qui mettaient le feu aux branches de cyprès, détournaient la tête pour montrer l'horreur naturelle que leur inspirait cet acte commandé par une religion barbare et contre laquelle protestait la nature.

Les gymnosophistes hindous et tous les Asiatiques adorent le feu (1). Le sentiment qui les pousse à livrer leurs morts aux flammes ne peut leur être imputé à infamie, puisqu'ils se jettent eux-mêmes vivants dans les bûchers, où ils croient trouver la vie et la gloire éternelle.

Les plus barbares : Barcéens, Ibériens, Taxiles, qui donnaient, au temps d'Alexandre, leurs morts à manger aux oiseaux; Icthyophages d'Ethiopie, naturels du Bengale et de la Colchide, qui les jetaient en pâture aux poissons, Groënlandais et Thibétains, qui les livrent à la puissance conservatrice du froid ; Caucasiens, qui les suspendent aux branches des arbres... tous ceux-là croient obéir à un principe, supérieur, et quoique sauvages, honorent du culte qui leur paraît le plus respectueux et le plus divin la malheureuse dépouille de leurs parents et de leurs amis.

(1) Ier véda, hymnes.


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Message  Monique le Jeu 28 Jan 2010, 8:17 pm

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Les apôtres modernes de la crémation ne sont qu'abjects. Pour eux, il n'y a ni vie future, ni âme, ni Dieu. Il n'existe que des corps infects, dont il faut se débarrasser par le moyen le plus violent et le plus rapide possible, une " matière utilisable qu'il faut confier à la chimie, afin d'en faire bénéficier l'industrie, ou des débris sans valeur morale, bons tout au plus à servir d'engins de guerre dans leur lutte satanique contre les croyances religieuses.

Ils sont abjects : sans respect pour le cadavre, ils procèdent de cette race impie et hurlante qui assistait, en 1793, au déchargement des tombereaux de guillotinés, mêlant leurs cris forcenés et leurs lazzis obscènes à la mise au charnier des têtes sanglantes et des troncs mutilés.

L'incrédulité et le matérialisme du XVIIIe siècle avaient déchaîné les passions. Les passions déchaînées s'étaient ruées sur tout ce qui, vivant de traditions, de piété et d'honneur, s'opposait à leurs débordements.

Pourquoi ceux qui ont brutalisé la vie auraient-ils des égards inutiles pour la mort? Quel culte peut-on demander pour les corps à ceux qui ont traité comme infâme tout ce qui est de l'âme?

Qu'était-ce pour ces bouchers furieux que l'auréole de la vertu et du martyre? Qu'étaient-ce que les cœurs déchirés des survivants? Et si tout cela n'était rien, il y aurait eu inconséquence à leur demander quelque honneur pour la chair humaine, bien moins respectable que la vertu et le martyre. Il en résulta de telles horreurs, il se commit au milieu de cette cohue impure et grouillante des attentats si abominables à l'égard des morts, qu'un révolutionnaire, Cambry, n'osa pas les raconter en français, et mit en latin les saturnales funèbres dont il avait été le témoin.

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Message  gabrielle le Ven 29 Jan 2010, 12:29 pm

Excellent sujet... Wink
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Message  Monique le Ven 29 Jan 2010, 8:43 pm

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« Il n'y a point d'animal domestique, écrivait quelques années plus tard le roi littéraire de notre siècle (1), qui, chez une nation étrangère un peu civilisée, ne fût inhumé avec plus de décence que le corps d'un citoyen français. On sait comment les enterrements s'exécutaient, et comment, pour quelques deniers, on faisait jeter un père, une mère ou une épouse à la voirie. Encore ces morts sacrés n'y étaient pas en sûreté... »

Ces « brutes », comme les appela dans un discours académique (2) le révolutionnaire Mulot, sont les véritables et seuls ancêtres de nos crémateurs. Ceux, en effet, qui pensèrent à l'incinération des cadavres avant la génération révolutionnaire ou en dehors d'elle, ne furent que de ridicules sentimentalistes ou d'inoffensifs rêveurs.

