L’École sans Dieu...(complet)

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L’École sans Dieu...(complet)

Message  Louis le Ven 16 Oct 2009, 6:15 pm

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… (Ferrer) l’a fait connaître en mai 1907 dans la revue pédagogique Humanidad Nueva où il exposa les principes de « l'Ecole moderne » qu'il venait de fonder avec l'argent peu loyalement obtenu d'une catholique pratiquante et même pieuse.

« Lorsque nous eûmes, il y a six ans, la très grande joie d'ouvrir l'Ecole Moderne de Barcelone, nous nous empressâmes de faire connaître que son système d'enseignement serait rationaliste et scientifique. Nous désirions prévenir le public que, la science et la raison étant les antidotes de tout dogme, nous n'enseignerions dans notre école aucune religion...

(…)

« Il est cependant nécessaire de faire connaître que la mission de l'Ecole moderne ne se limite pas seulement au désir de voir disparaître les préjugés religieux des intelligences. Bien que ces préjugés soient de ceux qui s'opposent le plus à l'émancipation intellectuelle des individus, nous n'obtiendrons pas, avec leur disparition, une humanité libre et heureuse, puisqu'on peut concevoir un peuple sans religion, mais aussi sans liberté.

(…)

« L'Ecole Moderne prétend donc combattre tous les préjugés qui s'opposent à l'émancipation totale de l'individu et elle a adopté, dans ce but, le rationalisme humanitaire qui consiste à inculquer à la jeunesse le désir de connaître l'origine de toutes les injustices sociales afin qu'elle parvienne à les combattre au moyen des connaissances qu'elle aura acquises.
Tiré de La Conjuration anti chrétienne. Op. cit.

A suivre


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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  ROBERT. le Ven 16 Oct 2009, 6:28 pm

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L'école sans Dieu de Barcelone au début du XXe est une copie conforme de celle qui fut fondée au Québec dans les années '60, au temps de la Révolution tranquille confused , au temps de v2 affraid par un nommé Paul Gérin-Lajoie (ici on dit: j'éteins la Foi au lieu de Gérin-Lajoie)...
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Ven 16 Oct 2009, 6:40 pm

ROBERT. a écrit:.

L'école sans Dieu de Barcelone au début du XXe est une copie conforme de celle qui fut fondée au Québec dans les années '60, au temps de la Révolution tranquille confused , au temps de v2 affraid par un nommé Paul Gérin-Lajoie (ici on dit: j'éteins la Foi au lieu de Gérin-Lajoie)...

Ah oui ! parlons en de celle-là : ils ont refilé en douce l'éducation ( les écoles ) à un ministre catholique, au gouvernement: belle manoeuvre !
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  gabrielle le Sam 17 Oct 2009, 9:01 am

A la base de l'école publique ( au moins pour le Québec) on retrouve une demande de plus en plus pressante des parents pour l'ouverture de ces écoles.

Il est reconnu dans la loi québécoise, que les parents peuvent faire l'école eux-mêmes, cela est un droit qui a toujours existé au Québec.

L'arrivée dans ls grandes villes, a fait que les parents ont demander au gouvernement de s'occuper de ce côté de l'instruction... d'ailleurs ce réflexe est en toutes choses très malheureux, les citoyens demandent de plus en plus au gouvernement de prendre sous sa tutelle un tas de trucs, ce qui favorise le socialisme.

De nos jours, le gouvernement est en passe de nous dire à quelle cadence respirer.

Prenons une pécadille: les boissons gazeuses et les croustilles ( chips) le gouvernement a le projet de surtaxer ces produits, sous prétexte que cela n'est pas bon ou moins bon pour la santé...

Les granolas vont applaudir, mais ce qu'ils ne voient pas, c'est l'ingérence gouvernementale dans notre assiette.

Si le gouvernement cherche des produits à surtaxer, il a l'embarras du choix.... les voiture de luxe, les bijoux en or... etc... et pour ces gens qui sont aptes à se payer une bagnole à 70 000 $ la surtaxe ne fera pas mal...

Tandis que pour la famille pauvre, le sac de croustille quoique peu nutritif est moins dispendieux que le yogourt ou le fromage et de plus, il enlève plus rapidement la faim. Il en est de même des boissons gazeuses en format deux litres de marques maisons... leurs prix est nettement inférieur à des jus de fruits.
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Diane le Sam 17 Oct 2009, 9:29 am

La plupart du temps, ce sont des raisons religieuses qui poussent les parents à prendre la décision d'instruire leurs enfants eux-mêmes.

Mais plusieurs autres raisons existent : la surpopulation des écoles publiques, le coût de l'école privée, l'éloignement des centres urbains, la maternelle à temps plein, le goût de l'aventure, la discrimination envers 1'enfant, etc...


Au Québec (des raisons religieuses) nous étions assez chanceux les enfants avaient une petite école!

Ce qui faisait une situation un peu plus normale pour les enfants et les parents!
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Via Crucis le Sam 17 Oct 2009, 1:13 pm

En France c'est Jules Ferry qui a institué (date ? 1905 ?) l'école laïque pour tous, c'est à dire l'école de la République.