Tel fut en 1734 l'allemand Becker, partisan de la vitrification des cadavres : « Plût à Dieu, disait-il (1), qu'à ma mort la coutume de l'incinération existât, et que j'eusse des amis pour rendre ce suprême devoir à mes os desséchés et exténués dans de nombreux travaux. Ils en feraient cette substance diaphane et incorruptible, dont la couleur est très agréable et tout à fait spéciale. Car si elle n'a pas la netteté des teintes végétales, elle présente l'aspect laiteux et velouté du tendre narcisse. Cette transformation, qui pourrait s'opérer en quelques heures, donnerait une idée de ce que fera la toute-puissance divine, au jour de notre résurrection, dans un état resplendissant et glorieux. »

Tel est encore le pasteur suisse Lang, qui consent à jeter au feu sa mère et ses enfants morts, parce que « l'urne est un symbole plus poétique que le tombeau ou le mausolée ».

Ceux-là sont de paisibles fous, et n'ont jamais fait de leur folie un satanique apostolat. Les vrais incinérateurs, au contraire, se plaisent à humilier le cadavre, à le traiter comme une chose vile, immonde, à faire de ce triste et vénérable débris je ne sais quel détritus sans nom qui est au-dessous de toutes les brutalités et de toutes les profanations.

(1) Chateaubriand, Génie du christianisme.
(2) Mulot, Vues d'un citoyen, etc.
(1) La Crémation, 1886, Hornstein. — Nous avons trouvé dans cet excellent ouvrage de nombreux documents.



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Message  ROBERT. le Ven 29 Jan 2010, 9:35 pm

.

Je n'ai lu que les 2 premiers "post"... Va falloir que je m'y mette. On y traite du sujet de la crémation je pense...
ROBERT.
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Message  ROBERT. le Sam 30 Jan 2010, 2:34 pm


Nous prions les hommes noirs qui viennent les enlever de les porter avec respect, avec piété, de leur épargner les brusques secousses,

Je leur ai dit à peu près la même chose quand ils sont venus chercher papa à la maison...
ROBERT.
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Message  Monique le Lun 01 Fév 2010, 7:09 pm

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Un certain Xavier Rudler « n'a rien trouvé de plus simple que de placer les corps dans une cornue à gaz, de telle sorte que le gaz provenant de cette distillation pourra servir à l'éclairage, sauf à avoir des appareils de lavage très puissants ». Un certain Bertani calcule que « si chaque année on tirait parti, avec l'incinération, des ossements humains, on obtiendrait de ce seul côté cinq cent mille hectolitres d'engrais.

Un autre, fondeur de déchets métalliques, trouve une application nouvelle de son industrie qui lui fournira le moyen de battre monnaie et de faire fortune avec la destruction des cadavres. Il propose aux familles une sorte de distillation dont les résultats variés s'accommoderont aux goûts de chacun : les enfants pourront se partager les produits de la crémation accomplie suivant son système : les uns auront l'eau donnée par l'évaporation, d'autres, les cendres provenant des chairs, d'autres encore, de gracieux médaillons, fabriqués avec les os vitrifiés du mort. Déjà une immonde concurrence se manifeste dans cette industrie d'un genre nouveau.

Un docteur V... propose à l'Académie des sciences une méthode pour enduire de métal les cadavres plongés dans un bain galvanique. Le prix est même indiqué : la métallisation en cuivre coûtera deux ou trois mille francs ; en argent elle reviendra à trente ou quarante mille; en or, le coût s'élèvera à deux ou trois cent mille francs.



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Message  ROBERT. le Lun 01 Fév 2010, 7:30 pm

.

Dégoutant: Voilà le qualificatif du raisonnement que font ceux qui croient que l'être humain se réduit à un paquet de cellules...
ROBERT.
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Message  Monique le Mar 02 Fév 2010, 8:28 pm

LES BRÛLEURS DE CADAVRES

Voici maintenant l'Amérique qui, elle aussi, apporte sa part d'idées et d'inventions dans cet art écœurant d'accommoder les restes de l'homme : une revue scientifique de New-York proposait il y a quelque mois à peine un système pour la dessiccation des cadavres.