En fait ce n'est pas l'école qui est obligatoire mais c'est l'instruction qui est obligatoire jusqu'à 'âge de 16 ans.

Donc lorsque des parents ne veulent pas envoyer leurs enfants à l'école laïque de la République, ils sont obligés de par la loi de signaler cela au Ministère de l'Education Nationale et de les inscrire à des cours par correspondance auprès d'un organisme agréé par l'Etat. Ensuite de temps en temps, une inspectrice ou inspecteur vient vérifier les conditions dans lesquelles l'éducation est faite par les parents.

De plus en plus de parents, en particulier les catholiques (surtout chez les tradis car l'école catholique sous contrôle de l'Etat n'est plus vraiment catholique) qui veulent faire l'école eux-même, se regroupaient ensemble pour faire la classe (deux ou trois familles ou plus ensemble). Maintenant la loi interdit le regroupement de deux familles !!!

Le regroupement de plusieurs familles était plus facile pour pouvoir s'occuper des petits pendant que d'autres s'occupent des grands ou des bébés !

Ce qui a provoqué ce changement c'est le fait qu'ils ont fait une descente dans une communauté/secte de chrétiens dont les enfants n'allaient pas à l'école publique et participaient aux activités de la communauté sans pour cela être maltraités. Les enfants savaient les rudiments de base (enseigné au sein de la communauté) et étaient en bonne santé sans souffrance psychologique apparente. Nous avons pu les voir aux informations télévisées.

Par conséquent, l'Etat qui n'aime pas voir les gens échapper à sa domination a fait tout un tintoin pour que finalement soit adoptée la nouvelle loi sur le regroupement familial pour l'école à la maison !

Il y a aussi de plus en plus de français qui veulent enseigner leurs enfants à la maison à cause de la violence dans les écoles, la baisse du niveau etc...

J'avais une amie prof qui m'a raconté que ses neveux qui allaient à l'école publique au lieu d'apprendre le français avaient appris l'arabe et un jour alors qu'elle était invitée à manger chez sa soeur, ses neveux se sont disputés avec leurs parents et ont commencé à les insulter en arabe !
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Louis le Sam 17 Oct 2009, 5:27 pm

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Mais encore ...
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Dans une lettre adressée à l'un de ses amis, Ferrer manifestait mieux encore la pensée de son école : « Pour ne pas effrayer les gens et pour ne pas fournir au gouvernement un prétexte de fermer mes établissements, je les appelle « Ecole Moderne » et non pas « Ecole d'anarchistes. » Car le but de ma propagande est, je l'avoue franchement, de former dans mes écoles des anarchistes convaincus. Mon vœu est d'appeler la révolution. Pour le moment, nous devons toutefois nous contenter d'implanter dans le cerveau de la jeunesse l'idée du chambardement violent. Elle doit apprendre qu'il n'existe contre les gendarmes et la tonsure qu'un seul moyen : la bombe et le poison. »
Tiré de La Conjuration anti chrétienne. Op. cit.

A suivre: Mais qui est réellement M. Francisco Ferrer ?...


Dernière édition par Louis le Sam 17 Oct 2009, 5:29 pm, édité 1 fois (Raison : compléter le « A suivre ».)

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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  ROBERT. le Sam 17 Oct 2009, 5:47 pm

Louis a écrit:
« Pour ne pas effrayer les gens et pour ne pas fournir au gouvernement un prétexte de fermer mes établissements, je les appelle « Ecole Moderne » et non pas « Ecole d'anarchistes. » »

Nos "écoles modernes" (tant publiques que privées) ne sont-elles pas devenues des "écoles d'anarchistes", où la drogue coule à flots, où la

moralité est à zéro, où les "gangs de rue" pullulent, etc, etc ?
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Louis le Lun 19 Oct 2009, 8:23 pm

Mais qui est réellement M. Francisco Ferrer ?...
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… Parmi les pièces du procès de Barcelone, il en est qui établissent que Ferrer appartenait à la grande Loge internationale le mystérieux foyer d'où s’exerce sur le monde la puissance occulte de la Maçonnerie.

Mais voici que la secte se dénonce elle-même.

Le conseil de l'ordre du Grand-Orient de Paris envoya à tous ses ateliers et à toutes les puissances maçonniques du monde, un manifeste de protestation contre l'exécution de Ferrer. Il y revendiquait l'émeutier pour l'un des siens : « Ferrer fut un des nôtres. Il sentit que dans l'œuvre maçonnique s'exprimait le plus haut idéal qu'il soit donné à l'homme de réaliser. II affirma nos principes jusqu'à la fin. Ce qu'on a voulu atteindre en lui, c'est l'idéal maçonnique

« Devant la marche du progrès indéfini de l'humanité s'est dressée une force d'arrêt dont les principes et l'action visent à nous rejeter dans la nuit du moyen âge. »

Tiré de La Conjuration anti chrétienne. Op. cit.

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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  ROBERT. le Mar 20 Oct 2009, 2:27 pm


(...)Devant la marche du progrès indéfini de l'humanité (...)