Tous ces bourreaux de la mort, qui brûlent, qui distillent, qui triturent, qui fatiguent dans les plus insensées manipulations, des malheureux auxquels la mort semble ne pas avoir même donné le droit à la paix du sommeil ! On les mettra dans des urnes, parce que « l'urne est un symbole plus poétique que le tombeau », et sous prétexte d'être gardés au sein de la famille, ils iront et viendront, mêlés aux meubles, confondus avec les ustensiles, vulgairement déménagés à chaque changement de résidence; ils suivront ici-bas l'infortune de toutes choses (1), et échoueront quelque jour entre les mains du brocanteur, qui gardera l'urne et jettera les cendres au vent.

Au lieu que la terre les aurait conservés fidèlement dans la majesté de la nature, et sous la protection de Dieu dont la main s'étend sur tout ce qui est sacré. Ah ! oui « Bienheureux ceux qui se reposent ! »

Disons, pour en finir avec ces profanations, que non seulement les brûleurs de cadavres s'inspirent du matérialisme le plus répugnant, mais que le mode d'incinération imposé par le progrès moderne, en multipliant la puissance du feu, en multiplie les horreurs. Dans le début de ces opérations sinistres, on laissait voir aux intéressés ce qui se passait dans la flamme, par une petite lucarne pratiquée sur les côtés du four crématoire.

« C'est la plus poignante impression d'horreur que j'aie jamais éprouvée, telle que je ne tenterai même pas de vouloir la rendre, écrit un témoin oculaire. Au seul souvenir de ce corps se tordant, de ces bras battant l'air, demandant grâce, de ces doigts crispés et s'enroulant comme des copeaux, de ces jambes noires qui donnaient de grands coups de pied, ayant pris feu ainsi que des torches (un instant je crus l'entendre hurler), il me court des frissons, j'ai la sueur froide aux tempes, et rétrospectivement, je compatis au supplice de ce mort inconnu, dont j'ai vu la chair crier et protester ! »

(1) Il y a quelques mois à peine tous les journaux racontaient, comme drolatique, une anecdote, vraie ou fausse, qui montre bien que le plus sûr asile des cadavres est la terre, et à quelles injures ils sont exposés dès qu'on les tire de son sein. La momie de Sésostris enlevée à la paix séculaire des Pyramides, commençait son voyage vers Paris. Il fallut, avant de pénétrer dans Alexandrie, acquitter des droits d'entrée. La douane fut un instant dans l'embarras, n'ayant pas l'article « momie » porté sur ses tarifs. On décida de lui appliquer l'impôt relatif aux conserves, et comme il fallait encore choisir parmi ces dernières, la momie de Sésostris fut assimilée au porc salé ! Bienheureux ceux que la terre garde dans son sein.


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Message  Monique le Mer 03 Fév 2010, 8:45 pm

LES BRÛLEURS DE CADAVRES

On se rappelle involontairement, en lisant cette atroce description, la croyance de Platon, de Démocrite et autres anciens philosophes enseignant que l'âme ne se sépare pas du corps à l'instant où celui-ci semble mourir, mais longtemps après, comme le prouve la croissance des cheveux et des ongles, qui persiste après la cessation apparente de la vie (1).

« Nous détestons, dit le christianisme par la voix de Tertullien, cette cruauté exercée envers le corps. Le corps est une partie de l'homme, et c'est une indignité de lui infliger au moment des suprêmes adieux, ce supplice brutal et humiliant » (1).