La voilà la "belle" doctrine de tous les révolutionnaires, tant politiques, que religieux modernistes montiniens actuels !!! On est à l’opposé de

la doctrine de Notre-Seigneur qui est nette, claire, définie : "Nul ne vient au Père si ce n’est que par Moi."
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Dim 05 Déc 2010, 3:32 pm


D. SARDA Y SALVANY
MAÇONNISME ET CATHOLICISME
EXTRAIT DU « Mal Social »
1890

XVI° CHAPITRE

En effet, qui peut nier que les pères de famille catholiques, même ceux qui pratiquement laissent à désirer sous le rapport du catholicisme, désirent tous pour leurs enfants renseignement catholique ? qui peut méconnaître que ces pères de famille constituent encore aujourd'hui la majorité, la presque totalité des contribuables ? Cependant, que nos lecteurs s'arrêtent pour contempler avec horreur ce qui se passe ; qu'ils s'arrêtent pour contempler cette infamie, qui n'a peut-être pas encore fixé leur attention : ils payent l'enseignement officiel, ils donnent leur argent aux maîtres, ils soutiennent les universités, les Institutions, les écoles normales et primaires ; ils soutiennent tout cela avec leurs contributions d'abord, et ensuite avec leur adhésion et leurs noms inscrits sur les registres matricules, quand ils confient leurs enfants à ces établissements.

Il semblerait donc que, payant l'instruction qui assurément leur est vendue à chers deniers, ils devraient au moins obtenir qu'elle fût conforme à leur désir et à leur volonté. Mais il n'en est point ainsi : l'État vend son enseignement, le vend cher, le vend avec privilège exclusif, en ne permettant pas qu'on regarde comme valable celui qui se donne dans un autre établissement; et cependant il s'arroge le droit de donner un enseignement qui n'est au goût ni de celui qui le paye ni de celui qui le reçoit, condition que l'on regarde comme obligatoire dans tout contrat de vente ; mais, au contraire, il donne cet enseignement contre la volonté et les intérêts, de l'un et de l'autre, violant ainsi à la fois, avec son despotisme professoral, les droits de la bourse, de la dignité et de la conscience.

L'État enseignant, converti en marchand de programmes, les donne en échange de bons et beaux deniers, après les avoir falsifiés et empoisonnés; et le Dieu-État ne rougit pas de pratiquer ce qu'il punit chaque jour chez tout individu qui altère un comestible ou une boisson. Et le père, le pauvre père doit payer avec son or l'empoisonnement moral de son fils, et consentir à cet empoisonnement, au moins dans le cas où il veut lui faire embrasser une carrière : car l'État maçonnique a coupé tous les canaux de l'eau de la science, en obligeant tous les citoyens à ne pouvoir boire ailleurs qu'à sa source méphitique et empoisonnée, pour obtenir un diplôme qui mette leurs ils en état d'entrer dans une faculté ou d'exercer une profession.

Cette tyrannie est semblable à celle dont usaient, dans les derniers temps de la persécution contre le christianisme, les empereurs romains, lorsqu'ils plaçaient des idoles dans les endroits où l'on vendait les objets de première nécessité, sur le marché public, et qu'ils exigeaient de chaque citoyen, l'adoration de l'idole avant de lui céder la viande, le vin ou le pain dont il avait journellement besoin. C'est là ponctuellement ce qui est prédit des temps de l'antéchrist, dans l'apocalypse de saint Jean, lorsqu'il dit qu' « il viendra un temps où nul ne pourra ni « acheter ni vendre, s'il n'est marqué du « caractère de la bête », ce qui peut fort bien signifier la Révolution.



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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  ROBERT. le Dim 05 Déc 2010, 6:48 pm

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Merci Roger pour cet excellent dossier. Wink
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Arthur le Dim 05 Déc 2010, 7:55 pm

La situation décrite dans ce livre "Maçonnisme et catholicisme" est exactement celle que vivent les parents du Québec. Leurs enfants qui fréquentent l'école publique sont tenus de recevoir un cours intitulé " Culture et éthique religieuse" concocté par le dieu État et ils ne peuvent en être dispensés. C'est du totalitarisme à l'état pur.

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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  gabrielle le Lun 06 Déc 2010, 12:24 pm

Ce cours de malheur imposé par le gouvernement... est fortement contesté par des parents...

C'est l'imposition pure et simple de manière de voir à des enfants... le cours veut former les enfants à penser selon un mode libéral et à ne voir les choses qu'au travers une liberté factice, celle des droits de l'homme.

Aucun gouvernement n'a le droit d'imposer cela à des parents, cela viole même le droit naturel des parents.
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  ROBERT. le Lun 06 Déc 2010, 1:02 pm

Arthur a écrit:La situation décrite dans ce livre "Maçonnisme et catholicisme" est exactement celle que vivent les parents du Québec. Leurs enfants qui fréquentent l'école publique sont tenus de recevoir un cours intitulé " Culture et éthique religieuse" concocté par le dieu État et ils ne peuvent en être dispensés. C'est du totalitarisme à l'état pur.

L'idéal serait de garder et instruire les enfants à la maison.

Est-ce que ça devient de plus en plus difficile de le faire ?

Est-ce que le ministère de l'éducation, du moins au Québec,

met de plus en plus des batons dans les roues au parents qui le font ?
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Lun 06 Déc 2010, 1:35 pm

XVI° CHAPITRE

Doctrine du maçonnisme et du catholicisme sur l'éducation publique.


En suivant le programme que nous nous sommes tracé pour mettre en relief les divergences essentielles de doctrine qui séparent le maçonnisme et le catholicisme, nous sommes amené à parler en ce moment de l'éducation, qui est un des points sur lesquels existe l'opposition la plus radicale entre les critères de chacun d'eux. Le maçonnisme et le catholicisme se trouvent en même temps en présence d'un petit enfant, et ils conviennent que cet enfant, outre les aliments matériels qui nourrissent son corps, a besoin d'un aliment moral qui nourrisse son esprit ; ils s'accordent aussi à admettre que l'éducation est nécessaire. Le catholicisme voit dans l'enfant un être que Dieu a créé à son  image et à sa ressemblance, mais un être dégradé, corrompu par un vice originel, qui a fait naître en lui une multitude de germes qu'il convient de combattre, et de mauvaises inclinations qu'il faut réprimer.

C'est un champ où Ton ne peut espérer de récolter de belles fleurs et de bons fruits, qu'autant qu'on y aura jeté une bonne semence, qu'on l'arrosera en temps convenable, qu'on en arrachera constamment les mauvaises herbes, en un mot, qu'on le cultivera avec soin. S'il n'en est pas ainsi, il ne demeurera pas stérile et sans végétation, mais il produira en abondance des fruits empoisonnés en toute sorte de perversion et de malice. Et ces soins, qui consistent à montrer tantôt de la tendresse et tantôt de la sévérité envers l'enfant, tantôt à l'encourager et tantôt à lui faire des réprimandes, constituent ce que le catholicisme appelle l'éducation.

Pour que ces soins produisent de bons résultats, la première notion à inculquer à l'enfant est celle de la loi morale, qu'il doit respecter, et la sanction éternelle de cette loi, qu'il doit espérer ou craindre, selon qu'il l'observe fidèlement ou la viole. Et comme il ne peut pas y avoir de loi sans législateur, ni de sanction légale sans juge qui l'applique, il faut commencer par inculquer à l'esprit de l'enfant l'idée de Dieu, qui est le législateur invisible dont l'autorité donne sa force à la loi, et le juge qui, au moyen des châtiments ou des récompenses, procure l'observation de la loi. Ainsi, avec les conseils, les maximes, les exemples et les secours de son organisme divin, qui est l'Église, le catholicisme croit posséder le système d'éducation le meilleur, le plus parfait et le plus raisonnable, le seul qui permette de diriger l'enfant dès le bas-âge, et de dominer jusqu'à ses affections et à ses sentiments les plus intimes. Telle est l'éducation catholique, basée entièrement sur l'ordre surnaturel.

Le maçonnisme procède d'une façon différente, selon son critère grossièrement naturaliste. Il prend l'enfant, et commence par se tromper dans l'idée fondamentale qu'il s'en fait : il le considère non comme un être vicié par le péché originel, mais comme un être parfait, en pleine possession de lui-même, et dans toute l'intégrité de sa perfection morale. On va demander ici : si l'enfant est parfait, et qu'il n'y ait en lui rien de vicieux ou de déréglé, à quoi peut bien lui être utile l'éducation ? A rien, absolument : là où il n'y a pas à combattre des germes mauvais et des tendances coupables, ce que l'on doit désirer, c'est que l'arbre croisse selon toute son exubérance naturelle, sans que le fer du jardinier vienne couper aucune de ses branches vigoureuses. Il conviendra donc de l'instruire, mais non de l'élever : qu'il apprenne les lettres, les logarithmes, la géographie, la physique, la chimie, l'histoire, la musique et la gymnastique, parce que le maître ne s'occupe pas de la formation du cœur. Il y a là tout ce dont il a besoin pour son parfait développement. En suivant ce procédé, très logique dès que l'on part de la négation du péché originel, il est inutile de parler à l'enfant de Dieu ou de la religion, et de tout ce qui s'y rapporte : voilà, logiquement justifié, ce qu'on appelle renseignement laïque, nouveauté que la maçonnerie s'efforce, depuis quelques années, d'introduire dans notre pays.

Nos lecteurs voient-ils clairement maintenant en quoi consiste la différence essentielle qui existe entre le maçonnisme et le catholicisme, dans la façon de concevoir les principes relatifs à l'éducation ? Le simple bon sens suffit pour porter sur ce point un jugement impartial. L'homme ne naît pas parfait, comme la maçonnerie veut le supposer; l'homme naît et croît, non par un développement pacifique, mais au milieu d'un combat pénible et continuel contre lui-même et presque avec tout ce qui l'entoure : l'œuvre de l'éducation consiste donc à lui enseigner à combattre, pour lui faciliter la victoire. Et quelles armes lui donne pour ces combats, quelles leçons lui offre pour ces luttes l'éducation laïque ou sans Dieu ? Aucune, absolument. Au contraire, elle commence par développer en lui tous les mauvais instincts, qui sont les principaux ennemis à combattre, en les caressant avec l'idée d'une indépendance totale, qui ne s'accommode avec aucune pensée de sujétion ou de répression.