L'Eglise retarderait, si elle le pouvait, la décomposition du tombeau : elle ressemble à ces mères qui voudraient pouvoir ne jamais se séparer de la dépouille des enfants bien-aimés. L'Ecriture, prenant la défense des morts, avait dit à propos de l'agneau pascal et de Jésus expiré : « On ne brisera pas ses os! » (2). Or les fils de l'Eglise sont ses «agneaux» (3); tous sont les membres du Sauveur mort. Imaginez-vous la Vierge Marie désolée tenant en ses bras son divin Fils descendu de la croix, puis essayez de prononcer ce hideux mot de crémation, vous verrez s'il ne grince pas entre les dents comme un blasphème ! Pourquoi alors, ce qui répugne d'une façon aussi intense lorsqu'il s'agit du Chef de l'Eglise, l'Eglise l'accepterait-elle pour les membres? Elle ne brûle pas plus la chair de ses chrétiens qu'elle ne brûle ses tabernacles et ses temples.

Hâter la fin de ce corps que Dieu pétrit de ses mains et fit à son image, qu'il anima de son souffle, dont il ne fit qu'un avec l'âme, qu'il consacra par le baptême, qu'il habita par l'Eucharistie, dont il bénit les œuvres, dont il couronne les douleurs, hâter la fin de ce corps paraît à l'Eglise un sacrilège. C'est trop pour elle que ces pauvres et nobles chairs soient mortes sans les meurtrir encore, et elle n'a pas de joie plus grande que lorsque, après des siècles, elle découvre, au fond de leur sépulcre, ses fils miraculeusement conservés.

(1) Les incinérateurs ont trouvé en faveur de leur cause un nouvel et admirable argument. Nous cueillons cette fleur dans le dernier numéro du mois d'août 189 1 du Journal de la Santé. Après avoir remarqué que l'Eglise catholique refuse son concours aux obsèques de ceux qui doivent être incinérés, tandis que les Eglises réformées se sont prononcées en faveur de la crémation, il ajoute qu'avec l'incinération il n'y a plus à redouter les inhumations prématurées !! C'est-à-dire qu'au lieu d'être enterré, on sera brûlé vif: seulement ce dernier malheur ne laissera point de traces. Pendant la peste de 1720, les condamnés étaient chargés d'ensevelir les cadavres, et montraient une ardeur extrême à les enfouir rapidement. Un jour, un mourant qu'on s'obstinait à inhumer avant l'heure, protestait et suppliait qu'on attendît un peu. « Bah! fit le galérien chargé de la sombre besogne, si on les écoutait il n'y en aurait pas un de mort ! » Il paraît que, grâce au four crématoire, il n'y en aura pas un de vivant.

(1) De anima.
(2) Jean., XIX, 36.
(3) Jean., XXI, 15, 16.



L'ABBÉ HENRY BOLO
Extrait du livre ''LE LENDEMAIN DE LA VIE''
1892.


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Message  Monique le Jeu 04 Fév 2010, 6:18 pm

LES BRÛLEURS DE CADAVRES

Quand les premiers apôtres arrivèrent à Rome, ils trouvèrent le paganisme incinérant tous ses défunts. Ils rompirent avec cette tradition impie comme avec toutes les corruptions et toutes les brutalités de ce peuple qui allait bientôt commencer son agonie.

Au fond des catacombes, sous cette terre, dont les entrailles en gestation portaient l'Eglise, les chrétiens inhumaient pieusement les restes des martyrs. Les vivants et les morts, ensevelis ensemble, rendaient gloire au Dieu des martyrs, les uns en honorant les restes sauvés de la griffe des bêtes ou de la férocité des bourreaux, les autres en communiquant aux premiers la vertu qui s'échappe des saints ossements et des vénérables reliques.

Plus tard, quand l'Eglise prit sa place au soleil, et que les « sacrifices de louange » (1) remplacèrent les martyres sanglants, les morts continuèrent à dormir dans le voisinage de ceux qui prient. Les cimetières dressèrent leurs croix noires, et étendirent leurs pierres blanches autour des églises. Les ossements chrétiens vinrent attendre la résurrection à l'ombre de cet autel qui s'appelle lui aussi « tombeau », et sur lequel s'offre chaque jour à Dieu, pour tous ses frères, le « premier né d'entre les morts ». Ne convient-il pas, en effet, que le « champ du Seigneur » entoure « la maison de Dieu ? » (1).