Toutes les issues par lesquelles la passion peut se produire avec fougue et impétuosité, elle les laisse ouvertes avec une lamentable insouciance ; les puissants ressorts que la religion seule établit pour les comprimer et en régler l'exercice, elle les qualifie de superstitions insensées. L'enfant étant imbu de ces idées, il en résultera nécessairement, s'il a le sang vif, qu'il deviendra une bête féroce ; s'il a un tempérament indolent, qu'il sera un pourceau d'Epicure, et jamais un homme capable de porter sur son front, nous ne disons pas la noblesse du chrétien, mais même la dignité de l'être raisonnable.




D. SARDA Y SALVANY
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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  ROBERT. le Mar 07 Déc 2010, 4:21 pm

roger a écrit:
XVI° CHAPITRE


Doctrine du maçonnisme et du catholicisme sur l'éducation publique.



(...)Le maçonnisme il (...) considère [l'enfant] non comme un être vicié par le péché originel, mais comme un être parfait, en pleine possession de lui-même, et dans toute l'intégrité de sa perfection morale.

Du naturalisme rousseauiste à l'état pur... affraid

Il conviendra donc de l'instruire, mais non de l'élever (...)

Comme on gave une oie dans une basse-cour, l'oie n'ayant pas d'âme immortelle,
créée à l'image et a la ressemblance de Dieu...





D. SARDA Y SALVANY
M A Ç O N N I S M E et CATHOLICISME
EXTRAIT DU « Mal Social »

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DIEU DANS L'ENSEIGNEMENT

Message  Roger Boivin le Lun 23 Sep 2013, 1:28 pm


DIEU DANS L'ENSEIGNEMENT -- Sir Adolphe-Basile Routhier, Juge, (Auteur des paroles de l'Hymne National du Canada ..dont d'ailleurs on en a retranché trois couplets sur quatre) -- 1896 :

http://www.archive.org/stream/confrenceset00rout#page/62/mode/2up

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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Mar 02 Fév 2016, 1:53 pm


Extrait de la Lettre pastorale publiée en 1920 par S. Ém. le Cardinal Louis-Nazaire Bégin à l'occasion de son retour de Rome :


Dangers qui nous menacent


Toutefois, Nos très chers Frères, nous aurions tort de nous endormir dans l’illusion d’une confiance aveugle. L’ennemi de la vraie religion redouble, partout, d’activité et de ruse pour tromper les esprits, pour fausser les consciences. Et ses efforts, hélas ! sont loin d’être vains !

Le Pape demande aux catholiques canadiens d’avoir l’œil ouvert sur les dangers qui les menacent, de garder avec le plus grand soin leurs traditions et leurs institutions, de ne pas permettre, par exemple, que l’État empiète sur les droits de l’Église et les droits des parents en matière scolaire.

L’effroyable crise par laquelle passe le monde, et l’immense conflit qui l’a précédée et déchaînée, sont des effets directs de l’école sans foi et sans Dieu installée par les pouvoirs politiques, dans un trop grand nombre de pays. Des gouvernements, des fonctionnaires de l’État, se sont substitués à l’Église et à la famille dans l’œuvre fondamentale de l’éducation de la jeunesse. D’innombrables générations ont grandi en dehors de toute atmosphère religieuse. L'ignorance des dogmes religieux et des préceptes de la morale chrétienne a fait jaillir un torrent d’erreurs, de passions, d’instincts sauvages, dont le spectacle glace les âmes d’épouvante. L’enseignement laïque et neutre, dans toutes les phases du développement de l’esprit, est le chancre qui ronge au flanc la société moderne, et lui inocule le virus de l’anarchie et des plus viles jouissances.



L’instruction obligatoire


Grâce à Dieu, nous avons, dans notre province de Québec, un système scolaire qui, sans être parfait, donne à l’Église et aux parents une place très appréciable, et constitue parmi nous l’un des remparts de l’ordre. Sachons défendre ce rempart contre tous les assauts, directs ou indirects, ouverts ou déguisés. Défions-nous de ceux qui font dépendre le progrès de l’éducation de la main-mise du gouvernement, fédéral ou provincial, sur la vie de l’école, et qui prêchent l’instruction obligatoire comme une panacée. Leur doctrine n’est qu’un leurre ; et nous y voyons l’une des formes de ce socialisme d’État qui a pris, de nos jours, de si effrayantes proportions.


Les conditions religieuses de la société canadienne : nos vertus traditionnelles, maux qui nous menacent, résolutions à prendre - Par le Cardinal Louis-Nazaire Bégin - 1920 :

https://archive.org/stream/lesconditionsrel00bgin#page/6/mode/2up


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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Jeu 02 Fév 2017, 11:12 pm


N. XIV. — Les Juifs libéraux veulent que les enfants chrétiens soient élevés dans la neutralité religieuse, afin de pouvoir les enrôler dans « l'Eglise de la libre-pensée religieuse ». — Page 72.

Nous venons de voir les efforts faits par les Juifs de Vienne pour maintenir la neutralité scolaire, dussent leurs propres enfants en souffrir.

Les Juifs hollandais avaient d'abord témoigné les mêmes sentiments et on les avait vus faire très ouvertement cause commune avec les libéraux pour implanter la neutralité. Ils se ravisèrent ensuite, voyant sans doute les ravages que cette neutralité causait parmi leur propre jeunesse.

Lorsqu'un revirement se fit dans l'opinion publique et dans le parlement, il ne resta plus que le Grand Rabbin de Bréda pour persister dans les sentiments qu'avaient jusque-là manifestés ses collègues, et ne pas protester contre l'école neutre : mais il est à remarquer que les provinces du Brabant septentrional et du Limbourg, sur lesquelles s'exerce sa juridiction rabbinique, comprennent assez peu de Juifs, et que par conséquent il avait peu à perdre par le maintien de l'école neutre, tandis que les chrétiens continueraient à y perdre beaucoup.


L'AMÉRICANISME ET LA CONJURATION ANTI-CHRÉTIENNE - Par l'abbé Henri Delassus - 1899 :

https://archive.org/stream/lamricanismeet00dela#page/336/mode/2up


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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Mer 28 Mar 2018, 9:11 pm



§ XXIX

De l'enseignement

[..]

281. Qu'entend-on par instruction obligatoire ? :
Spoiler:

On entend par là l'obligation imposée aux parents d'envoyer tous leurs enfants aux écoles, aussi longtemps que l'exige l'État, sous peine de sanction légale.

[..]

(a) L'enseignement obligatoire n'a rien qui le recommande. Il n'est point d'origine catholique, mais protestante ; ceux qui, d'ordinaire, s'en servent sont les francs-maçons, les radicaux et les libres-penseurs, ce qui n'est pas de nature à l'accréditer. De plus, l'enseignement obligatoire constitue un véritable abus du pouvoir, une usurpation des droits des parents, heurte les libertés les plus naturelles à l'homme.

[..]

285. Quelles sont les suites funestes de l'enseignement obligatoire ?

L'enseignement obligatoire conduit à l'enseignement gratuit ; car un bon nombre de parents, à cause de leur indigence, sont incapables de tenir leurs enfants aux écoles. D'où l'État, pour arriver à son but, devra s'emparer de la question de l'éducation et ouvrira des écoles dites gratuites, qu'il subventionnera et soutiendra avec les revenus publics. Mais alors, l'État, devenu maître de l'école, la fera à son goût ; s'il est neutre, athée ou impie, il n'hésitera pas à retrancher du programme les matières qui lui déplaisent, et l'enseignement sera ainsi d'abord tronqué, puis neutre, enfin athée et impie.

[..]


Pour plus de développement :


L'École obligatoire - D'où elle vient - Ce qu'en pense l'Église - Où elle mène - Par Mgr L.-A. Paquet - 1916 :

https://archive.org/stream/cihm_73804#page/n3/mode/2up


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Roger Boivin

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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Dim 13 Mai 2018, 3:19 pm


LE PRÊTRE ET L'ÉDUCATION (CAUSERIE QUATRIÈME tirée du livre LE PRÊTRE ET SES DÉTRACTEURS, 1892, du Père Z. Lacasse O.M.I. pages 61 à 67) :

https://archive.org/stream/leprtreetsesd00laca#page/60/mode/2up



Évidemment on parle ici de prêtres licitement et validement ordonnés et dont le ministère est licite ; ce qui n'est pas le cas chez les conciliaires et les lefebvristes.
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Roger Boivin

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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Sam 14 Juil 2018, 10:25 am

ROBERT. a écrit:.

L'école sans Dieu de Barcelone au début du XXe est une copie conforme de celle qui fut fondée au Québec dans les années '60, au temps de la Révolution  tranquille confused , au temps de v2  affraid  par un nommé Paul Gérin-Lajoie  (ici on dit: j'éteins la Foi au lieu de Gérin-Lajoie)...


Et c'est ce que voulaient depuis longtemps les ennemis de l'Église Catholique ! Voici un article de 1914 :



Spoiler:

Encore l'école obligatoire


LES DENIGREURS


Chacun son métier : les uns bêchent, rabotent, triment au soleil ou à l'ombre, bâtissent des murs, ou grattent les rues ; d'autres parlent, écrivent ou grattent autre chose ; quelques-uns exploitent, beaucoup sont exploités... et l'on va répétant qu'il n'y a pas de sot métier.