(1) Ps. CVI, 21.
(1) Cette coutume s'est conservée partout, sauf dans les grandes villes où des nécessités contre lesquelles nul ne peut rien ont séparé davantage la cité des vivants de la cité des morts. C'est une des plus charmantes poésies des petits villages que le spectacle de ces tombes qui semblent se presser autour de l'église, et qui sont d'autant plus visitées et fleuries qu'elles se trouvent plus souvent sur le passage des fidèles.



L'ABBÉ HENRY BOLO
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1892.


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Message  Monique le Ven 05 Fév 2010, 8:05 pm

LES BRÛLEURS DE CADAVRES

Mais voici qui est plus admirable encore. Les âmes appartiennent à Dieu, le corps des baptisés appartient à Jésus-Christ. Pendant que les âmes s'en vont dans le sein de l'Eternel, l'Eglise catholique ne veut pas que les corps soient déshérités d'un honneur qui leur revient, et elle les remet entre les bras de Jésus-Christ.

« Doux Seigneur, dit-elle, lorsqu'elle bénit les cimetières, vous avez permis que le champ du potier, l'Haceldama, fût acheté du prix de votre sang pour servir de sépulture aux étrangers, daignez vous rappeler ce mystère de votre clémence. Comme le potier, vous nous avez pétris d'argile ; vous êtes encore le prix de ce champ de repos, bien plus, vous êtes notre repos vous-même. Alors, puisque c'est à la fois au prix de votre sang et dans le sol acheté par votre sang que vous nous accordez le repos, ô le plus clément des maîtres, daignez purifier ce cimetière, ce dormitoire, mausolée où les exilés vont goûter un peu de sommeil en attendant d'être rendus à la patrie céleste » (1)...

Avec ces pratiques douces, graves, pieuses, avec cette voix divine qui bercera nos os endormis, sommes-nous assez loin des violents attentats dont le matérialisme nous menace au lendemain de notre mort ?

Tertullien témoigne que, dans la primitive Eglise, on faisait des collectes pour inhumer décemment les pauvres (1). Le paganisme moderne profitera de leur impuissance et de leur pauvreté pour les jeter dans son sinistre four.

Ainsi, à côté d'une religion maternelle et tendre, s'accusera le cynisme de ceux qui représentent ici-bas la cause de l'enfer. Il s'affirmera, comme il lui convient, par un double crime, contre Dieu et contre les morts, contre la plus redoutable des puissances et la plus vénérable des faiblesses.

Ce corps que Dieu avait pris sous sa protection durant les jours rapides de la vie, et dont il avait dit : Ne le meurtrissez pas (2), appartient encore plus au Créateur après la mort qu'avant elle. La justice et la miséricorde vont tour à tour exercer leurs droits éternels sur lui : l'une dans la grande expiation sépulcrale, l'autre dans les magnificences de la résurrection. De quel droit l'homme interviendrait-il ? Qu'il tremble de se substituer ou d'ajouter aux effrayantes revendications du Tout-Puissant. Dieu a défendu aux hommes, avec une menace terrible, de se mêler du châtiment de Caïn et de toucher au maudit (1). Pourquoi abandonnerait-il à l'imbécile fureur des hommes les restes de ses baptisés?

Respectez donc les cadavres, ô brûleurs ! respectez même l'ignominieuse décomposition des pécheurs, vous profaneriez des victimes sacrées. Laissez, en attendant que la miséricorde ait son heure et les ressuscite à la vie, laissez passer la justice de Dieu !

(1) Pont. De Cœmet.
(1) Apolog., c. 39.
(2) Exod., XX, 13.
(1) Gen., IV, 15.


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Message  ROBERT. le Sam 06 Fév 2010, 10:28 pm

Monique a écrit:
Dieu a défendu aux hommes, avec une menace terrible, de se mêler du châtiment de Caïn et de toucher au maudit (1). Pourquoi abandonnerait-il à l'imbécile fureur des hommes les restes de ses baptisés? [(1) Gen., IV, 15.]

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Bon raisonnement Monsieur l'Abbé !
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