Chez nous, un petit groupe d'émancipés, qui pourrait pourtant faire autre chose, exerce le métier de dénigreur. Et ces braves vont répétant sous toutes les formes, avec des airs d'apôtre du peuple, que tous leurs compatriotes sont des sots, nos professeurs des ignorants, nos écoles des sources d'ignorance, nos hommes des professions libérales, nos hommes d'affaires, nos ingénieurs, des ignorants. Leur petite gazette Ta même démontré, l'autre dimanche, en prouvant qu'il y avait plus de villes populeuses dans l'Ontario que dans le Québec ; — quelle race inférieure nous sommes ! — Vous verrez que bientôt, pour nous confondre, elle prouvera qu'il y a plus d'Anglais à Londres qu'aux Trois-Rivières, et plus de Juifs en Russie qu'à Montréal. Et à toutes ces preuves, elle ajoutera par manière de refrain : « Ayons des écoles obligatoires, fermons nos collèges, et nous aurons... tout ce que les loges ne nous ont pas encore donné. »

Au fond, ce qu'ils veulent dire, nos dénigreurs, est beaucoup plus bref : nous sommes ignorants, sots, rétrogrades, parce que nous sommes catholiques ; — seulement, ça, c'est ce qu'on ne dit pas au public. Ce ne serait pas dans la manière maçonnique. Pour faire avaler un mensonge, on le dose à point, on le sert souvent ; les gogos finissent par le prendre.

LEUR PERE


Ces dénigreurs ont un ancêtre dont ils sont fiers, sans trop s'en vanter d'ailleurs. Il y a des parentés qu'on ne rappelle qu'en famille et qui compromettraient devant le monde. Cet ancêtre s'appelait Voltaire. Ses fils tâchent d'avoir son esprit, — ce qui ne les contraint pas d'avoir de l'esprit. Ils continuent son œuvre, mais autrement; ils vont au même but, mais comme à rebours. Ne pouvant plus tromper le peuple à la façon de leur père, ils essaient de le tromper autrement; ne pouvant plus entrer par la porte de devant, ils passent par la porte de derrière.

Ce qui fait, par dessus tout, l'objet de leur convoitise, c'est récole. Oh! s'ils pouvaient, à force de diffamation, en exclure l'Eglise, le prêtre, le frère, la sœur, les bons instituteurs chrétiens, quelle bonne aubaine! S'ils pouvaient introduire dans l'école la politique avec un ministre de l'éducation fait à leur image, des sous-ministres, des secrétaires, des entrepreneurs, des boodlers, du patronage, — que les braves gens paieraient à titre de gratuité, — quelle belle affaire !

Or, savez-vous ce que pense de l'éducation du peuple Voltaire, le père de nos dénigreurs ? Pour lui, tout d'abord, le peuple, ce qui n'a que ses bras pour vivre, «c'est de la canaille». Il le dit en toutes lettres. Il importe, pense-t-il que ces «gueux ignorants» soient guidés, et non pas qu'ils soient instruits. Ils ne sont pas dignes de l'être. Lisez encore ce qu'il écrivait le 1er avril 1766, — « Je crois que nous ne nous entendons pas sur l'article du peuple, que vous croyez digne d'être instruit. J'entends par peuple la populace qui n'a que ses bras pour vivre. Je douce que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s'instruire. Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants. »

Donc, les ouvriers — retenons bien ce compliment — qui gagnent leurs vie avec leurs bras, sont des «gueux» qui doivent rester «ignorants». Et vous pouvez m'en croire, ce programme de la famille voltairienne est resté, au fond, partout le même.

Eh bien, au moment où ce dénigreur, père des nôtres, répandait son mépris sur le peuple, l'Eglise, qui de tout temps a aimé et a travaillé à éclairer le peuple, ouvrait partout des écoles et fondait des ordres religieux d'hommes et de femmes destinés à instruire la jeunesse et les enfants pauvres. Elle a si bien continué cette œuvre bienfaisante, que les petits de Voltaire, ne pouvant plus abrutir le peuple par l'ignorance, ont dû employer une autre tactique pour l'arracher à l'Eglise et s'en emparer.

L'ÉCOLE OBLIGATOIRE


Voltaire ôtait aux «gueux» leurs livres; ses petits-fils veulent leur ôter la liberté, en leur imposant l'école obligatoire. Plus tard, ils leur ôteront leur argent, en leur imposant les écoles soi-disant gratuites.

Voyez un peu le bluff : le catholicisme, se disent-ils, aime le peuple et l'instruit ; nous allons le relancer en y allant du double. Non seulement nous allons faire mine d'aimer le peuple et de l'instruire autant qu'il voudra ; mais nous allons le forcer à s'instruire autant que nous le voudrons. A force de répéter que tout va pour le pire dans notre système d'éducation, que nous sommes ignorants, rétrogrades, sots, au point « qu'il y a plus de petites villes populeuses dans Ontario que dans Québec, » on finira bien par croire à notre dévouement et à nos lumières, et nous mettrons la main sur cette chère «canaille», comme disait notre ancêtre.

Tout le jeu est là. — Toute la farce sinistre du dénigrement n'a pas d'autre objet. Et c'est faute de voir cette pensée de derrière la tête des dénigreurs que des bonnes gens s'en font parfois les complices et en sont les dupes.

Dès que l'école obligatoire sera établie, l'ouvrier ne sera plus seulement invité, sollicité, par sa conscience et l'autorité religieuse, encouragé, aidé par l'autorité civile, à envoyer ses enfants à l'école et à les préparer pour l'avenir ; il ne sera plus libre de mesurer l'instruction qui convient à son enfant, selon le métier qu'il doit exercer ; il sera forcé, violenté. Un fonctionnaire de l'Etat entrera dans la famille, prendra la place du père, et mesurera l'instruction qu'il faut à l'enfant. Si le père résiste, le fonctionnaire appellera un policeman, lequel enverra l'enfant à l'école à coup de bâton.

— Mon enfant doit être ferblantier, dira le père ; il est maintenant assez instruit pour cela. Je suis pauvre, et j'ai besoin qu'il m'aide en apprenant son métier.

— A l'école ! Police, conduisez-le à l'école, ronchonnera le fonctionnaire ; c'est moi qui suis maître ici.

— Mon enfant sait mieux lire et compter que je ne l'ai jamais su moi-même, dira le cultivateur, et je suis aussi bon citoyen, et j'ai rendu autant de services que vous à mon pays ; j'ai besoin de mon garçon pour prendre soin de mes bêtes et pour lui apprendre à cultiver la terre comme moi : Laissez-le moi.

— A récole ! reprendra l'homme aux boutons jaunes. Police, emmenez-moi ce marmot-là !

— Monsieur, dira un autre travailleur, mes enfants sont à moi, et je les ai fait instruire tant que j'ai pu. Sortez de ma maison ! Je suis charbonnier, mais charbonnier est maître chez soi !

— Police ! emmenez le père et l'enfant : ce sont des «gueux», de la «canaille», qui se révoltent contre le progrès.

Haut, le bâton ! Vive la famille de Voltaire, et vive l'école obligatoire !

_______

AUTOUR DU FOYER CANADIEN : - La Rédaction du Bulletin Paroissial de l'Immaculée-Conception, Montréal - 1914 : https://archive.org/stream/autourdufoyercan00mont#page/216/mode/2up


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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  Roger Boivin le Mer 08 Aoû 2018, 9:30 am

ROBERT. a écrit:.

L'école sans Dieu de Barcelone au début du XXe est une copie conforme de celle qui fut fondée au Québec dans les années '60, au temps de la Révolution  tranquille confused , au temps de v2  affraid  par un nommé Paul Gérin-Lajoie  (ici on dit: j'éteins la Foi au lieu de Gérin-Lajoie)...

Aujourd'hui :


Le public peut faire ses derniers adieux à Paul Gérin-Lajoie à Montréal

La dépouille de l'ancien ministre et philanthrope Paul Gérin-Lajoie sera exposée en chapelle ardente mercredi à la basilique cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Cet artisan majeur de la vaste réforme du système d'éducation au Québec pendant la Révolution tranquille est mort le 25 juin dernier à l'âge de 98 ans.

La dépouille sera exposée de 11h00 à 16h00. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, sera de passage vers 15h45.

Les funérailles nationales de Paul Gérin-Lajoie seront célébrées au même endroit jeudi, à 11h00. Elles seront présidées par l'archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine.

Paul Gérin-Lajoie a été le premier à occuper le poste de ministre de l'Éducation au Québec.


https://quebec.huffingtonpost.ca/2018/08/08/chapelle-ardente-paul-gerin-lajoie-funerailles_a_23498204/?utm_hp_ref=qc-homepage

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Re: L’École sans Dieu...(complet)

Message  ROBERT. le Mer 08 Aoû 2018, 10:03 am

Roger Boivin a écrit:
ROBERT. a écrit:.

L'école sans Dieu de Barcelone au début du XXe est une copie conforme de celle qui fut fondée au Québec dans les années '60, au temps de la Révolution  tranquille confused , au temps de v2  affraid  par un nommé Paul Gérin-Lajoie  (ici on dit: j'éteins la Foi au lieu de Gérin-Lajoie)...

Aujourd'hui :


Le public peut faire ses derniers adieux à Paul Gérin-Lajoie à Montréal

La dépouille de l'ancien ministre et philanthrope Paul Gérin-Lajoie sera exposée en chapelle ardente mercredi à la basilique cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Cet artisan majeur de la vaste réforme du système d'éducation au Québec pendant la Révolution tranquille est mort le 25 juin dernier à l'âge de 98 ans.

La dépouille sera exposée de 11h00 à 16h00. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, sera de passage vers 15h45.

Les funérailles nationales de Paul Gérin-Lajoie seront célébrées au même endroit jeudi, à 11h00. Elles seront présidées par l'archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine.

Paul Gérin-Lajoie a été le premier à occuper le poste de ministre de l'Éducation au Québec.

https://quebec.huffingtonpost.ca/2018/08/08/chapelle-ardente-paul-gerin-lajoie-funerailles_a_23498204/?utm_hp_ref=qc-homepage


Le qualificatif j'éteins la Foi, allait comme un gant à M. Paul Gérin...
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